MM. J.-B. LEPÈRB ET L. GONDOIN, ARCHITECTES
Le socle, est chargé d'une inscription en latin passablement barbare. Au-dessus de la porte d'entrée, dans un cadre soutenu par deux Victoires, on lit ceci :
neapouo. iup. Aua.
uonumentuh. eelli. germanioi.
anno. m. d. ccc. v.
tk1mestiu. spatio- ductu. suc frofliqati. ex. a;re capto, glori.ë. exerc1tus. 1iaximi. d1cav1t.
qu'il faut traduire de la manière suivante : » Napoléon, empereur auguste, a dédié à la gloire de la grande armée ce monument fait avec le bronze pris sur l'ennemi, l'an 1805, dans la guerre d'Allemagne , terminée en trois mois sous son commandement. • Alexandre Dumas proposait une autre traduction tout aussi plausible : i Néarque.Polion, général d'Auguste, dédia ce tombeau de guerre de Germanicus à la gloire de l'armée de Maxime, l'an 1805, avec l'argent volé aux vaincus, grâce à sa conduite pendant l'espace d'un trimestre, i
Le poids des pièces de bronze qui forment la colonne est estimé 2,000,000 de kilogrammes. La statue primitive qui surmontait le monument, et qui ne fut placée qu'en 1812, était un des chefs-d'œuvre du sculpteur Chaudet. Elle représentait Napoléon en costume d'empereur romain, la tête couronnée de laurier, une main appuyée sur son glaive et tenant dans l'autre un globe surmonté d'une Victoire. Son poids était de 6,554 livres, et sa hauteur de plus de 10 pieds. Les dépenses totales pour la colonne et la statue s'élevèrent à 1,975,417 francs. En 1814, le lendemain de l'entrée des alliés à Paris, on voulut renverser cette image colossale de l'empereur qu'on venait d'abattre. On lui passa au cou un câble, auquel un grand nombre de chevaux furent attelés, et, malgré la précaution qu'on avait prise de scier les jambes au-dessus des chevilles, rien ne vint. C'est que l'angle sous lequel on opérait ne faisait que multiplier la résistance; il fallut donc y renoncer. Pourtant, un zélé royaliste se présenta et promit de réussir; c'était M. de Montbadon, chef d'état-major de la place de Paris. MM. de Polignac et de Semallé, qui étaient commissaires du comte d'Artois, l'investirent de tous les pouvoirs nécessaires pour cet objet. Il mit en réquisition Launay, le fondeur de la colonne et de la statue, comme l'homme le plus capable de faire l'opération avec succès. Celui-ci résista; mais, conduit au quartier général, il reçut un ordre se terminant ainsi : « Ordonnons audit M. Launay, sous peine d'exécution militaire, de procéder sur-le-champ à ladite opération, qui devra être terminée mercredi 6 avril à minuit. » Cet ordre est daté du 4 et signé de Itochechouard, colonel aide de camp de S. M. l'empereur de Russie, commandant la place. M. Pasquier, alors préfet de police, écrivit de sa main sur la pièce : • A exécuter sur-le-champ. » La garde nationale faisait le service auprès du monument. Soit pudeur, soit crainte, on la remplaça par des soldats russes. Launay enleva la statue au moyen de chèvres établies sur le faîte et la descendit
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au moyen de poulies. Aussitôt que le bronze eut touché le pavé, on le remplaça par le drapeau blanc. Alors, nous dit Launay dans une relation de lui, d'où nous tirons ces faits, ■ on entendit les cris de : Vive le roil Vive Louis XV11I1 » C'était le 8 avril, à sis heures du soir; l'opération avait duré quatre jours, et il n'en avait coûté à la nation que 4,815 fr. .16. Launay obtint d'emporter la statue dans son atelier, pour se couvrir d'une somme rie 80,000 francs qui lui restait due comme fondeur de la colonne. Pendant les Cent-Jours, la police impériale la lui fit restituer. Ce bel ouvrage de Chaudet a été fondu lors de la seconde Restauration et a été employé à la statue équestre de Henri IV, par Lemot.
En 183S, les Chambres décidèrent que la statue de Napoléon serait replacée au faîte de la colonne Vendôme ; un concours fut ouvert à cet effet, et M. Seurre jeune l'emporta sur ses nombreux rivaux. Son modèle, coulé en bronze pur le fondeur Crozatier, fut inauguré pompeusement le 28 juillet 1833, pendant les fêtes destinées à célébrer le troisième anniversaire de la révolution de 1830. « De toutes ces démonstrations adressées à des souvenirs de liberté, dit un journal du temps, celle qui a excité le plus de sympathie a été l'hommage rendu au héros qui prit pourtant a tâche d'en étouffer les nobles élans, mais, il est vrai, sous des prestiges de grandeur et de gloire. Le 28, Napoléon a repris sa place au haut de la colonne de la grande armée; peu d'ambassadeurs assistaient, diton, à cette cérémonie. » L'année et la garde nationale et une grande partie de la population prirent part à cette solennité. Louis- Philippe, à cheval au milieu de son étatmajor, enleva de ses propres mains le voile • qui dérobait la statue aux regards de la foule et salua la statue du guerrier. Cette seconde statue avait sur celle de Chaudet l'avantage de ne point blesser le sens populaire, de ne pas couronner un monument chargé d'armes, de costumes et de figures modernes par un personnage d'aspect antique. Napoléon, en redingote et l'une de ses mains derrière le dos, sy montrait coiffé du petit chapeau traditionnel, lequel, il est vrai, dessinait sur le ciel deux cornes d'un etfet peu monumental; les plis de là redingote, la fameuse redingote grise, tombaient lourdement et sans grâce. En 1864, le Napoléon en redingote grise fut remplacé pur un Napoléon en empereur romain, conforme k la statue érigée sous la premier Empire. L'empereur en costume antique, jambes nues, le manteau sur l'épaule, le front ceint de lauriers, y personnifiait moins le chef d'année que le césar suprême, le fondateur d'une dynastie. Cette statue était l'œuvre de M. Dumont. Beaucoup de personnes regrettèrent alors l'ancienne, plus connue et plus populaire, qui fut exilée au centre du rond-point de Courbevoie.
