‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 541 sur 1042 · V. Huao · texte numérisé non relu

V. Huao

VAILLANT s. m. (va-llan; II mil. — rad. valoir). Avuir, bien que l'on possède ; Tiens, voilà ma besace et mon bâton, ce qui est tout mon vaillant. (D'Ablanc.) Représentez-vous un artisan, un laboureur, qui n'a pour tout vaillant que ses bras. (Volt.) Il Vieux mot.

— Ane. métrol. Petite pièce de monnaie d'urgent qui valait deux deniers tournois.

— Adverbial. En valeur : Tu n'auras pas de moi trois mille louis vaillant, dit l'oncle en colère; je te déshérite. (Balz.) Quand on n'a pas un sou vaillant, pourquoi vouloir enmariage une héritière? (Damas-Hinurd.)

Plaignez l'amant fidèle, '

Délicat et galant, Qui pour promener sa belle, N'a pas un sou tiattenl.

DÉSAUG1ERS.

VAILLANT (Guillaume-Hugues), poète français, ne à Orléans en 1619, mort en 1078. Il appartenait k l'ordre des bénédictins et était, à sa mort, professeur de rhétorique à Pontlevoy. On a de lui un grand nombre de pièces de poésies latines de tout genre, et, sous ce titre : .Fastt sacrt (Paris, 1G74, 2 vol. in-8°) un recueil d'épigrammes à la louange dos saints.

VAILLANT (Wallerant), peintre flamand, né k Lille en 1623, mort à Amsterdam en 1077. Il eut pour maître Erasme Quellyn d'Anvers. Habile dessinateur et bon coloriste, il se confina modestement dans le portrait, et s'étant trouvé à Francfort Hors du couronnement de l'empereur Lêopold, il reproduisit avec tant de bonheur les nuits de ce prince que le duc de Gramniont l'emmena eu France et le présenta à la cour. Ses portraits de la reine, de la reine mère et du duc d'Orléans furent très-admirés et il fut de mode dans toute la haute noblesse de se faire peindre par Vaillant. A la tête d'une belle fortune, il se retira k Amsterdam et inaugura la gravure à la manière noire, dont le prince Rupert de Bavière (v. Rupert) lui avait communiqué le secret. On connaît de lui environ cent vingt estampes de ce genre. On cite comme les plus remarquables et en même temps comme les plus rares de ses œuvres, outre le portrait du prince Léopotd, ceux de Jean-Philippe, électeur de Mayeitce ,àe Char-

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les-Zouis, comte palatin , de Sophie, femme de ce prince, du Prince Rupert, de l'artiste lui-même et de sa femme, etc.

VAILLANT (Bernard), peintre flamand,frère et élève du précédent, né à Lille en 1625, mort à Leyde en 1674. Il se fit une réputation dans la portrait, et on vante encore le fini et la ressemblance de ses ouvrages. S'étant fixé à Rotterdam, il y devint diacre de l'église ■wallonne. 11 mourut subitement pendant un voyage k Leyde. Outre des portraits, on a de lui quelques pièces gravées à la manière noire.

VAILLANT (Jacques), peintre flamand, frère des précédents, né à Lille en 1628, mort à Berlin en 1691. Elève de son frère aîné, il alla perfectionner son talent à Rome, vint ensuite se fixera la cour de l'électeur de Brandebourg et exécuta pour ce prince plusieurs tableaux d'histoire. L'électeur l'envoya à Vienne pour y faire le portrait de l'empereur Léopold 1er.

VAILLANT (André), graveur flamand, frère des précédents, né k Lille en Î629, mort à Berlin en 1693. U étudia la gravure k Paris, puis se fixa à Berlin. Ses œuvres sont fort rares; car on ne connaît de lui que les portraits d'Aloisio Bevilacqua, de J.-L. Schrœder et de Gabriel de La Gardie.

