‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 546 sur 1042 · V. Du Vair · texte numérisé non relu

V. Du Vair

VA1RAC, bourg de France. V. Vatrac.

VAIRANO-PATENORA, bourg du royaume d'Italie, province de la Terre-de-Labour, district de Caserte, mandement de^Teauo; 3,100 hab.

VAIRÉ, ÉE adj. (vè-ré — lat. varius, même sens). Qui a des couleurs variées. Il Vieux mot. .

— Blas. Se dit de l'écu ou des pièces de l'écu dont la surface est couverte de vair, quand cette fourrure est d'un autre émail que d'argent et d'azur : De Bauffremont ; Vairb d'or et de gueules.

VA1RO (Léonard), prélat italien, né à'Bénôvent vers 1540, mort à Pouzzoles en 1603. Il devint évêque de cette dernière ville en 1587 et eut, de son vivant, une grande réputation comme prédicateur; mais si son nom est passé k la postérité, il le doit moins à ses serinons qu'à un ouvrage d'un genre tout particulier, dont il fut l'auteur, et qui est intitulé : De fascina libri très (Paris, 1583, in-4<>). Dans ce livre, traduit en français par Julien Baudon, d'Anvers, sous ce titre : Trois livres des charmes, sortilèges et enchantements, etc. (Paris, 1583, in-8°), Vairo, tout en traitant un sujet qui prête fort à la superstition et au fanatisme, a cependant évite l'un et l'autre de ces deux écueils et a su faire preuve d'une remarquable érudition.

VAIRON adj. m. (vè-ron — du lat. varius, varié). Qui est de couleur incertaine ou variée, tl Vieux mot.

— Se dit des yeux des animaux, .quand ils n'ont pas la même couleur : Quelques chiens ont les yeux vairons. (Lecoq.) il Se dit aussi de l'oeil, -et particulièrement de l'œil du cheval, quand il est entouré d'un cercle blanchâtre : Ce cheval a t'œil vairon.

— S. m. Ichthyol. V. VÉRON.

VA1SB ou VA1ZK, nom d'un des faubourgs de Lyon, au N.-O, de la ville, sur la rive droite de la Siiône. V. Lyon.

VAISÊCHIKA s. va. (vè-zè-chi-ka). Nom de l'un des systèmes semi-orthodoxes de la philosophie des Imious.

— Encycl. V. Kanad.

VAISON, en latin Vasio, ville de France (Vaucluse), chef-lieu de caut., arrond. et à 26 kilom. N.-E. d'Orange, sur les deux rives de l'Ouveze; pop. aggl., 2,224 hab. — pop. tôt., 3,279 hab. Filature de soie; fabrication de chapeaux, chaux, tuiles, briques, huiles et draps. Commerce de garance, lers et quincaillerie. La ville de Vaison est bâtie en partie avec des matériaux de l'antique Vasi'o, capitale des Vaconces ; les rues' sont généralement étroites, tortueuses et escarpées. On y voit sur l'Ouveze un pont en pierre d'une seule arche, de 20 mètres d'ouverture, construit par les Romains; les ruines d'un théâtre antique, classées au nombre des monuments historiques. Il ne reste de cette construction romaine que quelques gradins taillés dans le roc entre deux arcades; les fouilles exécutées sur remplacement de ce théâtre ont fait découvrir plusieurs débris de la période gallo-romaine, entre autres la tête d une statue en marbre de Drusus l'Ancien et une portion de ^'inscription dédicatoire de ce théâtre. La ville de Vaison, autrefois siège d'évéché, possède une belle cathédrale à trois nefs, aux aroades en ogives surbaissées , construite pendant le xie et le xne siècle. Mentionnons aussi les ruines imposantes d'un vieux château, bâti par Raymond VI, comte de Toulouse, et les ruines d'un cloître du xive siècle. Plusieurs conciles furent tenus k Vaison au vo et au vie siècle. Patrie de Trogue-Pompée.

