‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 54 sur 1042 · TUEE · texte numérisé non relu

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gr. thêkê, gaine; stoma, bouche). Entom. So dit des insectes dont le suçoir est renfermé dans une gaine.

T1IEDEN (Jean-Chrétien-Antoine), chirurgien prussien, né dans le Mecklembourg en 1714, mort en 1797. Après avoir suivi l'école de Butzow, il fit ia métier de copiste et fut sur le point d'embrasser celui de tailleur. 11 se mit enfin en apprentissage chez un chirurgien et suivit a Rostock les cours d'anatomie. Il alla ensuite k Hambourg et à Dantzig et, en 1742, il fut en état d'entrer dans un régiment de cuirassiers prussiens en qualité de chirurgien d'escadron. Un séjour de deux ans qu'il fit à Berlin lui permit de mettre a, profit les leçons de Schaarschmidt. En 1744, il fut nommé chirurgien de régiment et, l'année suivante, chirurgien pensionné du roi. Après la deuxième guerre de Silésie, il revint encore continuer ses études à Berlin. En 1748, il fut envoyé à Stetlin comme chirurgien de camp; il se signala pendant la guerre de Sept ans, par son habileté chirurgicale et fut nommé, en 1768, chirurgien général du corps de l'artillerie. Frédéric II, qui l'avait vu de près et connaissait tout son mérite, l'éleva en 1780 au poste de premier chirurgien général des armées. Le successeur de Frédéric, que Theden avait deux fois sauvé de maladies graves, le nomma membre du collège médical supérieur. Les ouvrages de Theden sont riches en observations curieuses ; on y remarque surtout ce qui se rapporte à l'emploi do la compression dans le traitement de plusieurs maladies, et à celui de l'eau froide dans les pansements. Ces ouvrages sont : ■ Nouvelles observations et expériences servant à enrichir la chirurgie (Berlin, 1771, in-S°, 3 vol.); Instructions pour les sous-chirurgiens de l'ijrmëe (Berlin, 1774, 2 vol. in-8°).

THÉE s. in. (té — du lat. txda, toeche da bois résineux). Pêche. Bois de pin très-sec, dont on se sert, dans le midi de la France, pour pêcher aux flambeaux.

Tbéélèle (LE) OU De la science, dialogue

de Platon. Le sujet de cet entretien est la science et son fondement. Il s'agit d'y déterminer, non pas quels sont les objets de la science, ni quelles sont les différentes sciences, mais ce que c'est que la science considérée en elle-même, ce qui la caractérise et la constitue. L'adversaire de Socrate propose trois solutions a ce problème. D'abord, il répond que savoir, c est sentir." Battu sur ce point, il a recours a une solution un peu plus étendue et avance que savoir, c'est juger, substituant déjà k une impression des sens une opération de l'intelligence. Cette opération semblant encore trop circonscrite pour embrasser toute la science, il s'adresse au raisonnement, k la définition, à l'analyse. Ce système, qui n'est autre que l'empirisme, Socrate, dans le Théétète, l'explique avec plus de méthode et en coordonne les diverses parties plus profondément que ne l'avaient fait Heraclite et Protagoras, si bien que Locke, Condillacet Hume n'ont fait que suivre ses indications. Mais Platon réfute ce système. Il s'attache à établir que ce principe : « La science est la sensation » détruit toute science et contient le scepticisme. C'est où aboutissent les propositions suivantes :

1° Si la sensation est la science, il ne faut pas dire seulement que l'homme est la mesure de toutes choses, il faut le dire aussi de tout être capable de sensation, du dernier des animaux comme de l'homme.

2» Si la sensation est la règle unique, chaque être est juge de ce qm lui paraît, et, dans ce sens, tous nos jugements sont toujours vrais, ou plutôt ils ne sont ni vrais ni faux, et personne n'est juge du faux et du vrai. Alors pourquoi Protagoras se croit-il plus savant qu'un autre et seul capable de connaître et d'enseigner la vérité ?

3» Si la science n^st que la sensation, la sensation étant bornée à, l'instant présent, il suit qu'il ne peut y avoir aucune science du passé, que la mémoire n'a aucune certitude et ne fonde aucune connaissance.

4« Si la science n'est que la sensation, la sensation se composant de plus et de moins, il suivrait, en appliquant ceci & tous les sens, que la science varierait, augmenterait ou diminuerait a chaque instant, qu'elle serait soumise aux plus frivoles inconstances et que le même homme, par lo moindre changement de position, saurait ou na saurait pas la même chose.

50 II faudrait dire en morale, dans la science du juste, que ce qui est juste, c'est ce qui paraît tel à chacun, que la morale publique ou privée est toute relative, qu'une loi est juste là où elle est établie et tant qu'elle est établie, mais pas au delà.. Et dans la politique, dans la science de l'utile, si la science est la sensation, tout individu, en tant que sensible, est constitué juge absolu de l'utile en général, et la législation entière est soumise aux caprices de la sensibilité individuelle.

