USÉ
vinee et district de Gênes, mandement do Recco; 2,484 hab.
USCOQUES ou USKOKS, peuple d'origine slave, répandu dans la Cnrniole, la Croatie et la Dalmatie. Les Uscoques, dit M. Marinier, étaient, comme les Morlaques, des Slaves fuyant avec un profond sentiment de haine la tyrannie des Turcs. Leur nom signifie fugitifs ou déserteurs. La première place considérable où les Uscoques entrèrent après avoir campé sur plusieurs points de la Dalmatie fut la forteresse de Clissa. Pierre Crusich, qui y commandait au nom du roi de Hongrie, leur en ouvrit les portes avec joie, espérant faire avec eux de fructueues excursions sur la frontière. Il fut trompé dans son attente. Les Turcs, furieux de le voir donner asile à leurs ennemis, assiégèrent la citadelle, la prirent, et le malheureux Crusich paya de sa vie son imprudence. La citadelle de Clissa étant au pouvoir des Turcs, les Uscoques cherchèrent un autre asile ou, pour mieux dire, un autre champ de bataille, et en trouvèrent un excellent sur la rive du Carnero, dans la ville de Segne. Installés dans une nouvelle forteresse, les Uscoques rendirent d'abord d'utiles services en faisant de fréquentes sorties contre les Turcs. Ils les poursuivaient dans leurs retranchements el les éloignaient des bords de l'Adriatique. Bientôt cette guerre d'escarmouches ne suffit plus à leur ardeur; les victoires qu'ils y avaient remportées exaltaient leur courage, le butin qu'ils y avaient recueilli enflammait leur cupidité. Les Uscoques devinrent alors de dangereux pirates. Avec des barques légères, faciles à manœuvrer dans les passages les plus étroits, ils se rangeaient le long de la côte, se tenaient à l'affût comme des chasseurs et, dès qu'ils en trouvaient l'occasion, s'élançaient sur un navire sans trop se soucier de son pavillon. Cet état de choses dura longtemps, jusqu'à ce qu'enfin, poursuivis et vaincus par les forces envoyées contre eux par la gouvernement de Venise et par les impériaux, les Uscoques quittèrent définitivement les remparts de Segne et s'établirenten Croatie, aux environs de Carlstad. De nos jours, ils se livrent à l'agriculture. On trouve quelques familles d'Uscoques dans la Croatie et la Carn'tole.
Uicoque (l'), roman de George Sand (1838). Cet ouvrage est donné par l'auteur comme l'histoire véritable du héros des deux poèmes de lord Byron, le Corsaire et Lara. Au point de vue de l'exactitude des événements, il renferme peut-être, en effet, des renseignements précis ; mais, comme roman, ï'Uscoque, bien que fort intéressant, fait regretter la Petite Fadette et François te Champi. George Sand a voulu tenter une excursion sur le terrain des Frédéric Soulié et des Eugène Sue, et on sent qu'elle n'est pas chez elle. Des études de moeurs champêtres ou des peintures de caractères, tel est son genre : mais l'horrible ne lui convient nullement. L Uscoque, Orio Soranzo, est un noble vénitien débauché qui, après avoir compromis sa fortune; trouve commode de la rétablir en épousant la fille du doge Morosini, la belle Giovanna. Ezzelin était fiancé à Giovanna; il se sacrifie généreusement au bonheur de la jeune fille, qui s'unit avec Orio. Comme pour l'aire oublier les désordres dû sa jeunesse, Orio va combattre vaillamment contre les pirates sur les galères de la république, puis tout à coup on n'entend plus parler de lui; il n'est plus question que d'un pirate renégat appelé Ï'Uscoque, qui exerce partout ses ravages. Amené par le hasard dans les mers où Ï'Uscoque règne en maître, Ezzelin le combat, parvient à lui échapper et découvre que ce chef de bandits n'est autre qu'Orio Soranzo. Celui-ci se doute des soupçons d'Ezzelin, combine un guet-apens pour le taire périr et, comprenant que sa femme a deviné la vérité, il l'assassine, empoisonne ses complices et vient pleurer hypocritement sa femme auprès de son beau- père. Il rencontre la sœur d'Ezzelin, Argiria, tombe amoureux d'elle et va l'épouser, lorsqu'Ezzelin, qu'il croyait mort, reparaît. Un meurtre devient nécessaire. Orio prend ses préj cautions pour qu'Ezzelin disparaisse; cette fois encore le sort trompe ses criminels désirs ; la victime échappe au meurtrier et, les preuves en main, accuse Soranzo de tous les forfaits qu'il a commis. Le coupable tente de nier; mais, trahi par le seul complice qui eût su déjouer ses pièges, il est reconnu pour Ï'Uscoque el condamné à mort.
Tel est le tissu de crimes, d'horreurs et' d'infamies que George Sand a exposé sous les yeux du lecteur dans ï'Uscoque; malgré l'intérêt de ces aventures, on regrette que l'auteur ait déployé les magiques couleurs de son style pour parer de si horribles tableaux.
USCUDAMA, ville de l'ancienne Thrace, dans le*puys des Besses. C'est actuellement la ville tl'Audrinople.
USCUF s. m. (u-skuff— gr, moderne skouphia, même sens). Nom donné par les voyageurs au bonnet des janissaires et k l'espèce de corne qu'il formait en avant.
USKUP, ville de la Turquie. V. OUSKOUB.
USÉ, £E (u-zé) part, passé du v. User. Détérioré par l'usage : Un habit, des souliers usés. Des meubles usés.
— Par ext. Affaibli : Un homme usé. Un