‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 550 sur 1042 · TALE · texte numérisé non relu

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et pendant les Cent-Jours, et fut, après Waterloo, l'un des commissaires désignés par le gouvernement provisoire pour traiter avec les allias. Tombé en disgrâce à la seconde Restauration, Valence reprit, en 1819, son siège à la Chambre, où il vota toujours avec les libéraux.

VALENCIA s. m. ( va-lan-si-a). Comm.

Etoffe légère, en laine peignée, tantôt unie, tantôt à dispositions, qui s'emploie pour robes et pour gilets d'été : Le valencia est un tissu d'origine anglaise.

VALENCIA-DE-ALCANTABA, ville d'Espagne, province de Cacerès, à 40 kilom. S.-O. d'Aleantara, place forte sur l'Avid, à 5 kilom. de la frontière de Portugal ; 6,000 hab. Fabriques de chapeaux et de toiles, tanneries. Mine d'argent aux environs. Cette ville, entourée de remparts et défendue par un château fort, fut une des places fortes qui appartinrent à l'ordre d'Alcaiitara. On y voit un bel aqueduc, qui apporte à la ville les eaux d'une source voisine. *

VALENC1A-DE-DON-JUAN, ville d'Espagne, dans la province et à 35 kilom. S. de Léon, sur la rive droite de l'Esla, chef-lieu de juridiction civile ; 2,000 hab. Fabriques de grosses étoffes de laine et de toiles. Autrefois place forte. Aux environs, mine de cuivre et carrières de marbre.

VALENC1A-DEL-VENTOSO, bourg d'Espagne, province de Badajoz, à 26 kilom. O. de Llerena; 4,000 hab.

VALENCIA-NUEVA, ville de l'Amérique du Sud, dans la république de Venezuela, ch.-l. de la province de Carobolo, près du lac de son nom, à 28 kilom. S.-E. de Puerto-Cabello ; 46,000 hab. Industrie agricole ; récolte de coton et d'indigo. Commerce actif. Cette ville, fondée en 1555, eut beaucoup à souffrir "pendant la guerre de l'Indépendance ; elle fut incendiée en 1814.

VALENCIA (Pierre de), jurisconsulte espagnol, né à Cordoue en 1545, mort à Madrid en 1620. Philippe 111 l'appela dans cette ville pour le revêtir de la dignité d'historiographe de la couronne. Estimé pour sa vertu, admiré pour son érudition et ses lumières, il était consulté par les personnages les plus considérables dans l'Etat, et ses décisions faisaient autorité. Outre un grand nombre d'ouvrages restés manuscrits dans les bibliothèques d'Espagne, on a de lui un excellent commentaire sur les Académiques de Ciuéron, où il discute avec supériorité le problème de la certitude et où il montre une grande connaissance des sectes philosophiques. Il a été publié sous le titre à'Academica,sive de judicio erga verum {Anvers, 1596).

VALENCIANA, vilteduMexique, dans l'Etat et près do Quatiaxuato, au milieu des Andes ; 4,000 hab. Riche mine d'argent, produisant annuellement 30,000 marcs d'argent.

VALENCIANE S. f. V. VALENT1ANE.

VALENCIEN OU VALENTIEN, IENNE S.

et adj. (va-lan-si-ain, i-è-ue). tîéogr. Habitant de Valence d'Espagne; qui appartient à cette ville ou à ses habitants : Les Valbncikns. La population valenciënne. Le dialecte VALENCIEN.

— s. m. Dialecte parlé par les habitants de Valence.

— s. f. Nom que l'on donnait autrefois à des épèes qu'on fabriquait à Valence, en Espagne.

VALENCIENNES s. f. ( va-lan-siè-ne).

Comni. Dentelle fabriquée à Valenciennes. Il On écrit souvent valencîenne sans * : La roàe s'ouvrait par le bas, pour laisser voir un jupon garni d'une petite valknciisnnb. (Balz.)

