V. IMMINENT
URGHIEN, divinité thibétaine, née d'une - fleur et qui était à la fois homme et dieu.
URGINÉE s. f. (ur-ji-né). Bot. Genre de plantes bulbeuses, de la famille des liliacées, -tribu des hyucinthées, formé aux dépens des scilles, et comprenant cinq espèces, qui habitent le pourtour du bassin méditerranéen : Vogel a découuert dans les bulbes de Turgi- NÉE un principe particulier dans lequel pavait résider son activité. (P. Duchartre.)
— Encycl. Les urginées présentent généralement un bulbe plus ou moins volumineux, du centre duquel s élève une hampe entourée de feuilles et terminée par une grappe de fleurs, dont chacune est accompagnée de deux bractées. Ce genre diffère de -celui des scilles, aux dépens duquel il a été formé, par ses capsules renfermant des graines trèsnombreuses, comprimées, a lest spongieux, noir, un peu lâche. Il comprend cinq ou six espèces, qui croissent en Europe et sur les côtes du nord de l' A-trique. La plus remarquable est Vurginée scille, désignée autrefois et plus connue encore aujourd'hui sous le nom vulgaire de scille maritime, et par corruption squille.
CRGNÀNO, bourg du royaume d'Italie, province de Bergame, district de Treviglio, mandement de Verdello-Maggiore ; 3,424 hab.
CRI (canton d'), canton de la région centrale de la Suisse, entre ceux de Schwiiz au N., de Glaris au N.-E., des Grisons a l'E., du Tessin au S., de Berne et d'Unlerwald à l'O., par 460 3l'-47° de latit. N. et 6<> 3'-6° 37' de longit. E. ; superficie, 1,076 kilom. carrés ; 16,107 hab., presque tous catholiques. Cheflieu, Altdorf. Le col du canton d'Uri forme une longue vallée à laquelle aboutissent quantité de vallons et qu'environnent de hautes montagnes. Cette vallée commence au N., près du lac des Quatre-Cantons, et s'élève jusqu'au mont Saiul-Gothurd avec la Reuss, qui reçoit toutes les eaux des vallées latérales. Les montagnes les plus élevées de ce canton sont : le Titlis et le Susten à 1 O., le Scherborn, le Crespalt et le Badus a l'E., et les divers pics du Saint-Gothard au S. Le climat est assez doux ; la contrée la plus fertile du canton est une plaine qui s'étend entre Amsieg et Altdorf et qu'on appelle Reussthal. On cultive peu de céréales dans ce canton; mais les arbres fruitiers y réussissent fort bien, et les villages de la partie inférieure sont entourés de noyers magnifiques. L'éducation des bestiaux forme la principale ressource des habitants de ce canton, et pendant l'été leurs alpes nourrissent près de 12,000 bêtes à cornes ; on y prépare des fromages exquis et très-recherchés.
Le canton d'Uri, le onzième de la Confédération par son étendue et le vingt-deuxième par sa population, est un des trois qui, en se révoltant contre l'Autriche en 1307, préparèrent l'indépendance helvétique. La constitution de cette petite république, revisée en 1850, est purement démocratique. Le pouvoir suprême réside dans le peuple, qui se réunit en assemblée générale (Landsgemeinde) le preraier dimanche de mai pour nommer tous les magistrats. Chaque citoyen qui a vingt ans accomplis est soldat, électeur et éligible. Le pouvoir exécutif et administratif appartient a un Conseil d'Etat (Landrath) dont les membres sont élus pur le peuple en assemblée générale. Pour le culte, ce canton relève de l'évêché de Coire.
URIA s. m. (u-ri-a). Ornith. Nom scientifique du genre guilleinot.
