‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 575 sur 1042 · TUM · texte numérisé non relu

TUM

Vanité. Ioonogr. < La Vanité, dit de Pré;:el {Dict. icoucl.), est une femme richement vêtue qui se regarde avec complaisance dans un miroir et a un paonpourattribut. Quelquefois on ^lui donne une couronne composée des plumes de cet oiseau. Plusieurs ieonologistes lui ont fait tenir on cœur qu'elle semble offrir, car c'est une sorte de vanité de se croire les qualités du cœur parfaites, et de découvrir inutilement ses sentiments, » Le musée du Belvédère a deux tableaux de Léonard Bramer, dont l'un représente la Vanité et l'autre l'Instabilité on la Fragilité des choses humaines : dans le premier, une jeune femme, richement vêtue et entourée d une foule d'objets précieux, se regarde dans un miroir, tandis qu'un homme assis près d'elle chante en s'accompagnant sur un luth;* dans le second, un homme assis parmi des objets détruits lit un papier sur lequel sont écrits ces mots : Mémento mori ; près de lui, la Mort tient à la main un crâne. Léonard de Vinci a opposé dans le même tableau deux admirables figures personnifiant la Vanité et la Modestie (v. l'article ci-après). Le musée de Naples possède un tabl au du Guide sur le même sujet : la Vanité, vêtue d'une légère draperie rose que le vent soulève à propos pour découvrir une gorge charmante, tient d'une main un sceptre et de l'autre présente une coupe remplie de bijoux à la Modestie ; celle-ci, d'rapée plus chastement, repousse avec douceur la tentatrice. Un tableau du Titien que l'on voit à Rome, uu musée du Càpitole, représente la Vanité sous les traits d'une belle jeune femme presque entièrement nue, ayant à ses pieds un sceptre et une couronne ; dans le haut du tableau, on lit : Omtiia vanitas. Cette composition a été gravée par Lefèvre.

La Vanité ou la Fragilité humaine a été peinte par le Giorgioue sous la ligure d'une leutie femme à l'attitude languissante, à la physionomie soucieuse, à la toilette en désordre; d un coffret qu'elle soulève s'échappent des bijoux et des pièces d'or, vains simulacres du bonheur. Ce tableau, d'une exécution tout ii fait magistrale, appartient à la pinacothèque de Munich. Jordaens a représenté la Vaniié par une femme à sa toilette, ayant près d'ebe un bouffon qui lui tient un miroir et un philosophe qui lui montre une tête de mort ; au-dessus est une banderole sur laquelle est écrit en flamand cette sentence : • Connais-toi toi-méine. >Neel's a grave celte composition. De Jord.iens, le musée de Bruxelles a une curieuse Allégorie des vanités du monde : sur une table sont entassés des armes, des instruments de musique, un globe terrestre, des vases, des fruits, une tête de mort et, dominant toutes ces choses, une grande lanterne, image de la vie, dont le Temps souffle la lumière; dans un coin, un enfant fait des builes de savon, autre emblème de la fragilité des choses. Un tubleau deH.Blpeniaert, datéde 1632 et qui a faic partie de la célèbre galerie de Pommersfelden, représente une jeune femme tenant un vase duquel sortent de la fumée et un rouleau de papier avec cette inscription : Vanitas vanitatum; au fond voltigent des bulles de savon. La Vanité, figurée par un enfant occupé à faire des bulles de savon, a été gravée parW. Baillie, d'après Rubens. Abraham van Diepeubesck a représente la vanité des choses humaines par un vieux philosophe qui d'une muin tient une tête de mort et de l'autre disperse un peu de cendre sur la terre ; près de lui, deux petits génies font des bulles de savon, et, dans les airs, trois autres génies tiennent une banderole avec cette in- I

VANL

scription : Nosce te ipsum. Le musée du Belvédère, àqui appartient cette peinture, en .possède une de François I.euxsurle même sujet: un génie ailé tient de la main gauche uu médaillon et montre de l'autre un globe terrestre; devant lui il y a deux tables dont l'une est recouverte d'un tapis de velours cramoisi et churgée d'objets précieux, tandis que l'autre, toute pourrie et chancelante, porte des tètes de mort, des livres déchirés, des armures rouillées,' un flambeau éteint et cette incription : Nil omne. Dans la collection J.-YV. Wilson, à Paris, il y a un beau tableau de J.- D. de Heem intitulé Vanitas; on y voit un crâne couronné de lierre et entouré des objets les plus divers, instruments de musique, livres, éperons, montre, flacon, fruits, etc. Citons, pour finir, une gravure de J. Coelemans, d «près Benedetto Castiglione, intitulée : Omnia vanitas, et une gravure de Hiernnymus Cock avec cette inscription : Hodie mihi, cras tibi.

Vuuité et la Modestie (la), tableau de Léonard de 'Vinci ; au palais Sciarra, à Rome. Deux femmes, vues à mi-corps, personnifiant ce vice et cette vertu ; la Vanité est éb ouissante de jeunesse, de beauté et de parure; ses yeux sont noirs et profonds; ses cheveux sont d'un blond ardent; son sourire a quelque chose de provoquant et en même temps de mystérieux, comme celui de la Joconde; la Modestie, drapée jusqu'au menton dans un vêtement île couleur sombre, a le visage pâle et la physionomie presque ascétique. « Quelques critiques, dit M. de Toulgoet, ont, je ne sais pourquoi, contesté l'authenticité de cet admirable tableau, qui renferme à un si haut degré toutes les qualités du maître, et l'ont attribué les uns à^son élève Suluïtio, les autres à Bernardino Luini. » Cette composition a été gravée par Maurice- Blot et ptir A. Campunella.

VANITEUSEMENT adv. (va-ni-teu-ze-man

— rad. vaniteux). Avec une vanité puérile; par une vanité puérile : II y a des femmes qui ont placé leurs maris là où elles voûtaient être vaniteusement placées. (Balz.)

VANITEUX, EUSE adj. (va-ni-teu, eu-ze

— ruu. vanité). Qui est d'une vanité puérile : L'homme vaniteux est encore plus sot que l'homme vain. Le fat diffère de l'homme vaniteux en ce qu'il s'inquiète peu du suffrage d'autrui : le sien lui suffit. (Alibert.) La femme .vaniteuse peut compromettre sa réputation à la recherche d'une flatterie. (Théry.)

Il Qui appartient aux personnes vaniteuses; qui est inspiré par la vanité : Tonte jeune femme qui va dans le monde, qui vit de pluisirs et de vaniteuses satisfactions, est une femme à demi corrompue. (Balz.) Dans leur erreur vaniteuse, tes mères prennent le caqueiage des enfants pour une preuve d'intelligence. (Mme Monniarson.)

— Substautiv. Personne vaniteuse : Les vaniteux s'ont quelquefois amusants, mais il faut qu'ils soient d'une naïveté par/aile. Le vaniteux, la vaniteuse surtout sont tout aussi difficiles à corriger que le joueur. (Nadar.)

— Syn. Vnuileui, vniu. V. VAIN.

VAN KESSEL, nom de plusieurs artistes flamands. V. Kessel (Van).

VAN KEULEN, nom d'un peintre et de savants hollandais. V. K.EULEN.

VAN LAAU ou VAN LAER (Peter), dit le Bamboche, peintre hollandais. V. Bamboche.

VAN LENNEP, nom de littérateurs hollandais. V. Lennep.

VANLOO (Jacques), peintre français, d'origine hullandaise, le chef de l'illustre dynastie des Vanloo, né à L'Ecluse, près de La Haye, en 1G14, mort k Paris en 167». Il était luimême lils ue Jean Vanloo, peintre distingué, né vers 1585, dont on connaît une Jiéunion de joueurs et de buveurs, gravée par Houbraken. Il continua les traditions paternelles, mais il a été bien éclipsé par ses deux petitsfils, Jeau-Baptiste et Carie Vanloo. A Amsterdam, où il acheva ses études, il se fituu certain renom par quelques figures nues, introuvables aujourd'hui. Mariette affirme qu'ii peignit souvent des figures dans les paysages d'Hoiibema. M. Paul Mamz mentionne de lui, au musée de Rotterdam, un Portrait d'homme, un Portruit de femme, datés tous deux de 1653 ; plus une Etude de nu, connue sous le nom du Coucher et qui. fait actuellement partie de la collection Montenart. C'est un véritable chef-d'œuvre; aussi quelques critiques d'art l'attribuent-ils à J.-B. Vauloo. Jacques Vanloo, venu en France un peu avant 1660, s'y lit naturaliser et fut reçu, quelques années plus tard, à l'Académie de peinture. Son tableau de réception, Portrait de Michel Corneille, peintre et recteur de l'Académie royale, est au musée du Louvre, ainsi qu'une Elude de femme, appartenant à l'ancienne collection du cabinet du roi. C'est une de ces figures nues par lesquelles le peintre avait commencé sa réputation.

VANLOO (Jean-Baptiste), peintre français, petit-fils du précèdent, ue à Aix, en Provence, en 1684, mort dans la même ville en I 1745. Son père, Louis Vauloo, s'était acquis le i renom d'habile peintre de portrait. Venu en France un peu avant Jacques Vanloo, il avait remporté le premier prix de peinture à l'Académie et allait être nommé 1 un de ses membres, lorsqu'un duel malheureux le força à

VANL

quitter Paris. Il se réfugia à Nice, puis à Aix, où se trouvent quelques fresques de lui, et s'y maria. Les deux fils nés de cette union, J.-B. Vanloo et Carie Vanloo, sont également célèbres. Jean-Baptiste s'adonna d'abord au portrait, comme son père, et fit de plus sérieuses études d'après l'antique. Il se rendit en 1706 à Toulon pour y voir les sculptures de Pug^et. Deux portraits qu'il y peignit furent jugés très-remarquables, et il épousa, dans cette même ville, une jeune fille qui avait posé pour l'un d'eux, MllB Lebrun ; elle devint, sous sa direction, une miniaturiste renommée. Ici se place, à propos de ce mariage, une anecdoie assez curieuse. La municipalité de Toulon, flattée des succès du jeune Provençal, énWveillee surtout des qualités du portrait de M"e Lebrun, avait commandé à l'auteur un tableau pour l'église des Dominicains. Il entreprit une Sainte Famille. Sa toile était à peine couverte, quand Victor-Amédée de Savoie vint assiéger Toulon. Lu panique fut si grande une nuit que l'artiste, fort désireux d'échapper au danger, ne trouva dans toute la ville qu'un âne pour s'enfuir. Cet âne portait toute sa fortune : sa femme et une toute petite fille de deux mois; Vanloo marchant devant comme le saint Joseph d'une fuite en Egypte, la caravane alla ainsi jusqu'à Aix. Il pensait n'y faire qu'un séjour de courte durée, il y demeura cinq ans. Parmi les nombreuses compositions qu'il peignit à cette époque, il faut citer avec éloge une Annonciation, aux Jacobins ; Y Agonie de saint Joseph, à la Madeleine; aux Carmes, une Résurrection de Lazare et un superbe portrait de Monseigneur de Mailly, archevêque d'Arles. Les amateurs reconnurent les qualités brillantes de ce jeune talent si fécond, si facile, et l'un des plus empressés fut le commissaire des guerres Lenfant, qui tranchait du Mécène, grâce à sa colossale fortune. Il appela l'artiste près de lui, dans la villa princière qui portait son nom, et il lui confia la décoration des plus grandes salles. Jean-Baptiste, effrayé sans doute par la trop grande liberté qui lui était laissée, encore peu familiarisé avec les difficultés de la décoration, se mita couvrir un peu vite peutêtre ces parois énormes, ces frises sans fin, ces vastes plafonds. La page la plus remarquable est celle qu'il a peinte dans le salon d'honneur, dont le plafond représente l'Assemblée des dieux. Il est à peu près certain que Vanloo ne pouvait connaître alors, parce qu'ils étaient ignorés en Frsuiee, les dessins de Raphaël où se déroulent les Amours de Psyché et de Cupidon; cependant il s'est rencontré avec un de ces dessins, qui représente aussi une Assemblée des dieux; c est une pure coïncidence, probablement. En tout cas, la couleur, l'effet et presque tous les détails de l'idée lui appartiennent en propre et dotlnent de son talent une très-haute idée. Le succès de ce plafond lança l'auteur dans ie monde des princes et des courtisans. Ce fut le prince de Monaco d'abord qui pria l'artiste de peindre ses filles. Vanloo et sa femme, reçus d'une façon royale, furent le prétexte de grandes réjouissances. Quelques mois après, Vanloo partit faire des portraits dans les cours de Gênes et de Turin. Le duc de Savoieétait l'un deses plus chauds admirateurs; il lui Ht peindre d'abord le Portrait du prince de Carignan, puis celui du Prince de Piémont. Ces portraits sont tous deux remarquables, pleins d'allure et d'une couleur qui rappelle les frottis admirables de Rtibens. Le prince de Carignan voulut à son tour emmener l'artiste à Rome, pendant que sa famille resterait à la cour, chez son frère. Le voyage fut splendide, et à Rome l'artiste dut loger chez le prince même, dans son palais. Ce qui est bizarre, c'est que Vanloo soit allé, à celte époque, étant à l'apogée de son talent, dans l'atelier d'un praticien médiocre, Benedetto Luti. Celui-ci eut le bon sens de comprendre ce que valait son nouvel élève, et il ne tarda pas à lui dire un jour publiquement qu'il n'a- I vait rien à lui apprendre ; mais il donna des | leçons profitables au jeune frère de Jean- I Baptiste, Curie Vanloo Les commandes continuaient d'affluer chez le maître français. Citons, parmi les plus belles œuvres qu'il lit pendant ce séjour à Rouie, une Sainte Famille et un Jésus-Christ donnant tes clefs à saint Pierre. M. Charles Blanc et M. Viardot reprochent à ces deux superbes tableaux de rappeler avec trop de bonheur les' mêmes sujets points pur Carlo Maratta. Cette critique c'est pas sans fondement ; mais il ne faut pas oublier que Vanloo, à Rome, s'était fait un peu Italien et qu'il avait, malgré lui, subi la fâcheuse intluence de l'art italien, alors en pleine décadence. C. Maratta était l'homme de son temps le plusjsynipathique, celui qu'on prenait le plus volontiers pour modèle, et Vanloo ne sut pas se défendre de cet engouement universel. L'imitation ne va cependant pas chez lui jusqu'à la perte totale de lu personnalité.