VALENCIENNES, en latin Valentianx, ville de Frunce (Nord), ch.-l. d'arrond.et de trois cantons, a 51 kilom. S.-E. de Lille, au con- . ilueut de l'Escaut et de la Rhonelle; pop. aggi., 19,609 hab. — pop. tôt., 24,062 hab. L arrondissement comprend 7 cantons, 81 communes et 180,417 hab. Place de guerre de ire classe; les fortifications s'appuient à l'O. sur utie citadelle construite eu 1677 parVauban, sur l'emplacement d'un ancien château fort. Direction d'artillerie; direction et bureau de douane. Tribunaux de Ir« instance et de commerce ; trois justices de paix ; collège communal; bibliothèque publique; musée d'histoire naturelle; académie de peinture et de sculpture. Immense bassin houiiler de 60,000 hectares; l'extraction de la houille s'y fait par 62 puits; nombreuses raffineries, distilleries, brasseries, blanchisseries, teintureries, tanneries, forges et hauts fourneaux, verreries, clouteries, chaînescâbles; fabrication de toiies, batistes et dentelles renommées. Important commerce de houille, sucre, café-chicorée et autres produits des nombreuses usines de la ville. Chambre et bourse de commerce; succursale de la Banque de France.

La ville de Valenciennes est entourée de bonnes fortifications, précédées de larges et profonds fossés que l'Escaut peut facilement remplir. La citadelle est une des plus fortes de France. La ville est assez bien bâtie, mais, en général, mal percée; ses rues sont tortueuses et étroites.

— Monuments. On remarque à Valenciennes plusieurs édifices. Voici les principaux :

L'église Saint-Géry, un des plus anciens

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édifices religieux de France, construite en 1225 par ordre de Jeanne de Flandre , n'a conservé de cette époque que les douze piliers de la nef et deux autres à l'entrée du " chœur. La tour, entièrement moderne, ainsi que le portail, appartient au style grec. L'ornementation du chœur a été renouvelée presque entièrement en 1862. Saint-Géry possède un beau tableau d'Abraham Janssens, le Christ en croix, deux stalles sculptées provenant de l'abbaye de Vicoigne et quelques autres morceaux de peinture et de sculpture assez remarquables.

L'église Notre-Dame-du-Saint-Cordon est un édiiiee tout moderne, bâti sur les plans de M. Grigny, d'Arras, dans le style ogival du xme siècle, et qui a été consacré en 1864. Elle affecte la forme d'une croix latine. La tour du portail a 83 mètres de hauteur. Ou y remarque le maître-autel, en marbre blanc, bel ouvrage de sculpture dû à M. Fachi et représentant l'ensevelissement du Christ, et la statue de Notre-Dame du Saint-Cordon, dans la chapelle de ce nom.

L'église du Faubourg (xvie siècle), celle de Saint-Nicolas ou des Jésuites (xvue siècle) ne méritent qu'une mention.

La chapelle des Pères maristes, construite en 1855 dans le style ogival, est un des plus élégants pastiches d architecture de ce temps.

L'hôtel de ville, entièrement reconstruit en 1612, présente une façade principale composée de deux étages au-dessus du rez-dechaussée et ornée de trois ordres de colonnes Superposés (dorique, ionique et corinthien). L'étage supérieur, surmonté d'une galerie à jour, est décoré de cariatides. Un campanile carré à deux étages couronne le milieu de cette façade. Une partie des appartements de l'hôtel de ville de Valenciennes est occupée par le musée de peinture et de sculpture, où l'on remarque des toiles de Guido Reni, Velasquez, Rubens, Simon Vouet, Philippe de Champaigne, Porbus, Van der Menlen, Watteau, Breughel le vieux, Wouwermans, de plusieurs maîtres modernes, ainsi que des groupes exquis dus à G. Crauck et une tapisserie de haute lisse représentant un tournoi, sortie des ateliers de Valenciennes vers la fin du xvi» siècle.

L'ancien collège des Jésuites est un édifice assez remarquable du xvnc et du xvme siècle, occupé aujourd'hui par le collège communal et la bibliothèque de la ville, riche d'environ 25,000 volumes et 869 manuscrits, et qui possède les deux plus anciennes compositions en langue romane qui soient connues jusqu'à, ce jour : la Prose de sainte Eutalte, un fragment d'homélie sur la Prophétie de Jonas. La salle occupée par la bibliothèque est décorée à ses deux extrémités de peintures fort curieuses attribuées à Arnaud de Vuess et représentant la liaison livrée à elle-même et la liaison éclairée par la liécélaiion. En outre, les pendentifs formés pur les retombées des voûtes et par les voussures des fenêtres offrent les portraits des écrivains les plus célèbres de la Compagnie de Jésus. A la bibliothèque est annexé le musée Benezech, ainsi nommé de son fondateur, maire de Vieux- Condé, qui en lit don à la ville en 1852; ce musée comprend environ 5,000 volumes, des tableaux de plusieurs époques, des sculptures et des collections d'armes, d'antiquités et d'histoire naturelle.