Ces conséquences accablent Protagoras.

Platon achève sa victoire en ajoutant que c'est un fait incontestable que tous les hommes pensent, que tout n'est pas arbitraire, faux et vrai à la fois, juste ou injuste, mais qu'il y a du vrai et du faux, de la justice et de l'injustice, de la sagesse et de la folie, de la science et de l'ignorance. Or, une saine philosophie ne peut protester contre le sen-

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liment universel, car ce serait protester contre la nature humaine. Et avec quoi protesterait-on contre elle 1 Avec elle-même !

Il y a plus ; non-seulement le principe de Protagoras : « La science est la sensation, » détruit toute science, mais le principe d'Heraclite, dont il émane, savoir que toute chose est dans un mouvement perpétuel, détruit le principe même de Protagoras, qu'il semble fonder. En effet, toute chose participe à un double mouvement: le premier extérieur, qui fait que tout change de lieu; le second intérieur, qui fait que tout s'altère et se transforme. Tout changeant et s'altérant à la fois, il est impossible de fixer, même par la parole, cette perpétuelle mobilité. Chose étrange, c'est seulement en vertu de ce principe : « Tout est en mouvement, » que l'on conclut que la science est la sensation, et c'est précisément en vertu de ce principe qu'il est impossible de dire que la science est la sensation, car on ne peut pas plus dire qu'une sensation existe qu'affirmer qu'elle n'existe pas. En effet, la sensation est un rapport de l'être sentant à la chose sensible, et la chose sensible et l'être sentant n'étant pas, à parler rigoureusement, mais changeant et s'altérant sans cesse dans un perpétuel mouvement, là où les deux termes n'ont pas de réalité fixe, leur rapport n'en peut avoir davantage et se trouve dans une impuissance absolue de fonder aucune définition légitime. La science n'est donc pas plus science que la sensation n'est sensation, que l'être sentant n'est identique à lui-même et la chose sensible identique à elle-même. La variabilité absolue, le changement et la contradiction sont donc les lois de ce monde, Oui, cela est vrai dans le monde des phénomènes et de la sensation ; mais il existe des lois immuables, mathématiques, présidant à ces changements.

Sous cette action infinie de forces diverses sa cache une force absolue qui crée, soutient, embrasse toutes les autres et en est à la fois la cause, la raison et le lien harmonique. Et dans la conscience de l'homme, n'y a-t-il pas en opposition avec les impressions passives des sens une force personnelle qui s'en sépare, reconnaît et proclame ellemême son indépendance ? La volonté n'e3t pas fille, mais rivale de la sensation, dont elle sait qu'elle doit devenir la maîtresse.

Il y a plus; la raison n'est pas moins distincte et indépendante de la sensation que la volonté; elle la domine, puisqu'elle la juge, tandis que toute idée de relation est interdite à la sensation. La sensation, dont le caractère propre est l'arbitraire et la contingence, comment instituerait-elle lé caractère de la nécessité et de l'universalité qui distingue certaines notions, qui s'élèvent irrésistiblement dans l'intelligence de l'homme ? Comment aurait-elle empreint d'une obligation morale absolue la distinction du bien et du mal moral ? Elle enfin, dont la destinée éphémère est de paraître et de disparaître, dont l'essence est de n'en point avoir, comment serait-elle la source de cette notion mystérieuse d'essence, d'existence, de substance, dont l'esprit humain ne peut pas plus se séparer qn'if ne peut se séparer de lui-même. En effet, toute pensée, tout acte, tout phénomène interne se rattachent et ne peuvent pas ne pas se rattacher à un sujet, à un être actif et pensant. Cette grande idée de l'existence, comment la demander à la sensation, qui devient sans cesse sans être jamais ? 11 y a au contraire opposition irréconciliable entre la sensation et l'essence.

En résumé, la science se rapporte à la vérité ; toute vérité ne se trouve que dans l'essence ; si donc l'essence et la sensation se repoussent, la science ne réside pas dans la sensation.

La seconde partie du Théétète est un vrai labyrinthe de subtilités logiques et grammaticales, mais dont on finit cependant par trouver l'issue quand on a un peu l'habitude de ce genre de discussions. Platon y démontre que ni le raisonnement, niia définition, ni l'analyse ne sont la science.

