‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 639 sur 1042 · SG · texte numérisé non relu

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vitesse* de plus de 64 mètres, bien que son ballon fût élevé à plus de 4,000 mètres audessus du soi. M. Fleuriot de Langle rapporte qu'au cap Horn le navire la Poursuivante, commandé par lui, courait 13 nœuds, ce qui donne 6m,66 par seconde et suppose une vitesse quatre fois plus grande pour le vent lui-même, soit 27 mètres par seconde ; durant 15 heures, la mer fut. blanche comme un champ de neige. On assure que dans les pays de plaines la direction du vent est habituellement plongeante, et qu'elle y fait avec l'horizon un angle de 18" 20'. La direction du vent influe sur la hauteur moyenne du baromètre, en sorte que, pour obtenir cette hauteur moyenne pour un lieu quelconque, il devient nécessaire de faire entrer dans le calcul un nombre égal d'observations correspondantes à des vents de directions opposées. Mariotte avait remarqué qu'en France, quand le nord ou le nord-est cessait de souffler, il

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était remplacé par l'est, qui était suivi luimême du sud et du sud-ouest.

La pression exercée par le vent contre une surface plane normale à la direction de son mouvement est, pour des vitesses inférieures à lu mètres par seconde :

(1) P = o,n<fs1'1ua ou à peu près

P = ds x 2h, formule dans laquelle P est la pression en kilogrammes ; d le poids du mètre cube de l'air en mouvement ; s la surface de la plaque en mètres carrés; v la vitesse du vent en mètres par seconde, ou vitesse relative du choc de l'air contre le disque, si l'un et l'au-

tre sont en mou vement ; A = — la hauteur ge-

nératrice de la vitesse. Lu première valeur de P fait voir que la pression croit dans un rapport plus grand que la surface choquée. D'après Borda, trois plaques, dont les surfaces étaient entre elles comme les nombres 1, 2,25 et 5,06, ont donné des expressions qui étaient entre elles comme les nombres 1,2,44 et 5,97, valeurs qui croissent à peu près comme les puissances 1,1 des surfaces. Lorsque le vent frappe une surface suivant un certain angle, la pression qu'il exerce sur cette surface, dans la direction de son mouvement, est, d'après Hutton,

(2) O^lds'-'Asmi)1'84008'''

i étant l'angle que fait la direction du vent avec la surface. Si l'angle i est droit, on a cost' = 0, d'oùsini','8100s,' = l,et cette formule n'est plus autre chose que celle qui a été donnée précédemment. Les résultats du tableau des vitesses et des pressions du vent ont été calculés au moyen de la formule (l), en supposant la pression barométrique égale à 0m,755 de mercure, et la température égale à l?o, ce qui donne d = 1^,231.

— Hyg. Les vents impressionnent l'homme d'une manière très-sensible , tantôt à son avantage, tantôt à son détriment. Les vents ont une première action favorable ; ils renouvellent l'air confiné, s'opposent a l'accumulation en un même lieu des miasmes délétères qu'ils disséminent et diluent dans l'immense masse de l'atmosphère; ils favorisent le mélange des gaz et des vapeurs de densités diverses; en un mot, ils s'opposent à la stagnation et à la. permanence des viciations atmosphériques. Mais, en même temps, ils colportent aussi ces miasmes d'un pays à nn autre; on tout cas, ils apportent avec eux, là où ils soufflent, des conditions nouvelles de sécheresse ou d'humidité, de chaleur ou de froid, etc., et peuvent être, dans ces différents cas, l'origine de.maladies variées et plus ou moins redoutables.

Les vents qui régnent des tropiques aux pôles sont assez variables dans leurs directions; mais, pour chaque région du continent, il existe une sorte d'habitude venteuse qui n'est pas sans influence sur les conditions hygiéniques de ces localités. C'est ainsi qu'en France on peut reconnaître trois régions : 10 la région atlantique, dans laquelle dominent les vents du sud-ouest qui ont passé sur la mer et qui, chauds et humides, prédisposent aux affections eatarrhales ; 20 le bassin du Rhône, qui a pour vent dominant le vent du nord; 3° la région méditerranéenne, qui comprend elle-même une région occidentale, avec prédominance des vents de l'ouest à l'est, et une région orientale, dans laquelle prédominent les vents du nord-ouest.

D'autres vents sont spéciaux a certaines localités, y régnent d'une manière plus ou moins constante et y sont regardés comme cause active de graves affections. On peut citer :1° les vents du nord très-froids qui régnent au sud des Alpes ; ils viennent des montagnes et sont l'origine fréquente de refroidissements d'où naissent des affections bronchiques et rhumatismales; 2° le mistral, vent très-froid et très-redoutable qui souffle dans la vallée du Rhône et vient du nordnord-ouest ; 30 le simoun, vent brûlant du désert de Sahara, connu aussi en Egypte sous le nom de kamsin; ce vent, chargé de poussière sablonneuse, brûlant au point de faire monter le thermomètre à 50° à l'ombre, est des plus pernicieux; il dessèche en quelques instants les particules humides sur lesquelles il passe et menace la vie de tous les animaux et de l'homme, si celui-ci ne prend pas la précaution de se garantir de ses atteintes en s'enfermant étroitement et en se soustrayant à son action dessiccative; 40 le siroco, qui vient du sud-est et souffle en Italie. Ce vent vient aussi du désert après avoir traversé la Méditerranée; il est à la fois très-chaud et très-humide et agit d'une manière pernicieuse , occasionnant les inflammations et les fluxions du foie, de l'intestin, etc.

Dans leur mode général d'action, les vents agissent sur l'homme de trois manières : 1» mécaniquement, par la rapidité du courant aérien; 2° physiquement, par sa température propre et son degré hygrométrique ; 30 .par transport, en amenant des miasmes d'un lieu dans un antre.

Premier cas. Quelles que soient sa température et ses autres qualités, le vent, en tant que courant gazeux, active l'évaporation sur les surfaces humides. Il est d'observation

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journalière que , si quelque personne se trouve placée dans un courant d'air ou exposée à un vent violent étant en transpiration ou mouillée seulement de l'eau de la pluie, il peut en résulter de graves inconvénients pour elle. Le courant d'air, provoquant une évaporation considérable, occasionne un refroidissement qui porte sur les téguments, compromet les fonctions de la peau par une perturbation inopportune et produit ainsi les affections bronchiques et pulmonaires, les catarrhes en diverses régions et les affections rhumatismales.

Deuxième cas. La température des vents est très-variable. Les vents trop chauds raréfient l'air et provoquent la dyspnée; ils dessèchent la peau, la rendent rugueuse et prédisposent aux affections cutanées et inflammatoires, aux ophthulmies s'ils contiennent des poussières sablonneuses, etc.

Les vents trop froids sont les plus pernicieux dans nos régions tempérées. Secs, ils provoquent le développement des affections pulmonaires, pneumonies et pleurésies, des névralgies et des inflammations d'intestin ; humides, ils sont plus fréquemment encore l'origine des bronchites, des affections eatarrhales et rhumatismales, de la grippe, des angines, des entéro-colites, etc. L action pernicieuse qu'ils exercent est d'autant plus vivement sentie que ces vents succèdent plus brusquement à un vent tiède ou à un vent chaud; les asthmatiques, les catarrheux et les tuberculeux éprouvent, dès le moment de leur apparition, une aggravation marquée de leur état.

Troisième cas. Eu ce qui concerne le transport des effluves marécageux et des miasmes qui produisent la fièvre paludéenne , les observations se sont assez multipliées pour qu'il soit permis de le regarder comme démontré. C'est ainsi qu'on a vu, par exemple, la plantation d'un rideau de peupliers entraver la propagation du miasme paludéen et protéger avec une certaine efficacité les localités qui s'abritent derrière ce léger obstacle. Mais il n'en est pas de même en ce qui concerne le transport des agents morbiliques des affections épidémiques. Le choléra, la grippe , l'angine eouenneuse , la fièvre typhoïde et tant d'autres affections qui sévissent épidémiquement sans que leur caractère contagieux soit bien nettement accusé, n'ont peut-être d'autre origine que le transport par les courants de l'air ambiant d'un miasme délétère et infectant; mais les observations sont à cet égard insuffisantes, et ce mode de propagation est loin encore d'être démontré. Il est a désirer que des observations météorologiques soient faites d'une manière attentive pendant le cours des épidémies et que cette question de transport des agents morbides puisse être promptement résolue.

— Mythol. C'est à la crainte et à la superstition, jointes à l'ignorance, qu'il faut évidemment rapporter la personnification des vents dans la mythologie des peuples anciens. Dès la plus haute antiquité , nous voyons les Perses rendre les honneurs divins à ces terribles puissances de l'air, et ce culte ne tarda pas à passer de l'Orient dans la Grèce , où la brillante imagination des postes établit aussitôt la généalogie des vents, leur caractère et leurs attributs. Selon les uns, ils étaient fils d'Astrée et de l'Aurore, ou de Rhée, ou d'Héribée; selon les autres, ils étaient enfants du Ciel et de la Terre. Hésiode distingue les vents favorables et les vents malfaisants. 1) fait naître des dieux les premiers et donne pour pères aux seconds les géants Typhon, Astrée et Persée. Homère, aussi bien dans YOdyssce que dans l'Jliade, ne mentionne que quatre vents principaux ; Borée (en latin Septen- Irio), Eurus (Subsolanus) , Notus (Auster) et Zéphire (Favcniius). Une observation curieuse à noter, c'est que ce dernier vent, dans les traditions primitives, n'offre nullement le caractère doux et poétique dont il éveille aujourd'hui l'idée ; Homère lui donne presque constamment l'épithète d'impétueux et en fait le compagnon oe Borée, à l'exemple duquel il se plaît à troubler les airs et à susciter les tempêtes. Ce n'est que beaucoup plus tard, et chez les Romains, qu'on transforma Zéphire en un vent agréable, fécond et prospère, aux ailes de papillon et couvert de fleurs. Quant à l'Aquilon, qui apparaît si fréquemment dans nos poëtes, ce n'est qu'un synonyme de Borée, ou, plus exactement, la personnification de tout vent froid et impétueux. En littérature, on l'oppose généralement, par antithèse, à Zéphire :

Tout vous est aquilon, tout me semble zéphyr, dit dédaigneusement le chêne au roseau dans La Fontaine, et nous pourrions multiplier les exemples.

Le nombre des vents ne tarda pas à s'accroître et fut porté successivement à huit, à dix et à douze, dont voici les noms grecs : Aparctias, Borée, Csecias, Aphéliote, Euros, Euronote, Notos, Libonote, Lips, Zéphire, Japyx et Thracias. Les Athéniens, qui personnifiaient huit vents, leur avaient élevé un temple octogone; à chaque angle était figuré l'un d'eux correspondant au point du ciel d'où il soufflait. Ces huit vents s'appelaient : le Solanus, l'Eurus, l'AUSter, l'Afrieus, le Zéphire, Corus, le Septentrion et l'Aquilon. ' On retrouve ici la plupart de ceux qui sont

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restés littéraires. Si l'on en croit Pausanias, Borée ou le vent du nord était la divinité principale de Mégalopolis. Auguste, se trouvant dans les Gaules, fit bâtir un temple au vent Circius (ouest ou quart nord-ouest), que les Gaulois honoraient d'un culte particulier, parce qu'ils croyaient devoir la salubrité de Pair à sa vivacité même.

Les postes de l'antiquité ont placé les vents sous le sceptre d'Eole, qui régnait dans l'Ile d'Eolie; mais lui-même n'était qu'une divinité subalterne, que Jupiter et Junon, les véritables puissances des régions éthérées, fuiraient obéir à leur gré.

Les anciens considéraient les vents comme des génies volages , inquiets et turbulents; aussi les artistes les ont représentés généralement sous la figure d'hommes ayant des ailes à la tête et aux épaules. Sur le fameux coffre de Cypsélus, Borée, enlevant Orithye, est figuré ayant des serpents pour jambes. Noël [Dictionnaire de ta Fable) cite une remarquable représentation des quatre vents, due au chevalier Jacques Thornhill ; elle est couleur de pierre, en haut relief et décore la voûte du dôme de l'hôpital de Greenwich. Eurus, le vent d'orient , se levant et déployant ses ailes, tient à la main droite un flambeau allumé, comme pour apporter le jour h la terre, tandis que de la main gauche il semble pousser l'étoile du matin hors du firmament. Auster, le vent du midi, a les ailes toutes dégouttantes d'eau et presse les pluies hors d'un -sac. Zéphire, le vent de l'occident, est accompagné de petits Zéphyrs portant des corbeilles de fleurs qu'ils sèment autour de lui. Borée enfin, le vent du nord, a des ailes de dragon qui caractérisent la fureur et s'élance environné de vents impétueux qui répandent au loin de la grêle, de la neige et des frimas.

Les anciens immolaient des agneaux blancs aux vents propices et des agneaux noirs aux vents funestes. Entre Titane et Sicyone s'élevait un autel qui leur était consacré et où chaque année un prêtre spécial leur offrait un sacrifice. C'est ainsi que, au moment où les Troyens vont s'embarquer pour l'île de Crète, Anchise immole une brebis noire aux vents orageux et une blanche aux vents doux et bienfaisants. Xénophon raconte de mémo que, le vent de septentrion arrêtant l'armée du jeune Cyrus au moment de son expédition, le devin conseilla d'offrir un sacrifice à ce vent redoutable, qui cessa, dit-il, aussitôt de souffler. Borée avait un temple sur les bords de l'Ilyssus, et Zéphire un autel sur la voie sacrée qui conduisait d'Athènes à Eleusis.

VENT (îles du , et lies sous le) , groupe d'îles de l'Amérique centrale. V. AntilluS.

VENT (CRECX-DU-). V. CbëUX-DC-Van.

Veut» (la tour des), l'un des monuments les plus curieux de l'antique Athènes. V. la description au mot Athènes.

VENTABREN, village et commune de France (Bouches-du-Rhône), cant. de Berre, arrond. et à 40 kilom. d'Aix, sur le chemin de fer; 1,300 hab. Fabriques d'huile; minoteries. Sur une hauteur qui domine le village se trouvent les ruines de l'ancien château de Ventabren , construit au XIV siècle par Jeanne, reine de Naples. Une tour est encore debout; mais, sapée profondément, elle ne tardera pas à crouler. Les pierres qu'on en a extraites ont réduit sa base, ce qui établit un bizarre contraste avec le sommet, dont la largeur est bien plus grande. La chapelle délabrée du château, quoique très-ancienne, n'offre aux curieux qu un vaste arceau assez bien conservé. Non loin des ruines du château de Ventabren se trouvent celles d'un camp romain; il est placé à la pointe d'une colline escarpée, défendu do trois côtés par la nature et au nord par un large fossé taillé dans le roc. Ses murailles en pierre sècho sont parfaitement conservées, et il est aisé de reconstituer actuellement encore la circonvallation de ce camp, un des plus anciens de la France et un des plus intéressants.

VENTADOCB, hameau de France (Corrèze), dans la commune de Moustier-Ventadour, cant. d'Egletons, arrond. et à 45 kilom. N.-E. de Tulle. Au milieu d'un bois, sur une colline, on voit les ruines magnifiques du château de Ventadour, classées au nombre des monuments historiques. Rien de plus imposant pour l'archéologue et la peste que ce manoir solitaire, posé comme un nid d'aigle au milieu des landes sur des rochers inaccessibles. Le château de Ventadour fut une cour d'amour. C'est là (du moins une légende le veut ainsi) que vécut longtemps le brillant trouvère Bernard de Ventadour. Fils d'un simple meunier, Bernard osa lever les yeux sur la châtelaine ; mais le comte apprit cet amour. Furieux, il fit enfermer sa femme dans le donjon de Ventadour-, quant à Bernard, il s'enfuit, alla en terre sainte et écrivit pour la belle Èléonore de Querey les virelais que nous ont transmis les âges. Cependant, les sombres murailles du château de Ventadour retentirent plus souvent du bruit de l'acier que du chant des trouvères. En 1371, le château, alors au pouvoir des Anglais, subit un assaut infructueux de la part de Du Guesclin ; mais, moins de cinq années après, un certain Geoffroy Tète-Noire s'en empara par trahison. Ce Geoffroy, l'un des prin-

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cipaux chefs des grandes compagnies, se maintint à Ventadour pendant douze années et en fit « un des plus forts chasteaux qui soyent au monde , » dit Froissart. Puis il se mit a ravager le pays et a mener joyeusement la vie seigneuriale. Par ordre du duc de Berry , Guillaume de Lignac et Jean Bonne-Lance entreprirent d'enlever Ventadour à ce brigand. Mais ils passèrent une année entière a bloquer le manoir, qui contenait des vivres pour sept ans. Du haut des murailles, Geoffroy Tête-Noire raillaitles assiégeants, quand il fut tué d'un cnup d'arbalète. Ses neveux, Alain et Pierre Roux, continuèrent la résistance. Cependant un nouveau renfort , commandé par messire Guillaume Le Boutilier et Louis d'Aubière, venait d'arriver aux assiégeants. Les neveux de Geoffroy, voulant en finir, imaginèrent une ruse : ils mandèrent par un parlementaire qu'ils étaient prêts à livrer le château moyennant 10,000 livres. Leur projet était de cacher leurs meilleurs soldats dans la maîtresse tour du château et de massacrer les chefs ennemis lorsqu'ils viendraient compter l'argent dans la cour, suivant l'usage. Malheureusement pour un projet si bien conçu, les chefs pensèrent qu un marché aussi avantageux devait cacher un piège. Jean Bonne-Lance cacha donc à tout hasard un gros de soldats dans un bois voisin, puis il entra dans le château avec son escorte et les mulets qui devaient porter la rançon. Il s'opposa à ce que la porte fut refermée et, la rançon comptée, demanda à visiter le manoir pour s'assurer s'il était rendu sans « fraude, cautèle et mal engin. » Sur le refus qu'on lui fit des clefs, il ôta son casque; son escorte aussitôt sonna du cor, et, a ce signal, les soldats embusqués dans le voisinage accoururent. Le château fut facilement envahi, les hommes de Pierre Roux n'ayant pu défendre leur maître, enfermés qu'ils étaient dans la grosse tour. Les neveux de Geoffroy furent expédiés au duc de Berry, qui les envoya à Paris, ■ où, dit la chronique, ils furent décollés sur la place des Halles, puis ècartelés et envoyés les quartiers aux quatre souveraines portes de la capitale. » Ce siège est l'événement capital du château de Ventadour. La seigneurie passa, par les femmes, dans la famille de Lévis La Voûte; de là le nom de Levis-Veutadour, que porta depuis une branche de cette famille. Erigée en duché-pairie en 1539, elle échut à la maison de Rohan par le mariage de MU» de Lévis avec Hercule, prince de Rohan (1691). Ventadour ou Moustier- Ventadour, comme on l'appelle aussi quelquefois, n'est plus aujourd'hui qu'une ruine historique, évoquant de pittoresques souvenirs. ,

Veutndotir (SALLE). V. OpÉHA-lTAUEJf.

VENTAIL S. m. V. VANTAIL.

VENTAISON s.-f. (van-tè-zon — rad. vent). Âgric. Malaitie du froment, causée par la violence des vents.

VENTAVON (Casimir Tournu, dit du), avocat et homme politique français, né en 1806.11 est originaire du village de Ventavon (Hautes-Alpes), dont il a pris le nom- M. Tourna fit ses études au collège de Grenoble, puis étudia le droit dans la même ville, où il exerça ensuite la profession d'avocat. L'habileté avec laquelle il plaida en matière civile lui fit une réputation locale et lui valut d'être nommé à plusieurs reprises bâtonnier de l'ordre. Légitimiste et clérical, avocat de la noblesse et du clergé dauphinois, M. Tournu se fit remarquer par son opposition à l'Empire. Elu le g février 1871 député des Hautes-Alpes a l'Assemblée nationale, il alla siéger à droite, vota les préliminaires de paix, fit partie de la réunion des Réservoirs et ne tarda pas à prendre une part active aux débats de la Chambre. Nommé rapporteur d'une commission chargée d'installer les ministères à Versailles, il se prononça, le 22 juin 1871, pour que le gouvernement et lAssembiée résidassent l'un et l'autre hors de Paris et fit, dans un style précieux et alambiqué, qui caractérise son éloquence subtile, quintessenciée et provinciale, un véritable réquisitoire contre la ville qui « a successivement renversé tous les gouvernements, imposant aux provinces le régime de son choix. ■ Pendant cette année, il vota pour l'abrogation des lois d'exil, la validation de l'élection des princes d'Orléans, la loi des conseils généraux, le pouvoir constituant de l'Assemblée, la proposition Rivet, et appuya la pétition des evêques en faveur du pouvoir temporel du pape. Le S octobre 1871, il fut élu dans le canton de Laragne membre du conseil général des Hautes-Alpes. En 1872, M. de Ventavon se prononça pour la proposition Ravine), contre la proposition Feray sur les matières premières, contre le maintien des traités de commerce, pour la dissolution de la garde nationale, etc. Dans un discours qu'il prononça le 23 février 1872 sur le projet de loi relatif à l'organisation de la magistrature, il conclut au maintien de la loi existante, fit un éloge bien senti des avocats, rappela qu'avant 1789 les anciens de l'ordre étaient appelés à donner leur avis dans les arrêts de règlement et qu'on leur disait en les introduisant : • Prenez place sur les fleurs de lis. » Et l'avocat de Grenoble ajouta, aux applaudissements de la droite :

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« Quo M. la garde des sceaux tienne le même langage. » Dès cette époque, M. de Ventavon prit part aux proiets de fusion silencieusement préparés par les orléanistes et les légitimistes en vue d'étouffer la République, d'imposer k la France la monarchie et de renverser M. Thiers s'il s'opposait à la restauration. Lorsque M. Thiers eut envoyé, le 13 novembre 1872, le message par lequel il affirmait la nécessité de fonder définitivement la République, M. dt Ventavon se joignit k la coalition qui essaya sans succès, le Î9 novembre, de forcer le chef du poWoir exécutif à donner sa démission. Il présenta, en février, un amendement aux articles de la commission des Trente, déterminant les pouvoirs du président de la République; et combattit vivement, le 5 avril, le projet de loi accordant une indemnité de guerre à la ville de Paris. Le 24 mai 1873, il contribua à la chute de M. Thiers, à lu nomination du maréchal de Mac-Mahon comme chef du pouvoir exécutif, puis il appuya toutes les mesures de réaction k outrance et d'odieuse compression présentées par le cabinet de Broglle pour écraser les républicains, pendant que les meneurs des deux groupes royalistes négociaient pour appeler le comte de Chambord sur le trône. Après le misérable avortement de ces factieuses intrigues, M. de Ventavon se rallia à l'idée de proroger pour sept ans les pouvoirs du maréchal do Mac-Mahon, dans le but de domieraux royalistes le temps d'amener de gré ou de force le pays k accepter la royauté. 11 vota pour le septennat (19 novembre), resta fidèle à M. do Broglie lorsque ce triste homme d'Etat fut renversé (10 mai 1874) et fut nommé, le 0 juin suivant, membre de la commission des Trente. M. de Ventavon présenta a la Chambre un projet sur l'organisation des pouvoirs publics. Dans ce projet, il demandait le maintien pur et simple des pouvoirs du maréchal de Mac-Mahon, auquel il donnait le droit de dissoudre la Chambre des députés. A l'expiration des pouvoirs du maréchal, le Sénat et la Chambre réunis en congrès devaient statuer sur les résolutions à prendre. Ce projet de reconstitution du septennat, auquel on donna alors ,1e nom de ventavouat, était en discussion à ta commission desTrente lorsque, le 15 juin 1874, M. Périer proposa de mettre un terme aux inquiétudes du pays en votant au plus vite les lois relatives à l'organisation et k la transmission des pouvoirs publics. Chargé de faire un rapport sur cette proposition, M. do Ventavon, au nom de la commission, se prononça pour le rejet de la proposition Périer, qui fut repoussée le 23 juillet. Dans son rapport, il s'excusad'nvoir maintenu dans , son propre projet, adopté par la commission, la dénomination malsonnante de président de la Republique. La majorité, n'ayant pu . faire la monarchie, voulait constituer un pouvoir hybride, sans nom, devant durer jusqu'au moment où les deux Chambres réunies, k l'expiration des pouvoirs, donneraient à la France des institutions nouvelles. Ce rapport, plein de subtilités byzantines et de sous-entendus, à la rhétorique entortillée, déplut même aux amis du M. de Ventavon, qui ne pouvaient admettre qu'on fit attendre pendant sept ans le roi k la porte de la terre promise. Le ventavonat devait avoir le sort qu'il méritait. Il fut repoussé par l'Assemblée lors de la discussion des lois sur les pouvoirs publics en janvier et février 1875. A cette époque, M. de Ventavon, en qualité de rapporteur de la commission des lois constitutionnelles, monta plusieurs fois à la tribune pour combattre les amendements Wallon (21 janvier, 30 janvier et 2 février). Dans son discours du 21 janvier notamment, pendant deux heures, M. Tournu essaya de démontrer que, puisque le pays était las du provisoire, il ne fallait pas en sortir définitivement, qu'il fallait organiser sans trop constituer, constituer sans trop organiser, etc. Cet amoncellement de rébus et de charades, de tours et de détours, acheva de donner la mesure de M. de Ventavon comme homme politique. Le 23 février, la commission ayant décidé qu'elle ne pouvait s'associer k une proposition tendant au rétablissement de la monarchie, M. de Ventavon donna sa démission de rapporteur. Deux jours après, il vota contre la constitution républicaine du 25 février et, quelques mois plus tard, pour la loi sur l'enseignement supérieur. Lorsque l'Assemblée eut prononcé sa dissolution, il posa sa candidature au Sénat dans les Hautes-Alpes et fut élu le 20 janvier 1876.