VAILLANT (Jean-Foi), célèbre numismate français,néà Beauvais en 1632, mort en 1706. U exerçait la médecine dans sa ville natale, quand le hasard vint lui révéler des dispositions qu'il était loin de se soupçonner pour l'étude des médailles. Un cultivateur lui ayant remis des pièces antiques qu'il avait découvertes en labourant,il les examina attentivement et parvint, sans études préalables, à éclairer, par la numismatique, plusieurs points obscurs de l'histoire. 11 se voua dès lors à cette science, dans laquelle il acquit une prodigieuse érudition, parcourut, sur 1 invitation de Colbert, l'Italie, la Sicile et la Grèce, puis, plus tard, la Hollande, l'Angleterre, l'Egypte et la Perse, et recueillit un si grund nombre de médailles rares, que lo cabinet du roi devint le premier de l'Europe. Dans un de ses voyages, il fut pris par des corsaires algériens et resta quelque temps esclave. Eu 1701, il fut nommé membre de l'Académie des inscriptions. Son habileté à déchiffrer les vieux monuments étai'. devenue proverbiale; ses ouvrages brillent par l'exactitude des recherches et la profondeur de l'érudition ; mais on lui reproche d'avoir introduit beaucoup de barbarismes dans le langage des antiquaires. Outre l'explication d'un grand nombre de médailles, on lui doit, entre autres savantj écrits : Numismata imperatorum Romanorum prsestantiora (Paris, 1674 , iiM°) ; Seleucidarum imperium, sive historia regum Syrix ad fidem numismatum accommoduta (16S1, it\-i<>) ; Numismata srea imperatorum in cotoniis, municipiis et urbibus jure tatino donatis percussa (16S8-1697, in-fol.); historia Ptolemsorum 2Egypti regum,ad fidem numismatum accommoduta (Amsterdam, 1701, in-fol.) ; Nummi untiqui familiaruut Jtomauarum (1702, 2 vol. in-fol.) \Arsacidarum imperium, etc. (1725, 2 vol. in-*,»).

VAILLANT (Jean-François-Foi), numismate français , fils du précédent , né à Rome eu 1665, mort en 1708. Il tut élevé au collège de la Marche, seconda ensuite son père dans ses travaux de numismatique et le suivit en Angleterre. A son retour, il s'adonna k l'étude du la médecine et fut reçu docteur en 1691. Admis, en 1702, comme élève de son -père, k l'Académie des inscriptions, il y lut quatre mémoires, qui dénotaient une science profonde de la numismatique ; mais une mort prématurée l'empêcha de remplir les espérances que ses premiers travaux avaient fait concevoir. Il avait aussi écrit un Traité sur la nature et l'usage du café; mais le manuscrit en a été perdu.

VAILLANT (Sébastien), célèbre botaniste français, né k Vigny (Seine-et-Oise) en 1669, mort en 1722. Dès l'âge de huit ans, il montra des dispositions extraordinaires pour la botanique ; mais son père préféra lui faire apprendre la musique. Les progrès de Vaillant dans cet ait furent si rapides, qu'à peine âgé de onze ans il succédait à son maître comma-organiste au couvent des bénédictins de Pon toise, d'où il passa bientôt après, eu la même qualité, k l'église des religieuses de cette ville. Il était en même temps l'un des élèves les plus assidus de l'hôpital voisin , et bientôt, grâce à son ardeur k l'étude, il obtint dans cet hôpital un emploi d'aidechirurgien. A dix-neuf ans, il alla continuer ses éludes médicales à Evreux et y fut présenté au marquis de Ga ville, qui le prit pour chirurgien de son régiment. 11 assista, en 1690, a la bataille de Fleurus; mais, son protecteur y ayant été tué, il quitta l'armée et se rendit k Paris dans l'intention d'y pratiquer son art. En assistant au cours que faisait au Jardin du roi Tournefort comme professeur de botanique, il sentit se réveiller son ancienne passion pour cette science et bientôt il renonça k la médecine pour se livrer entièrement k l'étude des plantes. Vaillant eut bientôt gagné l'affection de Tournefort et fut ensuite présenté k Fagon, qui le prit pour secrétaire et lui confia la direction du Jardin des plantes; bien plus, en 1708, il se démit en sa faveur de ses fonctions de professeur et de sous-démonstrateur de botanique au

