‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 660 sur 1042 · OREILLE · texte numérisé non relu

OREILLE

— Encycl. Le versoir, appelé aussi oreille, est cette partie de la charrue destinée à soulever d'abord la bande de terre séparée par le coutre et le soc, puis à la renverser, soit en la divisant, soit en la couchant simplement sens dessus dessous. Le versoir ne peut renverser cette bande que d'un seul côté, soit a la droite, soit à la gauche de l'attelage. Il ne peut donc servir à tracer deux sillons contigus. Il en résulte qu'on est forcé de labourer en planches plus ou moins larges, outre plusieurs autres inconvénients, auxquels on a cherché à parer au moyen des charrues tourne-oreille. La forme à donner au versoir, pour qu'il produise tout son effet utile, est de ta plus haute importance, et sa construction est un des problèmes les plus intéressants de la mécanique agricole.

VERSOIX, ville de Suisse; cant. et à 12 kilom. N. de Genève, à l'embouchure de la rivière du même nom dans le lac de Genève, sur la grande route de Suisse et sur le chemin de fer Ouest-Suisse; 1,100 hab. Fondée en 1770^ elle appartint à la France jusqu'en 1789. Sous le règne de Louis XV, le ministre Choiseul ayant projeté d'en faire la rivale de Genève, on y traça plusieurs belles rues, on bâtit quelques jolies maisons et on construisit un port, seul avantage qu'elle ait retiré de ce projet, Manufactures de lampes, lustres, cabarets, urnes à thé, etc.

VERSO'NEX (François de), philanthrope Suisse, qui vivait au xve siècle. Devenu syndic à Genève, il fonda dans cette ville une école pour la grammaire, la logique et les arts libéraux (1429), bâtit a ses frais une maison destinée à servir de collège et qui porta longtemps le nom de collège de Versonex, ' fit don à la ville d'une maison pour servir d'hôpital (1452) et laissa en 14G6 une somme considérable destinée aux femmes malades et pauvres. Sa vie fut toute remplie par des bienfaits dont nous n'avons énutnéré que les principaux. La reconnaissance publique à fait donner son nom à une des rues modernes de Genève.

VEHSOR1S (Pierre de), avocat, né à Paris en 1528, mort en 158S. Reçu avocat à Paris, il acquit rapidement une grande réputaiion dans l'exercice de celte profession. En 1564, les jésuites du collège de C'Iermont le prirent pour défenseur dans leur procès contre l'Université de Paris, qui voulait leur retirer le droit d'enseigner parce qu'ils ne se conformaient pas à ses lois,- coutumes et règlements. Bien que l'avoeat de l'Université fût le célèbre E. Pasquier,Versoris réussit à obtenir que les choses restassent dans le statu quo, ce qui permit aux jésuites de conserver la possession de leur collège. Le plaidoyer de Versoris a été inséré dans l'Histoire latine de l'Université de Paris (année 15G5). Il renonça peu après au barreau, fut élu en 1576 député du tiers état aux états généraux de Blois et remplit, en outre, jusqu'à sa mort l'emploi de chef du conseil des Guises et de garde de leur sceau; mais il ne paraît pas avoir pris part à leurs intrigues politiques.

VERSTË s. m.(vèr-ste). Métrol. Mesure itinéraire usitée en Russie, et valant 1,067 mètres.

VERSTEGAN (Richard), littérateur anglaii, mort vers 1635. Il étudia à Oxford, où il se disiingua bientôt par sa connaissance approfondie de la littérature saxonne et des antiquités anglaises , puis quitta l'université sans prendre ses grades, parce qu'il ne voulut pas prêter serment. Après avoir embrassé publiquement la religion catholique, il se retira à Anvers, où il publia : Theatrum crudeliiatum nostri temporis , pamphlet violent dirigé contre la reine Elisabeth et contre son gouvernement, à l'occasion surtout des persécutions exercées contre les jésuites et contre les catholiques. Cet ouvrage , devenu très-rare, est curieux k cause du grand nombre de gravures qu'il renferme et qui représentent la pendaison, la décapitation--et la mise en quartiers de ces martyrs, d'après des dessins de l'auteur lui-même. Ce livre dut être publié avant 1585, bien que la seule édition que l'on en connaisse aujourd'hui porte la date de 1592 ; car l'on rapporte qu'en 1585 Verstegan, se trouvant à Paris, fut mis en prison par ordre de Henri III et à la sollicitation de l'ambassadeur anglais. Il existe, en outre, une traduction française de ce livre qui porte la date de 1588. Verstegan, rendu à la liberté, s'établit comme imprimeur à Anvers et y acquit une belle fortune. Il y publia en 1605 la première édition de son ouvrage le plus connu, la Restauration des notions erronées concernant la très-noble et trés-renommée nation anglaise. Ce livre, qui est orné comme le précédent de gravures d'après les dessins de Verstegan et qui a eu de nombreuses éditions, renferme des faits et des remarques curieuses. On attribue encore à Verstegan des Odes en imitation des sept psaumes de la pénitence et différents traités en anglais, imprimés hors de la Grande- Bretagne dans les premières années du xvhb siècle, sans autre nom d'auteur que les initiales R. V.

VERSTOLK VAN SOELEN (Jean-Gilbert,

VERT

baron), homme d'Etat hollandais, né a Rotterdam en 1777, mort en 1845. Après avoir étudié aux universités de Gœttingue et de Kiel la jurisprudence et l'économie politique, il voyagea pendant quelque temps et, en 1801, devint juge à Rotterdum. Nommé, sous la domination française, directeur du pays de Gueldre, puis préfet du département de la Frise, il fut appelé en 1815, par le roi Guillaume 1er, à l'administration du grand-duché du Luxembourg, devint peu après ministre des Pays-Bas près la cour de Saint-Pétersbourg et occupa ce poste pendant sept ans. En 1825, il entra dans le cabinet, comme ministre des affaires étrangères, et conclut en cette qualité la convention relative à la na* vigation du Rhin. Après la révolution de 1 830, il prit part aux conférences de Londres, qui aboutirent à la séparation définitive de' la Hollande, et conserva, néanmoins, son portefeuille, qu'il résigna volontairement en 1840. A sa mort, il laissa une riche collection de tableaux, de dessins et de gravures, dont une partie fut acquise pour l'Angleterre.

VERSURE s. f. (vèr-su-re — rad. verser). Emprunt tait à une personne pour payer ce qu'on doit a une autre : Faire versure.

VERT, VERTE adj. (vèr, vèr-te — du lat. viridis). Se dit d'une couleur particulière, produite par la combinaison du jaune et du bleu, placée entre ces deux couleurs dans le spectre, et très - répandue dans la nature, particulièrement dans les parties herbacées (les vegéîhux : Couleur verte. Satin vert. Robe verte. Lunettes vertes. La sarcelle de la Chine a sur la tête un magnifique panache Vert e.' pourpre. (Buff.) Le jour succède au jour et l'année a l'année, Comme la feuille tierie à la feuille fanée.

A. BAKBIB&.

— Qui a encore de la sève, qui n'est pas encore sec : Le bois vert casse plus difficilement que le boissec. (Buff.) Il Fi ais, nouveau , en parlant des légumes : Légumes verts. Pois verts. Les légumes verts ne fournissent aux tissus qu'une nourriture insuffisante. (L. Cruveilhier.)

Je consens de bon cœur, pour punir ma folie, Que tous les vins pour moi deviennent vins de Brie, Qu'à Paris le gibier manque tous les hivers, [verts. Et qu'à peine au mois d'août l'on mange des pois

* BoitEAU.

Il Qui n'est pas mûr, en parlant des fruits : Poire, pomme verte. Noix vertes.

