‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 570 sur 1042 · VANE · texte numérisé non relu

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croyons devoirrapporter ici. «Vanessa, dit-il, avait fait un testament après le décès de sa sœur, par lequel elle laissait toute sa fortune à Swift; mais par un autre, fait la veille de sa mort, elle partagea ses biens entre M. Marshall et le célèbre docteur Berkeley, depuis évêque de Cloyne; le premier émit son parent, l'autre un ami pour lequel elle avait toujours manifesté la plus haute estime. Elle pria ses exécuteurs testamentaires de faire imprimer, immédiatement après sa mort, sa correspondance avec Swift, ainsi que le poème de Ctidenus et Vanessa; et, pour se conformer à ses intentions, ils avaient déjà rais sous presse plusieurs lettres, lorsque le docteur Sheridan en fut instruit et les engagea à les retirer. Néanmoins, malgré ses soins, le poëme de Cudenus et Vanessa devint public; mais ce morceau de poésie et un petit nombre de lettres sont à peu près les seules pièces de cette correspondance qui aient été conservées.!

i VANESSE s. f. (va-nè-se). Entom. Genre j d'insectes lépidoptères diurnes, de la tribu ! des nymphalides ou type de celle des vanessides, comprenant un grand nombre d'espèces, répandues sur tout le globe, et dont douze habitent l'Europe : Le vol des vankssks est vif et rapide, mais de peu de durée. (E. Desmarest.)

— Encycl. Les vanesses sont des papillons connus de tout le monde; ce sont ces insectes aux ailes anguleuses ou festonnées, peintes de riches couleurs; papillons qui, pour la plupart, éclosent sous nos yeux, le long des chemins; qui fréquentent les jardins, qui traversent de leur vol sautillant les rues des hameaux. Le paon de jour, le vulcain, la petite tortue, la belle daine ne sontils pas partout? Leurs images ont été faites plus souvent que celles des hommes les plus illustres ou des plus hauts personnages. Le plus remarquable papillon du groupe des vanesses est le paon de jour. Qui n'a admiré ses ailes si élégamment découpées, d'un rouge tirant sur le rouge brique, d'une incomparable fraîcheur; chacune portant une large tache analogue à celles du paon, où le noir, le jaune, le bleu violacé figurent à merveille une pupille, une prunelle, un iris? Le paon de jour se montre au printemps; il paraît de nouveau en été, souvent il reparaît encore en automne. C'est sur les orties que vivent ses chenilles. Sons leur premier état, les vanesses habitent «n commun ; les individus d'une même ponte ne se séparent guère les uns des autres avant le terme de leur croissance, avant l'époque de leur métamorphose. Sur une tige d'ortie, les chenilles se poussent les unes les autres,,rongeantla même feuille. Quand tout est rongé, la troupe entière se porte sur une autre tige. Les chenilles du paon de jour sont d'un noir de velours pointillé de blanc ; chacun des anneaux de leur corps, à l'exception du premier, porte six épines rameuses ou tout au moins ciliées de poils roides. Leurs pattes sont construites pour grimper sur les tiges peu résistantes d'une plante herbacée. Pour se transformer en chrysalide, ces chenilles se fixent ordinairement aux feuilles de la plante qui les a nourries ou aux plantes du voisinage. Quinze jours après, les papillons éclosent.

Le paon de jour n'est pas la seule vanesse ayant des chenilles qui mangent des orties. La plus commune est la petite tortue, dont les générations se succèdent rapidement pendant toute l'année. Le vulcain aux ailes noires, traversées par une bande d'un rouge écarlate, se nourrit également des orties au temps de sa première condition. Les chenilles du vulcain, d'un gris jaunâtre, ont des habitudes plus solitaires que celles des autres vanesses; presque toujours, on les trouve isolées.

La belle dame, aux ailes rosées, a presque le monde entier pour patrie. D'après plusieurs observations, elle émigré en grandes troupes, parcourant d'immenses espaces lorsque les vents lui sont favorables. Se> chenilles vivent sur les chardons, rassemblées en nombre plus ou moins grand.

La grande tortue n'est guère moins commune que les précédentes dans notre pays.' Ses chenilles vivent particulièrement sur les ormes, et, dans les localités où on les rencontre, il est ordinaire d'en voir plusieurs milliers sur les mêmes branches.

Le morio est la plus grande de nos vanesses; moins répandue que ses congénères, elle est fort prisée des amateurs. C'est d'ailleurs un fort beau papillon, avec ses ailes festonnées d'un brun marron, avec une bordure jaune clair précédée d'une série de taches bleues. Le morio a un vol'plus élevé que les autres vanesses et il est plus difficile à saisir. Sa chenille vit par groupes plus ou inoins nombreux dans les cimes des grands saules.

Le robert le diable, aux ailes fauves, marquées de noir, toutes découpées sur le bord terminal, ayant en dessous un petit trait blanc courbé, qui figure exactement la lettre C, est partout fort commun. Ses chenilles, assez régulièrement teintées de blanc rosé dans leur partie antérieure, vivent sur les orties et souvent aussi sur les ormes. Dans le midi de la France, le robert le diable est remplacé par une espèce voisine, chez laquelle la ligne de la face inférieure de9 ailes offre la figure d'un L. Enfin, dans le

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même goure, il est encore une très-petite espèce fort curieuse, à raison de la variabilité de sa coloration, c'est la carte géographique. Lorsque, vers la fin d'avril et dans les premiers joins de mai, on visite ces bois pleins de fraîcheur, arrosés par de petits ruisseaux faisant entendre leur murmure, on voit voltiger, puis reposer sur les orties, de charmants petits papillons bien reconnaissables pour des vanesses h. leur port, et surtout à la forme de leurs ailes. Ces ailes, si fraîches qu'elles semblent veloutées, ont une couleur fauve, extrêmement vive, sur laquelle serpentent dans tous les sens des lignes noires, semblables aux lignes d'une carte géographique, ce qui explique le nom vulgaire de I insecte.

VAN ESSEN (Jacques) , peintre flamand.

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