‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 549 sur 1042 · C. Délavions · texte numérisé non relu

C. Délavions

— S'emploie surtout dans la composition de certains noms firopres : Le Vk\j-de-Grâce. Les VAUx-de-Cernaj/.

— Par monts et par vaux, Ça et là, en tous lieux : Courir par monts et par vaux.

Tel fut ce roi des bons chevaux, Rossinante, la fleur des coursiers d'ibérie, Qui, trottant jour et nuit et par monts et parvaux, Galopa, dit l'histoire, une fois en sa vie.

— A val, En bas : Ils louèrent son courage et sa fidélité, la détachèrent et la jetèrent, la corde au cou, k val des rochers. (P.-L. Courier.) Il Vieille locution. V. aval.

— Hist. relig. Val des écoliers, Congrégation fondée en Bourgogne, au xiie siècle, par quatre docteurs en théologie.

— Rem. Le pluriel régulier de ce mot est vaux, comme on l'a vu par les exemples cidessus; cependant la forme vais semble prévaloir aujourd'hui dans la langue des ingénieurs : Les vals de ta Loire. On a établi des réservoirs dans les vals supérieurs des fleuves.

Vol d'Andorre { lb ) , opéra-comique en trois actes, paroles de M. de Saint-Georges, musique d'Halévy ; représenté sur le théâtre national de l'Opéra-Comique le il novembre 1848. Le poème est intéressant et la partition renferme de très-belles pages. Cet ouvrage a eu déjà la plus brillante destinée. La scène se passe dans les Pyrénées, où fleurit la petite république d'Andorre. Rose-de- Mai est une orpheline au service d'une riche fermière nommée Thérèse. Georgette, autre jeune paysanne, complète ce trio féminin.

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! Stéphan, le chasseur de chamois, parle au ~$~*7\ ft — fv

I cœur de toutes trois, mais n'a des yeux que pour Rose. Un vieux chevrier, Jacques Sincère, dont le type rappelle celui d'Edie Ochiltree de Walter Scott, possède tous les secrets de ces personnages et s'intéresse aux deux jeunes amoureux. Il veut même donner à Rose, pour sa dot, la somme de 3,000 livres, fruit de ses économies pendant quarante ans; mais voilà qu'au milieu des rivalités qu'inspire le beau Stéphan un recruteur arrive pour réclamer les quinze citoyens que la république d'Andorre doit fournir pour le service de la France. Le sort désigne Stéphan. Dans son désespoir, le chasseur s'enfuit dans la montagne, où il sera poursuivi, atteint, puis traité en déserteur. Rose, cédant à une inspiration funeste, dispose d'une somme confiée à sa garde par Thérèse et s'en sert pour racheter son fiancé. Elle compte sur le don promis du vieux chevrier, et c'est dans sa pensée un emprunt de quelques heures. La pauvre Rose est accusée de vol et comparait devant le conseil des anciens, rassemblé sur la montagne pour la juger. Les scènes les plus déchirantes se succèdent. Pour conclure, le vieux chevrier aidant, la pauvre fille découvre, dans sa rivale et son accusatrice, dans la fermière Thérèse, sa propre mère, qui la reconnaît et obtient du tribunal un facile pardon. Ce drame, plein d'émotions , a été traité par le grand compositeur avec cette sensibilité profonde et exquise qui était particulière à son tempérament et à son génie. La partition est riche en effets variés. Dn sentiment vif de la nature anime l'ouverture. L'air du chevrier : Voilà le sorcier, est un chef-d'œuvre de coloris musical. Le quatuor : Savant devin, est dune déclamation vraie et spirituelle. Rien n'égale la chaste et naïve rêverie de la romance chantée par Rose-de-Mai :

Marguerite, Qui m'invite A te conter mes amours.

Dans le second acte, rempli par les situations les plus pathétiques, on remarque surtout les couplets : Le soupçon, Thérèse, chantés avec une expression admirable par Bataille, qui u obtenu un grand succès dans la création du rôle difficile du chevrier. Le finale de cet acte est magnifique. Le troisième acte offre des morceaux qui ne le cèdent en rien aux précédents sous le rapport de la mélodie et de l'effet scénique. Le Val d'Andorre a été joué au Théâtre-Lyrique en octobre 1860. Il a été repris à l'Opéra-Comique en 1875. Nous citons la romance de la marguerite.

té se - rajt blés - eé

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S'il ne de - vait m'ai-mer un

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Ah I Mar-gue-

DEUXIÈME COUPLET

Allegretto. W.

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Refrain. Mar - gue - ri - te. Qui m'in-

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con - ter mes a-

mours, Dis - moi vi - te, Ma pe-

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ti - te, Si je dois l'ai-mer tou.

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jours! Dis -moi, Dis-moi vi . te Si

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dois l'ai - mer tou - jourBl 1er CoBi.LET. c'est lui qui rem-

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plit ma pen - se - e!

S-PIi=^5§

Mon cœur ne for • me qu'un seul

ii=lii^ïpgiïil

Que nia fier-

Mais quelle serait ma souffrance Si tu me disais : pas du tout !

Non, pour me rendre l'espérance.

Tu vas me répondre: beaucoup I Ah! marguerite, etc.

VAL-D'AJOL (le) , bourg et commune de France (Vosges), cant. de Plombières, arrond. et à 25 kilom. S.-O. de Remiremotit, sur la Combeauté; pop. aggl., 1,300 hab. — pop. tôt., 7,011 hab. Brasseries, scieries, taillanderies, filature de coton ; fabrication de kirsehwasser. Aux environs, vestiges de voie romaine et restes de l'ancien prieuré d'Hérival, fondé en 1090. Sites pittoresques et vues remarquables .

VAL-NOTRE-DAME (le), hameau de France (Seine-et-Oise), commune et canton d'Argenteuil, arrond. de Versailles, près de la forêt de l'Ile-Adam; 15 hab. Fabrication de produits chimiques; ancienne abbaye de l'ordre de Clteaux. Cette abbaye fut fondée au XIII» siècle par Ansel de l'Ile-Adam et acquit une rapide importance. Jean de La Barrière, le célèbre réformateur de Clteaux, fondateur des Feuillants, fut le quarante-sixième abbé du Val; Henri III lui fit don des revenus de l'abbaye du Val, qui devaient être consacrés à l'entretien des moines. Vers 1611, l'ordre de Clteaux fit desservir l'abbaye et les lieux qui en dépendaient par un certain nombre de religieux sous la conduite d'un prieur et y déposa ses archives. L'église de l'abbaye du Val, quoique restaurée par les feuilants, n'offrait rien de curieux, sinon quelques tombes. Le cloître était situé au nord de l'église. Quelques parties en étaient remarquables, entre autres la voûte du dortoir, soutenue par une colonnade svelte „et élégante. L'abbaye du Val est, dans ces derniers temps, devenue la propriété de M. Regnaud deSaint-Jean-d'Angely qui l'a changée en une magnifique maison de campagne, avec un parc très-vaste et des mieux entretenus. Elle avait été supprimée à ta Révolution, en même temps que les ordres religieux.

VAL-DE-OL1VAS, bourg d'Espagne, province et à ii kilom. N.-O. de Cuença; 2,800 hab. Titre de duché.

VAL-DE-PEN AS, ville d'Espagne, province et à 40 kilom. S.-E. de Ciudad-Real, chef-lieu de la juridiction de son nom ; 12,000 hub. Récolte et commerce d'excellent vin; fabrication de toile et de savon. Commerce et exportation'de grains, bestiaux et vins. Dans cette ville, assez régulière et bien bâtie, on remarque le château des murquis de Sauta- Cruz.

VAL-R1CI1EE (le), hameau de France (Calvados), commune de Saint-Ouen-le-Pin, canton de Cambremer, arrond. de Pont-1'Evéque ; 125 hab. Ancienne abbaye de bénédictins, fondée en H 46 par Philippe d'Hareourt, évêque de Bayeux, transformée de nos jours en un beau château, qui a été la propriété de M. Guizot.

Val-Ile- GrAce (ABBAYE, ÉGLISE ET HÔPITAL

ou). Dès le commencement du xitro siècle, un monastère de bénédictins existait au Val- Profond, près de Bièvre-le-Cliâtel, à 12 kilom. de Paris. Anne de 'Bretagne, femme de Louis XII, donna à ce monastère le nom de Val-de-Gràce-de-Notre-Dame-de-la-Crèche. En 1621, l'abbaye du Val-Profond tombant en ruine, Aune d'Autriche appela à Paris les religieuses qui l'habitaient et les établit au faubourg Saint-Jacques, dans une maison alors occupée par les piètres de l'Oratoire et qui portait le nom de Petit-Bourbon ou de fief de Valois. La reine, qui aimait a. oublier au milieu des pratiques d une dévotion aussi ardente que peu éclairée la tyrannie du cardinal de Richelieu, se déclara la protectrice de l'abbaye du Val-de-Grâce; le 3 juillet 1624, elle posa la première pierre du cloître, et, par lettres patentes de février 1631, Louis XIII proclama cette abbaye de fondation royale. En 1638,-lors de la naissanco d'un lils qui fut Louis XIV, Anne d'Autriche, au comble de ses vœux, promit, en témoignage de reconnaissance, d'élever à Dieu une église magnifique; mais elle ne fit commencer la construction de l'édifice qu'au moment où elle se trouva régente du royaume, et le roi son fils, qui n'avait pas encore' sept uns posa la première pierre de l'église du Val-de-Grâce le

1er avril ic45. Dans cette pierre fut encastrée une médaille d'or du poids de 3 marca et 3 onces et de 3 pouces et demi de diamètre, représentant d'un côté la reine et son fils et de l'antre la façade du monument, avec la date du 5 septembre 1638, jour de lu naissance du roi et du vœu de sa mère. François Mansard donna les plans de tous les bâtiments du monastère et de l'église; la conduite des travaux de cet édifice lui ayant été ôtée fut confiée à Jacques Lemercier,"qui continua le monument jusqu'à la grande corniche. Pierre Lemuet, secondé par Gabriel Leduc et par Duval, termina les voûtes, les clochetons et le dôme. Pour se venger de sa disgrâce et laisser un souvenir de son projet, Mansard fit exécuter en petit, dans la chapelle du château de Fumes, situé à28kiloin. de Paris et appartenant au secrétaire. d'Etat Henri Duplessis de Guénégaud, le plan qu'il avait conçu pour l'église du Val-de-Grâce.

Les travaux, suspendus pendant les troubles de la Fronde, furent repris en 1655; lea bâtiments du cloître furent achevés en 1668 et ceux de l'église en 1665. Bien que construit par plusieurs architectes, le Val-de- Grâce présente un ensemble imposant et harmonieux. Au fond d'une vaste cour, séparée de la rue Saint-Jacques dans toute sa largeur par une grille en fer, s'offre le portail de l'église, surmonté en perspective de la masse élégante et majestueuse du dôme et accompagné de deux ailes symétriques de bâtiments qui se terminent par un pavillon carré. Le grand portnil, élevé sur seize marches, est composé de deux ordres; au premier, un portique soutenu par huit colonnes corinthiennes isolées et accompagnées de niches est couronné d'un fronton, uans la corniche duquel on. lit cette inscription qui fait allusion aux motifs qui ont déterminé la fondation de l'église : Jesu nascenti, Virgjnique Matri. Le second ordre, formé de colonnes composites, s'unit au premier par de grands enroulements; il est surmonté d'un fronton, dans le tympan duquel on voyait autrefois les armes de France écartelées d'Autriche; pendant la Révolution, on y plaça les symboles de la Liberté et de l'Egalité ; on y voit aujourd'hui une horloge.

Le dôme est remarquable par l'originalité de sa forme et la richesse de sa décoration extérieure; aux quatre angles se trouvent des tourelles surmontées de clochetons en poire, qui rappellent par leur forme l'architecture orientale. Les pilastres placés entre les fenêtres qui éclairent l'intérieur du dôme supportent une galerie entourée de statues d'anges. Des vases flamboyants garnissent la corniche d'où part la coupole, qui elle-même est surmontée d'un campanile d'une grande légèreté, décoré de pilastres, d'enroulements et de vases. Le dôme du Val-de-Grâce est, après ceux du Panthéon et des Invalides, le plus élevé de tous ceux de Paris.

L'intérieur de l'église du Val-de-Grâce est orné de pilastres d'ordre corinthien, et le pavé de l'édifice, formé d'une mosaïque en marbre, est divisé par compartiments correspondant aux travées de la voûte. La voûte de la nef, les arcs latéraux, les pendentifs du dôme s6nt ornés de sculptures et de médaillons de Nicolas Anguier. Là décoration du maître -autel, exécutée sur les dessins de Gabriel Leduc, est des plus remarquables et rappelle le baldaquin de Saint-Pierre de Home. Six grandes colonnes torses d'ordre composite, de marbre revêtu de bronze et chargées de palmes et de rinceaux de bronze doré, sont portées par des piédestaux de marbre. Les chapiteaux , également dorés, soutiennent un baldaquin formé pur six grandes courbes supportaut un amortissement de six' consoles, couronné par une croix posée sur uu globe. Quatre anges placés sur les entablements des colonnes tiennent des encensoirs.

L'église de Suint-Roch possède maintenant le groupe de la crèche, l'un des meilleurs ouvrages de François Anguier, placé autrefois sous le buldaquiu du Val-de-Orâce.

Mignard a décoré l'intérieur de la coupole de peintures k fresque, où il a représenté, en deux cents figures, les divers ordres des saints adorant la Trinité et lu reine Anne d'Autriche qui offre ù Dieu, avec l'assistance de saint Louis, le modèle de l'église. C'est cette ' peinture, la plus belle de Mignard, que Molière u célébrée dans sou poème intitulé le Val-de-Grâce.

Les peintures de ta chapelle de la Communion sont dues à Philippe de Champagne.

L'église du Val-de-Grâce avait été destinée à recevoir les cœurs des princes de la famille royale, particulièrement ceux de la famille d'Orléans. Madame, sœur de Louis XIV, fut la première princesse dont le ccour fut déposé au Val-de-Urâce, eu 1662. Dans la chapelle de Sainte-Anne, située à gauche du dôme, reposaient le cœur d'Anne d'Autriolïa et celui du duc d'Orléans.

Anne d'Autriche avait accordé aux religieuses du Val-de-Grâce de nombreuses prérogatives, et entro autres privilèges celui de conserver la première chaussure de chaque fils et de chaque fille des princes du sang.

Pendant la Révolution, l'église du Val-de- Grâce changea plusieurs fois de destination. Sous l'Empire, elle devint un magasin général d'habillements et d'effets desuuos au service des hôpitaux militaires; toutefois, on

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établit un plancher pour conserver le marbre du pavement et une cloison pour préserver les sculptures des parois de l'église. Grâce à ces précautions, ce monument n'a pas souffert; il a été rendu au culte en 1826.

