‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 529 sur 1042 · V. UTENHOVE · texte numérisé non relu

V. UTENHOVE

UZ (Jean-Pierre), poète allemand, né à Ànspach en 1720, mort en 1796. Après avoir fait ses études à Huile, il se jeta dans la carrière littéraire , puis il accepta une place de secrétaire chez un conseiller de justice. En 1763 , il devint assesseur au tribunal impérial, puis membre du corfseil des écoles du pays d'Anspach. Il venait d'être nommé conseiller de justice et juge provincial d'Anspach, quand. la mort le frappa. Consacrant à la poésie les rares loisirs que lui laissaient ses diverses fonctions, il tenta vainement d'impatroniser en Allemagne la versification des anciens, et, à ce sujet, il eut de vives polémiques avec ses compatriotes, qu'il appelait des miltoniens ou anylomans, parce qu'ils s'obstinaient a composer des vers blancs,. à l'exemple de Milton. On a de lui des traductions estimées de morceaux choisis d'Homère, de Pindare et d'Anacréon. Ses Œuvres poétiques complètes qnt été publiées à Vienne en 1804 (4 vol. in-40).

UZA, idole des anciens Arabes. On croit que ce mot était dérivé de l'adjectif asis, grand, puissant, qui est l'un des noms de Dieu. Mahomet détruisit cette idole, après

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avoir fait massacrer les prêtresses qui desservaient son culte.

UZBEK , kan de Kaptchak , dans la première moitié du xive siècle. Il étendit sa domination sur une grande partie de la Russie, après avoir ravagé plusieurs villes importantes, et renversa à son gré divers grands princes. C'est de lui que les Uzbeks, dont il était le kan , tirent leur nom. V. l'art, suivant.

UZBEKS, peuple de la famille turque, établi dans le Turkestan, dans la Russie méridionale et le gouvernement de Tobolsk.

Les Uzbeks descendent des Hui-he et des Ouigours; ils étaient Axés originairement dans le voisinage des villes de Hoten, de Kaschgar, de Turfan et de Hamil. Après avoir traversé l'Iaxarte au xvi« siècle et après plusieurs campagnes heureuses , ils s'emparèrent des provinces de Batkh , de Klmrism, deBoukharaet deFerganah.Dans cette dernière contrée et dans celle de Balkh, ils se sont occupés d'agriculture, mais ils mènent généralement une vie nomade et trop guerrière pour qu'on puisse l'appeler pastorale.

UZÉGEOIS, territoire de l'ancienne France (Languedoc), qui tirait son nom d'Uzès, son chef-lieu.

UZEL, bourg de France (Côtes-du-Nord), ch.-l. de cant., arrond. et à 15 kilom. N.-O. de Loudéac , près dé l'Oust; pop. aggl., 979 hab. — pop. tôt., 1,585 hab. Commerce de farine, toiles de Bretagne, blé et lin. Ruines d'un vieux manoir.

UZERCHE, ville de France (Corrèze), ch.-l. de cant., arrond. et à, 35 kilom. N.-O. da Tulle, sur une colline escarpée, au pied de laquelle coule la Vézère; pop. aggl. ,2, H3 hab.

— pop. tôt., 3,022 hab. Papeterie , teintureries, tanneries, aciérie; fabrication de chaussures. On y" voit une belle église paroissiale surmontée d'un clocher très-élevé, et possédant deux reliquaires du temps de Charlemagne. Aux environs, sites très-pittoresques et ermitage de M""* de Genlis. Patrie du chirurgien Boyer.

UZES, VUceme Castrum des Romains, ville de France (Gard), ch.-t. d'arrond. et de cant., près de la rive droite de l'Auzori, à 24 kilom. N. de Nîmes ; pop. aggl., 4,874 hab.

— pop. tôt., 5,574 hab. L arrond. renferme 8 cant,, 9? comm. et 82,009 hab. Tribunal de ire instance, justice de paix, collège communal; bibliothèque publique. Fabrication de bonneterie, bas de soie, grosses draperies; chapelleries, tanneries, papeteries, nombreuses filatures' de soie. Commerce de blé, vin, eau-de-vie, huile d'olive, bestiaux, draps et soieries.

Uzès se divise en ville neuve et en ville vierlle. La ville vieille, qui entoure le château, est sillonnée de rues étroites, coupées de distance en distance par des arcades reliant les maisons entre elles; ces arcades permettaient, en temps de siège, de défendre la ville rue par rue et d'empêcher ou du moins de retarder l'occupation du château.