VENTE s. f. (van-te — lat. vendita, mot qui signifie proprement chose vendue; de vendue, vendre). Cession moyennant un prix convenu : VENTE simulée, frauduleuse. Vbnte de liens, de meubles. Vente par licitation. "Vente publique. Contrat de vente, il Commerce de celui qui vend : La vente du lait rapporte plus que celle du beurre. (Joigneaux.)

— Place publique où l'on vend des marchandises.: Acheter du vin sur la vente, il Vieux en ce sens.

— Hôtel des ventes, Hôtel où l'on vend, à Paris, par le ministère des commissairespnseurs, des objets mobiliers.

— Roi de la vente, Artiste dont l'œuvre a atteint le plus haut prix dans une vente publique.

— Mettre une chost en vente, Faire savoir

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qu'on vent la vendre, il Exposer une chose en vente, La mettre sous les yeux du public pour qu'elle trouve des acheteurs.

— Marchandise de vente, de bonne vente, Marchandise qui est de nature à être bien vendue ou qui trouve facilement des acheteurs. 11 Marchandise dure à la vente, Marchandise qui n'est pas facile à vendre, il Marchandise hors de vente, Marchandise qui ne trouve plus d'acheteurs, qui ne se vend plus.

— Jurispr. Vente forcée, Celle qui a lieu par suite de saisie ou d'expropriation forcée.

Il Vente judiciaire, Celle qui est faite par autorité de justice. || Vente par décret, Vente d'un immeuble qui avait lieu par autorité publique, en conséquence d'une saisie réelle, il

Vente de marchandise à perte de finances, Vente de quelque marchandise que l'on faisait racheter à bas prix par une personne interposée.

— Féod. Lods et ventes, Redevance due au seigneur de fief pour la vente d'un héritage compris dans sa censive : Devoir les lods et ventes. Payer les lods et vkntes.

— Ane. eout. Droit de vente. Droit sur les denrées qui se vendaient dans un marché public.

— Bourse. Vente à livrer, Celle dans laquelle on suppose que les titres vendus sont aux mains du vendeur. Il Vente à découvert, Celle qui est basée sur la supposition contraire.

— Eaux et for. Arbres d'un bois ou d'une forêt qui viennent d'être abattus : Acheter du bois dans la vente. Il Jeune vente, Vento où le bois coupé commence à repousser : Il est défendu de laisser aller les bestiaux dans les jeunes ventes. (Acad.) il Vieille vente, Celle dans laquelle le bois est prêt à être exploité. U Asseoir les ventes, Marquer le bois qui doit être vendu et coupé, il Vider, nettoyer les ventes, Enlever le bois qui est coupé.

— Encycl. Jurispr. La vente a été précédée par l'échange. Les hommes échangèrent d'abord entre eux ce qu'ils avaient de superflu ou d'inutile contre d'autres objets qui leur étaient nécessaires ; mais, comme il n'arrivait pas toujours que les choses données en échange fussent exactement d'égale valeur^ on que celui qui voulait se débarrasser d'un excédant de certains objets trouvât précisément l'homme par qui ces objets étaient recherchés, on imagina la monnaie, matière formée d'un métal précieux, d'un poids et d'un titre déterminés, contrôlés par le pouvoir public et qui devint l'instrument des échanges. On appela vente l'opération qui consistait à échanger un- objet quelconque contre des pièces de monnaie.

La tradition nous apprend que la vente a été an usage dès le temps des patriarches. Lorsque I acheteur et te vendeur étaient d'accord, ils déclaraient leur volonté devant témoins et dans un lieu public. On ne comptait point le prix, mais on le pesait. Comme toutes les autres conventions, la vente était alors purement verbale ; mais elle ne tarda point k s'opérer par écrit, et l'histoire nous apprend que Jérèmie, lors du siège de Jérusalem par Nabuchodonosor, écrivit lui-même et fit attester par des témoins l'acte en vertu duquel il acheta le champ d'Hanaméel, son parent. Mais, sous les lois mosaïques, l'acheteur d'un fonds de terre n'en conservait pas irrévocablement la propriété, et le vendeur avait toujours le droit de racheter; lorsqu'il ne le faisait point, le droit de l'acheteur était maintenu, mais seulement jusqu'à l'année jubilaire qui, chez les Hébreux, revenait tous les cinquante ans. La vente ne constituait donc en quelque sorte qu'une espèce de location.

Sous l'empire des lois judaïques, la vente, pour être vatable, devait réunir trois conditions : argent donné, acte écrit, translation do propriété.

Sous le régime des républiques grecques, les contrats de vente furent très-usités. Toutefois , les lois de Lyourgue, dont le but était de consacrer l'égalité des citoyens et de Bannir lo luxe, restreignirent la vente dans des limites très-étroites; car les transactions commerciales importantes étaient k peu près impossibles dans une république où l'on n'admettait que l'usage de la monnaie de fer, dont la valeur était minime et le volume considérable. Mais lorsque, après la guerre du Péloponôse, Sparte se fut enrichie des dépouilles d'Athènes et qu'elle eut laissé pénétrer dans ses murs l'or et l'argent, les mœurs austères du gouvernement de Lycurgue se corrompirent et l'on commença k vendre la terre, qui avait été jusqu'alors considérée comme le patrimoine inaliénable des familles. Aucun document ne nous apprend quelles étaient, à Sparte, les formes de la vente; l'histoire mentionneseulement une loi de l'éphore Epitadès,en vertu de laquelle tout citoyen pouvait, soit de son vivant, soit par testament, disposer de tous ses biens,

A Athènes, toutes les veilles étaient effectuées devant des témoins; la vente des biens meubles devait être accompagnée du payement, et le vendeur ne possédait aucune action en justice pour réclamer le prix s'il avait eu confiance dans l'acheteur. Quant aux immeubles, ils étaient vendus devant les

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magistrats, etl'acheteur, pour confirmer l'engagement, donnait des arrhes au vendeur.

Dans le ens où le vendeur refusait de livrer l'immeuble après avoir reçu des arrhes, l'acheteur provoquait contre lui une action en ratification.

La législation romaine contient sur le contrat de vente une foule de dispositions qu'il serait trop long d'énumérer ici. Comme chez les autres peuples, la vente fut, k Rome, précédée de l'échange ; mais, plus tard, il s'établit une distinction bien précise entre la vente et l'échange, malgré les controverses soulevées sur ce point entre les sabiniens et les proculéiens. La loi de contrat par achat dit k ce sujet : Sed verior est Nervs et Proculi senteutia ; nam vt aliudest vendere,aliud emere ; alius emptor, alius venditar; sicaliud est pretium, aliud merx : guod in permutatione discerni non potesl, uter emptor, uter venditor sit. La vente ne s'opérait point toujours de la même manière, et les lois romaines avaient admis une distinction célèbre entre les choses mancipi et les choses nec mancipi; les premières ne pouvaient- être vendues qu'entre citoyens romains, enprésence de témoins également citoyens romains; le prix, consistant en métal, était pesé dans une balance et la vente consacrée par ces paroles solennelles : Hancego rem ex jure Quirilium meam esse aio, eaque mihi empta est hoc xre seneaque libra. Mais les choses nec mancipi pouvaient être acquises non-seulement par les citoyens, mais encore par lès étrangers, et elles devenaient par la seule tradition la propriété de l'acheteur.

A Rome, la vente n'était point translative de propriété, et le vendeur était obligé de livrer la chose vendue, de mettre l'acheteur en possession et de le garantir de toute éviction. Le système français est en désaccord sur ce point avec la jurisprudence romaine, et, sous l'empire de notre code? la vente est translative de propriété. L'article 15S3 du code civil dit: ■ Elle est parfaite entre les parties et la propriété est acquise de droit k l'acheteur à l'égard du vendeur dès qu'on est convenu de la chose et du prix, quoique la chose n'ait pas encore été livrée ni le prix payé. > Ainsi le concours des volontés suffit pour rendre la vente parfaite. C'est pour cela que- l'on a nommé la vente un contrat consensuel.

" — Des différentes manières de vendre. Les choses qui se comptent, se pèsent ou se mesurent peuvent être vendues de quatre manières différentes : 1° en bloc; quand on vend, par exemple, tout le foin qui est dans un grenier; 2° pour un prix unique, on peut vendre une portion indivisible d'une masse individuelle ; 3° on peut encore vendre une masse individuelle k raison de tant le mètre, tant la mesure ; 4° enfin on peut vendre tant de mètres, tant de mesures k prendre dans une masse individuelle.

Pour les choses qu'on est dans l'usage de goûter avant l'achat, il n'y u point de vente, dit l'article 15S7, tant que ces choses n'ont point été goûtées et agréées par l'acheteur.

— Des ventes à l'essai. Elles sont toujours présumées faites sous condition suspensive, dit l'articlo 158S. « En droit romain, dit Mourlon, la vente k l'essai était présumée faite sous condition résolutoire ; les risques étaient, par conséquent, k la charge de l'acheteur. Notre code la considère comme présumée faite sous condition suspensive. Les risques restent donc k la charge du vendeur. J achète un cheval k l'essai. Si ce cheval m'est volé sans qu'il y ait aucune faute de ma part, je puis refuser d'en payer le prix au vendeur ou le répéter de lui s'il l'a déjà reçu. ■

— Qui peut acheter ou vendre. En principe, toute personne capable de contracter çst capable de vendre ; mais la loi a introduit k cet égard des exceptions remarquables, quo l'on peut ranger en deux classes : les incapacités réciproques, c'est-k-dire existant entre deux personnes vis-à-vis l'une de l'autre, et les incapacités spéciales non réciproques.

Les incapacités réciproques sont celles que la lot édicté entre époux (art. 1595).

En principe, tout contrat de 'vente entre époux est frappé de nullité. La loi a voulu par là éviter que, sous les apparences d'une vente, les époux ne vinssent à cacher des libéralités excédant le disponible, ou même à se faire, dans la mesure de la quotité disponible, des libéralités, indirectes dont la révocation aurait été presque impossible, et, de plus, elle a voulu prévenir les fraudes que les époux auraient été tentés de pratiquer pour soustraire leurs biens k leurs créanciers personnels.

La prohibition doit être étendue k l'échange, régi eu principe par les règles de la vente ; k la constitution de rente k titre onéreux, car ce n'est en réalité qu'une vente; k la dation' d'un immeuble qu un des deux époux ferait à son conjoint .en payement d une somme dont il lui serait redevable, Mais elle ne s'applique qu'aux ventes amiables et non aux ventes sur saisie immobilière j les inconvénients qu'on a voulu éviter ne se présenteraient pas dans ce cas.

Voyons les exceptions apportées par la loi au principe de la prohibition : 1" un des époux peut céder des biens k l'autre en payement de ses droits, après séparation de biens. On a voulu par là éviter des saisies

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entre les époux; 2° le mari est autorisé à céder des biens k sa femme pour cause légitime, telle que le remploi de ses immeubles aliénés ou de deniers à elle appartenant, si ces immeubles ou deniers ne tombent pas en communauté. L'énumération que fait ici l'article 1595 n'est pas limitative; il se borne k expliquer ce qu'il faut entendre par cause légitime. Aussi la jurisprudence valide-t-elle des dations en payement pour d'autres dettes dont le payement pourrait être régulièrement fait par le mari. Mais nous n'irions pas jusqu'à dire que la dette doit être exigible, comme on le voit dans quelques arrêts ; car, dans le cas de remploi prévu par le texte, cette condition n'est pas remplie. Notons que, sous le régime dotal, le mari ne pourrait, à moins qu'il n'y eût séparation de biens, céder un immeuble k sa femme en payement de sa dot, car la restitution anticipée rie la dot ne libère pas le mari;, 3° la femme mariée sous un régime exclusif de communauté peut céder des biens k son mari en payement de la dot qu'elle lui avait promise. Que faut-il entendre par un régime exclusif de communauté? Ces expressions comprennent assurément le régime dotal. Il est admis par tous que, sous ce régime, la femme pourra donner en dot un de ses paraphernaux. 11 faut aussi entendre par Ik le régime sans communauté; comme le mari a sous ce régime la jouissance des biens de la femme, cette dation en payement ne lui donnera aucun droit nouveau sur les fruits de l'immeuble cédé, mais il acquerra le droit de vendre cet immeuble, d'en disposer comme il l'aurait fait de la somme qui lui était promise.

L'article i595Téserve pour les trois cas exceptionnels que nous venons d'examiner les droits. des héritiers des parties contractantes, s'il y a avantage indirect. Ceci ne doit s'entendre que des héritiers réservataires qui intenteraient l'action en réduction si la quo.tité disponible était dépassée. Les autres héritiers ne pourraient attaquer la vente.

Quel est le sort des ventes entre époux faites malgré la prohibition? Elles seraient nulles et d'une façon absolue. Cette nullité pourra être opposée' par toutes parties intéressées, les époux, leurs héritiers, réservataires ou non, leurs créanciers. En effet, est-ce une vente sérieuse, l'article 1595 l'annule virtuellement; est-ce une donation déguisée, comme l'acte auquel on a recours pour la faire est nul, n'a pas même les apparences d'un acte valable, la donation est nulle.

Nous arrivons k une seconde catégorie d'incapacités, celles de l'article 1596. Elles sont fondées sur cette idée que toute personne chargée par une convention ou par la loi de représenter le vendeur et de défendre ses intérêts dans la vente ne doit pas pouvoir acheter; on a pensé que le mandataire placé entre son intérêt et sou devoir trahirait peutêtre le vendeur. Ainsi les tuteurs ne peuvent acheter les biens de leurs pupilles, et cela ' s'appliquerait même aux ventes qui seraient faites aux enchères publiques, car le tuteur pourrait par de faux renseignements jeter la défaveur sur ces biens. On fait exception pour le cas où l'acquisition conserverait des droits que le tuteur aurait déjà sur les biens qui appartiennent au pupille; par exemple, s'il était copropriétaire avec lui, il pourrait acquérir la portion du mineur par licitation. La loi défend encore aux mandataires d'acheter les biens dont la vente se fait par leur ministère, aux administrateurs des .communes et établissements publics d'acheter les biens des établissements confiés à leurs soins. La nullité, dans ces divers cas, ne serait que relative et ne pourrait être proposée que par les personnes qu'elle a pour but de protéger* One dernière catégorie d'incapacités sa trouve enfin dans l'article 1597, qui défend aux juges, à leurs suppléants, aux magistrats faisant fonction de ministère public, aux greffiers, huissiers, avoués, avocats, notaires , de devenir cessionnaires des procès, droits et actions litigieux qui sont de la compétence du tribunal dans le ressort duquel ils exercent leurs fonctions, k peine de nullité, / des dépens et dommages et intérêts. Coinm» les considérations qui ont amené cette disposition sont des considérations de convenance et de moralité publique, la nullité dont il est ici question est absolue et pourra être proposée par toute personne intéressée.

— Des choses qui peuvent être vendues. Tout ce qui est dans le commerce peut faire l'objet d'une vente; on peut même vendre des choses futures , par exemple une récolte, le produit d'une chasse. Toutefois, il est défendu de vendre une succession non encore ouverte ; cette prohibition de la loi est basée sur la morale, car cette vente contiendrait voium mortis, puisqu'elle pourrait intéresser une ou plusieurs personnes à la mort d'une autre.

La vante de la chose d'autrui est nulle. Elle peut, dit l'article 1599, donner lieu k des dommages-intérêts lorsque l'acheteur a ignoré que la chose fût k autrui. La vente de la chose d'autrui était déclarée valable dans le droit romaiu et même sous notre ancienne jurisprudence. • Mais, dit Rogron, de ce qu'elle était valable, on ne concluait pas que la propriété pût être transférée k l'acheteur; car le vendeur ne peut transporter, sur la

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chose rendue, des droits qu'il n'a pas luimême. Il en résultait seulement que le vendeur ne pouvait se dispenser de livrer la chose sous prétexte qu'elle ne lui appartenait as, parce que personne ne peut argumenter e son propre dol ; qu'en cas d'éviction, il devait des indemnités à l'acquéreur; que celui-ci pouvait, si la chose lui avait été livrée, la posséder et la prescrire. Ces résultats ont lieu dans le droit nouveau. La vente donne lieu à une action en dommages-intérêts; elle

feut servir à prescrire ; en sorte que, si on entendait dans ce sens, on pourrait dire aussi que la vente est valable. Mais il est plus juste de la déclarer nulle, car elle ne sert pas à transférer la propriété, et l'acquéreur peut toujours en demander la nullité dès qu'il s'aperçoit que la chose n'appartient pas au vendeur, quoique le véritable propriétaire ne la revendique pas. Cette faculté ne lui était accordée, dans le droit romain, que lorsque le vendeur avait été de mauvaise foi, et c'est on cela que consiste toute la différence entrelesdeux droits." — • Si, au moroentdela vente, la chose vendue était périe en totalité, la vente serait nulle (art. 1601). • En elîet, l'obligation du vendeur n'ayant pas pu naître faute d'objet, l'obligation de 1 acheteur n'a pas pu naître faute de cause. Si une partie seulement d.e la chose est détruite, l'acquéreur peut, soit renoncer à la vente, soit demander la partie conservée, dont le prix est alors déterminé par la ventilation. Lorsque le vendeur connaissait la perte, l'acheteur peut non-seulement demander la nullité de la vente, mais même obtenir des dommagesintérêts; mais, dans le cas où l'acheteur connaissait les détériorations, il n'a droit ni a la nullité de la vente ni même à une diminution de prix.

— Des promesses de vendre et d'acheter. Nous distinguerons avec les auteurs de l'ancien droit les promesses de vente unilatérales, dans lesquelles une partie seule s'oblige envers l'autre à lui vendre une certaine chose, si celle-ci le requiert, et les promesses de vente synallngmatiques, dans lesquelles l'une des parties s'engage à vendre et l'autre à acheter moyennant un prix convenu.

Prenons un exemple de promesse unilatérale : une personne prend une maison à bail, et le propriétaire promet, si la maison convient à ce locataire, de vendre la maison pour un prix convenu au bout d'un temps déterminé. C'est là une vente Jaite sous une condition purement potestative de la part de l'acheteur. Le vendeur est obligé, sous cette condition casuelle qu'il plaira à l'acheteur de réclamer l'exécution de la vente. Les risques, restent donc à la charge du vendeur, comme dans toute autre vente faite sous condition suspensive, et l'acheteur par son consentement à la vente devrait, suivant nous, faire tomber les constitutions d'hypothèques ou de servitudes consenties par le promettant avant la déclaration de l'acheteur. I! y a eu vente- conditionnelle, et la condition une fois accomplie aura un effet rétroactif.

Quant à la promesse de vente synallagmatique, le code nous dit qu'elle vaut vente, et plusieurs auteurs, s'attachant scrupuleusement aux termes de l'article 1589, en ont conclu que l'etfet de la promesse de vente était de transférer immédiatement la propriété et de faire passer les risques sur la tête de l'acheteur; mais il ht évident qu'une pareille doctrine est contraire à l'intention des parties: puisqu'elles se sont promis de vendre et d'acheter, elles n'ont pas voulu attacher à leur convention un effet immédiat. Aussi croyons-nous que la promesse de vente synallagmatique n'est autre chose qu'une promesse réciproque faite par chaque partie de vendre ou d'acheter, si l'autre partie le requiert. Il n'y a donc en ce cas qu'une mutation de propriété conditionnelle, soumise à cet événement futur que l'une des parties demandera l'exécution do l'engagement.

Ainsi, lorsque l'acheteur requerrai exécution du marché, les droits réels consentis par le vendeur tomberont. Quant à la formule dont la loi s'est servie en disant que ■ la promesse de vente vaut vente, • elle n'est que la reproduction d'une phrase qui se trouve dans nos anciens auteurs, et par laquelle ils voulaient exprimer que celle dus parties qui tient à la réalisation de la vente peut obtenir de la justice un jugement qui tiendra la vente pour conclue, de telle sorte que la promesse aura même force obligatoire que le contrat de vente, aura la même valeur que ce contrat.

U est possible que la promesse de vente ait été accompagnée de la dation d'arrhes, c'esta-dire que l'une des parties ait remis à l'autre, au moment de la promesse, une certaine somme ou un certain objet. Lorsque la dation d'arrhes accompagne une promesse de vente, la loi nous dit qu'elles sont le signe d'un dédit facultatif (art. 1590). Chacun des contractants est maître de se départir de la promesse, celui qui les a données en les perdant, celui qui les a reçues en restituant le double. Le promettant et l'acceptant sont censés être convenus-que le défaut d'exécution se résoudra en dommages et intérêts dont les arrhes sont la mesure. Si, au lieu d'accompagner une promesse de vente, les arrhes accompagnaient une vente ordinaire, on devrait présumer dans ce cas que ce sont des à-compte sur le prix; car, la vente étant

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pure et simple, l'acquéreur a acquis un droit de propriété sur les objets vendus, et se dédire d'un droit acquis et consommé est une idée qui implique contradiction.

— Des obligations du vendeur. Comme les bases du contrat sont en général établies par le vendeur, la loi a exigé qu'il expliquât clairement ce à quoi il s'obligeait. ■ Tout pacte obscur et ambigu, dit l'article 1602, s'interprète contre le vendeur. » Le vendeur est, en effet, présumé connaître les choses qu'il vend ; il pouvait donc s'expliquer clairement à cet égard. Il doit' remplir deux obligations principales : celle de délivrer et celle de garantir la chose qu'il vend.

La délivrance consiste dans le transport de la chose vendue en la puissance et possession de l'acheteur (art. 1604). La délivrance varie suivant la nature des choses qui font l'objet de la vente. Suivant l'article 1605, l'obligation de délivrer les immeubles est remplie de la part du vendeur lorsqu'il a remis les clefs, s'il s'agit d'un bâtiment, on lorsqu'il a remis les titres de propriété. M. Mourlon critique avec raison la rédaction de cet article : n Cette disposition, dit-il, est incompréhensible. Quoil parce que le vendeur aura livré les clefs de la maison, il aura accompli son obligation ,de délivrer et sera quitte I II pourra garder les titres I ou, s'il a remis les titres, garder les clefs et continuer d'habiter la maison I Mais alors comment l'acheteur pourra-t-il jouir de la maison s'il a les titres sans les clefs, si surtout le vendeur n'enlève pas ses meubles et continue de l'occuper? et, s'il aies clefs sans les titres, comment pourra-t-il en disposer?