L'abbaye du Val-de- Grâce aj'ant été supprimée en 1790, les bâtiments conventuels lurent convertis en hôpital par décret du 7 ventôse an II. En 1814, ils turent affectés au service de santé de l'armée, et le Val-de- Grâce devint l'hôpital militaire le plus considérable de la capitale ; il a conservé cette destination et conuent 970 lits. Cet hôpital a été érigé en école d'application de médecine et de pharmacie militaires,

VALA ou WAI.A, célèbre abbé de Corbie, mort en 836. 11 était fils du comte Bernard et proche parent de Charlemagne, qui le nomma intendant du palais. Peu touché, du moins en apparence, de l'éclat des grandeurs, il embrassa la vie monastique, fut élu abbé de Corbie, mais n'en continua pas moins d'exercer du fond de son cloître la plus grande influence sur les affaires publiques. Chargé par Louis le Débonnaire de l'éducation de son fils Lothnire, il encouragea ce prince dans son ambition, le poussa à la révolte et trempa dans toutes les intrigues des grands. Louis ayant ressaisi sa couronne enferma Vala dans une forteresse au bord du lac Léman. L'ambitieux abbé trouva cependant le moyen d'agir dans de nouveaux troubles et prit une part active aux délibérations de la diète de Compiègne (83<1), qui prononça la déposition de l'empereur. Louis ayant encore repris l'autorité, Vala jugea prudent de s'enfuir et mourut à l'abbaye de Bobio.

VALAAT s. m. (va-la-a). Linguist. Langue vulgaire des Persans.

VALABLE adj. fva-la-ble — du lat. valere, valoir). Jurispr. Recevable en justice : Un acte valable. Une quittance valable. Un testament valable. Nul consentement n'est libre ni valable qu'en chose connue d'avance. (Michelet.)

— Acceptable, ayant une valeur, une importance : Une excuse valable. Une raison valable. Le repentir est la 'seule réparation valable du péché. (Proudh.)

VALABLEMENT adv. (va-Ia-ble-man — rad. valable). D'une manière valable : Un idiot ne peut valablement contracter. Je suis valablement autorisé à traiter.

— Jurispr. Pertinemment : L'Etat, les communes, tes établissemmls publics et les mineurs sont reçus à se pourvoir, s'ils n'ont été défendus ou s'ils ne l'ont été valablement. (Code de proc. civ.)

VALACIUB ou VALAQU1E, nommée Zara- Roumaneska, dans la langue du pays, principauté de l'Europe orientale, vassale de l'empire ottoman et formant avec la Moldavie la principauté de Roumanie (v. ce mot). La Vaiaehie, de forme à peu près elliptique, s'étend sur la rive gauche du Danube, qui la sépare de la Bulgarie au S. et de la Servie au S.-O.; elle confine au N.-O. à la Hongrie, au N. à la Transylvanie, dont elle est séparée par la chaîne méridionale des Karpathes, au N.-E. à la Moldavie, dont le Sereth et le Metkou forment la limite ; enfin à l'E. elle estbaignée par le cours inférieur du Danube, qui la sépare de la Dobrouska. Elle est comprise entre 43° 42'- 45043' de latit. N. et entre 20°-25°45' de longit, E.; elle mesure de l'O.à TE. environ 450 kilom. et 180 de largeur moyenne du N. au S.; superficie, "5,940 kilom. carrés; 2,600,000 hab. Capitale, Bukarest. La surface de la Valachie esL très-variée. La partie septentrionale est couverte par les ramifications des monts Karpathes, tandis que l'intérieur et la partie méridionale consistent en vallées fertiles et délicieuses et en vastes et belles plaines qui s'étendent jusqu'au Danube et que sillonnent en tous sens une multitude de rivières tributaires de ce fleuve et dont les principales sont l'Ait, la Chyl, la Tillorman, l'Ardehiche, la Dombovitza, la Jaiotnnitza, le Kalmazou, le Buzéo, etc. Elle renferme, en outre, un grand nombre de lacs qui, ainsi que les rivières, sont très -poissonneux et abondent en oiseaux aquatiques. L'hiver, dans la Valachie, est court, mais fort rude ; les glaces interrompent quelquefois la navigation du Danube; les chaleurs de l'été y sont très-fortes, mais dans le voisinage des Karpathes elles sont tempérées par 1 élévation du sol. Les forêts qui occupent le quart du territoire et les eaux stagnantes qui baignent les plaines entretiennent dans certaines parties uue humidité dangereuse. Il est peu de contrées que la nature ait autant favorisées sous le rapport de la fertilité du sol. On y récolte du froment, de l'orge, du maïs, du millet, du vin, du lin, du chanvre, du tabac, toutes les espèces de fruits et de légumes, des plantes aromatiques, etc. On y élevé les mêmes auimaux domestiques qu'eu Moldavie; mais les troupeaux y sont plus nombreux. Les abeilles y sont très-multipliées et le gibier de toute espèce y abonde. Il y existe d'immenses forêts qui fournissent de beaux bois de construction et autres, et où l'on trouve un arbre appelé tissa qui pourrait remplacer avec succès les bois de teinture de l'Amérique. Le règne minéral entln ne le cède point aux deux autres. Les ingénieurs russes uut reconnu l'existence do mines de fer ordi-

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naire et de fer magnético-pyriteux, de cuivre, notamment à Krasne ; de vif-argent à Pitechti, de charbon de terre à Gesseni; de soufre, d'ambre jaune, à la montagne Déalde-Roche; de poix minérale, d'or, à Korbéni ; d'asphalte et enfin de salpêtre à Pontchessa, où se trouvent aussi des eaux sulfureuses. Les produits des salines forment presque à eux seuls le tiers des revenus de l'Etat. La principauté de Valachie est divisée en dixhuit districts, subdivisés en arrondissements. La religion grecque est la religion de l'Etat. Il y a une haute cour de justice à Bukarest, des cours d'appel a Bukarest et à Krajova, un tribunal de ire instance au chef-lieu de chaque district, un archevêché métropolitain et trois évêques. Les établissements d'instruction publique créés en Valachie sont encore en très-petit nombre. L'instruction populaire est dans le plus déplorable état; on peut même dire que dans les campagnes elle n'existe pas du tout.

— histoire. La Valachie n'est qu'une partie de l'ancienne Dacie. Sous l'empereur Auguste, les légions romaines se heurtèrent pour la première fois contre les armes des Daces. Domitien régnait quand eurent lieu les excursions de ces derniers dans les possessions romaines situées au delà du Danube ; il marcha contre ces barbares et voulut mettre un terme à leurs ravages. L'empereur fut vaincu. Il fallut demander la paix au chef des Daces, Dacébale, et lui payer tribut sous titre de pension. Ce tribut fut payé par les Romains jusqu'à l'année 102. Trajan voulut s'en affranchir et fit contre les Daces des préparatifs formidables; on voit encore les débris du pont en pierre qu'il fit jeter sur le Darfube par Apollodore de Damas, ouvrage merveilleux que l'on ne peut apprécier que si l'on a mesuré de l'œil l'immense profondeur et la vaste étendue du fleuve à cet endroit. Par cette route entrèrent en Dacie de nombreuses et vaillantes légions qui, bientôt victorieuses, revinrent chargées des dépouilles de leurs ennemis. Trajan prit le surnom de vainqueur des Daces, et la vivante image des exploits de cette guerre s'immortalisa sur l'airain de la colonne Trajane, que Rome possède encore. Après une guerre obstinée et une résistance acharnée, les champs restèrent en friche et la Dacie se dépeupla. Le nom de Valaques, sous lequel ce peuple est désigné par les étrangers, est tout à fait inconnu, dans son idiome naturel. Ils s'appellent entre eux Roumains, et leur pa.y& Zara-lïoumaneska, pays des Roumains. On prétend que, vers le vue siècle, des tribus slaves et bulgares, venues de 1 intérieur de la Russie dans cette partie de la Mésie qu'on nomme aujourd'hui Bulgarie, désignèrent par le rqpt vluh les agriculteurs et pasteurs romains avec lesquels ils se trouvèrent en contact. Selon une autre explication, Flaccus, chef des colonies que Trajan envoya en Dacie, donna au pays son nom, auquel le temps fit subir une altération légère. Quoi qu'il en soit, les Romains possédèrent la Dacie jusqu'en l'année 274 après J.-C. Gallien régnait lorsque de nouvelles peuplades barbares l'inondèrent, et les Romains retirèrent leurs gouverneurs. Longtemps les Goths, les Huns, les Gépides, les Lombards, les Avares se disputèrent ce pays qu'ils dévastèrent à l'envi. Fuyant devant leurs oppresseurs, les indigènes allèrent chercher un refuge dans la Petite-Valachie ou Valachie inférieure, située entre le Danube et l'Aluta. Jusqu'au ix« siècle, les annales de ce pays sont obscures et sans intérêt. A la fin de ce siècle, les Tariares envahissent la Valachie, l'asservissent et la couvrent de sang. Presque toute la population se retire au delà des monts Karpathes, s'y établit, s'y fortitie et demeure paisible à l'abri de ces remparts naturels. La nation ne se dissout point pendant cet exil. Sous la conduite,de Rado-Negro (Rodolphe le Noir) et de Bogdan, une partie revint s'établir en Valachie, une autre dans la Moldavie, k laquelle le fleuve Moldau a donné son nom et qui s'appelle aussi Bogdanie, du nom de son ancien chef Bogdan. La division des deux provinces, où régnent les même mœurs, le même langage, la même religion, date de cette époque; alors commence à s' éclaircir L'histoire, du pays. Bogdan et Rado prennent le nom de vayvodes ou premiers commandants, titre que leurs successeurs ont toujours conservé. Les successeurs de Rado affermissent leur puissance, la population s'accroît, des villes surgissent, la nation prospère et se civilise. Mais voici venir un nouveau flot de barbares plus redoutables, plus fanatiques, plus cruels que leurs prédécesseurs. Les Turcs Ottomans s'établissent en Europe. Le premier, un vayvode nommé Mima attaque imprudemment et sans provocation les possessions limitrophes des Turcs au delà du Danube. C'était en 1391, Bajazet fait marcher une armée nombreuse, bat le vayvode et le soumet à un léger tribut, premier anneau de cette lourde chaîne qui (levait peser sur le pays. En 1444 et 1448, les Valaques s'allient aux Hongrois, se soulèvent de nouveau contre la Turquie, succombent et voient leurs chaînes s'appesantir. En 1460, ils croient entrevoir une chance de salut et la saisissent. Pendant que Mahomet H s'occupe de conquérir les lies de L'Archipel, ils attaquent les Turcs et obtiennent d'abord quelques avantages; mais ils sont battus de nouveau et concluent avec la Porta un traité qui les condamne k un tri |

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but'perpétuel. Ce traité, qui fixa définitivement leurs relations respectives, sert encore de base à la suzeraineté de la Turquie. Le traité de 1460 stipule 1 que le sultan protégera la Valachie et la défendra contre tout ennemi futur; que lui et ses successeurs conserveront la suprématie sur les deux provinces et leurs souverains ou vayodes, condamnés à payer à la Sublime Porte un tribut de 10,000 piastres; que les vayvodes continueront d'être élus par l'archevêque métropolitain et les boyards (nobles) et ifue l'élection sera reconnue par la Porte ; que nul chrétien, après avoir embrassé la religion musulmane, ne pourra être inquiété ou réclamé si, revenu en Valachie, il embrasse de nouveau la religion chrétienne, etc. ■ Ce traité créait pour les Valaques une situation trop équivoque pour durer; il était impossible que les Turcs n'essayassent pas d'aggraver et les Valaques de secouer le joug. En 1544, les Turcs commencèrent l'agression et construisirent sur le bord du Danube les forteresses d'ibrail, de Giurgevo et de Tourno. Bientôt ces trois places devinrent des repaires de brigands qui portaient le massacre et la terreur dans les campagnes, emmenaient les troupeaux et s'emparaient des femmes et des enfants. Les Valaques, exaspérés, eurent bientôt recours aux armes. En 1593, le vayvode Michel, s'alliant avec Sigismond, prince de Transylvanie, et le vayvode de Moldavie transmirent à la Porte une longue liste de leurs griefs. Elle ne leur répondit qu'en leur envoyant un corps de 3,000 janissaires, qui furent cernés et passés au fil de l'épêe. Michel, à la tête des troupes alliées, inarche sur Giurgevo, force la garnison à l'évacuer et la rejette au delà du Danube, Devant l'attitude menaçante des trois princes alliés, Amuruih recula. Son successeur, Mahomet III, leur opposa 60,000 hommes, commandés par son vizir, et fut battu. Après cinq années de combats acharnés, il fallut que le sultan renonçât à la domination delà Valachie. Mais elle devait payer bien cher un jour son héroïque résistance. Michel périt assassiné; avec lui s'écroule l'édifice de l'indépendance nationale que ses mains audacieuses avaient construit. Tout se désorganise. Les Turcs repassent le Danube. Le sultan désigne le vayvode de son choix et le fait élire ; le pays redevient tributaire. Bientôt les prétentions de la Porte s'accroissent. Le traité de Mahomet II, lien apparent des deux provinces et de la Turquie, reçoit de graves atteintes. La Porte se croit assurée de l'impunité et fait peser sa tyrannie. Cependant une ombre d'indépendance subsiste. Le traité d'Andrinople, s:ins le dire expressément, ne fait que remettre en vigueur les dispositions contenues dans le traité de Mahomet II, qui n'étaient plus observées, sauf la faculté laissée à la Valachie de faire la paix et la guerre. La suprématie de la Porte se trouva contre-balancée, fort bizarrement, il est vrai, par le protectorat de la Russie. L'élection des vayvodes n'était plus qu'une vaine formule ; 1 avènement de chaque nouvel hospodar augmentait le tribut envers la Perte, et les sultans finirent par s'arroger le droit de vie et de mort sur eux. En 1714, un kapidgi fit arrêter le prince Brancovau et sa famille. Le peuple, fatigué d'inutiles efforts et d'une lutte inégale, courba la tête et se tut. Traîné à Constamiiiople, Brancovan vit expirer dans les tortures ses quatre malheureux fils, et sa mort termina cette horrible scène. Son successeur ne conserva le vayvodat que deux ans ; ce fut le dernier des princes indigènes. Tout pliait devant les sultans; ils pouvaient ériger les deux provinces (Moldavie et Valachie) en pachalicks; soit qu'ils n'aient pas daigné ou osé le faire, ils aimèrent mieux employer à l'asservissement du pays les Phanariotes, leurs instruments ou plutôt leurs esclaves. Depuis lors, un arbitraire effréné régna sur le pays. Dans l'espaee de quatre-vingt-dix ans, à partir de l'avènement de Nicolas Marvrocordato, premier prince phanariote, et jusqu'à la fin du siècle dernier, plus de quarante de ces esclaves despotes furent tour à tour nommés, révoqués ou décapités. Un gouvernement éphémère , chancelant, dont le seul pivot politique était la soumission absolue au sultan, le seul but une spoliation sans pudeur, le seul mobile une vénalité sans exemple, faisait pénétrer dans les mœurs du peuple ce mélangé de coutumes asiatiques, cet esprit d'orgueil et de dissimulation qui ont toujours distingué les Phanariotes. Ils introduisirent un luxe oriental, rehausse par les arts de la civilisation européenne; ils s'efforçaient de rappeler par la pompe de leur cour la splendeur de l'ancienne Byzance, éducation fatale pour un peuple simple et à demi barbare. L'exemple de ce luxe s'empare des imaginations, développe les goûts frivoles, exalte la vanité, fait germer les ambitions. Les deux provinces empruntent & la civilisation les raffinements du luxe et les besoins d'une vie voluptueuse, mais non l'industrie, le commerce ni les arts utiles. Telle était la situation de la Valachie sous l'administration des Phanariotes. Cet état de choses, qui s'est prolongé jusqu'à nous, fixa l'attention de la Russie. Lors du traite de Kainardji, elle intervint eu faveur des peuples chrétiens soumis à la puissance ottomane, et elle ne put oublier les deux malheureuses provinces. Dans l'article 16 de ce traité, la Russie se ménageait déjà une lointaine , mais