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même jardin. Peu après la nomination de Vaillant, un gra'nd nombre d'améliorations furent introduites dans le Jardin des plantes, et il fut chargé par le roi de former un musée de matière médicale. II obtint en outre, en 17H, l'établissement de la première serre chaude qu'il y ait eu en France ; trois ans plus tard, il en fit encore construire une seconde. En 1716, il futélu membre de l'Académie des sciences. Vaillant obtint un grand succès comme professeur. Bien qu'il fût l'élève, l'admirateur et l'ami de Tournefort, il combattit plusieurs de ses théories et notamment son système de classification du règne végétal. En 1721, il lut devant l'Académie des sciences des Remarques sur la méthode de 2'ournefort, qui furent insérées l'année suivante dans le Recueil des mémoires de cette société et auxquelles on a reproché leur manque de ménagement pour un homme d'un génie incontestable. Du reste, il ne devait pas être donné à Vaillant d'établir luimême une classification particulière. Les critiques les plus justes qu'il dirigea contre Tournefort furent celles qui eurent pour objet les fonctions des étamines et Aïs pistils, que ce savant regardait comme des organes purement excréteurs et d'une importance secondaire dans la structure de la fleur. Vaillant exposa ses vues à ce sujet dans un Discours siir la structure des fleurs, leurs différences et l'usage de leurs parties (1717), qui fut aussi publié en latin (Leyde, 1718). 11 avait consaeré toute sa vie à recueillir les matériaux d'un grand ouvrage sur les plantes qui croissent a Paris et avait obtenu le concours d'Aubriet, qui avait exécuté pour lui plus de 300 dessins ; les descriptions des différentes espèces étaient faites avec beaucoup de soin et accompagnées d'une liste complète des synonymes; malheureusement, au moment d'entreprendre la publication de cette œuvre, Vaillant se sentit atteint d'une maladie de consomption dont il prévit, dans un avenir prochain, la fatale issue. Comprenant qu'il n'aurait pa3 le temps de publier son livre, il écrivit au célèbre Boerhaave pour le prier de s'en charger, et celui-ci y consentit. Son ouvrage posthume, intitulé : Botanicon Parisiense ou Dénombre- , ment par ordre alphabétique des plantes qui se trouvent aux environs de Paris, etc., fut imprimé à Leyde en 1727, en un volume infolio, avec 33 planches, qui renferment de 300 a 400 figures de plantes. Ces figures sont noires, et les plantes sont disposées dans l'ordre alphabétique. La définition des espèces est en latin, et le reste du texte en français. On a encore de Vaillant : Nouveau genre de ptantes nommé araliaslrum, duquel le fameux ninzin ou ginseng des Chinois est une espèce (Hanovre, 1718); Etablissement de nouveaux caractères de trois familles ou dusses de plantes à fleurs composées, savoir : des cynarocephales, des corymbifètes et des chicora~ cées (1718); plusieurs autres mémoires, lus à l'Académie des sciences de 1718 k 1721 -; Botanicon Parisiense, operis mujoris prodrojnus (1723, in-8°), catalogue des plantes décrites dans le grand ouvrage qui porte le même titre. C'est eu l'honneur de Vaillant que Tournefort avait créé le genre valentia; il existe, en outre, deux genres qui portent son nom, le galium Vaillantii et la bulliarda Vaillantii.