Comment prouver aux tiers sa qualité de propriétaire? Disons donc qu'il y aura délivrance quand l'acheteur sera mis à même d'habiter la maison et d'en disposer, c'est-àdire lorsque le vendeur aura : 1° enlevé son mobilier; 2° remis les clefs; 3" remis les titres, non-seulement l'acte de vente, mais encore les actes qui servaient à prouver que le vendeur était propriétaire. En droit romain et dans notre ancienne jurisprudence, la tradition étant translative de propriété, l'un des deux faits mentionnés dans l'article, la remise des clefs ou la remise des titres, suffisait pour opérer ia délivrance complète, au point de vue de la translation de propriété ; mais cette délivrance ne libérait point le vendeur de l'obligation de mettre réellement l'acheteur en possession. Cette théorie aura été maladroitement copiée par les rédacteurs de notre code. •

La délivrance des effets mobiliers s'opère : 10 par la tradition réelle ; 2« par la remise des clefs des bâtiments qui contiennent les objets vendus; 3° et même par le seul consentement des parties, lorsque le transport ne peut pas se faire au moment de la vente, ou lorsqu'au moment de la vente la chose se trouvait déjà au pouvoir de l'acheteur, par exemple lorsque l'acheteur en était dépositaire, locataire ou emprunteur.

La délivrance des choses incorporelles, comme d'un usufruit, d'un droit d'usage, se fait ou par la remise des titres ou par l'usage que l'acquéreur en fait du consentement du vendeur. Ainsi, si quelqu'un a vendu un droit de passage sur son immeuble, la délivrance s'opère du moment que l'acheteur passe du consentement du vendeur.

S'il n'y a eu stipulation contraire, les frais de la délivrance sont à la charge du vendeur, et ceux de l'enlèvement à la charge 'de l'acheteur. Le vendeur ayant contracté l'obligation de livrer la chose, il est juste qu'il supporte les frais nécessaires pour s'acquitter de cet engagement. Mais lorsque le vendeur a misa même l'acheteur d'enlever les objets vendus, cet enlèvement est l'affaire de celui-ci.

La délivrance doit se faire au lieu où était, au temps de la vente, la chose qui en a fait l'objet, s'il n'en a été autrement convenu. 11 est évident qu'il suffit dans ce dernier cas d'une convention tacite. Ainsi, si je vous vends à Rome une baguo livrable dans un an, et qu'à cette époque nous nous trouvions tous les deux à Paris, c'est à Paris et non à Rome que je devrai vous la remettre.

La délivrance doit être faite au moment de la vente, à moins qu'il n'en ait été autrement Convenu ; dans ce cas, elle doit avoir lieu au temps fixé par la convention. Dans le eus où le vendeur ne délivre point dans le délai fixé, l'acheteur peut demander la mise en possession immédiate ou l'annulation de la vente, avec dommages-intérêts s'il y a lieu. 11 est bien entendu que l'acheteur ne serait point fondé si la délivrance n'avait pu avoir lieu par suite d'un fait indépendant de la volonté du vendeur.

La chose doit être délivrée en l'état où elle se trouve au moment de la vente; depuis le jour de la vente, tous les fruits appartiennent à l'acquéreur.

Le vendeur est tenu de délivrer, avec la chose vendue, tous les accessoires qui en dépendent, notamment les clefs des bâtiments, les titres de propriété, en un mot tout ce qui a été destiné à son usage perpétuel. Il est obligé de délivrer la contenance, telle qu'elle est portée au contrat, sous les modifications suivantes :

Si la vente d'un immeuble a été faite avec indication de la contenance, à raison de tant la mesure, il est tenu de délivrer à l'acqué-

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reur, si celui l'exige, la quantité indiquée au contrat ; et si la chose ne lui est pas possible, ou si l'acquéreur rie l'exige pas, le vendeur est obligé de souffrir une diminution proportionnelle du prix (code civil, art. 161").

Si, au contraire, ajoute l'article 161S, il se trouve une contenance plus grande que celle indiquée au contrat, l'acquéreur a le choix de fournir le supplément du prix ou de se~ désister du contrat, si l'excédant est' d'un vingtième au-dessus da la contenance déclarée. Dans tous les autres cas, soit que la vente soit faite d'un corps certain et limité, soit qu'elle ait pour objet des fonds distincts et séparés, soit qu'elle commence par la masure ou par la désignation de l'objet vendu suivie de la mesure, l'expression de cette mesure, ne donne lieu, porte l'article 1619, à aucun supplément de prix en faveur du vendeur pour l'excédant de mesure, ni en faveur de l'acquéreur à aucune diminution de prix pour moindre mesure, qu'autant que la différence de la mesure réelle de celle exprimée au contrat est d'un vingtième en plus ou en moins, eu égard à la valeur de la totalité des objets vendus, s'il n'y a stipulation contraire. Car ou pourrait convenir que le prix ne sera ni augmenté ni diminué, quelque différence qu'il y ait dans la contenance indiquée au contrat de vente.

Dans le cas où il y a lieu à augmentation de prix pour excédant de mesure, l'acquéreur a le choix ou de se désister du contrat ou de fournir le supplément du prix, et ce, avec les intérêts s il a gardé l'immeuble (art. 1620). La loi a laissé ce choix à l'acquéreur, parce qu'il est possible que cette augmentation de plus d'un vingtième en sus du prix convenu excède ses moyens.

Dans le cas où l'acquéreur a te droit de se désister du contrat, le vendeur est tenu de lui restituer, outre le prix, les frais de ce contrat. Rien de plus juste que cette disposition de l'article 1621; si la résiliation a eu lieu, c'est par le fait du vendeur..

L'action en supplément de prix de la part du vendeur et celle en diminution de prix ou en résiliation du contrat de la part de l'acquéreur doivent être, sous peine de déchéance, intentées dans l'année à compter du jour du contrat. Ce délai suffit évidemment aux parties pour reconnaître leur erreur sur la contenance.

Lorsqu'il a été vendu deux fonds par le même contrat et pour un seul et même prix, avec désignation de la mesure de chacun, et qu'il se trouve moins de contenance en l'un et plus en l'autre, on fait compensation jusqu'à due concurrence. L'action, soit en supplément, soit en diminution de prix, n'a lieu que suivant les règles qui viennent d'être établies (art. 1623).

— De la garantie. En fait de vente, la garantie est l'obligation imposée au vendeur de procurer à l'acquéreur lu jouissance paisible et utile de la chose vendue et la connaissance des défauts cachés de cette chose. Ainsi, la garantie a deux objets : 1<> la possession paisible de la chose vendue ; 2° les défauts cachés de cette chose ou les vices rédhibitoires. « La garantie est de la nature de la vente, dit Rogron ; pour qu'elle existe, il n'est pus nécessaire qu'elle soit expressément stipulée; mais elle n'est pas de son essence ; car la vente peut exister sans garantie, et les parties peuvent convenir qu'il n'y en aura pas.» Toutefois, le vendeur doit toujours être tenu da la garantie résultant d'un fait qui lui est personnel. j

Les vices rédhibitoires sont ceux qui peu- i vent entraîner la résolution de la vente. Ces vices étaient reconnus pur la législation romaine : 'Bedhibere est facere ut rursus habeal venditor quod habuerit. Et quia reddendo id fiebat, redhibitio appellata. D'après l'article 1626, quoique, lors delà vente, il n'ait été fait aucune stipulation sur la garantie, le vendeur est obligé .de droit à garantir l'acquéreur de l'éviction qu'il souffre dans la totalité ou partie de l'objet vendu, ou des charges prétendues sur cet objet et non déclarées lors de la vente.

Dans le cas de stipulation de nonigarantie, le vendeur, en cas d'éviction, est tenu^t la restitution du prix, à moins que l'acquéreur n'ait connu, lors.de la vente, le danger de l'éviction, ou qu'il n'ait acheté à ses risques et périls. En effet, la vente constitue, alors un contrat purement aléatoire.

Lorsque la garantie a été promise ou qu'il n'a rien été stipulé à ce sujet, si l'acquéreur est évincé, il a droit de demander contre le vendeur, aux termes de l'article 1630 ;

îo La restitution du prix.

20 Celle des fruits, lorsqu'il est obligé de les rendre. Cette obligation existe pour le vendeur à partir du jour où il u possédé de mauvaise foi, c'est-à-dire depuis qu'il a connu la cause d'éviction.

3° Les frais faits sur la demande en garantie de l'acheteur et ceux faits par le demandeur originaire, c'est-à-dire par celui ^ui revendique sa chose dans les mains de 1 acquéreur. On nomme sa demande originaire parce qu'elle donne naissance au procès.

4° Enfin les dommages-intérêts, ainsi que les frais et loyaux coûts du contrat, c'est-àdire les honoraires du notaire, les frais d'acte, de transcription et de mutation.

Lorsqu'à l'époque de l'éviction la chose

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vendue se trouve diminuée de valeur ou considérablement détériorée, soit par la négligence de l'acheteur, soit par des accidents de force majeure, le vendeur n'en est pas moins tenu de restituer la totalité du prix. « Quelques jurisconsultes, dit Rogron, décidaient autrefois que l'acquéreur ne devait répéter qu'un prix proportionné à la valeur actuelle de l'immeuble vendu, parce qu'il ne devait pas profiter de l'éviction ; mais il faut observer que le prix, quel qu'il soit, n'a été payé que pour avoir la propriété ; ains^dès que cette propriété n'est pas transférée, il reste sans cause, et doit être répété en entier, même lorsque la diminution provient du fait de l'acquéreur, parce qu'on ne peut le punir d'avoir usé comme il le voulait d'une chose dont il se croyait propriétaire : Qui rem quasi suam neglexit, nulli querelle subjectus est. j> Toutefois, si l'acquéreur a tire profit des dégradations par lui faites, si par exemple il a démoli un bâtiment et vendu les matériaux, le vendeur a le droit de retenir sur le .prix une somme égale à ce profit.

Si la chose vendue se trouve avoir augmenté do prix à l'époque de l'éviction, indépendamment même du fait de l'acquéreur, le vendeur est tenu de lui payer ce qu'elle vaut au-dessus du prix de la vente. Il est tenu, en outre, de rembourser à l'acquéreur, ou de lui faire rembourser par celui qui l'évincé, toutes les réparations et améliorations utiles que l'acquéreur aura faites au fonds. Le vendeur doit même, lorsqu'il a vendu de mauvaise foi le fonds d'autrui, rembourser à l'acquéreur les dépenses voluptuaires ou d'agrément.

Si l'acquéreur, dit l'article 1636, n'est évincé que d'une partie de la chose et qu'elle soit de telle conséquence relativement au tout, que l'acquéreur n'eût point acheté sans la partie dont il a été évincé, il peut faire résilier la vente. Si, ajoute l'article 1637, dans le cas de l'éviction d'une partie du fonds vendu, la vente n'est pas résiliée, la valeur de la partie dont l'acquéreur se trouve évincé lui est remboursée suivant l'estimation à l'époque de l'éviction, et non proportionnellement au prix total de la vente, soit que ia chose vendue ait augmenté ou diminué de valeur. Si l'héritage vendu se trouve grevé, sans qu'il en ait été fait de déclaration, de servitudes non apparentes, et qu'elles soient de telle importance qu'il y ait lieu de présumer que l'acquéreur n'aurait pas acheté s'il en avait été instruit, il peut demander la résiliation du contrat, si mieux il n'aime se contenter d'une indemnité (art. 1638). Mais la garantie pour cause d'éviction cesse lorsque l'acquéreur s'est laissé condamner par un jugement en dernier ressort, ou dont l'appel n'est plus recevable, sans appeler son vendeur, si celui-ci prouva qu'il existait des moyens . suffisants pour faire rejeter la demande (art. 1640). Dans ce cas, eu effet, l'acquéreur doit imputer son éviction à sa négligence.

— De la garantie des défauts de la chose vendue. Le vendeur est tenu de la garantie à raison des défauts cachés de la chose vendue qui la rendent impropre à l'usage auquel on la destine, ou qui diminuent tellement cet usage que l'acheteur ne l'aurait pas acquise ou n'en aurait donné qu'un moindre prix s'il les avait connus (art. 1641). V. vice rédhibitoire.

Mais le vendeur n'est point tenu des vices apparents dont l'acheteur a pu se convaincre lui-même. Ainsi, l'acheteur d'un cheval borgne ne pourrait point demander l'annulation de la vente pour ce motif, car il a pu s'en convaincre lui-même. Mais si les parties n'étaient point en présence de la chose vendue, le vendeur répond évidemment des vices apparentsî"puisqu'alors ces vices ne sont point apparents pour l'acheteur.

Comme le dommage souffert par l'acquéreur est toujours le même, qu'il soit causé par l'ignorance ou par la faute du vendeur, celuici est tenu des vices cachés, quand même il ne les aurait pas connus, à moins que dans ce cas il n'ait stipulé qu'il ne sera obligé à aucune garantie ; Neque enim interest emptoris cur fallatur, ignorantia venditoris ait calliditate.

Lorsque le vendeur connaît les vices de la chose, il doit non-seulement restituer le prix, mais encore indemniser l'acheteur. Dans le cas où il les ignorait, il n'est tenu qu'à 3a restitution du prix et au remboursement des frais occasionnés par la vente.

Quand la chose qui a des vices périt par sa mauvaise qualité, la perte est pour le vendeur, qui est tenu envers l'acheteur à la restitution du prix (art. 1647) ; mais la perte arrivée par cas fortuit est supportée pur l'acheteur, en vertu de ce principe : lies périt domino.

— Des obligations de l'acheteur. L'acheteur doit payer au jour et au lieu réglés par la vente, et, s'il n'a été rien fixé à cet égard, l'acheteur doit payer au lieu et dans le temps où doit se faire la délivrance de la chose vendue. Il doit, en outre, l'intérêt du prix de la vente jusqu'au payement du capital ; 1° s'il en a été ainsi convenu lors de la vente; 2o si la chose vendue et livrée produit des fruits ou autres revenus; 3» s'il a été sommé de payer. Dans Ce dernier cas, l'intérêt ne coure que depuis la sommation. Si l'acheteur ne paye point le prix, le vendeur peut de-

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mander la résolution de la vente (art. 1654). Si le vendeur est en danger de perdra la chose et le prix ; si, par exemple, la chose vendue est une maison que l'acquéreur fait démolir, la résolution de la vente est prononcée immédiatement. Si ce danger n'existe pas, le juge peut accorder k l'acquéreur un délai plus ou moins long suivant les circonstances; mais ce délai passé sans que l'acquéreur ait payé, là résolution de la vente est prononcée (art. 1655). S'il a été stipulé lors de la vente d'immeubles que, faute de payement du prix dans le terme convenu, la vente serait résolue de plein droit, l'acquéreur peut payer après l'expiration du délai, tant qu'il n'a pas été mis eu demeure par une sommation ; mais, après cette sommation, le juge ne peut pas lui accorder de délai (art. 1656). ' . Le contrat de vente peut encore être résolu par l'exercice de la faculté de rachat et par la vilité du prix.

La faculté de rachat ou de réméré est, aux termes de l'article 1659 du code civil, un pacte par lequel le vendeur se réserve de reprendre la chose vendue, moyennant la restitution du prix principal et des frais accessoires. Cette faculté de raehat, dont nous avons parlé ailleurs (v. rachat), ne peut être stipulée pour un terme excédant cinq années. Le terme fixé est de rigueur et no peut être prolongé par le juge. Si le vendeur n'a point exercé son action de réméré dans le délai prescrit, l'acquéreur demeure propriétaire irrévocable (art. J660-1662).

— De la vilité du prix. Si le vendeur a été lésé de plus de sept douzièmes dans le prix d'un immeuble, il a le droit de demander la rescision de la vente, quand même il aurait expressément renoncé dans le contrat à la faculté de demander cette rescision et qu'il aurait déclaré donner la plus-value (article 1674). La loi a fixé cette quotité, afin d'éviter toute discussion. Sous l'ancienne législation, une lésion de plus de moitié suffisait pour l'annulation de Invente; on la nommait lésion d'outre-moiiié. On doit, pour savoir s'il y a lésion de pins de 7 douzièmes, estimer l'immeuble suivant son état et sa valeur au moment de la vente (art. 1675). L*a demande pour cause de lésion n'est plus rccevuble après l'expiration de deux années à compter du jour de la vente (an. 1676).

La preuve de la lésion ne peut être admiso que par jugement, et elle ne peut être faite que pur un rapport de trois experts qui sont tenus de dresser un seul procès-verbal commun et de ne former qu'un seul avis à la pluralité des voix. Quand l'action en rescision est admise, l'acquéreur a le choix ou de rendra la chose en retirant le prix qu'il en a payé, ou de garder le fonds en payant le supplément du juste prix, sous la déduction du dixième du prix total. Le tiers possesseur a le même droit, sauf sa garantie contre son vendeur (art. 1681). Quand l'acquéreur pré- • fère garder la chose, il doit, outre la supplément, fournir l'intérêt du supplément à partir du jour de la demande en rescision. S'il préfère la rendre et recevoir le prix, il rend les fruits du jour de la demande en rescision. S'il préfère la rendre et recevoir le prix, il rend les fruits du jour de la demande (art. 1682). La rescision pour cause de lésion n'est point en faveur de l'acheteur ; elle n'a pas lieu non plus pour les ventes qui, d'après la loi, ne peuvent être faites que d'autorité de justice.

— Du transport des créances et autres droits incorporels. La vente d'une créance s'opère entre le cédant et le cessionnaire par la remise du titre. Celui qui vend une hérédité sans en spécifier en détail les objets n'est tenu de garantir que sa qualité d'héritier (art. 1696); car, en vendant l'hérédité, il n'a point vendu les biens de la succession, mais seulement le droit qu'il possède sur ces biens. Si celui qui vend une hérédité a déjà profilé des fruits de quelque fonds ou reçu le montant de quelque créance appartenant k cette hérédité, ou vendu quelques effets de la succession, il est tenu de les rembourser k l'acquéreur, à moins de Stipulation contraire (art. 1697). De son côté, l'acquéreur doit rembourser au vendeur ce que celui-ci a payé pour les dettes efr charges de la succession, et lui tenir compte de tout ce dont il était créancier, s'il n'y a stipulation contraire.

Il y a des ventes qui se font suivant des formes exceptionnelles, exposées dans le code de procédure ; ainsi les ventes des biens de mineurs et interdits; les' ventes des biens d'une succession acceptée bénéfieiairement ; les tiennes judiciaires sur saisie mobilière ou immobilière; les ventes de biens dotaux dans les cas particuliers où elles sont permises; enfin les ventes sur licitation lorsque le partage a lieu en justice. V. adjudication, enchère, LICITATION.

Venio (hôtel des), vulgairement connu sous le nom d'hôtel Bullion, édifié en 1858 sur les terrains vagues qui, en rs48 encore, entouraient l'ancien Opéra, aujourd'hui détruit, et la mairie du IXe arrondissement (ancien IIe). La compagnie des commissairespriseurs du département de la Seine le fit bâtir en remplacement de celui qu'elle avait, eu 1883, fait élever à l'angle de la place de la Bourse et de la rue Notre-Dame-des-Victoires.

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L'Hôtel des ventes est vulgairement connu sous le nom d'hôtel Bullion, nouvelle preuve de la ténacité avec laquelle se conservent les traditions populaires. Claude de Bullion, surintendant des finances, avait, en 1630, dans la rue Plàtrière, un vaste hôtel dont les galeries avaient été décorées par Simon Vouet, Blanchard et Sarrasin. Le premier avait peint l'histoire d'Ulysse et celle de Diane en une cinquantaine de compositions grandes ou petites. Dans la salle d'entrée, deux grands tableaux de Philippe de Champagne représentaient les cérémonies de \k>tdre du Saint-Esprit; quant aux autres peintures, elles étaient détruites, ou détériorées d'une manière irréparable à l'époque où les descendants de Bullion vendirent le local à un certain Paillet, peintre obscur, mais connaisseur expert, qui la transforma en établissement consacré à l'exposition et aux ventes publiques de tableaux, statues, meubles, curiosités, etc. Ce fut en 1817 que fut ouvert aux amateurs ce local bientôt fameux. La rue de la Plàtrière avait changé de nom; elle s'appelait rue Jean- Jacques-Rousseau, en mémoire de l'auteur du Contrat social, qui l'avait habitée. Les ventes aux enchères se firent à l'hôtel Bullion jusqu'en 1833, et quand elles furent transférées à la place de la Bourse, et de la place de la Bourse à la rue Drouot, le nom de Bullion les suivit dans leurs pérégrinations. '

Un artiste fort prisé aujourd'hui, Boilly, a peint une des salles de l'hôtel Bullion de la rue Jean-Jaeques-Rousseau un soir de vente : le commissaire-priseur est dans sa chaire; les amateurs se passent de main en main le tableau; l'expert chauffe l'enthousiasme, le crieur guetta et répète l'enchère. C'est là qu'en 1824 M. Dreux d'Orcy, l'ami et l'élève dévoué de Géricault, acquit, en couvrant do 5 fr. la mise à prix de 6,000 fr.,' le fameux Radeau de la Méduse, qu'il céda le lendemain à l'administration des musées, alors que les spéculateurs anglais en. offraient 20,000 fr. pour le couper en plusieurs morceaux.

Le nouvel Hôtel des ventes est situé juste derrière l'Opéra. Les affiches de toutes couleurs collées à la porte sur de grands tableaux le désignent suffisamment. Des images sculptées d'armes, de livres, de coffrets, .de vases étrusques, etc., symbolisent sa destination. Etitrons-y à la suite de M. Philippe Burty : « Après avoir franchi quelques marches de l'escalier, l'étrangerse trouvera en face d'une longue et obscure galerie, dans laquelle il fera bien de ne point s'aventurer. Une odeur indescriptible, mélange de caserne, d'hôpital et de bureau d'omnibus, y règne en permanence. Des marchandes à la toilette, en robe graisseuse et en chapeau fané, des revendeurs k la figure sournoise ou dure y dorment en permanence sur des bancs, s y croisent, échangent des signes mystérieux, entrent dans ces salles où l'on adjuge les vieux ménages, les fonds de magasin en liquidation, les arrivages avariés, les défroques de théâtre ou la toilette des lorettes jetées à la côte, les mobiliers saisis ou les machines des inventeurs incompris, tout ce que Paris renferme de plus fripé et de' plus sinistre; les épaves du malheur, de la vieillesse, de l'iuconduite, de la satiété, de la mort subite des gens sans famille et du suicide des désillusionnés. Les ventes du mont-de-piété sont moins navrantes que celles-ci. Par contre, on y a vendu des fleurs et des arbustes rares, des gazelles, des lapins a oreilles cassées et les collections de coqs brahma-puma et de poules de Cochinchine élevés k Barbi- Zon par le peintre- fermier, Charles Jacque, Les brocanteurs ont eux-mêmes baptisé cette galerie d'un nom effrayant : ils l'appellent Mazas. » Donc, n'entrons point dans 6e pandémonium. Montons l'escalier; ne nous arrêtons qu'au grand palier et parcourons les salles qui s'ouvrent à droite et k gauche. Là le public et le sp'ectacle sont bien différents. Une affiuence considérable s'y presse torsqu'est annoncée la dispersion de quelque superbe galerie. Il est curieux de voir avec quelle animation les amateurs s'y disputent les tableaux de choix. C'est là que d'heureux privilégiés se donnent la satisfaction et la gloriole de payer un "Wouvermans 50,000 fr., un Hobbema 85,000 fr. On y coudoie l'élite de la société iutelligente de Paris et des étrangers de distinction: Dans ces salles ont passé les splendeurs échappées aux flammes du palais d'Eté ; les plus célèbres collections de livres, de manuscrits, de statuettes, de tableaux, de médailles, d'estampes, d'armes, de terres cuites, de faïences ; les mobiliers les plus riches et les plus rares, tout ce que le génie de l'homme a enfanté, tout ce que le temps a revêtu du cachet de la curiosité ou de l'immortalité.

La compagnie des commissaires-priseurs adjuge au plus offrant et dernier enchérisseur, dans ce temple où tout passe et repasse, pour une vingtaine de millions d'objets par an. Les ventes commencent d'une heure à deux heures. Les experts, sauf pour les ventes d'estampes, de livres et de médailles, ne suivent pas l'ordre du catalogue; ils réservent les objets de choix pour le moment où le beau monde, est arrivé et où les enchères s'échauffent, c'est-à-dire vers quatre heures. Le commissaire-priseur adjuge en frappant d'un marteau d'ivoire et, si l'acquéreur est connu de lui, fait simplement inscrire sou nom ; sinon il faut payer comptant ou donner

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un à-compte. A la vente de la galerie du maréchal Soult, le gouvernement eut à payer, pour la Conception de Murillo, près de 30,000 francs en sus des 586,000 francs du prix d'adjudication. Les frais de vente sont très-élevés; ils varient, selon l'importance de la vente, de 10 pour 100 pour une vente de tableaux à 15 pour 100 pour les curiosités, 18 pour 100 pour les estampes, 25 pour 100 pour les médailles, et jusqu'à 30 pour 100 et au delà pour les autographes. Dans ce chiffre passent les frais de location de la salle pour les jours d'exposition et de vente, de catalogues, d'affiches et de publicité dans les journaux, les 5 pour 100 de l'expert, les 3 pour 100 du commissaire-priseur, etc.