A la fin de la Commune, six jours seulement avant l'entrée des troupes dans Paris, la colonne Vendôme fut renversée par ordre du gouvernement révolutionnaire. Il y avait longtemps qu'un membre de la Commune, G. Courbet-, en réclamait le • déboulonnage.» On peut lire k ce sujet un curieux article qu'il fit insérer, au moment du premier siège de Paris, dans le Bulletin de la municipalité. Il y proposait aux Prussiens d'abattre la colonne Vendôme, puis de fondre ensemble tout ce qu'il y avait de canons Krupp et de canons français pour en édifier un nouveau monument ùe bronze, surmonté du bonnet phrygien et dédié à la république universelle. Dés les premières séances de la Commune, G. Courbet reprit le projet qu'il avait proposé et obtint un décret portant que la colonne serait démolie. On ne se pressa pas toutefois, et ce ne fut que dans le courant du mois de mai que les travaux préparatoires furent effectués ; on descella quelques-unes des plaques circulaires au-dessus du soubassement. On attaqua la pierre à laquelle le bronze servait de revêtement, et le 16 mai seulement un système de cordages tendus par des cabestans fut établi de manière k renverser l'immense fût de pierre et de bronze d'un seul bloc, sur un lit de fumier préalablement disposé pour le recevoir. L opération eut lieu ce même jour dans l'après-midi. ■ A trois heures et demie, dit M. Claretie, le clairon sonne; quelques membres de la Commune prennent place au balcon du ministère de la justice. La musique du 100e bataillon exécute la Marseillaise, k laquelle succède le Chant du départ, exécuté par la musique du 1726 bataillon. On fait éloigner tout le monde; chacun se range autour de la place. A cinq heures un quart, les cabestans fonctionnent, la tension des câbles s'opère lentement. 11 est cinq heures et demie : l'attention est immense, chacun est haletant. Un cri étranglé par la peur d'un accident dont il est impossible de mesurer l'étendue part de toutes les bouches; la colonne s'ébranle; un silence d'épouvante se fait dans la foule anxieuse; puis, après avoir oscillé un moment sur sa base, cette masse de bronze et de granit tombe sur le lit qui lui a été préparé ; un bruit sourd se mêle au craquement des fascines, des nuages de' poussière s'élèvent dans les airs. A 1 instant, une immense clameur so dégage de la foule : Vive la République! Vive la Commune I Les fascines et le fumier ont été chassés de chaque côté à plus de lu mètres. La colonne est toute
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disloquée, la statue a un bras cassé et la tête séparée du tronc. En deux minutes, le drapeau rouge est arboré sur le piédestal resté debout. » Quatre discours furent alors prononcés par le générul Bergeret, par Henri Fortuné et deux autres membres de la Commune, les citoyens Mio't et Ranvier.
L'Assemblée de Versailles, de son côté, répondit à cet acte par un décret qui ordonnait le rétablissement de la colonne Vendôme, décret qui a reçu son exécution en 1875. Le fût de pierre a été réédifié,et les plaques de bronze, moulées de nouveau sur les formes qui avaient été conservées depuis le premier Empire, ont été rétablies exactement. Le décret portait que la colonne Vendôme serait surmontée de la statue de la France; on a renoncé k ce projet et replacé tout simplement, par suite d'un autre décret, le Napoléon de M. Dumont.
La colonne Vendôme a inspiré les postes et les chansonniers. Une des chansons les plus connues est celle d'Emile Debraux ; deux vers surtout sont restés populaires :
Salut, monument gigantesque
De la -valeur et des beaux-arts ;
D'une teinte chevaleresque,
Toi seul colores nos remparts;
De quelle gloire t'environne
Le tableau de tant de hauts faits I
Ah ! qu'on est fier d'être Français,
Quand on regarde la colonne 1
Avec eux la gloire s'exile,
Osa-t-on dire des proscrits.
Et chacun vers le Champ d'asile
Tournait des regards attendris.
Malgré les rigueurs de Bellone,
La gloire ne peut s'exiler,
Tant qu'en France on verra briller
Les noms gravés sur la colonne.
L'Europe, qui dans ma patrie
Un jour pâlit a ton aspect,
Et brisa ta tête llétrie.
Pour toi conserve du respect;
Car des vainqueurs de Babylone,
Des héros morts chez l'étranger
Les ombres, pour la protéger,
Planaient autour de la colonne.
Ainsi chantait Emile Debraux, un barde populaire, en 1818, pendant que l'Angleterre songeait, elle aussi, à perpétuer par le bronze ce qu'elle appelait sa victoire de Waterloo. Tout le monde connaît l'Ode à la colonne que Victor Hugo écrivait en 1827. C'est là qu'il faut chercher à comprendre le sentiment qui animait les Français de la Restauration, en regardant la colonne, comme dit la chanson : O monument vengeur! trophée indélébile!
Bronze qui, tournoyant sur ta base immobile, Semblés porter au ciel ta gloire et ton néant; Et, de tout ce qu'a fait une main colossale, Seul es resté debout, ruine triomphale
De l'édifice du géant !