Plusieurs années s'étaient écoutées; Vanloo avait pris avec lui son jeune frère et ses trois fils; il était leur maître et il les préparait à l'avenir brillant qui les attendait. Depuis longtemps déjà sa femme était venue le retiouvcr, et rien ne semblait le devoir éloigner de Rome, devenue pour lui comme une seconde patrie, quand le prince de Carignan, qui était retourné à Paris, le fit supplier de venir le rejoindre avec toute sa famille. Vanloo était trop son ami pour refuser, malgré |

VANL

les ennuis d'un voynge si long, en si nombreuse compagnie. Il partit donc; mais en passant à Turin, il y fut retenu par le duc qui lui demanda deux plafonds pour le château de Rivoli. Ce travail touchait à sa fia quand sa femme accoucha d'un beau petit garçon, qui fut baptisé comme un dauphin et eut pour parrain le duc lui-même, pour marraine la duchesse. Il y eut des fêtes, des réjouissances, et ce ne fut. que longtemps après que Vanloo arriva à Paris, où il logea dans 1 hôtel même du prince. Ses nombreux succès et l'amitié de ce haut personnage lui valurent , un accueil magnifique duns le inonde des artistes et à la cour. Il ne larda pas d'ailleurs à montrer qu'il était diirne de cet enthousiasme en peignant le Triomphe de Galatée, aujourd'hui à l'Ermitage de Saint-Pétersbourg, Cette toile ravissante Ici valut eu outre le titre d'agrégé de l'Académie (1722). Plusieurs Portraits non moins remarqués assirent sa haute notoriété. Vanloo avait acquis à cette époque une fortune considérable; il menait grande vie: Mais Law fascinait alors toute la société française, et les plus sages ne résistaient pas aux mirages dorés qu'il savait faire entrevoir. Vanloo, comme tant d'antres, lui confia toute sa fortune, et, comme tant d'autres, il la perdit. L'artiste dut se remettre au travail. Le duc d'Orléans lui avait promis d'attirer sur lui l'attention deLouisXV; mais il mourut juste au moment où le peintre allait commencer le portrait du roi. Vanloo, sentant que son avenir tout entier et celui de sa famille étaient dans ce portrait et ne pouvant plus attendre, s'en alla à Versailles tous les jours, dans la foule des 'courtisans. Quand, sans être vu, il pouvait saisir la tète du jeune roi en bonne lumière, il croquait ra-

fiidement l'aspect d'ensemble, et il saisit ainsi a physionomie de Louis XV. Un beau jour, ■il lui envoya le fruit de ce secret travail, son Portrait peint grand connue nature. La surprise fut agréable et produisit l'effet voulu. Le roi fit appeler le peintre, le félicita et lui commanda son Portrait en pied, pour lequel il posa avec complaisance. La bataille était gagnée. Ce premier tableau amena l'artiste à en faire un second, Louis XV achevai, qui lui conquit toute la faveur du souverain. L'Académie, également séduite, ouvrit ses portes à deux battants à Vanloo, qui présenta sa Diane et Endymion, maintenant au Louvre (23 février 1731). Les remarquables qualités de cette peinture ont été popularisées par la gravure de Levasseur. Peu après, le maître, qui déjà redevenait riche, peignit pour le prévôt des marchands une allégorie sur la Naissance du dauphin ; puis un Henri III recevant le cumle de Gonzalès parmi les chevaliers du Saint-Esprit, pour l'église des Augustins. Ce tableau, qui est au Louvre, fut pour Vauloo l'occasion d'un véritable triomphe. L'Académie venait de le nommer professeur (1733), quand sa mauvuise santé le contraignit à faire un voyage à Aix. Trois ans plus tard, fortifié par le soleil de la Proveuce, il revint à Paris et de là se rendit à Londres, sur la prière du ministre Robert Walpole, dont il fit un portrait resté fameux et souvent gravé. Vanloo fut ensuite chargé des portraits de la famille royale et fit encore ceux de presque tous les grands seigneurs. Mais les brouillards de la Tamise n'étaient pas favorables à l'artiste provençal. D'autre part, c'est pendant son séjour k Londres qu'il apprit la mort d'un du ses fils, celui qu'il préférait; le coup fut mortel. Rentré en France, il voulut revoir su ville natale, et ce fut pour y mourir. Il avait un peu plus da soixante ans : pour le talent, c'est encore la jeunesse.

Ajoutons aux morceaux que nous avons signalés au courant de cette notice un magnifique portrait de J/mo de Prie et un autre, non inoins intéressant, da Afiae de Sabrait. Il est peu de musées d'Europe qui n'aient au moins une toile de Jean-Baptiste Vanloo. Toutes ne sont pas des chefs-d'œuvre [^inais les meilleures nous montrent à un très-haut degré le sentiment de la couleur, la science de la forme et l'abondance de l'idée. Sou œuvre a été gravé par les artistes les plus en renom.

VANLOO (Charles-André, dit Carie), célèbre peintre français, frère du précédent, né à Nice en 1705, mort à Paris en 1705. Il faillit être victime des bombes du maréchal de Berwick, qui assiégeait Nice eu 1706 : une bombe, effondrant la inaUon habitée par Jacques Vanloo et sa famille, vint éclater dana la chambre même où dormait le jeune enfant; son berceau vola en mille pièces ; Carie, pourtant, n'avait pas la moindre blessure. Son frère le prit au milieu des ruines de la maison. Vanloo racontait volontiers cette historiette pour expliquer sa haine instinctive des soldats, des armes et de la guerre. Et pourtant la timidité, la prudence même n'étaient pas dans son tempérament; il en donna bien la preuve dans sa jeuuesse. Ses emportements, ses passions, ses caprices eurent même parfois des proportion n telles que son avenir en faillit être gravement compromis. Jean-Baptiste dirigeait ses études et son éducation, deux choses difficiles qui lui causèrent de grands soucis. Carie donnait déjà comme peintre les plus belles espérances quand son frère l'emmena à Rome, chez la prince de Carignan. Tous deux entrèrent dans l'atelier de Benedetto Luti. Ils y travaillaient

VANL

depuis quelques mois seulement lorsque Carie se lin avec Legros, statuaire à la mode parmi les dames romaines. Aussitôt, se croyant plus sculpteur que peintre, il abandonna la

falette pour le ciseau, puis il rentra dans atelier de son frère et se remit à la peinture. Il y vivait paisiblement depuis quelque temps, lorsqu'un beau jour il disparut; il s'était enrôlé dans une troupe d'acteurs nomades en qualité de décorateur en chef de leur théâtre et d'amant préféré de l'ingénue. Cette fugue 'indisposa Jean- Baptiste, qui était sur le point d'abandonner ce frère prodigue, quand des amis communs le lui ramenèrent. - Peu après, il l'emmena à Paris. Toutes ces dissipations auxquelles Carie se livrait si légèrement, il n'en parut plus aussi avide à Paris, où le plaisir était pourtant si facile. Une sorte d'apaisement se fit dans son tempérament; l'heure du travail, de la vie sérieuse venait de sonner pour lui. Il le prouva d'abord en travaillant, sons la direction de son frère, à la restauration des peintures du Primatice, à Fontainebleau. Ce travail délicat, difficile, donna la mesure de lu souplesse de son talent. Sans s'absorber entièrement dans la contemplation des chefs-d'œuvre de la jeune école française, il songeait au prix de. Rome et s'y préparait résolument. Il composa, pour le concours de 1724, le sujet'deiiiandé : Jacob purifiant sa maison avant départir pour Betliel, où il altait offrir un sacrifice au Seigneur; son tableau obtint le prix. Kn s'en allant k Rnme, il emmena ses deux neveux, Louis et François. Carie semblait transformé. De sa jeunesse passionnée, il ne restait nulle trace, et, comme s'il eût voulu vivre seulement pour l'exemple du ses neveux, il se fit des mœurs austères jusqu'à la rigidité. Parfaitement accueilli à la cour de Rome, il débuta, dès Son arrivée, par un succès : il remporta le prix annuel de dessin à l'Académie de Saint-Luc; bientôt l'Apothéose de saint Isidore pour 1 église de ce nom lui concilia, par ses qualités supérieures, .l'admiration des amateurs et des artistes, en même temps que ce que l'on y remarquait de sentiment reli-