Les autres monuments intéressants de Valenciennes sont un certain nombre de maisons en bois, avec étages en encorbellement et pignon trifolié (xvie siècle) ; une curieuse maison du xv° siècle, dernier reste d'un couvent; enfin l'Hôpital général, vaste construction du xvnic siècle, et l'Hôtel-Dieu. Il faut aussi mentionner l'Ecole des beauxarts, fondée en 1782 et qui a fourni plusieurs artistes distingués, et le théâtre, bâti à la même époque par M. de Pujol. Sur le côté

fauche de la Grande- Place et regardant hôtel de ville s'élevait un beau beffroi du xme siècle, qui s'est écroulé en 1843.

Les principales promenades de Valenciennes consistent dans ses remparts, la place Verte et le jardin Froissart. Ce dernier a été orné, en 1856, de la statue en marbre du chroniqueur Froissart, due à M. Lemaire. Derrière la statue se trouve un portique en hémicycle àureades cintrées, décoré de basreliefs figurant l'Escaut et la Rhonelle, qui se réunissent a Valenciennes, et de dix médaillons en bronze représentant quelquesunes des illustrations de la ville. Quelquesunes des portes de Valenciennes sont fort curieuses : la porte de Mons, reconstruite au xvie siècle, offre du côté de la ville une baie ogivale inscrite dans un cintre; la porte de Famars (xviie siècle) est ornée de bossages et de trophées sculptés par Ant. Pater ; enfin, la porte de Lille (1360) est accostée de deux grosses tours rondes, dont la base seule subsiste, par suite d'un incendie partiel qui éclata en 1821.

— Célébrités. Valenciennes a vu naître Froissart (1339), Jean de La Fontaine, qu'il

v rie faut pas confondre avec le fabuliste et qui, au xv« siècle, écrivit un curieux traité sur la transmutation des métaux ; Louis de La Fontaine, dit Wicart, neveu du précédent, historien renommé ; Watteau, Pauliny d'Argenson et, de nos jours, Abel de Pujol, Dorus, Lemaire, Onésime Le Roy, Dinaux, etc.