L'hôtel Drouot voit assez rarement des ventes de livres. La bibliothèque de Berryer y a cependant passé, mais à la suite du mobilier de l'illustre orateur. Les ventes de livres se font plus ordinairement à la salle Sylvestre, située rue des Bons-Enfants, le soir, vers sept heures. Cette salle a été livrée aux amateurs de livres et de bouquins dans les dernières années de la Révolution.

L'Hôtel des ventes a inspiré à M. Henri Rochefort une série d'études, d'abord insérées dans le Charivari et réunies en volume sous le titre de : les Petits mystères de l'Hôtel des ventes (1862, in- 18), ouvrage d'une originalité piquaute. L'auteur en a tiré un vaudeville en trois actes, joué en 1863 au Palais- Royal, sous le même titre.

VENTE s. f. (van-te — ital. vèndita, action de vendre, coupe de bois, par allusion au tenue de carbonari, qui signifie charbonnier). Réunion de carbonari; iieu de cette réunion.

— Vente suprême. Comité directeur de la société des carbonari. U Vente d'arrondissement, Vente formée des chefs de ventes, et qui correspondait avec la vente suprême par l'entremise d'un député pris dans son sein.

Il Vente de canton, Vente qui envoyait un député aux ventes d'arrondissement.

VENTE (Ambrôise), magistrat et hommo . politique, né à Paris en 1823. Reçu licencié en droit en 1845, il se rit inscrire au barreau, devint en 1850 secrétaire du ministre de la justice, puis entra dans la magistrature. Successivement substitut à Beanvais, procureur impérial k Compiègne (1856), k Amiens (1861), à Lille (1865), il remplissait encore'ces fonctions lorsque l'Empire croula le 4 septembre 1870. M. Vente donna alors sa démission et Se fit inscrire comme avocat au barreau do Lille. Elu dans la département du Nord député à l'Assemblée nationale le 8 février 1871, il se rendit à Bordeaux, où il vota les préliminaires de paix et s'abstint de se prononcer sur la déchéance de l'Empire, ne pansant pas, écrivit-il, qu'il pût renverser de ses propres mains le gouvernement qu'il avait servi. Lorsque l'Assemblée s'établit à Versailles, il fit partie du centre droit et du groupe Saint- Marc Girardin, vota pour l'abrogation des lois d'exil, le pouvoir constituant de l'Assemblée, la proposition Rivet, la pétition des évêques en faveur du pouvoir temporel, contre le retour de l'Assemblée à Paris, le maintien des traités de commerce, pour la suppression des gardes nationales, fit partie de la majorité qui renversa M. Thiers (24 mai l873)etétablit le septennat (19 novembre), et fut nommé, le 27 du môme mois, sous-secrétaire d'Etat au ministère de la justice. Inféodé au gouvernement de combat, il vota toutes les mesures de réaction qui troublèrent la France et jetèrent l'inquiétude dans les esprits, repoussa les amendements Périer et Maleville (juillet 1874), vota contre la constitution républicaine du 25 février 1875, pour la loi de l'enseignement supérieur et donna sa démission de sous-secrétaire d'Etat. U ne fut pas réélu député lors des élections du 20 février 1E76. Outre des articles dans des revues de législation, on lui doit un Manuel des envois périodiques et non périodiques à faire par les parquets, cabinets d'instruction et greffes de première instance (1804, in-so).

VENTÉ, ÉE adj. (van-té — rad. vent). Mar. " Poussé par le vent : Marée ventée.

— Eaux et for. Arbre faux-venté, Arbre

dont le vent a contrarié la croissance. *

VENTEADX s. m. pi. (van-tô — rad. vent).

Ouvertures par lesquelles l'air s'introduit

dans les soufflets.

VENTELET s. m. (van-te-lè — dimin. de vent). Petit vent : Les zéphyrs sont de petits vkntkCèts qui soufflent au printemps. (De Muret) Il Vieux mot.

VENTELLE S. t. (van-tè-Ie— rad. vantail). P. et ch. Nom donné k de petites vannes destinées à remplir et vider les sas des écluses des canaux, à faire varier le niveau des bassins pour les faire communiquer entre eux ou avec la mer dès que le flot a atteint une hauteur déterminée. '

— Encycl. Les vénielles sont planes, k jalousies ou tournantes ; on en plaee une sur chaque vantail des portes d'écluse , entre deux potelets formant les joues de l'ouverture et s'étendant sur tout l'intervalle des deux entretoises inférieures. Les vénielles peuvent être en bois, en tôle ou en fonte ; les oentelies en fonte, dressées sur leurs parties frottantes et glissant sur des coulisses en cuivre, sont faciles à manœuvrer et conservent bien l'eau. Chaque vénielle est placée contre la face d'amont de la porte, ainsi que

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sa queue, qui s'élève jusqu'au haut de celle-ci, de manière qu'on puisse lui communiquer le mouvement k l'aide d'un cric, d'une vis ou d'un levier simple ; on est revenu à ce dernier mode, qui demande moins de temps p'our la manœuvre que le cric et surtout que la vis, que l'on a k peu près abandonnée. Les dimensions des vénielles sont calculées de manière à remplir les sas environ en deux minutes et demie. Les vénielles k jalousies se composent généralement d'ouvertures séparées par des madriers et que des plateaux à coulisse dans les rainures des potelets viennent recouvrir pour les fermer. Ces plateaux, pendant le temps qu'elles restent ouvertes, viennent se placer sur les madriers de 'séparation. Les vénielles tournantes, employées au canal de Bruxelles à Charleroi, se composent d'un cylindre horizontal en fonte, dans lequel est engagé un disque biais, également en fonte, et divisé en deux parties par un arbre en fer destiné k lui communiquer le mouvement qu'rt reçoit d'une manivelle placée au-dessus d'une plate-forme en foute vissée sur le vantail. L'inclinaison fixée pour le disque lorsqu'il ferme le pertuis a pour effet de diminuer les fuites autant que passible et de permettre en même temps de le détacher facilement de la surface cylindrique. Ces vénielles, dont l'application date de 1848, présentent les avantages suivants : 1° manœuvre plus facile et plus économique que celle des appareils employés généralement; 2U possibilité d'écluser un plus grand nombre de bateaux; 3° économie de frais d'établissement et d'entretien ; 4» facilité de supprimer les saillies sur les ponts de service des écluses; 5» diminution considérable dans les fuites qui ont lieu par les vénielles ordinaires. D'après la direction des pressions qui agissent sur le disque, il est clair qu'une force très-minime est suffisante pour le faire mouvoir, celle qui est nécessaire pour vaincre le frottement. Soient R la résistance due au frottement de l'arbre, it le rapport approché de la circonférence au diamètre égal k 3,1416} r le rayon du cylindre, h la hauteur de l'eau sur le centre du disque, / le rapport du frottement à la pression égal à 0,19; on a pourR R = vr'hf,

ou

Soient D le plus grand diamètre des parties frottantes de l'arbre, l le bras de la manivelle, F l'effort nécessaire our faire équilibre k la résistance R; on a

Si l'on applique ces équations aux vénielles tournantes du canal de Bruxelles k Charleroi, dans lesquelles r = 0">,25,A = im,70,D = 0",046, l <= 0,35, on trouve

tR = 63i'l,3, F = 4Wl.

Comme on le voit, la force k produire est très-uiiiiime. Nous nous sommes étendu un peu longuement sur ces vénielles, parce que nous désirerions les voir employées dans une foule de circonstances, à cause de leur supériorité sur les autres systèmes au point de vue de l'étanchéité ; point excessivement important dans les canaux, dans lesquels les pertes d'eau par fuite équivalent annuellement à la quantité d'eau que nécessite le passage de sept à huit bateaux- Dans les conduites d'eau, on donne le nom de ventelle k une espèce de petite valve au moyen de laquelle on interrompt ou l'on rétablit l'écoulement de l'eau,

VENTELLERIE s. f. (van-tè-le-rî — rad.

ventelle). P. et ch. Ouvrage de bois ou de maçonnerie destiné k soutenir une retenue d'eau, où il se trouve plusieurs ouvertures que l'on ferme au moyen de vannes.

VENTENAT (Etienne-Pierre), botaniste, né k Limoges en 1757, mort k Paris en 1808. Entré dans la congrégation des génovéfains et chargé de la direction de leur bibliothèque, il fit un voyage en Angleterre pour y acheter des livres qui manquaient k ce riche dépôt, revint en France au moment de la Révolution, se maria et se livra tout entier k la botanique, pour laquelle il avait un goût particulier. Ses travaux lut valurent bientôt un emploi de professeur au Lycée républicain et un siège à l'Institut. Ou lui doit principalement ; Principes de botanique (1794-1795, in-8», 13 fig.) ; Tableau du règne végétal (1794, 4 vol. in-S°, fig-)i k Jardin de la Malmaison (1803, 2 vol. in-fol., 120 pi.); le Botaniste voyageur aux environs de Paris (1803, in- 12); Choix de plantes (1803-1808, in-fol.); Deeus generum novorum (1808, infol.). Ces ouvrages sont surtout remarquables par la beauté des planches exécutées sous fa direction de l'auteur par Redouté, Sallier, Plée, etc.

On a aussi de lui un assez grand nombre de mémoires, où le côté philosophique de lu science est plus accusé; ce sont: Dissertation sur les parties des mousses qui ont été regardées comme fleurs mâles et comme fleurs femelles (dans le Choix de mémoires sur divers objets d'histoire naturelle) ; Sur les meil-

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leurs moyens de distinguer le calice de la corolle. Sur le slrelitzia, Sur le goodenia (dans le Magasin encyclopédique) ; Sur le furcrxa (dans les Annales de botanique d'Ustéri) ; Sur le genre phatlus, Sur l'epigsa, Sur les tilleuls, Sur le robinia viscosa (dans les Mémoires de l'Institut). Sa place à l'Institut a été donnée à M. de Mirbel.

VENTENATE s. f. (van-^e-na-te — de Ventenat, botan. fr.). Bot. Syn. de triskte, genre de graminées.

VENTENATIE s. f. ( van-te-na-sl — de

Ventenat, botan. fr.). Bot. Genre d'arbres,

de la famille des chlénacées, dont l'espèce

•type est originaire de Bénin. Il Syn. de Styli-

die, autre genre de végétaux. *

VENTER v.n. ouintr, (van-té — rad. vent). Souffler, en parlant du vent : Le nord ventait très-fort. La vie a des fatalités et des impossibilités féroces; on ne peut pas plus empêcher la femme de tromper qu'on ne peut empêcher le vent de venter, la rivière de couler, le feu de brûler. (Forget.)

— Quelque vent qu'il vente, Quoi qu'il arrive : Quelque vent qu'il ventât, il était à son poste. (Le Sage.)

— Impersonnellem. Faire du vent: //vknte très-fort depuis huit jours. Il ventait et it pleuvait au dehors; on entendait l'eau tomber par torrents et se briser sur les toits. (H. Berthoud.)

— Qu'il vente, qu'il pleuve ou qu'il grêle, Quelque chose qui arrive : Qu'il pleuve, qu'il vente, qu'il grêle, ceux qui sont morts sont morts. (Mol.)

— Mar. Venter bon frais, Faire un vent favorable à la route : On approchait rapidement du terme du voyage; il ventait bon frais, et la barque faisait sept à dix milles à l'heure. (Alex. Durci.)

— v. a. ou tr. Pousser en soufflant : La brise vente la marée.

VENTERNE s. f. (vun-tèr-ne — rad. vent). Argot. Fenêtre. Il Vol à la venterne, Vol commis en pénétrant dans la maison par des fenêtres qu'on a oublié de fermer : Le vol à la venterne est quelquefois le préliminaire d'un assassinat. (Vidocq.) il Double venterne. Lunettes.

VENTERNIER, 1ÈRE s, (van-tèr-nié, iè-re — rad. venterne). Argot. Celui, celle qui pratique le vol à la venterne.

— Encycl. Les venterniers ont la spécialité de s'introduire dans les appartements par les fenêtres laissées ouvertes. Beaucoup de vols à la venterne furent commis en 18U et 1815. Les venterniers s'étaient organisés en bandes; dons une seule nuit, plus de trente vols furent commis à l'aide d'escalade dans le faubourg Saint-Germain. Vidocq truqua ces malfaiteurs et mit entre les mains de l'autorité judiciaire une soixantaine d'entre eux, qui furent condamnés à des peines plus ou moins fortes. Un vol à la venterne est quelquefois le préliminaire d'un assassinat. « Une nuit, raconte Vidocq, deuyLvenierniers s'introduisent dans un appartement situé à l'entre-sol d'une maison du faubourg Saint- Honoré. Ils visitent le lit, ne voient personne; mais bientôt ils aperçoivent une jeune personne endormie sur un canapé; elle avait au col une chaîne à laquelle était attachée une montre en or. « Elle roupille, dit a son. » compagnon l'un des venterniers; il fautpes- » ciller le bogue et la bride de jonc (il faut » prendre la chaîne et la montre d'or). — « Mais si elle ci'ible (crie)? répond le second » venternier. — Si elle crible, eh bien, on lui » fauchera le colas (on lui coupera le cou.) » La jeune femme, qui paraissait endormie et qui entendait, saus en comprendre le sons, ceseffrayantes paroles, eutassezde prudence et de courage pour feindre de dormir toujours profondément. Aussi ne lui urriva-t-il rien. » Ces venterniers appartenaient à la bande des fameux Delzaives frères, dont le receleur était un certain Métrai, trotteur de l'impératrice Joséphine. Ils furent, quelque temps après, arrêtés et condamnés; l'uifaire fit grand bruit.

VENTEROLLES s. f. pi. (van-te-ro-le — rad. vente). Auc. coût. Droit que l'acheteur d'uu héritage censuel devait payer ,au seigneur.

VENTEUR s. m. (van-teur — rad. vent).

Véner. Chien qui a le nez fin, et qui est trèspropre à découvrir le gibier : Â ses côtés grondaient deux de ces braques ou venteurs formidables qui vont à la recherche du taureau et qui tiennent un sanglier en arrêt. (E. Gonzalès.)

VENTEUX, EUSE adj. (van-teu, eu-ze — rad. veiu). Sujet aux vents : Plage venteuse. Saison venteuse.

— Qui produit des vents dans le corps : Légumes venteux.

— Pathol. Colique venteuse, Colique causée par des vents, des gaz accumulés dans les intestins.

VENT1D1US BASSUS (Publius), général romain, né k Asculuin. Il vivait au ier siècle avant notre ère et fut fait prisonnier par le père du grand Pompée pendant la guerre sociale (89 -av. J.-C). Après avoir longtemps végété dans une condition obscure, il s enrôla comme simple soldat, fut employé dans les fournitures de l'armée de César, en Gaule,

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puis tiré de cette condition par son général, qui lui donna un commandement et le mit en état de déployer ses talents; il fut nommé pi us tard sénateur (46), tribun et préteur. Après le meurtre du dictateur, il s'attacha à la fortune d'Antoine, lui rendit des services pendant la guerre de Modène et parvint au consulat par son influence. Devenu son principal lieutenant dans la guerre de.Pérouse (41), il fut envoyé en Orient, où il écrasa les Pttrthes en plusieurs rencontres. Antoine se montra jaloux de ses succès et le contraignit en quelque sorte à rentrer dans la vie privée.

VENTIER s. m. (van-tié — rad. vente).

Ane. coût. Celui qui percevait le droit de lods et ventes pour le seigneur.

— Eaux et for. Celui qui achète une coupe de bois. Il Ouvrier chargé de marquer dans une forêt le bois qui doit être coupé.

VENTIGNANO (César de La Valle, duc de), auteur dramatique et écrivain italien, ne à Naples en 1777, mort vers 1860. Il débuta par un poëine en cinq chants et en stances, le Vésuve, iinprimj en 1810. Un autre poëme sur Canova (1812) lui valut l'amitié de ce grand sculpteur. Il suivit alors son goût pour le théâtre et écrivit, jusqu'en 1830, plusieurs tragédies : Médée, son chef-d'œuvre, Hippolyte, deux lphigénie, Jeanne Grey, Bornéo et Juliette, pièces composées sur un plan régulier et très-simple et écrites avec une certaine élégance de style ; puis, en 1830, il fit pour Rossini le livret de Maometto, devenu le Siège de Corinihe. Le duc de Ventignano s'occupa aussi d'économie politique et publia, de 1830 à 1833, diverses brochures : Sur la dépréciation des principales denrées, le Paupérisme dans le royaume de Naples, des Eléments de statistique, et, en outre, les deux premiers volumes d'une Philosophie de l'histoire, commentaire inachevé de la Science nouvelle de Vico. Revenant à la poésie, il publia en 1843 un petit poème en vers blancs, intitulé Souvenirs, puis, en 1848, une satire politique, Quatre siècles en quarante ans; la même année, deux essais sur l'Education des classes élevées et des classes laborieuses, ainsi que de nombreux articles de journaux et des brochures de circonstance. Mais c'est dans la comédie italienne qu'il s'est fait un nom durable. Pour venir en aide à l'institution des salles d'asile, il s'essaya dans ce genre, où il conquit les plus légitimes succès. Ses dixhuit pièces, entre autres Vingt-sept ans après, les Deux sièctes, la Capitale et la province, l'Opinion publique, le Fâcheux (Il Seccatore), la Vernice, etc., s'attaquent surtout aux vices et aux ridicules de la classe patricienne, à laquelle il appartenait. Ventignano a aussi composé quelques drames : Buondelmonle, les Monianini et les Salimbeni, etc. 11 a été pendant quelque temps surintendant général des théâtres à Naples. Ses poésies lyriques ont été publiées en un volume en 1851. Son dernier ouvrage (1853) est le Tableau philosophique de l'histoire du genre humain.

VENTILAGE s. m. (van-ti-la-je). Bot. Genre d'arbrisseaux grimpants, de la famille des rhamnées, tribu des paliurées, comprenant plusieurs espèces, qui croissent dans l'Asie tropicale.

VENTILATEUR s. m. { van-li-la-teur — rad. ventiler). Instrument propre ù renouveler l'air dans un lieu clos : Etablir des ventilateurs dans une mine, un hôpital, une salle de spectacle. Le ventilateur a sauvé la vie à bien des prisonniers et des malades en les garantissant du mauvais air. (Aead.) Il Tuyau qui conduit au-dessus des toits les gaz développés dans une fosse d'aisance.

— Nom que se donnent les vidangeurs.

— Mécan. Appareil destiné a produire un courant d'air pour activer le feu d'un fourneau : Le ventilateur te plus* simple de tous est le soufflet. (Tourneux.)

— Agrie. Instrument servant à nettoyer le grain au moyen d'un courant d'air qui emporte les corps légers.

— Encycl. L'air de nos appartements se renouvelle de lui-nfême, sans que nous ayons la plupart du temps à nous en occuper; les différences de température suffisent pour établir des courants de l'intérieur à 1 extérieur, principalement par les tuyaux de cheminée ; l'air extérieur rentre par les jeux que présentent les portes et les fenêtres. La ventilation naturelle n'est déjà plus suffisante dans les ateliers où se dégagent des gaz malsains; enfin, elle serait à peuples nulle dans les mines, et là, surtout, on est obligé de la produire artificiellement.

Le ventitateur le plus simple est connu sous le nom de ventilateur à force centrifuge. Il se réduit à un tourniquet à ailes plates ou courbes disposé dans un large tuyau cylindrique communiquant avec la pièce à aérer par l'une de ses extrémités, et avec l'air extérieur par un conduit normal k sa direction ouvert en face des ailes. Les ailes communiquent à l'air environnant un mouvement de rotation duquel naît une force centrifuge qui le projette a l'extérieur en produisant une aspiration du côté de l'intérieur. Les appareils de ce genre produisant un bruit assourdissant et absorbant une force motrice assez notable, on leur a fait subir plusieurs modifications utiles ; on laisse plus d'espace libre à l'air dans la caisse, on élargit le tuyau

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de sortie, on multiplie les ailes, enfin on donne à ces ailes une forme trapézoïdale, la grande base étant appuyée à l'axe, pour que la résistance soit plus uniformément répartie.

M. Fubry a construit pour les puits de mine de Belgique et du nord de la France desuewtilateurs à l'aide desquels on peut extraire de 15 à 20 mètres cubes d'air par seconde, avec de petites machines de 16 chevaux. Y. ventilation.

VENTILATION s. f. ( van-ti-la-si-on — rad. ventiler). Action de renouveler l'air au moyen de ventilateurs ou par un procédé quelconque : Toute ventilation suppose une introduction d'air pur et une expulsion incessante de l'air vicié. (Robin.)

— Jurispr. Action d'évaluer séparément les meubles et les immeubles d'une propriété : Faire la ventilation d'un domaine.

— Ane. pratiq. Discussion d'une question avant d'en délibérer en forme.

— Encycl. ha ventilation, que l'on pratique dans les grands édifices publics ou dans les salles de réunion et même dans les appartements particuliers, a pour but de renouveler l'air vicié par la respiration, par la transpiration cutanée, par les appareils d'éclairage, par les gaz étrangers à l'air, etc. Le résidu de la respiration est un mélange d'azote, d'acide carbonique et de vapeur d'eau qui, a la 'température où il est expiré, est spécifiquement plus léger que l'air ordinaire, ce qui fait qu'il s'élève vers les parties supérieures du local habité. C'est vers ces parties que les systèmes de ventilation puisent l'air qui doit être expulsé au dehors. Il résulte d'expériences nombreuses qu'un homme, par sa transpiration cutanée et pulmonaire, produit en une heure de 45 à 80 grammes de vapeur, soit en moyenne 63 grammes; dans des expériences récentes, M. Barrai a trouvé 50 grammes. Un mètre cube d'air saturé à 15<> contenant 13 grammes de vapeur, le volume d'air ù moitié saturé que vicie un homme par- heure par sa transpiration est de 6mc(92 à l2mc,2o. 11 en résuite qu'une ventilation basée sur la condition que l'air qui a été en contact avec une émanation quelconque ne soit pas respiré une seconde fois doit chasser du local, d'une part, et y faire entrer, d'autre part, un volume d'air d'environ 9 mètres cubes par heure et par individu. Dans une salle d'école primaire renfermant 180 garçons de sept à dix ans, M. Péclet a reconnu qu'avec une ventilation de 6 mètres cubes par heure et par enfant, il n'y avait qu'une faible odeur. M. Leblanc ayant répété les expériences en mesurant la ventilation dans des circonstances différentes, a remarqué qu'à la ventilation de 0 mètres cubes par heure et par enfant, la quanti té d'oxygène disparue était de 0,00 16, qu'aucune odeur ne régnait dans la salle, où la température était de 17», et que la respiration n'y était nullement gênée, h&ventilation ayant été réduite k 4010,65 d'air par heure et par enfant, il n'y avait pas encore d'odeur sensible. Enfin, la salle ayant été complètement fermée et ta ventilation régulière annulée après le même nombre d'heures de séjour que dans les expériences précédentes, l'atmosphère était lourde , l'instituteur se plaignait de la chaleur et attendait avec impatience le moment de pouvoir ouvrir les fenêtres. La température intérieure était de 18°, celle de l'extérieur étant de 16°; l'air était un peu agité. Une expérience faite par M. Péclet à l'ancienne Chambre des députés, «iout lu salle contenait 1,000 k 1,100 personnes pour lesquelles la ventilation 11'etait que de 6 à 7 mètres cubes par heure et par personne, ne lui a fait remarquer aucune odeur désagréable ; il faut ajouter aussi qu'il y avait naturellement appel d'air par les tissures des portes et des fenêtres et que les portes s'ouvraient fréquemment. Lies expériences récentes faites par M. Leblanc ont donné pour le volume d'air, par heure et par personne, 18 mètres cubes. A la Conciergerie, MM. Boussingault, Leblanc et Péclet ont trouvé que la dose d'air nécessaire à un détenu renfermé dans une cellule est de 10 mètres cubes par heure, la cellule contenant une cuvette mobile, cause d'insalubrité. Les salles de chirurgie des hôpitaux ne peuvent être assainies et dépouillées de toute mauvaise odeur qu'avec une ventilation de 100 mitres cubes par heure et par individu. De ces expériences, M. Péclet a conclu les règles suivantes pour la ventilation des édifices : 1« une ventilation de 6 mètres cubes par heure et par individu est une limite au-dessous de laquelle il ne faut pas descendre, quand l'air de la ventilation est mêlé avec l'air de ia pièce et qu'il n'existe aucune cause particulière d'insalubrité; 2° lorsque la ventilation a lieu de bas en haut par tous les points du sol ou par des orifices très-nombreux ettrèsrapprochés, 7 à 12 mètres cubes par heure et par personne fournissent à chacun de l'air paraissant suffisamment pur; 3U dans presque tous les cas, il- y a des causes d'insalubrité en raison desquelles le chiffre de lavèiitilation doit être élevé à un point que l'expérience seule peut déterminer. Pour tenir compte de l'air vioié par les appareils d'éclairage, il faut remarquer qp'uue chandelle dite des 6, qui brûle 0l"',011 par heure, vicie dans le même temps 0™e,340 ; une bougie brûlant Otil 013 vicie 0mc,445, et une lampe gros bec brûlant 0^1,042 vicie imc,680 dans le même temps. Ces chiffres permettent d'é-

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valuer la quantité d'air à renouveler par heure, en remarquant qu'il suffit que l'air ne contienne plus que 15 pour 100 d'oxygène pour déterminer infailliblement l'asphyxie. La flamme d'une bougie s'éteignant lorsque l'air renferme 4 pour 100 d'acide carbonique et la combustion devant éprouver des influences analogues à. celles qui se produisent sur lu respiration, M. Péclet compte sur une ventilation de 6 mètres cubes d'air par heure et par bougie et 24 mètres cubes par lampe gros bec pour que la combustion ait toujours lieu dans de bonnes conditions. Quant aux gaz étrangers à l'air, le docteur Reid remarque que leur mélange accidentel en petites proportions influe diversement, suivant que le local est bien ou mat éclairé. Une proportion de 8 à 10 pour 100 d'acide carbonique, qui, dans l'obscurité, cause beaucoup d oppression et de danger, peut être supportable si l'on est exposé à une vive lumière. Sir Wily a constaté que, dans une grande caserne de Saint-Pétersbourg, les cas de maladie ont été pendant plusieurs années con sécutives dans le rapport de 3 à 1 pour le côté peu éclairé, comparé à celui qui jouissait d'une belle lumière. L'air vicié par la respiration et la transpiration est encore propre à l'alimentation des foyers do chauffage qui, dans les appartements chauffés par le rayonnement du combustible, suffisent généralement a l'appel de tout l'air nécessaire à lit ventilation. Un bon principe à suivre et qui a été appliqué en Ang'eterre avec un succès complet dans un hôpital, consiste, lorsque l'on a a combiner la ventilation avec le chauffage, à prendre à lu partie supérieure des salles tout 1 air qui doit alimenter la combustion des foyers de la même salle ou de la salle immédiatement supérieure. Avec ce système, on est parvenu à assainir une salle de malades dans laquelle, en dépit de tous les moyens jusque-la employés, un séjour prolongé avait été éminemment dangereux.