UHI AGE, bourgde France (Isère), comm. de Saint-Murtin-d'Uriage, cant.de Domène, arrond. et à 16 kilom. de Grenoble, à 414 mètres d'altit., dans un petit bassin frais et riant de la charmante vallée du Sonnant; pop. aggl. , 193 hab. — pop. tôt. 2,253 hab. Le petit bassin occupé par le bourg d'Uriage fut jadis un lac barré par des rochers. Rien de plus enchanteur que ce vallon, entouré de coteaux boisés d'où jaillissent des eaux minérales sulfureuses
URIA
et ferrugineuses justement renommées. Des restes de constructions romaines et des débris d'antiquités, trouvés dans les fouilles que l'on fit pour isoler les sources et les bâtiments nouveaux, montrent que ces eaux furentfréquentées par les Gallo-Romains. On a même trouvé un ancien fourneau qui servait, croit-on, à chauffer l'eau de la source, dont la température n'est que de 220, C'est a la marquise de Gautheron et à M. de Saint- Ferriol que l'on doit la restauration de ces bains, depuis longtemps abandonnés. Les eaux étaient altérées par leur mélange avec des eaux de sources étrangères, et en partie décomposées par leur contact avec l'air. La restauration de ces bains commença en 1822. Depuis 1823, cet établissement a été très-, fréquenté. Plusieurs hôtelsont été construits' pour-y recevoir les voyageurs. L'établissement peut loger un très-grand nombre de baigneurs. Des cabinets de bains et des douches de diverses espèces ont été successivement établis en quantité suffisante et présentent toutes les ressources nécessaires aux traitements auxquels doivent être soumis les malades. La saison des eaux commence le 25 mai et finit le 30 septembre. Mais les mois les plus favorables sont ceux de juin, juillet et août. Des deux sources d'Uriage, l'une est ferrugineuse et n'est prise qu en boisson, l'autre est sulfureuse saline et sert pour administrer les bains et les douches. Cette dernière jaillit profondément d'un rocher, et est amenée jusqu'à l'établissement thermal par une galerie de 300 mètres de longueur ; là, elle se partage en plusieurs brailches qui sont distribuées par des canaux dans les diverses parties du service. Cette source n'a que 22» à 26° ; comme ce serait une chaleur insuffisante pour les bains et les douches, on en élève artificiellement la température au moyen de lentilles de fonte disposées à la partie inférieure des vastes réservoirs. L'eau est parfaitement limpide à sa sortie du rocher, où elle bouillonne par le dégagement de ses gaz. Exposée au contact de l'air, et même, circulant dans ses conduits fermés, elle se trouble et" prend une teinte légèrement bleuâtre. Dans les baignoires, cette teinte devient tout à fait blanche. Il s'exhale de cette eau une odeur pénétrante qui décèle la présence de l'acide sulfhydrique. Sa saveur, franchement salée et hépatique, laisse un arrière-goût amer assez désagréable. D'après l'analyse faite par M. Gerdy, l'eaud Uriage contient, pour 1 litre, llgr,l29 de sels anhydres, dont :
Chlorure de sodium 7,236
Sulfate de chaux 1,429
Sulfate de magnésie 1,245
Sulfate de soude 1,011
Elle contient aussi un peu d'acide suifhydrique. Cette eau est donc à la fois sulfureuse et alcaline. Elle est purgative. Chez la plupart des malades, elle détermine, à la dose de trois à six verres, des évacuations promptes, faciles, sans malaise .d'aucun genre, et elle n'exige le plus souvent que deux à trois heures pour que l'effet soit complètement produit ; mais, c'est une eau facilement irritante chez les personnes nerveuses. Les bains sont toniques et fortiliants ; ils conviennent surtout aux tempéraments lymphatiques ; leur action sur la peau détermine de la démangeaison et des picoteinfints, indices d'une excitation légère. La source d'Uriage est particulièrement renommée pour le traitement des malauies chroniques de la peau. Les bains forment la partie essentielle du traitement. Il y aurait souvent de l'inconvénient à employer, au début, l'eau mmérale pure; presque toujours on la mitigé avec de l'eau douce ou avec une dissolution de gélatine ou d'amidon. Parmi les maladies de peau que l'on traite avec le plus de succès à Uriage, nous citerons en première ligne l'eczéma et ses différentes variétés. Les affections catarrhales des membranes muqueuses se trouvent bien également des eaux d'Uriage. Telles sont surtout: les ophthalmies rebelles, les anciens coryzas, les bronchites chroniques, les leucorrhées, les catarrhes vésicaux et les engorgements du col de l'utérus. Il en est de même des diverses affections produites par le vice scrofuleux, surtout quand elles s'attaquent au tissu osseux. Sous ce rapport, on a comparé avec raison l'action des eaux d'Uriage à celle des bains de mer.
L'établissement thermal, ensemble de constructions groupées autour d'une cour plantée d'arbres et composées de quatre corps principaux, forme un parallélogramme. La chapelle est ornée de tableaux de maîtres italiens.
Le bourg d'Uriage est dominé par une colline transformée en jardin anglais et couronnée par un beau château. Sur le penchant de cette colline se dresse la statue colossale du Génie des Alpes, due à un artiste dauphinois, M. Sappey. Les parties les. plus anciennes du château remontent au xnte siècle. Cet imposant édifice, flanqué de cinq tours et offrant un pavillon' d'entrée accosté de deux tourelles, doit sa fondation à la puissante famille des Allemans. M. de Saint- Perriol, qui lui a rendu une partie de sa Splendeur passée, y a réuni d'intéressantes collections d'antiquités égyptiennes, de vases grecs et étrusques, d'antiquités grecques et I
ÛRIN
romaines, de bons tableaux et d'histoire naturelle. De la terrasse du château on découvre de splendides points de vue.