— Histoire, Ou ne trouve pas trace de Va-

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lenciennes avant l'époque de la domination romaine. Après l'occupation définitive des Gaules par les Francs, il y avait sur l'emplacement actuel de Valenciennes un domaine royal portant le nom de Valencians, et les Mérovingiens y possédèrent un palais où ils séjournèrent fréquemment. Clovis III (693), Childebert III (69S) en datèrent plusieurs ordonnances. Plus tard, Charles Martel, Charlemagne, Charles le Chauve, Lothaire s'arrêtèrent à leur tour dans la villa regia de Valenciennes. Cette villa (ou ce palais) fut fortifié au ix« siècle. Enfin , Valenciennes cessa d'être un fief royal pour devenir un bourg (burg, forteresse) et eut ses comtes particuliers. La suzeraineté de Valenciennes, en 1007, devint un bénéfice relevant de l'empire et possédé par Baudouin Belle-Barbe, marquis des Flamands. A cette époque, une peste terrible désola Valenciennes et enleva près de huit mille habitants en quelques jours. En 1114, Valenciennes, devenue partie intégrante du Hainaut, dut an comte Baudouin sa première charte, qui fixa l'institution d'échevins présidés par un prévôt. C'est dans le même siècle que fut établi l'hôtel des Monnaies, dont les produits étaient si estimés, qu'on les mit-.au nombre des mères monnaies. de France, d'Angleterre, de Venise et de Lorraine. Les comtes da Hainaut y frappèrent monnaie jusqu'à l'époque où Charles- Quint leur en retira le droit. Valenciennes était leur résidence habituelle. C'est dans leur palais de la Salle-le-Comte que l'empereur Othon, le roi d'Angleterre et les autres princes ligués contre Philippe-Auguste firent le partage anticipé de la monarchie française q'uelques jours avant le résultat inattendu de la bataille de Bouvines (1214). Après la mort de Jeanne de Constantinople, comtesse de Flandre et de Hainaut, son héritage fut dévolu à sa sœur Marguerite ; cette dernière avait eu deux maris, Bouchard d'Avesnes et Guillaume de Dampierre, circonstance qui valut à la province une guerre de partage, terminée, après de longs débats, par l'intervention de saint Louis, lequel décida que les d'Avesnes pos^éde^aient le Hainaut et les Dampierre le comté de Flandre. Pendant le cours de cette guerre, Valenciennes fut assiégée à deux reprises par la comtesse Marguerite et par Charles d'Anjou; mais, malgré plusieurs attaques furieuses, les assiégés ne se soumirent qu'en imposant leurs conditions. En 1290, Jean II ayant voulu porter atteinte aux libertés communales, les bourgeois se révoltèrent, se déclarèrent indépendants du comté de Hainaut et se mirent sous la protection du comte de Flandre. Ce ne fut que cinq ans plus tard qu'ils firent leur paix avec Jean II. A l'époque de l'invasion du Hainaut par Jean, duc de Normandie, fils de Philippe île Valois (1340), Raoul, comte d'Eu, connétable de Fiance, somma vainement les Valeneiennois d'abandonner le parti de leur seigneur, rebelle à la couronne pour s'être allié, à l'instigation du fameux Artevelde, avec le roi d'Angleterre. Les troupes royales se vengèrent de cette résistance en ravageant les environs de Valenciennes et en incendiant les faubourgs de la ville; mais les bourgeois firent une sortie et contraignirent les agresseurs à une retraite précipitée. Quelque temps après, profitant d'une suspension d'armes, le comte de Hainaut mena ses alliés, la duc de Brabant et Van Artevelde, à Valenciennes et les y traita magnifiquement. Artevelde y fut l'objet de l'enthousiasme des bourgeois et du peuple, qu'il harangua du haut d'un éebafaud dressé devant la maison de ville. Cette époque fut pour Valenciennes celle de sa plus grande prospérité : les riches tapisseries et les étoffes de soie, de laine et da fil qu'on y fabriquait étaient recherchées au loin. Ses négociants, associés à cette ligue du haut commerce qu'on appelait la hanse de Londres et qui. fut si célèbre au moyen âge, trafiquaient avec l'Europe entière. On vit un jour maître Jean Bernier, bourgeois de Valenciennes, réunir chez lui, dans un banquet magnifique, les rois de Bohême et de Navarre, les comtes de Hainaut, de Flandre, de Namur, de Gueldres , de Juliers et une multitude de princes et princesses alliés da son seigneur (1333). Les Valenciennois se signalèrent en 1455 par leur dévouement à Charles le Téméraire, auquel ils fournirent un grand nombre de gens de cheval et de pied destinés à la guerre dite du Bien public. Cette milice combattit vaillamment à ajournée de Montlhéry. En 1473, le duc de Bourgogne vint à Viilenciennes et y trouva une splendide réception. Après la mort de son dangereux adversaire, Louis XI envahit le Hainaut et fit sommer Valenciennes de se rendre ; mais la ville résista, et le roi n'osa en entreprendre le siège. Il en fut de même, au siècle suivant, de François l«, qui parut, en 1521, à peu de distance de Valenciennes avec mie armée de 60,000 hommes. Lu même année, deux huguenots ayant été condamnés au feu par les autorités, leurs coreligionnaires se ruèrent sur le bûcher et parvinrent à sauver les condamnés. Cet événement est consacré dans les chroniques sous le nom de journées des Afau-Brulez (mal brûlés). Il servit de prélude à une lutte interminable entre les deux -partis religieux. Philippe II, irrité des progrès croissants de la Réforme à Valenciennes, assiégea cette ville le 20 mars 1507 et s'en empara trois jours après. Le vainqueur ensanglanta sa victoire par plu-