VÂISSE (Claude-Marius), administrateur français, né it Marseille en 1799, mort en 1864. Il étudia d'abord le droit, exerça plusieurs années la profession d'avocat et renonça au barreau, peu après la Révolution de juillet, pour devenir secrétaire général de la préfecture des Boucbes-du-Rhône. Après avoir été successivement directeur des affaires civiles à Alger (1837) et sous-préfet de Saint-Quentin, il fut appelé, en 1842, à la préfecture de Perpignan et administra le département des Pyrénées-Orientales jusqu'en 1848, époque à laquelle il fut destitué par le gouvernement provisoire. Grâce à l'empressement qu'il mit à se rallier au pouvoir issu des élections du 10 décembre, il fut nommé préfet du département du Nord.

M. Vuïsse gagna la confiance du président de la République Louis-Napoléon et se vit appelé à faire partie du cabinet, en qualité de ministre de l'intérieur, au 24 ]an-

VAIS

vier 1S51, dit cabinet d'affaires, qui dura a peina deux mois et deini et ne joua qu'un rôle purement passif. Rappelé à la vje publique après le coup d'Etat de 1851 , M. Vaïsse fit successivement partie de la commission consultative et du conseil d'Etat, devint, en 1853, inspecteur des préfectures et, en mars de l'année suivante, fut chargé, avec le litre de conseiller d'Etat, de l'administration du département du Rhône. M. Vaïsse usa du pouvoir exceptionnel qui lui était confié

Ïiour opérer à Lyon des transformations auaogues à celles qui ont signalé k Paris l'administration de M. Haussmann. II incorpora k la circonscription urbaine la plus grande partie des faubourgs, fit percer plusieurs rues, construire la Bourse et restaurer l'hôtel de ville, établit un immense réseau de canaux et d'aqûeducs, destinés à distribuer régulièrement les eaux dans toutes les parties de la ville, racheta le péage des ponts du Rhône et, par cette foule de travaux, transforma complètement la physionomie de Lyon. Bien qu'il n'ait fait que marcher dans la voie tracée par le préfet de la Seine, M. Vaïsse n'a pas été en butte aux vives attaques qu'a attirées k M. Haussmann sa manie de démolition. 11 opérait, il est vrai, sur une moins vaste scène, et peut-être aussi est-il mort k temps. Il était entré au Sénat en décembre 1854 et avait été promu en 1863 grand-croix de la Légion d'honneur.

VAÏSSE (Marc-Antoine-Henrt'Marius), magistrat français, né k Marseille en 1805, mort en 1874. Après avoir étudié le droit k Aix, il se fit inscrire au barreau de sa ville natale, entra peu après dans la magistrature et, de 1830 à 1847, fut successivement substitut k Tarascon et k Marseille, procureur du roi k Toulon, avocat général k Aix et procureur du roi à Marseille. Destitué en 1848, il fut nommé, en février 1849, vice-président du tribunal de Marseille. Sous l'Empire, il devint avocut général (18 décembre 1852), conseiller k la cour de cassation (1855), procureur général à la cour de Paris (1856) et, enfin, président de la chambre criminelle k la cour de cassation (1857). II était, en outre, membre de la commission faisant fonction de conseil municipal de Paris , conseiller d'Etat en service ordinaire hors section (1856) et commundeur de la Légion d'honneur (1857). Atteint d'une maladie cruelle en 1868, il dut se démettre de toutes ses fonctions.

VAÏSSE (Léon), professeur et écrivain français, né a Paris en 1807. Entré, en 1826, comme aspirant répétiteur a. l'institution des sourdsmuets, il partit en 1830 pour l'Amérique, où il profita de l'expérience qu'il avilit déjà acquise pour réorgauiscr renseignement des sourds-muets k l'école de New-York. De retour en France, après quatre années d'absence, il entra, en 1836, comme professeur k l'institution des sourds inuats, où il devint censeur des études en 1860. Il a été, depuis lors, remplacé par M. Vuiade. On a de lui, entre autres ouvrages : le Mécanisme de la parole mis à la portée des sourds-muets de naissance (1838) ; Essai de grammaire symbolique ou Démonstration de l'analyse grammaticale au moyeu d'un système de caractères (1839); Armoriai national de France (1841- 1860, 5 séries in-4») ; Des conditions et des moyens de l'instructiondessourds-muets (183S); De ta pantomime comme langage naturel et moyen d'instruction (1854), etc. il a, en outre, été l'un des collaborateurs de V Encyclopédie moderne pour la partie historique, péuago- . gique et philologique.

