‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 573 sur 1042 · V. Huysum · texte numérisé non relu

V. Huysum

VANIEB (Victor-Augustin), grammairien français, né à Suresnes en 1769, mort vers 1845. Il fit ses études chez les bénédictins de Saint-Germain -des-Prés, et, comme il était sans fortune, il se trouva heureux d'entrer comme employé au ministère de la justice. Après dix-neuf ans passés dans les bureaux, il devint, en 1805, chef des équipages à l'armée des Pyrénées-Orientales, puis contrôleur des vivres dans les provinces illyriennes (1809). A son retour à Paris (1810), il ouvrit des cours publics de grammaire à l'Oratoire et fouda ensuite une Société grammaticale qui, morte de langueur après un an d'existence, ressuscita en 1814, et que Vanier fut appelé k présider plusieurs fois. On lui doit, entre autres écrits: Grammaire pratique (Paris, 1824, in-12); Traité d'analyse logique et grammaticale (1826) ; Dictionnaire grammatical, critique et philosophique de la langue française (1836, in-S°); la. lié for me orthographique (1839, in-32) ; VArt d' enseigner aux enfants et aux adultes (1838, in-8»), etc.

VANIÈRE s. f. (va-nlè-re — du nom du P. Vanière). Bot. Syn. d'ÉLATOSriiiiME, genre

VANI

de plantes de Cochinchme. Il On dit aussi va-

NlÉRIE.

VANIERE (Jacques), jésuite, célèbre poëte latin, né h Causses, diocèse de Béziers, en 1664, mort en 1739. Il professa les humanités dans divers collèges de sa compagnie, s'adonna à la poésie pastorale et publia successivement plusieurs petits poèmes , Stagna (les Etang-:), Columbs (les Colombes), Ôlus (le Potager), etc. Encouragé par le brillant succès de ces poésies, il les réunit, les refondit dans un seul ouvrage contenant la description de la vie et des travaux des champs, et qu'il publia sous le titre de Prxdium rusticum, poème dans lequel, de l'aveu des meilleurs critiques, il s'est approché de Virgile autant qu'il est permis aux poètes latins modernes de le faire. Ce poème n'a paru complet qu'en 1730 à Toulouse. 11 a été traduit en français par Bertrand d'Halouvry (1756.) On a encore de Vanière un Dictionarium poeticum (Lyon, 1740) et des Opuscula qui renferment des poésies fugitives.

VANIERE (Ignace), neveu du précédent, mort k Paris en K68. Il a laissé : Nouveaux amusements poétiques (1755, in- 12) ; traduction des Odes d'Horace (1761, in-8°); Cours de latinité, etc.

VAN1RORO (île), nommée aussi Manicolo et île de La Pérouse, lie de l'Océan ie, Polynésie, dans l'archipel de Santa-Cruz, au N. des Nouvelles-Hébrides, par 120 de latit. S. et 163» 30' de longit. E.; 1,500 hab. environ, de race noire océanienne. Les côtes sont environnées de brisants ; l'Ile elle-même est élevée et couverte de forêts. Climat malsain. Le capitaine anglais Dillon, qui visita Vanikoro en 1826, trouva sur la cote orientale de l'île et rapporta en France les indices du naufrage de La Pérouse. Deux ans après, l'amiral Dumont d'Urville visita cette île et y éleva un mausolée qui rappelle le souvenir du désastre du célèbre navigateur français.

VANILLE s. f. (va-ni-lle; // mil.— itnl. vainiglia, espagn. vaiiiilla,vainica, diminutif de vatna, gousse, qui représente le latin vaf/i'Jfl, gaine, gousse). Bot. Fruit d'une espèce de vanillier; parfum extrait de ce fruit -.Aucun aromate ne peut remplacer la vanille. (Th. de Berneaud.) Le commerce tire surtout sa vanille du Mexique. (P. Duchartre.) L'infusio i d'avoine sent la VANtLLE. (Maquel.) Le moelleux cacao s'embaume de vanille.

Delillb.

Il Syn. de vanillier : Il ne parait pus qu'aucune des vanilles du Brésil forme la substance connue dans le commerce. (Lindley.) Il Nom vulgaire de l'héliotrope, plante dont les fleurs exhalent un parfum de vanille.

