‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 661 sur 1042 · V. CARIE · texte numérisé non relu

V. CARIE

— -Ankylose des vertèbres. Les vertèbres peuvent se souder entre elles comme tous les autres os. Ainsi, on a trouvé la première vertèbre Soudée avec l'occipital par une double ankylose. Riolan rapporte avoir vu un militaire qui avait les deux premières vertèbres du cou ankylosées.Pouiiart rapporte qu'ayant fait l'autopsie d'un vieillard âgé de cent ans, il trouva que les neuf dernières vertèbres ne composaient qu'un seul os. Enfin, il y a plusieurs cas d'ankylose de toutes les vertèbres. Cette atfection est le plus souvent la suite du ramollissement des vertèbres ou de leur carie ; elle est même la terminaison la plus heureuse de cette dernière. V, ank-ïlosb.

VERTÉBRÉ, ÉE adj. (vèr-té-bré — rad.

vertèbre}. Zool. Se dit des animaux pourvus de vertèbres : Le type vkrtébré est le seul qui soit nettement caractérisé, (lï. Baudement).

— s. m. pi. Premier embranchement du règne animal, comprenant toutes les espèces

ui sont pourvues d'un squelette intérieur : /organisation n'atteint pas, dans toutes les dusses de VBETÉBRiis, te même degré de perfection. (E. Baudement.)

— Entom. S'est dit de quelques insectes dont le dos est marqué de lignes simulant une colonne vertébrale.

— Encycl. Les animaux vertébrés, ainsi nommés à cause de leur squelette, dont les vertèbres forment l'axe et la partie fonda-

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mentale, constituent un des grands embranchements du règne animal. Ils sont caractérisés : en général, par un corps formé de parties symétriques placées de chaque côté d'un axe longitudinal ; par un système nerveux comprenant uu cerveau, une moelle épinière, des nerfs moteurs et sensitifs et un nerf grand sympathique ; par un squelette, dont les diverses parties protègent les organes essentiels à la vie ou servent à la locomotion, tandis que l'axe forme un canal protecteur à la moelle épinière; enfin par un appareil circulatoire très-complet, dont le coeur offre toujours au moins deux cavités et dont les vaisseaux renferment un sang rouge. Les animaux vertébrés sont, de tous les êtres animés, ceux dont les facultés sont les plus variées et les plus parfaites et dont les organes sont les plus nombreux et les plus compliqués.

Leur encéphale est toujours composé de masses paires, dontl'enseinble est nommé cerveau, et d'une masse impaire située en arrière des premières, le cervelet. La moelle allongée, qui part du cerveau et du cervelet, forme le commencement de la moelle épinii-re. Cette dernière est située du côté dorsal du corps, au-dessus du tube digestif. Elle traverse un canal que lui offrent les vertèbres et envoie de distance en distance, dans les intervalles compris entre deux vertèbres, des nerfs qui nai*sent par deux racines. Les nerfs des viscères appartiennent au système ganglionnaire et ce dernier se relie par de nombreux filets au système cérébro-spinal.

Le squelette est formé d'os, parties dures et solides, qui, dans certaines espèces inférieures, restent à l'état cartilagineux. Les os sont réunis entre eux par les articulations.

L'ensemble du squelette comprend ; la tête, qui se divise en deux parties, dont l'une, le crâne, forme une boîte osseuse dans laquelle est renfermé l'encéphale, et dont l'autre, la face, présente des cavités où sont logés les principaux organes des sens, la vue, l'ouïe, le goût et l'odorat; le tronc et les membres.

Le tronc comprend : la colonne vertébrale, dont nous avons déjà parlé, et qui est formée par les vertèbres placées bout à bout et comme empilées; les côtes et le sternum, qui par leur réunion constituent la cage thoracique.

. Les membres sont au nombre de quatre, .jamais plus, et placés symétriquement deux à deux de chaque côté du tronc. Dans certaines classes, deux de ces membres manquent; dans certaines autres, les quatre font défaut, et le corp.i se trouve alors réduit à la tête et au tronc. Des quatre membres, deux sont appelés membres supérieurs ou thoraciques, parce qu'ils s'attachent au thorax ; les deux autres membres inférieurs ou abdominaux, parce qu'ils sont situés au-dessous de l'abdomen. Chaque membre est formé de quatre parties, qui sont, pour le membre thoracique, l'épaule, le bras, l'avant-brus et la main ; pour le menfbre abdominal, la hnnche, la cuisse, la jambe et le pied. Il y a deux os à l'épaule, l'omoplate et la clavicule ; un seul au bras, l'humérus; deux à l'avant-bras, le radius et ie cubitus, et vingt-sept à la main : 1° les huit os du carpe, le scaphoïde, le semilunaiie, le pyramidal, te pisiforme, le trapèze, le trapézuïde, le grand os et l'os crochu, placés sur deux' rangées; 2° cinq métacarpiens; 3» cinq phalanges, quatre phalangines et cinq phalangettes. La hanche n'a qu'un os, l'os coxal ; la cuisse n'en a qu'un aussi, le fémur; la jambe en a deux, le tibia et le péroné, et le pied en a vingt-six : 1» les sept os du tarse, le calcanéum, l'astragale, le