La pièce est longue, et nous ne pouvons k cause de cela l'insérer ici dans son entier. Le poète y trouve de mâles et patriotiques accents, que l'époque et sa jeunesse forcent de ton çà et là. Aujourd'hui que la lumière s'est faite sur beaucoup de choses et que les cheveux blancs sont venus au chantre des Orientâtes, il est des vers qu'il n'écrirait plus sans doute.
Chaque année depuis 1830, le 5 mai, anniversaire du jour où mourut le prisonnier de Sainte-Hélène (5 mai 1822); le 15 août, jour de la naissance et de la fête de l'empereur; le 20 mars, jour de sa rentrée à Paris, les vieux grognards qui survivaient encore en petit nombre tiraient du fond des armoires leurs uniformes qu'ils boutonnaient k grand'peine, leurs sabres rouiliés, leurs shakos déformés, leurs bufileteries noircies,
Nobles lambeaux, défroque épique, Saints haillons, qu'étoile une croix, Dans leur ridicule héroïque Plus beaux que des manteaux de rois, et ils venaient ces lanciers rouges, ces grenadiers bleus, ces voltigeurs delà garde, ces hussards amaigris, ces artilleurs obèses, que le gamin poursuivait en riant, ils venaient d'un pas chancelant, comme des fantômes d'un autre temps, déposer au pied de la colonne,
Comme a l'autel de leur seul Dieu, des couronnes d'immortelles et de laurier. Le vieux soldat qui veillait sur le monument les rassemblait toutes ; il les suspendait symétriquement aux lances de la grille qui entoure le soubassement. Des ex-voto bizarres, de petits cadres peinturlurés, enrichis de devises ou d'inscriptions naïves, tapissaient le piédestal. L'effet produit par ces offrandes annuelles à la divinité du lieu n'était pas des plus agréables pour l'œil, mais les «vieux de la vieille » n'y regardent point de si près, et l'orgueil du gardien était comblé si la uroisson de couronnes était abondante. Hélas! les fidèles disparaissent de jour en jour, et la Mort s'apprête à signer la feuille de route des derniers Aenilles d'une Iliade qui déjà appartient à l'histoire.
L'entrée de la colonne de la place Vendôme est libre; le curieux, pourvu qu'il soit maigre et qu-'il ait bon pied, bon œil, peut gravir l'escalier étroit et fort sombre et parvenir à la plate-forme supérieure qui régne autour de la statue ; il en sera quitte pour donner en redescendant une légère rétribution au gardien. Il arrive de loin en loin
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qu'un visiteur mal avisé se soustrait k cet impôt non forcé en enjambant la balustrade et en se précipitant dans l'espace. Le pauvre diable se tue sur le coup, et, en relevant son cadavre, on découvre assez généralement dans ses habits la preuve certaine qu'il en avait assez de la vie en opérant cette rude ascension delacolonne; 180 marches àfranchir, voilà pourtant qui devrait donner à songer. Il est vrai que, quand on les a montées, il doit être bien dur de les redescendre...; toujours est-il que ce gigantesque monument s'est prêté à bien des tentatives de suicide dont on nous permettra de ne pas retracer les lugubres détails.
VENDÔMOIS, Oisifs, et adj. (van-dô-moi, oi-ze). Géogr. Habitant de Vendôme ou du Vendômois; qui appartient à cette ville, à cette contrée ou U leurs habitants : Les Vendômois. Les mœurs vendômoises.
VENDÔMOIS, petit pays de l'ancienne France, dans la Beauce. Il avait pour ch.-l. Vendôme et est aujourd'hui réparti entre les départements de Loir-et-Cher et de la Sarthe.
VENDOTENA, la Pandataria des anciens, île du royaume d'Italie, dans la mer Tyrrhénienne, à 10 kilom. N.-O. de l'Ile d'Iscliia, k 5G kilom. O. de Pouzzole. Elle fait partie do la province de Naples et mesure s kilom. de longueur sur 2 kilom. de largeur et la kilom. de circonférence. Sol fertile et bien cultive. Elle fut le lieu d'exil d'Agrippine, mère de Germanicus; d'Octavie, femme de Néron, et d'autres illustres personnages. Au ixe siècle, elle l'ut abandonnée, à cause des incursions fréquentes des Sarrasins, et repeuplée en 1769 d'indigents tirés de Rome.
VEINDRAMIISO (André), doge de Venise, né en U00, mort en 1478. Il fut élu doge en H77, en remplacement de Pietro Mocenigo, dont le frère, Giovanni Mocenigo, devait lui succéder. La paix se maintint pendant son règne de treize mois, dont le seul événement remarquable fut une irruption des Turcs dans le Frioul.
VENDRE v. a. ou tr. (van-dre — lat. vendere, pour venum dare, littéralement donner l'achat; de tiare, donner, qui se l'attache à la grande racine sanscrite dd, môme sens, et de venus, achat, en usa,ge seulement à l'accusatif venum et au datif veno, venui, V. vénal). Donner, céder moyennant un prix convenu : Vendre un cheval, une maison, un lié-, ritage. J'ai remarqué qu'il n'y a que l'Europe seule où l'on vende l'hospitalité. (J.-J. Rouas.) Le commerce est l'art d'acheter trois francs ce qui en vaut six, et de vendre six francs ce qui en vaut trois. (Fourier.)
Deux compagnons, pressés d'argent, A leur voisin fourreur vendirent La pi^iu d'un ours encor vivunt, [dirent. Mais qu'ils tùraient bientôt, du moins a ce qu'ils
La Fontaine.