VAISSEAU s. m. (vè-so. —Ce mot, dans le sens de vase, vient du latin vascellum pour vasculum, diminutif de vas, v«se. On disait d'abord vasciel, vaissel. Quant hvaisseau, na- 'vire, c'est probablement le môme mot que vaisseau, vase. Cependant Chevallet signale, k côté de vaissel, les anciennes formes un'ssier, huissier, en bas latin usseri us, usseri'a,etc, qui désignaient un navire principalement destiné au transport, et qu'il regarde comme des dérivés de l'ancien français hus, qui avait la même signification). Vase, récipient destiné à.eoniemr des liquides: Un vaiSSBaO déterre. Un vaisseau de bois. Un vaisseau de cuivre. Les Hébreux avaient des vaisseaux qui allaient sur te feu. (Brill.-Sav.)

— Mystic. Vaisseau d'élection, Créature choisie, bien-aimée de Dieu, il Vaisseau d'iniquité. Méchant, pécheur obstiné. Il Vaisseau ae miséricorde, Dieu, à cause de sa miséricorde inépuisable. Il On dit aujourd'hui vasb.

— Techn. Auge faite d'un tronc d'arbre, dans laquelle on foule et on fait dégorger lés étoffes. Il On dit aussi pile.

— Mar. Grand navire de la marine militaire : Vaisseau de guerre. Vaisseau à trois ponts. Un vaisseau sans lest est l'image de l'opposition; un vaisseau sans voiles ou sans combustible est l'image du pouvoir. (E. de Gir.) Il Navire d'une grande dimension, mais d'une destination quelconque : Un vaisseau marchand. Il y a plaisir d'être dans un vaisseau battu de l'orage, lorsqu'on est assuré qu il ne périra pas. (pasc.) Si tous les hommes abondent de biens, qui mettra des vaisseaux en mer? (La Bruy.)

Des hommes insensés, sur de frêles vaisseaux. S'en vont, loin de la terre, habiter sus les eaux

BOILKAO.

VAIS

Il Vaisseau de ligne, Vaisseau propre à combattre en ligne :

Brest vante son beau port et cette rade insfgne Où peuvent manœuvrer cinq cents txu'tseauz de ligne.

A. DE VlOHT.

On disait autrefois vaisseau de kano. h Vaisseau de 80, 90, etc., canons, Vaisseau armé de 80, 90, etc., canons. Il Vaisseau de 1er rang, Vaisseau de 120 canons en 4 batteries. Il Vaisseau de 2« rang, Vaisseau de 100 canons en 3 batteries. Il Vaisseau de 3e rang, Vaisseau de 90 canons en 3 batteries. || Vaisseau de 4« rang, Vaisseau de 80 canons. Au-dessous de cette force, on n'a plus un vaisseau, mais une frégate, il Vaisseau amiral, Vaisseau que monte un amiral, qui porte pavillon d'amiral : Le roi François /ar voulut donner une fête aux dames sur te vaisseau amiral portant 100 canons. (Anquetil.) || Vaisseau pavillon, Nom que l'on donnait autrefois aux vaisseaux montés par des officiers généraux : Les brûlots continuaient à être destinés à garantir les vaisseaux pavillons de tout abordage. (E. Sue.) Il Vaùseau en caque, Navire qui va chercher à Terre-Neuve un chargement de morues. Il Vaisseau de registre, Navire espagnol enregistré pour la navigation de la mer du Sud. Il Vaisseau routier, Barque hollandaise pour les transports sur canaux. Il Vaisseau hôpital, Grand navire anglais, qui sert d'hôpital aux marins de toutes les nations.

— Fig, Affaires d'intérêt général ou particulier, considérées sous le rapport de la direction : /.«vaisseau de l'Etat. Une famille vertueuse est un vaisseau tenu, dans la tempête, par deux ancres, la religion et les ?nœurs. (Montesq.) Les passagers de ce grand vaisseau qu'on appelle le monde se laissent bercer dans le cercle que décrit leur voyageuse demeure. (Mme de Staël.)