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cuboïde,.le scaphoïde et les trois cunéiformes; 20 les cinq métatarsiens; 3° quatorze phalanges, dont deux seulement pour le gros orteil et trois pour chacun des quatre os.

Tous ces os présentent dans les différentes classes de grandes variétés dans leurs formes et dans leur nombre; mais, à travers toutes ces modifications parfaitement appropriées au mode d'existence de chaque animal, il est toifjours facile de reconnaître l'uniformité du plan.

L'appareil digestif ne présente que de légères différences chez les animaux de l'embranchement des vertébrés.

Le canal alimentaire est continu depuis Va bouche jusqu'à l'anus, et ses deux orifices sont très-éloignés l'un de l'autre. Les mâchoires sont toujours horizontales et se meuvent suivant une ligne verticale ; elles ne s'écartent jamais latéralement comme chez les animaux annelés. Les intestins sont toujours enveloppés d'une membrane séreuse, le péritoine, nui les suspend dans la cavité abdominale. Les substances ex traites des aliments ingérés et qui doivent servir à la nu- . tiition sont toujours versôe's dans le torrent circulatoire par des canaux particuliers, les vaisseaux chylifères. Deux glandes annexas, le foie et le pancréas, versent dans le tube digestif des liquides destinés à dissoudre les aliments qu'il renferme.

Enfin, on trouve toujours deux reins pour séparer l'urine, deux testieules et deux ovaires.

Le sang est toujours rouge et très-riche en globules. L'appareil circulatoire coinpreud . Je cœur, organe musculaire a parois contractiles, qui imprime au sang son mouvement; les artères, qui ie portent vers les organes, et les veines, auxquelles il faut joindre les vaisseaux lymphatiques, qui le ramènent au cœur. La circulation est double, c'est-à-dire que le sang qui revient des organes entre, avant d'y retourner, dans une série de vaisseaux qui le portent dans l'appareil respiratoire. Le cœur a toujours au moins deux cavités, une oreillette et un ventricule; il en a quelquefois trois; il y a alors deux oreillettes pour un seul ventricule; et enfin, dans les classes où la circulation est la plus parfaite, on trouve quatre cavités, deux oreillettes et deux ventricules.

La respiration se fait dans un appareil spécial; mais cet appareil diffère chez les animaux qui vivent dans l'air et chez la plupart de ceux qui vivent dans l'eau. Les premiers introduisent l'air dans un organe particulier contenu dans la cavité thoracique, les poumons ; les autres respirent an moyen de branchies, petites lamelles qui puisent dans l'eau l'air qu'elle tient en dissolution.

Les sens sont toujours au nombre de cinq, et quatre d'entre eux, la vue, l'ouïe, l'odorat et le goût, sont logés dans la tètte. Les nerfs qui se rendent aux appareils de ces quatre sens sortent immédiatement du crâne. Les yeux sont toujours au nombre de deux; l'oreille a toujours au moins trois canaux demi-circulaires.

Euliu la peau est tantôt recouverte de poils ou d'écaillés, tantôt nue.

Cuvier divise l'embranchement des vertébrés en deux grandes branches, les vivipares et les ovipares. Celle des vivipares ne renferme qu'une seule classe, les mammifères; celle des ovipares en comprend trois, les oiseaux, les reptiles et les poissons.

On trouve dans l'ouvrage de M. Milne Edwards une autre division, basée sur le mode de respiration , et dont voici le tableau avec les caractères propres à chaque branche et à chaque classe.

O -il

Vertébrés atlan* toîdiens. Respiration pulmonaire dès la naissance; jamais de branchies.

Organes de lactation; sang chaud; circulation complète; cœur à quatre cavités; respiration pulmonaire simple ; lobes du cervelet, réunis par une protubérance annulaire; mâchoire inférieure articulée direc- , temeut avec le crâne ; corps ordinairement garni de poils; vivipares.

