‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 572 sur 1042 · V. VUNGUKON · texte numérisé non relu

V. VUNGUKON

VANGEUOW (Charles-Adolphe de), jurisconsulte allemand, né à Schitl'elbach, près de Marbourg(Hesse), en 180S. 11 se livra, dès sa seizième année, à l'étude du droit, fut reçu en 1830 docteur et prioat-dùceni à l'université de Maibourg et y fut nommé, en 1833, professeur extraordinaire, puis, en 1837. professeur ordinaire. En 1840, il succéda à Thibaut dans la chaire de droit romain k l'université de Heidelberg, où son enseignement eut beaucoup de succès. 11 est devenu, en outre , successivement conseiller aulique (18-12); conseiller aulique intime (1846) et con

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seiller intime (1849). On a de lui : Commeniarium ad legemXXII, § îer, c. De jurejieliberandi (Marbourg, 1830) ; Latini Juniani (Marbourg, 1833), monographie de l'histoire du droit; Guide pour des leçons sur les Pantlectes (Marbourg, 1837etann, s'uiv.,3 vol.), ouvrage très-estimé, dont la septième édition, considérablement augmentée et améliorée, a paru sous ce titre : Manuel des Pundectes (Marbourg, 1863-1868, 3 vol.); De furto eoncepto ex lege XII tabularum. (Heidelberg, 1845); Sur la lex Voconia (Heidelberg, 1863). Il a, en outre, publié un grand nombre de travaux de jurisprudence dans les Annales de Richter, ainsi que dans les Archives pour la pratique du droit, dont il est coédueur depuis

VAN GEUNS (EtiennerJean), médecin et botaniste hollandais. V. GEUNS.

VANGEUR s. m. (van-jeur). Techn. Ouvrier qui pétrit la terre dans les briqueteries. Il Ouvrier qui prépare les vasons.

VAN GIIELL (Céline-Anna), actrice française, née en 1847. Fille d'un musicien distingué, elle fit de bonnes études et parut le 8 octobre 1868 à l'Athénée, dans le Petit Poucet, de Laurent de Rillé. Son père composa et intercala exprès pour elle la romance de l'Etoile, qui fit le succès de la débutante. Engagée l'année suivante aux Folies-Dramatiques, elle créa avec les plus vifs applaudissements Méphisto du Petit Faust, d'Hervé (23 avril), puis joua aux Bouffes-Parisiens et passa ensuite aux Variétés, où elle interpréta les rôles de Fioiella des Brigands, de Gabrielle des Cent vierges, etc. En 1872, elle quitta une scène qui convenait si bien k la nature de son talent pour abordera l'Opéra- Comique le rôle de Rose Friquet des Dragons de Vittars. i Douée d'une voix un peu plus étendue que ne le sont d'ordinaire celles des chanteuses d'opérette, dit un critique, elle écouta les conseils dangereux de ses admirateurs. MU" Van Ghel! déploya certainement de la gentillesse, une certaine verve et lit entendre de doux accords; mais la distance k laquelle elle resta de M1"' Galli- Marié fut telle, que deux représentations suffirent pour rompre l'engagement. •

Elle retourna aux Variétés, où, dans l'emploi des travestis, elle tenait à juste titre le premier rang. Changeant encore de théâtre, elle alla jouer en 1874 aux Folies-Dramatiques la Fiancée du roi de Garbe et Clairette de la Fille de Mm" Angot. Elle a créé depuis aux Bouffes -Parisiens René de la Créole, d'Offenbach (3 novembre 1875), puis elle est revenue aux Variétés, où elle a retrouvé son véritable public. « Nature fine plutôt que pénétrante, dit M. Félix Jahyor, espiègle avant d'être entraînante, tout ce que chante MUo Van Ghell révèle du goût, et tout ce qu'elle dit est marqué au sceau de l'esprit. »

VANGIONS, en latin Vangiones , peuple de la Gaule romaine, établi dan3 la Gemiauio I", au S. des Caracates et au N. des Néinètes. Leur capitale était Vangiones ou Borbetomagus , aujourd'hui Worins. Leur territoire correspond à peu près à la province bavaroise du Palatinat.

