‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 590 sur 1042 · MIASME · texte numérisé non relu

MIASME

— Thérap. Bains de vapeur. La question des bains de vapeur a déjà été traitée dans ce

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dictionnaire an mot bain ; mais comme elle a été un peu écourtée, nous allons donner ici les détails qui manquent dans l'article cité ci-dessus. Les Grecs et les Romains faisaient un fréquent usage des bains de vapeur, et tout le monde suit avec quel luxe ils construisaient leurs établissements de bnins publics. Toutefois, les bains de vapeur étaient regardés chez eux plutôt connue hygiéniques que comme moyen thérapeutique-, et ce qui nous paiait suffisamment l'indiquer, c'est qu'ils n'employaient jamais que la vapeur d'eau sans aucun mélange de substances médicamenteuses. Les médecins de la Grèce et de Rome ignoraient donc les effets thérapeutiques des bains de vapeur dans une foule de maladies. Au moyen âge, la médecine n'a fait encore aucun progrès à cet égard, et le-3 auteurs qui parlent des étuves sèches et humides ne t'ont que répéter ce que pratiquaient les anciens. Aujourd'hui, presque tous les peuples font usage des buins de vapeur, mais d'une manière bien différente selon les pays. Dans les régions polaires, les Esquimaux, les Norvégiens, etc., se contentent de creuser un trou dans la terre où ils s'enfoncent jusqu'au cou après y avoir jeté des cailloux rougis au feu. Ils n'usent de ces bains que pour conserver leur santé ou pour combattre certaines maladies. Les Russes et les Finlandais prennent leurs bains dans des étuves et pour atteindre le même but que les habitants du Nord. Pour les Orientaux, au contraire, les bains ne sont qu'un objet de luxe et de volupté ; aussi leurs établissements sont-ils construits avec une richesse remarquable ; chambres, salons, tapis, coussins, lits tle repos, parfums de toute espèce, esclaves, rien n'y manque. En Europe, les bains de vapeur ont été pendant quelque temps presque abandonnés; mais aujourd'hui ils jouissent, comme moyen thérapeutique d'une grande réputation, surtout eu Angleterre, en France et en Italie. Les bains de vapeur s'administrent dans des appareils funiigaioires par encaissement, dont l'invention remonte au xvie siècle, mais qui depuis ont été modifiés de toutes les façons. Il n'est pas maintenant en France et même dans toute l'Europe une seule ville un peu importante qui ne possède au moins un établissement de bains de vapeur. Les vapeurs sont ou naturelles ou artificielles. Les premières sont celles qui s'élèvent de la surface des eaux thermales ; elles varient selon la nature ne celles-ci et les principes qu'elles tiennent en dissolution. Les vapeurs artificielles sont dites sèches ou humides suivant Qu'elles proviennent d'un corps solide ou 'un corps fluide. Ainsi, lorsqu'on projette une substance médicamenteuse, pulvérisée ou concassée, sur une plaque de 1er chauffée au rouge, on obtient une vapeur sèche. Les vapeurs humides s'obtiennent par l'ébullition d'un liquide ou par sa vaporisation plus ou moins leute. Enfin, ou appelle vapeur simple celle qu'on obtient par l'ébultition de l'eau seule, et vapeur composée celle qui résulte de l'ébullition de l'eau tenant en dissolution des substances étrangères. Toutes les substances solides ou liquides pouvant se dissoudre en totalité ou en partie dans l'eau en ébullition sont susceptibles de servir aux buins de vupeur; ainsi le vin, l'alcool, le vinaigre, l'ammoniaque, le musc, le camphre, l'opium, le castoréum, la menthe, le genièvre, la lavande, l'absinthe, l'armoise, l'arnica, le pavot, la myrrhe, Tassa fœtida, etc. Toutes ces substances peuvent être administrées seules ou combinées les unes avec les antres. Quant aux moyens d'administrer les bains de vapeur, ils peuvent sa réduire à trois, savoir : to sous forme de bains généraux, lorsque le corps est plonge tout entier dans la vupeur ; 2" par encaissement, lorsqu'on y plonge une surface plus ou moins étendue; 3° sous forme de douches, lorsqu'on fait arriver la vapeur sur un espace limité.

— Bains généraux. On introduit dans un cabinet, ou plutôt, dans une ètuve, une plus ou moins grande quantité de vupeur et on y place les personnes qu'on veut soumettre k son action. On peut se tenir debout, se coucher sur un lit ou s'asseoir simplement sur un siège ordinaire, comme font les Anglais. Dans cette position on respire la vapeur : aussi ne peut-on jamais élever fortement la température de la vapeur ni se servir de vapeur ayant une action sur les poumons. A une température égale, on éprouve une chaleur beaucoup plus grande que dans le bain par encaissement. Comme moyens auxiliaires, on emploie le massage, les frictions, la flagellation. V.ces mots.