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sieurs exécutions de chefs protestants, déclara la ville déchue de tousses droits, Iran* chises, privilèges et libertés, et prononça la confiscation de tous les biens appartenant aux bourgeois. En outre, une citadelle fut bâtie, moitié aux- frais de la ville, pour dominer et contenir cette dernière. Cependant le protestantisme s'y maintenait et l'influence de la ville se fit jour dans les nombreuses tentatives de soulèvement des Flandres qui signalèrent la fin du xvie siècle. Le 15 juin 1656, les maréchaux de France Turenne et La Ferté vinrent assiéger la ville; mais Valenciennes fut sauvée par l'arrivée du prince de Condé, alors révolté contre la cour, et qui contraignit les deux maréchaux à se retirer, abandonnant une partie de leur artillerie. Au mois de mars 1677, Louis XIV se présenta en personne devant Valenciennes et s'en empara. La ville fut alors réunie a !a France. Fendant la Révolution, le duc d'York, profitant habilement de la détection de Dumouriez, vint, en juin 1793, bloquer la ville, qui, après un bombardement de quarantetrois jours, dut capituler. Les ennemis sévirent, l'année suivante, contraints d'abandonner leur conquête. Valenciennes étant rentrée sous le gouvernement de la République, les chefs royalistes furent exécutés ou proscrits par ordre du conventionnel Joseph Le Bon. Le rôle de la ville en, 1815, après !a bataille de Waterloo, ne fut pas au-dessous de celui qu'elle avait su tenir en 1793; les Hollandais, profitant de la défaite des traoçais, se présentèrent sous les murs de Valenciennes et essayèrent, mais en vain, de s'en emparer. Les alliés, qui n'avaient pu prendre Valenciennes par la force, y entrèrent un peu plus tard à la faveur de la paix et n'en sortirent qu'en 1819, cette ville uyant fait partie des places de sûreté et de garantie que leur avaient octroyées les traités. Une exposition artistique et archéologique a eu lieu dans cette ville en 1872.

VALENCIENNES (Pierre-Henri), peintre français, né à Toulouse en 1750, mort à Paris en 1819. H prit d'abord des leçons de Doyen et alla ensuite à Rome, où il étudia spécialement les chefs-d'œuvre de Claude Lorrain et du Poussin, dont il sut depuis rappeler la manière. 11 fut de son temps un des représentants les plus distingués de l'école qui cultiva le paysage historique. Valenciennes avait plus de science que de génie; il brille surtout par la correction et par l'exactitude des détails. Sa plus belle toile, Cicëron découvrant en Sicile le tombeau d'Archimède, est au Louvre. On cité encore de lui : Philoctète dans l'ile de Lemnos et deux Œdipe, l'un devant te temple des Euméitides, l'autre sur le Cithéron. Toutefois, son plus beau titre à l'estime des artistes est son traité, encore fort apprécié aujourd'hui, des Eléments de perspective (1800 et 1820, in-4", 36 planches).

VALENCIENNES (Achille), naturaliste, né à Paris en 1794, mort dans la même ville en 1865. Fils d'un aide de Daubeuton, il obtint très jeune , grâce à l'amitié de Fourcroy, une bourse au collège de Rouen. Après de brilluites études, Valenciennes se préparait à entrer à l'Ecole polytechnique, lorsque la mort de son père (1812), en lui imposant l'obligation de subvenir aux besoins de sa famille, vint brusquement changer ses projets. Le Muséum lui ayant offert une place de préparateur, il accepta immédiatement le modeste traitement attaché à ces fonctions. E. Geoffroy Saint-Hibure, dont il était devenu un des préparateurs, le fit bientôt placer près de Lamarck, qui commençait alors la rédaction de sou Histoire des animaux sans vertèbres, et qui fit classer par son nouvel aide les zoophytes et les mollusques du Muséum. Quand Lamarck eut perdu la vue, ce fut Valenciennes qui rédigea l'histoire des familles des cardiums, des venus et des térébratules. En même temps il étudiait les mammifères, classait la collection des oiseaux et s'exerçait à disséquer. Lacépède s'attacha ensuite, comme aide naturaliste, Valenciennes, qui eut dès lors a s'occuper des reptiles et des poissons. Il avait ainsi, peu à peu, passé en revue le règne animal presque entier. Lorsque Cuvier se détermina, en 1817, à entreprendre l'histoire générale des poissons, il s'adjoignit Valenciennes à titre de collaborateur, et le chargea de rassembler les matériaux nécessaires à son travail. Valenciennes parcourut toute l'Europe, recueillant des dessins et des notes, négociant des échanges, obtenant des envois gratuits. Il rapporta de ses courses des documents qui étaient de véritables trésors, et il noua partout des relations qui devaient plus tard le servir admirablement, lorsqu'il s'occupa d'agrandir les collections du Jardin des plantes. En 1830, il fut nommé professeur d'anatomie à l'École normale, puis, en 1832, titulaire au Muséum, où il faisait un cours sur les animaux inarticulés. En 1844, il succéda, à l'Académie des sciences, à Etienne Geoffroy Saint-Hilaire, et obtint enfin, à l'Ecole supérieure de pharmacie de Paris, la chaire de zoologie qu'il a conservée jusqu'à sa mort. Dans le cours de sa carrière, Valenciennes s'est surtout occupé d'enrichir les collections du Muséum et d'en classer méthodiquement les nombreux sujets.