— Comin. Liqueur faite en infusant des gousses de vanille dans l'eau-de-vie.

— Encycl. Le génie vanille ou vanillier renferme des arbrisseaux, à tiges noueuses, grimpantes, inunies de vrilles ou plutôt de crampons et portant des feuilles alternes, entières, ovales ou oblongues. Les fleurs, grandes, réunies en bouquets terminaux, présentent un périanthe à six divisions alternant sur deux rangs, la division interne inférieure différant très-notablement des autres, comme dans la plupart des orchidées; des étam.nes épigynes , dont l'anthère renferme un pollen k masses granuleuses ; un ovaire infère. Le fruit est une capsule allongée, presque siliquifonue, bivalve, pulpeuse à l'intérieur. Ce genre comprend un petit nombre d'espèces, qui habitent les régions chaudes de l'Amérique centrale. Elles vivent surtout dans les forêts montueuses et humides et croissent en épiphytes ou fiiux parantes sur le tronc des arbres, où elles s'élèvent souvent k une hauteur de 10 mètres.

Lu vanille d feuilles planes est un sous-arbrisseau à tige charnue , arrondie , grosse comme le doigt, souvent plus épaisse dans sa partie supérieure, longue de 7 à 8 mètres, sarmenteuse et s'accrochant aux arbres ou aux corps voisins par des fibres radicales; cette tige porte des feuilles alternes, sessiles , épaisses, charnues, un peu coriaces, oblougues, lisses, luisantes, d'un vert glauque, k bords légèrement ondulés. Les fleurs sont grandes et réunies au nombre de cinq ou six en bouquets terminaux; les divisions du périanthe sont blanc jau :re k la base et vertes au sommet. Les fruLa, vulgairement nommés gousses, sont des capsules presque cylindriques, longues de 0m,12 k 0m,24, remplies d'une pulpe odorante et savoureuse , dans laquelle sont disséminées des graines très-petites et très-nombreuses. Cette plaute est répandue dans l'Amérique centrale, d'où elle a été introduite dans quelques îles de l'océan indien.

La culture de la, vanille, dans les régions tropicales, ne présente aucune difficulté. On se contente de la plante» à l'ombre dans les bois ou les ravins trèï-ehauds, la long des arbres à écorce molle et spongieuse ; la elle végète avec vigueur. Sous nos climats, cette plante exige la serre chaude humide, une terre franche, légère et substantielle, des uirosements fréquents en été et rares en hiver. On la multiplie aisément de boutures faites avec des tronçons de tige; celles-ci se conservent fraîches tendant plusieurs mois et peuvent ainsi être facilement transportées. On les plante en pot, que l'on plonge dans la

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tannée. On a soin de mettre les pieds de vanille contre un arbre, un mur ou un pilier, le long desquels ils puissent, dans les premiers temps, fixer leurs crampons. Quand la plante est arrivée presque au niveau du toit de la serre, on la fait courir sur de longs fils de fer horizontaux ; elle végète très -bien de cette manière. On peut même la faire fructifier, si l'on a soin de pratiquer sur IfS fleurs la fécondation artificielle. Ou a obtenu ainsi des gousses de vanille possédant un uroiste au moins aussi développé que celui qu'elles acquièrent en plein air dans les pays chauds. Les résultats observés au Jardin des plantes de Paris, k Liège et ailleurs démontrent qu'on pourrait établir en Europe des cultures avantageuses, vu le prix élevé de cette denrée. C'est cette espèce qui fournit la majeure partie de la vanille du commerce, longtemps attribuée k tort k une autre espèce, dont nous parierons plus loin. Les procédés de récolte et de préparation varient suivant les pays. Au Mexique, on laisse les gousses à l'ombre pendant quelques jours ; puis on les expose au soleil, eu ayant soin de les garantir de la pluie. Lorsqu'elles sont bien sèches, on les plonge dans une huile qu'on retire des cerneaux de la noix d'acajou, opération qui a pour objet de leur donner k la fois du lustre et de la souplesse. Enfin, on les met par paquets de cinquante^ et on les enferme dans i des boîtes de fer-blanc où elles se conservent * parfaitement avec toutes leurs qualités, et ; surtout avec cette odeur délicieuse qu'elles ne possèdent qu'à l'état sec. Dans d autres pays, la récolte se fait au printemps, avant la maturité complète, sans «quoi les fruits perdraient de leur qualité; on choisitle moment où ceux-ci sont rouges et commencent k s'ouvrir ; on les met en petits tas, et on les j laisse fermenter ainsi pendant deux ou trois ! jours; puis on lçs étale au soleil; quand ils | sont k moitié desséchés, on les aplatit et on les frotte avec de l'huile de ca -ho ; on les remet de nouveauau soleil, on les frotte encore d'huile et enfin on les rassemble eu paquets.