Comme exemples d'édifices chauffés et ventilés, ou peut citer : 1° la prison cellulaire de Mazas et celle de Provins, dans lesquelles on a porté à 10 mètres cubes par heure le volume d'air à fournir à chaque cellule de 20 mètres tubes de capacité. Lu ventilation des cellules est établie par les tuyaux de descente des matières fécales. A Mazas, la uetitilation des 1,200 cellules, divisées en six bâtiments d'un rez-de-chaussée et de deux étages, est produite par une cheminée d'appel en briques de îm, 15 de diamètre intérieur et de 29 mètres de hauteur placée au centre des six bâtiments k cellules. Celte ventilation, établie par M. Grouviille, a donné les résultats suivants, dans les expériences qui ont eu lieu du 14 février 1830 au 30 avril 1851 : 1° l'appel par la cheminée s'est eleve à 30,000 mètres cubes par heure, ce qui correspond à un renouvellement d'air de 25 mètres cubes par cellule au lieu de 10 mètres cubes, limite inférieure exigée par le cahier des charges de l'entreprise ; 2° pendant l'hiver de 1S49 à 1S50, dans des expériences faites dans les caves de ventilation, pour une consommation de 13^', 50 de houille par heure dans le foyer d'appel, on a expulsé 14,800 mètres cubes d'air par heure, et pour une consommation de 22k-»',33 de houille dans le même temps, la ventilation s'est élevée à 24,700 et • à 30,900 mètre* cubes. Pendant les plus grandes chaleurs de l'été de 1S50, pour 20 kilogrammes de houille, la ventilation a varié ue 22,900 à 25,000 mètres cubes, Pendant l'hiver de 1850 à 1851, dans des expériences de ventilation générale : 1<> l'air expulsé s'est élevé k 29,200 mètres cubes pour 20 kilogrammes de huuille brûlés par heure dans le foyer d'appel; 2° la fumée étant bien refroidie sous des plaques de fonte avant d'arriver k ia cheminée des générateurs, cette cheminée a peu d'influence sur la ventilation générale; ainsi, après une interruption de oliaufi'age de vingt-quatre heures, la ventilation de 29,200 n'est descendue qu'à 28,200 ; 3° la consommation du foyer d'appel ayant ete réduite de 20 kilogrammes à 15 kilogrammes par heure, la quantité d'air expulsée a été trouvée comprise entre 28,100 et 31,500 mètres cubes; cette faible diminution est due au peu d'influence de l'activité du foyer sur le tirage de la cheminée au delU d'une certaine limite. La prison cellulaire de Provins ne contient qu'un bâtiment et 39 cellules seulement; les appareils.de ventilation et de cb.auff.jge ont été établis par M. Grouvelle d'après la disposition adoptée à Mazas. Des expériences de ventilation opérées sur les tuyaux de descente de quelques cellules ont fourni les volumes d'air expulses de chaque cellule, savoir : le foyer de la chaudière étant en plein feu et le foyer d'appel éteint, en moyenne 70 mètres cubes; le foyer de la chaudière étant éteint depuis douze heures et le foyer d'appel éteint, 25mo,7; le fuyerde-la chaudière éteint et celui d'appel allumé , en moyenne 75m«,6. On a uussi opéré directement sur la cheminée d'appel, et on a trouvé que les volumes totaux d'air écoulés en une heure par cette cheminée étaient respectivement, dans les première, deuxième et troisième conditions énoncées précédemment, 3,400 , 1,051 et 2,940 mètres cubes, ce qui fait par cellule 87, 27 et 75,4 mètres cubes. Le grand amphithéâtre du Conservatoire des arts et métiers est chauffé et ventilé d'après un dispositif de M, Léon Duvoir-Leblanc, lequel consiste à ouvrir vers le bas des gra-

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dins, sous les jambes des auditeurs, des orifices d'appel qui sont en communication avec x des conduits pratiqués sous les gradins. Ces conduits se réunissent dans une pièce située sous l'amphithéâtre et dans laquelle s'ouvrent des bouches d'appel prolongées par autant de conduits verticaux qui communiquent à . une grande cheminée d'appel, au bas de la- ' quelle se trouve un foyer qu'on n'allume qu'en cas de besoin. Des expériences faites par M. Morin ont permis de constater que, pour les ventilations actives, le volume d'air enlevé a été, en moyenne, de 15010,23 par chacune des 800 personnes et par heure, et pour les moins actives 10 mètres cubes. A ce dernier chiffre, aucune odeur désagréable ne se faisait sentir; mais cependant on doit prendre celui de 15 à 16 mètres pour base des projets de ventilation des salles occupées par des personnes en bonne santé ; pour des malades et surtout des blessés, il est loin d'être suffisant. Par des expériences spéciales faites à l'hospice Beaujon, M. Morin a constaté que la quantité d'air évacuée variait de 40 à 60 mètres cubes par malade et par heure et qu'elle était à peine suflisante quand il n'y avait pas de blessures trop graves. La salle des séances de l'Institut est chauffée et ventilée. d'après les procédés de M. Duvoir- Leblanc. La ventilation se fait par deux grands conduits qui communiquent, l'un avec une série de grilles situées devant les pieds même des membres d6 l'Institut, l'autre avec un grand nombre de trous faits dans les gradins qui régnent sur les longs côtés de la salle. Le premier de ces tuyaux descend jusqu'au rez-de-chaussée pour remonter ensuite dans une cheminée dans laquelle est un réservoir à eau chaude de 12 mètres de hauteur qui produit l'appel. Le second tuyau ne descend que jusqu'à l'entresol et remonte ensuite dans la cheminée. Un troisième conduit, destiné à. la ventilation d'été, part de la partie supérieure de la salle et se rend dans lu cheminée. Dans une première expérience pendant laquelle la salle renfermait 180 personnes, il a été extrait 5,071 mètres cubes d'air, ce qui donne 28mc,2o par heure et par personne. Dans une seconde expérience, il a été extrait 5,931 mètres cubes, la salle contenant 200 personnes, ce qui fait 29010,65 par heure et par personne. Les ateliers do la -cristallerie de Baccarat sont ventilés à l'aide de deux ventilateurs à force centrifuge mis en mouvement par des turbines et pla- ' , ces dans le grenier, de manière à refouler dans les salles de travail de l'air pur pris h . la hauteur des toits. Le volume de vent insufflé s'élève a environ 12 mètres cubes par ouvrier et par heure. L'air vicié s'échappe des salles sans aucune cheminée d'appel, simplement par les joints des fenêtres que l'on a soin de ménager à cet effet. L'expérience a prouvé qu'avec la ventilation indiquée, il est indispensable de chauffer l'air pour le faire arriver dans les salles à une température d'au moins 220 a 25», sans quoi il occasionne une sensation désagréable.

Les salles de concert, où l'on séjourne de deux à trois heures, quelquefois davantage, et où trop souvent Ion' est comme entassé les uns sur les autres, demanderaient une mention spéciale : il est, en effet, regrettable qu'on ne puisse y entendre de bonne ou mauvaise musique sans y payer par des maux de tête le plaisir que nos oreilles viennent y chercher. C'est pourtant le cas de la plupart des salles de concert en renom a Paris. Nous ne connaissons guère que la salle Pleyel, rue Rochechouan, où l'on se soit préoccupé de cette question et ou on l'ait résolue d'une manière simple et à peu près suflisante : le plafond, en forme de voûte en arc de cercle, est percé, de distance en distance, d'ouvertures masquées par des grilles à jour, et correspondant a chacun des lustres qui éclairent la salle; le gaz, en brillant, échauffe le conduit vertical qui surmonte ces ouvertures et détermine ainsi un appel qui se ferait d'ailleurs presque tout seul, grâce à la position de ces ouvertures à la partie la plus élevée du plafond. Des bouches de chaleur, distribuées dans le couloir central , amènent de l'air chaud qui est successivement évacué par les ouvertures dont nous parlons. A cause de la position, sur le même plan vertical médian, des bouches d'arrivée et de sortie d'air, on n'utilise pas suffisamment l'air neuf, qui s'éeoule avant d'avoir produit tout l'effet qu'on en pouvait attendre. En plaçant les bouches de chaleur contre les murs latéraux, on eût évité cet inconvénient.

Nous arrivons enlin aux théâtres, les plus intéressants des établissements occupés d uno manière intermittente, intéressants sinon patleur destination, du moins par les difficultés de tout genre auxquelles leur ventilation est assujettie. Habituellement, en effet, on a à ventiler l'intérieur, le centre d'une pièce; et les mduvements de t'air peuvent s'y faire aisément. Ici, au contraire, ce n'est plus le centre, mais bien les parois mêmes de l'enceinte, dont il faut principalement renouveler l'air ; et les résistances que ces parois opposent naturellement à ces mouvements sont augmentées encore dans une extrême proportion par les innombrables reliefs ou cavités dont elles sont découpées. Il faut pourtant, sous peine d'avoir une ventilation défectueuse, que l'air vienne lécher toute ces surfaces indistinctement et d'une manière égale, que ce soit aux loges du rez-de-chaus-

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sée ou à celles du cinquième étage; il faut que l'ouverture ou la fermeture des portes, que le lever ou le baisser du rideau ne viennent pas troubler le cours des mouvements de l'air ; que le lustre et les nombreux groupes de becs de gaz n'en gênent pas la régularité de distribution dans les divers points da la salle ou même ne changent pas complètement le sens de son mouvement, si, par exemple, l'air vicié était écoulé par le. bas du théâtre ; il faut, enlin, qu'en été la ventilation soit assez énergique et la température de l'air introduit assez basse, pour neutraliser l'effet de la chaleur fournie parle lustre, par les divers groupes de becs de gaz, par le feu de la rampe et par les spectateurs euxmêmes.

— Ventilation dans les mines. Dans tous les travaux des mines, la condition essentielle pour la sécurité des ouvriers est d'établir une ventilation suffisante pour renouveler l'air dans les chantiers et entraîner au dehors l'air vicié par la respiration des hommes, par l'éclairage et par les gaz délétères qui se dégagent des roches et surtout de la houille. L'aérage est donc une partie capitale de la science de l'exploitation, et son étudo peut se diviser en trois grandes parties : les causes qui vicient l'air, les moyens d'obtenir un aérage suffisant et la répartition de l'air dans les travaux.

— Causes qui vicient l'air dans les mines. Ces causes sont : la respiration des ouvriers, la combustion des lampes, les explosions de la poudre, la décomposition spontanée de certaines substances minérales, la corruption des bois, le choc des outils contre des roches contenant des minerais arsenicaux ou msrcuriels, enfin les dégagements naturels de gaz délétères dans les. chantiers et l'augmentation de température résultant de la profondeur ou des différents phénomènes chimiques. Les gaz ainsi produits sont par ordre de densité : l'hydrogène carboné, l'azote, l'air atmosphérique, l'hydrogène sulfuré, l'acide carbonique, les vapeurs arsenicales et inercurielles. Avant de songer à remédier a la présence de ces gaz, la première condition est de les différencier pour éviter leur apparition brusque autant que possible et empêcher leur désastreuse influence.

L'acide carbonique, dont la densité est do 1,524, se reconnaît à sa pesanteur et tend à s'accumuler dans les parties basses ; en se mélangeant à l'air, il entrave la combustion des lampes et diminue leur pouvoir éclairant, occasionne chez les ouvriers une oppression qui les accable et, quand il dépasse certaines proportions, agit comme asphyxiant énergique. On peut dire en général que là où les lampes brûlent, c'est-à-dire jusqu'à concurrence d'un dixième d'acide carbonique, les ' hommes peuvent tenir, et bien que l'habitude permette aux mineurs d'ailler plus loin en général, la prudence défend de dépasser celte limite. Dans les mines de houille spécialement, où il peut se dégager en peu de temps de grandes quantités d'acide carbonique, il faut projeter dans le local envahi une dissolution d'ammoniaque, de potasse caustique ou de chaux et prendre les plus grandes précautions, surtout quand on aborue des chantiers abandonnés depuis longtemps ou les parties les plus basses de l'exploitation.

L'azote, beaucoup moins redoutable que l'acide carbonique, se manifeste par la coloration rouge qu'il donne à la flamme des lampes, rend la respiration difficile, appesantit la tête et détermine des sifflements dans les oreilles. La lampe s'éteint au moment où l'asphyxie peut être déterminée, c'est-à-dire lorsque l'air renferme 80 pour 100 d'azote.

Les vapeurs arsenicales et raercurielles, heureusement très-rares, ne peuvent être combattues que par un aérage très-vif et occasionnent chez les mineurs des tremblements nerveux et des fièvres pernicieuses.

L'hydrogène protocarboné ou grisou est de tous les gaz le plus dangereux, parce qu'il peut exercer son influence délétère de diverses façons, asphyxie, inflammation, détonation. Le grisou, emmagasiné dans les pores de la houille, est plus répandu dans Iss houilles grasses et friables que dans les houilles sèches et maigres; il se rencontre en général dans les dépilages, dans certaines masses de remblai, dans des failles traversant le terrain houiller, où il constitue alors des saufjlards ; plus abondant dans les chantiers, lorsque la pression atmosphérique diminue, il tend au contraire à être refoulé dans les vieux travaux par une hausse barométrique. Comme, en vertu de sa densité, 0,55, il s'accumule dan3 les parties hautes, l'aérage doit être en général ascensionnel, c'est-a-dire que l'air doit arriver par le bas et monter le long des chantiers, surtout sur les points où le grisou se dégage. L'action du gaz sur la flamme des lampes est le guide le plus certain pour en apprécier la présence et la proportion. Lorsque la proportion est 3 pour 100, les lampes commencent à marquer, c'est-à-dire que la ilamme s'altonge autour de la flamme primitive et devient bleuâtre par la combustion du mélange; si la proportion s'élève à 6 ou 7 pour 100, elle a!alIouge de plus en plus et vient bientôt remplir le tamis métallique ; à 7 et 9 pour 100, cette flamme devient permanente, et le tamis finit par rougir sans être encore à une température suffisante pour propager la combustion ; cependant la situa-

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tion est dangereuse; à 12 pour 100 environ, le tamis rougit rapidement, et l'on est dans les conditions d'une explosion si la lampe était ouverte; au delà, l'excès de grisou occasionne un refroidissement, et 6 35 pour 100 environ la flamme s'éteint. Les effets chimiques d'une explosion sont: la production de la vapeur d'eau et de l'acide carbonique et l'isolement de l'azote. Les effets physiques sont : une dilatation violente desgaz et de l'air , ambiant, suivie d'une réaction par contraction. Les ouvriers, suivant leur position par rapport au siège de l'explosion, sont brûlés, renversés ou projetés contre les parois des excavations, asphyxiés à. des distances quelquefois très-considérables. Les courants d'air sont très-difficiles k rétablir, les feux éteints, et souvent les machines à l'orifice des puits atteintes et gravement endommagées. Malgré les précautions de l'aérage', beaucoup de mines seraient inexploitables si l'on n'avait trouvé des' moyens spéciaux de se garanlir dugrisou pari invention des lampes de sûreté. Quoi qu'il en soit, en dépit des précautions prises et de la surveillance active des ingénieurs, de trop nombreuses explosions viennent encore terrifier les masses et jeter le deuil dans les familles dont les chefs travaillent à l'industrie houillère.

— Moyens d'obtenir un aérage suffisant.

"D'après ce qui vient d'être dit, il faut qu'il entre constamment dans une raine un volume d'air pur pour remplacer l'air vicié ; c'est ce qui constitue l'aérage ou la ventilation. On distingue l'aérage artificiel et l'aérage naturel. Laérage naturel est celui qui se produit quand on n'emploie aucune disposition particulière pour déterminer un courant d'air; il repose sur la théorie du siphon et est naturellement provoqué par la température, qui reste toujours la même dans les mines, tandis que la température extérieure varie dans des limites très-éloignées d'une saison à l'autre et dans des limites moins distantes du jour à la nuit; de là les variations du courant d'air en hiver et en été. S'il y a communication au jour par un seul puits, l'air froid de l'extérieur descendra pendant l'hiver en suivant l'axe de ce puits, tandis que l'air chaud de l'intérieur s'élèvera en suivant les parois. En été, les courants seront trop faibles et n'auront lieu que dans les momerjts du jour et do la nuit où il y aura k l'extérieur une température moins élevéé"qu'à l'intérieur. S'il y a deux orifices au jour dans les mêmes conditions de section, de niveau et d'exposition, les phénomènes seront les mêmes que précédemment. S'il y a seulement différence do section, la section la plus petite servira au retour d'air; un courant inverse pourra sa produire en été, mais faiblement. Si le niveau est différent, il y aura presque toujours mou- 1 ventent. En hiver, l'air extérieur entrera par f l'orifice dont le niveau est plus bas, et lair j échauffé sortira par l'autre. En été, le cou- * rant sera inverse et seulement dans les moments de transition de température ; il y aura incertitude dans le sens des courants et stagnation possible dans l'aérage. Enfin, l'exposition des orifices pourra même aller jusqu'à renverser la direction naturelle des courants, et très-souvent en Angleterre les orifices d'entrée et de sortie portent des girouettes qui les orientent naturellement. Dans certains cas où lé mouvement d'air serait rebelle, on installe sur un puits une haute cheminée destinée à déterminer ou à augmenter la différence de niveau des deux orifices d'entrée et de sortie de l'air. Dans le fonçage d'un puits, on divise la section totale en deux parties inégalés au moyeu d'une cloison en planches, hermétiquement calfatée avec de ta mousse, et le mouvement de l'air s'établit entre ces deux compartiments. Dans le percement d'une longue galerie, on provoque de même le courant en établissant soit une cloison en brique ou un tuyau en tôle qui suivent l'avancement, soit sur des traverses un plancher de roulage qui réserve libre la partie inférieure de la galerie.

L'aérage'naturel de vient insuffisant lorsque les travaux souterrains sont profonds et complexes et surtout lorsqu'ils renferment une proportion nptable de gaz délétères ; on a alors recours à l'aérago artificiel, qui repose sur la dilatation ou plus rarement sur la condensation de l'air en un point donné. Au point de vue des moyens employés, on distingue l'aérage par foyers et l'aérage par machines. Un foyer disposé dans un puits produira par sa combustion un appel de l'air vers le point où il sera placé ; de plus, en chauffant l'air qui le traversera, il augmentera encore ce mouvement d'appel. Les- foyers peuvent être combinés de manière à vtjnir en aide à l'aérage naturel, et leurs frais d'installation et d'entretien sont peu coûteux, surtout dans les mines de houille. Lorsqu'il n'y a pas de gaz inflammable, le foyer est souvent allumé sur une grille en forme de corbeille, ou toquefeu, suspendue dans le puits de retour d'air par une chaîne enroulée sur le tambour d'un treuil. Mais il vaut mieux établir vers la base du puits et dans une galerie spéciale une grille horizontale, qui puisse appeler l'air intérieur et lancer dans le puits 1 air chaud et les gaz de la combustion. Cette disposition n'est plus possible lorsque la mine renferme des gaz inflammables, parce que le foyer doit être alimenté parde l'air pur ou tout au moins placé de telle manière qu'une explosion ne

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soit pas a redouter. Généralement, en Franco et en Belgique, on résout le problème comme il suit : on divise la partie cuvelée d'un puits par une forte cloison en deux sections inégales, la bure principale et le goyau1; arrivé au terrain houiller, le goyau s'éloigne du puits et descend de 10 mètres en .10 mètres par des séries de petits puits ou beurlias séparés par des paliers. Le foyer d'appel est placé dans une galerie spéciale, mise en communication avec lesbeurtias pour l'entrée de l'air destiné à la combustion, et les gaz brûlés ne sont jetés dans le puits que par une galerie de 15 mètres de longueur environ ; deux portes solides, dont l'une au moins se trouve toujours fermée, isolent les beurtias de la voie de retour d'air. En Belgique, notamment k Seraing, au lieu de la disposition précédente, on a fait communiquer le puits de retour d'air avec de hautes cheminées ; puis on a déterminé le mouvement d'appel en chauffant l'air qui sort de la mine, soit directement au moyen de grilles, soit par contact à l'aide- de calorifères. On ne se sert pas exclusivement de foyers d'appel, à cause des fortes dépenses qu'il faudrait subir, lorsque les besoins de la mine exigent pour l'air de sortie une vitesse considérable et par suite une haute température. Aussi, sur le continent, lorsque 40° à 50° ne suffisent pas, -on remplace les foyers par des engins mécaniques. On a aussi employé en Angleterre des jets de vapeur pour accélérer le tirage des puits d'appel, mais cet usage s'est généralement peu répandu. Reste l'aérage par machines. M. Combes a résumé ainsi les conditions particulières auxquelles elles doivent satisfaire: 10 déplacer des volumes d'air considérables ; 2° n'imprimer à ces masses d'air que de faibles vitesses ; 3° n'augmenter que très -peu la pression de l'air qu'elles puisent dans la mine, si elles sont aspirantes, et dans l'atmosphère si elles sont foulantes. Quant au choix entre lesi machines aspirantes ou foulantes, on peut se guider sur les considérations suivantes : au point de vue de la forco motrice, les machines soufflantes ou foulantes sont plus économiques; de plus, dans le cas d'une explosion considérable, elles sont moins sujettes à être détruites que les machines aspirantes situées sur le puits de retour d'air. Mais en revanche, celles-ci cessant de fonctionner par une cause imprévue, il y a augmentation de pression et par suite rentrée des gaz dans les vieux travaux ; d'un autre côté, le puits d'entrée d'air servant pour l'extraction et l'épuisement, il est plus commode d'installer sur le puits de sortie une machine qui est par conséquent aspirartte; en dernier lieu, on la place généralement, non sur le puits directement, mais dans une galerie latérale, ce qui la met dans une certaine mesure à l'abri des forts coups degrisou, D'après ces considérations, on choisit généralement de préférence des, machines aspirantes, et, sans parler d'anciennes dispositions qui n'ont plus cours aujourd'hui, ni des machines soufflantes très-peu employées, il ne reste guère dans la pratique que trois appareils dits ventilateurs, les ventilateurs Guibal, Fabry et Lemielle, que nous allons esquisser rapidement.