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active influence sur les deux provinces et . préparait cette scène où elle devait jouer un rôle si souvent ingénieux, si puissant pour l'avenir. On y lit que « la Sublime Porte consent à ce que, suivant les circonstances, les ministres de la cour impériale de Russie puissent parler en faveur des deux principautés et qu'elle promet d'avoir égard à ces représentations, conformément aux considérations amicales et aux égards que les puissances ont les unes pour les autres. • En 1792, à la paix de Jassy, ces stipulations, qui d'ailleurs n'amélioraient pas le sort des Valaques, furent renouvelées; la Russie demanda avec instance et obtint que les hospodurs fussent désormais nommés pour sept ans au moins, disposition que la Porte mit souvent en oubli. En 1802, le ministère russe, à force de négociations, obtint une nouvelle convention, par laquelle la Porte s'engageait à ne point remplacer les hospodars avant le terme de sept années, à moins d'un d.?lit dont le ministère de la Russie reconnaîtrait la gravité. Au mépris de cette convention, le prince Ipsilanti, hospodar de Valachie, et le prince Mourouïi, hospodar de Moldavie, furent révoqués. La Russie déclara la guerre à la Porte en 1806, lit occuper les deux provinces par ses armées et ne les retira qu'en 1812, lorsque le traité de paix fut conclu à Bukarest. Les malheureuses principautés, théâtre d'une guerre sans fin, placées entre l'enclume et le marteau, tour à tour inondées de troupes turques et russes qui les traitaient en pays Conquis, souffraient horriblement. Les années 1821 et suivantes virent l'insurrection d'ipsiiami, du pacha de Janina et des Hellènes. Sans prendre d'abord ouvertement le parti des révoltés, la Russie tes soutint de ses trésors et les excita par ses intrigues. Eu 1827, elle jeta le masque à Navarin, et bientôt après ses soldats furent reçus en Valachie comme des libérateurs. L'occupation russe dura cinq années. Une première constitution politique de la Valachie, qui avait été réglée par le statut organique publié en 1839 sous la médiation de l'autorité russe, subit de nombreuses modifications en vertu du traité de Balla-Liman, conclu le 1er mai 1849 entre la Russie et la Porte. Aux termes de ce traité, la Valachie, de même que la Moldavie, forma une principauté élective, dépendante et tributaire de la Turquie, placée sous la protection de la Russie, administrée par un hospodar. Cette dignité, conférée au prince Alexandre Ghika, avait été d'abord instituée à vie; mais à partir de 1849 elle ne le fut que pour sept ans et révocable seulement pour fan de crime. L'hospodar devait être grand boyard et Vulaque de naissance. Son autorité était limitée par l'assemblée générale, composée de quatre évêques grecs de la province et de cent vingt-trois grands boyards, de trentesix députés de la petite noblesse et de vingtsept députés des villes. Jusqu'à 1849, époque où cette assemblée fut suspendue, elle exerça aussi le droit d'élire l'hospodar; mais l'élection n'était valable qu'autant que l'élu obtenait sa confirmation et son investiture de la Porte Ottomane et l'approbation de la Russie. En exécution du traité de Paris et à la suite d'une enquête européenne, les puissances signataires conclurent, le 18 août 1858, une convention relative k l'organisation de la Moldavie et de la Valachie. Chacune des deux principautés, contrairement au vœu exprimé par les populations, devait avoir un prince séparé, une assemblée et une administration distinctes. Seulement, le germe d'une union future avait été déposé dans l'institution d'une commission centrale, à la fois valaque et moldave, chargée de procédur à l'unification législative. Or, il était arrivé que les deux principautés avaient élu le même prince. Le 6 septembre 1859, la conférence de Paris confirma cette double élection pour la vie seulement du colonel Couza. Enfin la Porte, devaut la manifestation constante des vœux du pays, consentit, le 4 uécembre 1861, à l'unification législative et administrative; la Valachie et la Moldavie formèrent les Principautés-Unies sous le gouvernement d'Alexandre -Jean 1er (colonel Couza). La session législative de 1865- 1S60 fut ouverte le 12 décembre 1865, L'animation des partis était extrême, mais rien n'annonçait extérieurement une crise prochaine. Une conspiration cependant se tramait dans l'ombre. Le sénat et l'assemblée venaient de voter de chaleureuses adresses de félieitation à l'élu'de 1859, lorsque, le 23 février 1866, surpris le matin par un mouvement militaire, le prince Couza signait son abdication et cédait la place à un gouvernement provisoire coinposé des notabilités de tous les partis. A midi, les deux Chambres étant réunies en séance commune, le président du conseil lut l'acte d'abdication signé la nuit précédente par le prince Couza. puis on procéda immédiatement k l'élection d'un nouveau prince. Le comte de Flandre, frère du roi des Belges, fut élu a. l'unanimité, mais il refusa. Les Roumains s'adressèrent alors au second fils du prince de Hohenzolleni, qui consentit aussitôt à se porter candidat. 11 fut décidé à Bukarest, sous l'action pressante du parti de la gauche, qu'en l'absence des Chambres l'élection serait demandée à uu plébiscite." Le vote dura du 14 au 20 avril; 635,969 voix contre 224 appelèrent le prince Charles de Hohenzollern a gouverner • avec droit d'hérédité» les Principautés- Unies. V. Roumanie,

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VALADA, VALADATA ou WALlDA, princesse musulmane, morte en 1091. Fille de Mohammed III al-Mostafi-Billah, oalife ommiade de Cordoue, elle fut célèbre de son temps par les charmes de son esprit, par sa beauté et par ses talents littéraires; mais, comme aucun des ouvrages qu'elle composa ne nous est parvenu, nous sommes obligés d'admettre sans discussion le témoignage île l'historien arabe Casiri, qui rapporte qu'elle avait souvent enlevé la palme de l'érudition et de l'éloquence aux savants de sou temps et qu'elle était membre de l'Académie de Cordoue.

VALADE a. f. (va-la-de). Argot. Poche.

VALADÉE s. f. (va-la-dé — du lat. vallum, provenç. valat, fossé). Agric. Fosse profonde, creusée entre deux rangs de vignes, pour être remplie d'engrais non encore décomposé.

VALAD1ER (Joseph), architecte italien, né a Rome en i762, mort en 1839, Ayant manifesté, dès son enfance, un goût très-vif pour l'architecture, il fit de sérieuses études et obtint la bienveillance de Pie VI, qui lui confia d'importants travaux. Pie VII lui continua sa faveur et. le nomma successivement nrchitecte du Vatican.de la Propagande, membre de la commission des antiquités, du conseil des arts, etc. On doit à cet architecte le dôme de Spolète, la piazza del Popolo à Rome, la restauration du dôme de Rimini,la réédirtcation de l'église métropolitaine d'Urbin, les façades de Saint-Pantaléon et de Saint- Julien, le baptistère de Sainte-Marie-Majeure, les palais Lucernatî et Poniatowski. Une Notice sur sa vie a été publiée par G. Servi (Bologne, 1840).

VALADON (Zacharie), missionnaire français, né à Auxonne vers 1680, mort en 1746. Il entra fort jeune dans l'ordre des franciscains et se consacra aux missions. Au retour d'un voyage qu'il avait fait, en 1717, aux établissements que son ordre possédait en Asie, il débarqua à Marseille, qui était alors ravagée par la peste et où il se signala par son courage et son dévouement, aux côtés de l'évêque Belzunce. Plus tard, il retourna en Orient et, pendant plusieurs années, parcourut la Syrie et la Palestine, s'efforçant de convertir les sauvages habitants des montagnes de ce3 contrées. Il fut, à plusieurs reprises, emprisonné et toiture, et dut enfin, par suite de l'épuisement de ses forces, revenir en France, où il ne flt que languir jusqu'à sa mcrt. Il a laij.se eu manuscrit une • relation de ses voyages en Orient.

VALADY (Godefroi-Izarn, marquis db), conventionnel français, mort sur 1 échnfaud • en 1793. Ii était, à l'époque de la Révolution, officier aux garde.s-françaises. Ayant embrassé les idées nouvelles avec une grande exaltation, il fut envoyé par le département de l'Aveyron à la Convention nationale, où il se prononça contre la mort de Louis XVI. Il siégeait avec les girondins et se distinguait parmi les plus déterminés de ce parti; aussi figura-t-il sur la liste des vingt-deux députés dont la commune et les Jacobins demandèrent la proscription. Décrété d'arrestation avec ses amis, le 31 mai 1793, il chercha un asile à périgueux, mais il y fut découvert le 13 décembre et envoyé le lendemain a l'échafaud.

VALAIS, en latin Vallis Pennina, en allemand Wallis, un des 22 cantons de la confédération helvétique, le 20e par son ordre d'admission, le 3e par son étendue et le lie pur sa population. Compris entre 45» 54'- 46«35' de latit. N. et entre 4°25'-6<)7' de longit. E., il est borné au N. par les cantons de Berne et de Vaud, k l'O. par la France, au S. et k l'E. par le royaume d'Italie et au N.-E. par les cantons du Tessin et d'Uri. Sa longueur est de 192 kilom. depuis le mont Furka, sur la limite du canton d'Uri, jusqu'au col du Balnie, sur la limite de la Savoie; sa largeur moyenne est évaluée à 80 kilom.; superficie, 6,247 kilom. carrés; 96,887 hab., dont 95,963 catholiques et 900 protestants. On parle plusieurs langues dans ce canton : le français, l'allemand et l'italien ; dans plusieurs districts, on parle un patois allemand, difficile k comprendre. Au point de vue administratif et politique, le canton du Valais est divisé en 13 petites démocraties, nommées dixains.

L'aspect de ce paya est très- varié et trèspittoresque. C'est une longue et étroite galerie, qui descend des sources du Rhône au lac de Genève, entre des montagnes immenses, dont les roches perpendiculaires sont la plupart couronnées de glaciers, tandis que leur base repose sur un sol marécageux. Les deux côtés s'ouvrent de nombreuses et belles vallées latérales, non moins profondes et souvent plus pittoresques. La grande vallée commence à la Furca et, du N.-O. au S.-O., s'abaisse sur Martigny et de là vers le lac de Genève. Cette longueur est de 144 kilom. sur 4 de largeur. Depuis Saint-Maurice jusqu'au lac, le Rhône forme la limite des cantons de Vaud et du Valais. Près de la même ville, les montagnes se rapprochent si fort que, pour fermer le pays tout entier, c'était assez d'une porte au bout du pont du Rhône, Il y a trois vallées latérales au N. et treize au S. Celles-ci sont les plus grandes et pénètrent souvent dans cette chaîne jusqu'à 32 et même 40 kilom. Les cimes s'élèvent de 2,598 à

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4,547 mètres dans les airs ; on voit beaucoup de glaciers suspendus, comme s'ils allaient s'ébouler sur la vallée. Le Valais est peutêtre le pays le plus étonnant de l'Europe ; il réunit tous les climats, tous les produits, depuis ceux de l'Islande jusqu'à ceux de la Sicile et de l'Afrique. La nature y est tantôt menaçante, horrible, sévère; tantôt bienfaisante, agréable et riante. Il est beaucoup d'endroits où l'on moissonne en mai, d'autres où les récoltes ne sont rentrées qu'en octobre. A côté de districts où ne peut croître un seul fruit, il y en a d'autres où les amandes, les figues, les grenades viennent en pleine terre. La vigne y prospère presque sans culture ; on la voit serpenter sur le sol, sans que l'on prenne soin de ses rameaux, et elle produit un vin qui approche de celui d'Espagne. Le muscat de Sierre est fort connu et fort recherché. Les chamois, les loups et même les ours sont assez nombreux ; le gibier abonde dans les forêts. Les montagnes recèlent de l'or, de l'argent, du cuivre, du fer et d'excellent charbon de terre. Le marbre est assez .commun. On trouve des eaux minérales, notamment à Glys etàLouèehe. La culture est assez négligée et l'on ne fait guère ce qu'il faudrait pour l'endiguement du Rhône et le dessèchement des marais. On ne voit de prairies et de vignobles que dans le voisinage des villes et villages. L'élève du bétail est la principale industrie des habitants; encore n'y mettent-ils ni l'activité ni l'intelligence nécessaires.

Ce pays fut habité anciennement par les Séduns, les Vésugres et les Nantuates, connus des Romains sous le nom général de Vallenses, parce qu'ils occupaient la vallée Peunine. Après avoir fait partie de la province des Alpes Pennines et Grecques, dans la Narbonnaise, il tomba au pouvoir des Bourguignons, puis des Francs. H fut compris, après Louis le Débonnaire, dans le royaume de Bourgogne Transjurane. En 1032, il passa à Conrad II, empereur d'Allemagne; les ducs de Savoie, les ducs de Zœhringen et les évèques de Sion dominèrent par la suite dans le bas Valais; mais le haut Valais maintint son indépendance et conquit même, en 1475, le premier de ces pays, qui lui a été soumis jusqu'ils révolution de-1798. Les Valaisans étaient le3 alliés et non les associés de la ligue suisse, commencée en 1308. En 1798, le Valais devint un des 18 cantons de ta république helvétique; en 1S02, il se sépara de la confédération et forma une république particulière, sous la protection de la France, Napoléon, en 1810, le joignit à l'empire français et en flt le déparvement du Simplon, qui devint en 1815 un canton de la confédération suisse. Le résultat de la victoire remportée par les ultramontains sur le parti de la jeune Suisse, en mai 1844, fut la constitution du U septembre 1844, qui augmenta la représentation du clergé dans le conseil cantonal, qui consacra formellement ses immunités, abandonna l'instruction publique nu cierge et interdit le culte protestant. Le Valais se rattacha plus tard au Sonderbund (v. ce mot). Après la dissolution du Sonderbund, le canton reçut une constitution nouvelle (1852), conçue dans un esprit libéral. Le pouvoir législatif est exercé par un grand conseil, composé de l'évêque de Sion, d'un autre membre du clergé et de 2 députés des dixains, nommés [jour deux ans. Le conseil nomme les députés à la diète fédérale et les plus hauts fonctionnaires. Un conseil d'Etat de 5 membres, élus par le grand conseil, exerce le pouvoir exécutif. L'autorité judiciaire suprême appartient à un tribunal d'appel, composé de il membres et de 7 suppléants.

VALAISIEN, IENNE s. et adj. (va-lè-zinin, i-è-ne). Géogr. Habitant du Valais; qui appartient à ce pays on à ses habitants : Les Valaisiens. La population valaisienne. p On dit aussi VU.U3AH, ake. -

— s. m. Nom vulgaire d'un papillon du genre argynne.

VALANCE s. f. (va-lan-se). Bot. Syn. de vaillantib. [1 On dit aussi valantie.

VALAiSClER (Etienne), écrivain protestant français, qui vivait au XVI» siècle. Il devint secrétaire du comte de Sault et publia quel-

?|ues ouvrages, notamment : Complainte de a France touchant les misères de son dernier temps (1568) ; Eglogue présentée au roi et à la royne pour estretines : ensemble une exhortation à Leurs Majestés, princes, etc., pour s'employer à la pacification des troubles et guerres civiles de leur royaume et établir une bonne et sainte paix (Pans, 1576, in-4°) ; Dialogue du corps et de l'esprit, fait par sonnets, traitant de l'adversité et des devoirs de l'homme (Paris, 1579); les Plaintes de la pensée (Paris, 1580), etc.