— Poétiq. Objet flottant sur l'eau, et servant à transporter quelque chose : Des serpents verts, des hérons bleus, des flamants roses, de jeunes crocodiles s'embarquent sur ces vaisseaux de fleurs, (Chateaub.)

— Antiq. égypt. Fête du vaisseau d'Isis, Fête que les Egyptiens, célébraient en l'honneur d'Isis.

— Blas. Vaisseau voguant, Vaisseau figuré avec ses voiles : Daltnas : D'azur, au VAISSKAU d'argent voguant sur une mer du même, au chef cousu de gueules, chargé de ti'ois croissants du second émail.

— Fr.-rmiçonn. Ordre du vaisseau, Maçonnerie pour les deux sexes, établie dans l'Amérique septentrionale, vers le milieu du siècle dernier.

— • Archit. Grande pièce couverte : Cette * église est un beau vaisseau. Le vaisseau de ta cathédrale est noble et d'une belle, coupe (V.Hugo.)

— Astron. Nom d'une constellation de l'hémisphère austral, appelée aussi Navire.

— Hist. nat. Canal, tube servant à la circulation des liquides nourriciers des animaux et des végétaux : Les vaisseaux sanguins. Les vaisseaux cltylifères. Le rôle des vaisseaux dans les plantes n'est pas encore bien établi. (P. Duchartre.) On n'a pu découvrir de vaisseaux chylifères dans les crustacés. (J. Maoé.)

— Ornith. Vaisseau de guerre, Espèce d'albatros ou de frégate. Il Vaisseau de mer, Syn. de vaisseau de guerre.

— Moll. Nom vulgaire des nautiles, à cause de la forme de leur coquille.

— Syn. Vaisseau, vase. Comme Synonyme de vase, vaisseau ne se dit que de certains ustensiles qui se distinguent des vases ordinaires par leur grandeur et parce qu'ils sont destinés à contenir longtemps le liquide dont on les remplit. Ainsi, une cuve, un tonneau sont des vaisseaux de bois plutôt que , des vases.

— Encycl. Mar. et navig. V. navire.

— Antiq. égypt. Fête du vaisseau d'Isis. Les Egyptiens célébraient cette fête au printemps. Elle avait été établie comme un hommage rendu à Isis, pour l'heureux succès de la navigation interrompue par l'hiver, et qui recommençait avec la nouvelle saison. Les prêtres et le peuple se rendaient eu grande pompe au bord de la mer pour consacrer un navire neuf, construit avec beaucoup d'art, et sur lequel étaient gravées de tous côtés des prières en caractères hiéroglyphiques. On purifiuit ce navire avec une torche ardente, des œufs et du soufre. Sur la voile, qui était de couleur blanche, étaient écrits des vœux pour une heureuse navigation. On jetait dedans ensuite des corbeilles remplies de parfums et d'autres choses propres aux sacrifices; et, après avoir versé dans la mer une composition faite avec du lait et d'autres matières, on levait l'ancre pour abandonner le vaisseau à la merci des vents. On revenait de là dans le temple d'Isis, où se faisaient des prières pour la prospérité générale et pour la conservation des navigateurs pendant l'été.

Ces cérémonies avaient lieu aussi à Rome, à la même époque, comme l'indiquent les mots Naviyiumlsidis, marqués daus le calendrier rustique au mois de mars.

— Anat; Les humeurs nutritives de l'économie sont au nombre de trois ; lu sang rouge, le sang noir et la lymphe, d'où trois

VAIS

espèces de vaisseaux auxquels on a donné le nom de systèmes. Ainsi, le sang rouge se meut dans le système artériel, le sang noir dans le système veineux et le sang blanc, ou lymphe, dans le système lymphatique. Tous ces systèmes communiquent ensemble, mais ils présentent chacun des caractères particuliers qui ne permettent pas de tes confondre. V. artère, veine, lymphatique.