Le ventilateur Guibal est un ventilateur à force centrifuge et k ailes planes qui se meuvent entre deux parois verticales. Pendant -longtemps, M. Letoret a établi ces appareils à quatre ailettes seulement; mais entre deux d'entre elles il se produisait des courants d'air inverses; aujourd'hui leur nombre est plus considérable. De plus, on a reconnu que si, au lieu de laisser le ventilateur entièrement ouvert sur ta circonférence on le fermait sur une partie, on obtenait un plus grand effet utile; on a donc installé un coursier qui embrasse une pauiealiquotedelacirconference.

Enfin, M. Guibal est venu apporter deux perfectionnements importants à cet appareil; il a rendu mobile une partie du coursier, de manière à régler à volonté la section de l'orifice de sortie, et il a établi une espèce de cheminée, dans laquelle l'air est lancé au lieu de sortir librement dans l'atmosphère. Cet appareil est aujourd'hui très-répandu, surtout en France et en Belgique, où il donna en général da bons résultats.

Le ventilateur Fabry est composé do deux roues d'engrenage de même diamètre, ayant seulement trois dents chacune. Ces roues sa meuvent entra deux parois verticales et dans un coursier circulaire, à la base duquel se fait l'appel de l'air par deux galeries communiquant au puits. Elles portent à leur extrémité des croisillons disposés de telle sorte qu'il y a toujours deux dents en contact, ce qui empêche des rentrées d'air. Le mouvement, d'abord transmis aux deux roues par, un engrenage, est aujourd'hui donné par un cylindre à vapeur vertical, portant deux bielles directement attelées à des manivelles culées sur les arbres des roues. Cet appareil est aujourd'hui très-répandu, bien que, suivant l'opinion de quelques directeurs de charbonnage, il ne permette pas d'aspirer à de grandes profondeurs.

Le ventilateur Lemielle se compose d'un tambour hexagonal, mobilo autour d'un axe vertical, et sur lequel se plient et se développent successivement trois volets à charnières appliqués sur chacun des pans du .tambour. Le puits d'aérage se termine par un orifice rectangulaire, dans lequel se meuvent les volets successivement développés

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par la rotation du tambour hexagonal. Cet appareil doit, selon nous, être préféré, surtout dans le cas de travaux très-développés et chargés de grisou, bien que l'on ait souvent objecté les difficultés de son exécution et les soins de son entretien. V. ventilateur.

— Bépartition de l'air dans les travaux. Quand on veut établir un système d'aérage, il faut déterminer la quantité d'air à introduire pendant un temps donné et le faire circuler avec une vitesse convenable et de manière à l'amener aux chantiers aussi pur que possible. La vitesse doit être assez grande pour amener la diffusion et l'entraînement des gaz délétères, et pas assez pour projeter la flamme h travers les toiles métalliques des lampes, généralement 0m,6o par seconde et au maximum 110,40. Quant à la quantité d'air à introduire, elle dépend de conditions assez complexes. Si la mine n'offre aucun dégagement de gaz délétères, on peut compter le nombre des ouvriers et des lumières, doubler ou tripler la quantité d'air altéré et déterminer ainsi la quantité d'air à introduire par un aérage artificiel". Dans les houillères, il n'en est pas de même: les moins ventilées reçoivent inic,7oo par seconde, et les mines à grisou, ventilées mécaniquement, en absorbent jusqu'à 7 et 15- mètres 'cubes. Spécialement dans les mines où le grisou est à redouter, on divise le courant d'air à son entrée ' en plusieurs branches et on le fait circuler dans des groupes isolés, qu'on aère ainsi indépendamment les uns des autres. Quant à la marche de l'air Jans les travaux, elle varie aveu chaque mode d'exploitation. On peut dire seulement d'une manière générale que le courant descend d'abord au bas des travaux, remonte les voies de roulage, parcourt les chantiers d'abatage de bas en haut et se rend au puits d'appel par une voie spéciale et non fréquentée. Si le chemin ainsi déterminé est le plus court, l'air le suit naturellement; sinon, on lelui impose en fermant toute autre issue par une porte d'aérage, qui est en bois et mobile autour d'un axe oblique, du façon qu'elle se referme d'elle-même quand on vient à l'ouvrir. Pour une communication très-fréquentée, au lieu d'une seule porte, on en met deux ou trois, de façon qu'un convoi de charbon puisse se loger entièrement entre deux. Si l'on n'a pas besoin de circuler dans la galerie, on remplace ces portes par des barrages assez épais pour résister à une explosion de grisou, et dans ce cas les briques résistent mofns qu'un mur en détritus de S à 3 mètres d'épaisseur. Dans une mine à grisou, il faut forcer l'air à arriver jusqu'au front de taille; pour cela, oh pousse un système de deux galeries parallèles et séparées par des piliers, l'une pour l'arrivée, l'autre pour le retour du courant; ces deux galeries communiquent par des cheminées que l'on bouche au fur et à mesure de l'avancement. Quelquefois, on ne fait qu'une seule galerie que 1 on divise en deux, comme nous 1 ayons déjà dit. Pour faire croiser deux courants d'air dans deux galeries sans les mêler, il suffit d'établir une voûte sur toute la longueur de l'une d'elles et au-dessus d'excaver le toit; si l'on doit circuler dans l'une ou l'autre des galeries, on exhausse sur une plus grande échelle. Toutes ces dispositions capitales et beaucoup d'autres encore montrent l'importance d'un aérage soigné et bien conduit; la Sécurité des ouvriers en dépend, et ce doit être pour l'ingénieur l'un des objets de ses soins les plus intelligents et les plus assidus. Toutes les précautions à prendre ont été parfaitement résumées dans un arrêté royal de Belgique du 1er mars 1850, que l'on pourra consulter avec intérêt, ainsi que les articles de la législation des mines eu France relatifs à l'aérage.

VENTILER v. a. ou tr. (van-ti-lé — lat. ventilarn, remuer à l'air, agiter; de ventus, vent). Renouveler l'air dans : Ventiler une mine, une salle d'hôpital. Pendant l'été, il faut ventiler les pièces sans les chauffer. (L. Figuier.)

— P. etchauss. V. vantiller.

— Jurispr. Evaluer une ou plusieurs portions d'un tout vendu, non pas quant à la valeur réelle, mais relativement au prix total : On ventile une maison, quand le prix en est à distribuer entre des créanciers privilégiés sur la superficie, et des créanciers hy ■ pothécaires ou privilégiés sur le fonds. (Acau.)

— Ane. pratiq. Discuter, débattre avant de délibérer en la forme : Après avoir ventilé quelque temps la chose, on en délibère en forme. (AeaU.)

VENTiller v, a. ou tr, V. vantiller.

VENTILLON s. m. (van-ti-llon ; Il mil. — rad. venteaux). Chacune des soupapes qui ferment les venteaux d'un soufflet.

VENTILOCALORIQUE adj, (van-ti-lu-kalo-ri-ke — uu lat. ventus, vent, et de calorique). Techn. Qui sèche au moyen du vent et de la chaleur: ZlessîVcufeurvENTiLOCALORiQuu.

VliNTIMIGLIA, ville du royaume d'Italie.

-V. YlNTIMILLK.

VENT1MIGLIA- DI-S1C1LIA, bourg du royaume d'Italie, dans la Sicile, province de Palerme, district de Terminit mandement de, Ciminna; 4,600 hab,

VENTIS s. m. pi. (van-ti — rad. vent).

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Faux et for. Arbres abattus par ies vents, n Faux ventis, Arbres qu'on a abattus volontairement, ou qu'on a déchaussés pour les faire abattre par le vent.

VENT-JAGER s. m. (van-ja-jèr — holland, vind-jager; de vinti, vent, et de jager , chasseur). Pêche. Nom donné au premier vaisseau hollandais qui va à la pêche du hareng.

VENTOCORIS s. m. (vaîn-to-ko-riss — du lat. ventus, vent, et du gr. koris, punaise). Entom. Genre d'insectes hémiptères, de la famille des scutellériens, tribu des scuul lérites, réuni par la plupart des auteurs aux tétyres. %

VENTOLIER s. m. (van-to-Iié — rad. vent). Fauconn. Qui résiste au veut : Oiseau bon VENTOLIER, mauvais ventolier. I) Qui se plaît à voler dans le vent : Les ventoliers sont exposés à se perdre.

VENTÔSE s. m. (van-tô-ze — dn lat. ventosus, venteux; rad. ventus, vent). Sixième mois du calendrier républicain, commençant du 19 au 21 février.

VENTOSITÉ s. f. (van-to-zi-té — rad.twnieux). Accumulation de vents dans l'intestin.

VENTOTENE, bourg du royaume d'Italie, ' province de Naples, district de Pouzzolcs, chef-lieu de mandement; 2,100 hab.

VENTOUSE s. f. (van-tou-ze — bas lat.

ventosa; de ventus, vent, signifiant proprement soupirail donnant passage à l'eau ou à l'air. De là les différentes applications technologiques et médicales de ce mot. Ce que nous appelons ventouse en chirurgie s'appelait chez les Latins cucurbila, chez les Grecs sikua, proprement courge. Juvénal a cucurbila ventosa, courge venteuse). Chir. Petit vuse que l'on applique sur la peau, et dans lequel on raréfie l'air, soit à l'aide d'une petite pompe, soit au moyen du feu, ce qui produit une congestion à la peau : Appliquer des ventouses. Les ventouses désorganisent les tissus. (Raspail.) Il Ventouse humide ou scarifiée, Ventouse que l'on applique sur une partie après y avoir fait de légères scarifications, pour déterminer un écoulement du sang, il Ventouse sèche, Ventouse qui s'applique sans scarification préalable, et qui ne produit aucune perte de sang.

— Petite ouverture ménagée dans le sommet d'une coiffure, pour permettre le renouvellement de l'air autour de la tète.

— Mac. Ouverture pratiquée dans les ponts ou dans les murailles, pour renouveler l'air intérieur.

— Hydraul. Petit appareil servant à donner passage à l'air qui gênerait la circulation du liquide dans les conduites d'eau.

— Constr. Ouverture ménagée pour donner de l'air dans un appartement. 11 Nom donné aux plaques de plâtre entre lesquelles arrive l'air extérieur, pour alimenter un foyer de cheminée. Il Petite grille donnant passage à l'air froid qui alimente un poêle.

— Arboric. Branche non taillée, qu'on laisse aux espaliers trop vigoureux, pour lui faire absorber l'excès de la sève, et qu'on supprime plus tard.

— Zool. Nom donné à des organes au moyen desquels certains animaux aquatiques s'attachent à différents corps, ou sucent, en faisant le vide.

— Çncycl. Méd. Les ventouses peuvent être en corne, en métal ou en verre. Les Egyptiens se servaient autrefois d'une simple corne de bœuf percée k son sommet il 'un trou par lequel on exerçait la succion de l'air. Les ventouses en métal sont incommodes, parce que, n'étant point transparentes, elles ne permettent pas de voir ce qui se passe à l'intérieur. Aussi ne se sert-on aujourd'hui que de ventouses en verre, dont le diamètre varie depuis 0»i ,03 jusqu'à 0™, 09. Ces vases représentent 'par le fond les deux tiers d'une sphère; l'autre partie est terminée en goulot dont la diamètre est plus petit que celui de la portion sphéroïdale. Cette forme de la ventouse n'est pas indispensable ; on peut parfaitement se servir d'un verre à boire ordinaire. On distingue deux sortes de ventouses relativement à la manière dont on les applique, les ventouses sèches et les ventouses scarifiées. Les premières sont celles qu'on applique sur les téguments dans le but de rougir la peau et d'y déterminer une congestion sans pratiquer aucune solution de continuité pour extraire du sang; les ventouses scarifiées sont caractérisées par des incisions plus ou moins nombreuses, plus ou moins profondes, dans le but de retirer une certaine quantité de sang.

— Ventouses sèches. Lorsqu'on veut appliquer une ventouse sèche ordinaire, on prend le vase en verre, quel qu'il soit, et on le porte sur la partie du corps où il doit être appliqué, afin de s'assurer qu'il s'adapte convenablement; puis on le retire, afin d'opérer dans son intérieur la raréfaction de l'air. Pour cela, on fait hrùler dans la ventouse ou dans le vase qui doit en tenir lieu un morceau de papier, d'étoupe ou de charpie imbibé d'alcool, ou simplement en enflammant de l'alcool ou de l'éther mis en petite quantité au fond du verre. Quel que soit le procédé qu'on emploie, il faut avoir soin de ne point chauffer les parois du vase, parce qu'en l'appliquant sur la peau on produirait des brûlures quelquefois suivies d'esebares. C'est'

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pour éviter cet inconvénient qu on pourrait laisser quelques instants l'ouverture du vase sur une lampe à alcool pour raréfier l'air sans chauffer les parois. Dès que le vicie est à peu près fait dans l'intérieur de la ventouse, on applique celle-ci sur les téguments en ayant soin de mettre les bords parfaitement en contact avec la peau; car, sans cette précaution, l'air extérieur pénétrerait dans le vase, et l'opération serait à recommencer. Aussitôt la ventouse appliquée, on voit, par le seul effet de l'absence de pression atmosphérique, la peau s'élever peu à peu dans le vase, se congestionner et devenir presque violette. On laisse le verre en place pendant Jeux ou trois minutes; puis, pour le retirer, oi» presse avec un doigt les téguments sur un des points de la circonférence de la wntouse pour y faire pénétrer l'air extérieur, et lo vase se détache alors de lui-même. 61atin a imaginé une espèce de ventouse portative très-commode et d'une application facile. Elle consiste en un petit vase hémisphérique très-épais de caoutchouc vulcanisé, et dont l'orifice est maintenu ouvert par uu fil métallique flexible et contenu dans 1 épaisseur du bord de ce vase. Pour faire usage de cette espèce de ventouse, on comprime le caoutchouc avec la main de manière à mettre les parois en contact l'une avec l'autre, puis on applique l'appareil -, l'élasticité du caoutchouc étant assez grande pour triompher de la pression atmosphérique, les parois se relèvent d'elles-mêmes et le vide se fait naturellement. L'unique défaut de eut appareil; c'est de n'être point transparent et de ne point laisser voir ce qui se passe à l'intérieur. On ne peut pas juger de la turgescence des parties ni de la quantité de sang que le vase contient lorsqu'on a pratiqué des scarifications. Les ventouses ne peuvent point être appliquées indifféremment sur tous les points du corps, ii est impossible de les employer dans les régions ou il existe des saillies osseuses, et, en général, sur tous les points où il n'existe pas une surface de parties molles aussi large que l'orifice de la ventouse. Ainsi, chez les sujets amaigris, les parois thoraciques, à cause de la saillie des côtes, ne se prêtent point à l'usage de ce moyen thérapeutique. Il en est de même des parois du crâne.

— Ventouses à pompe. Ces appareils se composent, comme les ventouses ordinaires, d'un récipient en verre dont le fond ouvert s'adapte à une garniture en cuivre à laquello est vissé un corps de pompe. La garniture se trouve, en outre, munie d'un robinet destiné à établir et à interrompre la communication de l'air atmosphérique avec le récipient. Pour faire usage d'une ventouse à pompe, il suffit d'appliquer l'appareil sur la peau et de faire jouer le piston après avoir fermé le robinet. Le vide se fait comme sous le récipient de la machine pneumatique, et l'on obtient tous les effets de la ventouse ordinaire. Lorsqu'on veut tirer du sang, on pratique des scarifications, et lorsque le vase est plein do liquide, on n'a qu'à ouvrir le robinet pour l'enlever. On nettoie la cloche et on la réapplique encore s'il y a lieu.; Si l'on voultrit employer plusieurs ventouses en même temps, il serait inutile d'avoir plusieurs corps de pompe; un seul suffit, pourvu qu'il puisse s'adapter à la tubulure de chacune des cloches dont on veut faire usage. Les ventouses k pompe sont commodes et d'un emploi trèsfacile ; mais elles coûtent très-cher ; c'est pourquoi l'usage en est peu répandu.

— Ventouse à succion. Cette ventouse ne diffère de la précédente que par le corps de pompe qu'on a remplacé par une boule creuse en caoutchouc, munie de deux soupapes; l'une communiquant avec la cloche par une tubulure, l'autre communiquant avec le dehors. Pour se servir de cet instrument, on place le verre sur les téguments, puis on presse fortement la boule en caoutchouc, afin de chasser l'air qu'elle contient par la soupape qui s'ouvre au dehors. Dès qu'on relâche les parois de la boule, en vertu de leur élasticité, elles' reviennent sur elles-mêmes, et le vide se trouve fait dans l'intérieur de la sphère. L'air contenu dans la clocha s'y précipite aussitôt, et, pour peu qu'on répète trois ou quatre fois la même manœuvre, on obtient le vide presque complet sous la cloche.

— Ventouse Junod. Le docteur Junod s'est appliqué à soustraire les membres entiers à l'action de la pression atmosphérique. Pour cela, il a fait confectionner de grandesjbottes en cuivre pour les jambes, et des brassards de même métal pour les bras. Ces espèces d'étuis métalliques sont garnis à leur partie supérieure d'un manchon en peau bordé en caoutchouc. Celui-ci exerce autour du membre une forte pression qui empêche toute communication avec l'air extérieur. Une fois l'appareil en place, on fait le vide au moyen d'une pompe aspirante et foulante, qui communique avec l'étui métallique au moyen d'un long tube muni d'un robinet. Celui-ci est destiné à établir et à interrompre, à volonté, la communication de la boite cylindrique avec l'air atmosphérique. Un manomètre, adapté à l'appareil, indique le degré de raréfaction de l'air. Ces espèces de ventouses monstres produisent des effets très-prompts et très-énergiques. La circulation tout entière se trouve profondément modifiée. Ce

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sont d'abord les capillaires cutanés qui, en quelques secondes, se trouvent gorgés de sang-, bientôt les gros troncs vasculaires eux-mêmes se trouvent atteints, et la perturbation dans la circulation est telle, que l'impulsion du cœur se trouve contre-balancée; le sang circule difficilement, et la syncope ne tarde pas à arriver, pour peu que l'on maintienne la raréfaction de l'air dans la ventouse. Ce moyen thérapeutique est un puissant révulsif; il opère comme la saignéo générale, avec la différence qu'il ne fait que déplacer le sang sans en priver l'économie, et qu'en agissant ainsi il ne produit aucune débilitation. On conçoit qu'un moyen thérapeutique qui occasionne si promptement une si grande perturbation physiologique doit être manié avec beaucoup de précaution, et qu'il pourrait entraîner un grand désordre et déterminer la mort même dans certaines circonstances, s'il était mal appliqué et mal dirigé. Néanmoins, ses effets thérapeutiques ne sont pas à négliger dans les congestions cérébrales et pulmonaires avec ou sans hémoptysie. (Guersant.) *

— Ventouses scarifiées. Les ventouses scarifiées s'appliquent exactement comme les ventouses sèches ; elles n'en diffèrent que par les solutions de continuité qui ont été faites aux téguments dans le but d'opérer une saignée des capillaires. Pour appliquer les ventouses scarifiées, on place le vase sur la peau ; puis, lorsque la peau a été congestionnée, on l'enlève et on pratique les scarifications. Pour cette opération, on se sert du bistouri, du rasoir ou d'une lancette; mais il vaut mieux faire usage du scarificateur (v. ce mot). On pourrait, à la rigueur, se dispenser d'appliquer une ventouse sèche avant de scarifier les téguments; mais cette méthode présente des avantages qu'il est bon do ne pas négliger. D'abord, elle engourdit la peau par l'afflux des liquides que la raréfaction de l'air y a appelés et la rend ainsi moins sensible aux scarifications ; de plus, celles-ci peuvent être pratiquées sur une surface limitée d'avance et on est moins exposé par cela même à faire des incisions trop longues qui, tout en occasionnant des douleurs au malade, deviendraient cependant inutiles. Dès que les scarifications sont faites, on réapplique la ventouse sur les surfaces saignantes, et aussitôt on voit le sang s'écou'ler en nappe sous la cloche. Dans le cas où l'on voudrait pratiquer une saignée copieuse, il faudrait faire, des incisions de 0m,002 environ de profondeur, et, lorsque la coagulation du sang dans la ventouse arrêterait l'écoulement, il faudrait retirer l'appareil, laver les surfaces avec de l'eau tiède et faire une nouvelle application. Sarlandicro a construit, sous la dénomination de sangsues artificielles, des appareils composés d'une ventouse à pompe ordinaire et d'un scarificateur qu'on peut faire agir sans déplacer la ventouse. Le scarificateur est une tige métallique mobile qui, glissant à frottement, peut monter et descendre dans l'intérieur delà cloche. Celle-ci estgarnie, en outre, latéralement d'un robinet qui permet d'évacuer le sang lorsqu'il est amassé en Kssez grande quantité. Deraours a remplacé le scarificateur de Sarlandière par des aiguilles qui s'élèvent et s'abaissent à volonté, et qui sont destinées à remplacer la piqûre des sangsues. Ces deux appareils ont reçu le nom de bdellometre.

Le but qu'on se propose dans l'application des ventouses est de produire une dérivation, et en cela on obtient les mêmes résultats que par les sangsues. Dans les hôpitaux, on préfère généralement les ventouses aux sangsues, parce que celles-ci sont d'un prix élevé; elles ne peuvent point servir deux fois, et, lorsqu'il faut opérer une forte révulsion, on serait obligé d'an employer un trop grand nombre. Les ventouses, depuis Hippocrate jusqu'à nos jours, ont été toujours employées dans le traitement de certaines maladies aiguës. Ainsi dans la pleurésie, où l'on observe dès le début un point de côté très-douloureux, il est très-rare que l'application de quelques ventouses scarifiées ne triomphe pas de la douleur. On peut en dire autant de la pleuro-pneumonie, des catarrhes, des rhumatismes, de lu pleurodynie, de la sciatique; mais le plus souvent leur application n'est réellement utile que lorsqu'elle a été précédée du traitement antiphlogistique. Dans le. cas contraire, les accidents pourraient être aggravés par une irritation locale qui augmenterait l'état fluxionnaîre des organes 111aladqs en même temps que la réaction fébrilo qui l'accompagne. Dans certains cas d'hématurie, de méirite, de catarrhe de la vessie, on a retiré de très-grands avantages de l'application des ventouses au périnée ou sur la région lombaire. L'aménorrhée peut quelquefois être combattue par les ventouses à la région interne des cuisses. Petit, de Lyon, les a employées pour vider les abcès par congestion, après une simple ponction de la tumeur; de cette manière, il évitait l'entrée de l'air atmosphérique dans le foyer purulent. On applique encore les ventouses sur les plaies empoisonnées pour empêcher la pénétration du virus dans la profondeur des tissus.

— Art vétér. L'usage des ventouses sèches et scarifiées dans l'art vétérinaire date de la plus haute antiquité ; il remonte au temps

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des anciens Egyptiens, et l'on connaît même le mode opératoire suivi par eux sur les animaux; toutefois, on ne les trouve mentionnées chez les modernes pour la première fois que dans les hippiatres de la Renaissance. Solleyrel, entre autres, en propose l'emploi, par imitation de ce qui se faisait sur 1 homme. De nos jours, les vétérinaires en font peu usage, peut-être à tort, car il n'y aauctin doute qu'il: ne pussent retirer, de l'emploi des ventouses scarifiées notamment, de grands avantages ; elles peuvent surtout remplacer les sangsues, dont le prix et la difficulté d'application restreignent considérablement 1 usage chez les animaux.