VALANÈDE s. f. (va-la- nè-de). Bot. V. vé-

LANEDK.

VALANT (Jean-Honoré), littérateur français, né k Perpignan en 1763, mort à , Paris vers 1830. Il était, dans cette dernière' ville, à la tête d'un pensionnat quand éclata la Révolution, dont il adopta les principes avec réserve. Il entra alors dans les ordres, qu'il se lit conférer par l'abbé Fauchet, évêque constitutionnel du Calvados. Toutefois, cette concession aux idées du temps ne le préserva point de la prison en 1793. Il déclara, pour échapper au sort qui le menaçait, qu'il n'a-

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vait point été prêtre et, sur ce désaveu, fut mis en liberté. Il reprit son ancienne profession et.ouvrit un pensionnat. Valant chanta la palinodie sous tous les régimes : il encensa tour à tour la République, l'Empire et les Bourbons, et on ne peut lui pardonner ses apostasies successives qu'en faveur de ses protestations réitérées contre la peine de mort. Ses principaux écrits sont : De la garantie sociale, considérée dans son opposition avec la peine de mort (1796, in-8°) ; Code moral (1799, in-12); le Cosmète ou l'Ami de l'instruction publique (1799, in-8<>); Nécessité d'abolir la peine de mort (1822, in-8°); Nouvel essai sur la peine de mort (1827, in-18).

VALAQUE s. et adj. ( va-la- ke). Géogr. Habitant de la Valachie ; qui appartient kce pays ou à ses habitants : Les VaI.aquus. Une Valaqbe. La langue valaquë. Le gouvernement VALAQOB.

— s, m. Linguist. Langue parlée par le3 habitants de la Valachie.

— Encycl. Linguist. V. Roumanie.

VALARESSO (Zacharie), poète italien, né à Venise dans les dernières années du xvue siècle, mort en 1769. Il est connu comme l'auteur d'une parodie intitulée : Il Hutzvanscad il giovane, arcisopratragichissima lragediadiCaUufpoPaiichiano{Vnn'ise,n24).

Dans cette pièce, étincelante de gaieté et do verve satirique, Valaresso parodie k la fois VUlisse il giovane de Lazzarini et la Mérope de Maifei, pièces qui, malgré la supériorité de la seconde sur la première, avaient le défaut commun de copier servilement les tragédies grecques.

VALA11SACE ou VAGHARSCHAG, roi d'Arménie, mort en 127 avant notre ère. II était frère de Mithridate 1er ou Arsace le Grand, roi des Parthes. Vers l'ou 150, il pénétra, à la tête d'une nombreuse armée, dans l'Arménie, dont les habitants, fatigués d'obéir à l'efféminé Artavazde, avaient prié Arsace de leur donner un roi. Artaxate, capitale de l'Arménie, ayant ouvert ses portes aux Parthes, Artavazde se tua lui-même, et Valarsace fut proclamé roi d'Arménie. Son règne, qui dura vingt-deux ans, fut pour l'Arménie une période de prospérité et de grandeur militaire. Il ajouta successivement à ses Etats la Petite- Arménie, la Cappadoce, le Pont et le pays des Lazes et força les sauvages habitants des gorges du Caucase à reconnaître ses lois; puis, après avoir assuré la tranquillité de ses frontières, en plaçant sur six points différents des armées permanentes, il s'occupa de la réorganisation intérieure de son royaume, rendit une foule de lois qui avaient pour objet de ga'rantir aux nobles, aux citadins et aux laboureurs leurs droits et leurs privilèges; fit rassembler tous les monuments historiques relatifs à l'Arménie et voulut qu'on les réunit en un corps d'histoire, qui ne nous est pas parvenu, mais d'après lequel Moïse de Khorène a écrit son Histoire d'Arménie. Valarsace fut le fondateur de la dynastie des Arsacides d'Arménie, qui se maintinrent sur le trône peitdant près de six siècles. Ce fut lui qui lit de Nisiba la capitule de ses Etats. Il eut pour successeur son fils Arsace.

VALART (Joseph), humaniste français, né à Fordel (Artois) en 1698, mort dans la même ville en 1781. 11 ht ses études au collège d'Amiens, embrassa ensuite l'état ecclésiastique dans cette ville et y ouvrit une école, que son incurie lit tomber. Après avoir occupé pendant quelque temps une place de précepteur, il vint à Paris et entra k l'Ecole militaire en qualité de professeur et de préfet des études, postes dont il se démit pour revenir se fixer dans son pays natal. Ses principaux ouvrages sont : Dictionnaire latin, approuvé par Rollin et d'Ollivet (Paris, 1735); Abrégé de la grammaire latine (Paris, 1738, in-8°) ; Prosodie (Paris, 1742, in-12); Grammaire française (1742, in-12); Géographie abrégée (1743, in-12); Examen de la latinité du Père Jouvency (1746, in-12), ouvrage qui donna lieu à une polémique littéraire des plus vives, dans laquelle Valart.eut successivement pour adversaires Fréron, Mercier de Saint-Léger, Desbillons et Quetlon ; Rudiments de la lanpue latine (1749, in -8»); Prosodie française (1749, in-12); Supplément à la grammaire générale de Beauzée (1769, in-8»). 11 avait, en outre, traduit en français V Imitation de Jésus-Christ (1759, in-12), Cornélius Nepos (1759, in-12), le Nouveau Testament (1760, in-24), etc., et avait édité plusieurs auteurs classiques, entre autres le Caton l'Ancien de Cicéron , les Œuvres d'Ovide et d'Horace , les Instiluliones rei militaris de Végèce , le De re medica de Celse, etc.

VALAT s. m. (va-la — mot provenç. formé du lat. vallum, fossé). Agric. Rigole servant à diriger les eaux d'orage pour éviter la formation des torrents.

VALAZÉ (Charles-Eléonor Du Friche de), homme politique français, né à Alençon en 1751, mort à Paris en 1793. Il embrassa d'abord la carrière militaire, puis, en 1774, il donna sa démission, étudia le droit, se fit recevoir avocat et s'occupa de seiences et d'économie politique. Lorsque éclata la Révolution, il se montra l'ardent partisan des idées nouvelles et fut envoyé par les électeurs de son département à la Convention en 1792. Il se lia avec les girondins et fut chargé de la

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rédaction du rapport sur les faits imputés a Louis Xyi, mission délicate, dont il s'acquitta avec impartialité. Valazè vota la mort du roi, mais avec sur3is. Il dit, dans cette occasion ; « Il y a longtemps que j'ai manifesté mon vœu le plus positif pour la suppression de la peine de mort; il ne faut pas la supprimer dans l'instant même où il s'agit de juger le plus grand coupable. ■ Avec ses collègues de la Gironde, il dénonça tantôt la commune, tantôt Marat. Dans cette lutte des girondins avec les montagnards, il déployait une fermeté inébranlable; on la voyait quelquefois dans l'Assemblée, le pistolet ou l'épée à la main, provoquant en duel ses adversaires. Le 31 mai 1793, a la tribune, il flt de suprêmes efforts pour conjurer l'insurrection, qui grondait jusque dans l'enceinte législative ; mais sa résistance fut vaine. Proscrit avec ses amis par les jacobins triomphants, il se laissa conduire en prison, traduire devant le tribunal révolutionnaire et condamner & mort; puis il se frappa mortellement d'un coup de stylet, après avoir entendu sa sentence. Deux ans après, une pension nationale fut accordée à sa veuve et à ses enfants. On doit à Valazé, entre autres écrits : les Lois pénales dans leur ordre naturel (Paris, 1784, in-8°), dédié au comte de Provence; A mon fils, ouvrage sur l'éducation (Alençon, 1785, ia-f); Dêfense de C.-E. Du, Friche-Valazé, d'après son manuscrit trouvé dans la fente du mur de son cachot (Paris, 1795, in-8°), publié par Ponière, collègue de Valazé à la Convention.

VALAZÉ (Eléonor-Bernard-Anne-Christophe-Zoa du Friche, baron db), général français, fils du précédent, né à Essai (Orne) en 1780, mort à Nice en 1838. Il étudia d'abord la sculpture, occupa ensuite l'emploi de copiste dans les bureaux de la Convention, puis entra successivement à l'Ecole polytechnique et à l'Ecole de Metz, d'où il sortit en 1801 avec le grade de lieutenant en premier. Il fit les campagnes de Hanovre, fut blessé à Austerlitz (1805), où il gagna le grade de chef de bataillon , commanda le génie du 7" corps dans les campagnes de 1800-1807, passa en Espagne en 1808 et prit une grande part au long siège de Saragosse (1809). Grièvement blessé à Astorga et à Ciûdad-Rodrigo, il fut nommé colonel (1810), se distingua, à l'armée de Portugal (1811-1812), combattit en 1813 k Lulzen et à Bautzen, commanda une division à Waterloo et, après la chute de l'Empire, devint inspecteur du génie en 1816. De 1818 à 1828, il siégea au comité des fortifications et, en 1829, nt partie de la commission chargée de se prononcer sur l'attaque d'Alger. Dans l'expédition d'Afrique en 1830, le général Valazé fut mis à la tète du g.'iiie et contribua beaucoup à la prise d'Alger. A son retour en France, nommé lieutenant général le 13 décembre 1830, il fut chargé des travaux da défense de la capitale jusqu'à la fin de 1832, époque k laquelle il donna sa démission. De 1834 à 1833, il siégea à la Chambre des députés. Le général Valazé a fourni à l'Encyclopédie moderne, de Courtin, et surtout au Spectateur militaire, d'excellents articles sur les fortifications et la défense des places.

VALBELLE (Jean-Baptiste dk), marin français, né à Marseille en 1627, mort en 1681. Son père, Côme de Vaibelle, s'était distingué dans les guerres de la Ligue. Destiné k l'ordre de Malle, il entra dans la manne, fit sa première campagne à l'âgevde neuf ans et se distingua notamment dans un combat que livra le duc de Brézé en vue de Barcelone. Il sauta le premier, la hache à la main, dans un des vaisseaux qui furent capturés. Pour le récompenser de cette action d'éclat, on lui donna un petit bâtiment, qu'il fit appeler le Persée. Pour son début dans la commandement, il aborda et prit un vaisseau espagnol. Au siège de Candie, où était un bataillon de l'ordre de Malte, il fit un pacha prisonnier et le tua, pour ne point le laisser échapper. A la descente que le duc de Guise fit'k Oastellaroare en 1654, Vaibelle décida du succès de l'entreprise. Le duc de Guise, plein de confiance en lui, le détacha vers les côtes de Provence pour y aller chercher des vivres. En route, il attaqua trois navires marocains, dont il s'empara. Au retour de l'expédition de Castellamare, un trait d'audace et de sang-froid rendit son nom célèbre dans toute l'Europe. Son vaisseau avait été séparé de la Hotte pendant une tempête. Un bâtiment anglais, que le mauvais état du Persée enhardissait, malgré la paix qui régnait entre les deux nations, exigea le salut, comme un droit acquis. Vaibelle refusa net, et, voyant que l'Anglais se mettait eu devoir d'obtenir sa soumission par la force, il arriva droit sur l'enneni, la surprit par un impétueux abordage et, agrès un affreux carnage, se rendit maître du vaisseau anglais. La France et l'Angleterre étaient alors en pleine paix. Cet incident vint raviver leur querelle séculaire, et, bien que le vaisseau eût été rendu au gouvernement britannique, les marins de cette nation jurèrent de venger cet affront. Tous les capitaines se mirent à la recherche du Persée. Une division de quatre gros vaisseaux, sous les ordres de Bank, 1 atteignit, le 23 février 1655, près des lies Baléares, et lui demanda impérieusement le salut. Valbelle répondit à coups de canon. Son vaisseau, criblé k son tour de coups de canon,

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alla s'échouer sur le sable, près de Majorque. Valbclle y attendit l'assaut des ennemis et leur tint tête avec tant d'énergie qu'il les contraignit ksolliciter une trêve, aux termes de laquelle les vaisseaux anglais durent se retirer et laisser au Persée la faculté de se radouber. Le lendemain, les Anglais, violant l'engagement pris, ouvrirent le feu. Valbelie se détendit encore pendant trois jours, en faisant un feu continuel. Enfin, voyant que l'eau avait envahi son navire de tous côtés, il fit demander au vice-roi de Majorque la permission de descendre dans l'île. Sa demande accueillie, il mit le feu à son navire. On lui fournit une barque armée, sur laquelle il rentra à Toulon. Louis XIV donna à Valbelle le grade de chef d'escadre et le charfea de plusieurs expéditions, qu'il mena à s: onne fin, que le monarque lui promit pour étrennes du 1" janvier 1683 la patente de lieutenant général de ses armées; il eut, en attendant, le commandement de la, marine h Toulon. Le pape Innocent XI !e fit venir a Rome pour lui offrir le généralat de ses galères, qu'il refusa. A son retour de Rome, il traita avec le gouvernement de Tunis, et les corsaires de ce pays s'engagèrent à n'attaquer désormais leurs ennemis qu'à une distance de 16 kilom. du port de Toulon. — Un ancêtre du précédent, Honoré de Valbeli.b, a laissé de curieux mémoires sur les guerres de François Ier, et un membre de la même famille, Antoine de Valbelle^ composé des mémoires sur les troubles de Marseille.

VALBENOITE, bourg de France (Loire), cotnm, et à s kilom. S.-E. de Saint-Etienne, dont il est regardé comme un faubourg, sur le Furens; 6,040 hab. Teintureries, forges, aciéries, briqueterie, tuilerie. Une riche abbaye de Clteaux y fut fondée au xn* siècle.

VALBERT (SAINT-), village et commune de France (Haute-Saône), cant. et à s 'kilom. de Luxeuil, arrond. de Lure; 500 hab. Saint- Valbert doit son origine et son nom à un seigneur de la. cour de Dagobert, qui vint se retirer dans la localité et y fonda un ermitage. Six religieux de l'abbaye de Luxeuil, à la mort de saint Eustaise, vinrent chercher saint Valbert dans sa retraite et en firent leur abbé. L'ermitage de Saint-Valbert existe encore ; il appartient aujourd'hui au petit séminaire de Luxeuil. Il se compose d'un petit bâtiment d'habitation, d'une chapelle et d'une grotte souterraine.

VALBONNAIS, bourg de France (Isère), ch.-l. de cant., arrond. et à 52 kilom. S.-E. de Grenoble, au pied de la montagne de la Cavale; pop.'aggl., 517 hab. — pop. tôt., 1,290 hab. Fabrique de plâtre. Château bâti en 1608.

VALBONNAIS ou VALBONNAYS (Jean- Pierre Morbt DE Bourcbeno, marquis de), magistrat et historien français, V. Bour-

CHBND.

VALBONNE, hameau de France (Gard), comm. de Saint- André-de-Majencou!s, cant. de Valleraugue, arrond. et à 18 kilom. du Vigan ; 90 hab. Couvent de chartreux. La chartreuse de Valbonne, fondée au xin« siècle, dépouillée sous la Restauration de toutes ses richesses, fut de nouveau occupée par les chartreux en 1836. « Son mur d'enceinte, flanqué/ de tourelles, dit Joanne, ses vastes bâtiments, séparés par des cours et par des jardins, ses nombreux clochetons aux flèches élancées, les petites cheminées des cellules, lui donnent de loin l'aspect d'une ville. > De l'ancien édifice il ne reste qu'un cloître gothique. L'intérieur de l'église renferme une belle statue de la Vierge et un grand autel en marbre blanc, artistement ciselé.