Il Faire le commerce de : Vendue des étoffes, des meubles, des comestibles. 11 Céder ou sacrifier k prix d'argent, en parlant des choses qui ne sont pas vénales par leur nature : Vendue sa conscience. Vendue son âme au diable. Un peuple n'a pas le droit d'attenter à ses libertés ou de les vendre à un despote. (Chateaub.) Tout journal est une boutique où l'on vend au public des paroles de la couleur dont il les veut. (Balz.) Un avocat est un bavard qui vend ses paroles, qui ment pour de l'argent. (M™e E. de Gir.)
De nos jours, le droit du seigneur Pèse sur nous plus despotique; — Nos filles vendent leur honneur Au dernier courtaud de boutique.
P. Dupont.
— Faire payer, ne procurer qu'à des conditions dures ou onéreuses : La terre est dure,
. obstinée, ne se rend pas d'un coup ; elle vend uu travail ce qu'on croit qu'elle donne. (Michelet.)
Le bonheur est un bien que nous vend la nature; 11 n'est point ici-bas de moissons sans culture.
Voltaire.
— Fig. Trahir pour de l'argent : Vendre un secret. Vendre ses complices. Vendre sa patrie. Il vendrait son meilleur ami. Judas vendit son maître.
— Absol. : Se décider à vendre. Qu'un marchand se mette à vendre suc le principe fralernitaire,je ne lui donne pas un mois pour voir ses enfants réduits à ta mendicité. (F. Bastiat.)
— Vendre la peau de l'ours avant de l'avoir jeté par terre, Chercher à tirer parti d'une chose qu'on n'a pas encore en sa possession.
— J'y vendrai ma chemise, Je sacrifierai tout pour réussir :
. . . Laissez faire, ils ne sont pas au bout ; J'y vendrai ma chemise, et je veux rien ou tout.
Racine.
Il II vendrait jusqu'à sa chemise. Se dit d'un prodigue, d'un dissipateur.
— Vendre bien cher, vendre chèrement sa vie, Défendre vaillamment sa vie, et faire périr beaucoup d'ennemis avant de succomber, il On dit populairement Vendre cltèrement sa peau.
— Etre à quelqu'un à vendre et à dépendre, Etre à son entière disposition, ne résister à aucune de ses volontés. Dépendre a ici le vieux sens de dépenser, U Vieille loc.
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— Vendre des guignes, Loucher. Se dit en jouant sur les mots guigne et guigner.
— Vendre la mèche, Trahir un secret.
— Vendre des coquilles à ceux qui reviennent de Saint -Michel, Offrir aux gens ce dont ils sont richement pourvus, comme si on voulait vendre des coquilles k ceux qui reviennent de Saint-Michel, localité de la Normandie, où les voyageurs font d'ordinaire ample provision de coquilles. Il A qui vendez-vous vos coquilles? à ceux qui reviennent de Saint- Michel? ou simplement A qui vendez-vous vos coquilles? A qui pensez-vous avoir affaire? Pensez -vous que je serai dupe de votre finesse 1 II Cet homme vend bien ses coquilles, Il fait valoir sa marchandise, son travail.
— Pratiq. Vendre quelqu'un, Vendre .ses meubles, par suite de saisie : Alors on l'a saisi, on I'a vendu ; la vente de ses meubles n'a pu couvrir la dette. (A, Lireux.)
— Théâtre. Vendrj son piano, Dans l'argot des coulisses, Tirer des larmes des yeux des spectateurs, par allusion à une scène de Pauvre Jacques, où Bouffé arrachaitdes pleurs a toute la salle en faisant ses adieux à son piano.
Se vendre v. pr. Etre vendu : Aujourd'hui les beaux hôtels se vendent, sont abattus et font place à des rues. (Bulz.) Les ter>-ains de ta Cannebièresa vendent à raison de mille francs le mètre carré. (E. About.) Il Avoir de la vente,, du débit : Celle marchandise, cette denrée su vend bien. U Etre un objet de commerce, être vénal : Tout SE vend, même l'honneur et la liberté.
— Fig. Se livrer, offrir son concours ou sacrifier son honneur pour de l'argent : Se vendre à un parti. Une femme qui reçoit des présents se donne ou, pour mieux dire, se vend. (Mlle de Scudery.) L'honneur qui se vend, si peu qu'on en donne, est toujours payé pins cher qu'il ne vaut. (Duclos.) TelU trouve à se vendre qui n'eût. pas trouvé à se donner. (H. Beyle.)
— Se trahir involontairement xLe coupable s'est vendu.
— Syn. Vendre-, aliéner. V. ALIÉNER.
— AllUB. Uttér. Vendre la peau do l'ourci
Allusion k la fable de La Fontaine, l'Ours et tes deux compagnons. V. peau.
VENDREDI s. m. (van-dre-di — du latin Veneris dies, le jour de Vénus. L'italien en a fait venerdi; le provençal retourne les ter- .mes et dit divendres; l'espagnol supprime dics et dit tout court viemes pour vienres). Sixième jour de la semaine : Une ancienne superstition fait regarder le vendredi comme un jour néfaste.
— Vendredi saint, Vendredi de la semaine sainte, jour anniversaire de la mort de Jésus. 1! Etre laid comme le péché du vendredi ■joint, Etre extrêmement laid. Vieille loc.
— Prov. Tel qui rit le vendredi pleure ou pleurera le dimanche, Bien souvent la tristesse suit de très-près la joie :
Ma foi, sur l'avenir bien fou qui se fira, Tel qui rit vendredi dimanche pleurera.
Bacinb.