VAN GOVEN (Jean-Joseph), peintre hollandais, né k Leyde en 1596, mort k La Haye en 1656. Successivement élève dé Scliilperoort, de Jean NicolaT, de Jean de Man, de Henri Kiok et de Willem Geritz , il se rendit vers 1615 k Paris, où il n'y avait pas encore un seul véritable paysagiste. Aussi les Plages et les Ruines de Van Goyen firent-elles grande sensation. Le jeune peintre reçut de nombreuses commandes, auxquelles, malgré sa prodigieuse facilité, il pouvait à grand'peine suffire. Cependant ses meilleures toiles n'étaient guère alors que des études. S'étant rendu à Harlem pour peindre des chasses sous la direction d'Isaïe van de Velde, il profita des conseils de ce maître ; car, en l'espace d'un an, il devint aussi fort pour dessiner la figure, ce qu'il ignorait jusque-là, que pour tout le reste. «Ses sujets, dit Ch. Blanc, sont simples comme sa manière; ce sont ordinairement des vues de rivière, dont l'eau tranquille porte des bateaux marchands ou des barques de pécheurs ; sur le rivage et presque à fleur d'eau s'^endent ces terrains d'alluvion qui compo:.int presque tout le Sol de la Hollande ; on y voit des hameaux sur pilotis et souvent le clocher d'une église de village, dont le peintre fait contraster les formes pittoresques avec les lignes de l'horizon.» Descamps nous apprend qu'autour de lui vinrent se grouper un grand nombre d'élèves, et qu'il ouvrit à Leyde une école fameuse par les paysagistes qu'elle a produits. Parmi cux-ci, on remarque Beighem, Van der Kabel, Herinann Zaftleven, Jean Steen, qui séduisit sa fille, Marguerite van Goyen, ci l'épousa. Les tableaux de Goyen" sont très-répandus; on en trouve un peu partout et c'est sans doute à cela qu'ils -doivent leur peu de valeur. Du reste, ses toiles ressemblent trop k des grisailles, maintenant surtout que le temps a ôté aux couleurs leur premier éclat et 1 a remplacé par une teinte uniforme, brune et lourde. Si son coloris eût été plus chaud et plus fruis, il n'aurait jamais baissé dans l'admiration publique. On voit au Louvre deux de ses paysages : un Canal en Hollande, signé et daté de 1647; Bords d'une rivière (1644) et une Ma-

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rine, ainsi que quelques dessins à la pierre noire lavés d'encre de Chine.

VANGUIER s. in. (van-ghié). Bot. Genre d'arbres, de la famille des rubiacées, tribu des cofféacées, comprenant cinq ou six espèces, qui croissent dans l'Inde, dans.l'Afrique australe et k Madagascar. Il On dit aussi

VANGUIERE et VANGDIÉR1E S. f.

— Encycl. 'Ce genre renferme de petits arbres, caractérisés surtout par des baies globuleuses , souvent comestibles, ce qui les distingue dès genres voisins. Il comprend cinq ou six espèces, qui croissent dans I Inde, a Madagascar et au Cap de Bonne-Espérance. La plus remarquable est le vanguier comestible ; c'est tin petit arbre à feuilles péliolées, ovales, entières, glabres, à fleurs en cymes axillaires; le fruit est de la grosseur d'une pomme, ombiliqué, à cinq loges renfermant chacune une semence en forme d'amande.

Originaire de Madagascar, cette espèce a été introduite par la culture à l'Ile de la Réunion et jusqu'en Chine. On mange ses fruits quand ils sont très-mûrs j les nègres surtout en sont très-friands. Le vanguier est peu connu en Europe, où il exige la serre chaude.

' VANHALLIE s. f. (va-nal-lî — de Van Balle, botan. belge). Bot. Syn. de bragantie, genre d'suistoloehiées. Il Syn. de conoplék, genre de cryptogames.