A la Guyane, on emploie un procédé un peu plus compliqué, qu'Aublet décrit comme suit : n Lorsqu'on a assemblé douze vanilles, plus ou moins, on les attache on on les enfile on manière de chapelet, k la partie postérieure, le plus près possible de leur pédoncule. On a un chaudron ou tout autre vase qui aille, sur le feu; on le remplit d'euu claire ; et limpide qu'on fait bouillir. L'eau étant bien . bouillante, ou y trempe les vanilles pour les blanchir, ce qui s'opère dans un instant. Cela étant fait, on tend et on attache par les deux bouts opposés le fil où sont attachées ou enfilées les vanilles, de manière qu'elles se trouvent suspendues k un air libre, où le soleil frappe pendant quelques heures du jour. l,elendemain , avec lit barbe d'une plume ou avec les doigts, on enduit la vanille d'huile, pour qu'elle se dessèche ave« lenteur, pour la préserver des insectes, des mouches, qui n'aiment pas l'huile, pour que l'épidémie ue se dessèche point, ne devienne point coriace et ne se racornisse point, enfin pour que l'air extérieur ne la pénètre point et pour la conserver toujours molle.

» On observe d'entourer ces baies avec un fil de coton imbibé d'huile, afin qu'elles ne s'ouvrent pas. Tandis qu'elles sont ainsi suspendues pour être desséchées, il en découle par l'extrémité supérieure, qui est renversée, une surabondance de liqueur visqueuse; on presse légèrement la baie pour faciliter le passage à la liqueur; avant de la presser, on trempe ses mains dans l'huile; ou réitère la pression deux ou trois fois par jour. Quand ces baies ont perdu toute leur viscosité, elles se déforment, deviennent brunes, ridées, molles, k moitié sèches et diminuent au delà des trois quarts de leur grosseur. Dans cet état, ou les passa dans les mains ointes d'huile ; on les met dans un pot vernissé pour les conserver fraîchement. Il est-bon de les visiter de temps à autre et d'observer qu'elles ne soient pas trop enduites d'huile, parce qu'elles perdraient de leur odeur suave. »

Si la vanille n'a pas été récoltée en temps opportun ou qu'elle ait été mal préparée, elle reste molle, se couvre de moisissure dans la partie inférieure et contracte une odeur désagréab e de fermenté. Les gousses laissées sur les plantes s'ouvrent dans le sens de la longueur, deviennent sèches, rougeàtres, peu odorantes et perdent leurs graines, dont les oiseaux sont très-friands ; elles laissent aussi écouler, en petite quantité, une liqueur balsamique, noirâtre, très-odorante, qu'on appe.le baume de vanille; on récolte soigneusement ce baume, qui est toujours rare et d'un prix élevé. Quelques auteurs ont attribué l'odeur de la vanille k ses graines; mais on sait aujourd hui qu'elle est due k la pulpe. D'ailleurs, cette odeur ne se développe qu'à la maturité du fruit; quand la vanille fraîche et récente est odorante, cela tient, d'après Perrottet, à ce qu'on y a mêlé des fleurs de pothos. -

Outre l'espèce dont nous venons de parler, nous citerons Ja vanille aromatique, qui se distingue par ses feuilles obloDgues, ses fleurs odorantes, d'un blanc verdàtre, en grappes terminales, et par ses fruits longs de 0>a,16à 01U,22; c'est k cette planta, originaire de l'Amérique tropicale, qu'on a longtemps attribué la production des gousses de vanille im, ortées par le commerce. On peut mentionner

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encore la vanille à /leurs jaunes, caractérisée par des feuilles ovales, des fleurs d'un beau jaune, en grappes axillaires, et des fruits longs de 0m,10 à 0m,15; elle est originaire des forêts du Brésil ; la vanille bicolore, à fleurs purpurines, et la vanille claviculée, dont les fleurs sont, blanches en dedans et d'un jaune verdûtre à l'i-xtérieur; mais ces dernières ne sont guère connues jusqu'à ce jour qiïe comme plantes d'agrément.