VALBOB , héroïne des légendes Scandinaves. Valbor est fiancée au jeune Axel; mais ils sont parents, et l'Eglise défend le mariage. Axel se met en route pour aller chercher une dispense à Rome. Au bout de cinq années, il revient muni des lettres pontificales. La joie des deux amants est de courte durée. Pendant qu'ils se jurent dans l'église une constance éternelle, l'anneau qu'Axel voulait mettre au doigt de Valbor roule duns le tombeau de leur aïeul, Harald. C'est un triste présage ; en eifet, leur bonheur est compromis. Le roi de Norvège, épris de Valbor, veut partager son trône avec elle. <Jo n'est pas. un tyran, mais il est éperdument amoureux, et il a pour serviteur le noir Knut, génie malfaisant, qui sait trouver dans la dispense pontificale un oubli important. L'obstacle de parenté est levé par le pape ; mais il en reste un nutre. Axel et Valbor ont été tenus ensemble sur les fonts baptismaux; dès lors leur mariage est impossible. Les deux fiancés arrivent dans l'église précédés d'un nombreux cortège, au milieu des flambeaux, des fleurs, des chants sacrés; mais l'évêque les arrête et leur apprend le nouveau malheur qui les frappe"? Une cruelle cérémonie remplace celle qui devait avoir lieu. Chacun des deux fiancés prend un côté d'une pièce de drap, que le moine Knut vient trancher avec un glaive, comme pour indiquer la séparation éternelle des deux destinées. Les deux amants retrouvent un instant l'espérance et méditent de fuir pour cacher quelque part leur bonheur. Mais, au moment où ils vont partir, on entend le son de la trompette. C'est l'ennemi qui approche. Axel déclare qu'il ne peut plus s'en aller ; il doit défendre sa patrie et son roi, bien que celui-ci

tALC .

soit son rival. Le combat s'engage , et le jeune guerrier, après des prodiges de valeur, est mortellement frappé. La doulaur de Valbor, comme celle d'Ophélie dan3 ffamlet, se traduit par une sorte de mélancolique rêverie et de tendre égarement. Elle contemple longtemps le corps inanimé d'Axel et pria un des compagnons d'armes de son fiancé de lui chanter la vieille romance d'Age et d'Ilsa et de ne s'arrêter qu'au moment où Usa rejoint son ami dans la mort. Mais, quand le pauvre Wilhelm en est venu à ce triste passage de la ballade, il s'arrête, il lève les yeux et voit Valbor morte, la tête penchée sur la main d'Axel. Le poète danois CEhlenschlaeger a tiré de cette légende un de ses plus beaux drames, Axel et Valbor.

VALCABRÈRB, en latin Vallis Capraris, village et commune de Fiance (Haute-Garonne), cant. de Saint-Bertrand, arrond. et à 16 kilom. S. -O. de Saint-Gaudens; 300 hab. Près du village, on voit la remarquable église de Saint-Just, classée au nombre des monuments historiques; elle a été construite avec des ruines de constructions romaines sur remplacement d'un temple de Minerve; elle renferme de véritables richesses architecturales qui méritent d'être plus connues. On a trouve à Valcabrère plusieurs autels votifs, des inscriptions, des bas-reliefs et l'image d'une chèvre; le tout a été transporté au musée de Toulouse.

VALCARCEL (Joseph-Antoine), agronome espagnol, né à Valence vers 1720, mort vers la fin du xvuio siècle. Son principal ouvrage, qui est intitulé : Agriculture générale et adminiêtration de la maison des champs (Valence, 1765-1786, 7 vol. in-4°), serait un cours dés plus complets d'économie rurale, si l'auteur n'avait été empêché par la mort d'y ajouter ce qui est relatif à la vigne, aux oliviers et aux jardins. En revanche, toutes les autres branches de l'agriculture, l'éducation des animaux domestiques, l'apiculture, la sériciculture, etc., y sont traitées avec les plus grands détails et initient le lecteur aux découvertes les plus récentes de l'époque, Valcarcel dut, pour composer son livre, avoir recours aux ouvrages étrangers, et l'un de ceux dont il s'est le plus servi, d'après son propre aveu, est le Gentilhomme cultivateur, que Dupuy-Demportes avait traduit de l'anglais. On a encore de Valcarcel : Instruction sur la culture du ris (Valence, 1768) et Instruction sur la culture du lin et sursapréparation pour le filer (Valence, 1781).

VALCARENGH1 (Paul), médecin italien, né à Crémone, mort en 1780. Il fut associé aux collèges de Modène.de Crémone, de Ferrare, de B rescia, et de Venise, premier professeur de médecine à l'université de Pavie, ainsi qu'à l'école palatine de Milan, et membre de plusieurs Académies. Parmi ses écrits, nous citerons : Medicina rationalit ( Crémone , 1737, in-4°); De aorts anevrysmate observationes II (Crémone, 1741, in-8°); Commentaria in Ebn-Bitar traclatum de malis limoniis (1758, in-4°) ; De prxcipuis febribus specimeu practicum (1761, in-4'0).

VALCARÈS(étangde).étangsalédeI''rance, formé par la Méditerranée sur les côtes du département des Bouches-du-Rhône , dans le 'delta de la Camargue, entre le grand Rhône et le petit Rhône. Sa surface est de 21,000 hectares , en y comprenant les marais de la Grand-Mar , qui semblent le continuer au nord; il est séparé de la mer par des dunes de 1 mètre de hauteur, coupées de petits chenaux, par lesquels ta haute mer communique avec l'étang.

VALCKENAER. V. Walckenakr.

VALCOUR (Philippe- A ristidc-Louis-Pierre Plancher, connu sous le nom de), auteur dramatique et acteur français, né à Caen vers 1751, mort à Belle'vilie, faubourg de Paris, en 1815, Il se fit recevoir avocat, mais renonça bientôt au barreau pour tes lettres et commença à se faire connaître par un volume anonyme de contes grivois et de nouvelles en vers, qu'il appela le Petit neveu de Boccace (Paris, 1777, in-8°; 1787, 2 vol. in-S"). Quelque temps après, sous le nom de Vnlcour, il se fit comédien, courut pendant quelques années la province et enfin fonda à Paris, vers 1785, le petit théâtre des Délassements-Comiques, sur le boulevard du Temple. Ce théâtre, alimenté par des farces, des bouffonneries amusantes", des parades, eut une grande vogue. Détruit par un incendie en 1787, il fut rebâti; mais sa prospérité toujours croissante excita la jalousie des grands théâtres, et l'on condamna les Délassements à ne jouer désormais que des pantomimes à trois personnages seulement et séparés du publie par un rideau de gaze. Heureusement pour Valcour que la Révolution vint mettre lin à cette prohibition aussi ridicule que tyrannique ; il put dès lors en revenir h son répertoire désopilant et relever la fortune des Délassements, un moment compromise.

Après avoir été directeur ou régisseur de plusieurs théâtres, Plancher devint juge de paix sous le Directoire. En 1801, il reprit son cher métier d'acteur et entra à l'Odéon. Enfin, sous la Restauration, il se retira. Cet acteur auteur, qui avait de grandes qualités, a produit un grand nombre de vaudevilles et de mélodrames, mais tous n'ont pas été livrés à l'impression. Voici le titre de quelques-unes de ses productions les plus réussies :1a Repu-

VALD

blique, la Fête de la vieillesse, poèmes (1799) ; le Consistoire ou ['Esprit de l Eglise, poème héroï-comique ( 1799, in-S<>); Marguerite et Rodolphe (1815, 5 vol.); Edouard et Elfride (1816, 3 vol.); Odette de Champdivers (1816, 4 vol.) ; ces trois ouvrages sont des romans historiques; Colin- Maillard ou Aies caravanes (1816, 4 vol.), mémoires historiques de la fin du xvui* siècle. Plaucher-Valeouradonné, de, concert avec l'avocat Roussel, un choix de causes célèbres intitulé ; Annales du crime et de l'innocence (Paris, 1813, 20 vol. in-12).

VALDAGNO, ville du royaume d'Italie, province de Vicence, cb.-l. d'arrond., à 32 kilom. N.-O. de Vicence, sur l'Agno; 5,636 hab. Forges, fabriques de draps ; aux environs, eaux minérales.

VALD AÏ, ville de la Russie d'Europe, dans le gouvernement et à 13 kilom. S.-E. de Novgorod, ch.-l. de district, sur le petit lac de son nom; 3,800 hab. Fonderie de cloches; commerce de bestiaux ; tannerie, fabrication de savon, poterie, horloges.

VALDAÏ (plateau de), montagnes peu élevées de la Russie d'Europe,. dans le gouvernement de Novgorod. Le plateau de Valdaï s'étend du N.-E. au S.-O. sur une longueur de 450 kilotn., se compose de collines boisées, dont le point culminant, le Papova-Gora, n'a que 285 mètres d'altitude, et n'est remarquable qu'en ce qu'il forme le partage d'eaux entre le bassin de la mer Noire et celui de la Baltique. Le sol de ce plateau consiste prinpalement en argile et en pierre à chaux ; on y trouve de l'alun, de la houille, du fer, du cuivre et du vitriol. Plusieurs rivières de la Russie y prennent leur source; les plus importantes sont : le Volga, le Don, le Dnieper, la Duna et la Dvina.

VALDEGAMAS (Juan-Francisco-Maria db La Salud-Donoso-Cortks , marquis de), homme politique espagnol. V. Donoso-Cor-

TÈS.

VALDEMAR, nom de plusieurs rois de Danemark. V. Waldkmar.

VALDEMAR (Marguerite de), dite la Séml-

rnmi» du Nord. V. MARGUERITE.

VALDEMORO, bourg d'Espagne, province et à 25 kilom. S. de Madrid, sur le chemin de fer de cette ville à Alicante; 2,500 hab. Fabrication de, savon et filature de soie.

VALDER1ÈS, bourg de France (Tarn), ch.-l. de cant., arrond. et à 15 kilom. N.-E. d'Albi; pop. aggl., 231 hab. — pop. tôt., 1,128 hab. Mine de houille; aux environs, dolmen formé de trois pierres schisteuses.

VALDEBBOBRES , bourg d'Espagne, province de Teruel , k 24 kilom. S.-E. d'Alcaniz, près de la rive droite de la Materrana, ch.-l. de juridiction civile; 2,700 hab.

VALDÈS ou VALDESSO (Jeun), théologien espagnol, mort en 1540. H fut employé à différentes missions importantes par l'empereur Charles-Quint et se retira dans la suite à Naples, où il mourut dans un âge fortavancé. Il apporta d'Allemagne en Italie les ouvrages de Mélauchthon et d'autres réformateurs et adopta plusieurs opinions condamnées par l'Eglise catholique romaine et auxquelles il convertit quelques-uns de ses amis. Cependant ni lui ni ses disciples ne furent inquiétés pour ce motif. Ce ne fut qu'en 1542 que les gouvernements italiens, celui de Naples en particulier, prirent l'alarme, et les amis de Valdès furent alors obligés de s'enfuir ou de se rétracter. Les sociniens l'ont réclamé pour l'un des leurs; mais, d'après les quelques ouvrages qu'on lui attribue et qui parurent après sa mort, il est fort difficile de se faire une idée précise de ses opinions. Celui qui fut publié à Bàle en 1550, sous ce titre : Cent dix commentaires du sieur Jean Valdesso, dans lesquels il est raisonné des choses les plus utiles, tes plus nécessaires et tes plus parfaites de la confession chrétienne, consiste en commentaires sur les Evangiles de saint Matthieu et de saint Jean, sur 1 epître aux Komuios et sur l'épUre aux Corinthiens, Bayle lui attribue deux dialogues imprimés à Venise en italien, sans date ni nom d'auteur, et qui, à en juger par leurs titres, ont plutôt trait à l'histoire qu'à la controverse. L'original espagnol de ces deux dialogues a été publié à Londres en 1850.

VALDÈS (don Antonio), homme d'Etat espagnol, né dans les Asluries vers 1735, mort peu après 1810. Il entra de bonne heure dans l'ordre de Malte et servit plus tard dans la marine espagnole, où il avait le grade de chef d'escadre lorsque le roi d'Espagne, Charles III, l'appela, en 1781, au ministère de la manne. Une foule d'améliorations et de réformes signalèrent son administration, qui dura près de quatorze ans. En moins de six ans, il eut doublé le matériel de la marine militaire. Il fit, en outre, adopter un nouveau pavillon, encore en usage aujourd'hui, établit dans le port de Cadix des bassins pour la construction des navires, provoqua l'envoi de quatre expéditions maritimes, dont deux au détroit de Magellan et une autre sur les côtes de l'Amérique russe, etc. Ce fut également sous son ministère qu'eurent lieu les belles défenses d'Oran et de C'euta contre les Algériens et les Marocains, mais qu'échouèrent aussi l'expédition des fameuses batteries flottantes contre Gibraltar et celles qui furent dirigées contre Alger en 1783 et

VALD

en 1784. En 1787, Charles III réunit au ministère de la marine une partie des attributions de celui des Indes, qui venait d'être supprimé; mais elles en furent séparées de nouveau en avril 1790 , sous le règne de Charles IV. En 1795, Valdès, qui, dans l'intervalle, avait été nommé capitaine général des armées navales, résigna son portefeuille. Il conserva, cependant, le titre honoraire de ministre, mais ne prit aucune part aux affaires jusqu'en 1S08. Nommé, à cette époque, membre de la junte de Séville, qui se substitua au roi d'Espagne, alors retenu prisonnier à Bayonne, il dut, en 1810, s'enfuir k Cadix et, de là, se retira dans l'Ile de Léon, où il mourut bientôt après.

VALDÈS Y FLORÈS (Gayetano) , homme d'Etat et marin espagnol, neveu du précédent, né à Séville en 1767, mort en 1835. Entré dans la marine en 1781, il prit part avec distinction à la plupart des batailles qu'elle livra pendant les vingt-cinq années suivantes, notamment à celle de Trafalgar, où il sauva deix bâtiments de l'escadre des alliés et reçut dix-sept blessures. Pendant la guerre de l'indépendance espagnole, il se déclara contre les oppresseurs de son pays et fut nommé par la junte révolutionnaire commandant de la place de Cadix. Cependant, en 1814, loin d'obtenir de Ferdinand Vil la récompense qu'eût méritée son dévouement à la cause nationale, ii fut relégué par ce prince au château d'Alicaute. où il demeura détenu jusqu'en 1820. Rappelé alors au gouvernement de Cadix, il reçut, en septembre de la même année, le portefeuille de lu guerre, qu'il conserva jusqu en mars de l'année suivante. Elu aux cortès en 1823, il fut, la même année, le chef de la députation des membres de cette assemblée qui allèrent demander a Ferdinand VII de quitter Séville, à cause de l'approche des Français, et de se rendre à Cadix avec les cortès. Sur le refus du roi, on forma un conseil de régence qui fut chargé du pouvoir exécutif et dont la présidence fut donnée à Valdès. Cependant, le roi ayant été enfin forcé de se rendre à Cadix avec les cortès, ce conseil résigna ses pouvoirs, et Valdès fut alors appelé au commandement civil, militaire et maritime du gouvernement de Cadix.