— Se dit d'un vin qui, n'étaut pas assez fait, a conservé une partie de son acidité.

— Leste et vigoureux malgré son grand âge : Il a bien cinquante ans, mais il est encore très-VERT. Une vieillesse vertu et saine n'est qu'une suite plus ou moins prolongée de l'âge mûr. (A. Fée.)

Deux veuves sur son cœur-eurent le plus de part, L'une encor verte et l'autre un peu bien mûre. La FonTAiKS.

— Rude, vif : Une verte réprimande. Une réponse fre\s-VERTK. il Ferme, résolu : C'est un homme vert, qui ne passe rien.

— Vert comme pré, Très-vert, d'un beau vert.

— Vert galant, Homme vif, ardent en amour :

Et nous étions tous deux, ma foi ! de verts galants.

llOLIÈKE.

— Bonnet vert, Bonnet de couleur verte que portaient autrefois les banqueroutiers.

— Tête verte, Personne évaporée.

— Langue verte, Langue parlée par le peuple de Paris", et qui est une sorte d'argot.

— -Volée de bois vert, Volée de coups d'un bâton très-lourd, le bois vert étant plus lourd que le sec.

— Art culin. Sauce verte, Sauce colorée par du jus d'épinards : Côtelette de veau à la SAUCE verte.

— Pêche. Huitres vertes, Huîtres dont la chair prend, dans certains parus, une coloration verdâtre. ♦

— Comm. Morue verte, Morue qui n'a pas été desséchée, il Ivoire vert, Ivoire pris sur l'animal vivant ou mort depuis peu.

— Techn. Pierres vertes, Pierres fraîchement tirées de la carrière. Il Cuir vert, Cuir qui n'a pas encore été corroyé.

— s. m. Couleur verte : Vert foncé. Vert clair. Vert tendre. Vert d'émeraude. Vert d'eau. Vert bouteille. Vert pomme. Volets peints eu vert. On ne trouve pas deux feuilles qui soient d'un même vert. (Diier. ) il Etoffe, vêtement de couleur verte : Aimer te vert. Etre habillé de VERT.

— Verdure, herbes et feuillages verts : C'était, depuis Bossey, la première fois que j'avais du vert devant mes fenêtres. (J.-J. Rouss.) '

— Herbes vertes que l'on fait manger aux chevaux, pendant le printemps : Mettre un cheval au vert. Retirer les chevaux du vert, leur faire quitter le VBRT. // est des pays où on saigne les bestiaux avant de tes mettre au vert. (Bosc.) Lorsque tes chevaux maigrissent, it est utile de les mettre au vert pour les rétablir. (R. de La Bergerie.)

Un loup, dis-je, au sortir des rigueurs de l'hivet, Aperçut un cheval qu'on avait mis au vert.

La Fo.iTii.-sa.

— Acidité du vin qui n'est pas encore suf-

VERT

fisammant fait : Ce oîn a du vert, a encore du vert, n'a pas dépouillé son vert.

— Manger son blé en vert, Dépenser son revenu avant de l'avoir i erçu. Il On dit aussi

MANGER SON BLÉ EN HKEBIi.

— Employer le vert et le sec, Recourir à toutes s'ortes de moyens .- Une dame de condition, déjà vieille et fort sèche, étant venue avec un habit vert à un bal que donnait Henri IV, le matin Gascon dit quil était fort obligé à celte dame qu'elle bût employé le vkrt bt LE seo pour faire honneur à ta compagnie. (Mtmagiuna.)

— Prendre sans vert, Prendre au dépourvu,

— Hist. roui. Faction des verts, Partisans de ceux des conducteurs de chars qui èi aient habillés en ven ; La faction des verts et celle des bleus.

— Ane. coût. Droit de vert, Droit de pi? ture.

— Comni. Vert de vessie, Couleur verte tirée du nerprun. |] Sardines en vert, Celles qui sont seulement couvertes d'un peu de Sel.

— Ornith. Vert beurrier, Espèce de pinson de l'Inde, l| Vert brunet, Espèce de verdier de l'Inde. H Vert d'airain, Espèce de grive du Sénégal. Il Vert doré, Espèce de colibri de Saint-Domingue; et lîspcce de merlu à longue queue du Sénégal. Il Vert perlé, Petit colibri de istiini-boiningiie. il Vert d'iris, Matière colorante verte extraite des feuilles d'iris.

II Vert montant, Nom vulgaire d'une espèce de bruant.

— Ichthyol. Vert blanc, Espèce de spare, qui habite le lac de Génésaretli.

— Entom. Vert doré, Nom vulgaire de la noctuelle ebryshe.

— Bot. Vert des feuilles , Matière colorante des feuilles, eîïloro[.hylle. Jf Vert des bois, Vert des dames, Vert des orties, Nom de

.différents agarics.

— Miner, Vert antique ou Vert d'Egypte, Marbre noir et vert, veiné de blanc. Il Vert campa». Marbre qu'on tire de I» vallée de Campan, dans les Pyrénées. Il Vert de Corse, Roche primitive, qui est un mélange de diallage et de jade. Il Vert de cuivre, Malachite soyeuse. Il Vert de montagne, Carbonate de cuivre impur. I[ Vert de Scheete, Arsénite de deutoxyde de cuivre, il Vert de Suse, Marbre du Piémont. || Vert de Florence, Marbre vert antique. H Vert de montagne ou de Hongrie, Carbonate de cuivre, il Vert d'oie, E.spèce de massicot.

— s. f. Pop. Yerre d'absinthe : Que prendrez-uous? — Moi, je prends une verte..

— Erpét. Nom vulgaire d'une couleuvre.

Il Très-verte, Autre espèce de couleuvre.

— Hortic. Verte bonne, Nom donné a une variété de prune et à une espèce de laitue. Il Verte longue, Verte longue panachée, Variétés de poires vertes et sucrées.

— Grumm. L'adjectif vert devient invariable quand il est preeédé ou suivi d'un autre adjectif ou d'un complément qui le modilie sous le rapport de la nuance, parce qu'alors vert est pris substantivement au masculin singulier : Des rubans vert foncé ou i/ros veut. Des draps vert olive. Des feuilles vert pâle. .Une tenture vert pomme.

> — Encycl, Eeon. rur, Régime du vert. Dans l'état de nature, les animaux, herbivores ne mangent en général que de l'herbe verte; c'est celle qui convient le mieux à leur constitution. S'ils consomment de l'herbe sèche, ce n'est qu'accidentellement et peu à la fois. Si donc on les forçait à se nourrir de celle-ci toute l'année, leur constitution en soiiHïirait. Toutefois, dans l'état de domesticité, les choses changent de face, et les uniinuux pâturants, notamment les chevaux, sont soumis d'une manière plus ou moins constante au régime du foin ou du fourrage sec. Comme ils sont employés au travail pendant toute la durée du jour, ils n'auraient que la nuit pour paître et ne se reposeraient pas. D'un •autre côté, comme on peut avoir besoin de leurs services à toute heure du jour et de ht nuit, on serait obligé daller les chercher dans les champs, ce qui ferait perdre beaucoup do temps. U'uilleurs, dans les pâturages abondants, comme le sont les prairies naturelles , les animaux, par leur piétinement, perdent et gâtent au moins autant et souvent plus d'herbe qu'ils n'en mandent.