La vanille du commerce se présente sous forme de gousses longues de 0",12 à 0ra,24, d'un brun noirâtre, ridées dans le sens de la longueur, rétréeies aux deux extrémités, un peu recourbées à la base, renfermant des graines noires très-petites et très-nombreuses, et exhalant une odeur balsamique des plus suaves. Elles se couvrent quelquefois d'efflorescences blanches, cristallines, brillantes, et constituent alors ce qu'on nomme la vanille givrée. On a cru autrefois que ce -givra était de l'acide benzoïque, ou de I acide cinnaniique, ou de la coumarine; il paraît certain aujourd'hui que c'est un corps particulier, qu'on nomme vanilline. Cette substance, qui se dépose quelquefois dans la teinture de vanille, est soluble dans l'eau bouillante, fond à 7S<> centigrades et rougit le papier de tournesol.

On connaît dans le commerce plusieurs sortes de vanilles; mais les distinctions établies à ce sujet sont loin d'être bien précises et varient suivant les pays. l«',n général, on reconnaît trois sortes principales : 10 la vanille lec ou givrée, longue de nm,l8 à 0^,24, large de 01^01 au plus, molle, visqueuse, d'un brun rougeàtre foncé, d'une odeur très-suave, souvent recouverte de petits cristaux; 2° la vanille simaro7ia ou bâtarde, plus petite, plus sèche, d'un brun moins foncé; elle ne se' givre pas naturellement; mais on la saupoudre quelquefois, pour lui donner meilleure apparence, de petits cristaux pris sur la précédente; 3° la vanille bera ou vanillon, longue de 0^,12 à ow,i8, large de 0™,02, brune, molle, visqueuse, presque toujours ouverte, d'une odeur forte, mais moins agréable que dans les autres vanilles, en somme peu estimée.

Quelquefois on se borne à distinguer les vanilles en plates et en rondes, qui se subdivisent chacune en longues, moyennes ou lerciades et courtes. Les vanilles rondes soniordinairement mcvns souples et moins onctueuses que les plates, se dessèchent plus facilement et prennent une consistance un peu ligneuse que l'on désigne sous le nom de boisé. Les vanillons, qui viennent ensuite, se subdivisent en secs et gras ou saucés. Les Espagnols rangent les vanilles dans l'ordre suivant : sobrebuena, ieg, pompona ou bova, simarona. Il vient quelquefois de l'Inde une -sorte de vanille jaunâtre, peu estimée et peu usitée. La vanille est sujette aussi à diverses sophistications. On dit, par exemple, que les Mexicains, après avoir cueilli les gousses, en retirent quelquefois la pulpe, qu'ils utilisent de diverses manières; ils y substituent do petites pailles ou autres corps étrangers, rebouchent les ouvertures et mêlent ensuite ces gousses avec les bonnes.

La vanille contient une huile grasse, de la résine molle, de l'extrait amer, du sucre, une substance amyloïde, de la coumarine; elle cède ses principes actifs « l'eau et à l'alcool, mais ne donne pas d'huile essentielle par la distillation. On l'emploie, en médecine, sous forme de teinture ou de poudre; on en fait aussi des tablettes. On prépare la poudre par intermède, c'est-à-dire en ajoutant à la vanille quatre fois son poids do sucre; on obtient ainsi lo sucre vanillé, qu'on administre à la dose de 2 à 10 grammes.

La vanille est regardée comme un excellent stimulant aromatique ; elle possède aussi des propriétés aphrodisiaques très-marquées. Autrefois elle passait pour nervine, céphalique et exhilaraiite. « La vanille, dit V. de Bomare, fortifie l'estomac, aide à la digestion, dissipe les vents, procure les règles et les urines ; elle facilite l'accouchement. Les Anglais la regardent comme un spécifique pour chasser les affections mélancoliques; mais si elle est bonne à cet usage, on doit en user avec modération, car elle anime le sang par ses parties volatiles. On prétend même qu'elle est très-contraire aux hommes hypocondriaques et aux femmes hystériques; elle leur cause des vapeurs, des angoisses et même des sueurs froides. » Enfin, on a préconisé cette substance contre' les douleurs de tête, les maux d'estomac , les spasmes, les puisons , les morsures d'animaux venimeux, etc.