VAlLLANT(Jean-Baptiste-Philibert), maréchal de France, né à Dijon le 6 octobre 1790, mort k Paris en 1872. Il entra en 1807 à l'Ecole polytechnique et, deux ans après, k l'Ecole d'application du génie. En 1811, il fut nommé lieutenant et quitta Metz pour rejoindra k Dantzig un' bataillon de sapeurs. Le général Haxo, dont il se fit remarquer, le choisit, en 1812, pour l'un de ses aides de camp. Capitaine en second, Vaillant montra, dans la campagne de Russie, un sang- froid et une énergie dignes des plus grands éloges. Cité pour sa bravoure k l'ordre général de l'armée, il fut nommé chevalier de la Légion d'honneur sur le champ de bataille le 8 août 1813. Quinze jours plus tard, il était fait prisonnier. Sa captivité ne fut pas longue, car il put prendre part à la mémorable campagne de 1814. Placé en disponibilité pendant la première Restauration, Vaillant reprit son service auprès de son gênerai pendant les Cent-Jours. Il prit part aux travaux de fortification élevés k la hâte autour de Paris, se battit k Ligny et k Waterloo, et fut blessé k la défense de la capitale. En 1816, Vaillant fut nommé capitaine en premier, et il utilisa ses loisirs en traduisant de l'anglais un Essai sur les principes et la construction des ponts militaires (1823, in-8°). Il fut nommé, en 1826, chef de bataillon, et, en 1830, il fut désigné par le maréchal Bourmont pour diriger une clés fractions du génie attaché au corps expéditionnaire d'Alger. Ce fut lui qui conduisit les opérations du siège du fort de l'Empereur, dont l'explosion détermina ia^apitulation du dey. Grièvement blessé k la jambe par un éclat de mitraille, il dut revenir en France et fut nommé lieutenant-colonel. Lors de la formation de l'armée du Nord, chargé» d'opérer en Belgique, Vaillant obtint le poste de

; chef d'état-major et reçut, après le siège d'Anvers, le grade de colonel (1S33). Il fut placé alors k la tête du 20 régiment du génie. Envoyé en Algérie en 1834, pour coinman-

; derles troupes de son arme et en même temps diriger les travaux de fortification, Vaillant

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fit construire un grand nombre de blockhaus et de remparts fortifiés et assista k divers combats. En ^838, il revint en France comme maréchal de camp et fut placé k la tête de l'Ecole 'polytechnique. Deux ans plus tard, il était appelé k diriger une partie des fortifications de Paris. En 1845, Vaillant fut promu lieutenant général et chargé de la direction supérieure des travaux de fortification de la capitale. En mai 1849, il fut désigné comme commandant en second de l'armée expéditionnaire de Rome. Il dirigea les opérations du siège, et aussitôt après la prise de Rome, le 12 juillet 1849, il reçut le grand cordon de la Légion d'honneur. Après le coup d'Etat du 2 décembre 1851, il fit avec empressement acte d'adhésion au gouvernement issu de ce coup de force. Le 11 du même mois, il était nommé maréchal de France. Lorsque l'Empire fut rétabli,' le maréchal Vaillant devint sénateur, grand maréchal du palais et reçut peu après le titre de comte.