VAN HASSELT (André), littérateur belge, né k Maëstricht en 1805. Il fut inspecteur général des écoles normales du royaume et membre da l'Académie de Belgique. M. Van Hasselt a publié, entre autres ouvrages : Histoire de P. -P. Ilubens (1840, in- 8°); Belgique et Hollande (1844, in-8°); Histoire des Belges (1848, 2 vol. in-12); les Belges aux croisades (1846, 2 vol. in-12); Primevères, poésies (1854, in-12); Nouvelles poésies (1857, in-12); la Bi/gique pittoresque, monumentale, artistique, etc. (1858, in-12); Poèmes (1863, in- 18}; les Splendeurs de l'art en Belgique (1848), avec M. Moke, etc. Enfin, il a tait paraître sous des pseudonymes un grand nombre d'autres ouvrages. On lui doit, sous lo pseudonyme de Cb. A mire : Cours de littérature française (1S54); Leçons choisies de littérature; Mille et une leçons de littérature (1862); Ecrin de paraboles, etc., et, sous celui d'Alfred d'Aveline, des traductions de contes allemands : le Ravin des loups; la Feuille de trèfle; le Coffret aux belles histoires; les Veillées du vieux conteur; les Récits du coin du feu, etc. Citons enfin de lui, sous ce dernier pseudonyme : le Théâtre moral du jeune âge (1864, in-S°); la Chambre à la porte de fer (1865, in-8»), etc.

VAN HECKEou VÀNECB.musicien français qui vivait dans la seconde moitié du xvitie siècle. Il inventa à Paris, vers 1770, une guitare à douze cordes, à laquelle il donna le nom de bissex, et qui est complètement oubliée aujourd'hui. Van Hecke avait aussi puplié une Méthode de bissex et une Méthode de violon.

VAN HEBL (Daniel), peintre belge, né k Bruxelles en 1007. On ne sait rien de sa vie. Apres avoir cultivé le paysage, il s'adonna exclusivement à la reproduction des incon-

I dies, qu'il rendait avec une vérité saisissante.

I Ses principales toiles sont : V Embrasement de Sodome ot V Incendie de Troie.

! VAN HEEM (Jean-David), peintre hollandais. V. HliBM. '

j VAN 11 ELMONT (François-Mercure), alchimiste et hébraïsant. V. HelmONt.

VAN HEI.MONT (Jean-Baptiste), chimiste et médecin belge. Y. Helmont.

VAN 11EI.MOST (Sègres-Jacques), peintre flamand. V. IIelmont.

VAN 1IF.I.ST (Barthélémy), peintre hollandais. V. HliLST.

VAN 1IELT STOCCADE (Nicolas), peintre hollandais, né à Nimègite en 1614, mort on ne sait k quelle époque. Elève do son beaupère, David Ryckaert le Vieux, il alla se perfectionner en Italie, passa plusieurs années k Rome et à Venise, nuis vint en France, où ses toiles obtinrent beaucoup de succès et lui valurent le titre de p; .ntre du roi. Il retourna plus tard s'établir dans sa patrie, où, cependant, l'on rencontre fort peu de ses compositions. Elles sont en majeure partie restées k Rome et k Venise, ou bien ont passé en Angleterre, où elles étaient particulièrement recherchées. Cet artiste cultivait surtout le genre historique, et il a su faire preuve d'originalité en traitant des sujets qui déjà avaient été maintes fois abordés par d'autres. On cite, comme ses meilleures toiles -.Andromède, Clé lie et Joseph distribuant le blé aux peuples de l'Egypte. Van Helt excellait aussi dans le portrait.

VAN HECRAET, géomètre hollandais. V. Heuraet.