La sensation et la dialectique n'expliquant point la science, où la trouver ? Quelle est la solution du problème? Platon, en apparence, n'en donne aucune, comme pour faire entendre qu'il dédaigne les solutions positives et préfère l'esprit philosophique à la philosophie. Mais en y réfléchissant attentivement, on découvre la solution de Platon. Lorsqu'en cherchant avec Théétète la science, depuis les impressions les plus grossières des sens jusqu'aux impressions les plus raffinées de la dialectique, Platon lui a prouvé que la certitude n'est pas là, il lui fait entrevoir au delà la région des idées. En effet, pour confondre la sensation et le raisonnement, il leur demande de rendre compte de certaines cotions de l'intelligence humaine, des idées du beau, du bien, du juste, de l'égalité, de l'identité, de l'unité et enfin de l'existence. N'est-ce pas dire implicitement : la vraie science, celle que ne donnent ni les sensations qui passent, ni l'analyse, ni la définition, ni le raisonnement, instruments stériles, sans données primitives, la vraie science est précisément dans ces idées qui échappent à la dialectique et au sensualisme, dans ces éléments intégrants de toute peusée, dans ces principes indécomposables, évidents par eux-mêmes, universels et nécessaires, que l'esprit tire de ses propres profondeurs et de 1 immédiate contemplation de son essence ? Platon se

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contente d'esquisser légèrement ce résultat dans le Théétète: dans d'autres dialogues, il appuiera sur les traits, en y repassant à' plusieurs reprises.

THÉGAN, chroniqueur franc, qui vivait au IXe siècle, Il fut coadjuteur de 1 archevêque de Trêves, s'occupa beaucoup de travaux littéraires et entra en relation avec les savants du temps. On lui doit une chronique intitulée : De la vie et des actions de l'empereur Louis le Pieux, publiée pour la première fois par Pithou, en 1588. On y trouve des détails intéressants sur la vie de Louis le Débonnaire et sur l'état de la société à cette époque. Le président Cousin en adonné une médiocre traduction dans son Histoire de l'empire d'Occident. On en trouve une meilleure dans les Mémoires relatifs à l'histoire de France.

THÉGEL s. m. (té-jèl). Ornith. Oiseau du genre jacana, qui habite le Chili.

— Encycl. Le thégel est un oiseau de la taille d'une pie ; son plumage est noir sur la tète, la gorge et la moitié de la poitrine ; violet sur le dos, blanc sous le ventre; les pennes des ailes et de la queue sont d'un brun noirâtre; le bec est allongé, ainsi que les pattes, et le front est orné d'une protubérance rouge, charnue et bifide, « Cet oiseau, dit un auteur anonyme, habite le Chili ; il ne vit qne d'insectes ; silencieux tout le jour, il ne fait entendre son cri que de nuit; on rapporte qu'il est très-courageux et se défend avec vigueur contre l'homme, surtout lorsque celui-ci veut s'emparer de ses petits. » Comme les jacanas, il a le pli de l'aile armé de l'éperon en forme de lancette qui a fait donner a ceux-ci le nom vulgaire de chirurgien. Voisin des vanneaux et des pluviers, il n'en partage pas les instincts voyageurs.

THEGLAT-PIIALASSAR, roi d'Assyrie. V.

TÉGL ATH - PH ALASAR .

THÉGONNEC (SAINT-), bourg et commune de France (Finistère), ch.-l. de cant., arrond. et à 15 kilom. de Morlaix ; pop. aggl., 636 hab. — pop. tôt., 3,640. Fabriques de toiles, tanneries; église en granit.

THÉIER, ÈRE adj. (té-ié, è-re — rad. thé). Qui a rapport au thé, qui concerne le thé : Industrie théière.

THÉIÈRE s. f. (té-iè-re — rad. thé). Vase dans lequel on fait infuser le thé : Théière d'argent. Théière de porcelaine.

THÉIFORME adj. (té-i-for-me — de thé, et de forme). Bot. Qui ressemble au thé.

— Infusion théiforme, Infusion que l'on prépare comme le thé.

THEIL (LE)bourgde France (Orne), ch.-l.

de cant., arrond. et à 35 kilom. de Mottagne; pop, aggl.. 492 hab. — pop. tôt., 1,031 hab.