— Encycl. Malgré tous les progrès dont notre siècle peut k juste titre se glorifier, les croyances superstitieuses sont loin d'être éteintes; il y a dans les bas-fonds du cœur humain un goût singulier pour tout ce qui est mystérieux, un besoin inexplicable de trembler devant l'inconnu, qui résistent k la lumière de la raison et du bon sens chez les aines faibles, surtout chez les femmes, chez les, paysans peu lettrés, quelquefois même chez des hommes dont l'instruction est assez avancée.
"Si nous portons nos regards sur les peuples •do l'antiquité, nous voyons que partout il y a eu des jours néfastes, c'ést-à-dire des jouis où l'on s interdisait tous les actes importants de la vie, parce que l'influence malfaisante de certains événements remontant k une époque plus ou moins éloignée ne pouvait amener que des résultats fâcheux ou même funestes. Chez les Romains et chez les Grecs, il y avait des jours néfastes reconnus par la loi et pendant lesquels toutes les affaires publiques étaient suspendues, tous les tribunaux fermés. La ioi moderne est moins aveugle ; elle ne suspend le cours de la justice, du travail et du commerce que pour assurer le repos du dimanche ou pour célébrer quelques événements heureux; elle reconnaît donc le besoin qu'a l'homme de se reposer ou de se réjouir de temps en temps ; elle ne reconnaît plus l'utilité d'entretenir chez le peuple des craintes chimériques et des souvenirs décourageants. Mais s'il n'y a plus de jours néfastes aux yeux de la loi, il y en a encore de par la tradition, et c'est surtout dans la religion que la tradition puise les idées de malheur qu'elle y rattache. Le vendredi, chez tous les peuples chrétiens, chez les catholiques surtout, inspire une véritable frayeur, non-seulement à de vieilles bonnes femmes dont l'esprit est affaibli par l'âge, mais à une foule de gens qui, dans le cours ordinaire de leur vie, se montrent pleins de bons sens et même d'habileté. Et ne croyez pus que ceci soit vrai seulement pour les campagnes; Paris lui-même n'est pas exempt de ce tribut que paye encore la faiblesse humaine à l'ignorance et à la superstition. Voici un fait dont la complète exactitude nous est garantie et qui prouve k quel point la super-
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stition du vendredi est répandue dans Paris, dans cette capitale intellectuelle du momie : tous les vendredis, la recette des omnibus de Paris est de 25 pour 100 au-dessous da la recette des autres jours de la semaine.
Ceci prouve que beaucoup de gens n'aiment pas à entamer une affaire le vendredi et, par conséquent, ne font pas ce jour-là les courses qu ils feraient un autre jour; que d'autres n'aiment pas à se risquer dans une voiture le vendredi, parce qu'ils craignent de se casser le cou si la voiture venait k verser. Mais voici qui est plus fort : lorsque le vendredi est en même temps le 13 du mois, ce | qui arrive de temps en temps, la recette des | omnibus diminue de 50 pour 100. !
Pourquoi le vendredi et le nombre treize réveillent-ils dans l'esprit du peuple des idées I de malheur et de catastrophe? Parce que I c'est un vendredi que Jésus est mort sur la croix; parce que, dans le dernier repas que Jésus Ht avec ses douze apôtres, il y avait treize personnes à table, et le traître Judas, qui devait mourir bientôt d'une manière honteuse après avoir livré son maître, occupait la treizième place.
Il est à remarquer que le nom donné par l'Eglise au vendredi qui fut témoin de la passion du Sauveur serait plutôt propre à inspirer la confiance que la crainte; c'est lo vendredi saint, et chez les Anglais le bon vendredi (good friday). Mais le peuple n'a 'pas fait attention à ce nom; il a surtout été impressionné par les récits lugubres qu'on lui faisait en chaire, par la couleur des ornements, par la tristesse des chants et des cérémonies, par la sévérité des jeûnes et des macérations qu'on lui imposait; de là sont venues toutes les idées noires sous lesquelles il s'est représenté cette journée fatale et la répugnance invincible qu'il éprouvait, qu'il éprouve encore à rien entreprendre, à rien commencer un vendredi.
C'était lo vendredi saint que, dans l'ancienne monarchie, le chancelier scellait les lettres de rémission. Cet usage datait des temps féodaux, puisque les poëmes chevaleresques du xic et du suit siècle en font mention. Le roman de Gérard ou Girard de Roussillon, cité par Sainte -Palaye, nous montre la reine priant le roi d'accorder en ce jour la grâce aux criminels dont il avait confisqué les biens. Cependant le plus pieux de nos rois crut que la justice devait passer avant tout autre devoir et ne la fit pas fléchir, même en ce jour de rémission. Un vendredi saint, les parents d'un gentilhomme détenu au Chàtelet vinrent lui demander sa grâce. Le roi, qui lisait son bréviaire, posa le doigt sur le verset où il en était ; « Heureux ceux qui gardent le jugement et font justice en tout temps. « Puis il ordonna de faire venir le prévôt et continua sa lecture. Le prévôt lui apprit que les crimes de ce gentilhomme étaient énormes. Sur cela, saint Louis ordonna de procéder à l'exécution de la sentence.