fieux lui valut l'estime des âmes dévotes. Un ainl François et une Sainte Marthe suivirent immédiatement. Ces deux figures furent achetées par le général des cordoliers de Tarascon, qui était alors à Rome, et valurent à l'auteur une foule d'autres avantages : la faveur du cardinal de Polignac, qui obtint pour le peintre une pension du roi de France, et la bienveillance personnelle du pape, qui fit l'artiste chevalier par un brevet d'une rédaction très-flatteuse. Carie se vit tout à. coup porté d'une position médiocre au faîte de la célébrité. Mais aussi la chapelle du Va- , tican le comptait pafmi les plus assidus aux services divins. Le saint-père n'avait pas de courtisan plus humble et plus fervent. Il était parfaitement entré dans la peau de son nouveau personnage et vivait en homme habile, comme on dirait de nos jours. L'Angleterre, par la voie de son ambassadeur, voulut avoir un tableau de lui, et elle couvrit de guinées une étude de femme nue, la Femme orientale à sa toilette, qui a été longtemps céLèbre sous le nom de Femme au bracalet ; bracelet qui, à proprement parler, est plutôt un cuisselet, car il entoure la cuisse de cette nymphe. A son passage k Turin, comme il revenait en France avec ses deux neveux, il lui survint un affreux accident. Ils voyageaient en chaise de poste; au moment d'entrer dans la ville, l'un de ses neveux, François, eut la fantaisie de remplacer le postillon pour faire une entrée plus bruyante et lança les chevaux à fond de train. Le porteur s'abattit, et le jeune homme, les pieds pris dans rétrier, fut longtemps traîné par l'attelage; quelques heures après, il était mort. La cour tout entière s'émut de ce malheur. Le roi, les princes comblèrent Carie Vanloo des témoignages de la plus affectueuse sympathie. L'artiste, avec le courage des esprits distingués, comprit qu'il fallait travailler, sutii-fnire aux exigences de Ces grands seigneurs qui, charmants dans la forme, étaient au tond parfaitement indifférents à ses joies et a ses douleurs. Il se mit donc à l'œuvre résolument et, au bout de quelques mois, >> rit honneur aux commandes les plus importantes. Les neufs panneaux de la Jérusalem délivrée, qui forment le cabinet du roi, furent les plus remarques. Le reste des travaux n'était pas achevé, que ces panneaux étaient déjà gravés et connus de l'Europe entière. A cette époque, il rencontra, à la cour de Turin, la belle Christine Somis, célèbre chanteuse de laScala; il en lit sa femme. Après ce mariage, il revint à Paris inaugurer l'existence quasi royale qui lui permettait de recevoir Qans ses salons tous les princes, tous les grands seigneurs d'Europe. Le talent et la beauté de sa femme ne furent pas étrangers, dit-on, à cette vogue nouvelle, qui le plaça à la tète des peintres français. En juillet 1735, l'Académie lui avait ouvert ses portes sur la présentation de l'Apollon écorchant le satyre Mursyas (au Louvre); puis vinrent successivement une Résurrection, les Parques , Concert d'instruments , Conversation espagnule. Ces doux dernières peintures, appartenant à M"1» Gcoiïrin, devinrent à samuii la propriété de Catherine II. Klles sont maintenant à l'Ermitage de Saint-Pétersbourg. Il faut citer ensuite le Saint Charles JJorromée communiant les pestiférés, la Prédication de saint Augustin et la itésvr-

VANL

rection. Cette dernière page, d'un grand caractère, d'une exécution ample et sobre, est le plus beau tableau de la cathédrale de Besançon. Plusieurs portraits intéressants sont aussi de cette époque. Le meilleur et le plus célèbre est le Portrait de Louis XV, exposé au Salon de 1763, et qui fut longtemps placé dans le salon d'honneur du Grand- Trianon. Citons ici une excellente appréciation de Fontaine-Malherbe : « On a dit qu'il avait pris de Legros l'habitude de modeler ses figures avant de les peindre; c'est une erreur. Il avait tout simplement un mannequin k ressort qu'il posait d'abord, qu'il drapait ensuite avec des étoffes diverses et de Couleurs différentes, et d'après lequel il peignait. Mais le plus souvent il exécutait en grand, d'après une esquisse faite de verve. Il sentait lui-même tous les abus de cette facilité, car il n'était jamais content de ses ouvrages; mais, malheureusement, les morceaux qu'il détruisait étaient souvent bien supérieurs a ceux qu'il refaisait. CVst ainsi qu il mit en pièces le tableau des Grâces enchaînées par l'Amour. Dénué de toute instruction, sachant à peine lire et écrire, il n'était que peintre; il ne dédaignait pas les conseils de ses élèves, dont'il payait quelquefois, suivant Diderot, la sincérité d'un coup de pied ou d'un soufflet ; mais, le moment d'après, l'incartade de l'artiste et le défaut de l'ouvrage étaient réparés. •

Le musée du Louvre, en dehors de la toile que nous avons signalée plus haut, possède de ce maître : le Saint-Esprit présidant à l'union de la Vierge et de saint Joseph; Enée portant son père Anc/iise au milieu de l'incendie de Troie; une Balte de chasse et le Portrait de Marie Leckzinska,

Divers musées de province possèdent quelques tableaux de ,Carle Vanloo : le Martyre de saint André, Renaud dans tes jardins d'Armide (musée d'Angers) ; Thésée vainqueur du Minotoure (musée de' Besançon) ; Auguste 'recevant les ambassadeurs des nations barbares (musée de Bordeaux) ; M artyre de saint Denis, Portrait de Louis XV (în.isée de Dijon); \' Ivresse de Silène (musée de Nancy); Portrait de la mère de C. Vanloo, Portrait de C. Vanloo (musée de Nîmes) ; Vierge tenant l'Enfant Jésus (musée de Rouen).

« Selon Diderot, Carie Vanloo, dit M. Arsène Houssaye, était né peintre comme on naît apôtre; mais, par malheur, à ses yeux la peinture était plutôt un métier qu'un art. Pourtant, il faut reconnaître en lui un artiste ; il a eu même, comme quelques peintres du second ordre, ses élans de génie. Il lui est arrivé de rejeter le souvenir des grands maî- 1 très, de s'abandonner à son inspiration et de i créer une figure digne des grands maîtres. Le plus souvent, son œuvre n'était que le i souvenir confus de plusieurs écoles ; tantôt il prenait le coloris et la touche du Guide, tantôt la manière du Corrége ; dans ses paysages, c'était Salvator Rosa ; dans ses ! animaux, c'était Sneyderou Desportes; mais de ces maîtres à Vanloo il y avait loin comme d'un chef-d'œuvre à une copie. Cependant, s'il voyait la nature par tons ces yeux étran- ! gers, il la voyait aussi ça et là par ses yeux à lui. De ces échappées pour ainsi dire nous viennent ses bons tableaux. Par son style : presque naturel, il corrigea l'école française I que Coypel, de Troy et Watteau avaient li- I vrée à un goût théâtral, maniéré et précieux. Quoique fuyant et mou, son dessin était agréable ; son' pinceau était moelleux; il variait avec beaucoup de talent le style du crayon et du pinceau; il passait sans effort de l'effet énergique et sévère au ton argentin et suave. Sa couleur, quoique un peu rouge et blanche, a du charme et de l'attrait; mais, en visant à l'éclat, il touche souvent au clinquant. Ses airs de tète sont aimables, trop peu variés ; c'est toujours la même figure comme dans l'œuvre de Watteau, avec moins d'esprit. L'expression manque souvent ; c'est plutôt de la noblesse que du caractère, plutôt de la grâce que de la beauté... Maintenant que la critique moderne a répandu une grande lumière sur l'art français, tout le inonde voit Vanloo sans prisme, tel qu'il fut : un peintre ! très-liabile, arrivant presque au génie par i hasard, comme d'autres y arrivent uaturei- ! lement. >

VANLOO (Louis-Michel), peintre français, neveu du précèdent, fils de Jean-Baptiste Vanloo, né à Toulon en 1707, mort à Paris en 1771. Il n'avait que deux ans de moins que ! son oncle et fut son camarade plutôt que son I élève, dans l'atelier de son père, où tous deux apprirent les premiers éléments de l'art. Sui- ! vaut de près les traces de Carie, qui avait ! remporté le prix de Rome en 1724, il l'obtint ' à son tour en 1725 avec un Moïse foulant aux | pieds la verge de Pharaon, et tuus deux par- ; tirent comme pensionnaires du roi en 1727. ! Durant les premières années de son séjour k Rome, il laissa de côté la grande peinture et ; les sujets mythologiques. Il se fit peintre de portrait et, à Turin, il aida sou oncle dans ' les grands travaux de décoration qui lui fui rent conliés en 1731. Ce ne fut qu à son re- ! tour à Paris, dans son tableau de réception j à l'Académie, Apollon poursuivant Daphné (musée du Louvre), qu'il aborda le genre mythologique. Ce morceau eut un brillant succès (1733). Son père lui-même n'avait été reçu que deux ans auparavant; son oncle ne le fût que l'année suivante. Peu de temps après, il

VANL

reçut le titre de peintre du roi d'Espagne, Philippe V, et se rendit à Madrid. Il ne dut celte faveur, il est vrai, qu'à un heureux hasard. Le roi d'Espugne, qui ignorait peut-être l'existence de Michel, avait demandé à Rigaud un peintre habile pour une série de portraits et quelques décorations d'appartement. Rigaud sollicité à Paris parla famille Vanloo avait.envnyé le nom de Michel. La négociation ayant abouti, l'artiste sut se faire luimême, par son propre mérite, une place plus grande à la cour de Madrid. Sept ou huit mois après son arrivée, le roi le numma son premier peintre. A ce titre, Michel Vanloo dirigea tous les travaux de peinture qni se firent en Espagne jusqu'à la mort de Philippe V. A Madrid comme à Turin, l'élément mythologique domine dans les compositions de ce maître; les palais royaux de ces deux capitales montrent plusieurs plafonds, plusieurs galeries où l'artiste a donné la mesure de son imagination brillante, de son talent consommé. Est-il aussi original, aussi coloriste, aussi varié, aussi puissant, dans les mêmes sujets, que son oncle Curie? Ses admirateurs eux-mêmes avouaient qu'en peignaht sei dieux, ses Amours, ses déesses, il se souvenait trop des traditions de sa famille. Mais s'il a manqué d'originalité dans ce genre, il en a montré beaucoup dans lespnrtraits qui remplissent la seconde moitié de sa carrière et qui sont irès-supérieurs à tout ce qu'il a fait dans la première. Tels sont ceux qu'il exposa à son retour d'Espagne, entre autres, le portrait en pied de Louis XV en habits royaux, qui lit une sensation profonde au Salon de 1761. Un autre succès non moins grand accueillit le portrait de Carie Vanloo, exposé au Salon de 1765, l'année même de la mort de son oncle. L'éminent artiste, dans cette belle page qui est au musée du Louvre, est représenté en costume de matin, robe de chambre et bonnetd'atelier. Sur le buste placé de profil, la tête mouvementée se présente de face avec un relief surprenant. En J767, les portraits du Cardinal de Choiseut, de Y Abbé de Breteuil, de Cochin et le célèbre Petit jeune, homme en pied, rappelant le Charles I^i de Van Dyck, portèrent k son apogée la notoriété de Michel Vanloo. A peu près vers cette même époque, il exposa cette superbe réunion de portraits qui est connue sous le nom de Concert espagnol. Diderot ne trouva pas assez d épithètes pour exprimer son enthousiasme en faveur de cette peinture vigoureuse à la façon des Espagnols, mais sans imitation de leur gamine et de leur parti pris. Un autre tableau de même style, Michel Vanloo et sa famille, fut le prétexte d'une espèce d'ovation organisée par les artistes et à laquelle Vanloo eut grand'peine à se soustraire. C'est dire assez, d'ailleurs, que la bonne étoile de Michel ne fut jamais obscurcie; mais il méritait cette persistance du bonheur. Il était homme de cœur autant qu'artiste éminent. Diderot nous conte de lui une anecdote qui le prouve assez : « Michel avait un ami en Espagne, dit le grand publiciste ; il prit envie à cet ami d'équiper un vaisseau. Michel lui confia sa fortune. Le vaisseau fit naufrage, la fortune confiée fut perdue et l'ami noyé. Michel apprend ce désastre et Je premier mot qui lui vient à la bouche, c'est: « J'ai perdu » un bon ami. ■

11 existe rie Vanloo un second portrait peint par lui-même, celui dans lequel il tient le portrait de son père. Cette peinture, à double rffet, est fort remarquable ; elle a été gravée par Miger,