— Bains par encaissement. Ce moyen d'administrer les bains consiste à se plonger jusqu'au cou ou jusqu'à la moitié du corps dans une sorte de boîte qui reçoit la vapeur de différentes manières, selon les procédés qu'on emploie. On est assis sur un siège mobile qui s'élève et s'abaisse k volonté. Le malade reste plongé dans le bain pendant un temps détermine, et un thermomètre, dont la boule est dans la caisse et la tige eu dehors, indique constamment la température de la vupeur. Celle-ci peut tenir eu suspension n'importe quelle sub-lance ou être le produit de la vaporisation d'un liquide quelconque, puisque le malade n'est point obligé de la respirer. Ce mode d'administrer les vapeurs est le plus usité en thérapeutique.

— Souche de vapeur. Ce moyen consiste à

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diriger un jet de vapeur à l'aide d'un tube ou 'd'une pomme d'arrosoir sur une partie déterminée du corps ; c'est un puissant secours en médecine et peut-être un peu trop négligé. Certaines affections, après avoir résisté à tous les autres moyens thérapeutiques, cèdent facilement k l'action de la douche.

— Effets physiologiques des différentes vapeurs. Ces effets varient selon que les vapeurs sont sèches ou humides, qu'elles agissent sur tout le corps ou sur une partie plus ou moins étendue de sa surface. Mais le principal agent d'une vapeur, n'importe laquelle, est je calorique, dont les effets dépendent toujours de la température. Lorsqu'on se plonge jusqu'au cou dans un appareil à encaissement et qu'on élève la température à 5l)o centigrades, la chaleur est k peine sentie ; cependant la peau s'échauffe, le pouls devient fréquent et plein, le visage s'anime et se colore, une douce moiteur se répand sur tout le corps. A 60°, on sent une chaleur vive, mais très-supportable; la peau s'échauffe promptemeut, la circulation devient très-active, la peau s'injecte et se gonfle, ainsi que le tissu cellulaire sous-jacent, le pouls est très-accéléré et la transpiration s'éiablit; en quelques instants, le corps est couvert de sueur, et celle-ci devient encore plus abondante lorsqu'on lu favorise par le séjour au lit et par des boissons tièdes. Si on élève le calorique à 70° du thermomètre centigrade, le premier effet qu'on éprouve en entrant dans la caisse est une espèce de crispation, un resserrement de la peau, accompagné bientôt d'une cuisson et d'un prurit très-incommode. Ces effets se manifestent sur tout le corps, mais principalement & la partie snpérieurede la poitrine. Le cœur bat avec violence, la respiration est gênée, la tête lourde et embarrassée. A ces premiers phénomènes, résultant pour ainsi dire de la surprise, en succèdent bientôt d'autres non moins remarquables. Ain-d la peau devient' brûlante, le pouls redouble de vitesse; les artères temporales battent avec force; les veinesdu front sont plus ou moins gonflées; une sueur abondante se manifeste sur toutes les parties du corps, et principalement k la.lête; la bouche est sèche et la soif quelquefois très-vive. On éprouve le plus souvent une sorte de céphalalgie qui, ainsi que la sueur, persiste quelques heures après le bain, dont il ne serait pas prudent de prolonger la durée au delà de vingt à trente minutes. Cette température est plus favorable à l'exhalation qu'à l'absorption ; nous ne croyons pas même que cette dernière puisse avoir lieu. De tels bains ne peuvent convenir que lorsqu'on veut déterminer une puissante dérivation au dehors, lorsqu'on veut fortement stimuler le système musculaire. (T. Rupou.) Il est rare qu'on élève la température au delà de 70<>, et encore, lorsqu'on arrive k ce degré de chaleur, il est préférable de commencer par une température beaucoup plus basse qu'on augmente peu à peu. De cette manière, le corps s'habitue pour ainsi dire à supporter les effets du calorique, et les phénomènes qui se manifestent k cette température sout plus facilement supportés.

Si l'on substitue au calorique un simple bain(de vapeur d'eau à 30° ou 35°, la peau se couvre aussitôt d'une douce rosée, se ramollit, se gonfle légèrement, et la transpiration s'établit sur tout le corps. Le cœur bat un peu plus vite, la respiration est plus fréquente sans être laborieuse; il se manifeste une légère propension au sommeil et un sentiment de bien-être indicible, sentiment qui se prolonge toujours pendant quelques heures après le bain. L'appétit est ordinairement augmenté et toutes les fonctions de l'économie s'exécutent avec- plus d'aisance et de régularité. Ces sortes de bains ne pour- - raient pas être trop souvent répétés sans produire un affaiblissement plus ou moins considérable. Cependant les femmes turques et égyptiennes se plongent dans ces bains plusieurs fois par semaine, et quelques-unes même tous les jours, sans en éprouver le moindre inconvénient. Savary, qui pendant son séjour en Egypte faisait fréquemment usage des buins de vapeur, s'exprime de la manière suivante : • Sorti d'une étuve où l'on était environné d'un brouillard chaud et humide, et où la sueur ruisselait de tous les membres, transporté dans un appartement spacieux et ouvert à l'air extérieur, la poitrine se dilate, et l'on respire avec volupté. Parfaitement massé et comme régénéré, on sent' un bien-aise universel. Le sang circule avec facilité, et l'on se sent dégagé d'un poids énorme. On éprouve une souplesse, une légèreté jusqu'alors inconnues, i (Lettres à' Egypte.) iii l'on prend le bain par encaissement et jusqu'au cou, à la même température que précédemment, les effets sont les mêmes, si ce n'est que la respiration, se faisant à l'air libre, se trouve tout à fait' naturelle; le visage est en même temps moins rouge et moins animé. Les bains jusqu'au milieu du corps, administrés par cette méthode, peuvent être donnes à une température beaucoup plus élevée sans rien craindre pour la respiration ni pour la circulation. ■Seulement le reste du corps doit être protégé par des couvertures et la sueur n'en devient pas moins très-abondante et générale. Il semble de prime abord qu'au sortir