La vanille est d'un emploi beaucoup plus répandu dans l'art culinaire, la conliserie et la parfumerie. Le sucre vanillé entre dans la fabrication des crèmes, des gâteaux, des pâtisseries, des liqueurs, du chocolat , des glaces, etc. On emploie aussi pour cela l'alcool dans lequel on a fait macérer les gousses. L'odeur suave de cette substance en fait un des aromates les plus agréables, les plus rechorchés et les plus difficiles à remplacer. Elle communique au chocolat cette saveur et cette odeur particulières qui le rendent à la fois plus agréable au goût et plus facile à ' digérer. Les Indiens nomment anis aruck une liqueur d'anis aromatisée avec de la vanille. Enfin, dans certains pays, on l'emploie inéine pour parfumer le tabac.

VANI

VANILLÉ, ÉE adj. (va-ni-llé ; Il mil. — rad.

vanille). Parfumé avec la vanille ■ Chocolat vanillé. Crème vanillée. Pommade vanillée.

VANILLIERS, m. (va-ni-llé; M mil! —rad.

vanille). Bot. Genre de plantes, de la famille des orchidées, tribu des aréthusées, comprenant plusieurs espèces, qui croissent dans les régions chaudes de l'Amérique, et dont l'une produit la vanille : Depuis longtemps, on a cherché à multiplier le vanillier dans nos serres chaudes. (Th, de Berneaud.) Le vanillier croit à Suint- Dominnue. (V. de Bomare.) Le vanillihr du Mexique crr.it dans la baie de Campêche. (Dutour.) Le vanillier du Jardin des plantes a porté des fleurs et des fruits. (F. Hœfer.) il On dit aussi vanille s. f. et

VANILLOPHORE.

VANILLINE s. f. (va-ni-lli-ne; Il mil. — rad. vanille), Chim. Principe extrait des gousses de vanille, et qui cristallise à leur surface sous forme de poudre blanchâtre.

Vanillon s. m. (va-ui-llon ; «mil. — rad. vanille). Cumin. Variété de vanille du Mexique et des Antilles.

• VANILLOSME s. m. (va-ni-llc-sme; Il mil. — de vanille, et du gr. osmê, odeur). Bot. Section des vemonies, genre de composées.

VANINI (Lucilio), philosophe, né à Taurisano (Terre d'Otrante, royaume de Naples), en 1585, mort en 1619. Il étudia fa philosophie et la théologie à Rome, à Naples et à Padoue, s'occupant en même temps de médecine, d'astronomie, de droit civil, de droit cation, etc., entra dans les ordres et parcourut ensuite une partie de l'Europe, en enseignant sa doctrine ainsi que les sciences qu'il avait appri- ■ ses. Le Père Garasse (Doctrine curieuse) prétend que Vanini avait formé dès 1ers le projet de convertir le monde à l'athéisme. Mais on sait que ce Père prodiguait volontiers ces sortes d'accusations, et son témcigiiKge ne fait pas précisément autorité. Quoi qu'il en soit, Vanini, au milieu de ses courses et île ses prédications, avait imprudemment agité des questions redoutables, notamment celle de l'existence de Dieu. Dans la première partie de sa vie, ce philosophe parait être resté dans l'orthodoxie catholique, tout en mêlant k sa foi quelques idées péripatéticiennes et même pythagoriciennes. Le premier de .ses écrits, Amphitheatrum ProvidentiB, etc., fut publié à Lyon en 1015. Peu de temps après, il se rendit à Paris, où il se fit un grand nombre de disciples et devint aumônier du maréchal de Bassompierre, à qui il dédia ses dialogues sur la nature, De admirandis naturx, regins deseque mortttlium, arcanis, libri IV. Cet ouvrage, où l'athéisme n'est pas professé ouvertement, mais où l'on trouve des idées hardies qui portent certainement à douter de l'existence de Dieu, encourut les censures de la Sorbonne. L'auteur se rendit U Toulouse (1C17), continuant de professer la médecine, la philosophie et la théologie, avec ses principes et. sa méthode ordinaires. Chargé de l'éducation des enfants du premier président du parlement, il encourut, un ne sait pourquoi, la haine du procureur général, qui le déféra à la cour sous l'accusation d'athéisme. Sa condamnation fut poursuivie aveu un acharnement incroyable. Néanmoins, bien que ses ouvrages aient été produits au procès, on sait, par le témoignage de ses ennemis eux-mêmes, que i l'insufiisance de preuves allait amener son acquittement, lorsqu'on produisit un gentil- j homme d'une grande piété qui affirma l'avoir entendu proférer des Discours impies. Ce té- ' moin fut cru sur parole, et le malheureux Vanini, malgré ses eloquent.es protestations en faveur de la loi catholique, fut condamné ù avoir la langue coupée et à être brûlé.» Avant , qu'on mit le feu au bûcher, on lui ordonna de présenter sa langue pour être coupée; il la refusa, et le bourreau ne put l'avoir qu'avec des tenailles, dont il se servit pour la saisir et pour la couper. On n'a jamais entendu un cri plus horrible; vous l'auriez pris pour le ; mugissement d'un bœuf. Le reste de sou corps fut consumé au feu, et ses cendres jetées au vent. Telle fut la tin de Lucilio Vanini. » (Gramond, Hist. Galiix ab excessu Uenrici IV, libri III.) 11 est difficile de se faire une opinion exacte sur cette' horrible tragédie et, i jusqu'à un certain point, sur le malheureux qui en a été la victime, car leî récits contemporains sont empreints d'une passion qu'il n'est pas possible de prendre pour l'accent de la vérité. Ils se contredisent, d'ailleurs, sur les points les plus essentiels. Outre les écrits déjà cités, Vanini avait composé d'autres ouvrages dont on trouve les litres dans ses dialogues, mais qui sont perdus. Rousselot a traduit en français les œuvres philosophiques de Vanini (Paris, 1841).