Les ventouses sèches ou humides peuvent être employées indifféremment toutes les fois qu'il s'agit de produire une révulsion sur une partie de la surface du corps Cependant les ventouses sèches, qui produisent une excitation légère et disparaissant très-vite, ne sont presque plus usitées. Les ventouses scarifiées, au contraire, qui joignent à l'irritation dérivative une émission sanguine prompte, sont susceptibles de très-nombreuses applications, i Elles sont très-utiles, dit M. Gourdon, pour combattre ces inflammations sous-cutanées, accompagnées d'engorgement, si communes sur les animaux, et provenant de contusions, de coups de pied, de blessures, etc. Appliquées a temps, ces ventouses peuvent donner des résultats inespérés. On les emploie encore avec succès contre les phlegmasies des articulations et des parties avoisinant les os, à titre do révulsif; contre les affections inflammatoires aiguës des viscères profonds; contre les pneumonies , les entérites , lea ophtbalinies, les parotidites; contre les engorgements traumatiques ou spontanés, et toujours si douloureux, de la région testiculaire; contre toutes les tumeurs accompagnées d'une douleur vive. On les emploie aussi pour résoudre des engorgements rebelles et pour tous les cas où il y a infiltration diflioile Maire disparaître par un traitement général. Entin, on les a quelquefois essayées avec succès contre les paraplégies, principalement contre celles qui sont dues à des causes traumatiques. Ajoutons, toutefois, que le* ventouses ne doivent pas être appliquées directement sur les parties atteintes de phlegmasies aiguës, sur la peau quand celleci souffre' d'une irritation propre, car on ne pourrait ainsi qu'accroître l'état iluxionnaire local. Dans ces circonstances, on applique les ventouses scarifiées soit au voisinage de la partie malade, soit dans un point plus ou moins éloigné, mais en rapport sympathique ' avec elle. »On a aussi fait usage des ventouses soit pour faciliter la réduction des, hernies ,en les appliquant à distance pour produire une sorte d'absorption par la cavité abdominale, soit tout à côté de l'entrée du sac herniaire pour élargir l'anneau et faciliter la rentrée de l'intestin.

Pour appliquer les ventouses, on choisit de préférence, quand le lieu n'est pas forcément indiqué , les régions charnues dépourvues d'éiuinences osseuses : les joues, les parues supérieures et latérales de l'encolure, le liane, "aV ' — " '"" :""

l'abdomen, la croupe, etc., toutes les Rames en un mot pouvant s'accommoder à la forme de la ventouse. Il faut, en outre, que sur le point où sera placée la ventouse la peau soit souple, sensible et à surface bien unie. Si elle est couverte de poils, ce qui est le cas ordinaire chez les animaux, il faut d'abord la raser avec soin, ce qui évite la douleur que produirait la combustion des poils si l'on tait le vide par le feu. La partie préparée, il s agil d'aopliquer }&.ventouse. Pour cela, on fuit le vide' sous la cloche en y fuisant brûler un corps quelconque, du papier, de la niasse, du coton , des matières sèches et imprégnées d'alcool. Au moment où le corps est en combustion dans le vase, on l'applique très-vivement sur le point fixé, de manière à le faire porter exactement pour éviter toute communication avec l'air extérieur. Aussitôt le corps en combustion éteint, l'air refroidi se condense, laisse un vide que tend a remplir la peau , laquelle monte alors rapidement et forme dans la ueutouse une tumeur arrondie très-manifeste. Ce gonflement toutefois est très-limité, car le vide obtenu par la chaleur est toujours fort imparfait. Quel qu'il soit, quand on juge le gonflement suffisant, on presse avec le doigt sur la peau en un point de la circonférence de la ventouse; l'air entre, et le vase se détache aussitôt. En appliquant la oetifouse à. l'aide d'un corps inflammable, il faut prendre quelques précautions pour éviter de niettro le feu à la paille sur laquelle repose l'animal. Pour cela, outre les attentions inhérentes à l'opération ellemême, il convient, si on le peut, dû conduire l'animal sur un sol nu. oit on le tiendra debout avec une plate-longe on un tord-nez. Dans le cas où l'animal ne pourrait quitter sa place ou devrait être opéré abattu, il faudrait recouvrir la litière d'une couverture quelconque. ,

Quand qn fait usage des ventouses a scarificateur, le procédé est un peu différent. On applique d'abord la cloche et l'on fait le vide à 1 aide du piston. Lorsque la peau est assez gonflée, on presse supérieurement sur le bouton de la tige mobile qui porte les lames de lancettes, que l'on fait pénétrer ainsi dans la peau. On retire immédiatement la tige, on met de nouveau en jeu la pompe aspirante, et le eang arrive dans la ventouse avec abondance.

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• Chez les animaux, dit M. Gourdon, les ventouses scarifiées, ainsi appliquées, ne donnent pas toujours une quantité de sang suffisante. Alors, pour accroître leur effet, il faut, nonseulement bien raser la partie, mais encore préalablement y exercer des frictions, y appliquer un sinapisme, la soumettre à 1 action de l'eau chaude k 60° ou 70°, puis terminer l'opération par des cataplasmes émoUients. Au surplus, la proportion de sang qui s écoule alors dépend beaucoup de l'état des parties. Ainsi, quand l'organe est le siège d'une phlegmasie, il donne plus de sang que dans son état ordinaire ; et si la peau participe a 1 inflammation, on obtient de la sorte d abondantes sajgnées locales. Au reste , quel que soit l'état de la partie, on peut toujours, par les moyens que nous venons d'indiquer, augmenter'la quantité de sang extraite. ■

VENTOOSER v. a. ou tr. (van-tou-zé — rad. ventouse). Chir. Appliquer des ventouses à : Ventousisr un malade. VentovjSbr une partie engorgée.

VENTOUX (mont), montagne de France (Vaueltise), arrond. et à 22'kilom. N.-E. de Caipentras. Il tire son nom des vents vioi lents qui soufflent sur son sommet. Cette ! montagne, jadis boisée, aujourd'hui pelée et aride, -présentant çà et là quelques parties ! couvertes de gazon, s'avance comme un imi mense promontoire dans la plaine ou coulent | leEhône et l'Ouvèze; c'est la ramification la ' plus occidentale des Alpes; sa forme est allongée en dos d'âne de l'E. à l'O. ; sur ce dos d'âne s'élève un mamelon conique, dont la hauteur est de 1,912 mètres au-dessus du niveau de la mer. Du sommet de ce cône, quand le temps est serein, on découvre un immense panorama sur les Alpes, le Rhône et les Cevennes. Il a été fréquemment choisi par les savants comme point d'observations physiques et géodésiques. ■

Parmi les curiosités locales que présente le mont Ventoux, il faut citer : la source de la Font-Filiole, mince, mais intarissable blet d'eau dont la température constante est de 5«, et qui jaillit à 1,788 mètres d'altitude, eestà-dire à 123 mètres seulement au-dessous du point culminant de la montagne, et sur son versant septentrional ; les puits du inorA Serein (1,455 mètres); la source d'Angel (1,164 mètres); la combe Carnier, sur le flanc méridional de la montagne. « Cette combe, dit M. Joanne, est bordée de chaque côte de rochers taillés à. pic et dans les flancs desquels s'ouvrent plusieurs grottes sauvages. L une d'elles est surtout remarquable par la quantité et la beauté de ses stalactites. Elle a, diton, de 40 à 50 mètres de longueur, mais on ne peut y pénétrer qu'en rampant. » Il faut encore mentionner, derrière le mont Ventoux, du côté de Saint-Léger, une autre caverne très-profonde : la baume de la Mine, dont l'entrée paraît avoir été travaillée de main d'homme à une époque très-reculee. Un certain nombre de villages, dont on ne trouvera ici que la nomenclature, sont en quelque sorte accrochés aux flancs du mont Ventoux; ce sont: Savoillaux (233 hab.) ; Brantes (410 hab.); Saint-Léger (196 hab.), ou 1 on remarque des grottes très-profondes dans lesquelles les paysan» superstitieux croient nu il existe un trésor; Flassan, Ventouret, Saint- Esprit, Aurel, Saint-Trinit, Sault, Verdolier Saint-Jeannu et les Abeilles. Ces derniers villuges sont presque insignifiants. Un grand nombre de routes donnent accès au mont Ventoux, qui est journellement de la part des touristes l'objet d'ascensions pittoresques et sans aucun danger.

VENTRAL, ALE adj. (van-tral, a-le — rad; ventre). Zool. Qui appartient au ventre, qui est placé au ventre : Mamelles ventrales. Nageoires ventrales, tl PI. ventraux.

— Zool. Se dit de certains animaux chez lesquels le ventre offre une couleur différente du reste du corps.

— Bot. Suture ventrale, Ligne formée par lo rapprochement des deux bords d'une feuille carpellaire pliée ou roulée sur elle-même.

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VENTBE s. m. (van-tre — lat. venter, pour gventer, mot appartenant à la même famille que le sanscrit gatharas, môme sens, le grec yaslêr, ventre, estomac, et le gothique quithus, estomac, lausguithus, à jeun- On sait que dans ta dérivation le g permute souvent avec le v. La racine commune des termes indiqués est dans le sanscrit gas, gans, gwas, gwans, avaler, engloutir). Anat. Grande cavité qui contient les intestins; région du corps ou est située cette cavité : Avoir le ventre enfle, gonflé, tendu. Avoir te ventre lâche, libre, dur, paresseux. Aliment gui relâche te ventre. Flux, cours de ventre. Quand vous aurez, le matin, une grâce à demander à un ministre ou à un premier commis de ministre, informezvous adroitement s'il a le ventre libre. (Volt.) C'est une erreur de croire que le ris a la propriété de resserrer le ventre. (A. Rion.) il Partierenttée d'un muscle. (I Sas-ventre, Partie inférieure du ventre ; Becevotr un coup dans te bas-ventre, il Petit ventre, Nom donne autrefois h l'estomac : Henri 111 fui blesse au petit ventre, (Acad.) Il Ventre supérieur , Ancien nom de la cavité crânienne. Il Ventre moyen, Ancien nom de la cavité ihoractque. Il Ventre inférieur, Ancien nom du ventre ou cavité abdominale,

— Dans le langage commun, Partie indéterminée du corps où se fait la digestion : Se

bourrer le ventre, h Utérus, matrice : Le fruit de ion ventre est béni. (Evangile.)

— Par anal. Partie renflée d'un objet quelconque : Ces flacons, j'en conviens, ont un ventre fort respectable. (Regnard.) Ua cruche au large ventre est vide en un Instant.

Boileau.

Il Partie d'une construction qui sort de l'aplomb ou du plan d'ensemble : Les plafonds faisaient ventre et menaçaient la tête des habitants. (G. de Nerv.)

pfg. Passion pour laponne chère; amour

des plaisirs sensuels :

Avec l'or pleuvent lea merveilles, Les voluptés du ventre et celles du cerveau.

A. Barbier.

Il Opulence, état d'aisance et de prospérité : C'est la maigreur des uns qui fait un ventre aux autre». Th. de Banville.

— S'employait autrefois dans plusieurs jurons, dont la plupart sont inusités aujourd'hui : Ventre de biche 1 Par la mort! par la tête! par le vbntrk I si je le trouve, je le veux échiner. (Mol.) Par le vbntrb de la sainte Vierge t s'écria le rebouteur, ce n'est pas une fausse couche. (Balz.) Ventris du pape/ qu'est-ce que cette grimace-là? (V. Hugo.)

— Ventre de biche. Couleur jaune clair, voisine du chamois : Dahlia ventre de biche.

— Dès le ventre de sa mère, Avant de naître ou en naissant : Il est des hommes malheureux dès le ventre de leur mère.

— Lâcher le ventre, Rendre l'intestin pins libre, y faciliter la circulation des matières : Il m'ordonne du potage, de la volaille, du veau, des bouillons, des œufs frais, et le soir quelques petits pruneaux pour lâcher le ventre. (Mol.)

— Sur le ventre, A plat ventre, Ventre à terre ou contre terre, Tout de son long sur la partie antérieure du corps : Se coucher sur le ventre. Se tenir blotti ventre à terre. Faire mettre des soldats À plat ventre. A Katunga, en Afrique, on n'aborde le souverain qu'en rampant À plat ventre et le front dans la poussière. (E. Bersot.) Il Ventre à terre, Avec une extrême vitesse, le galop du cheval étant d'autant plus rapide que 1 animal s'allonge davantage et est plus près de toucher terre avec le ventre : Cheval qm.va ventre K TERRii. Cavalier, cocher qui va vek-

TIIE À TliRRIi.

Vous venez de Lyon; parlez-nous sans mystère;

Le Globe! — 11 est parti. — Le fait est-il certain?

— Je l'ai vu.— Dites-nous, allait-il bien grand train 1

— S'il allait! Ah, monsieur! il ai\ ail ventre d terre. {Vers sur frisceiuttm d'un aérostat.)

U Fig. A plat ventre, Dans une posture servile, avec des démonstrations obséquieuses et basses : Se tenir À plat ventre devant le pouvoir. Qui peut avoir une pire opinion des hommes qu'un princel Ne les voit-il pas toujours À plat vkntrk devant lui! (Th. Gant.) — A ventre déboulonné, Avec excès, en parlant du boire et du manger; de façon qu on soit, en quelque sorte, obligé de déboutonner sa culotte : Manger, boire k ventre jjisboutonné. Il Extrêmement, tant qu'on peut, de foutes ses forces : Rire À ventre déboutonne. Il Avec une entière franchise : Bu/fon leur parle k ventre déboutonné, comme on dit; c'est franc, naturel. (Ste-Beuve.)

— Avoir, prendre du ventre, Etre, devenir obèse : Commencer à prendre du ventre.

— Marcher, passer sur le ventre à quelqu'un. Le terrasser pour s'élancer plus loin : Si les ennemis se présentent, nous leur passerons sur le ventre. (Acad.) u Triompher de lui, et arriver malgré lui à, ses fins : On

* lui a suscité mille obstacles, mais il a marché sur le ventre À tous ses ennemis. (Acad.) Heureux celui qui, pour faire son chemin, ne uarcue sur le ventre À personne. (Boiste.)

— Battre quelqu'un dos et ventre, Le rouer de coups, le maltraiter très- fort.

— Mettre, remettre le cœur au ventre, Donner, rendre du courage : Cela remet du cœur au ventre que d'entendre ces généreuses et patriotiques paroles. (A. Weil.)

— Mettre le feu sous le ventre à quelqu'un, L'irriter, l'aigrir, envenimer sa colère.

— 5e faire un dieu de son ventre, Préférer à tout les plaisirs de la table : Gourmand comme tous les gens d'esprit, il s'était fait UN dieu de son ventre , et jamais dieu ne fat plus ardemment adoré. (Vieilleville.)

— Auoi'r les yeux plus grands que le ventre, Avoir plus de gourmandise que de faim ; prendre sur son assiette plus qu on ne peut manger.

— Etre sujet à ion ventre. Se laisser aller à la gourmandise.

— Etre le dos au feu, le ventre à table, Prendre toutes ses commodités en mangeant-

— Se donner de son épée dans le venirc,Veadre son épée pour ucheter de quoi manger ou boire, [l Vieille loc.

Souder contre son ventre, Bouder son

ventre, Se mutiner et ne vouloir pas manger ; refuser par dépit une chose dont on aurait besoin ou envie :

— Faire rentrer les paroles dans le ventre à quelqu'un, Le faire repentir de ce qu'il a dit, ou l'empêcher -de continuer : Ça, quil vienne, et je lui ferai rentrer les paroles dans le ventre. (Regnard.)

— Avoir dans leventre, Devoir vivre ou durer : Ce vieillard a encore vingt ans dans lb ventre. Le pauvre diable n'h pas quinze jours dans lk ventre. Ce drame est mal fuit ; plus que mal fait, mal joué; il n'en a pas pour plus de trois représentations dans LB ventre. (Vacquerie.) Il Etre en état de produire : Cet écrivain «'avait que cet ouvrage dans lis ventre.

— 5e remplir le ventre, Avoir le ventre plein, Se rassasier, être rassasié : De la soupe e( un morceau de viande deux fois par jour, c'est tout ce qu'il faut pour su remplir le ventre dans la stricte acception du mot. (Th. Gaut.)

—'Se faire bon ventre, Manger jusqu'à satiété : Je m'étais déjà PAIT bon ventre, quand le maître du jardin survint. ( P.-L. Courier.)

— Se faire une carrelure de ventre, Manger beaucoup.

On ne saurait bouder longtemps, Quand on boude contre son ventre.

Sallentin.

— Tant que le cœur me battra dans le ventre, Tant que je vivrai.

— Savoir ce que quelqu'un a dans le ventre, Savoir ce qu'il vaut ou ce qu'il pense, le mettre à l'épreuve : Zéphyrin était venu de Toulouse à Paris uniquement, selon ses propres aveux, pour savoir cb que tes littérateur» avaient dans le ventre, (Mathieu.)

— C'est le ventre de mainère, je «'y retournerai jamais , ou simplement C est le ventre de ma mère, Je ne tu engagerai plus jamais dans une pareille affaire. Se dit par allusion a un passage de l'Evangile où, Jésus ayant a affirmer pour tous les hommes la nécessité de renaître, l'un de ses disciples lui demande comment il est possible que l'homme rentre dans le ventre de sa mère après en être sorti.

— Prov. Tout fait ventre, Les aliments les plus communs rassasient et nourrissent comme les plus délicats : Tout fait ventre, pourvu qu'il y entre. (Fourier.) Il JbTabit de velours, ventre de son, Se dit en parlant d'une personne qui épargne sur sa nourriture, et qui fait de grandes dépenses pour ses vêtements. B Ventre affamé wa point d'oreilles, L'homme pressé par la faim est sourd à tout ce qu'on peut lui dire. C'est une allusion à un vers de La Fontaine :

. . . Quand un roi te prendra,

Tu peux lui conter ces merveilles;

Pour un milan, il s'en rira.

Ventre affamé n'a point d'oreilles.

La fontaine.

Il A ventre saoul cerises amères, Les meilleures choses perdent leur prix quand on est rassasié, il Grain à grain, ta poule remplit son ventre, Les petites sommes, les petits profits finissent par enrichir.

— Argot. Ventre bénit, Employé, bas officier d'une église, à. cause du pain bénit qu il . consomme, il Ventre d'osier, Ivrogne.

— Politiq. Parti du ventre. S'est dit de la fraction d'une assemblée politique qui vota toujours pour le pouvoir. •

— Jurispr. Curateur au ventre, Curateur que l'on nomme à l'enfant dont une femme est enceinte au moment du décès de son mari.

— Féod. Le ventre anoblit, Se disait dans certains pays et de certaines familles où les femmes transmettaient leur litre de noblesse à leurs enfants, contrairement à 1 usage général.

— Ane. coût. Ventre franc, Femme de condition libre.

— Manégo. Ventre de vache, Ventre af- ' laissé et dépassant les côtes. H Chenal qui u a

point de ventre, Cheval serré des flancs.

| — Mar. Partie centrale de la coque d'un

] navire.

]' Physiq. Point ou lieu de points d'un corps vibrant où les oscilhuions ont une amplitude maximum : Les ventres d'une corde, d'une tige, d'une lame. Les ventres sont ordinairement équidistants des nœuds voisins, on les détermine aux pointa que l'on veut en fixant convenablement les nœuds correspondants entre lesquels ils doivent être compris.

— Techn. Partie d'un haut fourneau où se réunisse ntles bases des deux pyramides tronquées qui forment la cuve : C'est vers le ventre que te minerai, préparé à ta fusion dans la pyramide supérieure, se fond et se sépare de la gangue qui l'accompagne. (Dufienoy.) Il Partie tranchante d'un burin. Il Ventre à planer, Planchette que les ouvriers placent sur leur estomac, quand ils veulent placer une pièce.

— Ane. chim. Ventre de cheval, Fumier dont on entourait une préparation, pour faire agir la chaleur développée par cette matière.

Moll. Portion la plus renflée de la partie

extérieure d'une valve. U Face du tour d'une spire qui correspond à l'ouverture d'une coquille.

— Encycl. Anat. V. abdomen.

— Puthol. et thémp. Le ventre, chez les vertébrés, étant la cavité qui sert a lo#er une partie des organes les plus importants et les plus nécessaires à la vie, l'estomac, le pancréas, les intestins, les grandes artères et les grandes veines, les reins, la vessie, le péritoine, qui est lui-même l'enveloppe in-

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térieure de tous ces organes, il suffit d'un instant de réflexion pour apprécier la gravité des lésions dont il peut être affecté, soit par suite de blessures et de coups, soit par suite de maladies naturelles. Disons d'abord que l'on a toujours tort de donner, en manière de badinage, des coups sur le ventre, aussi bien que de le soumettre, par l'étroitesse du vêtement, à de fortes compressions. Des coups, même faibles, peuvent avoir de graves conséquences, et la compression, outre qu'elle gène la respiration, peut prédisposer aux heniies; avis aux femmes qui s'étranglent dans leurs corsets alors qu'elles devraient les porter très-amples, surtout dans l'enfance et la jeunesse. En ce qui concerne Jes maladies, on sait que les intestins, le foie et Je péritoine sont souvent le siège i'affections très-redoutables.

On doit considérer surtout, au triple point de vue pathologique, thérapeutique et chirurgical, les contusions, les plaies et les épanchements de l'abdomen.

La cotitusion simple des parois par des corps contondants ou des bulles, qui n'ont fait que frôler le tissu, peut devenir souvent le point de départ d'une phlegmasie, niais presque jamais d'une péritonite. Les remèdes sont les antiphlogistiques, sangsues, ventou-, ses; plus tard, cataplasmes. La contusion profonde, produite par le passage trop rapproché d'un boulet, entraîne quelquefois la mort, sans qu'on puisse expliquer comment; d'autres fois, on constate des épanchements ou des ruptures. Les remèdes sont les mêmes que dans le cas précédent. On ajoute des lavements.

Les plaies du ventre par instrument tranchant ou piquant, qui n'intéressent que la peau, la couche musculaire ou les aponévroses, peuvent amener des hémorragies faciles à arrêter; elles ne doivent jamais être sondées. On les panse avec cataplasme. On en rapproche les bords, s'ils sont nettement tranchés, avec des bandelettes, et l'on a soin que la partie malade ne soit pas tendue. Après la cicatrisation, pour prévenir l'hernie, on emploie, pendant un temps, le bandage ou lu ceinture. Ces plaies, si elles proviennent d'un instrument piquant, doivent être soumises à un traitement antipblogistique. Celles qui sont causées par les armes à feu peuvent être accompagnées du dépôt dons les tissusd'un corps étranger; ce corps doit être extrait par la plaie ellemême ou par une contre-ouverture. Les plaies pénétrantes, soit par projectiles, soit par instruments tranchants ou piquants, soit par les cornes d'un ruminant, ne peuvent être bien diagnostiquées qu'avec la connaissance parfaite de l'instrument qui a causé la blessure ; le sondage doit être pratiqué avec la sonde à femme, jamais avec le stylet ou la sonde cannelée; on peut toujours introduire le doigt, et c'est le meilleur moyen d'exploration. Ces plaies sont très-graves. Cependant, quand aucun viscère n'est atteint, et qu'on peut éviter la péritonite, le ventre fût-il percé de part en part, la guérison est possible.- Si la plaie est grande, on fait une suture enchevillée pour empêcher les intestins de s'échapper ; quand on peut se contenter de bandelettes agglutinatives, c'est mieux. Quand un corps étranger, tel qu'une balle, est senti, on le retire; mais si l'on ignore où il est, il est préférable do le laisser dans le ventre; il pourra s'enkyster ou être rejeté par les selles. Quand la péritonite se déclare au bout de quelques heures ou un jour après le coup reçu, la raort est presquo certaine. Velpeau, dans ce cas, employait un grand vésicatoire qui couvrait tout le ventre. Quand la péritonite est circonscrite, on a recours aux antiphlogistiques, aux frictions avec l'onguent mereuriel et à l'opium à la dose de OB', 10 à 0S'-,15. Quand la douleur est limitée à la plaie, il ne faut rien faire. Si un abcès se forme, au bout de trois jours, dès qu'il y a fluctuation, on pratique l'incision.

Les épanchements peuvent être des épanchements de bile, de chyle, de gaz, de matières slercorules, du matières putrides, de sang et d'urine.