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d'un bain de vapeur ^une température élevée on devrait craindre-, l'action du froid; mais l'expérience démontre le contraire. Lorsque la chaleur du bain a opéré un fort mouvement de réaction en doublant la vitesse delà circulation, .on peut s'exposer k un froid très-rigoureux sans en éprouver la moindre incommodité. C'est ainsi que les Russes se

Allongent dans l'eau glace ou se roulent dîins a neige au sortir d'une étuve à 50° ou 60». Loin d'en être incommodés, ils en éprouvent au contraire une espèce de 'bien-être. Cette méthode perturbatrice produit même d'excellents résultats en thérapeutique toutes les fois qu'il faut imprimer à une partie ou a nn organe malade de vives secousses pour changer ou accroître son mode do sensibilité ou activer ses fonctions. Ces transitions' brusques du chaud au froid, ces alternatives d'épanouissement et de resserrement, d'action et de réaction, réveillent la nature, régularisent ses mouvements et appellent les forces de la vie sur les parties oùon les détermine. (Rapou.) Si k lu vapeur d'eau on ajoute des substances médicamenteuses, les effets varient selon ta nature des substances employées.Ainsi les vapeurs mucilagineuses sont plus adoucissantes et plus relâchantes ; les vapeurs aromatiques excitent légèrement la peau et les muscles. Là vapeur du soufre produit ordinairement une rougeur générale ou par plaques disséminées' sur diverses régions, du prurit, de la démangeaison, et parfois une éruption de petits boutons irrégulièrement répandus sur toute la surface du corps. On administre de la même façon les vapeurs mercurielles, toniques, etc. Quant aux effets des douches de vapeur, ils varient selon la température, la durée du baiu et la nature des substances employées. En général, les douches excitent vivement les propriétés vitales des organes sur lesquels on les dirige et en activent les fonctions. Il s'opère en même temps un mouvement trèsbrusque du dedans au dehors, et les fluides se concentrent sur les points en conlactavec la vapeur. Pour peu que l'action de celle-ci soit prolongée, là partie se tuméfie, devient rouge, douloureuse et le siège d'un mouvement fébrile plus ou moins remarquable. Si l'on continue l'application de la vapeur, l'épiderme se soulève et la peau elle-même peut être désorganisée. Ainsi Ton peut, par ce moyen, produire k volonté l'excitation, la rubéfaction, la vésieation et la cautérisation. V. Fumigations.

VAPEUR s. m. (va-peur — de vapeur s. f.). Bateau à vapeur : Un vapeur anglais. Une flottille de vapeurs.

VÀPUSCUM, ville de la Gaule, dans la Narbonnaise Ire, ancienne capitale des Tricoriens. C'est aujourd'hui Gap.

VAPORANT, ANTE adj. (va-po-ran, an-te

— Du lat. vapor, vapeur). Qui exhale des vapeurs odorantes ou des parfums. Il Vieux mot.

VAPORARIUM s. m. (va-po-ra-ri-oinm — mot lat. formé de vaporare, chauffer par la vapeur ; de vapor, vapeur). Antiq. rom. Etuve où l'on développait la vapeur destinée k chauffer une maison ou un établissement de bains.

VAPOREUSEMENT adv. (va-po-reu-zeman — rad, vaporeux). D'une manière vaporeuse : Un chaud rayon de lumière pénètre, au delà de Cliillon, le long défilé du Valais, illumine la dent aiguë du Midi et colore vaporeusement le faite du lointain Saint-Bernard. (Miohelet.) Des bouquets d'arbres et des plaques de chênes verts relèvent heureusement tes grandes liynes et les teintes vaporeuskment sévères des montagnes. (Th. Gaut.)

VAPOREUX, EUSE adj. (va-po-réu, eu-ze

— du lat. vapor, vapeur). Dont l'éclat est affaibli pur l'interposition de vapeurs : Un ciel vaporeux. Une lumière vaporeuse. Un lointain vaporeux. Il De vapeur, qui appartient à la vapeur : Des émanations vaporeuses.

Là, variant dans l'air sa forme vaporeuse,

Fuit la blanche nuée

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