VAN HEURCK (Henri), naturaliste belge, né à Anvers en 1838. Après de solides éludes k l'Athénée d'Anvers et à l'université de Louvuiu, le docteur Henri van Heurck alla suivre les leçons du professeur Schacht, k l'université de Bonn. En 1807, il fut nommé professeur de chimie à l'école industrielle d'Anvers. Il consacra ensuite une partie de sa fortune k l'érection d'un musée botanique, qu'il mit généreusement à la disposition des travailleurs. Dès l'année 1858, il avait fondé

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la Société botanique d'Anvers, où ie puis lors il fait chaque année un cours gratuit de botanique en langue flamande. En 1864, il fonda également la Société phytologique et micrographique de Belgique, dont les séances sont très-suivies.

Le docteur Van Heurck a publié bon nombre de travaux remarquables, dont les principaux sont : Prodromes de la flore du Brabant,en collaboration avec M. Vesmael (Louvain, 1862, in-8°); Herbier des plantes rares de Belgique {\&&i, in-12); Flore mëdicule belge, par les docteurs H. van Heurck et Victor Guibert (Louvain, 1864, in-8l> de 450 p.); la Microscope, sa construction, son maniement et son application aux études d'anatomie végétale (Anvers, 18S5), ouvrage qui fut couronné par la Société royale d'horticulture.

VAN 11 EU UNE (Jean), médecin hollandais. V. Hkurne.

VAN HEUSDE(Jean-Adoiphe-Charles), philologue hollandais. V. Hkusdk.

VAN HliUSDE (Philippe-Guillaume), philologue hollandais. V. Heusdb.

VAN HOECK ou HOEK "(Jean), peintre flamand. V. HOEK..

VAN HOEVEN, nom de deux savants hollandais. V. Hobven.

" VAN HOLSBEEK (Henri), médecin belge, né k Bruxelles en 1829. Il est attaché comme chirurgien à l'hospice de Sninte-Gertrude, k Bruxelles. Savant praticien, il s'est fait connaître en outre par la publication de plusieurs ouvrages, notamment : Compendium d'électricité médicale (1860, in-12); le Médecin de la famille (1860, iu-18); le Médecin et l'ouvrier (1860, in-12); Annuaire médical de la Belgique (1861, in-12); Précis d'ttygiine et da médecine à V muge des gens de mer ( 1 86 1 , in-12); Traité d'anatomie (1861, in-8°) ; Traitement des maladies par l'eau froide (1861, in-12); V/ndusirie dentellière (1802, in-12); Code médical belge (1863, in-12); la Danse des tables et des esprits (1863, in-8°); Lettres sur le magnétisme animal (1863, in-8<>) ; Des paralysies et de leur traitement (1863, in-8u); Vade-mecum du malade et du touriste (1864, in-12); la Guérison de la goutte (1865, in-8»), etc.

VAN HOOFT (Pierre-Corneilte), historien et poète hollandais, V. Hooft.

VAN HOOGSTRAATEN, nom d'érudits et d'artistes hollandais. V. Hoogstraaten,

VAN HOOHEBEKE (Charles-Joseph), botaniste flamand, né k Gand en 1790, mort en 1821. Il était membre de l'institut des Pays- Bas et laissa un Herbier de la Flandre occidentale, qui devait être utilisé pour la rédaction d'une ilore belge, à laquelle il travaillait, mais qu'une mort prématurée ne lui permit pas de publier. On a donné en son honneur le nom de hoorebekia Chiloensis à une plante originaire des Cordillères du Chili.

VAN I10UN (Jean), médecin suédois, né h Stockholm en 1662, mort dans cette ville en 1724.11 étudia la médecine à Paris et à Leyde, où il passa son doctorat (1690). De retour dans sa ville natale, il fut nommé professeur d'anatomie et, en 1724, premier médecin du roi Frédéric. Les principaux ouvrages do ce médecin, qui s'oci:upa surtout d'obstétrique, sont : De partu prsternaturali (Leyde, 1690) et l'AccoMc/ieuse exercée (Stockholm, 1697), souvent réédité.