Vanini, ses écrits, sa vie et sa mort, par V. Cousin (1843, in-8»). Pour apprécier équitablement Vanini, il faut le placer parmi ses contemporains, dans son pays et dans son siècle. Ainsi a fait son historiographe. Nous n'avons pas ici à revenir sur sa vie et s'a mort, qu'on retrouvera dans notre partie biographique j nous dirons seulement, d'après V. Cousin, quelques mots sur ses ouvrages et ses tendances. Sou premier livre, l'Amphithéâtre de l'éternelle Providence, r.e renferme rien qui soit contraire à la foi cathoiique. ■ On y trouve même, dit le vicairo général de l'archevêque de Lyon, des raisonne-

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ments pleins de force et de finesse, fondés sur la saine doctrine des théologiens les plus autorisés. «Vanini, en effet, s'y porte comme le défenseur de la religion ; il fait même l'apologie de la Société de Jésus , qu'il nomme « le palladium do l'Eglise romaine, la colonne de toute religion, l'ancre du salut du genre humain. • La seule chose qui pourrait paraître suspecte, c'est le ton emphatique et outré, dans lequel il est loisible de soupçonner une ironie mal dissimulée. Ainsi, après avoir cité cinquante versets de la Bible pour réfuter un athée, il ajoute : « Cette réponse est irès-êdifinnle; par malheur, les athées ne se i font pas grand scrupule de la rejeter, car ils accordent aux saintes Ecritures la même foi que je puis accorder aux fables d'Esope, ou à des rêves de bonne femme, ou à des Superstitions de l'Alcoran. » En philosophie, Vanini se montre dans ce livre l'adversaire ardent de la scolastique. Il l'attaque partout, la tourne en ridicule et n'épargne ni Albert le Grand ni saint Thomas. Il se prononce pour Aristote commenté par Averrhoès et Pomponnt, L'Amp//[(/te'(?(>'eestdiviséen cinquante chapitres, appelés Exercices. Vanini établit d'abord l'existence et la nature de Dieu. 11 détermine l'idée de la Providence et il en donne de nombreuses preuves qu'il croyait peut-être concluantes. Après avoir posé les principes, il discute les objections; il réfute l'argumentation de l'athée Diagoras contre l'existence d'une Providence, ainsi que celle de Protagoras et de ses modernes imitateurs. Il résout les difficultés que Cicéron élève sur la conciliation de la liberté de l'homme avec la divine Providence. Il défend la Providence et l'immortalité de l'âme attaquées parles épicuriens et croit à l'existence d'une Providence spéciale veillant sur chacun de nous et sur chaque chose en particulier. Enfin, il termine par un hymne à. la Divinité. Mais il faut avouer qu'en réfutant les objections des athées Vanini le fait avec la mollesse d'un homme qui ne serait pas trop peiné de voir triompher son adversaire.