Simple dans ses mœurs, modeste, peu cotnmunicatif, un peu gauche dans ses manières, quelquefois brusque et bourru, assec tuai

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partagé du côté de la parole, Valenciennes possédait un grand fonds de bonté naturelle.

Valenciennes, qui, dès 1818, s'était fait connaître par des mémoires insérés dans les Annales du Muséum, et, peu après, par une traduction des Observations de zoologie de Humboldt, a laissé, outre une foule de Mémoires, Recherches, etc., relatifs à des questions d'histoire naturelle, et fournis à divers recueils, une Histoire naturelle des poissons (1828-1849), dont les six premiers volumes furent faits en collaboration avec Cuvier; l'ouvrage a onze volumes; les cinq derniers sont l'œuvre de Valenciennes seul; Histoire naturelle des mollusques, des annélides et des zoophytes (1833); le Comte de Lacépède (1859) ; divers articles pour le Dictionnaire de d'Orbigny, et les passages d'histoire naturelle contenus dans le Voyage autour du monde de Dupetit-Thouars.

VALENCIENNOIS, OISE s. et adj. (valan-siè-noi, oi-ze). G-éogr. Habitant de Valenciennes; qui appartient à cette ville ou à ses habitants : Lus valenciennois. La population VALENCIIÏNNOISK.

VALENDRB, ÉE adj. (va-lan-dré). Techn.

Se dit de toute pièce de verre ou de poterie qui est devenue gauche par l'action du feu : Vase valbndrù. Glace valkndrkë,

VALBNGIN ou VALANG1N, en latin Vallis Angina (vallée étranglée), village de Suisse, canton et à 5 kilom. N.-O. de Neuchâtel; 700 hab. Ce village fut autrefois le chef-lieu d'un comté de même nom, qui fut réuni à la principauté «le Neuchâtel en 1579 et dont le roi de Plusse fut reconnu souverain par le traité d'Utrecht en 1713. Valengin est situé au fond d'une vallée étroite; on y entre par une porte basse et massive, reste des fortiiications. Le château, ancienne résidence des comtes, n'est plus aujourd'hui qu'une prison, située sur un escarpement qui domine le village. Le village est traversé par le Seyon, petite rivière qui se jette dans le lac de Neuchâtel après avoir parcouru la vallée étroite et profonde appelée Gorges du Seyon ou de Valangin. Cette vallée est une des curiosités les plus remarquables du Jura; elle forme dans cette chaîne de montagnes un défilé ' abrupt, pittoresque et sauvage.

VALENS (Publius Valerius), un des trente tyrans romains, tué en 261. Nommé par Gailien proconsul d'Achaîe, il prit la pourpre quand Mucrin, qui le redoutait, envoya Pison pour le tuer. Valens battit Pison et le lit mettre à mort; mais, après un règne de six semaines, il fut lui-même assassiné par ses soldats.

VALENS (Aurelius Valerius), usurpateur romain du îve siècle. Il fut, en 314, associé k l'empire par Licinius, qui le fit tuer la même année après avoir signé la paix avec Constantin.

VALENS (Flavius), empereur romain, frère de Valentinien 1er, né vers 328, à Cibales (Paunonie), mort en 378 à Andrinople. Il fut oflicier du palais de Julien dans sa jeunesse. En 364, son frère l'associa à l'empire et le chargea du gouvernement de l'Orient. Il fixa son séjour à Constantinople, au milieu de peuples dont il ignorait le langage et les moeurs et qui le méprisaient. La révolte de Proeope, .appuyé par un parti puissant, l'effraya tellement qu'il fut sur le point d'abdiquer; la fermeté de ses ministres lui sauva ce déshonneur, et, ia trahison lui ayant livré son rival, il lui fit trancher la têle (366). Baptisé par Eudoxe, chef des ariens, il resta toujours attaché à cette secte, mais ne persécuta point les catholiques, ainsi que l'on prétendu certains historiens qui lui attribuent à tort quelques excès de ses officiers. En 369, il passa le Danube, vainquit les Goths auxquels il imposa une paix humiliante, fit la guerre aux Perses, qu'il battit en plusieurs rencontres, et permit ensuite aux Ooths, toujours redoutables par leur nombre et par leur courage, de s'établir au Sud du Danube, dans la basse Mœsie. Maltraités par les agents romains, ce3 Barbares se révoltèrent. Valens marcha contre eux, décidé à les exterminer; mais vaincu près d'Audrinople et blessé pendant l'action, il fut brûlé dans une chaumière où on l'avait transporté.