VAN HOVE (Antoine), en latin Anionius IloTtcns, poète et historien hollandais, né h Kg mont vers 1505, mort en 15C8. Admis dans Tordre des bénédictins, ii s'adonna à la poésie et k l'histoire et devint abbé d'Ëplurnuch, dans le Luxembourg (1563). Outre des poésies latines, on lui doit : Zuertaondius vel de temporis nostri statu (Leyde, 1563, iu-12), dialogue sur la providence, l'immortalité de l'àme, etc.; f>e arte antaudi Deum (Cologne, 1566, in-12), avec, des poésies latines; Histoire des seigneurs et des comtes d'Eymont (1630, in-12), rééditée en 1664 avec des additions. .

VANHOVE, acteur français, né dans la Flandre française vers' 1738, mort à Paris en 1794. Entré fort jeune au théâtre, il se voua immédiatement uux rôles de père noble, qu'il joua k Lille avec succès; puis il obtint, en

' 1777, un ordre de di'but au Théâtre-Français, pour remplacer Brizard, et se fit applaudir

j dans le Père de famille, le Glorieux, Hypermnestre et Mahomet. En peu de temps, cet

I artiste consciencieux acquit entièrement la faveur du public. S'il manquait un peu do distinction,- s'il prêtait aux néros tragiques l'allure pesante du bourgeois flamuml, il possédait en revanche au suprême degré le naturel, la chaleur et l'émotion conimuiiieative. Ses principaux rôles étaient : Courval dans Y Ecole des pères, Géronte du Menteur, Hartley d'Eugénie, don Diègue du Cid et le vieil Horace. Vanhove était le père de M»» Talma.

VANHOVE (Cécile-Caroline-Charlotte), comédienne et femme auteur, fille du précédent, née à La Haye le 10 septembre 1771, morte à Paris le 11 avril 1860, Charlotte Vanhove fut dès l'enfance destinée au théâtre et apprit en se jouant les premiers éléments de l'art dans lequel elle devait s'élever si haut. C'était une toute mignonne et vive créature, qui fut dès son enfance c©

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que l'on appelle une petite merveille. On hii faisait jouer la petite Louison ùu Malade imaginaire, Joas A'Athalie et d'autres personnages enfantins. Mais bientôt ses parents songèrent à cultiver sérieusement les dons naturels de leur enfant, et on lui donna pour maître Dorvul, médiocre comédien, mais excellent professeur, quoique trop classique. Moins bien douée, Charlotte Vanhove aurait été comme étouffée sous ce maître ; tout au plus serait-elle arrivée à l'art du bien dire: mais elle sut lui laisser ses défauts et ne lui prendre que ses qualités, la tenue, le tact, la mesure.

Bientôt le maître déclara que son élève pouvait paraître dans de véritables rôles; les octobre 1785, k l'âge dequatorze ans, Charlotte Vanhove débutait à la Comédie-Française, dans le rôle d'Iphigénie de la tragédie de Racine. Son succès fut complet. Klle parut ensuite dans seize rôles différents, et tous confirmèrent les espérances qu'elle avait données. Les mémoires et les correspondances du temps parlent de l'enthousiasme qui l'accueillit et présagent en elle celle qui fera oublier les Dangeville, les Gaussin, les Desgarcins et les Contât. «'Tout Paris se porta en foule pour l'admirer, dit Baohaumont(jl/emoires) ; les applaudissements se font entendre au loin, jusque dans la rue,» et Laliarpe écrit au grand-duc de Russie : « La petite Vanhove est l'idole du public. • Beaumarchais, à peine sorti de Saint-Lazare, courut l'entendre le soir même dans le rôle d'Eugénie, qu'elle venait de créer, et M.-J. Chénier, pour lui témoigner sa reconnaissance de la façon dont elle interprétait son héros, lui abandonna ses droits d'auteur lors de son premier ouvrage, Edgar ou le Page supposé. Drame, tragédie, comédie, tous ies genres semblaient également de son domaine, et tous les bravos de l'auditoire venaient le lui témoigner et susciter, comme toujours, des rivalités jalouses. A l'instigation de Mllo Contât, le maréchal de Duras, auquel incombait la haute inspection du théâtre, décida que Mlle Vanhove ne prendrait rang qu'après MU" Laurent, et Emilie Contât, sœur de l'artiste renommée. Mm« Vanhove, ne pouvant digérer l'affront, défendit à sa fille de paraître le soir sur la scène, où pour la troisième fois elle jouait le rôle d'Eugénie. Comme elle était la favorite du public et que nulle n'était en mesure déjouer le rôle, l'aréopage comique jugea prudent de capituler, et l'arrêt du maréchal subit, aux dépens de l'inoffensive Mlle Laurent, un amendement dont se contentèrent les Vanhove. L'année suivante, le 31 janvier 1789, comme on représentait pour la premiè, e fois la Fausse inconstance, de la comtesse Fanny de Beauharnais, la pièce sombra dès le second acte, au milieu d'un ouragan de sifflets. Les comédiens étaient abasourdis par la fureur du public. Mme Vanhove s'avance vers la rampe et dit : a Messieurs, voulez-vous qu'on baisse la toile, ou que l'on joue autre chose?.. Que voulez-vous? — Nanine, » dit une voix. Mille voix répétèrent : • Naninet Nanine! » C'était un ordre, et comme il n'y avait pas d'autre Nanine que MU» Vanhove, cette fin de soirée fut pour elle un triomphe.