Une année après l'Amphithéâtre, Vanini publia : Quatre livres sur lessecrets admirables de la nature, reine et déesse des mortels, titre pompeux qui couvre un traité de physique ; le premier livre traite du ciel et de l'air, le deuxième de l'eau et de la terre, le troisième de la génération des animaux, le quatrième de ia génération d'après les païens. En physique, comme dans tout le reste, Vanini est de l'école d'Aristote et de Pomponut, qu'il appelle ses maîtres. Son livre est formé d'une série de dialogues dans lesquels l'auteur, sous le nom de Jules César, donne à un de ses admirateurs appelé Alexandre toutes les explications que celui-ci lui demande sur des phénomènes de physique, en y introduisant bien d'autres choses, selon le caprice de la conversation ou selon le dessein de l'interlocuteur principal. De même que le titre : Secrets de la nature, reine et déesse.des mortels, semble la contre-partie de celui de Amphithéâtre de l'éternelle Providence, les deux ouvrages se réfutent; dans ses Secrets, Vanini parle ouvertement contre Dieu, la morale et le christianisme et ne reconnaît d'autre Dieu que la nature, d'autre morale que celle d'Epicure. Sans doute, il enveloppe de quelques précautions ses attaques contre le christianisme, mais les voiles sont de plus en plus transparents. D'ailleurs, pour ne pas laisser le lecteur dans l'indécision, l'auteur lui dit : «J'ai écrit beaucoup de choses, dans l'Amphithéâ- Ire, auxquelles je n'ujuute paa la moindre -foi. » Sa vériiuble pensée est donc exposée dans son livre sur la nature. Le résumé se trouve dans cette phrase incidente : ■ Les enfants qui naissent avec l'esprit faible sont par là d'autant plus propres à faire de bons chrétiens. » Bien plus Vanini, précurseur des Strauss et des Renan, fuit à peu près entendre que le Christ était plutôt un grand philosophe et un profond politique qu'un Dieu. En somme, il résulte de la lecture des Quatre livre;' sur la nature une. impression très-défavorable au christianisme, et les tendances matérialistes de l'auteur s'y montrent avec évidence. Très-conséquent dans ses principes, s'il prêche i'épicuréisme, il s'adonne ad« plaisirs des sens et, en fait d'amour, n'admet que l'amour sensuel, la Vénus la plus vulgaire. Il en parle à propos de la génération dans les termes les moins gazés et prend pour devise ces deux vers de l'Amiute :

Est perdu'tout le tempo Qui n'est paa employé a aimer.

Le pâle déisme dont on trouve çà et là quelques traces s'évanouit le plus souvent dans une sorte de déification de la nature, dans ce qu'on appellerait de nos jours le panthéisme. Vanini n'admet philosophiquement ni l'immatérialité ni l'immortalité de l'âme. Sa morale, conforme à sa métaphysique, rejette fa distinction essentielle du bien et du mal et tire la vertu et le vice de circonstances extérieures, étrangères à la raison et à la liberté. M. Cousin, pour bien expliquer Vanini, le replace par la pensée parmi ses contemporains, dans son siècle et dans son pays, et conclut ainsi : « C'est un homme du xvie siècle, en révolte contre les dominations de ce temps, poussant le mépris et l'horreur des superstitions malfaisantes jusqu'à l'impatience de toute règle et de tout frein, tour à tour audacieux et pusillanime, circonspect et dissimulé jusqu'à l'apparence de l'hypocrisie, puis