L'ancien château des ducs est le principal monument d'Uzès; c'est un vaste et sombre édifice, aux hautes murailles flanquées de tours rondes et présentant quelque ressemblance avec l'ancienne Bastille de Paris. Le donjon, surmonté de clochetons, fut, dit-on, construit au xi° siècle. A côté s'élève un bâtiment du xne siècle; Ce bâtiment, les remparts de l'enceinte actuelle et la grosse tour ronde de la rue de La Condamine, remontent au temps des Decan-Pasquière. Le corps de logis au nord de la principale entrée, laquelle est moderne, appartient au xmo siècle. Il est flanqué, k l'est, d'une tour terminée par un toit aigu. La principale façade sur la cour, construite au xvio siècle sur les plans de Philippe Delorme, présente un rezde-chaussee surmonté de deux étages, avec colonnades d'ordre dorique et frontons circulaires ou triangulaires. Sur le toit, ou voit encore? figurées en briques de couleur, les armoiries des ducs d'Uzès. L'édifice contient une chapelle dans le style ogival de la fin du xme siècle. Au-dessous de la chapelle s'étendent des caveaux profonds renfermant les tombeaux de cinq ducs et de deux duchesses et l'inscription funéraire, sur marbre blanc, de Charles de Crussol, duc d'Uzès, premier pair de France. L'intérieur du château n'offre de remarquable que le grand escalier, attribué a, Charles de Crussol.

La cathédrale d'Uzès est un monument sans intérêt qui a remplacé l'édifice ancien, détruit en 1611. Il reste encore debout néanmoins, de la construction primitive, une tour romane du Xie ou du xn« siècle, connue sous le nom de Campanile ou de tour Fénestrelle, Elle se compose de six étages circulaires, établis sur un soubassemeut carré, que dissimulent les constructions adjacentes; chaque étage est légèrement en retrait sur l'ordre inférieur. On jouit, du sommet de la tour Fénestrelle, d'un merveilleux point de vue sur toute la campagne des enviions; il est regrettable seulement que son couronnement ait été détruit.

Les autres monuments d'Uzès dignes de mention sont : l'andien palais épiscopal, converti aujourd'hui en hôtel de la sous-préfecture et en tribunal ; il conserve une porte et des murailles du xviie siècle et possède un parc vaste et bien entretenu ; l'hôtel de

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ville, situé en Tace du Duché, dont il est séparé par une place entourée d'arcades et a» centre de laquelle se dresse une élégante fontaine ; la tour carrée de l'Horloge ; la tour de la Prison ; l'hôtel du baron de Castille et plusieurs maisons de la Renaissance. Citons enfin le collège communal et la bibliothèque (4,000 volumes environ).

— Promenades, curiosités, etc. Uzès possède une belle promenade, qui s'étend derrière la sous- préfecture et la cathédrale. Cette promenade, qui domine la vallée de l'Auzo», consiste en partie en une terrasse plantée de marronniers et ornée d'un jet d'eau central: La statue en bronze du contreamiral Brueys, oeuvre de Duret, y a été érigée le 20 octobre I861. • Derrière un énorme alizier, dit M. Joanne, se cache le pavillon de Racine, qui servit de logement au eêlè-

• bre poôte pendant quelques mois. Ce pavillon est surmonté d'un dôme et décoré de colonnes. ■

Un monument celtique existe aux environs d'Uzès; c'est un monolithe, taillé dans le roc et connu sous le nom de Temple des. druides. On y voit aussi un bloc énorme dont la disposition rappelle les dolmens des Celtes. A l'est de la ville, signalons encore les ruines de la tour de l'Evêque; plusieurs grottes creusées dans des assises de molasse marine; enfin la fontaine d'Eure, qui jaillit près de rochers pittoresques et dont un aqueduc, en partie conservé sur une longue étendue, conduisait jadis les eaux à Nlinës.

— Histoire. Sous" la domination romaine, Uzès était un château appelé Vcetia e:

Castrum Ucense; on y éleva, peu de temps après, un temple dédié à Auguste. Uzès, dévastée par les Vandales (408), les Wisigoths (471) et les Francs (507), finit par rester h ces derniers. Son Eglise eut de bonne heure une grande importance dans les contrées méridionales;1 les premiers évêques en furent Roria, saint Firmin et saint Ferréol, le fondateur du monastère célèbre auquel il" donna son nom. Au vu» siècle, l'èvèché d'Uzès fut vivement disputé par des prétendants nombreux. Le premier Seigneur d'Uzès dont l'histoire ait gardé le souvenir fut Eléazar, qui vivait au xio siècle. Raymond Decan lui succéda et posséda le domaine d'Uzès de compte à demi avec son frère Ruimon ; ce dernier ayant eu une fille qui épousa Ros-