— Bot. Lorsqu'on étudie, à l'aide d'un microscope, la structure interne d'un végétal, on voit qu'elle se compose de cellules a parois minces et diaphanes, de forme arrondie ou polyédrique; de fibres, c'est-à-dire de tubes courts terminés en pointe à leurs deux extrémités, et de vaisseaux, que l'on peut considérer comme des fibres assez longues pour que deux de leurs extrémités soient trèséloignées l'une de l'autre. Cette longueur est quelquefois considérable et presque égale à celle du Végétal entier. Si l'on met à nu un de ces vaisseaux longs et qu'on l'examine suffisamment grossi, on y observe constamment deux caractères : 1» sa surface n'est jamais lisse comme l'est souvent celle des cellules ou des libres, mais présente toujours des inégalités sous l'apparence de points, de raies et d'anneaux'; 2° le cylindre formé par le vaisseau n'est pas parfaitement régulier dans toute son étendue, mais offre de distance en distance des sortes de rétrécissements ou d'étranglements successifs. Ces étranglements sont quelquefois régulièrement espacés et très-rapprochés les uns de» autres; d'autres fois, ils ne se montrent que de loin en loin ou séparés par des intervalles inégaux. On est porté à conclure de ces observations qu'un vaisseau est formé par une série d'utric-ules ou de fibres unies bout à b-iut et communiquant sans interruption entre elles, au moyen d'ouvertures pratiquées à c-ss deux bouts. St ce sont des utricules en série, les étranglements seront rapprochés; si ce sont des fibres, les étranglements seront plis ou moins éloignés les uns des autres. On a distingué différentes son es de vaisseaux d'après la forme générale de leur tube et d'après les différentes modifications de leur surface; ce sont : les trachées et les fausses trachées, qui comprennent elles-mêmes des vaisseaux annulaires, réticulés, rayés ou ponctués.

1° Les trachées sont formées d'un cylindre membraneux, dans l'intérieur duquel s'enroule un fil spiral. Ce cylindre se montre sans aucun changement de forme ou de surface dans une longueur assez considérable, puis se termine en s'efdlant en cône à ses deux extrémités ; ce sont donc réellement des fibres très-allongées qui composent ces trachées. Le fil spiral de la trachée se continue sans interruption d'un bout à l'autre de ces fibres. On peut la comparer aux fils de cuivre dont on fait certains ressorts à boudin. Sa couleur est ordinairement d'un blanc nacré. Quant à sa forme même, elle a été diversement décrite ou supposée par les auteurs. Les uns ont voulu que ce fût un tube creux ; d'autres qu'il fût creusé en gouttière du côté interne. Les observations les plus exactes et les plus récentes font voir ce fil toujours plein, mais variant un peu de forme, tantôt aplati en ruban, tantôt épaissi, et sa section horizontale présente un cercle, une ellipse ou un quadrilatère. L'écartement des tours de spire entre eux varie. Généralement, chaque tour touche immédiatement le voisin, de sorte qu'il n'existe pas d'intervalle entre chaque spire; d'autres fois, les tours laissent entre eux un espace suffisant pour qu'on puisse voir nettement la membrane extérieure. Quant à la direction que suit la spirale de la trachée, on a remarqué qu'il y en a une beaucoup plus fréquente que l'autre; c'est celle de gauche à droite, si ^observateur suppose le vaisseau placé devant lui dans sa position naturelle, c'est-à-dire l'extrémité la plus éloignée du soi tournée en haut. Souvent, on suppose l'observateur placé dans l'axe du cylindre autour duquel s'élève la ligne spirale. Il est clair que, dans ce cas, le sens est inverse et que la spire va de droite à gauche. Le plus souvent, le fil, contourné en spirale, est unique, mais il n'est pas rare de le voir double; quelquefois même, il y en a un plus grand nombre ; dans le bananier, on en a compté plus de vingt. Ces fils, rapprochés et parallèles, forment alors un ruban spiral qu'on peut dérouler en entier.