VALENS (Aburnus), jurisconsulte romain qui vivait dans la première moitié du ue siècle de notre ère, sous le règne d'Antouiu le Pieux. 11 avait écrit sur les Fideicommissa sepi livres, dout on trouve des extraits dans les Digestes, qui renferment aussi un passage d'un autre ouvrage de Valens sur les Actiones. Valens est encore mentionné par Poinponius et plusieurs fois cité par Paulus ; et l'on croit que c'est à lui qu'est adressé un rescrit d'Antonio le Pieux {Digeste, titre II, s. vu, g 2), ou il est appelé Salvius Valens.

VALENS (Vettius), astrologue grec, originaire d'Antioche. On ne sait pas au juste l'é- Soque k laquelle il vivait; les uns le placent ans la première moitié du ue siècle de notre ère, tandis que les autres le font contemporain de Constantin le Grand (me et ive siècle), qui l'aurait interrogé sur la destinée de Constautinople. Valens avait écrit plusieurs ouvrages, mais il ne nous en est parvenu que deux, qui sont demeurés manuscrits : 1 Anthologie généthliaque et De l'entrée des

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astres. Un fragment du premier livre de l'Anthologie a été traduit en latin par Camerarius l'aîné et inséré par lui dans ses Anthologica ex Bephsstione, Vetlio Valente et aliis (Nuremberg, 1532, in-4").

VALENS (Pierre), philologue allemand, né à Groniiigue vers 1570, mort en 1641. Son véritable nom, qu'il traduisit en latin, était Siark ou Sierk.; mot qui, en allemand, signifie fort. Il partit en 1588 pour Paris, fut reçu maître es arts à l'Université de cette ville, et, après avoir obtenu le droit de bourgeoisie et s'être fait naturaliser Français, H devint successivement professeur aux collèges de Reims et de Montaigu et principal de celui de Bonconrt, d'où il passa, en 1619, à la chaire de littérature grecque, qu'il occupa avec beaucoup de succès jusqu'à sa mort. Le nombre de ses écrits s'élève à vingt-six, d'après Goujet et Paquot; mais comme ils n'ont plus grand intérêt aujourd'hui, nous nous contenterons de mentionner les suivants : De munere officioque prsceptorum ac discipulorum, deque discenai via acratione (Paris, 1602, in-8°); Erricea, sive Henrici IV felix in urbem Parisiorum advenlns (1604, in-8°); le Mercure des arts et des sciences, ouvrage recherché des bibliophiles (1615, in-8°);Z>e taudibus Homeri (1621, in-8°); Lacrymarum Herar.liti et risus Democriti scena ( 1623 , in - 8° ) ; Elogia sternx mémorise Ludovici XIII, etc. (1629, in-8°).

VALENSOLE , ville de France ( Basses- Alpes), ch.-l. de cant., arrond. et à 50 kilom. S.-O. de Digne; pop. aggl., 2,280 hab. — pop, tôt., 3, 186 hab. Fabrication de chapeaux; récolte et commerce d'amandes. Foire importante le jour de la Saint-Jean. On y trouve de nombreux débris de constructions romaines, des tronçons de colonnes , des tombeaux, des médailles, etc.

VALENT1 GONZAGA (Silvio), prélat italien, né à Mantoue en 1690, mort en 1756. Elève des jésuites, il entra de bonne heure dans les ordres, fut envoyé comme nonce dans les Pays-Bas et en Espagne, et reçut en 1738, de Clément XII, le chapeau de cardinal. Il remplit ensuite les fonctions de légat à Bologne, jusqu'à i'avénement de Benoit XIV, qui le nomma secrétaire d'Etat, puis camerlingue. Il prit sous sa protection l'université de la Sapienza, y créa de nouvelles chaires et y appela les professeurs les plus distingués. La plupart des mesures qui furent prises à cette époque pour activer le développement du commerce et de l'industrie des Etats pontificaux doivent être attribuées à son initiative. L'Eloge de Valenti Gonîaga a été écrit pur Todeschi (1766).