Le 11 mars 1854,1e maréchal Saint-Arnaud ayant été mis k la tête de l'armée d'Orient, Vaillant lui succéda au ministère de la guerre. Pendant les cinq années qu'il oecupa ce ministère, le maréchal Vaillant s'occupa de la réorganisation des écoles militaires et de la plus grande partie de l'année, et ordonna la création de plusieurs corps spéciaux. Eu même temps, k deux reprises, il géra par intérim le ministère de l'instruction publique. En 1859, le portefeuille de la guerre ayant été confié au maréchal Rundon, le maréchal Vaillant fut nommé major général de l'armée des Alpes. Il assista au combat de Solferino, puis, le 8 juillet, signa avec le général Hesse la suspension d'armes qui précéda la paix de Villafranca et fut chargé, deux jours après, du commandement en chef de toutes les troupes françaises composant les cinq corps d'armée. Rappelé le 5 juin 1860, il reçut, le 24 novembre suivant, le portefeuille tle ministre de la maison de l'empereur, auquel, trois ans plus tard, fut rattaché le ministère des beauxarts. Vaillant était depuis longtemps déjà membre du conseil privé. En novembre 1863, il réorganisa radicalement l'Ecole des beauxarts, puis fit décréter la liberté des théâtres (6 janvier 1864), obtint le décret qui autorisait le gouvernement à disposer d'objets d'art déposés dans les musées de Paris au profit des musées des départements (1869), modifia l'organisation du comité de lecture du Théâtre-Français, institua un comité de réception des pièces près du théâtre de l'Odéon,etc. Le 2 janvier 1870, les beaux-arts lui furent enlèves ; mais il conserva le ministère de la maison de l'empereur jusqu'à ta révolution du 4 septembre, émargeant au budget une somme de 263,000 francs par an pour les fonctions qu'il cumulait. Après la chute de l'Empire, il conserva la présidence du comité de défense de Paris, Visitant un jour les travaux des fortifications, il fut pris par la foule pour un espion prussien et menace de mort. A la suite de cet incident, il quitta Paris, sa rendit k Patthenay et reçut, le 22 octobre 1870, l'ordre de quitter la France. Il se rendit a baint-Sébastien, où il resta jusqu'au mois de mars 1871. Le maréchal Vaillant légua en mourant 40,000 francs k l'Académie des sciences. Membre libre de l'Académie des sciences (1853) et du Bureau des longitudes (>862), il était, en outre, président de la Société générale d'horticulture, de la Société d'acclimatation et de la Société protectrice des animaux. Vaillant a publié plusieurs discours et de nombreux mémoires. Indépendamment de ces documents, que l'on trouve nu Journal officiel et dans les annales des sociétés savantes, nous citerons deux ouvrages dus au inaré-chal : Description et usage d'un instrument propre à défiler les tranchées; Rapport sur ta situation de l'Algérie (1855).

VAILLANT (Auguste-Nicolas), marin, né k Paris en 1793, mort en 1858. Il entra cotnme" simple novice dans la marine, devint aspirant en 1810, se signala par son énergie, en 1813, comme commandant de l'aviso le Texel, puis servit en Hollande comme lieutenant d artillerie. Accusé de bonapartisme, Vaillant fut rayé des cadres de la marine en 1816; mais, peu après, il fut réintégré dans son grade et nommé enseigne en 1818. A cette époque, il prit part k une exploration dans la Guyane. Lieutenant de vaisseau en 1824, il se signala contre les pirates à l'Andros , puis pendant l'expédition de Morée (1828). Après avoir été chef d'état-mujor de l'amiral de Rigny (1828- 1830), Vuillunt devint capitaine de frégate (1831) et aide de camp du ministre de la marine. De 1836 k 1837, il fit un voyage autour du monde sur la Bonite et reçut, en 1838, le grade de capitaine de vaisseau. Cette même année, il "commanda la forteresse de Sain t- Jean-d'Ulloa, qui venait d'être prise, et la station de La\era-Crua, puis occupa Montevideo pendant l'expédition de la Plata. Préfet du 4e arrondissement maritime en 1848, membre du conseil de l'amirauté, contreamiral en 1849, il devint, en janvier 1851, ministre de la marine et s'occupa de la transformation de la flotte. Cette même année, il fut nommé gouverneur des Antilles. De retour en France en 1853, il dut, pour cause de santé, renoncer au service actif. La relation de son voyage de circumnavigation, rédigée par MM. de La Salle, Souley, Laurent, Gaudichaud, Darondeau, etc., a été publiée sous lo litre de Voyage autour du monde exé-

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cuté sur la corvette la Bonite (1840-1848, 14 vol. in-sa et 3 vol. in-fol.).