Cette ville ayant été obligée de capituler le l«c octobre 1823, Valdès, contre lequel Ferdinand avait lancé, le jour même, un ordre d'arrestation, se réfugia à bord de l'escadre française, puis en Angleterre, où vint le trouver, en 1826, la nouvelle de l'arrêt de la cour royale de Séville qui le condamnait à mort. ■ A la suite des décrets d'amnistie rendus par la reine Christine en 1833 et 1834, il put rentrer dans sa patrie, et, en janvier 1835, fut nommé capitaine général de l'armée espagnole; mais il mourut le 6 février suivant. — Un de ses cousins, Raphaël Valdès, servit comme maréchal de camp dans le corps de troupes espagnoles qui, de concert avec les Anglais, occupa Toulon en 1793; promu ensuite lieutenant général, il prit part aux campagnes de l'armée de Catalogne en 1794 et 1795.

VALDÉSIE s. f. (val-dé-zt — de Valdès, savant espagn.). Bot. Syn. de blakéa, genre de niélastomacees.

VALDlB s. f. (val-dî). Bot. Syn. de volkamkrik, genre de verbénacées.

VALDIERI, bourg du royaume d'Italie, province et district de Coni, ch.-l. de mandement; 2,585 hab.

VALD1SME s. m. (val-di-sme — de Valdo, nom du fondateur). Hist. relig. Système religieux des vaudois.

VALD1V1A, ville maritime du Chili (Amérique du Sud), ch.-l. de lu province de son nom, qui s'étend, dans I'Araucanie, entre le 39e et le 41e degré de latitude australe, à 570 kilom. E. de Santiago, k 355 kilom. S. de la Conception, par 39" 53' de huit S., 75055' de longit. O. ; 4,000 hab. Scieries, pressoirs à huile, brasseries, distilleries, fabrication de cidre alimentée par les pommiers sauvages des forêts voisines. Port de commerce, chantiers de construction, exportation de bois, de fromage, de bière, de cidre. Le port, un des plus beaux de l'Amérique du Sud, forme un bassin spacieux, abrite du côté de terre par une forêt épaisse qui couvre tout le voisinage; son entrée, qui a 1 kilomètre de largeur, est défendue par deux forts qui croisent, leurs feux. Sept autres forts sont disposés autour du port. La ville de Valdivia, fondée en 1551 par le conquérant du Chili, Pectro Valdivia, qui lui a donné son nom, esc avantageusement située au bord d'une rivière, navigable dans une grande partie de son étendue. Ses premiers habitants furent des chercheurs d'or, qui exploitaient avec succès les pépites qui se trouvent sur son territoire. Peu après sa fondation, cette ville fut prise et brûlée par les indigènes. Lorsque les Espagnols la repeuplèrent, ils en firent une place forte qui fut à l'abri des attaques des Araucans.

VALDIVIA (province db), [a plus méridionale de la république chilienne. Elle ne compte pas plus de 35,000 hab-, malgré les efforts faits par l'intelligente république pour attirer sur ce territoire les colons européens. Cette province est couverte presque entièrement de forêts séculaires, où abon-

VALE

dent les bois de construction de diverses essences; l'exploitation des bois y est l'industrie principale, et elle donnerait d'aboudiuils et riches produits, si elle ne souffrait'de l'absence de bonnes voies de communication.

VALDIV1A, rivière du Chili. Elle sort du versant occidental des Andes, dans l'Araucanie, coule à l'O. et se jelte dans le Pacifique, à la ville de son nom, après un cours de 250 kilom., en grande partie navigable.

VALU I VIA (Pedro db), capitaine espagnol, conquérant du Chili, né vers 1510, mort au Chili en 1560. Après avoir étudié l'art de la

f uerre en Italie, il accompagna Pizarre au érou (1532), devint son mestre de camp et contribua à la défuite d'Almagro (1538). Nommé gouverneur du Chili, dont la conquête était à peine commencée, il soumit le pays, fonda Santiago et ouvrit les mines de Quilotta. Rappelé uu Pérou, il se montra disposé à soutenir la rébellion de Gonzalo Pizarre, mais il se soumit au président La Gasca, envoyé par Charles-Quint pour ramener les conquérants à l'obéissance. Valdivia contribua au triomphe des royalistes {1548) et fut nommé capitaine général du Chili, qu'il fallut reconquérir sur les naturels. Il fonda la Conception, Villa-Imperiale, Villa-Eica et tin.it par être massacré dans un combat contre la tribu belliqueuse des Araucans.

«VALDIV1ELSO (Joseph de), poète dramatique espagnol, qui vivait dans la seconde moitié du xvie siècle et dans la première moitié du xv»e. ]| était très-lié avec Lope de Vega et Cervantes, était entré dans les ordres et avait été attaché a la cathédrale de Tolède. Valdivielso composa des espèces de mystères appelés Autos sacramentelles. Parmi les douze pièces de lui qui ont été réunies et publiées en 1622, nous citerons particulièrement l'Ange gardien, la .Naissance de ta Vierge, Y Enfant prodigue, l'Arbre de vie et Psyché et l'Amour. Ce sont des œuvres bizarres, mais qui ne sont pas sans intérêt au point de vue de l'histoire littéraire.

VALDO (Pierre db Vaux ou), chef de la secte des vaudois, né à Vaux, près de Lyon. Il vivait au xuc siècle, s'établit dans cette ville et acquit dans le commerce une fortune considérable. Consterné par la mort d'un de ses amis, il résolut de vouer à la pénitence le reste de sa vie, vendit ses biens et en distribua le produit aux pauvres. L'abondance de ses aumônes attira autour de lui un grand nombre d'indigents; touché de leur ignorance autant que de leur misère, il fit traduire en langue vulgaire quelques livres de la Bible, qu'il se chargea de leur expliquer, leur inspira le mépris du monde et des richesses, le désir d'imiter la vie des apôtres, et eu arriva peu à peu à reconnaître a tout chrétien le droit d'annoncer la parole de Dieu et même d'administrer les sacrements. Cette doctrine des pauvres de Lyon, condamnée par le concile de Latran (1179), l'a été depuis un grand nombre de fois. Chassé de Lyon, Valdo se retira dans les montagnes du Dauphiné, d'où ses disciple^ se répandirent en Piémont et dans d'autres contrées de l'Europe (v. vaudois). On ignore l'époque de sa mort.

VALDOBIADIÏNE, ville du royaume d'Italie, province et à 45 kilom. N.-O. de ï'réviae, ch.-l. de district et de mandement, sur un petit affluent de la.Piave ; 4,400 hab. Récolte et filature de soie.

VALDOBY (Guillaume), ofiieier et littérateur français, mort en 1620. Il n'est connu que par sou ouvrage intitulé Discours du siège et désassiégement de la ville de Rouen en 1591 (Rouen, 1592, in-8«), monument historique fort curieux a consulter sur le siège de cette place par Henri IV.

VALDORY (Claude), prélat et théologien français, parent du précédent, né à Rouen en 1601. On ignore l'époque de sa mort. Membre de la compagnie de Jésus, il fut envoyé en mission et prêcha pendunt près de quarante ans. Ou connaît de lui, entre antres écrits ascétiques : Réponse au ministre Trintet (1657, in-40); Traité de la servitude à la croix (1660, in-S«); Traité de la sainte mort du chrétien (Paris, 1672, in-12). — Un membre de la même famille, Valdory, qui vivait au commencement du xvmu siècle, «publié: Anecdotes du ministère du cardinal de Richelieu et du règne de Louis Xlll, tirées du Mercurio di Siri (Amsterdam [Rouen], 1717, * vol. in-12).

VALDRAGUE (EN) loc. adv.(val-dra-ghe).

Mar. En désordre, en confusion : Tout est en valdrague sur le pont.

VALDUGGIA, bourg du royaume d'Italie, province de Novare, district de Valsesia, mandement de Borgosesia; 3,000 hab.

VALÉE (Sylvain-Charles, comte), maréchal de France, né à Brienne-le-CJiâteau (Aube) en 1773, mort à Paris en 1846. Admis h l'âge de huit ans à l'école de Brieuue, il passa en 1792 â l'école de Chàlons avec le grade de sous-lieutenant, et à sa sortie, qui eut lieu l'année suivante, il contribua à la reprise de nos places du Nord. Valée donna des preuves d'habileté et de valeur aux batailles de Neuvied et de Wurtzbourg (1795) et mérita,

ëar son sang-froid, les éloges de Moreau à ohenlinden (1800). Lieutenant-colonel en

VALE

1804, colonel du 1er d'artillerie le 12 janvier 1807, pendant la campagne de Prusse, il passa en Espagne #n 1809, se distingua par ses hautes capacités aux sièges rie Lérida, de Mequinenza, de Tarragone, de Tortose et de Valence, et fut élevé, dans l'espace d'un an, aux grades de général de brigade et de général de division (22 août 1810, 6 août 1811). Rentré d'Espagne en 1814, il fut nommé comte par Napoléon ior, puis, par Louis XV! II, inspecteur général d'artillerie. Pendant les Cent-Jours, Napoléon lui confia le commandement de l'artillerie du 5f corps et le chargea de l'armement de la place de Paris. Il se rallia au roi à la deuxième Restauration et reprit ses fonctions d'inspecteur général. En 1816, il était président du conseil de guerre qui condamna à mort le général Letèvre-Desnouettes. On lui reprocha d'avoir éliminé, dans le comité central de son arme, une foule de bons officiers, pour cause de bonapartisme. Charles X le créa pair en 1830. Après la révolution de Juillet, il se retira dans "ses propriétés du département du Loiret, mais il reprit son siège à la Chambre des pairs en 1835, fut remis en aciiviiéen 1837, partit pour l'Afrique, gagna son bâton de maréchal devant Constantine, où il remplaça le général Damrémont, tué devant cette place, et devint gouverneur général de l'Algérie. Par ses soins, Stora, Milah, Sôlif, Koléah et Blidah furent définitivement occupés. Son dernier fait d'armes est lej>as~ sage des Portes de fer, qui nous assura la possession de Médéah (1840). Il céda, la même année, le commandement au maréchal Bugeaud et revint en France, où l'attendait le titre de président de la commission pour l'armement de Paris.

VALENÇA, ville forte du Portugal, province de Minho, près de la rivière de ce nom, à 57 kilom. N. de Braga; 2,100 hab. Cette ville est une place frontière du Portugal; outre les remparts dont elle est environnée, elle est défendue par plusieurs ouvrages construits sur une hauteur voisine. Jadis titre de marquisat.

VALBNÇAY, bourg de France (Indre), ch.-l. de caut., arrond. et à 41 kilom. N.-O. de Châteauroux, sur le Nahon ; pop. aggl., 1,955 hab. — pop. tôt., 3,653 hab. Filature, fabrication de draps et de bonneterie, élève de chevaux. Ou y voit un magnifique château construit dans le style de la Renaissance et qui mérite une description détaillée. Le château de Valençay fut bâti par la famille d'Etampes sur les dessins de Philibert Delorme, sous François 1er, à la même place, mais sur une autre plan que l'ancien manoir de la famille de Chàlons, jadis propriétaire de la seigneurie de Valençay, manoir dont les souterrains s'étendent encore sous la cour intérieure du château actuel. Véritable bijou d'architecture, le château de Valençay se distingue tout d'abord par la délicatesse infinie et lu variété innombrable des détails de sculpture dont toutes les parties de cet édifice sont décorées. Mais cette délicatesse et cette variété de détails n'enlèvent rien à li noblesse, au caractère grandiose que donnent à l'habitation sa vaste étendue, déployée en equerroj et tout l'ensemble qui la compose, la belle forêt de Gatines qu'on traverse avant d'y arriver, les avenues qui la suivent, les trois cours monumentales formant l'entrée. La première de ces cours, immense, laisse voir à gauche les écuries et une sortie, sur la ville, à droite la salle de spectacle avec sortie sur le jardin ; la seconde cour, séparée de la première par les orangeries, d'une construction moderne, conduit, avant d'entrer daus la troisième, au donjon. Ce donjon est un monument à part dans l'édifice, remarquable autant par ses proportions imposantes que par la multiplicité des ornements qui ie couvrent. Les cheminées, renversées en 1836 par un orage, ont été rétablies par les soins de la famille de Talleyrand telles qu'elles étaient précédemment. La Révolution a enlevé une frise d'écussons aux armes des familles alliées à celle d'Etampes; il ne reste plus que les noms de ces alliances gravés au-dessous de la place occupée autrefois par ces écussons. Le donjon et les deux corps de logis inégaux qui le joignent et qui se prolongent de chaque côté, en se terminant par une grosse tour au couchant et une plus petite au nord, sont antérieurs d'un demi-siècle environ au grand corps de logis. Celui-ci, retournanten équerre et faisant face au midi sur le jardin, fut bâti vers 1691 par le vieux Dominique d'Etainpes, auquel le château de Valençay dut de nombreux embellissements et agrandissements. Le château fut depuis complété par M, de Villeuiorien, qui a donné au corps de logis dont la façade est tournée du côté du jardin, au midi, une sorte de régularité en le terminant à l'est par une grosse tour, à peu près semblable à celle qui forme au couchant l'angle de i'équerre. Il est regrettable seulement que M. de Villeuiorien ait enlevé les ornements qui décoraient la façade de ce corps de logis du côté de la cour et les ait remplacés par des arcades étroites, d'un style médiocre; mais il faut lui savoir gré de n'avoir touché qu'à la façade intérieure. De la, deuxième cour, on pénètre dans la troisième; en passant sur un pont-levis jeté sur les larges fossés du château et sous la voûte du donjon. Cette cour intérieure est fermée

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de deux côtés par des cloîtres en arcades, et par les deux autres côtés la vue s'étend sur la campagne. Au sud se trouve le grand corps de logis restauré par M. de Villemorien, à arcades hautes et serrées de siyle grec; à l'ouest, les arcades un peu surbaissées et élégamment décorées du temps de la Renaissance, qui se joignent au gros donjon sous la voûte duquel on est entré. Les cloîtres intérieurs, tant anciens que modernes, offrent une promenade d'autant plus aisée que toutes les pièces du rez-de-chaussée ouvrent sur ces galeries. Au nord de cette cour, l'œil embrasse la vallée du Nahon, l'église, la ville, plusieurs usines, en un mot un paysage des plus pittoresques et des plus animés. Ce côté de la cour était jadis fermé par des écuries que M. de Luçay fit abattre. A l'est, la cour n'est séparée d une terrasse couverte de fleurs que par un mur à jour, qui a remplacé de grandes arcades couvertes, supprimées par M. de Villemorien. Cette terrasse forme jardin particulier, placée qu'elle est devant les appartements du rez-de-chaussée et de plain-pied avec eux. De là, la vue domine tout le tournant de la grande route de Châteauroux et n'est arrêtée que par une vaste étendue de bois couvrant le coteau situé en face et du milieu duquel se détache un petit pavillon, dit pavillon de la Garenne, construit par le prince de Talleyrand et élégamment orné et meublé. C'est en 1805 que M, de Talleyrand acquit ce château dans des circonstances assez singulières. N0U3 en empruntons le récit a un curieux opuscule, assez inconnu, de Mn>a la duchesse de Dino : ■ Un jour, ditrelle, que l'empereur s'était informé avec soin de la vie que le duc de Choiseul avait menée à Chanteloup avant son exil, frappé du grand état de ce ministre- et de la splendeur qui en rejaillissait au dehors sur le roi et le paya, il voulut aussi que son ministre des affaires étrangères pût réunir dans un beau château les étrangers de distinction. Il en témoigna le désir a M. de Talleyrand et lui dit : • Je veux que vous achetiez une ■ belle terre, que vous y receviez brillamment