Vendredi soir, par M. Alphonse Karr (Paris, 1835). Sous ce titre, M. Karr a réuni un grand nombre de récils, d'anecdotes, qu'il suppose avoir entendus dans une réunion d'amis qui avait lieu tous les vendredis. De là le titre quelque peu bizarre de Vendredi soir. Parmi ces récits, quelques-uns méritent d'être signalés plus particulièrement; ce sont : la Alain du diable, ou l'histoire d'un homme qui donne à tout jamais sa main gauche au diable, à la condition que celui-ci rendra la santé à son frère malade. Le frère guérit, en effet, et notre homme ne doute pas que ce ne soit par l'intervention de monseigneur le diable. Mais, à partir de ce moment, il est obsédé par l'idée qu'il a de s'être damné, et, pour faire sa paix avec Dieu, en se dégageant de sa promesse avec lo diable, il prend une hache et se coupe la main gauche. La Vierge noire est un conte fantastique trèsréussi, dans le genre d'Hoffmann. Les aventures du marin Onesime Romain nous ont paru un des récits les plus touchants et les mieux présentés de tout le recueil. Enfin, ce volume renferme un grand nombrede portraits et de physiologies, dont la plupart ont aujourd'hui perdu de leur vérité et, par conséquent, de leur intérêt, mais qui n'en conservent pas moins le mérite d'un style rapide et incisif, « Vendredi soir, dit M. de Molènes, est un recueil rempli de l'harmonie lointaine et confuse de mille souvenirs de jeunesse, un de ces livres qui vous causent un plaisir aussi incompatible avec toute idée de critique ou d'analyse que le plaisir dont notre âme peut être remplie par les jouissances de l'ouïe ou de l'odorat.» VENDREDI, personnage du célèbre roman de Daniel de Fu6, intitulé liobtnson Crusoé. C'est un jeune sauvage que Robiiison a arraché à une mort terrible et certaine, et que la reconnaissance attache à son sauveur, qui entreprend de le civiliser et de le façonner aux mœurs européennes.
VENDRES, village et commune de France (Hérault), caut., arrond. et à 10 kilom. de Béziers; 700 hab. Il est situé au bord de l'étang du même nom. On y trouve les vestiges d'un ancien temple de "Vénus et deux sources d'eau minérale.
VEJNDUES, étang de France (Hérault), arrond. et à 9 kilom. de Béziers. Il a 7 kilom. de longueur sur 4 da largeur et communique par sa partie S.-E. à la Méditerranée.
VENDU, UE (van-du, û) participe passé du
VENE
v. Vendre. Cédé pour de l'argent : A Athènes, l'esclave maltraité par son maître pouvait être vendu à un autre. (Wallon.) Marchandise qui plaît est à demi vendue.
Leoeand.
— Cédé dans des conditions onéreuses ou pénibles :
Le plaisir le plus grand, trop longtemps attendu. Par celui qui le fait est toujours trop vendu.
Boursault.
— Fig. Livré, trahi pour de l'argent : Les secrets des tyrans me sont déjà vendus.
Voltaire.
Il Qui s'est livré par intérêt : C'est un homme
VENDU
— Substantiv. Personne vendue, qui a vendu son concours ou son honneur : Moi, ie ne suis ni un vendu de la veille, ni un renégat du lendemain. (Proudh.)
— Pop. Remplaçant militaire.
. VENÉ, ÉE (ve-né) part, passé du v. Vener. Poursuivi à la chasse, chassé.
— Viande venée, Viande qui commence à se gâter, h être faisandée.
VENEDEY (Jacques), littérateur et homme politique allemand, né à Cologne en 1805, mort en 1871. Il étudia, de 1824 à 1827, le droit aux universités de Bonn et de Heidelberg, et exerça la profession d'avocat k Cologne jusqu'en 1832. A cette époque, sa brochure sur les Tribunaux par jurés (Cologne, 1832) lui attira les poursuites de la police et le força à quitter la Prusse. Ayant pris part la. même année à la fête de Hambach, il fut arrêté à Mannheim, mais il réussit à s'échupper de la prison de Frankentbal et se réfugia en France. Il habita successivement Strasbourg, Nancy et Paris, et fonda, en 1835, dans cette dernière ville, une revue mensuelle , le Proscrit, qui le lit interner au Havre. Ii obtint cependant la permission de revenir à Paris et s'y occupa, pendant deux ans, de travaux scientifiques; mais en 1837 il fut de nouveau interné au Havre. A la suite du jugement favorable que l'Académie française porta sur son ouvrage intitulé Romanisme, christianisme et germanisme, Arago et Mignet obtinrent pour lui l'autorisation de revenir à Paris, où il vécut dès lors sans être inquiété, et où il déploya, comme journaliste, une rare activité. Sauf les années 1843 et 1844 qu'il passa en Angleterre, sauf deux séjours de six mois dans les Pyrénées, en 1846, et à Bruxelles en 1847, il résida dans la capitale de la France jusqu'en 1848. Après la révolutionne Février, il revint en Allemagne, où il se mêla activement au mouvement politique, tout en préconisant la modération. Dans le Vorparlement, il combattit les efforts séparatistes d'Hecker, et fut ensuite envoyé comme commissaire dans l'Oberljind, pour y faire échouer le soulèvement que ce dernier avait provoqué. Au comité des Cinquante, ainsi qu'à l'Assemblée nationale, à laquelle il avait été élu dans la Hesse-Hotnbourg, il se rangea parmi les chefs de la gauche. Bien qu'il eut prévu ce qui adviendrait de la translation du parlement à Stuttgard, il le suivit cependant dans cette dernière ville et assista à ses dernières séances, jusqu'à sa dissolution. Il offrit alors, par patriotisme, ses services au Slesvig-Holstein , mais son offre ne fut pas acceptée. Expulsé de Berlin et de Breslau, il se retira à Bonn, y vécut jusqu'en 1853, et à cette époque alla s'établir à Zurich, où il se fit recevoir agrégé de l'université. Le 1S55, il revint en Allemagne, habita quelque temps Heidelberg et, en 1857, se fixa à Oberweiler, près de Badenweiler. Depuis lors, il s'occupa de travaux littéraires et d'horticulture et collabora à la Nouvelle presse libre de Vienne. Dans ses discours parlementaires, aussi bien que dans ses écrits, il a toujours défendu les droits du peuple, la liberté de conscience, et aénergiquement combattu les efforts ambitieux de la Prusse. Il mourut presque dans la misère, vivement préoccupédes suites funestes que, selon lui, ne manquera pas d'avoir pour l'Allemagne la guerre avec la France en 1870- 1871. Parmi ses ouvrages, qui sont de genres assez variés, mais qui se distinguent tous par le savoir, la richesse des pensées et par le patriotisme, il faut citer : Journées de voyage et de repos en Normandie {Leipzig, 1838,
2 vol.); la Prusse et le prussianisme (Francfort, 1839); la France, l'Allemagne et la Sainte-Alliance (Paris, 1842); les Allemands et les Français dans leur tangue et leurs proverbes (Francfort, 1843); John Hampden (Bellevue, 1843); {'Angleterre (Leipzig, 1845,
3 vol.); V Irlande (Leipzig, 1844, 2 vol.); la France méridionale (Francfort, 1846, 2 vol.); Quatorze jours à l'air du sol natal (Leipzig, 1847); le Slesvig - Holstein pendant l'année 1850 (Leipzig, 1850); Histoire du peuple allemand (Berlin, 1854-1862, 4 vol.); Machiavel, Montesquieu et liousseau (Berlin, 1846-1850, 2 vol.); Frédéric le Grand et Voltaire (Leipzig, 1859); enfin, les Biographies de Washington (Fribourg-en-Brisgau, 1862),dei'>«)iklin (Kribourg-en-Brisgau, 1863) et de Stein (FriboUrg-en-Brisgau, 1868).