VAILLANT (Marie-Edouard), membre de la Commune de Paris, né à Vierzon. (Cher) en 1840. II fit ses études à Paris, où il fut reçu bachelier a dix-sept ans et docteur es sciences en 1865. Après avoir suivi pendant quelque temps les cours de l'Ecole de médecine, il partit pour l'Allemagne afin de compléter son instruction. A partir de 1866, il fréquenta successivement les universités d'Heidelberg, de Tubingue, de Vienne et se trouvait de nouveau àTubingue lorsque éclata la guerre de 1870. Il s'était fait reraarqïer par son esprit sérieux, par son ardeur au travail. Tout en s'adonnant à l'étude de la médecine et de la philosophie, il s'était livré & celle des questions sociales, avait assisté au congrès de Lausanne et s'était fait affilier à l'Internationale, qu'il regardait comme devant exercer une grande influence sur ie sort des travailleurs. Après la déclaration de guerre a l'Allemagne, guerre qu'il blâmait ouvertement, il revint à Paris (août 1870), fut incorporé a la garde nationale et s'attacha pendant le siège, de concert avec son ami Krankel, à répandre les doctrines de l'Internationale. Il ne tarda pas à acquérir parmi les ouvriers du quartier duTemple une influence réelle et obtint a Paris 49,340 voix lors des élections législatives du 8 février 1871. Peu après il fut un des organisateurs du comité central de la garde nationale. Après l'insurrection du 18 mars 1871 à Paris, Vaillant fut délégué par ce comité au ministère de l'intérieur et fut élu, le î6 mars, membre de la Commune dans le Ville arrondissement par 2,145 voix. Deux jours plus tard, le Journal officiel de la Commune publiait un article de lui sur le tyrannicide, lequel se terminait par ces mots : « La société n'a qu'un devoir envers les princes: la mort. Elle n'est tenue qu'à une formalité : la constatation d'identité. Les d'Orléans sont en France ; les Bonaparte veulent revenir; que les bons citoyens avisent, • Le 30 mars, Vaillant fut appelé à faire partie de la première commission executive, puis fut renommé dans la seconde et délégué à l'enseignement le 21 avril. A l'Assemblée communaliste, il vota avec la majorité, se prononça pour la validité des élections complémentaires du 17 avril, quel que fût le nombre des votants, vota pour l'établissement d'un comité de Salut public, tout en admettant que ce n'était qu'un pastiche, etc. Apres l'entrée des troupes de Versailles à Paris, Vaillant parvint a s'échapper et se rendit à Londres, où il devint membre du conseil général de l'Internationale. En septembre 1871, il assista à la grande conférence tenue par les chefs de cette société et alla assister, au mois de septembre 1872, au congrès de La Haye. Le 22 juillet 1872, Vaillant a été condamné, par contumace, à la peine de mort, par le conseil de guerre de Versailles, pour sa participation a l'insurrection communale et comme complice du massacre des otages,

VAILLANT (François Le), voyageur français. V. Levaillant.

VAILLANT DE GUELLK (Germain), érudit français, né vers 1514, mort en 1587. Ses goûts littéraires lui valurent la protection de François 1er, et il devint successivement conseiller au parlement, abbé de Paimpont et évêque d'Orléans. On a de lui un Commentaire savant, mais très-diffus, sur Virgile (Anvers, 1575) et un poBme latin, où il prédit l'assassinat de Henri III, Ce poëme a été in^ séré dans lasDelicim poetarum gallorum. ~

VAILLANTIE s. f. (va-llan-tl; II mil. —dé Vaillant, botan. fr.). Bot. Genre de plantes, de la famille des rubiacées, tribu des aspérulées, comprenant plusieurs espèces, dont une, qui est le type du genre, habite le midi de l'Europe, il On dit aussi valance et valantie : Les valanties sont tellement rapprochées desgaliiims, que plusieurs auteurs les y ont réunies. (F. Hcefer.)

— Encycl. Les vaillanties ou valanties sont des plantes herbacées, annuelles, a feuilles opposées, ovaies, accompagnées de stipules presque aussi grandes qu'elles, ce qui les lait paraître verticillées, et à fleurs polygames, caractère qui les distingue des caillelait. La vaitlantie croisée , vulgairement appelée croisette, à cause de la disposition de ses feuilles, qui sont ovales, sessiles et velues, porte de petites fleurs jaunes, en cymes axillaires, auxquelles succèdent des fruits glabres et arrondis; elle croît abondamment dans les bois, les prés secs et sur les collines; son odeur est assez forte; elle possède des propriétés astringentes et vulnéraires, mais peu énergiques. La vaillantie des murs est une petite plante insignifiante, qui croit sur les murs et les rochers des régions méridionales.