Des motifs d'un autre ordre ont fait adopter l'emploi du fourrage sec, D'abord, a. volume ou à poids égal, il est plus nourrissant que l'herbe verte, surtout si celle-ci n'est pas encore arrivée au moment de la floraison. Puis il serait diflicile, plus ou moins coûteux et souvent même impossible d'aller couper l'herbe fraîche, au furet à mesure du besoin, pour la donner aux animaux dans l*éciuie, Entin, beaucoup de propriétaires de chevaux ne sont pas eu même temps propriétaires de prairies et ne pourraient par conséquent avoir de l'herbe à volonté. Il en résuite que dans des cas assez nombreux, par exemple dans les grandes villes, ou pour les chevaux dô poste, ne roulage, de guerre, etc., on est forcé pendant toute l'année de nourrir les chevaux au sec, et même, pour économiser le temps, de leur donner de l'avoine, de l'orge, du maïs ou d'autres grains qui, a. quantité égale, contiennent plus de matière nutritive que le foin. Les mulet3, les ânes et les boeufs sont presque partout dans la mémo cas, et si les vaches, les brebis ou les

VERT

moutons y sont moins souvent, c est qu on cherche davantage à économiser sur leur nourriture, et que les aliments frais donnent Un lait plus abondant et de meilleure qualité aux femelles.

, Toutefois, même dans les localités où les bestiaux sont nourris au sec habituellement, il est utile de les mettre de temps en temps au vert, ne fût-ce que pendant quelquesjours. Mais il ne faut dans aucun cas passer brusquement d'un régime à l'autre; il faut le faire graduellement, et pour cela leur donner d'abord du fourrage sec mélangé de fourrage vert, ce dernier, s'il leur est donné sans précaution, leur faisant éprouver des dérangements dont les suites peuvent être dangereuses. Dans certains pays, on est dans l'usage de saigner les animaux avant de les mettre au vert; mais ce soin est au moins inutile. Les juments, les vaches et les brebis, pleines ou nourrices, doivent être mises au vert plus tôt et plus longtemps que celles qui ne sont pas dans ce cas.

« Lorsque les chevaux maigrissent, dit Kougier de La Bergerie, lorsqu'ils sont sans appétit, quand ils sont échauffés ou fatigués par le travail, il est utile de les mettre au iwrpour les réîablir. On ne peut pas douter de l'effet du vert.en voyant leur ardeur à y courir. C'est le retour au genre de vie de leur jeunesse. Comme le vert affaiblit nécessairement les chevaux et les bœufs, il ne faut pas exiger d'eux, pendant qu'ils y sont et quelque temps après, un travail aussi fort que celui auquel ils étaient auparavant assujettis. Les jeunes animaux qui sont mis au vert au premier printemps souffrent souvent beaucoup, parce qu'il affaiblit leurs organes digestifs. <

Lors donc qu'on soumet les bestiaux à ce régime, il ne faut pas lo faire quand l'herbe commence à poindre, mais attendre le moment où elle est arrivée à un certain degré de développement et de maturité, parce qu'alors elle contient plus de substance nutritive et les affaiblit moins. L'utilité du régime du vert n'est pas douteuse quand il s agit des étalons de toute espèce, et c'est un proverbe qui a cours dans tous les cantons où l'on élève des bestiaux, que « l'herbe des champs rend amoureux. ■ Toutefois, il ne faut pas négliger en ceci l'influence de la saison ou pour mieux dire la loi même de la nature.

Dans les campagnes, quand on veut mettre le bétail au vert, on l'envoie pâturer dans les prés; cette méthode esc sans contredit ia meilleure et doit être préférée autant que possible, parce qu'elle agit à la fois sur la physique et sur le moral. Mais elle a aussi ses inconvénients, et d'ailleurs elle n'est pas toujours applicable, par exemple dans les villes. Là, on est forcé de donner l'herbe verte aux animaux à l'écurie. Tantôt c'est de l'herbe de pré, tantôt de la luzerne, du trèfle ou du sainfoin, tantôt encore des fanes de seigle ou de froment. On a aussi employé avec avantage, dans certaines circonstances, la chicorée sauvage, la pimprenelle, le muïs, la spergule, les vesces, les pois et les feuilles des arbres. « Les avantage» du vert, dit Boso, sont moins sensibles sur les vieux unimaux. Il a même souvent des inconvénients graves pour eux, eu ce qui! affaiblit leur ostoiiuiû au point qu'ils ne peuvent plus rien digérer. »

— Hist. Faction des verts: V. bleus. - ■ — Allus. littér. lia Hun» «rop verts, Locution tiréa de la fable de La Fontaine : le Renard et les raisins.

Certain renard gascon, d'autres disent normand. Mourant presque du faim, vit au haut d'une treille

Des raisins mûrs apparemment

Et couverts d'une peau vermeille.

La galant en eût fait volontiers un repas;

Mais comme il n'y pouvait atteindre, Ils sont trop vert?, dit-ii, et bons pour des goujats-

lrit-il pas mieux qua de se plaindre?

Ces mots : Ils sont trop verts, ne se citent guère que pour se moquer des dédains que "quelqu'un affecte à l'égard d'une chose qu'il ne peut parvenir à posséder. Quelquefois aussi on se cou lente, pour exprimer la même idée, de rappeler le titre de la fable et de dire : C'est comme la fable du Renard et les raisins. Voici quelques applications :

i Détrompé maintenant sur les intentions de nos politiques, je ne commettrais plus seulement mon nom sur les listes de candidats. On m'appliquera la fable du Renard et les raisins. Que m'importe? Libre à vous de sauter à la grappe ; moi j'y ai renoncé sans dépit et sans grimace, non en disant qu'elle est trop verte, mais appréhendant un peu qu'elle ne soit pourrie par la corruption du temps. •

NÉPOMUCENE LeMERCIER.

• Loin de moi, j'ai hâte de le déclarer, l'idée d'applaudir aux théories grotesques mises de nos jours en circulation par certaines gens. Laissons-les, du bas de leur ignorance, lancer au-dessus d'eux des boulettes de papier qui leur retombent sur le nez. Laissonsles rire des palmes universitaires... Elles sont trop vertes, parbleu I... »

PlBRHK VBRON.

• En général, ce n'est que très-tard qu'où

VERT

s'aperçoit si bien des défauts des femmes, " comme le renard s'aperçoit que les raisins sont verts. L'homme n'a de ces horreurs éloquentes que contre les pièges qu'on ne daigne plus lui te.idre ; c'est quand on lui a rendu tristement sa liberté qu'il s'indigne contre les chaînes »

AI.PH. KàRR.

VERT (cap). V. cap Vert (tome III, p. 301).

VEHTE (rivière). V. Rio-Verdk.

VEUT (dom Claude de), liturgiste, né a Paris en 16-15, mort a Abbevillo en 1708. Entré chez les bénédictins, il alla étudier la philosophie à Avignon, et ses études terminées, il passa en Italie, où la pompé du culte romain lui inspira l'idée de rechercher les origines des cérémonies ecclésiastiques. Son savoir lui conquit le respect de ses confrères; aussi, après avoir contribué au rétablissement des chapitres généraux de son ordre, fut-il élu successivement trésorier de l'abbaye de Cluny, visiteur, puis déflnitôur de la province de France, vicaire général et enfin prieur de Saint-Pierre d'Abbevitle. Ses principaux écrits sont : la Règle de Saint-Benoît (farts, 1689, 2 vol. in-4°); Lettre à M.Juricu sur les cérémonies de la messe (1690, in-12); Dissertation sur les mots de messe et d& communion (1694, in -12); Explication simple, littérale et historique des cérémonies de l'Eglise (nos, a vol. in-8»).