THEIL (Jean-François-Napoléon), philologue français, né à Langon (Gironde) en 1808. Lorsqu'il eut terminé ses études à Paris, il suivit la carrière de l'enseignement et devint successivement maître surveillant à l'Ecole normale, maître de pension à Limoges, professeur d'humanités a Nancy, puis aux collèges Henri IV et Saint-Louis, à Paris. Nommé chef de bataillon de la garde nationale après la révolution de février 1848, M. Theil concourut, à ce titre, à réprimer l'insurrection de Juin, fut compromis, l année suivante, à la suite de la tentative de soulèvement du 13 juin, recouvra la liberté en vertu d'un arrêt de non-lieu, mais perdit sa place de professeur, qui lui fut rendue en 1852. Indépendamment de pièces de vers, d'articles insérés dans le Journal de l'instruction publique, de plusieurs éditions d'auteurs grecs et latins, des traductions des Traditions allemandes des frères Grimm, des Prisons de Silvio Pellico, de l'Histoire abrégée de la littérature ancienne de Ficker (1837), on doit à M. Theil des travaux de philologie fort estimés : Dictionnaire complet d'Homère et des homérides (Paris, 1842, in-8°), en collaboration avec M. Hallez d'Arros ; Grammaire élémentaire de la langue grecque, d'après Kilhner (1846, in-8°) ; Grand dictionnaire de la langue latine (1855-1856, 3 vol. in-8û), trad. de l'allemand de G. Éreund, sur un plan nouveau, avec des additions considérables ; Dictionnaire classique de mythologie, de géographie et d'histoire (Paris , 1806 , in-8»), d'après les travaux de Liibner et de Smith, etc.

THEIL (La Porte du), helléniste français. V. La Porte.

THÉINE s. t. (té-i-ne — rad. thé). Chim. Principe actif du thé.

THEINER (Johann-Antoine), savant théologien allemand, né à Breslau en 1795. Il fit ses études à l'université et au séminaire de sa ville natalel et, tout frais émoulu de l'école, fit paraître quelques écrits en faveur de l'émancipation du clergé. En 1823, il fut nommé vicaire desservant de Zollen, d'où il passa à Liegnitz, avec la même qualité. L'année suivante, il obtint une chaire d'exégèse et de droit canon à l'université de Breslau, où, tant dans ses leçons que dans ses écrits, il se montra l'adversaire déclaré de l'ultramontanisme. En 1826, on le trouve mêlé au mouvement réformiste de la Silésie et, dans le courant de la même année, il se

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fait recevoir docteur en droit canon. Mais bientôt les événements l'obligèrent à se démettre de sa place de professeur. Il rentra dans l'exercice de son ministère et, pendant quinze années (1830-1845), occupa diverses cures, et en dernier lieu celle de Hundsfeld, dans les environs de sa ville natale. Mêlé ensuite au mouvement catholique allemand, il fut destitué par l'évêque de Breslau et se renferma désormais dans l'enseignement privé, employant ses loisirs à des études théologiques. On a de lui : Tentatives réformistes de l'Eglise catholique (Altenbourg, 1845) ; Dsscriptio codicis manuscripti qui versionem Pentateuchi Arabici continet (Breslau, 1822); les Douze petits prophètes (Leipzig, 1830) ; le Dogme de la béatitude datts l'Eglise catholique romaine (Breslau, 1847).