VÉNÉFICE s. m. (vé-né-fi-se — latin veneficiuvi, mot formé de venenum, poison, venin, et facere, faire). Ane. jurispr. Empoisonnement accompagné de sortilège : Accuser quelqu'un de vbnefick.
VENE
VENEGAS (Michel), historien espagnol du xviho siècle. Entré chez les jésuites, il fut envoyé en qualité de missionnaire au Mexique et en Californie, et s'occupa de recueillir sur les deux pays des documents qui furent publiés sous ce titre : Noticia de la California y de su conquista (Madrid, 1757, 3 vol. in-4o), traduits en français par Eidons sous le titre d'Histoire naturelle et civile de la Californie (Paris, 1767, 3 vol. in-12).
VÉNÉGAS1E s. f. (vé-né-ga-zî — de Venegas, moine espagnol). Bot. Genre de plantes, de la famille des composées, tribu des sénécionées, dont l'espèce type croît en Californie.
VENEL (Gabriel-François), médecin et chimiste français, né à Tourbes, près de Béziers, en 1723, mort à Montpellier en 1775. II fut reçu docteur dans cette dernière ville en 1742, puis il alla étudier la chimie à Paris pendant sept ans. Il fit ensuite un voyage en Allemagne, et c'est aux recherches qu'il entreprit sur les eaux de Seltz et de Seltersque nous devons l'invention qu'il fit des eaux gazeuses artificielles. Chargé à son retour de faire l'analyse de toutes les eaux minérales de France, il écrivit, pendant le cours des voyages que nécessita cette mission, une série nombreuse d'articles de médecine et de chimie qui parurent dans l'Encyclopédie. En 1759, il obtint au concours la chaire de matière médicale à la Faculté de médecine de Montpellier, poste qu'il conserva jusqu'à sa mort. Venel a publié les ouvrages suivants : De humorum crassitudine (Montpellier, 1741, in- 40); Mémoire sur les eaux de Seltz et sur l'analyse des végétaux; Examen des nouvelles eaux minérales de Passy (lJnris, 1755, in-s°); Quxsiiones mediez duodecim pro regia cathedra vacante per obilum R. û. Serane (Montpellier, 1759, in-40); Précis de matière médicale (Paris, 1787, 2 vol. in -S»).
VENEL (André-Joseph), médecin orthopédiste, né à Genève en 1740, mort à Orbe en 1791. Il étudia sous Cabanis et Tronchin, et se fixa ensuite à Y Verdun, où il fonda une école de sages-femmes, pour lesquelles il rédigea un ouvrage classique d'accouchements, intitulé : Précis d'instruction pour tes sages-femmes(Y\-eràun,ms,in-so). En 1779, il fit un voyage scientifique à Montpellier pour étudier la nature et les causes des déviations dp la taille, et revint ensuite se fixer définitivement à Orbe, où il eut une grande réputation. Il a publié ; Description de plusieurs moyens mécaniques propres à prévenir, borner et même corriger les courbures latérales et la torsion de l'épine du dos (Lausanne, 1788, in-8«).
VENELLE s. f. (ve-nè-!e — Ce mot est probablement pour veinetle, qui signifie proprement petite veine. Comparez la métaphore du mot artère, rue principale d'une ville. Scheler émet deux autres conjectures : il propose de regarder ce mot, soit comme un diminutif du bas latin venna, haie, buisson, soit comme un diminutif du latin vagina, gaîne. D'autres ont expliqué venelle par un diminutif vianella, de via, voie, chemin. Du Cange cite un document du xme siècle portant la forme vanella). Petite rue; chemin : Ah! que cette journée à mon cœur parut belle,
— Et jç t'accompagnai par l'étroite venelle Qu'ombrageaient ie sureau, la viorne et l'égiantine.
Rolland et Du Boys.
H Vieux mot.
— Enfiler la venelle, Prendra précipitamment la fuite :
Ils vont, et le cheval, qu'à l'herbe on avait mis, Asses peu curieux de semblables amis, Fut presque sur le point d'enfiler ta venelle.