VERTA (Jehan de La.), dit de Roco, sculpteur espagnol, né dans l'Aragon. Il vivait au xve siècle. Sur la demande de l'hilippe la Bon, duc de Bourgogne, il se rendit à Dijon en 1444,, pour y exécuter, moyennant 4,000 livre*1, le tombeau de Jean sans Peur. Eu U61, ce travail, du reste considérable, n'étant point encore terminé, on adjoignit à l'artiste un autre sculpteur, Antoine Le Moiturier. De . La Ver ta, fréquemment désigné sous le nom de Jeun de Drogue», était un très-habile sculpteur, ainsi que le prouvent les statues du duoet-delu duchesse de Bourgogne et des figures qui se trouvent aujourd'hui clans le inusée de Dijon ; mais c'était un homme violent et irritable. En 1448, il fut emprisonné et condamné à une amende pour avoir injurié et menacé de son poignard le maire de Dijou.

VERTABtET s. m. (vèr-ta-bi-è). Docteur arménien, il On dit aussi vërbiest.

VERTAGUE s. m. (vèr-ta-ghe — du latin vertagus, chien lévrier). Eniom. Genre d'inseeles coléoptères peu tanières, tribu des patellimunes, comprenant deux espèces, qui habitent le Sénégal et la Guinée, et qui doivent leur nom à leurs habitudes de chasse et à leur légèreté à ia course.

VERTA1ZON, bourg de France (Puy-de- Dôme), ch.-l. de caru., arrond. et à 20 kilom. E. de Glermout-Kerrand, sur la rive droite de l'Allier ; pop. uggl., 2,050 lutb. — pop. lot., y, 134 hab. Ruines d'un ancien château fort, démoli sous Louis Xill.

VERT DE GRIS s. m. Sous-carbonate de deutoxyde de cuivre, de couleur verte, qui se forme h la surface des objets de cuivre ou d'alliuge de cuivre, lorsqu'ils restent exposés à I air ou enfouis dans le sol : Le vert- DE-gris est un poison très-violent. Il Sous-acétate de cuivre, aussi de couleur verte, que l'on prépare par certains procédés particuliers. Il Ou dit aussi vbkdet en- ce sens. -

VERT-DE-GRISÉ, ÈE adj. Couvert de

vert- de -gris.

VEBTÉBRAIRE s. m. (ver-té-brè-ro — rad. vertèbre), bot. Genre de végétaux fossiles.

VERTÉBRAL, AEE adj. (vèr-té-bral, a-le — rad. vertèbre). Aiuit. Qui appartient aux vertèbres, qui est forme par les vertèbres : Artère, moelle VERTÉBRALE. Nerfs, ligaments

VERTÉBRAUX. Colonne VEHTÉBRALE. TfOU VERTEBRAL.

— Encycl. Artère vertébrale. Cette artère vient de la sous-clavière, eu haut et en arriére, au moment où cette dernière se recourbe sur le sommet du poumon ; de là, elle s'engage dans la série des trous creusés dans les apophyses uausverses des vertèbres cervicales et gagne l'axis. Eu ce point, elle décrit une première courbure, puis une seconde près de l'occipital ; elle pénètre dans le crâne par lo trou occipital et aniin, arrivée au niveau du sillon qui sépare le bulbe rachidien de la protubérance annulaire , se réunit âsa congénère ou côte oppose et forme avec elle, sur la ligne .médiane, le tronc basilaire. Dans, son trajet extraeranien, elle fournit quelques rameaux spinaux qui pénètrent dans le canal vertébral, quelques rameaux musculaires qui se distribuent aux muscles de la région postérieure du cou, enlin un tronc plus volumineux destiné à la dure-mère, l'artère méningée postérieure.

Dans son trajet crânien, elle donne naissance à des troncs artériels plus importants, qui sont : les artères spinales postérieure et antérieure, l'artère cérébelleuse inférieure et la cérébelleuse postérieure. Quant à ses branches terminales, elles émanent du tronc busiiaire; ce sont tes cerebeheuses antérieure et inférieure , les cérébelleuses supérieures et les cérébi aies."

— Casai vertébral. On donne ce nom au canal creusé naus l'intérieur de la colonne

VERT

vertébrale, et qui résulte de la correspondance des trous des vertèbres. V. canal.

— Colonne vertébrale ou spinale. V. colonne.

— Disques vertébraux ou intervertébraux.

Disques fibro-caitilagineux interposés entra les corps des vertèbres. V. intervertébral.

— Gouttières vertébrales. Ce sont des sortes de gouttières creusées sur les parois po.stèrieures de la colonne vertébrale et formées par la série des lames des vertèbres et la série des apophyses épineuses; ces gouttières logent les muscles spinaux.

— Lames vertébrales. On désigne ainsi la partie osseuse mince de la vertèbre par laquelle le corps se rattache à l'apophyse épineuse. V, vertèbre;,

— Ligaments vertébraux. Ce sont ces ligaments qui relient les différentes pièces de la colonne vertébrale. V. colonne.

— Moelle vertébrale ou spinale.V, moelle.

— Nerfs vertébraux ou spinaux. On désigne sous ce nom les trente et une paires de nerfs qui sortent par les trous de conjugaison de la colonne vertébrale. V. nerf et spinal.

— Sinus vertébraux. Ce sont les.sinus formés par les veines qui longent la colonne vertébrale et ia moelle. V. SI. NUS.

— Trou vertébral. Trou qui existe duns chaque vertèbre en arrière du corps, et dont l'ensemble forme le canal vertébral qui loge la moelle épinière.

VERTÉBRALINE s. f. (vèr-té-bra-Ii-ne — dimiu. de vertèbre). Koraiii. Genre d'hélicostègues, de la famille des namiloWes, dont l'espèce type vit duns la Méditerranée et dans la mer du Sud. |i Molt. Genre de coquilles univalves.

VERTÉBRAMTE s. f. (vèr-té-bra-li-te — rad. vertèbre). Pathol. Inflammation des vertèbres,

VERTÈBRE s. f. (vèr-tè-bre — du lat. vertere, tourner). Anat. Chacun des os qui, emboîtés les uns dans les autres, forment l'épine du dos chez l'homme, chez ies mammifères, les oiseaux, les reptiles et les poissons. Il Vertèbre type, Forme idéale que l'on considère comme le type de toutes les vertèbres, et dont les vertèbres réelles semblent se rapprocher de plus en plus, lorsqu'on remonte, en passant par tous les dey tes de lu série animale, des poissons aux mammifères supérieurs.

— Encycl. Chaque vertèbre présente, en général, un Corps cylindroîde, un anneau osseux et un certaiu nombre d'apophyses dont les unes, k surfaces articulaires, servent à unir les vertèbres entre elles, et dont les autres, plus ou moins longues selon les espèces, donnent attache aux muscles du dos et figurent autant de brus de levier qui meuvent les vertèbres les unes sur les autres. Les corps places bout à bout, réunis entre eux par des cartilages intervertébraux, de3 ligaments fibreux et les apophyses articulaires, dont nous venons de paner, forment la partie solide et résistante de l'épine dorsale, l'axe du tronc qui supportera tête et uutuur duquel sont suspendus les membres et toutes ies autres parues du curps. Qifant aux anneaux, piacès à iu suite les uns des autres, ils oll'reiii à lu muelle épinière ua canal proLecteur qu'elle parcourt duns toute son étendue.

Chez tous les animaux ayant un squelette intérieur, les vertèbres ne manquent jamais; on les retrouve même chez la lamproie, où leur corps est presque en.ieieiuent membraneux. Leur nombre, leur forme générale peuvent varier; quelques parties peuvent manquer dans certaines espèces ou être surajoutéus daDS d'autres j mais elles présentent toujours des caractères constants, qui les font recuunuHre, et qui les oui fait choisir par les naturalistes comme le type distiuctif u un vaste embranchement, celui des vertébrés.