• le corps diplomatique et les étrangers marquants, qu on ait envie d'aller chez vous,

• et que dy être prié soit une récompense

• pour les .ambassadeurs des souverains dont »je serai content. « M. de Luçay,' présent à cette conversation et gêné alors dans ses affaire, proposa Valençay à M. de Talleyrand ; mais cette acquisition dépassant de beaucoup la somme dont celui-ci devait disposer, l'affaire ne se serait pas terminée si l'empereur, qui désirait à la fois être utile à M, de Luçay et agréable à M. de Talleyrand, n'eût fait don à ce dernier de l'excédant nécessaire pour conclure. • C'est sans doute, ajoute la duchesse, la part principale que l'empereur eut à cette acquisition qui lui persuada qu'il pouvait disposer de Valençay sans l'agrément du propriétaire; mécontent de la sage opposition qu'il rencontrait dans son ministre à l'occasion de cette funeste expédition d'Espagne, Napoléon sembla dès lors se plaire à le contrarier dans les détails de sa vie privée; ce fut à Valençay qu'il relégua Ferdinand VII et les infants d'Espagne; ils y passèrent six années (1808- 1814) et Ferdinand y signa sa ruine en 1813. Si nous en croyons encore Mme de Dino, à coup sûr mieux informée que personne à cet égard, Napoléon voulut à la vérité que M. de Talleyrand se rendît à Valençay pour recevoir ses augustes prisonniers; mais les respects infinis avec lesquels le diplomate les traitait déplurent à l'empereur, qui ne lui permit plus de retourner auprès d'eux. Ajoutons que Ferdinand VII garda toujours un profond souvenir de Valençay; afin de perpétuer ce souvenir, une fois remonté sur le trône, il institua l'ordre de Valençay pour ceux de ses courtisans qui l'y avaient suivi; il donna le nom de Valençay à un régiment de sa garde ; une frégate espagnole fut nommée la Valençay; il envoya des dessinateurs prendre des vues de Valençay, qu'il fit graver a Madrid et qu'il envoya à M. de Talleyrand. Ce dernier ne revint en Berry qu'après le congrès de Vienne et la bataille de Waterloo. En 1829, il fit donation, avec réserve d'usufruit pendant sa vie, de lu terre de Valençay, ainsi que de toutes ses dépendances, à Napoléon-Louis de Talleyrand-Périgord, son petit-neveu, à l'occasion du mariage de celui-ci avec Alix de Montmorency. A l'occasion de cette donation, le prince de Talleyrand obtint de Charles X l'autorisation de faire porter le titre de duc de Valençay à son petit-neveu. Le château de Valençay est encore aujourd'hui la propriété de cette famille. Rappelons encore le séjour à Valençay, pendant dix-huit années, de la princesse Marie-Thérèse Poniatowska, sœur du maréchal prince Poniutowski, tué à Leipzig.

VALENÇAY (Achille d'IÎTAMPBS, dit le cardinal de), général et prélat français. V. Etamfks-V'albnçay.

valence s. f. (va-lan-se). Nom que l'on donne," à Paris, aux oranges de Vulence en Espagne.

VALENCE (royaume de), ancienne division de l'Espagne, située entre la Méditerranée à l'E., la Catalogne au N., l'Aragon et la Nouvelle-Castille à l'O., le royaume c|e Murcie au S. Ce royaume fut fondé par les Maures; il fut ensuite réuni à l'Arugon, puis à l'Espagne. Cependant il conserva son titre

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de royaume et eut sa législation particulière jusqn en 1807. Le sol est généralement montagneux, mais fertile. Le climat y est agréable et le ciel toujours serein, les chaleurs de l'été étant tempérées par les brises de mer. Le thermomètre s'y tient presque constamment, dans cette saison, enti'e 17<> et 18° (Reaumur), et en hiver il descend rarement au-dessous de 3°. Toutefois, le brûlant solano s'y fait aussi sentir en été; on y éprouve des orages subits et quelquefois des tremblements de terre. Le sol cultivé est en général très-fertile, et c'est une des parties de l'Espagne où l'agriculture a fait le plus de progrès, avantage qu'elle doit à l'habileté et a l'industrie de ses habitants. Les principales productions consistent en froment, orge, nz, soie, huile, kermès, sel, étoffes de soie, drap, sparte, papier, etc. Le royaume de Valence fournit près de 2 millions d'hectolitres de vin et 60,000 quintaux de rui.iins secs. Les vignobles produisent des vins de qualités diverses; ceux des coteaux sont généralement bons, tandis que ceux des plaines ne sont que médiocres et employés seulement à la fabrication des eaux-de-vie.

C'est à Alicante que se récolte le fameux vin rouge uppelé tinto, si recherché pour ses vertus toniques. C'est un vin d'abord très-foncé, qui se garde très-longtemps en acquérant de laqualitéde plus en plus; il est liquoreux, corsé, généreux. On lui reproche, d'être un peu médicinal. En vieillissant, il acquiert le goûtpiquant qui le caractérise et perd son nom de tinto pour prendre celui do fundelol.

On y récolte aussi des fruits délicieux, des oranges très-estimées, des olives, etc.

L'ancien royaume de Vulence forme aujourd'hui les provinces de Valence, d Alicante, de Castellon-de-la-Plana, d'Albaeète et de Murcie.

VALENCE, la Valentia Edetanorum des Romains, nommée Valencia par les Espagnols, ville d'Espagne, ch.-l. de la province et ancienne capitale du royaume de sou nom, sur la rive droite du Guadalaviar, que l'on y passe sur cinq ponts, à 3 kilom. de Bon embouchure dans la Méditerranée, et sur lus lignes ferrées de Barcelone et de Madrid, ii 220 kilom. S.-E. de Madrid, par 39» 28' de huit. N. et 2o 45' de longit. O. ; 106,000 hub. Archevêché ; cour d'uppel, chambra et tribunal de commerce ; université fondée en 1209; sept collèges ; séminaire; deux bibliothèques publiques; académie royale des beaux-arts; société d'économie et d'ugricullure ; jardin botanique, araphiihéâtre anatomique; théâtres; bourse. Industrie active; fabriques de soieries et de cigares; exportation considérable en riz, oranges,arachides,citrous, vins, huiles, primeurs, etc. A 3 kilom. de lu ville est situé le Grao, regardé comme le port de Valence. On y trouve la douane, un magasin de dépôt, des bains de mer, et un train dessert k toute heure le port du Grao.

Cette ville , chef-iieu d'une province de première classe, est lu résidence d'un capitaine général dont l'administration embrasse quatre provinces. Son archevêché, un dos plus importants de l'Espagne, a pour suffnigants les evéchés de Segorbe, Orihuelti, Klayorque et Miuorque. La ville, agréablement située, jouit d un climat tempéré qui en rend le séjour très-recherché. Elle conserve encore son enceinte, élevée, en 1350, par don Pedro IV d'Aragon et flanquée de tours. Ses rues tortueuses rappellent le moyen âge.

— Monuments. La cathédrale de Valence, appelée aussi la Sea (le .siège de l'archevêché), fut commencée en 1262, sur l'emplacement d'un ancien temple de Diane. Cet édifice possède uno tour gigantesque, dite tour Miguelete, octogone, haute de 45 mètres sur 5ra,72 de chaque côté, et surmontée d'un campanile qui contient la cloche de l'horloge. Trois grandes portes donnent accès dans la cathédrale : la porte Miguelete, ta porte de los Apostoles et la porte el Palan; au sommet Ue celte dernière, on voit une curieuse Sculpture représentant sept têtes d'hommes et Sept têtes de femmes. .Intérieurement, la cathédrale de Valence se compose de trois tiefs voûtées, soutenues par vingt-cinq piliers Carrés, formés de pilastres à chapiteaux corinthiens. Une coupole octogone, éclairée de hautes fenêtres, s'élève au ttanssept. Au contre de la nef principale se trouve ia Capilta-Mayor (grande chapelle), formés de marbres précieux et de jaspé. Elle possède un recable souvent cité parmi les plus beaux de l'Espagne; au centre de ce retable et au fond d'une niche, on voit une image de la Vierge, but de pèlerinages fréquents. Les deux volets qui ferment ce retable en temps ordinaire sont ornés de peintures attribuées à Paolo Arreggio et à Francisco Neapoli, disciples de Léonard de Vinci, qui représentent des scènes de la vie du Christ et de celle de la Vierge. Une belle grille de bronze ferme le chœur, et le trascoro ou arrièrechœur est orné de bas-reliefs d'albâtre reproduisant des épisodes de l'histoire sainte. Les chapelles latérales possèdent de belles peintures de Joanès, Palomino et Vicento Victoria. La Salle capitulaire, construite eil 1358, présente une galerie des portraits des évéques de Valence, et on y remarque, suspenuue aux murs, la chaîne colossale nue les galères valenciennes allèrent enlever du port

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de Marseille sous le règne d'Alphonse VI. Le trésor de la cathédrale possède l'écu du roi don Jaime, des reliques nombreuses, un missel anglais provenant de l'abbaye de Westminster, etc.

Indépendamment de sa cathédrale, Valence possédé encore quatorze églises : San- Martin, San-Andrès, Satita-Catalina, Santos- Juanes, San-Esteban, San-Nicolas, San-Salvador.San-Bnrtolomé, San-Juan-del-Hospital sont les seules qui méritent d'être citées. Le portail de San-Andrès peut être mis au rang; des chefs-d'œuvre de la sculpture de la Renaissance; Santa-Catalina et San-Esteban sont d'anciennes mosquées, conservant encore le cachet de leur primitive destination ; San-Nicolas possède de remarquables peintures à fresque, dues à Dioniso Vidal, et San-Martin un Christ mort, chef-d'œuvre de Ribalta. Les restes de Constance-Auguste, impératrice de Con'stantinople, reposent dans l'église San-Juan.

"Des vingt-sept couvents de Valence, aujourd'hui supprimés pour la plupart, nous nous bornerons & citer : celui du Temple, antique construction mauresque; celui de Santo-Domingo, dont la chapelle dite Capilla- Real est intéressante ; celui des Jésuites, dont les immenses bâtiments sont occupés par divers services administratifs; enfin, celui de la Congrégation, occupé par la garnison. Mentionnons encore la maison natale (casa natalicia) de saint Vincent Ferrier, patçon de la ville.

Les autres monuments de Valence qui méritent d'être cités sont : l'Audiencia (siège de la justice), bel édifice du xvi° siècle, présentant une façade haute de 26 mètres sur une largeur de 18; le palais de l'Archevêché, dont la chapelle est ornée de magnifiques fresques et qui communique avec la cathédrale; l'ancienne Douane, aujourd'hui occupée par la manufacture de cigares ; la Casaae-la-Ciudad, commencée en 1342, terminée en 1376, où l'on conserve l'épée du roi don Jaime le Conquérant, les clefs de Valence k lui remises par les Maures et l'ancien étendard de la ville sous le gouvernement des infidèles ; enfin, la Lonja-de-ta-Sedaou bourse des marchands, commencée en 1482. C'est un remarquable échantillon du style gothique. Elle présente une façade divisée en trois parties et large de 54 mètres. Le corps de bâtiment central se compose d'une "sorte de tour massive, dont le rez-de-chaussée est occupé par une chapelle et la partie supérieure par une prison. Le corps de droite est occupé par la chambre du commerce, et le corps de gauche est destiné aux réunions des marchands; ce dernier corps contient la salle de la Bourse, vaste quadrilatère k ornementation riche et capricieuse, représentant une confusion d'animaux, de fleurons et de feuillages. La porte unique qui donne accès à celte salle est à arcs concentriques et partagée en ■ deux par une mince colonnette qui lui donne un remarquable caractère de légèreté ei de ûnesse. Les dimensions de cette salle, partagée en trois nefs par vingt-quatre colonnes torses, dont seize appuyées aux murs latéraux et huit isolées, sont de 36 mètres de longueur sur 21 de largeur. Le plafond est formé d'arcs voûtés d'une grande hardiesse et soutenus symétriquement par les vingt-quatre colonnes dont nous venons de parler.

Valence possède une université comprenant une faculté de jurisprudence, une faculté de médecine et une faculté de philosophie ; plusieurs collèges et institutions : le sjeminario-Conoiliar, le Collegio real San-Pablo (Saint-Paul), le Collegio Andresiano (Saint-André) et le Collegio del Corpus- Ohristi, fondé en 15S6. Parmi les excellentes peintures qui eu décorent l'église, nous citerons une belle Cène de Ribalta. Valence possède, en outre, de nombreuses écoles spéciales, une académie des beaux-arts, un conservatoire des arts et métier», des corporations scientifiques, une académie de médecine et de chirurgie, etc. La bibliothèque de l'université est riche de 40,000 volumes, dont 300 volumes d'éditions du XV» siècle ; celle de l'archevêché, qui en compte encore 10,500, a malheureusement perdu un grand nombre de manuscrits, par suite d'un incendie, lors du siège de 1812. Le musée Provincial, installé dans l'ancien couvent de la M«reed, renferme des tableaux de Ribalta, Joanès, Cristobal Zarinena, Espinosa, Salvador, Gomez, Juan Conchiles, Ga-par de Hueita, tous élèves de l'école valeucienne. Enfin, Valence possède trois hôpitaux importants : l'Hôpital général, l'hôpital des Prêtres-Pauvres (maison de retraite dont le nom indique suffisamment la destination) et l'hôpital de lu Miséricorde.

Le théâtre, le casino, l'hippodrome et la place des Taureaux ne méritent qu'une mention. Les principales promenades de Valence sont.: la Glorieta, k 1 intérieur de la ville, et l'Alaineda-, à. l'extérieur. Ces promenades sont publiques, plan lées d'arbres centenaires et garnies de bancs. Il faut aussi mentionner le jardin botanique et le jardin de la Reine, qui possède une réunion d'orangers assez importante pour former des allées ombreuses, impénétrables aux rayons du soleil.