La Fontaine.
VÉNÉNEUX, EDSEadj. (vé-né-neu, en-ze
— lat. venenosus. V. venin). Qui a du venin, qui est propre à empoisonner : Substance vénéneuse. Plante vÉKÉyKVSB. /<Vt«f vénéneux. Suc vénéneux. On ne délivre de substances vénéneuses que sur l'ordonnance d'un médecin. (A. Karr.) L'ivraie devient vénéneuse quand les bestiaux la mangent fraiche en trop grande quantité. (H. Berthoud.)
* — Syn. Vénéneux, venimeux. D'après l'Académie, vénéneux se dit proprement des végétaux, et venimeux se dit des animaux ou de ce qui appartient aux animaux. Mais, outre que cette distinction ne comprend pus les minéraux, on ferait mieux comprendre la différence du sens en disant que vénéneux indique un poison contenu, tandis que venimeux marque un poison transmis. Si les plantes et les minéraux, en général, ne peuvent être que vénéneuses, cest que le poison qu'elles contiennent ne devient nuisible que parce qu'on les mange ou parce qu'on en fait usage d'une manière quelconque. Si certains animaux sont venimeux, c'est qu'ils communiquent eux-mêmes leur venin par leurs morsures ou par leurs piqûres.
VÉNÉNIPÈRE adj. (vé-nê-ni-fè-re — du lat. venenum, venin; fero, je porte). Hist. nat. Qui porte du venin ou du poison : Organe vénénifère.
VENENIFIQUE adj. (vé-né-ni-fi-ke — du lat. venenum, poison ; facere, faire). Hist. nat. Qui forme, qui produit le poison : Appareil
VÉNÉN1F1QUE.
VÉNÉNOSITÉ s. f. (vé-né-no-zi-té — rad.
vénéneux). Qualité de ce qui est vénéneux.
VENÉ
VENEO, ville de la Russie d'Europe, dans le gouvernement et à 48 kilom. N.-E. de Toula, sur la Veneska; 4,000 hab.
VENER v. act. (ve-né — du lat. venari, même sens. V. venaison). Chasser, courre, en parlant d'un animal domestique, dont on veut ainsi attendrir la chair : A Rome, en Angleterre, on a coutume de vener les bœufs. (Acad.) || Ne s'emploie guère qu'à l'infinitif et aux temps composés.
— Faire vener de la viande, La faire mortifier, la conserver quelque temps avant de la manger.
VENER, le plus grand lac de la Suède, dans la Gothie, entre les préfectures de Carlstad, d'Elfsborg et de Skarwborg. Il a environ 145 kilom. du N.-E. au S.-O. et 67 kilom. de largeur; superficie, 6,094 kilom. carrés. Il est divisé en deux parties par deux langues de terre et par un groupe de petites îles; la partie S.-O. porte le nom de golfe ou lac Dalbo. Le lac Vener a son écoulement au S.-O. dans le Cattégat, par le Gotha, et communique au S.-E. avec le lac Vetter, par le canal de Trolhatta. La navigation y est très-active ; les principales villesqu'on trouve sur ses rives sont Carlstad, au N.; Wenersborg, au S.-O.
VÉNÉRABIL1TÉ s. f. (vé-né-ra-bi-li-té — rad. vénérable). Qualité de ce qui est vénérable : L'orgueil et l'impiété renient la vénérabilitÉ de l'antique. (Le Père Félix.)
VÉNÉRABLE adj. (vé-né-ra-ble — du lat.
venerabitis; de venerari, vénérer). Digne de vénération, de respect : Vieillard vénérable. Somme vénérable par son âge et ses vertus, il Qui inspire la vénération, le respect : Air vénehablb. Figure vénérable.
Barbe vénérable.
— Titre donné aux prêtres et aux docteurs en théologie dans les actes publics : Fut présent discrète et vénérable personne, N., prêtre, docteur en théologie. (Acad.) Il Titre que l'on a donné à quelques rois de Franco, principalement à Philippe I" et k Louis VI.
Fr.-maçonn. Vénérable maître ou substantiv. Vénérable, Président d'une loge maçonnique.
— s. m. Argot. Derrière : Recevoir un coup de pied dans le vénérable.
— Encycl. Fr.-maçonn. Le nom de vénérable est la traduction littérale du titre que porte le dignitaire dans la maçonnerie anglaise, locwshipful master. En réalité, il appartient à cet oftîcier comme maître en maçonnerie, et non comme président. C'est que dans les anciennes loges le président seul était maître constructeur; les autres membres de la loge étaient seulement compagnons. Lorsque les maîtres s'assemblent pour délibérer ou faire une réception et qu'eux seuls siègent en loge, ils portent tous le titre de vénérable; le président s'appelle ulors très-respectable maître.
VÉNÉRABLEMENT adv. ( vé-né-ra-bleman — rad. vénérable). D'une manière vénérable.
VÉNÉRALIES s. f.pl. (vé-né-ia-11 — du lat. Venus, Veneris). Antiq. Fête qu'on célébrait à Rome en l'honneur de Vénus, pendant les trois premiers jours d'avril.
VÉNÉRATECR, TRICE adj. Personne qui
vénère.
VÉNÉRATION s. f. (vé-né-ra-si-on — lat.
veneratio; de venerari, vénérer). Respect profond, et qui a quelque chose de religieux ; honneur qu'on rend aux personnes ou aux choses que l'on vénère : La vénération pour les choses saintes. Etre plein de vénération pour le souvenir de ses parents.
La vénération dans l'àme d'un imberba Est, avec la franchise, une grâce de plus.
Auo. Barbier.
— Syu. Vénération, respect, révérence. V.