f HE1NER ( Augustin ) , théologien allemand, frère du précédent, né à Breslau en 1804, mort à Civita-Vecchia en 1874. 11 s'adonna dans sa ville natale à l'étude de la philosophie, de la jurisprudence et de la théologie, se prononça à cette époque, sous l'influence de son frère, contre les doctrines ultramontaines et en faveur de l'émancipation du clergé, et prit le grade de docteur en 1829. Theiner obtint alors du gouvernement prussien un subside pour aller compléter son instruction par des voyages. Après avoir visité l'Autriche, l'Angleterre et la France, il se rendit à Rome en 1831. Peu après, il entra au séminaire Ides jésuites de Saint-Eusèbe, mais il ne tarda pas à le quitter pour se faire admettre dans la congrégation de l'Oratoire, reçut la prêtrise et devint membre de plusieurs congrégations. Theiner publia en 1833 son Histoire de Clément XIV et excita par cette publication le mécontentement des jésuites, qui demandèrent inutilement à Grégoire XVI de la mettre à l'index. Pie IX le nomma préfet et coadjuteur des archives secrètes du Vatican, et quoique les fonctions délicates attachées à cette charge fussent une preuve de la confiance qu'avait le pape dans le P. Theiner, on fut généralement d avis que cette place ne lui avait été confiée que dans le but de paralyser presque complètement son activité littéraire. Le P. Theiner n'en continua pas moins de publier des travaux fort remarquables, dont l'un surtout, relatif au concordat français, blessa vivement les jésuites, qui en demandèrent à Pie IX la suppression. Malgré son grand savoir, l'émi- 'nent oratorien ne fit partie d'aucune des nombreuses commissions chargées de préparer les travaux du concile réuni en 1869 à Rome. Mais, dès que les évêques allemands, français et américains furent arrivés dans cette ville, le P. Theiner, dont on connaissait la vaste érudition, se' vit extrêmement recherché. Ami personnel d'un grand nombre d'évêques des deux partis, il vit indifféremment des membres de la majorité et des prélats de l'opposition, se tenant également avec tous dans les meilleurs termes. Mais ses ennemis avaient résolu de le perdre dans l'esprit du pape, et ils y réussirent facilement en l'accusant de- fournir des livres et des documents inconnus pour combattre le dogme de l'infaillibilité papale, de donner des conseils et des informations àRauscher, Strossmayer et autres évêques hostiles à ce dogme, de communiquer des documents des archives à lord Acton. Pie IX le destitua de ses fonctions de préfet des archives et mit à Sa place le prélat Cardoni, partisan fanatique des jésuites (juin 1870). «On supposait le P. Theiner, difM.Erdan, et il était en réalité, bien qu'avec une grande discrétion, un des quelques personnages ecclésiastiques considérables de Rome qui n'approuvent, dans la conduite des intérêts de la papauté, ni la direction hautaine et absolutiste du groupe jésuitique, ni l'éternel « voir venir » de cette espèce de fataliste oriental, le cardinal Autonelli. En somme, il était de cette catégorie assez peu définissable des P. Tosti, des P. Ventura, etc., de ces natures d'esprit qui, tout en protestant au fond, ne se séparent pas. • Ûans une lettre qu'il écrivit au duc de Broglie le 22 janvier 1873, malgré toute sa circonspection, le P. Theiner n'hésitait point à dire : < La chute inévitable du pouvoir temporel sera une source abondante de salut pour l'Eglise, pour la tranquillité des Etats. De quoi le pape peut-il se plaindre ? Se plaindrait-il d'être prisonnier au .Vatican ? Mais c'est là une abominable comédie inventée par ce parti plus coquin et furibond qu'aveugle. C'est là une duperie pour laquelle il n'y a pas d'expression; le monde entier est étonne qu'elle ait pu être propagée dans toute la chrétienté. » Avant de mourir à Civita-Vecchia, il avait eu soin de mettre eu sûreté les études qu'il avait tirées des archives du Vatican, les résumés des observations qu'il avait faites lui-même sur le temps présent. Parmi ces documents, il faut citer au premier rang les lettres que le P. Theiner avait écrites à un de ses amis, le célèbre professeur Friedrich, et que celui-ci a publiées dans la Gasette de Cologne, au mois d'août 1874, aussitôt après la mort de Theiner. Ces lettres, qui respirent la haine la plus violente contre le jésuitisme, contiennent des révélations intéressantes sur le concile de 1870, sur les moyens employés par les jésuites pour amener la proclamation du dogme de 1 infaillibilité papale et pour assurer le triomphe de la

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nouvelle constitution de l'Eglise, et, en général, pour dominer l'Eglise et le monde, depuis le premier jour de la fondation de leur ordre. Le P. Theiner a laissé, en outre, des travaux de pure érudition, dont les plus importants sont relatifs aux débats du concile de Trente.

On doit à ce savant oratorien : Du mariage desprêtres et de ses conséquences (Altenbourg, 1828, 2 vol.), en collaboration avec son frère; Commentatio de Homanorum ponlificum episiolarum decretalium collectionibus antiquis (t829); Recherches sur plusieurs publications inédites de décrétâtes du moyen âge (Paris, 1832); Histoire du pontificat de Clément XIV (Leipzig et Paris, 1833), trad. en français (1852, 3 vol. in-8°) ; Histoire des établissements d'éducation ecclésiastique (Mayence, 1835), trad. en français (1841, 2 vol. in-s<>) ; Histoire du retour des maisons régnantes de Bruuswick et de Saxe dans le sein de l'Eglise catholique (1845); Disquisiliones in prscipuas canonum et decretalium collectiones (Rome, 1836) ; la Suéde et le saint-siége sous les rois Jean III, Sigismond III et Charles IX, trad. en français par Cohen (1842, 3 vol. in-8<>); Vicissitudes de l'Eglise catholique des deux rites en Pologne et en Russie (1843, S vol. in-8°), avec un avant-propos de Montalembert; l'Eglise schismatique russe, trad. en français (1849, in-S°) ; Etat de l'Eglise catholique en Silésie, de 1740 à 174S (1852, 2 vol.) ; Clementis XIV epislote et brevia (Paris, 1852); Documents inédits relatifs aux affaires religieuses de la France de 1750 à 1800 (1858, 2 vol. in-8°); Vetera monumenta Hungariam sacram illustrantia (Rome, 1856, 2 vol.); Monuments historiques relatifs aux règnes de Fédor III et de Pierre le Grand, empereurs de Russie (1859, in-fol.); Codex diplomaticus dominii temporali SanctSB Sedis (1862, 3 vol. in-fol.); Histoire des deux concordats (1868), etc.

THÉIS s. m. (té-iss). Bot. Syn. de rhododendron.