Par suite du mauvais vouloir et de la jalousie de Mlle Contât et de M"» Desgarcins, l'élève de Dorvul dut pendant plusieurs années se contenter des rôles secondaires. La retraite prématurée de la dernière vint enffn lui permettre de se produire de nouveau dans les rôles qu'elle avait été forcée d'abunilonner ; elle créa avec beaucoup d'éclat les personnages d'Odéide à'Abufar, et de Cassamlre d'Agamemnou. Dans les Dangers de l'opinion, drame représenté le 19 janvier 1790, elle IV t encore supérieure à elle-même, et C. Lava lui dut en grande partie le succès de son ouvrage.

Le 7. octobre de la même année, Charlotte Vanhove jouait pour la première fois le rôle de la Coquette corrigée et y obtenait «in grand succès. Martain ville a dit d'elle :< Cécile Vanhove possède un réel talent ; il peut se plier à tous les genres et on ne le trouvera jamais déplacé ; mais la tenue, la noblesse qu'exige le rôle de la Coquette ne s'accordent malheureusement pas avec son physique, qui la sert mal dans les premiers rôles. Qu'elle se borne donc au genre que la nature semble lui avoir départi, qu'elle continue à nous émouvoir, à nous faire verser de douces larmes; mais qu'elle renonce k un emploi où sou talent peut encore commander les applaudissements, mais où il ne les entraînera jamais. »

Nous ne savons ee que Martainville entend par ce physique « qui la sert si mal ; » on' croirait qu'il a voulu dire qu'elle était affreuse. M"e Vanhove était fort belle, d'une beauté sympathique et touchante.

■ Vanhove, autre Gaussin, enchante tous les cœurs, » a dit Legouvé; et l'on sait quel charme M"" Gaussin, la Zaïre par excellence, répandait sur tous ses rôles. Zaïre n'était pas le 'plus complet triomphe de Mlle Vanhove; Talma la trouvait supérieure dans Monime, et il n'y avait qu'elle alors pour interpréter ces pures créations de Racine, Andromaque, Bérénice, Iphigénie; elle réussit également dans Antigone à'Etéocle et Polynice, tragédie de Legouvé; dans Cassandre <i' Agamemnon, tragédie de Lemercier,dansMélanide à&Mélanide ou la Religieuse.

