V. Hugo
t] Qui contient des vapeurs, qui est obscurci, épaissi par la vapeur : A mesure que notre globe s'est refroidi, non-seulement son écorce s'est épaissie, mais son atmosphère est devenue moins vaporeuse. (A Maury.)
— Fig. Nuageux, qui a quelque chose de vague, d'indécis : Des idées, des images vaporeuses. Les descriptions du Paradis perdu ont quelque chose de doux, de velouté, de vaporkux, d'idéal comme des souvenirs. (Ghateaub.) Il faut à l'Opéra de grands sujets tragiques ou poétiques ou tout au moins des fantaisies vaporeuses. (Th. Gaut.)
— Peint. Qui imite une vapeur, qui rend l'effet des vapeurs de l'atmosphère : Des ciels, des lointains vaporeux. Il Qui est effacé, sans netteté, sans vigueur : Sa manière est lâche et vaporeuse. Ses formes sont vaporeuses et flasques.
— Méd. Qui est sujet aux vapeurs ou atteint de vapeurs : Je suis triste, malade, Vaporeuse, ennuyée, (lime du Déliant.)
Qu'avec plaisir il a'envole Loin du boudoir enchanté, Dont la déesse frivole, Triste et vaporeuse idole, Bâille en parlant de gatté !
Lebrun.
VAPO
n Qui appartient aux vapeurs, qui est de la nature des vapeurs : Une affect ion vaporeuse. On guérirait tes femmelettes de l'ennui vaporeux en leur faisant porter le cotillon de bure. (Boiste.) Il Qui produit, qui donne des vapeurs : Des aliments vaporeux. La casse passe pour être vaporeuse.
— Substant. Personne vaporeuse, atteinte de vapeurs: Les vaporeux ont le double malheur d'être malades et ridicules.
VAPORISATEUR s. m. (va-po-ri-za-teur — rad. vaporiser). Phj'siq. Récipient dans lequel on opère la vaporisation.
VAPORISATION s. f. ( va-po-ri-za-si-on — rad. vaporiser). Physiq, Action de vaporiser, de réduire k l'état de vapeur ; transformation d'un liquide en vapeur : La vaporisation de l'eau commence à 80° du thermomètre de Béaumur, sous la pression moyenne de l'atmosphère. (Haùy.)
— Encycl. L'ébullition est,en général, par rapport aux liquides, le signe de la vaporisation naissante. On a observé les différentes températures auxquelles répond l'ébullition de certaines substances par une pression de 28 pouces de mercure. Deluc a prouvé que l'ébullition de l'alcool commence k 67» du thermomètre Réaumur. Laplace et Lavoisier ont trouvé que, dans le même cas, Téther entre en ébullition k 32° ou 33°. La vaporisation de l'eau commence, comme Ton suit, k 80" du thermomètre Réaumur, sous la pression moyenne de l'atmosphère, et la température reste la même pendant tout le temps de la conversion du liquide en vapeur. Mais cette uniformité de la chaleur n'a lieu qu'autant que la vapeur est libre, de s'échapper à mesure qu'elle se forme ; car, si l'eau qui se vaporise est renfermée dans un vase qui ne lui laisse aucune issue, la vapeur, en s'accuinulant dans la partie supérieure du vase, exerce sur l'eau encore liquide une pression qui, étant parvenue k un certain terme, s'oppose k l'effet de la force élastique du calorique, pour vaporiser de nouvelle eau; en sorte que le calorique s'accumule à son tour, soit dans le liquide soit dans la vapeur elle-même, et que la température continue de s'élever bien au de.k du terme de 80°. Lorsqu'on jette de l'eau sur un corps embrasé pour 1 éteindre, l'eau a^it de deux manières : elle intercepte d due part le contact de l'air avec le corps combustible, et, d'une autre part, enlève, en Se vaporisant, une partie du calorique nécessaire pour produire, entre les molécules du même corps, un écartement qui les dispose k s'unir avec l'oxygène de l'air. On a calculé que 1 pouce cube d'eau liquide produisait t pied cube de vapeur. Vauban a prouvé que 70 kilogrammes d'eau convertie en vapeur produisent une explosion capable de faire sauter une masse de 38,500 kilogrammes, tandis que 70 kilogrammes de pouure ne peuvent opérer un semblab'e effet que sur une masse de 15,000. Ainsi la force de l'eau en vupeur est plus que double de celle de la poudre. L'eau en vapeur n'est pus altérée dans ses principes, elle n'est que dilatée par le calorique, et, des qu'elle rencontre des corps dont la température est beaucoup plus basse que la sienne, elle leur cède k l'instant une grande partie du calorique qui lu tenait k l'état de fluide élastique, et, reprenant l'état de liquide, elle adhère à la surface de ces corps sous la