VA1LLANTISE s. t. (va-llan-ti-ze ; U mil. — rad. vaillant). Acte de vaillance ; se dit souvent ironiquement : Voilà de belles vail- LàntiSes que vous racontez làl Ce gui m'a le plus frappé, ce que je n'aurais jamais imaginé, c'est la gaieté et la vaillantisb de tous ces Français devant la mort. (Mme L. Colet.) Que je vais m'en donner et tue mettre en beau train De raconter nos vaillantises !

Molière.

VAILLV, bourg de France (Aisne), chef-

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lieu de canton, arrond. et à 20 kilom. E. de SoisSons, près de la rive droite de l'Aisne ; pop. aggl., 1,530 hab. — pop. tôt., 1,648 hab. Tanneries, brasserie. L'église paroissiale, construction gothique de l'époque primitive, se fait remarquer par l'élégance de son portail, par l'heureux accouplement des colonnettes qui soutiennent les travées et par la délicatesse et la grâce des sculptures et des chapiteaux. La rivière de l'Aisne est navigable et la navigation donne lieu à un certain mouvement commercial. Les environs de la ville présentent des sites agréables.

VAILLV, bourg de France (Cher), chef-lieu de canton, arrond. et à 26 kilom. N.-O. de Sancerre, sur la rive droite de la Grande- Saulilre; pop, aggl., 765 hab. — pop. tôt. 1,111 hab. Source minérale; ruines d'un ancien château fort.

VAIN, VAINE ndj.i(vain, vè-ne — lat. vanus, mot qui signifie proprement enflé, vide. Ii appartient, en effet, à un primitif qui correspond à la racine sanscrite va, souffler, qui a donné, du reste, un assez grand nombre de mots aux langues de la famille indo-européenne). Qui est sans effet, sans résultat : Faire de vains efforts. Opposer de vains obstacles. Tenter une vaine entreprise. La lutte fut vaine, et tes deux partis se déclarèrent vainqueurs. Après bien de vainks tentatives, il y renonça. Celui qui n'a rien senti ne sait rien apprendre ; il ne sait que flotter d'erreurs en erreurs, il n'acquiert qu'un vain savoir et de stériles connaissances. (J.-J. Rouss.) Les remèdes VAINS aggravent le mal qu'ils ont l'air de vouloir guérir. (Guifcot.) Tu romps tous les efforts de ma vaine prudence.

Racine.

Il Faux, illusoire, sans fondement réel : Un vain espoir. De vaines promesses. Des espérances vaines. Un vain prétexte. Des terreurs VAiNus. De vains scrupules, il Futile, frivole, sans gravité : De vains amusements. Une vaine fumée de gloire. L'homme est si- vain que la moindre bagatelle suffit pour le divertir. (Pasc.) ie vain discoureur a un caractère de folie. (Boss.) La passion d'acquérir du bien pour soutenir une vaine dépense corrompt les âmes les plus pures. (Fén.) Notre vie est si vaine qu'elle n'est qu'un reflet de notre mémoire. (Chateaub.) La vraie noblesse est dans le cœur, et non dans de vains titres. (G. Sand.) Craignez d'un vain plaisir les trompeuses amorces.

Boileau.

Cessez, lâches frayeurs, cessez, vaines tendresses, De jeter dans les coeurs vos indignes faiblesses.

Corneille.

Nos prêtres ne sont pas ce qu'un vain peuple pense; Notre crédulité fait toute leur science.

Voltaire.

Il Qui n'a pas de réalité, ou de signification réelle : Qui écrit dans l'espoir d'un nom sacrifie sa vie à la plus Sotie comme à la plus VAINE des chimères. (Chateaub.) Là liberté est un vain mot, si l'on ne peut exprimer librement par écrit ses pensées et ses opinions. (Napoléon 1«.) Le néant est un vain mot. (Ch. Fauvaty.)