Les vertèbres prennent différents noms, selon la région de l'épine ou elles «out situées. On appelle cervicules celles qui occupent la région du cou, dorsales celles qui portent les cotes, lombaires celles qui fout suite aux dorsales, sacrées ou pelviennes celles qui tiennent au bassin et qui sont le plus Souvent soudées pour former un seul os, le sacrum; coccygieunes ou caudales ceJles qui composent lu. queue.

Nous allons étudier, dans les différentes classes de i'embraucliement des animaux vertébrés, les caractères propres aux vertèbres de chaque région.

(Jhez l'homme, il y a sept vertèbres cervicales, douze dorsales, cinq et quelquefois six lombaires, quatre ou cinq sacrées et quatre ou cinq coccygiennes, eu tout treiiie-uois vertèbres. Le nombre des tiertédi'tfs peut présenter quelques variations, mais elies sont très-rares. Ainsi, ou peut ne trouver que six vertèbres cervicales, et cette anomalie a été considérée par Moig'gui comme prédisposant à l'apoplexie, lide rend, en ejfet, la région cervicale plus courte et détermine un rapprochement trop considérable entre le cœur et le cerveau. Les deux premières vertèbres cervicales ont reçu chaouue un nom particulier. La première se uoinuie atlas, la deuxième axis.

Toutes les autres vertèbres présentent , comme nous l'avons dit plus haut, un corps,

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un anneau et sept apophyses, une épineuse, deux transverses et quatre articulaires.

— Corps. Le corps de la vertèbre est situé a la partie antérieure de l'anneau; il présente ' quatre faces. La face supérieure est en rapport avec la vertèbre située au-dessus, et l'inférieure avec la vertèbre située au-dessous. Toutes deux sont concaves et forment un espace lenticulaire occupé par tas disques intervertébraux. La face antérieure est convexe transversalement et présente une gouttière qui devient plus profonde sur les côtés et sert a loger les vaisseaux intercostaux ou lombaires. La face postérieure est concave et limiti: en avant le trou vertébral. Elle est percée d'un grand nombre de trous par lesquels les veines pénètrent dans le corps de )). vertèbre,

A la région cervicale, le corps des vertèbres est moins volumineux que dans toutes les antres. Il n'est pas excavé transversalement et sa face supérieure porte de chaque côté deux crochets qui pénètrent dans deux excavations creusées sur les côtés de la vertèbre située au-dessus.

A la région dorsale, le corps présente de chaque côté deux demi-facettes où sont reçues les extrémités des côtes. Son diamètre antérieur est plus court que son diamètre postérieur. Cette disposition donne à. cette région une forme excavée en avant qui s'exagère clans certains cas de rachitisme ou de ramollissement et d'écrasement du corps des vertèbres,

A la région lombaire, on trouve une disposition inverse. C'est dans cette région que le corps des vertèbres présente le volume le plus considérable.

A la région sacrée, les cbrps des vertèbres sont soudés ensemble, et tellement unis qu'on décrit les cinq vertèbres comme formant un seul os, le sacrum. 11 en est de même des vertèbres coceygiennes.V. sacrum et coccyx.

— Trou vertébral ou rachidien. Le trou vertébral est d'une forme à peu près triangulaire à base dirigée en avant. Il est formé par deux lames osseuses qui, parties de chacun des côtés de la face postérieure du corps, se réunissent en urrière pour former la base de l'apophyse épineuse. Ces lames présentent en haut et en bas des échancrures destinées au passage des nerfs qui se rendent aux diverses parties du corps. Dans les régions cervicale et lombaire, le diamètre anléro- postérieur du trou vertébral est plus long que le diamètre transverse ; dans la région dorsale, ils sont égaux. Les lames des vertèbres cervicales sont longues, minces, obliques et imbriquées d'une vertèbre à l'autre. Celles des vertèbres dorsales sont plus épaisses et verticales. Les lames des vertèbres lombaires sont courtes, très-épaisses et verticales.

— Apophyses. L'apophyse épineuse est une éminence impaire qui naît du sommet du triangle formé par les lames et fait saillie en arrière. Elle donne attache aux muscles extenseurs du tronc. Sa longueur, sa forme et sa direction varient dans les diverses régions,

A la région cervicale, les apophyses épineuses sont prismatiques et triangulaires , creusées en gouttière sur leur face inférieure pour loger dans les mouvements d'extension l'angle supérieur de l'apophyse située audessous. Leur direction esi horizontale. Leur sommet présente deux tubercules latéraux servant à des insertions musculaires.

A la. région dorsale, les apophyses sont prismatiques, triangulaires, dirigées obliquement en arrière et en bas. Elles sont trèslongues et n'ont qu'un tubercule à leur sommet.

A la région lombaire, les apophyses sont quadrilatères, larges, épaisses. Leurs faces latérales sont rugueuses et fournissent des insertions musculaires dans toute leur étendue. Leur bord postérieur est épais et triangulaire.

Apophyses transverses. Au nombre de deux pour chaque vertèbre, elles naissent de chaque eôlé de l'anneau vertébral et se dirigent obliquement en dehors. Elles donnent insertion aux muscles qui impriment a l'épine des mouvements de latéralité.

A la région cervicale, les apophyses transverses présentent des caractères très-remarquables. Leur face supérieure est creusée en gouttière pour le passage des nerfs cervicaux ; les deux bords de cette gouttière sont rugueux et donnent insertion aux muscles inteitrausversaires. Leur extrémité libre est biiurquée ; leur base est percée d'un trou pour Je passage de l'artère vertébrale.

A la région dorsale, les apophyses transverses sont horizontales, beaucoup plus volumineuses que les apophyses épineuses. Elles sont fortement déjetées en arrière et présentent à leur sommet une facette qui s articule avec la tubérosité des côtes.

A lu région lombaire, les apophyses transverses sont des lames miuces, custifonnes, aplaties d'avant en arrière et situées sur le même plan que les côtes. Leur face postérieure présente un tubercule, nommé tubercule accessoire et destiné à des insertions musculaires.

Apophyses articulaires. Elles sont au nombre de quatre pour chaque vertèbre , deux supérieures ou ascendantes et deux intérieures ou descendantes. Leur direction est verticale. Elles naissent des parties latérales

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de l'anneau vertébral et dépassent en haut et en bas le corps de la vertèbre. Chacune d'elles présente une surface articulaire encroûtée de cartilage, qui s'articule avec une facette correspondante de l'apophyse située au-dessus ou au-dessous. La direction de ces facettes varie dans les diverses régions de l'épine.

A la région cervicale, les facettes des apophyses articulaires supérieures regardent en haut et en arrière, celles des apophyses inférieures en bas et en avant. Cette obliquité est d'autant plus prononcée qu'on se rapproche davantage de la région dorsale.

A la région dorsale, les apophyses articulaires sont de simples lames dirigées verticalement en haut et en bas. Les facettes articulaires des apophyses supérieures regardent en arrière et en dehors, celles des inférieures en dedans et en avant.

A la région lombaire, les apophyses articulaires sont des lames très-fortes. Les supérieures ont de^ surfaces articulaires concaves, regardant en dedans et en arrière : les inférieures ont des surfaces convexes, regardant en dehors et en avant. Les apophyses supérieures sont prolongées en arrière par des tubercules nommés apophysaires ou mamillaires, servant à des insertion s musculaires. Certains anatomistes, qui regardent les apophyses transverses des vertèbres lombaires comme de véritablescôtes, admettent que les tubercules dont nous venons de parler constituent les npophyses transverses de ces vertèbres.