Quelques autres membres de la famille Vanloo méritent une mention. Ce sont : François Vanloo, frère du précédent, né à Aix en 1711, mort à Turin en 1733. C'est celui dont nous avons rapporté la mort tragique dans la biographie de Carie Vanloo. « Doué des plus heureuses dispositions, il a laissé de nombreux dessins d'après nature et des études peintes, dit Dandré-Baron, du plus beau ton et d'un pinceau admirable. » La seule grande page picturale qu'il ait eu le temps d'achever est un Triomphe de Galatée qui appartenait, en 1785, à son frère L.-Michel Vanloo. — Charles-Amédée-Philippe Vanloo, frère du précédent, né à Turin en 17 IS, mort en 1796. Il fut tenu sur les fonts (!■■ baptême par le prince de Piémont et la princesse de'Carignan; il n'eut qu'une carrière effacée, sans relief. Vivant tour à tour avec son oncle Carie et son frère Michel, il fut leur collaborateur intelligent et dévoué. Les relations de sa famille lui valurent d'être appelé à Berlin, où il dirigea longtemps l'école de dessin et où il peignit quelques bons portraits. On peut voir aussi dans le musée de cette ville un tableau de lui : Deux familles de sutyres. Cette toile, datée de 1764, n'a jamais été gravée. Il avait été reçu membre de l'Académie de peinture en 1747 et il exposa aux Salons de 1747, 1761, 1703, 1769, 1771, 1773, 1775, 1777, 1779, 1781, 1783 et 1785. Le musée du Louvre ne possède rien de lui. — Jules-César-Denis Vanloo, cousin des précédents, fils de Carie Vanloo, né à Paris en 1743, moitilans la même ville en 1821. Il s'adonnalau paysage et cultiva surtout les effets de neige. Comme il passa la plus grande partie de sa vie en Italie, ses paysages sont presque tous italiens. Il s'en trouve quelques-uns dans les musées de province et dans les collections particulières : Effet de neige (musée de Cherbourg); Puysages italiens (musée de Toulouse) ; Effet de neige (collection Lacazo, au Louvre);

VANM

CtaiV de lune (ministère de la justice), etc. Il fut reçu membre de l'Académie en 1784 et exposa à presque tous les Salons suivants jusqu à sa mort,

VANLOO (Albert), auteur dramatique, né k Bruxelles en 1846, d'une famille originaire de la Belgique. Son père, établi depuis de longues années fabricant de chaises cannelées dans le quartier de la Bastille, ne négligea rien pour son instruction. La fortune qu'il avait acquise dans ce commerce lui permit de laisser suivie à son fils la carrière des lettres. Le jeune Vanloo, ses études achevées au collège, se lia d'amitié avec M. Eugène Leterrier, alors employé à I Hôtel de ville et fréquentant plus assidûment les coulisses que son bureau. Les deux amis composèrent leurs premières, pièces ensemble, et depuis ils n'ont point cessé cette collaboration active. Voici la liste de ledrs productions ; en l'SCS, au théâtre Déjazet, Une sombre histoire, vuudev ille en un acte ; en 1869, à l'Athénée, le Petit Poucet, opéra-boiitïe en trois actes, musique de Laurent de Rihé ; aux Bouffes- Parisiens, Madeleine, opéra-comique en un acte, musique de Henri Potier ; la Nuit du 15 octobre, opérette militaire en un acte, musique de G. Jacobi ; en 1871, aux Variétés, la Peau rouge de Saint-Quentin, pièce en cinq actes, avec Grange; au Vaudeville, la Ressemblance, comédie en un acte ; aux Folios-Nouvelles, Nabucho, opéra bouffe en trois actes et quatre tableaux, musique de Villebichot ; en 1874, à Cluuy, la Chouette, comédie en un acte ; en 1875, aux Variétés, la Guigne, vaudeville eu trois actes, avec Labiche ; à, la Renaissance, Trop Curieuse, comédie en un acte; Giroflée- Girofla, opéra bouffe en trois actes, musique de Charles Lecocq ; cette pièce, jouée priiniiiveiin-nt à Bruxelles, a été également représentée en 1874 ii l'Alhauibra de Londres, sous le titre de la Fiancée de Satan, musique nouvelle do Jacobi; à la Gaîté, le Voyage dans lu lune, opéra-féerie en quatre actes et vingt-trois tableaux, avec Mortier, musique d'Oftvnbach (26 octobre) ; à lu Renaissance, la Petite mariée, opéra bouffe en trois actes, musique de Lecocq (21 décembre).

VAN LOON (Théodore), peintre belgo. V. Loon.

VAN LOON (Gérard), antiquaire et historien hollandais. V. LOON.

VAN MAANEN ( Cornélis-Félix ), homme d'Etat hollandais. V. Maaniîn.

VAN MALDÈKK (Pierre), compositeur et violoniste belge, né a Bruxelles eu 1724, mort en 1768. Successivement second et premier violon de la chapelle de Charles de Lorraine, gouverneur des Pays-Bas , puis valet de chambre de ce prince, il vint à Paris en 1761 et y donna, l'année suivante, au théâtre de la Comédie-Italienne un opéra-comique, la Bagarre, qui n'obtint qu'un succès médiocre, bien que la musique eut enlevé les suffrages du public. On a de ce compositeur : six Quatuors pour deux violons, alto et busse (Bruxelles, 1757); six Symphonies pour les mêmes instruments (Bruxelles, 1759); dix-huit mitres Symphonies, publiées à Paris par recueils de six chacun, etc. «Ces symphonies, dont la publication a précédé celle des ouvrages de Haydn, ont eu beaucoup de réputation, non-seulement à Bruxelles et k Paris, mais en Allemagne. » (Fétis, Biographie universelle des musiciens.) 1 VAN MANDER (Karel), peintre et critique flamand. V. Mandur.

VAN MAUWM (Martin), savant néerlandais, né à Délit vers 1750, mort eu 1833. Il commença par étudier les mathématiques, puis son père l'envoya suivre les cours de médecine à Groningue. Reçu docteur, il alla exercer à Harlem et conquit une nombreuse : clientèle qu'il délaissa peu à peu pmir s'adonner entièrement à ia physique. Nuitimé secrétaire de la Société des sciences de Harlem, ti obtint eu même temps la chaire de physique a l'université dé cette ville et ladirection du uabinet de physique de Tayler. Indépendamment de ses diverses machines, électrique, pneumatique, et d'un gazomètre, on doit à Van Marwm : un Traité d'éle.ctrictie(Groniugue, 177<>, iu-8u), deux Mémoires sur l'étecliicitit, couronnés en 1781 et 1793 par la Société batave de philosophie expérimentale de Rotterdam , et une Lettre à M. Volta sur ta colonne électrique (Harlem, 1801).

VAN MERLE (Paul), érudit hollandais. V. Merui.a.

VANMOER (Jean-Baptiste), peintre belge, né à Bruxelles en 1815. Apres avoir débuté jeune encore, dans son pays, par quelques études assez intéressantes, il vint terminer son éducation à Paris, où il a depuis exposé la plupart de ses œuvres. Mais ses premières toiles passèrent a peu près inaperçues et ce ,ne fut guère qu'en 1853 qu'il se fit remarquer par des peintures largement entendues, un Intérieur de cour à Bruxelles, uu Corridor à Bruxelles, un Atelier à Bruxelles, qui lui valurent une 3° médaille. Ce premier succès n'était que le prélude d'un succès plus brillant, celui qu'il obtint, en 1855, avec la Cotir d'un cocher, l'Eglise Saiute-Guduie, le Canal Saint-Jean-Samt-Paul à Venise, la Porte du palais ducal et Saint-Marc. Ces ta-

VANN

bleaux, peints d'après nature dans an voyage fait en 1854, bnllaient surtout par l'exactitude du coloris. Les progrès étaient considérables entre cette dernière Exposition et la Salon de 1853. Le jury des récompenses jugea ainsi en accordant une 2e médaille à l'artiste. Depuis ce moment, la notoriété de M. Vantnoer est allée toujours en croissant et il est aujourd'hui l'un des paysagistes les plus distingués de la Belgique moderne. Le reste de sou œuvre n'est que la paraphrase des morceaux excellents que nous venons de citer. Il faut pourtant rappeler, parmi les créations les plus réussies qu'il a successivement exposées depuis lors, la Conr du palais ducal à Venise et la Chapelle Saint-Jean à Saint-Murc de Venise, au Salon de I8C1, peintures intéressantes qui lui valurent mi rappel de lu 2« médaille. M. Vaninoer depuis cette époque semble s'être éloigné des Expositions.

VAN MONS (Jean-Baptiste), chimiste belge. V. Mons.

VAN MONS (Louis-Augustin-Ferdinand), général belge. V. Mons.

VAN MONS (Théodore), jurisconsulte belge. V. Mons.

VAN MliSSCHER (Michel), peintre hollandais. V. Musschjsr.

VAN MUVDEN (Jacques- Alfred), peintre suisse, né à Lausanne en ISIS. Après s'être fait applaudir en Allemagne pour quelques pochades d'un sentiment très-fin, où l'on remarquait déjà ces petits enfants dont il a retracé la naïveté chaînante avec tant de bonheur dans ses meilleurs tableaux, il vint a Paris, où il entra dans l'atelier de Gleyre. Il alla ensuite visiter l'Italie et il a fini par s'établir à Rome. C'est de la ville éternelle qu'il a envoyé au Salon de Paris les diverses productions qui lui ont valu la notoriété dont il jouit a bon droit ; Chiaruccia, gardeuse de moutons des Abruzzes (1850); Paysans romains à la moisson (1853) ; Réfectoire de capucins à A Ibano ; une Mère et son enfant ( 1 855); Ecole de petits enfants à A Ibano, la Visite du curé, une Puce (1859); Cache-cache, Moine en prière, Capucins dans leur intérieur, les Délices de ta maternité (1861). Une 2« médaille accordée en 1855 et rappelée en 1861 a consacré la valeur réelle, le talent distingué de fil. Van Muyden, homme très-modeste qui se contente de travailler, sans solliciter de nouvelles distinctions.

VANNAGE s. m. (va-na-je — j'ad. vanner). Agric. Action de vanner Jes grains : Le vannagb des blés.

— Teehn. Action de vanner les aiguilles. VANNAGE s. m. (va-na-je — rad. vanne).

Système, combinaison, ensemble de vannes. Il Endroit où sont établies des vannes.

— Forte planche clouée sur des pieux qu'on emploie dans les constructions au lieu de palplanches, lorsque les eaux sont très-profondes.

— Encycl. P. et ch. Les vannages se posent ordinairement à claire-voie ; cependant, dans quelques circonstances, lorsqu'il s'agit démettre une construction à l'abri des crues, on en forme une enceinte à peu près jointive, derrière laquelle on établit un massif de béton comme on le ferait pour la construction d'un batardeau. Ce système de construction, dont on peut faire usage chaque fois que l'on n'a pas à craindre des affouillements, présente des avantages sur le système d'enceinte généralement employé pour les fondations en béton et qui se compose de pieux et de palplanches jointives; il n'est peut-être pas sans intérêt de reproduire les comparaisons qui ont été faites de ces deux systèmes et d'en rappeler les conclusions. Dans l'application du système des pieux et palplanches jointives, on peut procéder de deux manières différentes : la première, qui rentre dans le système des vannages, consiste à creuser la fouille des fondations d'une manière com-

lèie avant de former la caisse du massif eu «ton ; la deuxième consiste, au contraire, à former l'enceinte avant de creuser la fouille. De la comparaison de ces deux méthodes, il résulta : i» que la première l'emporte sur la deuxième, k la fois sous les deux rapports de la dépense et du temps; quant au temps, on gagne à la suivre environ deux jours par mètre carré de surface de fouille k une profondeur de 4 mètres sous l'eau ; quant k la dépense, l'augmentation considérable qu'elle présente pour les dragages, en raison de la faible inclinaison que prennent les talus de la fouille, réduit sou avantage à une économie apparente assez faible ; mais cette économie peut croître considérablement, s'il faut remplacer après le dragage une grande partie des' pieux et des palplanches battus auparavant; ce remplacement est occasionné par les pieux que l'on brise pendant l'opération du dragage; 8° que si le système de vannage eu voliges n'offre qu'un faible avantage, eu égard au temps, sur la première méthode d'application du système de palplanches, il est d'une exécution bien, moins coûteuse, et d'autant moins que le prix des bois est plus éLevé. Cette considération de l'économie aaus la dépense ne devrait pas toujours 'suffire, sans doute, pour décider la questiun en fuveur des vannages. Ainsi il est certain que, dans le cas où l'on aurait k craindre des affguillemeuts, il faudrait préférer aux vanna-

VANN

ges les palplanches jointives, en ayant soin toutefois de diminuer autant que possible leur largeur et de laisser entre elles des intervalles d'environ 00,05. Mais, à moins que des circonstances particulières n'obligent à agir différemment, comme, par exemple, si l'immersion du béton devait être immédiatement suivie de la construction des voûtes, devra-t-on, pour le système des palplanches jointives, aussi bien que pour celui des vannages, opérer le creusement à fond de la fouille avant de former l'enceinte, d'autant mieux que l'avantage de cette méthode est moins encore dans l'économie de temps et d'argent qu'elle procure qu'en ce qu'elle assure la bonne exécution des fondations? Dans l'autre manière de procéder, en effet, le lait de chaux que produit l'immersion même la mieux conduite reste enfermé dans le coffre de la fondation, dont les parois verticales sont appuyées contre le sol. Pour s'en débarrasser, il faut alors recourir à des moyens coûteux, lesquels encore sont impuissants à l'expulser complètement, ce qui est un assez grave inconvénient; tandis que dans la méthode de creusement préalable de la fouille, surtout lorsque l'enceinte est ultérieurement formée de vannages en voliges k claire-voie, dont les vides sont, eu égard aux pleins, dans le rapport de 1 à 2, tout le lait de chaux s'échappe de lui-même, à travers les jours des parois, dans le vide considérable qui enveloppe l'enceinte. On a souvent objecté à l'emploi des vannages le peu de résistance qu'ils présentent à la pression du béton; cette objection tombe devant les expériences qui eu ont été faites par les ingénieurs des ponts et chaussées, et desquelles il résulte "que cette pression est pour ainsi dire nulle. Dans tous les cas, si l'on a quelques craintes k cet égard, rien 11 empêche, pour soutenir les vannages, d'effectuer les enrochements dont on entoure ordinairement les fondations au fur et k mesure de l'élévation du massif en béton, en prenant la précaution, toutefois, de les tenir toujours plus bas que ce massif, afin de ne pas gêner la sortie du lait de chaux. .