Mlle Vanhove s'était mariée, presque à ses débuts, avec un musicien de l'orchestre,

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Louis Petit; cette union ne fut point heureuse, à ce point que les jeunes époux profitèrent de la loi du divorce, le 26 avril 1794, pour rompre d'un commun consentement les liens de leur mariage. Quelques années après, le 16 juin 18P2, Rl'le Vanhove épousait Talma. ■ Ce m'ariage, qu'eût envié une enthousiaste, ne fut pas précisément, dit M. Parisot, la réalisation de son idéal. D'abord, si c'eût été en Henmione et en Juliette qu'elle eût aimé l'illustre artiste, elle eût eu passablement à souffrir par le cœur après ou même avaut un an on deux révolus de mariage; ensuite, c'est un bonheur calme et sans cahots qu'elle ambitionnait et avec un budget en équilibre,

ce qui était difficile avec les habitudes de Talma. »

En 1811, M™e Talma- Vanhove abandonna la scène devant l'astre naissant de Mlle Mars, qui menaçait de l'éclipser. Après la mort de- Talma, elle épousa, quoique âgée de prés de soixante ans, un jeune gentilhomme belge et vécut avec lui dans la retraite, consacrant ses loisirs à écrire des souvenirs sur Talma et des préceptes généraux sur l'art dramatique. Elle survécut longtemps encore à cette publication, car elle mourut presque nonagénaire en 1860. Ses Etudes sur l'art théâtral (Paris, 1830, in-8°) renferment d'excellents aperçus et de précieux conseils aux artistes; on y sent l'expérience ù°une actrice supérieure; ses Anecdotes inédites sur Talma sont intéressantes et écrites au courant d'une plume vive et spirituelle. Les mêmes qualités distinguent deux comédies qu'elle fit jouer : les Veux Méricourt, un acte en vers (1er décembre lf<29), et Laquelle des trois, comédie en trois actes, jouée k sa représentation d'adieu.

VANHOVE (Victor), peintre et sculpteur belge, né a' Renaix en 1823. Après avoir achevé à Paris ses études, qu'il avait commencées à Gand et à Bruxelles, il est rentré dans son pays, sans cesser d'envoyer ses travaux k nos expositions. Il s'est fait remarquer pour la première fois en 1853 par son Enfant jouant avec un chat, petit morceau d'une facture gracieuse, que suivit immédiatement un groupe d'un puissant effet dramatique, YEsclaoe nègre après la bastonnade (1855); ce groupe valut à l'auteur une 3? médaille. En 1857, il ne fut pas moins heureux avec le Buste de ^/"c Amélie Guilait. C'est en 1863 qu'il débuta comme-peintre par les Orphelines allant à la messe. Ce tableau, où le costume et les physionomies jouent un rôle important, se recommandait surtout par une composition pittoresque, vivement enlevée sur un paysage très-agréable. Une 3e médaille vint encore cette fois récompenser les efforts de l'artiste. Il a depuis exposé un certain nombre de tableaux de genre : le Dimanche d'une jeune fille protestante etunPortrïuf (Salonde 1864); \nComplainle nouvelle, le Chemin de l'école (1865); la Mère malade (1866); Une mère heureuse , la Femme du contrebandier (1867); la Femme du marin , Après le bain (1868) ; le Dimanche matin (1869) ; les Images, intérieur hollandais (1870).

VAN HUCHTENBDRGH ou HDGTESBURGH

(Jean), peintre et graveur hollandais. V,

HUCIITENBURGH.

VAN HUEVEL (Jean-Baptiste), médecin belge, né à Bruxelles en 1S02. 11 fit ses études médicales k l'université rie Liège et devint professeur à l'université libre de Bruxelles, puis chirurgien en chef de l'hospice de la Maternité de cette ville. M. Van Huevel est l'inventeur de deux instruments appelés k rendre de grands services dans la pratique des accouchements, le pelvimètre et le forceps-scie. On lui doit un Mémoire sur la pelvimélrie et sur un nouveau mode de mensuration-pelvienne (Bruxelles, 1840, in-8") et une édition du Traité théorique et pratique des accouchements de P. Cluzeaux (Bruxelles, 184G, in-8», avec atlas).

VAN IICLST (Félix-Alexandre), jurisconsulte belge. V. Hulst.

VAN HULTHEAI (Charles-Joseph-Emmanuel), bibliophile belge. V. Hulthem.

VAN HUYSUM (Jean), peintre hollandais.

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