— Structure et développement. Le corps des vertèbres est formé de tissu spongieux, a, larges cellules, recouvert d'une couche mince ' de tissu compacte. Ce dernier tissu prédomine au contraire dans les lames et les apophyses. Chaque vertèbre se développe primitivement, par trois points d'ossification , un pour lo eorpsetdeux pour l'anneau. A ces trois points se joignent plus tard cinq autres points d'ossification complémentaires. On les nomme points épiphysaires. Il y en a un pour chaque apophyse transverse, un pour le sommet de l'apophyse épineuse et deux pour le corps , l'un à la face supérieure, l'autre à la face inférieure. Les points d'ossification apparaissent du quarantième au cinquantième jour de la vie intra-utérine.

Chez tous les autres mammifères, le nombre des vertèbres cervicales est toujours do sept , excepté chez le paresseux à trois doigts, qui en a neuf, et lelamentin, qui n'en a que six.

Elles présentent à peu près les mêmes caractères que chez l'homme. Les carnivores ont les apophyses transverses de l'utlas trèsfortes. Elles forment de chaque côté du cou deux larges lames dirigées un peu en arrière. L'apophyse épineuse de l'axis est saillante comme chez l'homme, excepté chez le chameau et la girafe, où elle est presque nulle. En général, à mesure que le cou s'allonge, la longueur des apophyses épineuses diminue alin de ne pas s'opposer à la flexion du cou eu arrière. Dans les cétacés, les sept vertèbres cervicales sont soudées ensemble. Les chauves-souris n'ont pas d'apophyses épineuses à leurs vertèbres.

Les vertèbres dorsales des autres mammifères diffèrent aussi très-peu de celles de l'homme. Elles ont des apophyses épineuses d'autant plus fortes et plus saillantes que le cou est plus long ou que la tète est plus lourde. Cette disposition fournit des points d'insertion plus étendus aux muscles puissants qui meuvent ces organes.

Nous' ferons la môme remarque pour les apophyses épineuses des vertèbres lombaires des animaux qui ont une longue queue. Elles sont d'autant plus longues et d'autant plus inclinées en avant que les muscles qui servent à la mouvoir sont plus forts. Dans certaines espèces, comme les tatous et les vrais fourmiliers, les apophyses articulaires des vertèbres lombaires et des dernières dorsales présentent des caractères particuliers, dont on ne retrouve d'exemples que chez les serpents. Les apophyses articulaires sont doubles et s'emboîtent les unes dans les autres comme un tenon dans une mortaise. Les apophyses transverses des vertèbres lombaires iie l'hippopotame, du rhinocéros, du tapir et du cheval sont tcèa-larges et s'unisseut entre elles au moyen d'un prolongement postérieur.

Le sacrum des mammifères est plus étroit que celui de l'homme et ne leur permet pas la station verticale. Les espèces qui peuvent prendre quelquefois cette position ont le bassin plus large. Dans les cétacés, qui n'ont proprement pas de bassin, il est assez difficile de distinguer les vertèbres sacrées des caudales et des lombaires. Uaus ces régions, les apophyses articulaires manquent, mais les épineuses et les transverses acquièrent un grand développement. Chez l'homme, les vertèbres coccygiennes sont, rudimentaires; chez les autres mammifères qui ont une queue longue ou mobile, les vertèbres caudales ont une rontie prismatique. Elles vont en diminuant de volume de la base de la queue vers son extrémité libre; leurs apophyses sont réduites à de simples proéminences. Elles portent un os surnuméraire, que sa forme a fait nommer os en V, qui est situé à- leur face inférieure au point d'union de deux vertèbres et qui donne attache .aux muscles de la région de la queue.

— Des verlèbi'cs chez les oiseaux. Chez les

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oiseaux, toute la partie dorsale de l'épine est fixe pour offrir aux ailes, pendant le vol, un point d'appui plus solide ; les régions cervicale et caudale jouissent, au contraire, d'une grande mobilité. Le nombre des vertèbres cervicales varie de dix à. vingt-trois, celui des vertèbres dorsales de sept à onze. Les vertèbres lombaires se soudent de bonne heure en une seule pièce avec l'os des iles; quant aux vertèbres caudales, il y en a, chez l'oiseau adulte, de sept à neuf. Les vertèbres cervicales ont une forme prismatique ; leurs apophyses sont peu saillantes. Les transverses ne forment que de simples tubercules, percés d'un trou pour le passage de l'artère vertébrale et du nerf grand sympathique. De leur extrémité antérieure naît un stylet osseux qui descend parallèlement au corps et donne insertion aux muscles latéraux. L'apophyse épineuse forme une arête longitudinale. Les vertèbres supérieures et inférieures ont, en outre, à. leur face antérieure des apophyses épineuses qui donnent attache aux muscles fléchisseurs et abaisseurs du cou. Les corps des vertèbres s'articulent, non pas par des surfaces planes qui ne permettraient que des mouvements peu étendus, mais par des surfaces convexes d'une part, et concaves de l'autre. Les quatre ou cinq vertèbres supérieures ne peuvent se mouvoir qu'en avant ; les autres ne Sont mobiles que d'avant en arrière. Cette disposition donne au cou la forme d'un S pouvant s'allonger ou se raccourcir. Les vertèbres dorsales ont des apophyses épineuses comprimées se touchant entre elles et formant sur le dos une longue crête saillante. Les apophyses transverses sont horizontales, en forme de lames minces, dont l'extrémité se bifurque en deux pointes qui se portent l'une en avant, l'autre eu arrière. Ces pointes s'unissent et se soudent d'une vertèbre à l'autre. Les dernières dorsales et les lombaires, distinctes chez le jeuue oiseau, se soudent de bonne heure entre elles et avec l'os des iles pour ne faire qu'une seule pièce. Les vertèbres de la queue ont des apophyses épineuses et des apophyses transverses bien développées. La dernière de ces vertèbres est plus giande que les autres et a la forme d'un soc de charrue ou d'un disque aplati. C'est elle qui supporte les pennes.

— Des vertèbres chez les reptiles. C'est dans la classe des reptiles qu'on trouve, d'une espèce a l'autre; les plus grandes différences entre les vertèbres. Les uns ont, en effet, l'épine très-flexible et constituant à elle seule presque tout le squelette, comme chez les serpents; les autres, au contraire, l'ont complètement inflexible sur une certaine portion de sa longueur. Un caractère, cependant, qui distingue cette classe de toutes les autres, c'est que la partie annulaire de la vertèbre demeure toujours distincte du corps. Chez les tortues, les parties annulaires des vertèbres dorsales sont des plaques qui forment l'axo de la carapace e,t s'engrènent par suture avec les côtes transformées en lames latérales. Les corps sont placés au-dessous et sont suspendus par un pédicule osseux aux laines qui représentent les côtes. Le pédicule qui représente la tête de la côte vient, comme chez les mammifères, s'insérer au point d'union de deus corps. Les vertèbres cervicales, au nombre de. huit, s'articulent au moyen d'un condyle qui pénètre daus une cavité glénoïde et sont très-iuobiles. Elles n'uni point d'apophyses épineuses. Celles de la queue n'offrent rien de' particulier.

Le nombre des vertèbres du crocodile est d'environ soixante. Elles s'articulent entre elles par des surfaces convexes postérieurement et concaves antérieurement. Les sept vertèbres cervicales ont toutes des apophyses transverses, semblables à de petites côtes. L'atlas est forme de quatre pièces, l'axis de trois; les cinq autres cervicales et les quatre premières dorsales ont une apophyse épineuse inférieure et deux latérales qui supportent la côte. Les apophyses épineuses sont courtes, comprimées et coupées carrément. On compte douze ou treize dorsales, cinq lombaires, deux sacrées et quarante caudales. Dans celles-ci, les apophyses épineuses s'allongent à mesure que les transverses se raccourcissent et donnent a la queue une forme comprimée. En dessous, au point d'union de deux vertèbres, on trouve uu os en V, qui porte aussi une apophyse épineuse.