CRIAS SINUS, nom ancien du golfe de manfredonia, formé par l'Adriatique sur ta côte S.-E. de l'Italie. Ce golfe tirait son nom de l'ancienne ville d'Uria, située sur les
bords.
URIBITINGA s. m. (u-ri-bi-tain -ga). Ornith. Syn. d'tmuBiTiNGA.
URICHTHYS s. m. (u-ri-ktiss — du gr.
aura , queue ; ichthus, poisson). Ichthyol. Genre de poissons de la famille des labroides.
CRICONIDM, nom latin de Shrewsbury.
URIDROSE s. f. (u-ri-dro-ze — du gr. ouron, urine ; idrôsis, sueur). Pathol. Sueur urineuse.
CRIE, officier de David, époux de Bethsabée. Ce prince, qui avait un commerce criminel avec cette dernière, envoya Urie au siège de Rabbath et le chargea de porter à Joab, son général, une lettre dans laquelle il recommandait à ce dernier de placer Urie dans l'endroit le plus périlleux afin qu'il y périt. Cet ordre barbare fut ponctuellement exécuté. Plus tard, David rit à grands renforts de larmes pénitence de cette peccadille éminemment biblique. On appelle souvent lettre d'Urie un message qui doit être fatal à celui qui le porte.
OR1EL, nom.de l'archange qui, d'après les doctrines rabbiniques, préside au midi. L'archange Michel et lui sont les ministres de la justice et de la sévérité de Dieu.
URIGUE s. m. (u-ri-ghe). Mamm. Nom vulgaire d'une espèce de phoque.
URILE s. m. (u-ri-le — rad. urée). Chim. Radical problématique, que Morin a supposé exister dans l'urée.
URtM s. m. (u-rimm). Liturg. Ornement du pectoral des juifs, dont la nature nous est inconnue: Moïse mit dans le pectoral I'vrim et le thummim,
URINAIRE adj. (u-ri-nè-re — rad. urine). Qui a rapport à l'urine: Evacuations URI- NAIRES. Conduit URINAIRE.
— Anat. Voies winaires. Ensemble des organes qui concourent à l'excrétion et à l'évacuation des urines. Il Méat urinaire, Orifice externe de l'urètre.
— Pathol, Tumeur urinaire, Tumeur produite par l'infiltration de l'urine.
— Bot. PUyllanthe urinaire, ou substantiv. Urinaire, Espèce du genre phyllanthe employée eu pharmacie comme diurétique.
— s. f. Bot. Syn. de pissenlit.
— Encycl. Pathol. Tumeur urinaire. L'infiltration de'l'urine se produit, soit lorsque ce liquide s'écoule goutte à goutte, fort lentement et indure le tissu cellulaire périphérique qui apportera une barrière à l'infiltration, soit lorsque le liquide filtre seulement à travers une éraillure de la muqueuse de l'urètre dans les tissus voisins. L'eraillure de la. muqueuse est quelquefois oblitérée par la cicatrisation. Les tumeurs urinaires sont dures, indolentes; elles n'altèrent pas la peau. Leur volume varie depuis celui d'un pois jusqu'à celui d'une noisette ; on les rencontre particulièrement sur le trajet de l'urètre ; mais on conçoit qu'elles peuvent exister sur toute l'étendue des voies urinaires. Dans certains cas elles disparaissent spontanément ; d'autres fois elles restent stationnaires ; elles peuvent aussi s'enflammer pour s'ouvrir à l'extérieur. Le plus souvent on les abandonne à elles-mêmes ; cependant lorsqu'elles sont volumineuses, qu'elles renferment un épanchement d'urine et qu'elles ne communiquent pas avec l'urètre, il faut les ouvrir.
' — Calculs urinaires. Ce sont des concrétions solides qui se déposent dans les différents points des voies urinaires: reins, uretères, vessie, urètre. Ces calculs, suivant leur siège, sont appelés calculs rénaux, urêtérattx, vésicaux, prostatiques et urétraux. Nous renvoyons nos lecteurs au mot calcul
fiour leur classification, leurs symptômes et eur traitement en général, et aux mots : rénal, urétéral, vésical, prostatique, urétral, pour l'étude des calculs de ces diverses régions en particulier.
— Fistules urinaires. Il existe assez souvent dans l'économie un trajet anomal donnant passage à l'urine. Chez l'homme, ces fistules urinaires sont congénitales ou accidentelles. On les divise en six classes, suivant le siège qu'elles occupent; ainsi on les appelle ombilicales, hypogastriques , lombaires, intestinales, vésicules et urétrales. (V. ces mots.) Chez la femme, on admei trois classes que l'on désigne suivant leur siège, par les noms suivants : fistules urétrales, urétérales et vésicules. (V. ces mots.)