I forme d'une couche d'humidité. Il faut disi tinguer la vaporisation de Tévaporatiou. La première dépend de ce que l'dasucite du ca- ■ lorique qui agit sur les molécules de l'eau 1 est assez puissante pour vaincre la pression I de Tair. Dans Tévaporatiou, ce même air qui, ! d'un côté, s'oppose par sa pression k lu force ' élastique du calorique, pour réduire Teau en ' vapeur, la seconde, d'un autre côté, par l'affinité qu'il exerce sur ce liquide. L'evaporation est d'autant plus abondante que Teau, en se présentant k Tair par une plus grande surface, multiplie davantage ses points de contact avec ce fluide. La chaleur favorise" sans doute Tévaporation, mais elle a lieu & une basse température, et la glace elle-même est susceptible dévaporatiou. Tous les liquides ont une tendance k se réduire eu gaz, et c'est à ces gaz que L'on donne le nom de vapeur, pour les distinguer des gaz permanents. En vertu de celte tendance, un liquide quelconque, placé dans un espace ville, formé tout k coup une certaine quantité de vapeur. Cette quantité dépend de l'espace, delà température et de la nature du liquide. Elle est proportionnelle k l'espace, de sorte qu'un espace double donne lieu k la formation d'une quantité double de vapeur; par conséquent, en comprimant de la vapeur de manière à la réduire au quart de son volume, on doit en liquéfier les trois quarts. Elle croit avec la température, mais dans un rapport plus grand que celle-ci ; d'où il suit qu'il se vaporisera plus de liquide de 0' à 20° que da 0° k 10°, et moins ue 0° k 10° que de 10<> k Ï0°. Elle varie en raison des divers liquides; car on observe que les liquides qui entrent le plus facilement en ébullition, ou dont les points d'ebuiliuon sont le moins élevés, sont, non pas toujours, mais eu général, ceux qui, k une température quelconque, donnent naissance k la vapeur la plus dense. C'est ainsi que la vapeur de Téther est bien plus . dense que la vapeur d'eau, et la vapeur d eau bien plus dense que la vapeur mercurielle ;
VAQU
celle-ci, à la température ordinaire, est si rare qu il est, pour ainsi dire, impossible d'en démontrer la présence. Dans tous les cas, la vapeur ne se fi>rme qu'à l'aide d'une certaine quantité de calorique appartenant au liquide, de sorte que celui-ci se refroidit. Pour connaître la tension des liquides dans le vide, on remplit de mercure, à quelques millimètres près, un tube de om.SO à o™,90 de long, et d'environ om.ÔU de diamètre, fermé par lune de ses extrémités et ouvert par l'auire. On achève de le remplir avec le liquide dont on veut mesurer la tension ; puis, bouchant ce tube avec les doigts, on renverse et l'on promène à plusieurs reprises le liquide dans toute sa longueur, afin de détacher les petites bulles d'air adhérentes à ses parois ; ensuite on le tient verticalement, son ouverture étant tournée en haut ; le liquide gagne la partie inférieure et entraîne l'air, qui se dégage aussitôt que l'on a enlevé le doigt. On remplace cet air par une nouvelle quantité de liquide : on renverse de nouveau le tube, et ainsi de suite, jusqu'à ce qu'il soit entièrement purgé d'air. Alors on ferme bien exactement l'extrémité ouverte avec le doigt; on la plonge dans le mercure et l'on pose le tube dans une situation verticale ; on examine quelle est la hauteur du mercure dans le baromètre: de cette hauteur on retranche celle à laquelle s'élève le mercure dans le tube, et la ditférence donne la tension du liquide. Cette ditférence n'est en effet produite que par la propriété qu'a ce liquide de se réduire en vapeur et de repousser jusqu'à un certain point, par sa force élastique, la colonne de "mercure que l'air, par sa pression, tend à élever, en général, jusqu'à 0™,76. V. évaporation, volatilisa-
VAPORISEB v. a. ou tr. (va-po-ri-zé — du lat. vupor, vapeur). Faire passer à l'état de vapeur : Vaporiser de l'eau. Eh l mon père, au lieu de vaporiser l'or, vous devriez bien le réserver pour payer vos lettres de change. (Balz.)