TIIÉIS (Maria-Alexandre de), littérateur français, né à Sinceny (Aisne) en 1738, mort à Paris en 1796. Son père était inspecteur général des manufactures. Après avoir terminé ses études à Paris, il commença à se faire connaître par des poésies légères, remplit ensuite pendant quelques années les fonctions de maître des eaux et forêts à Nantes, puis se retira à la campagne, en Picardie, où il s'occupa d'une façon toute particulière de l'éducation de ses enfants, dont l'un fut le baron Théis et l'autre la princesse de Salm. C'était un des hommes les plus instruits et les plus spirituels de son temps. On a de lui quelques ouvrages qui se distinguent par l'imagination, les traits brillants, ta versification vive et facile. Nous citerons particulièrement : le Tripot comique, comédie en prose et en vers (1772); Frédéric et Clélie (1773), comédie en vers libres, imitée du Faucon de La Fontaine ; Contes et nouvelles, en vers, suivis de quelques poésies (Paris, 1773, 2 vol. in-12), où 1 on trouve d'heureuses imitations de La Fontaine ; Encyclopédie morale ou le Code primitif (1785, in-12), en vers blancs.

TIIÉIS (Alexandre-Etienne-Guillaume, baron de), littérateur et administrateur français, fils du précédent, né à Nantes en 1765, mort à Paris en 1842. Il fît d'excellentes études sous la direction de son père, s'établit à Laon, dont il devint maire en 1808, puis fut nommé conseiller de préfecture (1812) et secrétaire général de l'Aisne (1814). Sous la Restauration, il perdit ces fonctions ; toutefois, grâce au crédit de sa sœur, la princesse de Salm, il reçut le titre de baron. S'étant rallié au gouvernement de Louis-Philippe en 1830, le baron de Théis devint successivement préfet de la Corrèze et de la Haute- Vienne. On lui doit divers ouvrages, qui furent bien accueillis lors de leur apparition, mais qui sont aujourd'hui oubliés : Glossaire de botanique (Paris, 1810, in-8"), où les noms des plantes soat puisés pour la plupart aux sources celtiques et orientales; Mémoires d'un Espagnol, roman (Paris, 1818, 2 vol. in-12); Voyage de Polyclète ou Lettres romaines (Paris, 1821-1828, 3 vol. in-12), imitation du Voyage d' Anacharsis . Ce voyage, écrit dans un esprit antilibéral, a eu un grand succès de parti. Adopté par l'Université pour être distribué en prix aux élèves, il s'en est écoulé cinq ou six éditions et il a été traduit en plusieurs langues. On doit encore à de Théis : Mémoires d'un Français, roman (Paris, 1825, 3 vol. in-12); Politique des nations (Paris, 1828, 2 vol. in-8°), ouvrage agréable et instructif, réédité en 1829 sous le titre de Précis de l'histoire universelle; conseils aux jeunes gens qui sortent des écoles primaires (Paris, 1834, in-12).

THÉISME s. m, (té-i-sme — du gr. theos, dieu). Philos, Système, doctrine de ceux qui croient à l'existence d'un dieu, d'un être suprême : Le théisme des hommes éclairés est de la véritable philosophie. (Mm« de Staël.) Le théisme se rencontre dans presque tous les livres sacrés de l'Inde. (B. Const.)

— Encycl. V. déisme et Dieu.

Théisme cbrclieu (DB L'AVENIR DU), COUsi-

déréré comme religion, par Pécout (Paris, chez Cherbuliez, 1864; 1 vol. in-12). L'au- . teur, connu pour l'indépendance de ses idées religieuses, a commencé, comme beaucoup

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de nos contemporains , par l'orthodoxie la plus rigide, et, rejetant tour à tour les traditions dogmatiques et les miracles, il en est arrivé à se faire une religion personnelle qu'il appelle le théisme chrétien. « On demandera quelle est la méthode du théisme et quel est son contenu. Sa méthode découle d'une idée chrétienne, idée qui est même l'essentiel du christianisme t c'est l'affinité de l'homme et de Dieu, par conséquent la divinité de l'ordre naturel, c'est-à-dire Dieu se révélant dans l'univers, et surtout dans le monde morsil, à quiconque l'y cherche d'un cœur pur. De ta l'autorité suffisante et unique de la conscience humaine, éclairée de Dieu par les voies régulières ; de là, la vérité se démontrant par son accord avec les besoins permanents et universels de l'âme religieuse.