20 Les fausses trachées se décomposent elles-mêmes, nous l'avons dit, en :

a. Vaisseaux annulaires et réticulés. Ils sont généralement plus gros que les vraies trachées et beaucoup moins uniformes d'une extrémité à l'autre. Les anneaux d'un même tube ne sont pas, en effet, exactement semblables; ordinairement horizontaux, ils peuvent aussi être inclinés irrégulièrement daus un sens ou dans un autre. Us ne sont pas séparés entre eux par des intervalles réguliers ; enfin, ils peuvent être réduits à des fragments annulaires ou représenter une autre sorte de courbe que le cercle. Si maintenant on suppose que tous ces anneaux se rapprochent et se multiplient, l'on aura un réseau plus serré et plus compliqué qui constituera le vaisseau réticulé. D'après ce que nous venons de dire, on comprend qu'un vaisseau annulaire dans une partie de sou trajet devienne réticulé dans une autre.

b. Vaisseaux rayés. Au lieu de spirales, de cercles ou d'aréoles irrégulières, ils présen-

VAIS-

tent des raies transversales qui n'occupent qu'une partie de la circonférence du tube et qui sont généralement, placées régulièrement les unes au-dessous des autres. La forme du vaisseau est souvent celle d'un prisme, dont les faces latérales sont ainsi sillonnées de raies qui s'arrêtent vers les angles. On a comparé la disposition de ces raies et de leurs intervalles à celle des barreaux d'une échelle; aussi a-t-on souvent donné k ces vaisseaux le nom de acalariforuies.

c. Vaisseaux ponctués. Ce sont ceux qui dans les végétaux acquièrent le volume le plus considérable et dont souvent même le canal intérieur peut être vu à l'œil nu, se présentant comme criblés de petits points disposés suivant des lignes parallèles, horizontales ou, plus rarement, un peu obliques. Ces vaisseaux présentent la forme d'un cylindre sur la surface duquel se dessinent des cercles dépourvus de points, placés à des intervalles plus ou moins rapprochés et en général égaux. Ces cercles ont, le plus souvent, le même diamètre que le tube, mais quelquefois aussi un diamètre un peu moindre; il en résulte alors une suite d'étranglements ou de rétrécissements. La coupe verticale du vaisseau fait voir qu'à ces étranglements correspond intérieurement un petit repli circulaire. Si ces étranglements, qui résultent de lu soudure d'une suite d'utricules plus renflés à leur milieu qu'à leurs deux bouts, sont extrêmement prononcés, le vaisseau rappellera la forme d'un chapelet à grains pressés les uns contre les autres.

— Vaisseaux laticifères. Nous avons réservé pour la fin la description d'un ordre de vaisseaux qui sont assez différents de tous les autres pour qu'on ne les ait jamais confondus. Ce sont ceux qui ont reçu le nom de vaisseaux propres ou laticifères, parce qu'ils contiennent le suc propre ou latex. Ce sont des tubes membraneux, communiquant librement entre eux et s'anastomosant par des branches transversales , de manière que leur ensemble dessine un vaste réseau. Ils ont donc, plus que tous les autres vaisseaux précédemment décrits, quelque rapport avec ceux des animaux, dont un des caractères est d'aller en se ramifiant. Pour le cas présent, le terme de ramification ne serait pas tout à fait exact ; cur les vaisseaux laticifères ne. s'épuisent pas en divisions successives, comme un tronc se partage en branches, ces branches en rameaux et ainsi de suite. Ici, les branches qui naissent des troncs ont à peu près la même grosseur que le tronc lui-même. En recherchant ces vaisseaux sur des sujets très-jeunes, on reconnaît que ce font dans l'originede simples lacunes bornées par les cellules mêmes entre lesquelles elles s'étendent.

Le canal n'est donc pas primitivement cylindrique, mais présente des saillies et des dépressions en rapport avec les renflements des cellules. On voit aussi que ces canaux ne sont pas d'abord pourvus de parois propres; c'est plus lard seulement que le suc qu'ils contiennent parait déposer une couche qui, tapissant ces saillies et comblant ces interstices, circonscrit un vaisseau cylindrique et constitue cette paroi en se solidifiant. Or, les lacunes courent dans diverses directions et communiquent largement les unes avec les autres ; de là. ie réseau que dessinent les vaisseaux laticifères. Ce mode de formation et la disposition même de ces vaisseaux les différencient donc complètement des vaisseaux réticulés, rayés ou ponctués, dont nous avons parlé plus haut. La paroi qui tapisse les laticifères est d'abord fort mince; elle s'épaissit peu à peu en vieillissant, et quelques auteurs ont cru même y reconnaître une succession de couches.

— AlluS. hist. Brûler ses miuoaui, V.

Page 1