Chez les serpents, les vertèbres sont trèsnombreuses. Leur nombre varie de dix à plusieurs centaines. Elles se ressemblent toutes de la tête a la queue. Les corps s'articulent par des articulations en genou. Les apophyses articulaires sont doubles et s'engièneut les unes dans les autres,- disposition qui ne permet que les mouvements de latéralité. On trouve des apophyses épineuses et des apophyses transverses qui supportent les côtes.

Four les vertèbres chez les poissons, v. poisson.

— Chir. Luxation des vertèbres. Les luxations des vertèbres sont rares. Elles présentent ceci de particulier qu'elles soin toujours incomplètes, car une luxation complète supposerait une séparation totale de la colonne vertébrale en deuï fragments isOiés l'un de l'autre, lésion qui n'est pus compatible avec la vie. Les luxations des vertèbres accompagnent souvent la fracture de ces os. Les vertèbres dorsales et lombaires se luxent

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très-rarement. Il en existe neuf cas dans la science, un publié par Robert et huit réunis par fe, professeur Richet dans sa thèse de concours de 1851. C'est à la région cervicale qu'on observe ces luxations, le plus fréquemment à la partie inférieure de cette région, à la cinquième et à la sixième vertèbre cervicale. 11 est fort rare de voir des luxations de l'occipital sur l'atlas et de l'atlas sur l'axis. Une violence extérieure considérable, portant en arrière sur l'occipital, peut luxer en partie l'occipital sur l'atlas. L'un des condyles quitte l'atlas, se porte en avant; le canal rachidien est rétréci et le bulbe comprimé; les ligaments sont déchirés du côté du déplacement. L'atlas peut se luxer sur l'axis, a la suite de chute sur la tète, d'un coup sur la nuque et surtout d'un torsion violente du cou avec traction. L'atlas tourue autour de l'apophyse odonto'ide, les ligaments latéraux sont déchirés, et les surfaces articulaires de l'atlas et de l'axis ne sont plus en rapport. Les dernières vertèbres cervicales se luxent a la suite de chute sur la tète ou de la pression exercée par de lourds fardeaux portés sur la tète, ou bien dans un mouvement de rotation forcée avec inclinaison latérale. Ordinairement la vertèbre supérieure glisse au devant de celle qui est au -dessous (luxation en avant); les ligaments sont déchirés en partie ou en totalité. Si le déplacement est plus marqué d'un côté, l'une des apophyses articulaires reste en place, l'autre se déplaçant seule (luxation latérale). Dans uu seul cas, on a vu la vertèbre supérieure Se porter fen arrière (luxation en arrière). Dans les cas rares où les vertèbres dorsales ou lombaires se sont luxées, il s'agissait de violences extérieures, pressions, chocs considérables, etc. Lorsque la luxation existe au niveau de l'atlas et de l'axis, on constate une position vicieuse de la tête, inclinaison, rotation, etc, en rapport avec la variété de déplacement. Presque toujours, le bulbe est comprimé, et, dans les cas où la mort n'est pas amenée subitement par cette compression, elle survient rapidement au milieu de symptômes nerveux. Dans les luxations des cinq dernières vertèbres cervicales, si ta luxation se fait en avant, la tête est souvent fléchie, l'extension impossible; le malade ressent une douleur qui part du siège de la luxation et qui descend plus ou moins vers la partie inférieure de la colonne. 11 y ' à, en arrière, une saillie produite par l'apophyse épineuse de la vertèbre restée en place; le doigt, introduit dans le pharynx, permet souvent de constater la saillie de la vertèbre luxée ; fréquemment, la moelle est comprimée et l'on constate de la paraplégie. Si la luxation est latérale, il est facile de prévoir quels seront les symptômes, dont le principal, lorsqu'on l'observe, est la brisure de la ligne verticale formée par les apophyses épineuses. La luxation en arrière présente les phénomènes inverses de celle qui se fait en avant. Dans tous les autres cas, les symptômes sont tellement semblables à ceux des fractures de la colonne vertébrale, qu'il est facile de confondre ces deux sortes de lésions. Il est rare que ces luxations guérissent; le plus souvent, elles amènent la mort au bout de quelques heures ou de quelques jours, par suite dd la compression de la moelle, et nous savons que lés lésions de cette portion des centres nerveux sont d'autant plus graves qu'on se rapproche davantage de la partie supérieure de la colonne. Ou a cependant vu des cas de guêrison de luxation des dernières vertèbres cervicales. E" général, il est prudent de'ne tenter la réduction qu'en cas de mort imminente ou de paralysie plus ou moins complète. Dans les cas où 1 on opère la réduction, de même que dans les autres, il faut tenir le malade dans l'immobilité pendant cinq ou six semaines et prévenir les accidents inflammatoires du côté de la inoeWe. Le plus souvent, quand il ne succombe pas, le blesse conserve une roideur Ou cou avec inclinaison vicieuse de la tête.

— Fractures des vertèbres. Les fractures des vertèbres reconnaissent des causes directes et indirectes. Les causes directes déterminent plus souvent des fractures incomplètes; ce sont des chocs reçus sur la partie postérieure de la colonne, ou bien un projectile lancé par une arme à feu. Les causes indirectes sont les chutes d'un lieu plus ou moins élevé; dans ce cas, la fracture peut sa produire de plusieurs manières. 1° Si la fluorure succède à une chute sur la tête ou sur le siège, ou bien sur les genoux ou sue ies pieds, ce qui est plus rare, un ou plusieurs corps vertébraux seront écrasés (fracture par écrasement). 2» Un individu tombant d'un lieu élevé peut être arrêté dans sa chute par un obstacle quelconque. Si la face dorsale tombe perpendiculairement sur l'axe de l'obstacle, les deux extrémités de l'individu, animées par l'impulsion, continuent à descendre pendant un certain temps, tandis que la partie moyenne du corps est retenue. La colonne vertébrale décrit brusquement un cercle, et pendant ce mouvement de la colonne il se fait fréquemment une fracture d'un corps vertébral, qui siège presque toujours à égale distance de deux disques intervertébraux, la cohésion du tissu osseux étant moins forte que l'adhérence du corps vertébral au disque fibreux (fractures par arrachement). Très-rarement on voit des fractures complètes, c'est-à-dire divisant 1» colonne