VANNE adj. f. (va-ne)^ Se dit des eaux, ou mieux des parties liquides contenues dans les fosses d'aisance ou dans certains résidus : Les eaux vannes.

VANNE s. f. (va-ne — lat. vannus, fait de vanus, vide, proprement enflé, lequel se rattache à la racine sanscrite va, souffler, V. vain). Archit. hydranl. Porte qui se meut dans le sens vertical entre deux coulisses pour intercepter et laisser libre k volonté le cours des eaux. Il Cloison d'un batardeau, |[ Vanne de déchargé, Vanne spécialement destinée à l'écoulement des eaux, il Vanne de chasse, Vanne destinée à accumuler des eaux, que l'on lâche ensuite brusquement pour entraîner les vases. Il Vanne motrice, Vanne de travail, Celle qui ferme chacun des onh\-es destinés k verser l'eau sur un récepteur hydraulique. Il Vanne plongeante, La même, mais disposée de façon à plonger pour laisser passer l'eau par-dessus. Il Vanne mouloire, Vanne motrice d'un moulin. Il Vanne de compensation, Vanne dû décharge dont le jeu est inverse de celui d'une vanne motrice, de façon que le débouché soit toi/jours le même.

— s. f. pi. Faueonn. Pennes les plus grandes des ailes d'un oiseau de proie. Il On dit aussi vanneaux s', m. pi.

— Econ. domest. Grosse couverture de lit. Il Vieux. iaot usité encore en Provence, et

dérivé sans doute du lat. pannus, étoffe de drap.

— Encycl. P. et ch. Les vannes employées au jaugeage des cours d'eau sont verticales, avec le' seuil en contre-bas du niveau d'aval, versant à l'air libre et suivies d'un coursier plus ou moins incliné, ou verticales avec un orifice noyé, ou inclinées avec les mêmes variantes que ci-dessus. Pour jauger au muyen d'une vanne verticale dont le seuil est en contre-haut du radier, on se contente de l'élever à, une hauteur double de la largeur des poteaux de glissement pour pouvoir considérer son ouverture comme un orifice en mince paroi, dont la dépense est donnée par la formule

Q = mLE ^Igc,

'dans laquelle L est la largeur de la vanne, E la levée au-dessus du seuil, c la dislance du centre de l'orilice au niveau supérieur do l'eau en amont, g l'accélération de la pesanteur et 771 un coefticieiil variable avec la charge sur l'orifice, la forme de ce dernier et sa position par l'Apport aux parois du barrage. Ou a trouve que quand la levée ne dé-

passe pas les de la hauteur de la charge,

cette formule est encore applicable. Pour ce genre de vannes et pour les vannes des écluses qui sont établies dans les mêmes conditions, m est compris entre 0,58 et 0,70 ; on le prend généralement égal à 0,62. Mais cette formule supposa une contraction sur tous les côtés, ce qui n'a pas lieu si l'on emploie une vanne dont le seuil est enterré complètement dans le radier ; on ajoute alors à mi un coefficient K qui augmente naturellement la dépense effective. De même, il arrive que les poteaux verticaux de glissement sont encastrés dans les bajoyers et rendent ainsi toute contraction impossible; le coefficient m disparaît alors dans la formule précédente et

VANN

devient égal à l'unité. Si la vanne est suivie d'une pente et de plus d'un ressaut brusque de l'eau dans le canal, on compte la charge sur le sommet de la vanne. Dans le cas d'un jaugeage par vanne verticale avec orifice noyé, on ne s'occupe pas du fond d'aval, le niveau supérieur de l'eau en cet endroit étant supérieur au sommet de l'orifice. On soulève la vanne jusqu'à ce que l'ouverture soit telle que le niveau supérieur reste stationmùre, et Ion mesure la hauteur de la levée non plus à l'endroit où l'eau sort, mais sur la vanne ellemême en partant d'un point marqué- au niveau de l'eau quand elle était fermée. Pour une vanne inclinée, on connaît la levée inclinée et l'angle : on en déduit la levée verticale E ; le coefficient m de réduction varie pour cette vanne de 0,80 k 0,74 suivant que ['inclinaison est de 1 de base pour 1 ou 2 do hauteur. Une vanne inclinée donne donc pour une même levée plus de dépense que la vanne verticale. Quand le niveau vient à monter par suite d'une crue, la charge c est augmentée de .celle qui est due k la vitesse de l'eau, et l'on a

Q' = mLE0?(c + ll),

u étant la vitesse de l'eau.

On établit ordinairement k l'origine des canaux d'-usines des vannes de prise d'eau pour régler le volume à admettre dans le canal, volume qui est souvent déterminé par un règlement d'eau. Ces vannes, placées sur des rivières sujettes k des crues torrentielles, doivent, en même temps, servir de vannes de garde pour empêcher l'introduction des hautes eaux et des corps flottants. On les munit d'une fausse vanne formant retenue dont l'arête supérieure, ainsi que les surfaces des bajoyers et celles des digues environnantes, est au-dessus des plus hautes eaux. Vers l'extrémité d'aval d'un canal d'usine et aussi près que possible de cette dernière, on établit des vannes de décharge versant les eaux dans le canal de fuite ; elles ont pour objet de servir à vider le canal ou à laisser, les jours de fête, couler leseaux avec une grande vitesse pour opérer l'enlèvement de la vase.

Les vannes varient beaucoup dans leur construction, suivant l'importance du cours d'eau et le but qu'elles doivent remplir. La vannage le plus simple est formé d'un seuil, de deux poteaux et d'un chapeau; ce cadre est engagé dans une .maçonnerie. La vanne est cumposée de madriers fixés sur une queue dont l'extrémité supérieure est percée de plusieurs trous dans lesquels on introduit une cheville lorsqu'on lui donne une certaine levée. Pour empêcher Us madriers jde se ployer sous la charge d'eau, on les relie entre eux avec des pièces de bois perpendiculaires que l'on boulonne avec chacun d'eux. Quelquefois on établit les madriers en forme de solides d'égale résistance; on leur donne encore parfois des sections croissantes en dimensions depuis la base jusqu'au sommet. Les vannes se manœuvrent souvent a l'aide d'un système d'engrenage donnant un mouvement ascendant à deux crémaillères attachées au plateau de \a.' vanne. La résistance pour une vanne verticale sera égale au poids p de la vanne et. au frottement dû kla pression derrière elle; R étant cette résistance,

K = p+fP, l représente la largeur de la vanne, H la charge d'eau ; mais le poids p de la vanne dépend de son épaisseur. Si on admet que cette dernière soit de 0^,01, la vanne devient un corps supporté par deux appuis sur lesquels agit une charge d'eau H uniformément répartie. Donc, si q est la charge sur chaque appui, la surface de la base est

0"i,01(i + 0,15); le poids uniformément réparti est donc j 0"i,01(i-f- 0,15)U X 1000.

0,15 est la partie qui entre dans les feuillures des poteaux et 1000 le poids d'un mètre

cube d'eau. Ce poids se trouve appliqué au -

de la hauteur à partir do la base; mais, pour avoir un surcruit d'épaisseur," on le suppose agissant au milieu de la vanne. Connaissant le poids p, ou ajoute le frottement dû à la charge d'eau représentée par un prisme triangulaire ayant H pour base et dont la valeur est

Cette force, multipliée par f et ajoutée à p, donne R. Mais les vannes n'ont pas toujours pour hauteur la profondeur de l'eau de la rivière ; souvent lu vanne gvsse contre un appui lise; le poids d'eau pressant est alors pour le trapèze

h étant la hauteur de la vanne noyée. On a quelquefois des vannes inclinées, les vannes en déversoir pur exemple, pour lesquelles la résistance augmente; ou aie poids d'eau

E étant la hauteur de la vanne, H la hauteur d'eau au-dessus du seuil en amont, et k l'abaissement de la vanne au-dessous du niveau

VANN

supérieur d'amont. Enfin, pour une vanne in- I clinée n'ayant pas tonte la hauteur de la ri- ■ vière, on n'ajoute à ff que la composante

du poids p, suivant la vanne, en admettant

que P et p ont un même point d'application;

alors on a

car pt est opposé à P comme étant la composante de p perpendiculaire à la vanne. On tient compte de ceci si la vanne est ti ès-in-

1 2 clinée ; mais, pour une inclinaison de — à —,

on peut supposer le poids appliqué suivant la Banne.

VANNE, petite rivière de France. Elle prend sa source à Fontvannes, dans le département de l'Aube, coule à l'O., baigne Estissac, entre dans le département ne l'Yonne, arrose Villeneuve-l'Archevêque, Malay et se jetto dans l'Yonne, un peu en amont de Sens, après un cours de 65 kilom. En 1860, la ville de Paris a acheté dans la vallée de la Vanne plusieurs sources très-abondantes destinées à l'alimentation de Paris. Les eaux de ces sources arrivent k Paris depuis le 22 juin 1874 au moyen d'un aqueduc dû a l'ingénieur Belgrand, et sont emmagasinées dans les vastes réservoirs de Monlsouris, d'où on les distribue dans une partie de la ville. Ces eaux sont d'une qualité supérieure et d'une admirable limpidité. V. Paris, t. X.11, p. 250.

VANNEAU s. m. (ya-nô — rad. van, à cause de la ressemblance qu'on a cru voir entre un van et l'aigrette de ces oiseaux). Ornith. Genred'échassiers pressiiostres, de la famille des charadridées, comprenant une douzaine d'espèces, dont une ou deux habitent l'Europe : Tontes les fois qu'ils prennent leur essor, les vannkaux poussent ordinairement un petit cri. (Z. Gerbe.) Les .vanneaux sont en général des oiseaux de passage. (Muuduyt.) C'est vers le commencement de l'automne que les vannkaux ont le plus de graisse. (V. de Bomare.) Il Vanneau armé, Sorte de vanneau qui a les ailes munies d'éperons.

— s. m. pi. Fauconn. V. vanne.