Mais pourquoi ce théisme est-il appelé chrétien? C'est, vous répond M. Pécout,que nous l'avons appris à l'école de Jésus-Christ ; c'est qu'avant d'être la religion du monde moderne il a été la religion du Crucifié. « Sans doute il était homme, et sa doctrine était une doctrine humaine, mais il n'y a rien là qui rabaisse à nos yeux sa personne ou son œuvre. Il était ce qu'il ne pouvait pas ne pas être, l'un des nôtres, d'autant plus digne de notre reconnaissance et de notre imitation qu'il s'est élevé plus haut au-dessus de l'ordinaire.,.. Nous l'appelons notre maître, mais non pas notre Dieu ; notre maître, non unique, mais premier entre tous ; nous ne prétendons lui attribuer ni la sainteté divine, ni la perfection humaine, ni l'omniscience, ni l'infaillibilité. >

Cette religion étant donnée, a-t-elle quelque chance de durée? a-t-el!e encore quelque avenir? Le théisme chrétien sera-t-il capable d'entretenir la vie morale, de former une Eglise, d'organiser un culte, d'inspirer la prédication, d'enflammer le zèle missionnaire, de présider à l'éducation de la jeunesse ? M. Pécout s'efforce de le démontrer. En définitive, que fait le théisme chrétien en supprimant les légendes, les miracles, les traditions erronées ? 11 sépare la vérité morale de tout ce qui pourrait l'obscurcir ; il lui donne un nouveau relief et une force nouvelle ; en ne cherchant pas à séduire l'imagination, mais à gagner seulement les consciences, il traite les hommes en hommes et non en perpétuels mineurs, ce qui est le principe suprême de l'éducation. Sans doute, ce principe est d'un emploi délicat, mais son action dépasse toute attente, parce qu'il suscite, en y faisant appel, toutes les forces endormies de l'âme.

Si convaincu pourtant que soit l'auteur de la vérité et par conséquent de l'utilité du théisme, il ne propose pas de fonder dès maintenant la religion qu'il a choisie. 11 tient compte des nécessités intellectuelles et politiques, de la préparation des esprits. « Je sais, dit-il, que le culte théiste ne s'établira pas de sitôt, au moins dans un cercle étendu. » Mais, en attendant, que chacun se prépare et soit Adèle à sa propre pensée.

THEI SS, anciennement Pathyssus et Tibiseus, en hongrois Tisza, en slave Tisa, rivière de Hongrie, formée dans le comitat de Marmoros, sous 48° 3' de latit. N. et 21» 54' de longit. E., parla réunion de la Theiss-Noire et de la Theiss- Blanche, qui sortent des monts Karpathes, sur les frontières de la Galicie, coule à 10. et au S., sur 1,000 kilom. environ, par Szigeth,Nameny,Saint-Marton, Szolnok, Csongrad, Szegedin, Szenta et Titel, et se jette dans le Danube au-dessous de cette ville, à 45 kilom. de Peterwardein. Ses principaux affluents sont le Bodrog, le Sajo, la Zagyva, le canal de l'Empereur-François, le Szamos, le Koros, le Maros et l'Aranka. Tant qu'elle coule au milieu des montagnes, ses eaux sont d'une limpidité et d'une rapidité extrêmes; elles deviennent bourbeuses et lentes quand elles ont atteint le pays des plaines. Des travaux considérables, entrepris dans ces derniers temps pour régulariser le cours de cette rivière, ont transformé en terrains arables une bonne partie des marais qui avaient pour origine, dans la partie inférieure de son cours, les fréquentes inondations et y formaient des foyers de pestilence. La Theiss donne son nom à deux des grandes divisions actuelles de la Hongrie, le cercle en deçà de la Theiss et le cercle au delà de la Theiss, remplacés, de 1850 à 1860, par les cercles de Gross-Wardein et de Kaschau.

THÉISTE s. m. (té-i-ste — du gr. theos, dieu). Celui qui professe le théisme, qui croit à l'existence d'un dieu, d'un être suprême : J'ai ira les théistes de mon temps, et le blasphème a erré sur mes lèvres. (Pioudh.)

— Àdjectiv. Qui professe le théisme : Philosophe théiste. Il Qui a rapport au théisme : Système théiste.

THE1SZ (Frédéric-Félix), membre de la Commune de Paris, né à Paris en 1839.

Habile ciseleur en métaux, il fonda à Paris un établissement qu'il dirigea avec habileté et s'adonna en même temps à l'étude des questions économiques et sociales. S'étant fait affilier à l'Internationale, M. Theisz ne tarda pas à s'y faire remarquer, devint secrétaire correspondant du conseil central de Londres, membre du comité de résistance (1866) et assista, en 1868, au Congrès de Bruxelles. En 1869, il signa une protestation d'ouvriers contre la répression violente dont