Ceux de bile sont la suite de plaies ou d'ulcérations produites par des calculs ou encore de cancers dans les canaux biliaires. Les symptômes sont : douleur dans l'hypôcondre droit, difficulté d'uriner et de fonctionner à la garde-robe, rétraction du ventre, parfois péritonite. L'art est impuissant.

Ceux de chyle ne sont guère reconimissables pendant la vie; mais 5lorg3gni,Saviard, Portal~les ont constates sur des cadavres. Quelle en est la cause? Sans doute une plaie de vaisseau chylifère. Rien à faire; user de palliatifs , en attendant la résorption naturelle.

Ceux de guz sont souvent pris pour des tympunites simples; ilsontlieu dans le péritoine et peuvent provenir d'une plaie soit du poumon et du diaphragme, soit des intestins, il y a ballonnement du ventre dans les deux cas ; mais, dans le premier, augmentation in* Cessante du mal, et, dans le second, état stationnaire. La péritonite est inévitable lorsque des matières alimentaires sont sorties de l'intestin avec les gaz. Le seul traitement est la ponction du ventre. Ceux de matières stercorales proviennent de plaies de l'un ou de l'autre des intestins ou de l'estomac ; ils engendrent bientôt la jiérilouite; ils sont moins

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graves quand les matières épanchées sont des liquides alimentaires; un abcès peut s'ensuivre, et alors, d'après Velpeau, Blandin, Dance, la guérison est très-possible. Le traitement est le même que le plus énergique "contre la péritonite sur'aigue. S'il y a abcès, on l'attaque par le bistouri ou un caustique.

Ceux de matières putrides, à la suite do la rupture d'un kyste de l'ovaire, d'un utérus rempli du sang des règles ou de ses trompes, ou encore d'ulcères viscéraux, peuvent déterminer la péritonite suraiguë et entraîner la mort. Très-rarement il y a résorption du pus épanché dans le péritoine. On fait l'ouverture de l'enveloppe aussitôt qu'on le peut, comme dans le cas d'abcès enkysté.

Les épanchements de sang dans le péritoine sont diffus ou circonscrits, selon qu'ils sont dus à l'ouverture d'un gros ou d'un petit vaisseau (Velpeau). Dans le premier cas, le sang s'infiltre partout et s'amasse principalement dans les parties basses; alors l'hémorragie s'arrête quand tout est plein et-qua la tension fait équilibre à celle qui a heu dans le vaisseau. C'est le remède mécanique tout naturel. Si c'est l'artère aorte ou la veine cave qui est ouverte , la mort est presque instantanée. Dans le second cas, le sang s'arrête à la surface des intestins. Les symptômes de l'hémorragie pêritonéalesont : douleur de ventre, faiblesse du pouls, pâleur, sueurs froides, syncopes, envies de dormir, gonflement subit de 1 abdomen, matitè à la percussion ; quand cette hémorragie est considérable, il y a compression de l'estomac, du rectum et de la vessie. Si les symptômes sont lents à se révéler, la résorption peut se faire naturellement, et il faut attendre, en n'employant que des compresses d'eau fraîche sur le ventre et un bandage. S'il y a continuité de l'effusion du sang, une petite saignée et des ventouses scariliées sur le ventre peuvent l'arrêter. Si cette effusion est très-considérable, on n'y^ peut rien ; la glace sur le ventre et les boissons glacées sont le dernier moyen. Point d'essai de ligature ; on ne peut que tenter la compression de l'aorte avec le doigt sur la colonne vertébrale. On a parlé de la transfusion ; elle ne pourrait que prolonger la vie et exposerait à la péritonite. Quelquefois, au bout de sept à huit jours, un abcès hématique enkysté se produit; alors il faut pratiquer l'incision ou l'attaquer par les caustiques, selon la méthode de Larrey et Boyer.

Enfin, les épanchements d'urine résultent d'une plaie de la vessie ou d'une blessure faite dans son enveloppe par le bec d'une sonde, ouverture par laquelle l'urine s'écoule dans le péritoine. La péritonite aiguë en est la conséquence, mais arrive plus lentement que par les autres causes. Le remède consiste à faire écouler l'urine par la voie naturelle, à l'aide d'une sonde à demeure et même d'une mèche de coton et d'une position constante du malade favorable à l'écoulement.

— Art véfér. Chezles animaux domestiques, le volume du ventre est très-variable; il dépend généralement de la qualité, de la quantité et de la nature des aliments qui ont servi à les nourrir. En général, plus les aliments contiennent de principes azotés et nutritifs, moins le ventre est volumineux. Toutes choses étant égales d'ailleurs, le ventre des femelles qui ont mis bas est toujours plus considérable que celui des femelles qui n'ont point porté, et surtout que celui des mâles. L'abdomen des chevaux de race est aussi beaucoup moins gros que celui des chevaux communs. Le ventre des carnivores est généralement peu volumineux. Celui de certaines espèces , telles que les chiens de chasse, et notamment celui des lévriers,est, très-resserré.

Par le toucher, on apprécie la plénitude et la sensibilité du ventre. Dans les grands animaux, cette exploration se fait sur l'animal debout, très-rarement sur l'animal couché et placé sur le dos. Chez les jeunes sujets et dans les petites espèces, elle peut se faire l'animal étant soit sur ses quatre membres, soit maintenu'debout sur ses membres postérieurs, soit appuyé sur la croupe, soit enfin couché sur le dos. On touche le ventre dès-grands animaux en le pressant fortement dans toutes ses parties, et notamment aux flancs, avec la main et surtout avec le poing. On en soulève parfois les parties inférieures avec les bras et les mains ou bien avec le genou. Dans les petits animaux, il est possible d'exercer une pression plus ou moins forte et d'apprécier ainsi, par le toucher, le volume de l'estomac, la plénitude et la dureté des intestins, et ainsi de constater l'existence de tumeurs, même d'un petit volume, existant dans l'abdomen. Dans le chien, on peut aussi fort souvent, par le toucher, s'assurer de l'accumulation de matières excrémentitielles durcies dans le rectum et le côlon. Dans les grandes espèces, on peut explorer avec avantage les portions intestinales occupant les parties postérieures de l'abdomen et du bassin en introduisant profondément la main et le bras, par l'anus, dans le rectum. Dans les petites, le toucher peut être opéré, pour les organes logés dans le bassin et les dernières portions du tube digestif, par l'introduction du doigt dans le rectum.

' Quelques précautions doivent être prises pour fouiller ainsi les grands et les petits

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animaux. Avant, l'exploration , l'opérateur doit se couper les ongles et se graisser la main et le bras avec de l'huile, du beurre ou tout autre corps gras. Si l'animal est docile, il suffit de le maintenir par la tête et de faire lever un membre antérieur. S'il est indocile et chatouilleux, il faut lui mettra un tordnez et même entraver les deux membres postérieurs. Alors, l'opérateur prévient, l'animal en lui frappant quelques légers coups sur la croupe et en lui faisant retrousser et porter la queue de côté par un aide. Allongeant alors les quatre doigts, les rapprochant et les accolant au pouce, il forme avec la main une espèce de cône allongé, à l'aide duquel il force l'entrée de l'anus en poussant en avant.eten opérant un mouvement rotatoire du poignet. Après quelques efforts, les doigts, puis la main, puis enfin une partie du bras sont introduits dans le rectum. L'opérateur retire alors avec sa main, qui fait office de curette, les matières excrémentitielles accumulées dans la dernière portion de l'intestin, et il recommence jusqu'à ce que le rectum et la partie postérieure du côlon soient débarrassés. Il engage alors doucement la main et le bras, par un léger mouvement de torsion, dans la partie postérieure de la portion flottante du côlon. Ces précautions prises, il peut explorer, en haut, les uretères, la portion abdominale postérieure de l'aorte, le plexus lombosacré et la région postérieure et inférieure de la colonne vertébrale ; les ovaires et les ligaments sous-lombaires chez ta femelle; en bas et chez le cheval, la portion pelvienne du côlon replié, la vossie, le bord antérieur du pubis, les prostates, la portion pelvienne de l'urètre; chez les femelles, le corps et le col de l'utérus et le vagin ; sur les côtés, en haut, les cordons testiculaites; en bas, ces mêmes cordons et l'anneau inguinal ; dans les grands ruminants, à gauche et sur le côté, le rumen ; à droite, les gros et les petits intestins. Dans toutes ces manipulations, l'opérateur doit agir avec légèreté et dextérité pour ne déterminer que le moins de douleur possible. Souvent les animaux se livrent à des efforts expulsifs qui commandent de s'arrêter un instant; quelquefois même, ils se laissent tomber tout a coup à terre. Dans ce dernier cas, l'opérateur doit prestement retirer sou bras et sa main, pour éviter des blessures ou des déchirures qui pourraient devenir mortelles.

Les explorations rectales sont très-fréquemment pratiquées dans l'art vétérinaire des animaux et donnent de très-utiles renseignements au diagnostic ; mais il faut les exécuter avec ménagement et avec les plus grandes précautions à l'égard des animaux irritables et surtout des femelles pleines. La percussion du ventre se fait d'une part avec les doigts appliqués à plat sur les parois.et servant ainsi de plessiraètre, et d'autre part avec les doigts réunis au pouce servant do corps percutant. Dans les grands animaux, on emploie le poing pour frapper sur les différentes régions du ventre. On peut aussi se servir, avec de grands avantages, d'un plessimètre en liège et d'un petit marteau. Dans l'état de santé, la percussion de l'abdomen du cheval donne une résonnance très-variable, en arrière des côtes asternales, soit à droite, soit à gauche, selon l'état de plénitude ou de vacuité du caecum, situé à droite, et des intestins grêles, situés à gauche. Dans toutes les autres régions, il y a inatité. Dans les ruminants, les mêmes variations se manifestent. Cependant, la résonnance est beaucoup plus forte à gauche qu'à droite, parce que le son sa propage, à gauche, dans la partie supérieure du rumen, lequel contient toujours une certaine quantité de gaz. Dans le chien, la résonnance est généralement bien perçue en arrière du sternum, lorsque l'estomac est vide et contient des gaz. Elle est en quelque sorte nulle dans toutes les autres régions.

L'auscultation du ventre, chez nos animaux, peut être faite avec le stéthoscope, mais il vaut mieux l'opérer en appliquant légèrement l'oreille nue sur les parois. Dans 1 état de santé, des bruits dus à la circulation de produits gazeux se font entendre d'une manière intermittente dans beaucoup de directions des intestins. Ces bruits ont été désignés sous les noms génériques de borborygme , de flatuosité, de gargouillement. Dans le cheval, les borborygra.es sont trèsforts et très-nombreux des deux côtés de l'abdomen. Us vont tantôt d'arrière en avant, tantôt d'avant en arrière, auquel cas ils se font dans les portions repliées du côlon. Dans les ruminants, les borborygmesse font entendre du côté droit et notamment dans la région supérieure du flanc droit; ils sont toujours beaucoup moins forts que chez le cheval. L'oreille, appliquée sur les parois du flanc gauche des ruminants, peut percevoir différents bruits qu'il faut bien connaître. Ces bruits se passent dans le rumen. L'un d'eux consiste en une forte crépitation humide, semblable à la crépitation que fait entendre le tissu cellulaire emphysémateux lorsqu'on vient à le presser. Ce bruit est dû k la fermentation gazeuse qui s'opère dans les aliments; il est d'autant plus fort que l'animal a mangé des herbes fraîches et-surtout des fourrages verts, provenant de plantes appartenant à la famille des légumineuses. Un autre bruit se fait lorsque l'animal rumine au moment où la panse se contracte pour pro-

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voquer l'ascension du bol alimentaire dans l'œsophage ; c'est un frottement très-distinct, ressemblant, à celui que l'on obtient en frottant deux planchettes en bois l'une contre l'autre; il est dû au frottement des parois du rumen contre lus parois de l'abdomen. Enfin, lorsque le ruminant déglutit de la salive et des liquides , leur arrivée dans le rumen est annoncée par un bruit argentin ou amphorique.

A l'état pathologique, le toucher des parois du ventre occasionne parfois une vive douleur, à laquelle l'animal cherche à se soustraire. Ce toucher douloureux se montre dans la péritonite et dans les coliques violentes. Il est surtout remarquable lorsquo l'on vient à presser le flanc droit des ruminants atteints d'une entérite aiguë'. On le constate également dans la région hypognstrique du chien affecté de gastrite aiguë. Par l'exploration rectale, le toucher détermine toujours de très-vives douleurs dans la péritonite, dans la métrite, dans la congestion intestinale et la cystite aiguë , avec ou sans plénitude de la vessie. Indépendamment de ces symptômes que fait recueillir le toucher rectal, on peut reconnaître la formation d'un caillot sanguin résistant dans l'intérieur de l'aorte postérieure à sa division au tronc pelt vien, la tuméfaction des ovaires, la hernie inguinale, la plénitude et le renversement de la vessie, le gonflement des prostates, l'existence d'un calcul dans la vessie ou dans la portion pelvienne du canal de l'urètre, la présence d'une pelote stercoiale ou d'un calcul intestinal dans te repli pelvien du côlon, ou la plénitude de cette portion intestinale. Chez le chien, le toucher du ventre peut faire constater l'existence de tumeurs cancéreuses occupant fréquemment le mésentère, l'épiploon et la région sous-lombaire. C'est aussi à l'aide du toucher qu'il est possible de constater la présence d'un liquide épanché dans l'abdomen, comme dans l'ascite. Dans ce cas, le chien étant debout, on applique une main h plat sur le côté gaucho des parois latérales et inférieures de l'abdomen, et l'on frappe, aveu les doigts réunis au pouce, sur la paroi opposée. Le ballottement qui s'opère, dans le liquide pendant l'action de frapper retentit bientôt du côté opposé et produit un choc facile à constater. Le volume du ventre peut être augmenté ou diminué. Il est augmenté et accompagné de dureté et de pesanteur dans les indigestions intestinales, et notamment dans l'indigestion vertigineuse du cheval qui mange des fourrages nouveaux'. Il l'est également dans l'indigestion par surcharge d'aliments, chez les ruminants. Dans ces diverses circonstances, la percussion donne peu de résonnance, et la pression des flancs fait per-' cevoir une masse pâteuse, pesante et dépourvue de toute espèce d'élasticité. Ce symptôme est surtout remarquable dans la plénitude du rumen. Le ventre est également augmenté lorsqu'il est distendu par des gaz accumulés dans les intestins. Dans ce cas, ses parois résonnent fortement lorsqu'on les frappe dans leurs régions supérieures. On dit alors- qu'il y a tympanite ou météorisrae. La tympanite se rencontre souvent dans les indigestions du cheval, dans lamétéortsation des ruminants et dans les coliques stercorales. L'augmentation du volume du ventre peut n'exister que dans les régions inférieures ; dans ce cas, qui est particulier à l'bydropisie abdominale, les flancs sont souvent creux et très-descendus. Dans d'autres circonstances, le ventre est petit, resserré et la flanc cordé. Cet état constitue ce qu'on nomme le ventre rétracté. On le rencontre pendant le cours de la dyssenterie, de la diarrhée et de la superpurgation. La rétraction du ventre se remarque également chez les jeunes animaux atteints de maladies occasionnant de grandes douleurs, et notamment d'arthrite aiguë.

Les douleurs de ventre sont généralement accusées par des symptômes particuliers.

Les chevaux sont inquiets, regardent leur ventre, trépignent sur les quatre membres, grattent souvent le sol avec les pieds antérieurs, se couchent, se roulent et se relèvent fréquemment. On dit alors qu'ils ont des coliques. Les bètes à cornes et à laine se tourmentent, regardent aussi leur ventre, se couchent, se relèvent, se frappent parfois les parois inférieures de l'abdomen avec leurs membres postérieurs, mais ne se livrent cependant jamais, comme le cheval, à des mouvements désordonnés. Ces douleurs abdominales peuvent être les symptômes de diverses maladies. On les u nommées, selon les causes qui les déterminent et aussi selon leurs sièges, coliques venteuses, stercorales, intestinales, néphrétiques, cystiques, hépatiques, d'indigestion d'eau froide, etc. Lorsqu'elles s>e manifestent d'une manière violente et continue chez le cheval, elles sont fréquemment occasionnées par une congestion intestinale rapide ou par une hernie inguinale étranglée.

Les borborygines auscultés pendant le cours des maladies qui ont leur siège dans les intestins peuvent aussi fournir de bons renseignements. Sont-ils forts, nombreux, ir- ■ réguliers et constants, ils annoncent le début d'une inflammation des gros intestins. S'ils se font entendre de temps en temps et s'ils sont comparables au bruit produit par le glouglou d'une bouteille remplie d'un H-

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quide que l'on verse à plein goulot, ils annoncent une prochaine diarrhée. Ils sont forts, continuels et paraissent parcourir toute l'étendue du gros intestin dans la dysenterie aiguë. Ils n'existent point dans les inflammations aiguës franches des muqueuses, accompagnées de constipation,

VENTBEBLEU interj. (van-tre-bleu). Juron ui se dit par euphémisme pour ventre de ~ieu : Hé, vkntrebleu I s'il y a quelque chose de vilain, ce ne sont point mes jurements, ce sont vos actions. (Mol.) ... Oh! ventrebleu! faut-il que la jeunesse Apprenne maintenant a vivre a la vieillesse?

Reonard.

Il On dit quelquefois Par la ventrebleu : Tu m'en imposes; elle ne sait pas qui tu es. — Par la. vkntrebleu t voulez-vous gager que je l'épouse? (Muiiv.)

VENTRÉE s. f. (van-trée — rad. ventre). Petits qu'une femelle met bas en une fois : Cette brebis a fait deux agneaux d'une ventrée. (Acad.)

— Ane. eout. Enfants d'une même mère, lorsqu'il y avait eu plusieurs mariages : Dans certains cas, on partageait la succession par ventrées et non iar têtes, (Complém, de l'Aead.)

— Pop. Repas, nourriture dont on s'emplit le ventre.

VENTRE-SAINT-GEORGES interj. Ancien ïuron :

Laissez-le là, ventre-saint-George.

Car vous me feriez rendre gorge.

Cl. Marot.

VENTRE-SAINT-GRIS interj. (van-tresain-gri). Juron familier de Henri IV : Ventre-saint-gris ! dit le roi, je te savais brave, mais je ne te savais pas si brave que moi. (Sully.)

— Encycl. Les moines de l'ordre de saint François d'Assise, fondateur de l'ordre des moines gris, juraient, assure-t-on, par leur patron ; il ne serait pas impossible que Henri IV, élevé dans une religion sans cesse anathématisée par ces moines, ait juré plaisamment par le ventre de ce même patron. Mais voici une autre explication de ce juron, qui n'est peut-être pas la moins probable. On prétend que Henri IV, étant encore fort jeune, était très-enclin au jurement blasphématoire et que, pour le préserver de cette mauvaise habitude, ses gouverneurs ne trouvèrent rien de mieux que de lui fabriquer un juron de fantaisie, en lui suggérant de n'employer pour tout jurement que cette locution , ventre-saint-gris, qui ne signifie absolument rien.

VENTRICULE adj. (van-tri-ko-le — du lat. venter, ventre ; eolo, j'adore). Qui se fait un dieu de son ventre, qui a un amour excessif de la bonne chère. H Mot créé par Fr. de Neufchâteau.

— Subslantiv. : Jean de Bauteville, poète latin qui vivait du temps de Philippe-Auguste, a cadence de longues tirades contre les ventricules. (La Bédollière.)

VENTRICULAIRE adj. (van-tri-ku-lè-re — rad. ventricule). Anat. Qui a rapport aux ventricules du cœur : Orifices ventriculai- RES. Contractions ventriCUlairks. Il Membrane ventriculaire, Celle qui recouvre les ventricules du cerveau.

— Pathol, Adhérences venir iculaires, Adhérences entre le péricarde pariétal et celui de la surface du cœur.

— Encycl. Membrane ventriculaire. Cette membrane, séreuse, très-amincie, est recouverte d'une couche d'epithélium cylindrique à cils vibratiles difficiles à constater. Elle n'a aucune communication avec l'arachnoïde, et, d'autre part, elle n'a aucune connexion avec la pie-mère. C'est donc une. séreuse particulière qui tapisse le ventricule latéral, puis le ventricule moyen, après avoir traverse le trou de Monro; elle revêt ensuite l'aqueduc de Sylvius, le quatrième ventricule et la cavité du canal central de la moelle. Sa face profonde est doublée de tissu conjonctif spécial contenant des corps amylacés et s'enfonçant dans la pulpe cérébrale. Elle adhère a la pie-mère au moment 'où cette membrane pénètre dans le prolongement inférieur du ventricule latéral. Au niveau de l'orifice inférieur du quatrième ventricule, il existe une ouverture qui fait communiquer l'espace sous-arachnoïdienavec les cavités ventriculaires. Ceci explique pourquoi un épanchemeut sanguin dans le ventricule latéral peut, en traversant le ventricule moyen- et le quatrième ventricule, arriver dans le tissu sous-arachnoïdien, au niveau du cervelet.

VENTRICULE s. m. (van-tri-ku-Ie — lut.

ventriculus, dimin. de venter, ventre). Anat. Cavité particulière a certains organes :Ventriculks du cœur. Ventricules du cerveau. Il Nom donné quelquefois aux estomacs des animaux ruminants : Les animaux ruminants ont plusieurs ventricules. (Acad.) il Ventricule d' Arantius, Petite cavité située à la pointe du calainus scriptorius. li Ventricule iueeenturié , Portion renflée du duodénum des oiseaux.

— Encycl. Ventricules du cerveau et du cœur. V. cerveau et cœur.

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VENTR1CULITE s. m. (van-tri-ku-li-te — rad. ventricule). Zooph. Genre de polypiers spongiaires, comprenant une dizaine d'espè- , ces fossiles, propres aux terrains crétacés.

• VENTRICULO-AORT1QUE adj. m. Anat.

Se dit de l'orifice qui met en communication le ventricule gauche du cœur et l'aorte.

VENTRICULO-PULMONAIREadj. m. Anat.

Se dit de l'orifice qui met en communication le ventricule droit du cœur a'rçec l'artère pulmonaire.

VENTRier adj. m. (van-trié). Anat. Se dit d'un faisceau fibreux. qui est appliqué sur le pilier interne de l'anneau inguinal externe. .

VENTRIÈRE s. f. (van-tri-è-re — rad.

ventre). Grande sangle qu'on passe SOUS le ventre d'un cheval de carrosse, pour maintenir les traits et empêcher le harnais de tourner, tl On dit plus souvent sous-ventrière. Il Sangle dont on se sert pour tenir les chevaux suspendus ou pour les soulever, quand on les embarque.

— Archit. hydraul. Pièce de bois d'une écluse.

— Constr. Pièce de bois placée au milieu d'autres pièces qu'elle sert à réunir.

— Mar. Nom donné à des pièces de bois placées sous les flancs d'un navire, pour le soutenir au moment où il va être lancé.

— Chir. Bandage servant a soutenir le ventre des femmes enceintes, des hydropiques, des personnes obèses.

• — A signifie Sage- femme.

— Superst. Fée qui préside aux accouchements.

— Encycl. Superst. La ventrière était in- ■ voquée , comme la Lucine antique, par les femmes en couche; c'était même au-moment de la naissance d'un enfant que la fée manifestait sa puissance, et son rôle de marraine est d'ailleurs un de ses caractères particuliers. C'est ainsi que les volas Scandinaves aidaient par leurs incantations les femmes en travail. Longtemps, à l'époque des couches de leurs femmes, les Bretons servirent un repas dans une chambre contiguë à celle de l'uccouchée, repas destiné aux fées dont ils redoutaient le ressentiment. Les ventrières furent toutes invitées à la naissance d'Obéron, toutes moins une, et c'est pour cela qu'Obéron fut nain. Dans la légende de saint Armentatre, légende qui fut composée vers l'an 1300 par un gentilhomme provençal, on parle des sacrifices faits- à une fée ventrière qui rendait les femmes fécondes. Bans ses Contes, Perrault fait intervenir des fées invoquées par des rois et des reines qui veulent avoir des enfants.

VENTRILOQUE adj. (van-tri-lo-ke — lat.

ventriloquus, mot que l'on trouve dans Tertullien; de venter, ventre, et de loqui, parler). Se dit des personnes qui ont une voix particulière, qui semble sortir du ventre , ou même venir d'un endroit autre que celui où se trouve celui qui parle : Un escamoteur

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