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to ut à. coup faisant montre de ses pensées les plussecrèles jusqu'il la plus extrême licence; tantôt comme accablé parle sentiment pénible de l'oppression et de la misère dans laquelle il vit, tantôt insouciant et frivole, prodigue à la fois de louanges et de sarcasmes; si ce n'est pas le Voltaire, c'est le Lucien du xvie siècle ; il en a l'esprit, l'érudition légère , la mordante parole et trop souvent lo cynisme. S'il fût venu un peu plus tard, moins persécuté, moins exaspéré par conséqui-nt , îi eût porté d'autres sentiments sur une doctrine semblable ;il eût fait partie de la discrète école de Gassendi, de Hobbes , de La Mothe Le Vayer, de Soibière et de la société des libres penseurs et des joyeux convives du Temple; il serait mort doucement, comme l'abbé de Chaulieu, en possession de quelque bénéfice, entre ses deux maîtresses Laure et Isa- ■ belle. Au début du xvue siècle, entre le bûcher de Bruno et le cachot de Campanella, sous une insupportable tyrannie, il passa sa vie dans une agitation perpétuelle, errant sans cesse d'excès en excès, cachant mal l'impiété sous l'hypocrisie, et il finit par périr mirérablement à la ileur de l'âge. •

Ce livre de V. Cousin est une étude consciencieuse, qui lui fait honneur.

VANISTE s. m. (va-ni-sta). Hist. relig.

Membre d'une secte fondée par H. Vane, dans la Nouvelle-Angleterre, en 1636.

VANITAS VAN1TÀTUM ! {Vanité des vanités!) Premiers mots de VEcclésiaste, dont les différents chapitres sont une ^paraphrase de cette idée : Vanltas vanitatum, et omnia vanitas! Vanité des vanités, et toutest vanité!

« J'ai élevé des ouvrages magnifiques, j'ai bâti des maisons et j'ai planté des vignes.

• J'ai possédé des serviteurs et une nombreuse famille, et de grands troupeaux do boeufs et de brebis.

■ J'ai entassé l'argent et l'or, le revenu des rois et des provinces; j'ai eu des musiciens et des musiciennes... En tout cela je n'ai vu que vanité, affliction d'esprit; rien de stable sous le soleil. » i

Cefi paroles de Salomon se répètent aussi souvent en français qu'en latin.

■ Voilà Joseph-Godefroy Leibniz qui a découvert que la matière est un assemblage de monades. Soit; je ne le comprends pus, ni lui non plus. Eh bien 1 mon ame sera une monade; ne me voilà-t-il pas bien instruit? Je vais vous prouver que vous êtes immortel, me dit mon docteur. Mais vraiment, il me fera plaisir; j'ai toutaussi grande envie que lui d'être immortel. Je "n'ui fait la ffenriade que pour cela ; mais mon homme se croit bien plus sûr d'être immortel par ses arguments que moi par ma Henriade : Vanitas vanitatum ! a

Voltaire.

■ Que de gens, dans notre monde de petites vanités ridicules, nous rappellent ce ridicule auberg'iste d'opéra qui se glorifie de ce que Louis XIV, le grand roi, a eu la bonté de lur-adresser ces magnanimes paroles : « Mon- » sieur Sansonnet, vous avez là une drôle de » perruque ! » Pitié que tout cela I Vanitas vanitatum ! t

Champagnac.

« On ne peut supporter son ridicule dans autrui; on s'injurie réciproquement; et, dans ce monde, ce n'est jamais qu'une vanité qui se moque de l'autre. Aussi est-on tenté de s'écrier avec le grand roi : Tout est a/mité l>

Hhlvétios.

« Bélisaire était grand, bien fait; sa tête était imposante et martiale. Equipé comme au jour d'une bataille, tenant dans sa main sa glorieuse époe, il s'avançait à la tête de ses vétérans. A leur suite venait une longue tile de nobles Vandales, précédée par Gélimer, portant une robe de pourpre. Il gardait la majesté d'un roi. Pas une larme ne mouilla sa paupière, aucun gémissement ne sortit de sa poitrine. Il répétait seulement ces parolos de Salomon ; Vanité des vanités, tout n'est que vanité! «

Poujoulat.

VANITÉ s. f. (va-ni-té — lat. vanitas; de vanus, vain). Futilité, fragilité, inutilité : La France n'a jamais été bien convaincue de la vanité du monde ; le sens exact et ferme des choses de la terre, voilà son partage. .(Renan.) Il Chose vaine, futile, inutile : Quand même tout le reste serait vanitb, il semble que la curiosité ne le serait pas. (Renan.) Le loleil ici-bas ne veit que vanité.

Be&thaud.

Mortels! gloire, plaisir, tout n'est que vanité.

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