Et je meurs! de leur froide haleine M'ont touché les sombres autans, Et j'ai vu comme une ombre vaine S'évanouir mon beau printemps.

Millevote.

— Orgueilleux, plein de l'idée de son mérite ou de son importance : Nous sommes si vains que l'estime de cinq ou six personnes qui nous environnent nous amuse et nous contente. (Pasc.) D'harmonie la plus ravissante pour l'homme vain est celle des éloges. (La Roehef.) Il faut se tàter, se manier, se sonder, pour savoir qu'onest vain. (Malebr.) Un /tomme vain trouve son compte à dire' du bien ou du mal de soi. (La Bruy.) Les nations libres sont superbes; les autres peuvent être plus aisément vaines. (Montesq.) On trouve une maligne joie à mortifier les personnes vaines." (St-Eiyem.) 2'out railleur est vain ou méchant. (Brueys.) La vanité est un sentiment naturel, Coryueit un sentiment factice ; on nait vain, oji devient orgueilleux. (Mme Je Puisieux.) De tous les artistes, les acteurs sont les plus vains. (Mme Romieu.) Plus l'homme vain s'estime lui-même, moins il eslime ses semblables, qui le lui rendent bien. (Chamfort.)

Te mesurer a moi ! qui t'a rendu si vain. Toi qu'on n'a jamais vu les armes à la main?

ColiNEILLB.

— Vaine gloire, Vanité sotte : C'est un homme plein de vaine gloire. Il Gloire futile : L'amour d'une vaine gloire vous a fait parler sans prudence. (Fén.) Que de travaux et depeinespour cette vaine gloire! (Volt.)

— Temps vain, Temps bas, lourd et mou. 0 Peu usité.

— Véner. Fumées vaines, Fumées légères et sans cohésion. •

— Manège. Cheval vain, Cheval affaibli par un excès de chaleur ou par les remèdes.

— Agric. Terres vaines et vagues, Terres incultes. U Vaine pâture, Terrain non couvert de récoltes et qui, n'étant bon qu'à faire paître les bestiaux, est abandonné aux troupeaux des habitants de la commune, u Usage en vertu duquel tous les bestiaux d'une commune pâturent sur les terres non closes de

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cette commune aussitôt que les récoltes en sont enlevées : Beaucoup d'écrivains se sont élevés contre la vaine pâture. (Dict. d'agric.)

— Loc. adv. En vain, Inutilement, sans résultat : Travailler en vain. La nature n'a rien fait en vain. (B. de St-P.) Dieu ne fait rien en vain. (J. Simon.) Des bataillons protègent en vain les autorités que le respect ne défend plus. (Le P. Félix.)

C'est en vain qu'au Parnasse un téméraire auteur Pense de l'art des vers atteindre là hauteur.

Boileatj.

Il Théol. Sans nécessité -.Jurer en vain. Prendre le nom de Dieu en vain. Qu'un homme sensé ne fasse jamais un serment en vain, même pour une chose de peu d'importance. (Manou.)

Dieu en vain tu ne jureras Ni autre chose pareillement.

(Commandements de Dieu.)

— Substantiv. Faire le vain, Se livrer à une vaine gloire :

Et dans ces grands tombeaux où leurs âmes hautaines Font encore les vaines.

Us sont mangés des vers.

Malherbe,

— s. f. pi. Véner. Vaines fumées : Nous n'auons que des vaines aujourd'hui.

— Syn. Vain, ïnnlicui. L'homme vain est plein de vanité par caractère, c'est là son défaut habituel. L'homme vaniteux montre de la vanité dans une circonstance particulière, on le voit tel. Outre cette différence principale, on peut dire encore que la vanité a quelque chose de plus futile chez le vaniteux, qu'elle est plus forte chez l'homme vain.

— Vain, avantageux, glorieux, etc. V.

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