— Encycl. Ornith. Les vanneaux ont pour caractères: un bec droit, court, grêle, cylindrique, un peu comprimé, renflé à l'extrémité ; la langue très-mince ; des narines trèspetites, fendues en long dans un sillon membraneux, la fosse nasale égale en longueur aux deux tiers du bec ; des ailes amples, plus ou moins aeuminées, quelquefois inunies d'un éperon ; les tarses grêles, médiocres ; quatre doigts, dont trois antérieurs, unis entre eux k la base par un rudiment de membrane, et un postérieur touchant peu ou point k terre. La présence de ce dernier doigt distingue nettement les vanneaux des pluviers. Les vanneaux ont la vol élevé et soutenu, la mue double ; ils vivent par troupes et fréquentent de préférence les lieux humides, inondés ou marécageux ; leur nourriture consiste en insectes, vers, mollusques, frai de grenouilles, et ils y ajoutent quelquefois de jeunes pousses d'herbes tendres. Les espèces assez nombreuses de ce genre sont répandues dans toutes les parties du monde ; 1 Europe en possède trois ou quatre.

Le vanneau huppé a environ 0n>,34 de longueur totale et 0^,75 d'envergure ; les plumes occipitales formant une huppe longue et étagée; le plumage d'un vert foncé, k reflets éclatants sur le dos et les ailes ; la partie supérieure de la tête d'un brun noirâtre ; lu poitrine noire k reflets verdàtres ; le ventre blanc, ainsi que la queue, dont l'extrémité est noire; les pieds d'un rouge brun. Telle est la livrée des deux sexes en hiver. Dans la belle saison, la gorge et le devant du cou, au lieu d'être blancs, sont noirs comme la poitrine, et les reflets do tout le plumage sont plus brillants. On trouve aussi des variétés accidentelles d'un blanc pur ou jaunâtre, ou d'autres nuances. Cet oiseau est l'un des plus remarquables de nos contrées, par la beauté de son plumage et par l'élégance de sa huppe, qui, partant de l'occiput, retombe sur le dos en se relevant vers son extrémité ; aussi a-t-il été souvent désigné autrefois sous le nom de petit paon ou d'autres dénominations analogues.

Le vanneau est un oiseau de passage ; il arrive en grandes troupes dans nus contrées vers la lin de février et ne repart guère qu'après les premiers froids da l'hiver, lorsque la terre est assez endurcie pour empêcher la sortie des lombrics dont il se nourrit; il en reste néanmoins un certain nombie toute l'année. Il vole légèrement et de diverses manières et semble jouer dans l'air ; ^en voyage, le vol est élevé, long et soutenu. Mais, quand il a choisi une localité, il ne s'élève qu'à une faible hauteur et change constamment de place, par petites volées basses, k mesure que le terrain où il vivait se trouve épuisé. 11 court aussi avec beaucoup d'agilité. « C'est, dit Buffon, un oiseau fort gai ; il est sans cesse eu mouvement, folâtre et se joue de mille façons eu l'air ; il s'y tient par instants dans toutes les situations, même le venue en haut oa sur le côté, et les ailes dirigées perpendiculairement, et aucun oiseau ne caracole et ne voltige plus lestement. »

Toutefois, le vanneau est d'un naturel farouche et ne se laisse pas aisément approcher ; le moindre bruit l'eifraye et le décide k prendre la fuite. 11 fait emenure, suitout

VANN

alors, un petit cri très-aigu, qu'où pert retu dre par kirii ; en temps ordinaire, si \ cri, qu'il ne manque jamais de pousser quand il s'élance de terre pour prendre son vol, s'exprime assez bien par le mot dix-huit, qui est devenu pour cette raison un des noms vulgaires de cet oiseau ; ne cri, dans certaines circonstances, ressemble un peu à un son aigu de hautbois se terminant un demi-ton plus haut, lin général, le cri du vanneau s'entend d'assez loin, et plutôt la nuit que le jour.

Le régime alimentaire du vanneau consiste en insectes, chenilles, araignées, limaçons, etc. Toutefois, ces biseaux préfèrent par-dessus tout les vers de terre ou lombrics. • Ils ont, dit Mauduyt, un instinct ou une adresse particulière pour prendre les vers; ils écartent avec le bec les amas de terre que ces animaux ont formés en se présentant à la surface du terrain, puis ils frappent du pied à côté ; quelquefois même ils piétinent en sautillant et retombant perpendiculairement; ces légers ébranlements suffisent pour faire sortir de terre les vers, qui sont aussitôt enlevés. Le soir et une partie de la nuit, les vanneaux parcourent les prairies humides et, sentant sous leurs pieds les vers qui rampent k la surface de la terre, ils s'en saisissent ; après l'un et l'autre de ces exercices, ces oiseaux vont se laver le bec <*t les pieds dans quelques mares ou ruisseaux voisins. ■ Le vanneau est aussi un animal utile pour l'agriculture ; il fait une grande destruction d'insectes et d'autres petites bêtes nuisibles aux récoltes ; on le voit souvent errer, par troupes de plusieurs centaines, dans les prés et les terres labourées, à la recherche de sa proie.

Vers la fin de février, les sexes commencent à se rapprocher; les mâles se battent entre eux avec beaucoup d'acharnement pour la possession des femelles. Lorsque enfin les couples sont appariés, on s'occupe de faire le nid, qui consiste simplement en une touffe d'herbe placée sur une petite élévation de terrain. En avril, la femelle pond trois à cinq œufs oblongs, olivâtres, tachés de noir. La durée de l'incubation est d'environ vingt jours. Très-peu de temps après leur naissance, les vantiereaux ou vanets sont assez forts pour suivre leurs parents; ils sont alors couverts d'un duvet noirâtre, chargé de longs poils blancs; mais dès le mois de juillet ils ont pris le plumage de l'âge adulte. Alors, jeunes et vieux commencent à se réunir en bandes plus ou moins nombreuses, pour effectuer leur départ, qui a lieu an octobre. La plupart émigrent en Afrique ; toutefois,'01ivier iissure que cet oiseau reste tout l'hiver en Italie.

Malgré son naturel farouche, querelleur et déliant, le vanneau s'apprivoise facilement et vit en captivité. On peut aisément le conserver dans les jardins, les pépinières et les vergers ; il suffit de lui couper le fouet de l'aile pour qu'il ne s'envole pas. On n'a pas à s'occuper de sa nourriture, à moins que les individus ne soient trop nombreux ; il trouve assez d'insectes, de vers et de limaces, et ici encore il rend de grands services au cultivateur. Crespon a conservé longtemps en volière des vanneaux qui étaient devenus parfaitement privés. • Nous avons eu, dit M. P. Vavasseur, dans l'Amérique du Sud, plusieurs individus d'une espèce très-voisine, que nous avions élevés et qui étaient devenus familiers au point de nous suivre partout, et qui, quoique parfaitement libres, revenaient tous les soirs coucher dans la cour de notre maison, sous un petit abri que nous avions établi pour eux. •

La chair du vanneau a été très-diversement appréciée. Un vieux proverbe dit:

Qui n'a pas mangé de vanneau N'a pas mangé un bon morceau.

D'un autre côté, on entend répéter souvent que cette chair est noire, sèche et coriace. Tout dépend de la saison. Les trois quarts de l'année, et surtout en hiver, le vanneau est maigre et ne constitue qu'un médiocre gibier ; mais il n'en est plus de même à l'époque de ta migration d'automne ; alors, il est gras et sa chair est réellement savoureuse ; aussi le rechercbe-t-on beaucoup dans cette saison, où son abondance rend d'ailleurs sa chasse plus fructueuse. Mais ce qu'on estime surtout dans le vanneau, ce sont ses œufs, quand ils sont pondus depuis peu; ils sont excellents de toutes manières, mais, particulièrement en omelette ; aussi en fuit-on dans certains pays une grande consommation.

Le vanneau yris, appelé aussi vanneau pluvier ou pluvier gris, à cause de sa ressemblance avec les pluviers, a environ 0m,30 de longueur totale ; la tête et tout le dessus du corps couverts de plumes d'un gris brun, mais bordées de blanchâtre ; les parties inférieures blanches, variées de noirâtre ; la queue blanche, avec des bandes brunes transversales. C'est la livrée d'hiver; dans la belle saison, le noir est plus dominant. « Ce vanneau, dit Crespon, se trouve chez nous depuis l'automne jusque vers la fin du mois de mai ; il vit dans les lieux marécageux et au bord des étangs ; son naturel est gai et peu farouche, car il se laisse approcher d'ussez près. On en voit de petites troupes volant ensemble, poussant de temps en temps un petit cri. Les chasseurs qui tendent leurs filets autour des marécages en prennent de vivants sans employer beaucoup de ruse. Je

VANN

pense qu'il en reste un petit nombre pour nicher dans le pays, quoique cet oiseau se plaise dans les régions du Nord pendant l'été. » Il voyage avec les pluviers.

Nous citerons encore le vanneau suisse et le vanneau social, qui habitent l'Europe; le vanneau de Villoteau, qui, ayant l'Egypte pour patrie, a été trouvé accidentellement dans le midi de la France; les vanneaux cendré, maritime, de Bologne, etc.

— Chasse. C'e3t à la fin de février, après le dernier dégel, par un vent du sud, que nous voyons cet oiseau arriver chez nous en troupes nombreuses ; il se répand dans les prairies marécageuses, sur le bord des rivières et des étangs, dans les blés naissants, et de préférence dans tous les lieux bas et humides, où il trouve avec plus de facilité les vers et tes limaçons qui forment la base de ses repas.

Considéré en beaucoup de lieux comme un oiseau de passage, la loi ne lui accorde pas d'armistice, et le terme delà chasse est prolongé pour lui. Les vanneaux en troupe sont assez difficiles a approcher; mais si on en tue un dans une volée, ordinairement toute la bande s'arrête, suspend son vol et tournoie autour du mort,' ce qui permet au chasseur d'en faire un carnage.

Dans les grandes prairies au bord de l'eau, on se sert souvent de la ruse pour attirer ces oiseaux craintifs; on établit une petite cabane avec des branches et du gazon et l'on inonde les alentours au moyen d'une saignée faite à la rivière ou à l'étang. Lorsque les vanneaux ont vérole toute la nuit dans les terres limoneuses, ils cherchent l'eau pour se laver le bec et les pieds comme les bécasses et ils viennent se poser i~ur le terrain inondé, où on les tire à volonté. Il est bon, pour ce genre de chasse, de se servir de Vappeau de vanneau, instrument auquel ce gibier répond parfaitement. Il suffit d'imiter son cri dès qu'on en aperçoit une bande, pour qu'ils suspendent leur vol et viennent s'abattre auprès de l'affûteur.

Dans la Beauce, l'Orléanais, la Sologne, le Berry, la Brie, la Champagne, on prend une grande quantité de vanneaux au filet, au mois de mars et en octobre. C'est cette dernière saison, qui est la meilleure, parce qu'alors ces oiseaux sont plus gras, la terre étant plus humide et les vers s'y trouvant en plus grande abondance.

On a remarqué que les vanneaux suivent volontiers les troupeaux de bœufs ou de moutons, pour pouvoir prendre plus aisément les vers que fait sortir de terre le piétinement de ces animaux. C'est là une indication dont les chasseurs savent tirer parti. On prétend aussi qu'en contrefaisant l'homme ivre, on peut s'approcher du vanneau sans l'effaroucher ; mais ceci est au moins douteux et probablement un peu fantaisiste. Le mieux est encore de se cacher dans des trous ou sous des branchages.

Vanneau (rub). Cette' rue, l'une des plus tranquilles du quartier Saint-Germain, a reçu son nom de celui d'un élève de l'Ecole polytechnique qui y fut mortellement frappé, le 28 juillet 1830, d'un coup de fusil parti de la caserne dite de Babylone. C'est au coin même de ta rue, alors nouvellement percée entre la rue de Varennes et la rue de Babylone, qu'il fut frappé au moment où, à la tête d'un groupe dé citoyens, il se portait sur la caserne. Le gouvernement de Juillet donna immédiatement le nom de Vanneau à la rue nouvelle ; plus tard, l'édilité parisienne étendit ce nom à trois autres rues qui prolongeaient la rue primitive avec des déviations insignifiantes, et lui a fait absorber au nord la rue Hillerin-Bertin, et au sud la rue Mademoiselle et la rue des Brodeurs. La rue Vanneau s'étend ainsi aujourd'hui de la rue de Varennes à la rue de Sèvres.