Point d'organes de lac- j Circulation compléta

tation ; encéphale dépourvu de protubérance annulaire; • mâchoire inférieure réunie au crâne par un ou doux os intermédiaires; ovipares.

Vertébrés anallaitloïdicns. Respiration branchiale dans le jeune âge ou même pendant toute la vie.

et cœur a quatre cavités ; respiration double; sang chaud; corps garai de plumes.

Circulation incom plète ; cœur divisé ordinairement en trois cavités ; sang froid ; corps garni d'écaillés.

Poumons chez l'adulte; corps nu; métamorphoses dalis le jeune âge ; cœur à trois loges.

Point de poumons ni de métamorphoses; cœur à deux loges ; corps en général garni d'écuilles.

Classes.

Mammifères.

Oiseaux.

Reptiles.

Batraciens.

Poissons.

VERTÉBRITE s, f. (vèr-té-bri-te — rad.

verlèbri'.). Alumm.Nom donné par les auteurs anciens aux vertèbres fossiles.

VERTÊBRO- ILIAQUE adj. Anat. Qui appartient à la fois à la dernière vertèbre lombaire et à l'os iliaque : Articulation vgrtk-

DRO-IUAQUE.

VEUTEUXAC, bourg de France (Dordogne), chef-lieu de cant., arrond. et à 13 kilom. -N. de Ribérac, sur un coteau; pop. aggl., 297 hab. — pop. tôt. 1,U7 hab. Fabrication de

vin mousseux; fabrication et commerce de draps.

VERTELLE s. f. (vèr-tè-le). Teclin. Sorto de boude qui sert à fermer les varaignes des marais salants.

VERTEMENT ad v. (vèr-le-man— rad. vert).

D'une manière verte, vigoureuse : /téprimaitder vertement quelqu'un. Parler, répondre vertement. Cette place fut vertement attaquée. (Acad.)

VERTEM.OOLTE ou VERTEMOUTE S. f.

YBRT

(vèr-te-mou-te — de velte, mesure de capacité, et de moudre). Féod. Droit qu'il fallait payer au seigneur pour moudre au moulin banni. || Dans la continue de Normandie, Droit que payait au seigneur le vassal propriétaire d'une grange située hors de la seigneurie, VERTENELLE s. f. (vèr-te-nè-le). Mar. V,

VERTKREIXB.

VERTERELLE s. f. (vèr-tevè-le — du lat. vertere, tourner). Techn. Pièce de fer en forme d'anneau, dans laquelle tourne et glisse un verrou, lorsqu'on le pousse ou qu on le tire.

— Mar. Nom donné à des charnières ou pentures qui soutiennent le gouvernail. Il On

dit aussi VERTENELLE et VERTEVELLE.

VERTET s. m. (vèr-tè — du lat. vertere, tourner). Cône méiallique, sorte de virole dont on garnit la pointe du fuseau.

— Bot. Nom vulgaire de l'agaric élevé.

VERTEUIL s. m. (vèr-teull ; M mil. — du

lat. vertere, tourner). Poids que les fileuses ajoutaient a leur fuseau pour qu'il conservât plus longtemps le mouvement de rotation qu'elles lui imprimaient. Il Vieux mot. On disait aussi vertillon.

— Artill. Ancienne espèce de canon.

VERTEDIL, bourg et commune de France

(Charente), sur la Charente, arrond., cant. et à G kilom. de RuIFec ; 1,350 luib. On y remarque l'église, qui date de 1471, et un lieau château appartenant à la famille de l.a Rochefoucauld. Ce château, bâti .-.ur une éminence, offre une enceinte triangulaire flanquée de trois tours. Il a .été réparé et reconstruit il y a peu d'années. C'est à Verteuil que les protestants tinrent leur sixième synode, du l«r au 7 septembre 1567. V. synode.

VERTEVELLE s. f. (vèr- te-vè-le — du lut. vertere, tourner). Loquet, serrure, il Vieux mot.

— Mar. V. VERTERELLB.

VERTEX s. m. {vèr-tèkss —mot lat. qui signif. proprement sommet). Anat. Sommet de la tête; partie du crâne comprise entre les oreilles.

VERTI, IE adj. (vèr-ti, — du lut. vertere, retourner). Tourné, retourné, il Vieux mot.

— Typogr. Se disait des lettres retournées qu'on imprimait autrefois au bas des feuilles, quand ou recommençait la série des lettres de l'alphabet : Un A verti. Un B verti. ii Plus tard, on remplaça par deux lettres ces lettres ainsi retournées, et l'on prétend que c'est de là qu'est venu le proverbe : Un bon averti {A verti) en vaut deux.