.taing de Sabran, la moitié de la seigneurie échut à cette branche; l'autre moitié se perpétuupdans la famille (te Decan. Cette dernière portion fut, en 1328, érigée en vicomte et, en 1486, en duché;' le premier seigneur d'Uzès qui porta le titre de duc fut Jacques de Urussol, marié » Simonne d'Uzès. Quant a l'autre partie d'Uzès qui était passée entré les mains des seigneurs de Sabran, elle Se divisa encore en se transmettant par voie d'héritage (1208- 1224). En 1227, une partie da ces débris passa, par acquisition, dans ie domaine de l'évéque, et le surplus, en 1493, lit retour à Charles VIII, . La sanglante croisade des albigeois trouva dans Uzès et surtout dans son évèque un auxiliaire ardent. L'évéque d'Uzès suivit partout Simon de Montfort, devenu momentanément possesseur de la viguerie d'Uzès. En 1229, un des comtes de Toulouse fit cession d Uzès à Louis IX, qui la plaça sous la juridiction du sénéchal de CarcaSsoiine etde Beaucaire, C'est à Philippe le Bel qu'Uzès dut son érection en vicomte (1328). Plusieurs seigneurs d'Uzès se distinguèrent a cette époque par leur bravoure. Bérenger d'Uzès figura, avec son fils Guillaume, au siège d'Aiguillon (1346); Decan assista au siège de Calais; un autre vicomte d'Uzès arrêta Robert linolles, le redoutable capitaine anglais, au moment où, après avoir traversé l'Auvergne, il se dirigeait sur Avignon.

Les guerres de religion eurent au xv siècle, dans Uzès, un de leurs plus sanglants théâtres; la ville fournit à la Réforme de nombreux prosélytes. Le comte de Crussol et l'évéque essayèrent en vain d'arrêter le mouvement. Uzès se rangea sous les drapeaux du prince de Condé, et la plupart des églises de la ville furent détruites; les catholiques marchèrent contre Uzès, s'en emparèrent, la perdirent et la reprirent tour ! à tour. Lu ville, épuisée par ces luttes intestines, subit encore un dernier siège des protestants (1621), qui détruisirent la vieille cathédrale deSaiut-Honorat, Mais, la mémo année, l'évéque rentrait à Uzes, dont le roi fit abattre les fortifications. Une dernière révolte ayant eu lieu, il obligea les .habitants à lui fournir des otages. Il y enjra enfin lui-même en 1629, et c est d'Uzès qu'il se rendit à Nîmes pour y donner l'édit de pacification. Jusqu'à la Révolution, Uzès fit partie de la lieutenance des Cévennes, qui comprenait aussi Mende et Alais. Deux conciles sans importance furent tenus à Uzès, le premier vers 558, par saint Ferréol , qui voulut forcer les juifs à abjurer; l'autre en 1139, par ordre'd'Innocent IL

UZÈS (Aldebert d'), prélat français, originaire d'Uzès, mort en 1180. Il appartenait à l'une des plus puissantes familles du bas Languedoc et était beau -frère d'Alphonse Jourdain, comte de Toulouse. Elu en 1141 éyêque de Nîmes, il jouit d'une grande autorité dans l'Eglise et auprès du roi Louis le Jeune et fut chargé par le pape Alexandre III de réconcilier Raymond V, eointe de Tou-

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louse, avec sa femme Constance , sœur du roi de* France-, mais il ne réussit pas dans cette mission. Plus tard, Aldebert fut l'un des membres du concile de Lombers, qui condamna les doctrines des albigeois et les déclara hérétiques.

BZÈS ( Armand - Géraud - Victurnien -Jacques-Emmanuel du Urussol, duc d'), homme politique français, né en 1808. Il est le chef actuel de l'ancienne maison de Crussol (v. ce nom). Il suivit d'abord la carrière militaire, servit quelque temps dans un régiment de cavalerie et rît, comme volontaire dans l'armée russe, la campagne du Balkan. De 184 4 à 1848, il représenta l'arrondissement de Bourbonne à la Chambre des députés, où il

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siégea parmi les conservateurs, et eut, a propos de son vote au sujet de l'indemnité Pritchard, un duel avec le marquis de Cal- -vière. Il vécut loin des affaires après la révolution de Février et fut, en 1S5Î, l'un des rares députés non officiels qui aient été élus à cette époque. Il ne se représenta pas aux élections de 1857. Il a collaboré pendant quelque temps aux Annales de la charité.

UZIFURE s. m. (u-zi-fu-re). Chim. L'un des noms donnés au cinabre.

UZNACH , bourg de Suisse, canton et a S0 kilom. S.-O. de Saint-Gall, sur une colline, h l'extrémité orientale du lac de Zurich 5 1,700 hab. Ruines d'un ancien château as-

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