VAN NËCK (Jean),' peintre hollandais, né à Naarden en 1635, mort à Amsterdam en 1714. Il éiudia la peinture sous la direction de Jacob Bakker qu'il égala rapidement, et excella notamment dans le nu. On cite, parmi ses œuvres, Siméon tenant Jésus dans ses bras, dans l'église française d'Amsterdam; des Nymphes et des Baigneuses,

VANNÉE s. f. (va-né — rad. vanner). Agrie. Paille séparée du grain par. le vannage : La totalité des vannées se jette dans la cour. (Vivien,)

VAN NEK (Jacques-Corneille), marin hollandais, né dans la seconde moitié du xvie siècle. En 1598, il partit avec huit navires pour les mers de l'Inde, atteignit l'Ile de Java, débarqua à Bantain et établit des relations commerciales avec les indigènes. Van Nek revint en Hollande en 1599 et, l'année suivante, il fit une nouvelle expédition qui dura jusqu'en 1604. Dans ce voyage, il retourna à Bantam, où il prit du poivre, se rendit aux lies Moluques avec trois navires et fut bien accueilli par le roi de Termite. Dans un combat qu'il livra aux Portugais, il eut la inain emportée. Van Nek visita ensuite le royaume de Pacuve, où il établit un comptoir. Pendant son retour, ses équipages furent décimés par la maladie. Toutefois, il rapporta de riches cargaisons, et ce second voyage eut une grande influence sur le commerce hollandais, en lui apprenantqu'il pouvait tirer de grandes richesses de l'Ocêanie.

VANNER v. a. ou tr. (va-né — rad. van).

VANN

Agric. Nettoyer à l'aide du van, en parlant des grains : Vanner du blé, de l'avoine.

— A signifié Berner, faite sauter sur une couverture ou vanne.

— Fig. Purifier, purger de tout alliage impur : Quand il vit dans l'amour, l'homme a quitté ses passions mauvaises ; l'espérance, la charité, la foi, la prière ont, suivant le mot d'isaïe, vanné son intérieur. (Balz.) La patience cuûte peu à gui bat et vanne les idées dans cette grange gui s'appelle un journal. (E. de Gir.)

— Techn. Vanner le$ aiguilles, Les nettoyer à l'aide du von.

VANNER v. a. ou tr. (va-né — rad. vanne). Garnir de vannes.

VANNEREAU s. m. (va-ne-rô — dimin. de vanneau). Orniih. Nom vulgaire des jeunes vanneaux.

VANNERIE s. f. (va-ne-rl — de vannier ; rad. van). Métier de vannier. Il Objets fabriqués par le vannier : Ces pauvres gens achetaient à Grenoble leurs clayons à fromages et les vanneries indispensables à leur misérable commerce. (Balz.)

— Encycl. La vannerie, qui ne comprenait d'abord que la fabrication des vans ou tamis, comprend aujourd'hui celle de tous les ouvrages d'osier servant aux ménagères. Le principal objet de cette industrie est, avec la confection des vans, celle des paniers de toutes sortes et de la canne pour sièges ; mais cette dernière catégorie appartient à des ouvriers spéciaux. On fait aussi de petites voitures découvertes très-légères, dont le derrière est un ouvrage de vannerie, et qu'à cause de cela on nomme vulgairement paniers; mais leur confection forme encore une branche spéciale.

L'osier employé par les vanniers provient en grande partie du saule têtard, dont on abat les branches annuellement ; ils se servent aussi des jeunes branches d'acacia ou de sureau préparées et auxquelles on a conservé leur souplesse par des lavages prolongés. Ces branches sont refendues de la façon suivante : l'ouvrier les place une à une sutun billot dans lequel est faite une encoche ronde; il pose dans l'encoche le bout le plus gros de la branche et maintient au bord de l'encoche une lame un peu plus large et courte, de telle sorte que la branche, tirée rapidement le long du billot et guidée par l'encoche, est divisée par la lame; la branche ainsi refendue présente dans toute sa longueur un côté plat et un côté rond ; c'est ce dernier qu'on place dans les ouvrages de façon qu'il soit apparent.

Pour tous les ouvrages de vannerie, on fait d'abord une carcasse en branches un peu plus fortes et rondfcs ; quelquefois même on place sur certaines parties de la carcasse et principalement sur les bords de petites branches rondes reliées à la grosse par des brins d'osier, formant rebord, bourrelet et servant quelquefois d'ornementation. Quand celte carcasse est achevée et que les principales parties en sont reliées entre elles, ce qu'on obtient en perçant ii l'aide d'un poinçon plat des trous dans les brunches qu'on veut joindre et en y passant des brins d'osier minces et aplatis des deux côtés, on recouvre le tout avec les brins refendus dont on forme un tissu natté plus ou moins serré, suivant l'usage auquel l'objet doit servir, eu enroulant les brins qui terminent lé tissu autour des brunches formant les bords. Les charnières, quand il doit v en avoir, sont faites avec deux bouts de branches rondes qu'on courbe de manière à en former un demi-cercle et qu'on passe l'un dans l'autre ; on les fixe ensuite de la même façon qu'on a lié les diverses parties de la carcasse, l'un à un bord et le second à l'antre bord, ce qui forme une espèce d'agrafe ; c'est ainsi que sont attachés les couvercles etles anses des paniers. Pour les paniers de dames, on emploie des brins d'osier teints et, en les tissant, on les mêle à d'autres brins restés blancs, ce qui forme des dessins divers et réguliers. On t'ait aussi différentes sortes de nattes selon la solidité qu'il faut donner aux parties et le nombre de brins qu'il faut tisser ensemble, combinés de manière à produire une ornementation ; tantôt le tissu d'osier est simplement serré et croisé, c'està-dire qu'un brin passe alternativement dessous et dessus ; tantôt le même brin est circulaire et croisé avec les branches de la carcasse ; tantôt il est natté avec plusieurs brins, deux, trois, quatre, comme dans les anses de panier ; tantôt enfin il est simplement arrondi ou recroisé sur lui-même d'espace en espace, de façon à former une claire-voie, des jours, dont les dessins peuvent varier Suivant la volonté et la fantaisie de l'ouvrier.

Outre les objets d'osier, la vannerie comprend encore la confection et le commerce des paillassons de toutes sortes. Ces paillassons sont le plus communément fabriqués avec des pailles de roseau ou de maïs et des joncs particuliers très-lins et assez longs. Les paillassons communs sont faits avec ces pailles, tantôt nattées, tantôt tressées, croisées comme un tissu et consolidées par une chaîne de ficelle, cachée par les croisements. Les paillassons d'un prix plus élevé sont faits avec plus de soin ; on se sert pour les confectionner de joncs teints de différentes couleurs, ordinairement vert et rouge, la couleur naturelle de ces joncs étant d'un

VANN

jaune un peu pale: on les tord en gros fils qu'on tresse ou qu on natte ensuite de manière à former des cordes; sur un métier ou châssis carré dont le bord est percé à intervalles égaux d'environ 0ra,025, de trous dans lesquels sont enfoncées des chevilles, on forme une chaîne avec ces cordes, qu'on fait aller d'une cheville à l'autre. Quand la chaîne est ainsi formée, on la recouvre d'une trame de corde semblable, simple ou double, mais en la serrant plus que ne l'est la trame, afin de faire un tissu et non un canevas. Dans la plupart des cas, on se sert pour cette dernière opération de cordes de différentes couleurs, avec lesquelles on forme des dessins quelconques, toujours très-simples. Ces paillassons sont tantôt ronds ou ovales, tantôt carrés; parfois la bordure est faite de festons et de nattes. Quelquefois aussi on façonne ces paillassons comme des velours, en ajoutant de la mousse dans les croisements.

Les paniers nommés mannes et les ouvrages extrêmement communs sont confectionnés en province par de pauvres paysans qin se livrent à ce travail en hiver, quand chôment les travaux agricoles.

Les vanniers formaient autrefois une corporation qui avait ses privilèges et ses statuts. Aujourd'hui, ils sont très-dispersés et en petit nombre. La plupart sont nomades et courent les villes ou les villages. Ils raccommodent pour- une faible rétribution les paniers, les corbeilles, les hottes, etc. Néanmoins,'il existe encore dans certaines provinces des vanniers établis à demeure fixe. Dans les environs de Vervins, entre autres localités, il y a bon nombre de vanniers, et la culture de l'osier, du saule et des arbustes du même genre qui croissent volontiers le long des rivières et des ruisseaux y est devenue une industrie spéciale, qui n'est pas sans intérêt. Le bourg d'Origny, à 8 kilomètres de Vervins, occupe toute une population à lu fabrication des paniers, corbeilles et autres ouvrages de différentes formes, tous plus ou moins élégants. C'est le centre de la vannerie fine. Un autre bourg, Landouzy-la-Vitle, excelle dans la damasserie. On comprend sous cette dénomination les pièces où l'osier forme des quadrillés au moyen d'un entrelacement spécial qui présente des' ondes comme celles du damas.

Les déparlements de la Marne et du Loiret sont, avec l'Aisne, ceux où l'on fabrique le plus de vannerie. La moitié des produits en grosse et fine vannerie trouve son écoulement en France. L'autre moitié s'exporte à l'étranger, en Angleterre, à Amsterdam, à Hambourg, à Genève, à Gênes et surtout à New-Vork.'Les paniers qui passent en Angleterre sont en grande partie expédiés de Londres à Lisbonne, puis aux Indes.

VANNES, en latin Veneti, la Civitas Venetorum îles Romains, ville de France (Morbihan), ch.-l. de départ., d'arrond. et de deux cantons, à la jonction du Treluhan et du Meucon, à 4 kilom. du golfe de son nom, formé par l'Atlantique, et a 459 kilom. O. de Paris; pop. aggl., 11,449 hab. — pop. tôt., 14,690 hab. L'arrondissement comprend 11 cantons, 80 communes et 133,524 hab. Evêché suffragant de Rennes, grand séminaire; collège communal; école d'hydrographie', école professionnelle. Tribunaux do l'a instance et de commerce; deux justices de paix; musée d'histoire naturelle; bibliothèque publique. Fabrication de cotonnades et de dentelles; tanneries, corderies; construction de navires d'un faible tonnage. Petit port de commerce, accessible seulement aux navires de 150 tonneaux. Exportation de sel, grains, chanvre, miel, cire, beurre, suif, cidre, bestiaux et instruments aratoires.

Vannes est construite en amphithéâtre, sur une colline exposée au midi, et prolonge vers 1 est ses quartiers de Calment (Calidus mons)t haut et bas. Le moyen âge revit dans ses rues étroites et sombres, bordées de maisons gothiques en bois, dressant les pointes de leurs pignons aigus, aux étages surplombant l'un sur l'autre, aux faites se rejoignant parfois et obstruant l'air et la lumière. On voit encore à Vannes des fenêtres aux châssis à petites vitres garnies de plomb, des façades de maisons sillonnées de poutres croUées, enchevêtrées, avec un revête meiiten ardoises taillées en losanges, trèfles, triangles, rosaces, enfin de curieux dessins courant le long des montants et des supports, suivant la mode du xive et du xv* siècle. Ce n'est guère que dans la partie haute de la ville qu'un rencontre des constructions entièrement modernes ; quant à la partie basse, elle est encore aujourd'hui telle qu'elle était jadis, au temps des ducs de Bretagne.