VALENTIA, petitelle d'Irlande, dans l'Atlantique, près de la côte occidentale du comté de Kerry, dont elle fait partie, à l'entrée S. de la baie de Dingle. Elle mesure 6 kilom. de longueur sur 3 do largeur et renferme une population de 2,500 âmes. Les steamers des lignes américaines venant de Liverpool y font escale avant de mettre le cap vers le nouveau monde. C'est également la tête de ligne du télégraphe transatlantique qui pendant quelque temps transmettait des avis météorologiques d'Amérique. Valentia est aujourd'hui le centre d'un groupe de stations fort importantes pour la météorologie internationale. »

VALENTIA (Grégoire de), théologien espagnol, né k Medina-del-Cainpo en 1551, mort en 1603. Il entra à quatorze ans dans la Société de Jésus et professa successivement à Dillingen et à Ingolstudt. Grâce à l'ardeur et au talent qu'il déploya dans les polémiques religieuses de l'époque, il s'acquit une telle réputation que le roi de Pologne, Sigismond III, voulut l'attirer à sa cour, et que l'Université de Paris lui olfrit une chaire. Valentia préféra se" rendre k Rome, où le pape Clément VIII le nomma professeur du collège romain. On a de cet auteur un grand • nombre d'ouvrages, relatifs k la polémique religieuse et à lu philosophie scolastique; il publia lui-même, en 1591, un recueil de controverses ; parmi ses autres écrits, le plus important a pour litre : Commenlaria théologien et disputationes in Summam Thomas Aquinatis (1591, 4 vol. in-4<>).

VALENTIA (George Annusley), comte de Mountnorris, voyageur unglais , né à Arley- Hall en 1774, mort k Paris eu 1816. Au sortir de l'université d'Oxford, il entra dans l 'urinée. En 1789, il se rendit en France, passa quelque temps k Strasbourg pour y apprendre le français et l'allemand, puis revint en Angleterre. Ayant quitté le service, il partit en 1802 pour les Indes, qu'il visita ainsi que la mer Rouge, l'Arabie, l'Egypte, et ne revint qu'en 1806 dans son pays. En 1808, lord Valentia fut élu membre de la Chambre des communes. Il avait fait rédiger par Sait la relation de son voyage, qui parut sous le titre de Voyages aux Indes, à la mer Rouge et en Abyssinie (1809, 3 vol. in-4°).

VALENTIANE s. f. (va-lan-si-a-ne — du lat. Valentia, ville de Valence). Epée fabriquée à Valence, en Espagne, il On écrit aussi

VALKNCLANB.

— Bot. Genre d'arbrisseaux grimpants, de la famille des caprifoliacées, dont l'espèce type croit en Abyssinie.

VALENTIE s. f. (va-lain-tl — du lat. valens,

VALE

puissant, par allus. aux- propriétés de la plante). Bot. Ancien nom de l'armoise.

VALENTIE, en latin Valentia, nom d'une des cinq provinces de la Bretagne romaine et la plus septentrionale. Elle s'étendait entre le Vallum Romanum, qui la séparait de la Calédonie au N., et la province d'Adrien au S. Les Brigautes et les Selgoves en étaient les peuples principaux ; son territoire forme actuellement les comtés de Northumberland, de Durham, de Westmoreland et une partie de celui d'York.

VALENTIN s. m, (va-lan-tain). Ane. coût. Prétendu que chaque fille choisissait, dnns certaines villes de province, le jour de la fête des brandons.

Vnicniin (le), château royal du royaume d'Italie, situé à 1 kilom. S.-E. de Turin. Il fut commencé sous l'occupation française, en 1550, par René de Birague, président du parlement de Turin. '

VALENTIN, pape, mort en 827. Romain d'origine, il était simple archidiacre lorsqu'il fut choisi pour succéder k Eugène II. Valentin n'occupa le trône pontifical que pendant six semaines.

VALENTIN, hérésiarque du ne siècle, né à Phrébon ou Pharbé (Egypte), mort vers 161. Il étudia à Alexandrie, y acquit une connaissance approfondie de la langue et de la littérature grecques, brigua sans succès l'épiscopat et, irrité de son échec, entreprit de former une nouvelle secte. Mêlant la doctrine des idées de Platon et celle des nombres de Pythagore à la théogonie d'Hésiode et à l'Evangile de saint Jean, le seul qu'il considérât comme authentique, il forma un système qui se rapprochait de celui des gnostiques. Il eut bientôt en Egypte un grand nombre de partisans, vint k Rome vers 140 et fut excommunié deux ans plus tard. Quand il mourut, sa doctrine comptait des adhérents dans la plupart des provinces de l'Orient.

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