Se vaporiser v. pr. Passer à l'état de vapeur : Tous les corps sb vaporiseraient, si l'on pouvait suffisamment augmenter la chaleur ou diminuer la pression de l'atmosphère. (Cuv.) L'hydrogène a une grande affinité pour tout ce qui se gazé fie ou se vaporise. (Rasvail.)
VAPORISEUR s. m. (va-po-ri-zeur — rad.
vaporiser). Appareil inventé pour répandre 'Je la vapeur d'eau dans un appartement.
VAPPO (il), type de fanfaron dans là comédie italienne. C'est le spadassin napolitain ; comme tel, il est grand vantard et grand poltron ; il se cambre & l'excès, et son ombre offre des profils terribles dont il est le premier, le seul souvent à s'effrayer. « Il porte, dit M. Maurice Sand, le costume que portait le capitun au siècle dernier, l'habit carré et ample de la régence, un tricorne d'une hauteur exagérée, un haut de chausses jaunâtre, mal boulonné, et une longue rapière dont la garde vieillie et rouillée fait un grand bruit de- ferraille. ■ Ce costume est trop moderne pour que le Vappo n'ait pas porté antérieurement un autre habillement.
VAPPON s. m. (va-pon). Entom. Syn. de pachygastre, genre d'insectes diptères.
VAPKIO-D'ADDA, bourg du royaume d'Italie, province et district de Milan, mandement de Cassano-d'Adda, sur la rive droite de i'Adda ; 3,300 hab. Filature de soie ; papeterie. En 1324, les guelfes y furent battus par les gibelins.
VAQUER v. ii. ou intr. (va-ké — du lat. vacare, mot qui signifie proprement être vide, être libre, et aussi avoir le temps de faire quelque chose, y consacrer ses loisirs. Vacare appartient au même radical que aacuus, vide, vacuare,. vider, savoir la racine sanscrite m'A, vinakmi, éloigner, séparer, d'où aussi le grec eikô pour feikô, céder, le latin vito puur uicito, éviter, le vieux Scandinave viki, ancien haut allemand wicha , allemand moderne weichen, céder, etc.). Etre vacant, disponible, inoccupé : Les bonnes places ne vaquent pas longtemps. Il Impersounellem. :
Il vaque une ambassade et même un ministère.
Etienne.
— Interrompre ses fonctions, en parlant des tribunaux :La Cour doit vaquer pendant deux mois.
— Vaquer à, travailler à, s'occuper de : Je désirais vaqukr seulement k la recherche de ta vérité. (Ijesc.) Allons, mon compère, vaque À ton office, rase-moi. (V. Hugo.) La femme tend de toutes les puissances de son être à un but unique, qui est de. vaqukr aux œuvres de l'amour, (Pruudh.)
VAQUERO s. m. {va-ké-ro — mot espagn.
dérive de vaca, vache). Dompteur de taureaux sauvages en Amérique,
— Nom donné, dans les Asturies, à des vachers qui sont considérés comme des espèces de parias.
VAQUETTE s. f. (va-kè-te — dimin. du lat. vacca, vache). Bot. Nom vulgairedugouet ou pied-de-veau, daus certaines provinces,
VAQUIER s. m. (va-kié — du lat. vacca, vache). Forme ancienne du mot VACHiiR.
— Uist. relig. Nom donné à des sectaires qui parurent en 1320.