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vertébrale en deux tronçons distincts : le plus souvent, la lésion est incomplète et 1 on constate des fractures isolées du corps de l'apophyse épineuse, des tames, des apophyses transverses ou des apophyses articulaires. Ces fractures, rarement simples, sont presque toujours compliquées. Dans les fractures par cause directe, on constate quelquefois un enfoncement de l'apophyse épineuse ou des lames vers le canal rachidien. Dans les fractures indirectes, on voit souvent le corps de la uertèbre supérieure glisser un peu au devant de l'inférieure. Quelquefois une esquille se détache et se porte vers le canal rachidien. Nécessairement, ces derniers déplacements entraînent un changement dans les rapports de la moelle épinière, presque toujours comprimée. Ces fractures peuvent siéger dans toute l'étendue de la colonne vertébrale; mais les fractures indirectes siègent le. plus souvent à la partie inférieure de la région dorsale. Dans les fractures^ directes, outre la douleur sur un point quelconque de l'épine dorsale, ,on constate' qu une apophyse epineu.se est quelquefois déviée de sa-posi-tion normale; si on lui imprime des mouvements, on peut arriver a percevoir la crépitation. Dans les fractures indirectes, dans les fractures du corps, après lu chute le malade ne peut se relever. Si la fracture a eu. lieu par écrasement d'un corps vertébral, il peut arriver que le malade présente une sorte de gibbositè au niveau de la fractura. Dans tous les cas, il y a de lu douleur et quelquefois de la tuméfaction à ce niveau. Il serait imprudent de chercher ^constater la mobilité anomale et la crépitation; on arrive au diagnostic de ces fractures par l'étude des complications. Les complications primitives, survenant au moment de l'accident, sont: la commotion, la compression et la déchirure de la moelle et de ses enveloppes. Les complications consécutives sont : l'inflammation et le ramollissement de la moelle. La commotion ou l'ébranlement de la moelle détermine un engourdissement passager des membres inférieurs. La compression est produite par un "épanchement sanguin dans le canal vertébral ou par un. fragment osseux déplacé vers- le canal rachidien. La déchirure de la moelle est produite aussi par le déplacement des fragments. La myélite, c'est-à-dire l'inflammation et le ramollissement de lu moelle, complication consécutive, est nécessairement amenée par la compression de la moelle. Toutes ces complications déterminent des symptômes qui dominent ceux de la lésion osseuse et qui donnent à ces fractures une physionomie particulière. Le symptôme dominant de toutes ces complications est la paraplégie, qui est d'autant plus étendue que la fracture siège sur uu point pius voisin de la tête. Cette paraplégie , qui affecte en même temps le mouvement et la sensibilité, peut être complète ou incomplète. Elle est fréquemment accompagnée de paralysie du rectum et de la vessie, et conséquemment de rétention d'abord et plus tard d'incontinence d'urine et de matières fécales. Il y a quelquefois de la contracture, symptôme qui indique une lésion des méninges rachidieunes. Dans les fractures directes et sans complication, la marche est assez rapide et la terminaison souvent favorable-; mais, dans les fractures indirectes, la marche et la durée sont fort variables et placées sous la dépendance des complications. Dans le cours de la maladie, les fonctions de la nutrition s'ultèrent, des escarres se forment au niveau des points comprimés et une suppuration interminable s'établit après la chute des escarres. La terminaison est ordinairement funeste. La mort peut survenir instantanément lorsque la fracture siège au-dessus de la troisième vertèbre cervicale avec la lésion de la moelle. Lorsque la lésion de la moelle siège plus bas, la mort peut se faire longtemps attendre et être déterminée par une maladie intercurrente, par une myélite ou par l'épuisement que détermine la suppuration après la chute des escarres. Très-rarement, la moelle s'habituant à être comprimée et les fragments étant consolidés, le malade guérit. Cet accident est .toujours très-grave, puisqu'il détermine la mort dans bien des cas. Du reste, la gravité du pronostic est en rapport avec le siège et l'étendue de la lésion. Les fractures ne présentent aucune indication ; des résolutifs et une application de sangsues suffisent dans la plupart des cas ; mais, lorsque la fracture est indirecte et compliquée, le traitement est plus complexe. D'abord, il est prudent de ne point tenter la réduction; on relevé le malade avec le plus de précaution possible, en évitant de faire exécuter des mouvements aux fragments, et on le couche sur lé dos, la tête peu élevée, sur un lit mécanique. Le traitement de cette fracture doit être complètement dirigé vers les complications. On pratiquera immédiatement, au malade une ou plusieurs saignées, selon l'état de ses forces. On pourra lui faire prendre du ealoniel à dose fractionnée. Entin, s'il y avait un enfoncement des lames ou de l'apophyse épineuse dans le canal rachidien et que les troubles fonctionnels fussent considérables, on pourrait essayer l'application du trépan. Dans le cours de la maladie, il faut surveiller la paralysie du rectum et de la vessie, traiter la paraplégie par les moyens connus et, enfin, appliquer aux escarres un traitement convenable.

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— Ramollissement des vertèbres. Les vertèbres se ramollissent dans certains cas, deviennent flexibles, ce qui force la colonne vertébrale à former des courbures variées et contre nature. Mais si, dans un rachis ramolli, ou examine une vertèbre séparément, on voit qu'elle n'est pas également ramollie dans toutes ses parties; le plus souvent, la partie annulaire n'éprouve aucun changement, de sorte que les lames, les apophyses transverses obliques et épineuses demeurent intactes, et, chose remarquable, dans certains sujets, les corps des vertèbres conservent du coté du canal leur hauteur et leur consistance naturelle, quoique le corps, dans les autres points de son étendue, soit ramolli, affaissé, ait considérablement diminué d'épaisseur et ait forcé le rachis à s'incliner en avant ou dans.tout autre sens. Chez les vieillards et chez les individus atteints d'anciennes syphilis, les corps des vertèbres, peu résistants, cèdent facilement à la pression, se cassent entre les doigts comme du bois pourri. D'après ce que nous venons de dire, il n'est pas sans danger que les personnes qui ont les vertèbres dans cet état se livrent à des travaux fatigants, portent de grands fardeaux et fassent de grandes inflexions du tronc.

— Carie des vertèbres. La carie peut attaquer indistinctement les vertèbres de toutes les régions et chaque partie de ces vertèbres. Elle peut être superficielle ou profonde, restreinte ou étendue. On la rencontre surtout chez les adultes. Elle reconnaît pour causes la syphilis, la scrofule, la diathèse rhumatismale, les ruptures des ligaments de la colonne vertébrale, les luxations et les fractures des vertèbres. Chez les individus atteints rie cette alfection survient, dans un des points de ta colonne vertébrale, une douleur tixe, profonde et non interrompue, qui n'est point augmentée par la pression, mais qui diminue quelquefois par la flexion du tronc. 11 y a des sujets chez qui on aperçoit dès le commencement une tumeur fluctuante formée par du pus qui découle de la carie et qui se porte de cellule en cellule jusque dans la poitrine ou la cavité abdominale, soit en détruisant les feuillets qui les forment, soit en suivant le

: rachis et en passant derrière le diaphragme, j D'autres fois, il se glisse en avant et s'arrête à la partie inférieure de la partie antérieure de l'abdomen, après avoir passé entre les j muscles laiges du ventre. Dans certains cas, ; il se porte en arrière entre les muscles trèslarges du dos et sacro-lombaires, ou bien le f long de la partie externe du grand psoas et | de l'arcade crurale, et il va se manifester à la partie supérieure, antérieure et interne de la cuisse. Enfin, on a vu le pus suivre le recj tum et sortir par Véchancrure ischiatique et j aller former une tumeur aux, en virons de j l'anus ou à la partie inférieure du muscle grand fessier. Cette tumeur est indolente, sans changement de couleur à la -peau; elle disparaît yar la pression et reparaît aussi- ; tôt. Bientôt la peau se distend, s'amincit, ' se perce et donne issue à la matière qui y ost contenue. Le pus, d'abord sans odeur, devient infect au contact de l'air; la plaie ne se ferme pas, un trajet fist.uleux se forme et laisse parfois sortir de petites esquilles d'os qui ont été détachées par la carie. La fièvre survient,, puis le dèvoiement colliquatif, les sueurs froides, et la mort ne tarde pas à mettre fin à la triste existence du malade. Lorsque le médecin est appelé au début de l'atTection, il .devra détruire, s'il est possible, la cause du mal par un traitement général approprié; il appliquera un vésicatoire ou un cautère, ou mieux encore une série de moxas. Mais si la maladie est déjà avancée, si la tumeur est volumineuse, la peau trèsamincie, il devra donner aussitôt issue au pus au moyen d'une ponction pratiquée avec un trocart ou un bistouri, panser la plaie et traiter le malade par les toniques et les amers.

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