URINAL s. m. (u-ri-nal — rad. urine).
Vase a col incliné, servant à faire uriner les malades :
J'ai fait ma cour au cardinal,
Disait le conseiller Legendre;
L'autre jour au Palais-Royal,
J'ai fait ma cour au cardinal.
J'ai vidé son grand urinai
Et son bassin, sans rien répandra.
J'ai fait ma cour au cardinal,
Disait le conseiller Legendre.
URIN
Il Vase de verre dans lequel on conserve l'urine des malades, pour la montrer aux médecins. 11 PI. URINAUX.
— Chir. Sorte de réservoir que l'on adapte à la verge, dans les incontinences d'urine.
— Scarron l'a dit pour canal de l'urètre :
SI quelque pierre en la vessie Lui pouvait boucher l'urinai.
Scarron,
— Alchim. Urinai des philosophes, Fourneau dans lequel se cuit et se digère la matière de la pierre de3 sages.
URINATION s. f. (u-ri-na-si-on — rad' uriner), Physiol. Evacuation des principes liquides et des solides tenus en dissolution, dans le système de Charles Robin.
URINATOR s. m. (u-ri-na-tor — mot lat.
qui signif. plongeur). Ornith. Syn. decoLYMbus, genre d'oiseaux palmipèdes.
URINE s. f. {u-ri-ne — lat. urina, mot qui vient lui-même du verbe grec oureti, j'urine ; de otys, ouron, urine, eau, liquide, qui, selon plusieurs étymologiste's, appartient à la même famille que le sanscrit vâr, vâri, eau, liquide, vari, rivière. Pictet fait venir ces derniers mots de la racine sanscrite uar, couvrir, entourer; mais Eichhoff préfère les rattacher h la racine var, varsh, arroser). Physiol. Excrément liquide sécrété parles reins, qui s'amasse dans la vessie avant d'être rejeté au dehors : Le sel ammoniac se fait avec {'urine du chameau. (Buff.) Les anciens Celtibériens avaient l'habitude de se rincer la bouche et de se nettoyer les dents tous les niatins avec leur urine. (Percy.)
— Fa m. Médecin des urines, Médecin qui prétend connaître l'état du malade par la seule inspection de son urine.
— Méd. Urine de boisson, Urine rendue peu de temps après la boisson et très-peu colorée. Il Urine de digestion. Urine rendue après le repas et le sommeil.
— Philos, hermét. Urine du vin, Vinaigre. Il Urine des jeunes colériques, Mercure philosophai.
— Ane. chim. Essence d'urine, Sel ammoniac extrait des urines.
— Encycl. Physiol. L'urine est une humeur d'excrétion qui sert à l'élimination de certains principes impropres à la nutrition. Comme le dit ingénieusement Vieussens, c'est la lessive du sang. A l'état normal, elle a une couleur jaune ambrée dont la teinte varie avec l'alimentation, la température, l'exercice, etc. Immédiatement après son émission, elle a une odeur faible, peu désagréable, aromatique. Quelques heures après, elle a l'odeur dite urineuse qui disparaît à son tour et qui fait place à l'odeur ammoniacale. La saveur de l'urine est salée et légèrement ainère. L'urine rendue très-longtemps après le repas est très-acide, de même que celle que l'on examine quelques heures auparavant. Celle qui est rendue pendant la digestion est, au contraire, faiblement acide et même quelquefois alcaline. L'acidité de l'arine est due, soit à de petites quantités (lucides organiques libres, soit à des phosphates acides. Son alcalinité tient à des carbonates alcalins. L'urine devient toujours alcaline quelque temps après son émission. A ce moment, des matières acides se déposent, la liqueur se trouble et une fermentation s'établit qui donne naissance à de l'ammoniaque. La moyenne de densité de Yurine rendue en vingt-quatre heures est, d'après Becquerel, de 1,0189 chez les hommes et de 1,0151 chez les femmes.
A. Becquerel admet que dans l'état normal il y a 396r,521 de principes fixes chez l'homme et 34Sr,2U chez la femme pour les urines de vingt-quatre heures; mais il faut reconnaître que ces moyennes sont très-variables. Tel individu soumis à une alimentation végétale rendra beaucoup moins de principes fixes que tel autre soumis a un régime animal. Aussi les médecins anglais, qui voient des gens habitués à manger beaucoup de viande, ad mettent- ils qu'il sort en moyenne par l'urine de 48 à 72 grammes de principes fixes. Berzélius et Lehmann estiment qu'il y a de 67 à 63 grammes de principes fixes par litre d'urine. Quant à la quantité d'urine, un individu sain rend, dans les vingt-quatre heures, de 1 litre et demi à 2 litres d'urine ayant une densité égale à 1,018.
Voici maintenant la composition de l'urine normale :