‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 569 sur 1042 · VANE · texte numérisé non relu

VANE

velle forme de gouvernement républicain.

Après la. restauration, Charles II le fit arrêter et condamner à mort. Il fut décapité en 1662 et mourut avec la plus grande fermeté. Il a laissé quelques écrits politiques et théologiques. Ses principes religieux le rattachaient aux idées d'Origène, et il a formé une secte de puritains qui prirent le nom de seekers (chercheurs). Il a exposé ses opinions religieuses dans les ouvrages suivants : Une question salutaire proposée et résolue (Londres, 1656, in-4°) ; les Méditations de l'homme retiré ou le Mystère et te pouvoir de la piété apparaissant dans le monde vivant (Londres, 1656, in-40), livre où, entre autres sujets passablement obscurs, il traite de la création, de la nature et de la mission des anges, de l'arbre de la science du bien et du mat, de la chute de l'homme et du règne de mille années du Christ; De l'amour de Dieu et de Vunion avec Dieu (1,657, in-4°); la Face des temps, où l'on découvre brièvement... le commencement, les progrès et la fin de l'inimitié et de ta lutte entre la race de la femme et la race du serpent, etc. (1662, in-4°), etc.

VAN EFFEN (Juste), publieiste hollandais. V. Effen.

., VANEL, historien et magistrat français, qui vivait dans la seconde moitié du xviiu- siècle. Tout ce qu'on sait de lui, c'est qu'il était membre de la cour des comptes de Montpellier. Il a laissé : Histoire du temps ou Journal galanr (Paris, 1685, 2 vol. in-12); Galanteries des rois de France depuis le commencement de la monarchie (Bruxelles, 1694).

VANELLE s. f. (va-nè-le — rad, vanneau). Oruith. Nom vulgaire du vanneau, dans le midi de la France.

— Bot. Nom vulgaire du stylidium pileux. VANER v. n. ou intr. (va-né). Argot. S'en aller.

VANES (les), peuplade mythique, ennemie des Ases et des compagnons d'Odin. Elle devait habiter les bords du fleuve Tanaïs et était réputée pour sa science en magie. Après de longues luttes avec les Ases, on conclut anflu la paix ; Niord et Kwaser furent donnés en otage aux Ases, et ceux-ci cédèrent Hâuer et Mimer le poète. Freya, la fille de Niord, apprit aux Ases la science des enchantements et la sorcellerie.

VAN ES (Jacques), peintre flamand. V. Es.

VAN ESPEN (Zeger-Bernard), jurisconsulte néei landais. V. Espkn.

VANESSA(miss Van Homrigh, plus connue sous le nom de), maltresse du satirique anglais Jonathan Swift. Swift, relégué dans une petite ville de la pauvre Irlande, s'échappait souvent de sa retraite et accourait à Londres, où l'attiraient sa passion du bruit, du mouvement, son amour de la politique, surtout son ambition. Dans un de ces voyages, c'était au mois d'octobre de l'année 1710, il fit la connaissance de Mme Van Homrigh, riche veuve d'un Hollandais, commissaire de l'armée d'Irlande. Cette dame avait deux filles; l'aînée, âgée de dix-huit ans, était belle, possédait un esprit charmant; elle aimait les lettres et désirait les cultiver. o Swift, dit Crawford, offrit de diriger ses études, et, à l'aide de ses instructions et d'une application extraordinaire, elle fit d'abord des progrès qui étonnèrent le maître; mais, après un certain temps, il aperçut en elle des distractions dont il ne pouvait se rendre compte ; l'étude, jusqu'alors son unique plaisir, paraissait ne plus l'intéresser. Swift lui en lit l'observation, demandant la cause d'un changement si inattendu : elle avoua sans détour qu'il était l'objet d'une passion que, malgré ses efforts, elle ne pouvait plus contraindre. L'étonnement de Swift fut extrême; mais; au lieu de raisonner, il traita sa déclaration de plaisanterie, employa le ridicule pour lui en prouver la déraison et chercha même à l'en faire rougir et la dégoûter; mais non -seulement elle persista à avouer son amour, elle voulut encore le jus- tifier. Cette déclaration eut lieu au commencement de 1712; Swift avait alors quarantecinq ans et miss Van Homrigh vingt. Voyant que la raillerie ne produisait pas l'effet qu'il en attendait, il lui parla sérieusement; ses raisonnements furent tout aussi inutiles. C'est alors qu'il céda. Tous les projets de bonheur qu'il avait formés pour passer le reste de ses jours avec la fidèle Stella furent dès ce moment détruits. Mlle Van Homrigh lui offrit sa main et sa fortune, que la différence d'âge et encore plus ses liaisons, ses engagements peut-être avec Stella lui défendirent d'accepter. • Le seul parti qui lui restait, le seul parti généreux; simplement honnête, était de ne plus revoir la folle et imprudente jeune fille et de retourner en Irlande vers celle qui l'aimait, l'attendait et depuis longtemps lui avait sacrifié sa vie.

Il n'en eut pas le courage. Il laissa la pauvre enfant, ivre d'amour, s enlacer de plus en plus à la passion qui faisait sa vie, commettre imprudence sur imprudence ; il la laissa venir jusqu'en Irlande, près de lui, près de Stella. On sait' comment cet ainoor se termina. Vanessa apprit qu'elle avait une rivale et en mourut.

Crawford termine le chapitre qu'il consacre à Vanessa, dans son Essai historique sur le docteur Swift, par quelques particularités qui nous semblent intéressantes et que nous

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