THEL

les grèves d'Aubin et de la Ricamarie avaient été l'objet, et, l'année suivante, une proclamation contre le plébiscite. Poursuivi peu après comme affilié à l'Internationale , M. Theisz subit une longue prison préventive et fut traduit, ainsi que ses coaccusés, devant le tribunal correctionnel le 20 juin 1870. Il fit preuve, dans sa défense, d une grande habileté, exposa ses idées avec beaucoup de netteté et prononça ces paroles remarquables : a Depuis 1789, toutes nos constitutions affirment et prétendent garantir la liberté, l'égalité, la fraternité. Or, chaque fois qu'un peuple accepte comme but une formule abstraite, philosophique, politique ou religieuse, il n'a plus ni repos ni trêve, qu'il n'ait fait passer cet idéal du domaine des théories dans le monde des faits. Nous voulons, nous, faire descendre la formule révolutionnaire des abstractions politiques, où elle se tient depuis 1789, dans les réalités sociales. » Le 9 juillet, il fut condamné à deux mois de prison et 50 francs d'amende comme faisant partie d'une société de plus de vingt membres, non autorisée. Après la révolution du 4 septembre 1870, il servit dans le lB2e bataillon de la garde nationale, posa sa candidature à l'Assemblée le 8 février 1871 et obtint 49,230 voix, mais ne fut point élu. Après l'insurrection du 18 mars 1871 , M. Theisz fut nommé à la fois membre de la Commune dans le XIIe et dans le XVIII» arrondissement (26 mars), et fit partie de la commission de travail et d'échange. Le 30, M. Rampont, directeur des postes, ayant quitté Paris pour se rendre à Versailles et donné l'ordre aux employés de quitter leurs fonctions, M. Theisz fut désigné par la Commune pour le remplacer et s occupa activement de réorganiser le service. Il prêta son appui aux propositions faites par les chambres syndicales du commerce parisien dans l'intérêt du service postal, sans prendre part, toutefois, aux tentatives de conciliation. Dans les séances de la Commune, il fit partie de la minorité modérée, la ligne de conduite adoptée tpar la majorité étant contraire à ses principes anti-autoritaires et lui paraissant compromettre la Révolution, dont il désirait le triomphe. Il attaqua vivement, le 25 avril, Raoul Rigault, qui avait fait mettre au secret des prisonniers politiques et vota contre l'établissement du comité de Salut public, « pouvoir dictatorial qui n'ajoutera rien, dit-il, à la force de la Commune, véritable usurpation de la souveraineté du peuple. » Après l'entrée de l'armée de Versailles ,(22 mai) il contribua à préserver l'Hôtel des postes de l'incendie, puis se joignit aux combattants et se trouvait auprès de Vermorel lorsqu'il fut blessé à la barricade du Ghâteau-d'Eau. Le bruit courut que le gouvernement lui avait donné un sauf-conduit pour quitter la France. Dans une lettre datée de Londres (Il septembre 1871), il démentit ce bruit. Grâce à l'aide d'amis dévoués qui lui avaient donné asile, il quitta Paris le 29 juillet seulement et se rendit à Londres, où il a repris sa profession de ciseleur.

THEIX , village et commune de France (Morbihan), arrond, et à 9 kilom. de Vannes ; pop. aggl., 496 hab. — pop. tôt., 2,507 hab.

THEK s. m. (tèk). Bot. V. teck.

THÉKA ou THEKKA s. m. (tèk-ka). Bot.

Syn. de teck.

THKKAK1SQUI, chef des Iroquois dans l'Amérique du Nord, né en 1756, mort en 1802. Grâce à son intrépidité, à son audace, à son habileté au tir et à la course, il devint, à vingt ans, chef de sa tribu, fit plusieurs incursions dans les colonies espagnoles et devint ensuite l'auxiliaire des Anglais contre les Américains insurgés. Il mit tout à feu et à sang pendant une incursion dans la Caroline, y fit prisonniers des esclaves noirs qu'il conduisit dans le territoire des Iroquois et céda, en 1794, une partie de son territoire aux Etats-Unis. Sous son gouvernement, les Iroquois commencèrent à devenir une peuplade agricole, ce qui exerça bientôt une grande influence sur leurs mœurs. Thékakisqui mourut à Chillosvi,

THÉLAIRE s. f. (té-lè-re — du gr. thêlê, mamelle). Entom. Genre d'insectes diptères, de la famille des athéricères, tribu des muscides, dont l'espèce type habite l'Europe.

THÉLALGIE s. f. (té-lal-jî — du gr. thêlê, mamelle; algos, douleur). Pathol. Douleur du mamelon.

THÉLALGIQUE adj. (té-lal-j i-ke — rad.

thélalgie). Pathol. Qui appartient, qui a rapport ii la thélalgie : Douleur thélalgiqui;.

THÉLASIDE s. f. (té-la-zi-de). Bot. Genre de plantes, de la famille des orchidées, tribu des vandées, comprenant trois espèces épiphytes, qui croissent a Java.

THELAVI, ville de Russie. V. Telavi.

THÉLÈME (l'abbaye de), allusion à une communauté de parfaits épicuriens imaginée par Rabelais dans son célèbre ouvrage.

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