— Monuments. La cathédrale de Vannes, un des plus remarquables édifices religieux de la Bretagne, dédiée à saint Pierre, brûlée • par les Normands au Xe siècle, reconstruite au xm« et au xve, ne fut terminée qu'au xvnio. Elle se compose d'une nef unique jusqu'aux trimssepts. L'emploi des moulures toriques, mélangées d'arcatures plein cintre et ogivales, assigne à la tour et au pignon ouest l'époque de la première période ogivale jxm« siècle). Cette tour se terminait autrefois par une belle flèche, qui u été renversée par la foudre en 1824. Le cloître, partie accessoire de la cathédrale, occupait jadis un espace considérable. Ses arceaux appartiens

VANN

nent à la troisième période du moyen fl.ee. Les choux frisés et autres ornements des chapiteaux sonc du xve siècle. Le tran.sse|tt et ta chapelle du Suint-Sacrement offrent les échantillons opposés et pourtant voisins des styles ogival, flamboyant et Renaissance. Au point de vue de la forme et de l'art, le portail septentrional du transseptest le morceau architectural le plus remarquable peutêtre de la cathédrale. Le ponheoti nartltex, appartenant, connue le transept, à la dernière période du style ogival, remonte comme lui aux premières années du xvie siècle. Mais, au xvme siècle, on a mutilé brutalement cette belle entrée, si remarquable par ses riches détails, ses pinacles; deux longs jambages, supportant une plate-bande en arc de cercle surbaissé, d'un goût déplorable, remplacèrent alors ses trumeaux du centre, aux deux portes géminées. Deux chapelles méritent surtout l'attention : la chapelle du Saint-Sacrement, dite aussi chapelle du Pardon, et la chapelle Saint-Vincent. La première, construite en 1532. affecte la forme circulaire et se compose de deux ordres ioniques superposés. En 1829, une couverture ionique, d'un effet des plus disgracieux, a remplacé la balustrade a fuseaux et le dôma qni couronnaient le tout. Dans la chapelle Saint-Vincent, terminée en 1637, on remarque les tombeaux, en partie mutilés, des évoques Sébastien de Rosmadie et François d'Argouges.

La cathédrale de Vannes possède depuis 1777 des marbres d'un très-grand prix. Le maître-autel avec les anges adorateurs, les deux petits autels collatéraux surmontés des statues de saint Pierre et de saint Paul, le tombeau de saint Vincent, le mausolée de Mer Bertin sont l'œuvre du sculpteur marseillais Possati. Parmi les tableaux, il faut citer : la Résurrection de Lazare, œuvre capitale de Destouche ; Saint Vincent Ferrier mourant, par Gosse; la Prédication de saint Vincent terrier à Grenade, par Mauzaisse. Enfin, le trésor contient de nombreuses reliques plus ou moins authentiques.

La préfecture occupe l'ancien palais ducal de La Motte, abandon né au xve siècle par tes ducs de Brejagne. C'est daus la grande salle de ce palais que se tinrent, en 1532, les états de Bretagne. Il fut rebâti de 1676 à 1696. Quant à l'évêché, il occupe les bâtiments des Carmes déchaussés, fondés en 1629.

L'église de Saint-Patern, qui doit son nom au premier évalue de Vannes, mort en 498, a été reconstruite au xvme siècle. L'église de Notre-Dame-du-.Mené, reconstruite en 1720, sert aujourd'hui de chapelle au séminaire.

Plusieurs anciens couvents, supprimés à la Révolution, ont leurs bâtiments affectés a divers établissements civils. Les jacobins, les ursulines, les carmes, les carmélites, les visitandines elles capucins eurent a Vannes, jusqu'en 1790, des maisons importantes. Les jésuites y possédaient le collège Saint-Yves, dont la chapelle, l'une des plus élégantes de la ville, est affectée au collège communal, lis y possèdent aujourd'hui un vaste établissement.

Vannes présente, indépendamment de ses monuments religieux, un certain nombre d'éditiues civils du plus grand intérêt. On peut encore reconstruire par la pensée, à l'aide des débris qui ont survécu jusqu'à nous, les anciens murs de lu ville. La porte Saint- Vincent, la porte Calinont, la poterne et la porte Trompette sont encore parfaitement reeonnuissubies. Il en est de même de la tour du Connétable, où eut lieu la tentative du duc de Bretagne contre Clisson, et dont la construction est des plus curieuses. Les salles de celte tour, fort élevée du côté de la rivièie, sont polygonales et spacieuses. Elle est surmontée d'un petitédicule. Le château de l'Hermine rejoignait la lour du Connétable et était ceint, dans sa partie est, par le mur de la ville et les demi-tours qu'on y remarque encore, et aussi par les tours remplacées depuis par lu bastion.

L'hôtel de ville, autrefois occupé par le parlement, a possédé un beffroi, démoli en 1860. Les registres de dé.iberations de la communauté ou corps politique de lu ville y sont conservés depuis l'année 1573. Enlin le présidial, créé en 1552, tenait ses audiences dans la grande salle des Haiies, maintenant , convertie en salle de spectacle.

Parmi les maisons particulières de la ville, il faut mentionner : la maison de saint Vincent Peiner, où mourut le célèbre thaumaturge, plusieurs maisons de bois sculpté et la maison du Parlement ou cliâteau Uaillard, construction fort ancienne , dans laquelle donne accès un escalier ouvert dans une tourelle en pierre de taille. Un y remarque de ■belles boiseries du xvie siècle.

— Etablissements divers. Vannes possède une bibliothèque riche de 10.000 volumes ; trois sociétés savantes : la Société polymaliiique du Morbihan, la Société archéologique du Morbihan et la Société d'agriculture et d'horticulture, fondée en 1849; enfin, un musée archéologique, installé dans la tour du Connétable, et qui est ut; des plus riches de France et d'Europe en antiquités celtiques.

— Promenades, Les promenades de Vannes consistent dans la jetée plantée de peupliers, qui sert de communication entre le port et le faubourg Saint-Patern ; dans les allées de la Garenne et dans la promenade de la Rabiue, créée en 1761 ; une quatrième, plantée en

VANN

1S47 sur l'emplacement d'anciens chantiers, embellit le côté gauche du port.

— Histoire. Vannes, en breton Gwened, en latin Dariorigum, existait avant la conquête romaine sous le nom de Dariorig, comme cité des Guenedis, dont les Latins ont fait les Veneli ; la ville, comme toutes celles de la. Gaule celtique, prit, au iv» siècle, le nom du peuple dont elle était la capitale (Venetin), d'où est venu, par corruption, son nom actuel. La capitale des Vénètes joua de bonne heure un rôle important. Elle fut, .le toute la confédération armoricaine, éciasée par César, la dernière ville qui osa tenir tête au vainqueur. Les Vénètes furent vaincus par Jules César dans une grande bataille (57 av. J.-C). César fit ouvrir à travers le pays six voies romaines, dont on retrouve aujourd'hui les traces, et construire de nouveaux remparts. En 409, les Armortques ayant enfin secoué le joug de l'empire, Vannes chassa les magistrats romains et eut descomtes indépendants. L'un d'eux, Canao, après avoir donné asile k Chrainm, fils de Clotaire, ravagea le territoire franc : Clotaire accourut et rencontra les Bretons à l'ouest de Vannes; Canao périt dans la bataille, et Chraram, pris vivant, n'échappa à un pareil sort que pour un plus horrible. Les Vannetais passèrent bientôt sous le joug des Francs, et les rois mérovingiens, puis carlovingiens battirent monnaie à Vannes. A la mort de Louis le Débonnaire, Nominné, son lieutenant, prit le titre de roi (843) et gouverna bieniôt toute la Bretagne; mais le pays fut démembré après lui, ei le comté de Vannes ne lut réuni au domaine ducal que sous le règne de Geoffroy, mort en 100S. Dans l'intervalle, les Normands descendirent à Vannes (855), et les comtes y exercèrent des exactions sans nombre. En 1203, les états s'assemblèrent au château de Vannes, pour délibérer sur les moyens de venger la mort du duc Arthur, assassiné par Jean sans Terre. En* 1342, la ville subit quatre siéjres consécutifs; elle fut successivement prise par Charles de Blois, la comtesse de Montfort, Olivier deClisson et Edouard III d'Angleterre. En 1345, Charles de Blois, fait prisonnier U la bataille de La Roche-Beriiin, fut conduit à Vannes, en attendant qu'on le fit passer en Angleterre. Le nouveau duc, Jean IV, fixa sa résidence habituelle à Vannes, au château de La Motte. Son fils, Jean V, continua' de résider à Vannes, où il possédait trois châteaux : La Motte, l'Hermine et Plaisance. En 1487, un des corps de troupes envoyés par Charles VIII en Bretagne pour revendiquer la possession de celte province se dirigea sur Vaiînes, où se trouvait alors le duc François II avec le duc d'Onéans, depuis Louis XII. Ces derniers se hâtèrent d'abandonner la ville, qui n'opposa aucune résistance aux troupes royales. Néanmoins, l'union définitive de la Bretagne à la monarchie française n'eut lieu qu'aux états tenus à Vannes en 1532, en présence du roi François 1er. Vannes vit dès ce jour son importance diminuer et son prestige d'ancienne capitale s'éteindre. Elle perdit coup sur coup sa chambre des comptes et son parlement. Pendant la Ligue, Vannes se déclara contre la royauté et ne lit sa soumission qu'à l'avénenieut de Henri IV. C'eslà Vannes qu'eut lieu, en 1795, l'exécution des prisonniers de Quiberon. Les Cent-Jonrs virent le soulèvement des élèves du Collège de Vannes, dont les jeunes légioDs repoussèrent en plusieurs rencontres les troupes du général Rousseau. Enfin , le 22 juillet 1815, l'année royale occupait la ville, et Vannes n'offre plus dès lors à l'histoire aucun souvenir digne d'èlte rapporté.

Deux conciles ont été tenus à Vannes : le premier, présidé par saint Perpétue, archevêque de Tours, rit, en 461,se.ze canons suides matières disciplinaires; le second, tenu en 818 par Louis le Débonnaire, après la défaite des Bretons, traita des affaires de l'Eglise et de l'Etat.

VANNET s. m. (va-nè — rad. van, parce que le van ressemble à une coquille). Blas. Meuble d'armoiries qui représente une coquille dont on voit le creux : lieaussier de ta Chaulant, en Provence : D'azur, à trois vannbts d'or.

— Pèche. Filet de forme particulière, que l'on tend sur les grèves qui se couvrent d'eau à la haute mer.

VANNETAIS, AISE s. et adj. (va-ne-tè, è-ze). Ueogr. Habitant de Vannes; qui appartient a cotte ville ou à ses habitants : Les Vannetais. La population vannetaisk, h On dit aussi Vannois, OISE.

VANNETTE s. f. (va-nè-te — dimin. de vàn). Sorte de panier très-bas de bord, qui sert k vanner l'avoine avant de la donner aux chevaux : Il alla prendre sur un coffre une ration d'avoine préparée pour son cheval; il ta versa dans une vannettb et l'ayita en s'approchanl de Jovial. (E. Sue.)

— Archit. hydraul. Petite vanne.

VANNETTI (Joseph-Valérien), poëte italien, ne à Roveredo en 1719, mort vers 1765. 11 fonda uans sa ville natale l'Académie des Agiati et publia, entre autres écrits : Poésies burte^ques (1750) ; tlurbulogie ou Dissertation sur la barbe (1759); Leçons sur le dialecte roverelin (1762), etc.

VANNETTI (Clémentin), littérateur italien, fils du précédent, né à Roveredo en 1754,

VANN

mort en 1795. Il débuta dans les lettres dès l'àj.*e de treize ans et devint secrétaire de l'Académie fondée par son père et membre de celle de Florence ainsi que de plusieurs autres sociétés savantes d'Italie. On a de lui : Epitre sur les poésies de Martial ; trois Epitres, adressées aux poètes Monti, Pindemonte et Beuinelli; Vies (en latin) de plusieurs littérateurs célèbres, entre autres d'E. Zanotti et de J.-B. Groeser; Mémoire sur le séjour de Caglivslro à /tuveredo (1789), opuscule dans lequel il se moque des prétendus miracles de ce fameux imposteur; Observations tur Horace (Roveredo, 1792, 3 vol. in-S°), commentaire qui ne manque pas d'érudition, mais qui est écrit dans uu style sans grâce et sans naturel, etc.

VANNEUR s. m. (va-neur — rad. ramier). Celui qui vanne les grains :

L'alouette a la graine amète Que laisse échapper le vanneur.

Lamartine.

Il On dit aussi quelquefois vanneuse, quand il s'agit d'une femme qui fait le même travail.

VAN NEVE (François), paysagiste flamand.

Page 1