— Histoire. Les Grecs paraissent avsoir -jeté les premiers fondements de Valence ; ils établirent une colonie sur l'emplacement de la ville actuelle, puis Turent remplacés par

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les Carthaginois, qui durent eux-mêmes se retirer devant l'occupation romaine. Lors de l'invasion des Goths, son importance était devenue assez considérable pour qu'on y établit un évêché. La ville résista avec héroïsme à l'occupation arabe et parvint à conserver intacts, sous la domination musulmane, ses privilèges et ses mœurs. En 1050, Abd-el-Aziz y fonda un royaume indépendant qui dura jusqu'en 1094. A cette dernière époque, une ligue puissante, organisée par un des principaux chefs musulmans, nécessita l'intervention du Cid; le, héros marcha sur Valence, en fit !e siège, s'en empara et, d'accord avec les émirs ligués, gouverna la ville avec le titre de wali jusqu'au moment de sa mort. Cette mort coïncida avec une nouvelle levée des forces ennemies, qui vinrent bloquer la ville et la menacer du pillage; alors, dit la chronique du temps, les chrétiens revêtirent de son costume de guerre le cadavre du Cid, le placèrent sur son cheval, son épée Tizona au poing, et, serrés autour de ce palladium étrange, traversèrent l'armée mauresque sans avoir été inquiétés, tant était grande la teneur que le seul nom du Cid inspirait aux infidèles. Valence retomba, aussitôt après ce départ, sous la domination du croissant. Au xiia siècle, le roi don Jaime d'Aragon réussît à s'en rendre maître le 28 septembre 1238. Dès lors, Valence, gouvernée par un vice-roi, appartint pour toujours à 1 Espagne chrétienne. La chronique rapporte -que les Maures ayant obtenu du vainqueur la permission de se retirer sains et saufs dans les provinces méridionales, encore au pouvoir des infidèles, Valence se trouva du jour au- lendemain presque entièrement dépeuplée; alors, les chevaliers chrétiens qui avaient contribué au triomphe de la croix eurent recours à un expédient qui rappelle quelque peu l'enlèvement des Sabines : ils allèrent chercher des femmes dans les cités chrétiennes du voisinage, principalement à Lérida, et firent souche d'une nouvelle population. Cette circonstance explique les prétentions nobiliaires, encore invétérées aujourd'hui, des habitants de Valence. Il faut franchir ensuite un espace de plusieurs siècles pour voir Valence jouer de nouveau un rôle politique; elle prit parti, à l'époque de la guerre de la Succession, pour l'archiduc d'Autriche et perdit, à la suite de cette velléité, ses fueros et privilèges. La guerre de l'indépendance espagnole (1808) trouva Valence en pleine révolte contre les envahissements français. Un religieux, nommé le Père Rico, se mit à la tète de la résistance, et le chanoine Calvo, à la tête d'une bande de fanatiques , massacra trois cents ou quatre cents négociants français attirés dans celte ville par le commerce. Cette horrible boucherie indigna les honnêtes patriotes, et le Père Rico n'hésita pas à faire arrêter Calvo, qui fut condamné à mort et étranglé dans sa prison. Valence .demeura libre de l'occupation française, sous le gouvernement de sa junte, jusqu'en 1812, époque où le maréchal Suchet vint mettre lo siège devant la ville. Devenu maître de Valence, il y établit son quartier général et ne la quitta que le 5 juin 1813, à la suite de la défaite de Vitoria. Une partie de la population se souleva en 1835, et, cinq ans plus tard, ce fut k Valence que la reine régente Marie-Christine, la jeune reine Isabelle et l'infante. Marie-Louise apprirent le soulèvement de Madrid. En 1843, ce fut encore de Valence que partit le signal de la restauration de la royauté ; on sait qu'à cette occasion Narvaez fut fait duc de Valence, en récompense de la part importante qu'il avait prise aux événements. Lors de l'insurrection des intransigeants en 1873, Valence se proclama Etat fédéral autonome, comme Murcie (17 juillet). Le général Martinez Campos, chargé de la soumettre, la bombarda du 4 au 6 août. Valence se rendit à discrétion le 7, et les principaux insurgés s'échappèrent.

VALENCE, la Valentia Segataunorum des Romains, ville de France (Drôme), ch.-l. de départ., d'urrond. et de canton, sur la rive gauche du Rhône et près du confluent de l'Isère avec ce fleuve, k 580 kilom. S.-E. de Paris par le chemin de fer de Paris à Marseille, par 44» 56' de latit. N. et 2<> 33' de longit. E. ; pop. aggl., 14,987 hab. — pop. tôt., 20,668 hab. L'arrondissement comprend 10 cantons, 111 communes et 157,073 hab. Préfecture; évêché sufiYagant d'Avignon; grand et petit séminaire; école d'artillerie; collège communal; écoles normales d'instituteurs et d'institutrices ; bib'iothèque publique ; tribunaux de lrl> instance et de commerce ; justice de paix; société d'agriculture, commerce et arts; chambre consultative des arts et manufactures ; société d'archéologie. Fabriques de toiles peintes, mouchoirs, bonneterie ; ganterie en renom, chandelles, vermicelle ; filatures de soie et de coton ; corderies, brosseries, scieries de marhre, teintureries. Commerce actif de vins de la côte du Rhône, eaux-de-vie, fruits du Midi, soies, cuirs, papiers, huiles d'olive et de noix. Foires importantes pour la vente des chevaux, des bestiaux et de la soie. La ville de Valence, place de garnison, est entourée de vieilles murailles, flanquées de tours et percées de plusieurs portes. Cette ville est assez bien bâtie, mais assez mal percée; ses rues sont tortueuses et généralement étroi-

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tes ; on y trouve cependant quelques quartiers d'un bel aspect,

— Monuments. Valence, malgré le rôle important qu'elle joua sous la domination romaine, n'a conservé que fort peu de vestiges se rattachant à cette époque. En revanche, elle possède plusieurs édifices dignes d'intérêt. Au premier rang, il faut placer la cathédrale de Saint-Apollinaire. Fondée vers l'an 212, détruite par les Sarrasins, cette basilique, réédifiêe au xn« siècle, est un spécimen fort exact des églises romanes de la période secondaire. Elle affecte la forme d'une croix latine. Sa longueur extérieure, y com-

-pris le porche, est de 75 mètres; sa largeur est de 18m,68. Elle comprend trois nefs. L'abside est fort belle. Le chœur est entouré d'une colonnade à jour. A l'intérieur, on remarque de beaux vitraux anciens et un cénotaphe en marbre, œuvre de Maximilien Laboureur, érigé en mémoire du pape Pie VI. L'ancienne tour servant de clocher, deux fois frappée de la foudre et démolie en 1838, a été reconstruite il y a quelques années. Elle est de forme^quadrangulaireet mesure, de la base au sommet, 57 mètres. Le porche, tout en marbre -de Crussol, ouvert sur ses quatre faces par autant de grandes arcades à cintres décroissants, ornées des moulures caractéristiques de l'époque, présente, tant à 1 intérieur qu'à l'extérieur, trente-deux colonnes surmontées de chapiteaux du plus beau travail. Au-dessus de ce porche, qui n'a pas moins de 15 mètres de hauteur, sélève, eu faisant retrait, la tour du clocher. L'étage à jour qui surmonte le clocher est recouvert d'une calotte polygonale métallique, reposant sur une toiture en fer. Un petit édifice carré, dans le style de la Renaissance et connu sous le nom de Pendentif, s'élève près de la porte de la cathédrale. Il fut érigé en 1548 par la famille de Mistral.

L'ancienne église de Saint-Jean- Baptiste a été récemment reconstruite dans un style analogue à. celui de la cathédrale. L'église de Saint-Pierre, si opulente jadis, n'a rien conservé de sa splendeur première. Elle possède un tableau attribué h Le Brun. L'église de Saint-Ruf, rebâtie au xvin« siècle, est devenue le temple protestant. L'église des Cordelieis sert de magasin à fourrage. L'église de Noire-Dame-de-Soy-ons (style Pompadour criard) mérite à peine une mention.

Valence compte, en outre, quelques intéressants édifices particuliers : la maison des Têtes (xvia siècle), la maison Dupré-Latour, bâtie, dit-on, par François 1er ; ['hôtel du Gouvernement, où mourut Pie VI. Ses établissements civils et publics consistent dans : le musée, qui compte des toiles de David, Lapito, Paul Huet, Eugène Devéria, des sculptures de Debay et une galerie d'histoire naturelle; la bibliothèque, jadis une des plus belles de la Provence, encore riche aujourd'hui de 20,000 volumes; le théâtre, le collège, le palais de justice, le jardin botanique, le polygone, servant à l'école d'artillerie établie dans la ville. Parmi les places et promenades, il faut citer : le champ de Mars, bordé d'un parapet planté d'arbres , et la place Chainpionuet, au centre de laquelle s'élève la statue du général. républicain de ce nom, œuvre de M. Sappey, de Grenoble.

— Histoire. Une grande incertitude règne sur les origines de Valance. Ce qui est certain, c'est que Valence prit, sous le règne d'Auguste, le titre de colonie romaine et se peupla de vétérans invalides. Plus tard, Valence fut comprise dans la Narbonnaise, puis dans la 1" Viennoise. Les barbares ne tardèrent pas à y causer de grands ravages. En 408, Sarus, général de l'empereur Honorius, vint assiéger Constantin dans Valence; mais il dut battre en retraite en abandonnant ses bagages. Quatre ans après, les Wisigoths emportèrent la place et envoyèrent à Honorius les têtes des deux prétendants k l'empire, Jovinus et Sebastianus. En 430, les Alains viennent fixer à Valence le siège de leur pouvoir. Après eux, les Francs, puis les Lombards, rançonnent la ville à diverses reprises. Les Maures s'en emparent en 737, et Charles-Martel la livre à l'incendie. Enfin, en 8G0, les Normands et les Danois viennent à leur tour saccager la vieille cité. La chute de l'empire romain fit passer Valeuce sous la domination des rois francs, et la ville fut comprise dans les royaumes de Bourgogne et d Arle£. Plus tard, les comtes de Provence, puis ceux de Toulouse s'emparèrent de Valence, qui releva tantôt des dauphins, tantôt des empereurs. Enfin, Frédéric I"en concéda le gouvernement aux èvèques. Sous cette domination religieuse, Valence se souleva plusieurs fois. La guerre civile continuant et, d'autre part, les routiers désolant le pays, tes habitants de Valence implorèrent le secours du roi de France (1396). Charles VI accueillit la supplique; mais sa démence annula peu de temps après l'effet de ses bonnes dispositions. La cession du comté de Valentinois à Charles VU, encore dauphin (1419), éclaircit heureusement la situation. Après diverses vicissitudes, les habitants de Valence devinrent sujets du roi de France. La viile reconstitua rapidement ses franchises municipales; ses consuls eurent droit de siéger aux états généraux du Dauphiné et exerçaient dans la ville un pouvoir sans contrôle. Louis XI (1456) obligea l'évêque de Valeuce à se reconnaître son vassal pour le temporel

VALE

de son Eglise. En 1536, François I", à la nouvelle de l'entrée de Charles-Quint en Piémont, alla s'enfermer dans Valence. Plus tard, Valence fut la première ville du Dauphiné où la religion réformée s'introduisit et fut publiquement prêchée (1560), Le lieutenant général de la province, Maugiron, puis Pardaillan de La Mothe-Gondrin furent envoyés contre les protestants et sévirent cruellement. Le baron des Adrets s'aboucha avec les mécontents et parvint à surprendre Pardaillan; ce dernier, réduit à fuir, finit par être atteint, et la populace le pendit à la fenêtre de son hôtel. La Saint-Barthélémy souleva de nouveau la population de Valence, qui deux fois repoussa les tentatives de Montbrun pour s'emparer de la place. Sous Henri III, la ville prit parti pour la Ligue ; mais d'Epernon s'en empara par surprise et y plaça une garnison royale. L'avènement de Henri IV inaugura enfin pour Valence une période de paix, que la révocation de l'édit de Nantes, en enlevant k la ville un tiers de sa population, vint seule troubler. Valence offre encore quelques souvenirs épisodiques que nous résumerons brièvement. Le célèbre connétable de Lesdiguièies y vint finir ses jours en 1626 ; Pie VI y mourut également en 1799; enfin Bonaparte, encore simple lieutenant d'infanterie, tint, quelque temps garnison à Valence.

Plusieurs conciles ont été tenus à Valence. Celui de 374, présidé par Florentius de Vienne, publia quatre canons contre les scandales et les mœurs corrompues du clergé. Le concile de 530 s'occupa, de la grâce et du libre arbitre. Au concile de 855, on jugea la conduite de l'évêque de Valence, accusé de plusieurs crimes, et on fit vingt-trois canons relatifs à la doctrine et k la tiiscipliiie. Le concile de 1100 examina les plaintes des chanoines d'Autun contre leur évêque. Enfin, celui de 1248, présidé par deux cardinaux, s'occupa de remettre en vigueur les anciens canons.

— Célébrités. Valence a vu naître : J. Joubert, célèbre médecin du xvi« siècle; Championuet, dont le cœur est conservé k l'église d« Ruf ; Bérenger de la Drôme et M. Emile Augier, le célèbre auteur dramatique contemporain.

VALENCE-D'AGEN, ville de France (Tarnet-liaroiine), ch.-l. de canton, arrond. et à 20 kilom. E. de Moissac, sur le canal latéral à la Garonne; pop. aggl., 2,793 hab. — pop. tut., 3,625 hab. Importante fabrication de plumes à écrire; tanneries, taillanderies, corderies, fabrication de toile. On voit dans cette ville un édifice dit Maison de la Foi, où siégèrent les inquisiteurs pendant les guerres de religion, et les constructions massives et irrégulières d'un ancien château.

VALEîSCE-D'ALBlfiEOIS, bourg de France

(Tarn), ch.-l. de canton, arrond. et k 27 kiloin. N.-E. d'Albi ; pop. aggl., 704 hab. — pop. tôt., 1,451 hab. Aux environs, sur une montagne, la plus élevée du département, on voit les ruines d'une vieille tour, k laquelle est adossée une église moderne.

VAl.EXCE S0R-BAYSE, bourg de Fiance (Gers), ch.-l. de canton, arrond. et à 9 kilom. S. dé Condom, au confluent de )a Bayse et de l'Auloue; pop. aggl., 1,030 hab. — pop. tôt., 1,683 hab. Aux environs, on voit l'ancienne abbaye de Flaran, dont le cloître et l'église sont bien conservés.

VALENCE (Thomaa de), dominicain espagnol, il vivait au xvie siècle et n'est connu que comme l'auteur d'un ouvrage ascétique qui est intitulé : Fleurs de consolation à tous les chrétiens pour passer tes tempêtes de ce ino«t/e,etqui a été traduit en italien par Pierre Lauro (Venise, 1557).

VALENCE (Cyrus-Marie-Alexandre de Timburne-Tisibronnb, comte de), général français, né à Agen en 1757, mort à Paris en 1822. Il descendait d'une antique famille, dont l'un des membres avait assisté k la bataille de Bouvines. Entré en 1774 dans l'artillerie, il épousa la fille de Mme de Genlis, reçut, par le crédit du duc d'Orléans, le grade de colonel du régiment de Chartres-Dragons et s'attacha k la fortune de ce prince, avec lequel il défendit les idées libérales en 1789. En 1791, il partit pour l'armée du Nord avec le grade de maréchal de camp. Il commanda avec beaucoup de valeur l'aile gauche k la bataille de Valtny, fit capituler Verdun (1792), prit Courtrai et obligea Brunswick k abandonner Longwy (1792). Nommé général en chef de l'armée des Ardennes, il contribua k faire évacuer la Belgique par l'ennemi efr força Namur à capituler. Comme le commandant autrichien se plaignait des conditions qu'on lui avait imposées, Valence lui dit : i Si vous n'êtes pas content, général, vous n'avez qu'à rentrer, nous vous reprendrons. » Par une manœuvre aussi savante que hardie, il sauva l'aile droite de notre armée k la bataille de Nerwinde. Valence ne partagea pas la défection de Dumuuriez, comme on l'a prétendu ; il ne quitta son armée qu'après avoir envoyé sa démission au ministre de la guerre. Réfugié successivement k Londres et k Hambourg, il n'eut aucune relation avec les émigrés. Rappelé en France après le 18 brumaire, il reprit du service, fit les guerres d'Espagne et de Russie k la tête d'une division et signa, comme sénateur, la déchéance de Napoléon en 1814. Il siégea k la Chambre des pairs au retour de Louis X.VIU

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