VERTICAL, ALE adj. (vèr-ti-kal, a-le — du lut. vertex, sommet). Qui est perpendiculaire au plan de l'horizon : Plan vertical. Ligne verticale. Cercles verticaux. Cadran vertical. La perspective des monts, étant verticale, frappe les yeux tout à la fois et bien plus puissamment que celle des plaines, qui ne se voit qu'obliquement. (J.-J. Rouss.)

— s, f. Ligne perpendiculaire à l'horizon : Elever une verticale. Le vent change de direction quand le soleil passe par la verticale du lieu. (A. Miiury.)

— Encycl. Toutes les lignes verticales passant par le centre de la terre, la verticale varie donc pour chaque point de la surface du globe. Un plan est dit vertical lorsqu'il liasse par lu verticale. Une force est dite verticale lorsque sa direction est celle de la ligne verticale; son travail se représente par le produit de l'intensité de la torce par la hauteur verticale parcourue. On nomme cadran vertical un cudran solaire tracé pour une latitude complémentaire de celle d'un cadran horizontal. Un cadrun vertical déclinant est celui qu'on trace ordinairement sur un mur, et dont le plan fait avec le méridien un angle autre qu'un droit. Les cercles verticaux de la sphère sont des cercles qui, passant par* le zénith et le nadir, tombent perpendiculairement sur l'horizon, le coupent en deux points diamétralement opposés et sont euxmêmes coupés par l'horizon en deux parties égales. Le méridien prend souvent le nom de premier vertical.

VERTICALEMENT adv. (vèr-ti-ka-le-man — rad. vertical). Perpendiculairement à l'horizon : Pierie posée verticalement. Echelle drrssëe verticalement.

VERTICALITÉ s. f. (vèr-ti-ka-li-té — rad. vertical). Etat, situation de ce qui est posé verticalement : Une parfaite verticalité peut seule assurer la stabilité d'une colonne.

VERTICILLAIRE s. m. (vèr-ti-sil-lè-re — rad. veilicille). Bot. Genre d'arbres, de la famille des clusiaeées, tribu des clusiées, dont l'espèce type croit au Pérou.

VERTICILLE s. m. (vèr-ti-si-le — du lat. verticiltus, bouton mis au bout d'un fuseau pour le faire mieux tourner ; de vertere, tourner). Bot. Reunion d'organes similaires insérés, au même niveau, et au nombre de trois au moins, autour d'un axe commun : Les feuilles du caille-lait, de la garance et de beaucoup d'autres rubiacées se montrent disposées en verticilles. (Th. de Berneaud.) Il Ensemble d'organes disposés circulairement autour.de la partie centrale d'une fleur : Le calice, la corolle et les étamines forment autant de verticilles. Il Faux verticilles, Verticilles incomplets.

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— Encycl. Le verticille est constitué par plusieurs organes disposés en cercle autour d'un axe ou d'un point central, comme les rayons d'une roue autour de l'essieu ; on l'observe sur les rameaux, les bourgeons, les feuilles, les organes floraux d'un grand nombre de plantes, dans les fruits à plusieurs loges, etc. Ce caractère est assez important pour déterminer nettement des genres ou même des familles. Quand plusieurs verticilles sont superposés, leurs parties ne se correspondent pas; mais les pièces du premier alternent avec celles du second, celles-ci avec celles du troisième, et ainsi de suite ; c'est ce qui constitue la loi d'alternance des verticilles. Il y a aussi des organes qui sont verticilles en apparence, ou en faux verticille.

VERTICILLE, ÉEadj. (vèr-ti-sij-lé — rad.

verticille). Bot. Qui est disposé en verticille .- Fleurs vebticillées. Feuilles verticii.lées. Epines verticiixées. Hameaux verticilles.

VERTICILLIE s. f. (vèr-ti-sil-11 — rad.

verticille). Bot. Genre de champignons, regardé par plusieurs auteurs commç une simple section du genre botrytis.

VERTICILL1FL0RE adj. ( vèr-ti-sil-li-flo-re — de verticille, et du lat. flos, fleur). Bot. Dont les fleurs sont verticillées, disposées en verticilles.

VERTICILLIPORE s. m. (vèr ti-sil-ii-po-re — .de verticille, et de pore). Zooph. Genre de polypiers membraneux, de la famille des eschuriens, dont l'espèce type est fossile et se trouve dans le terrain crétacé. Il On l'appelle aussi VERTIC1LLITE.

VERTICITÉ s. f. (vèr-ti-si-té — du lat. vertei-e, tourner). Physiq. Faculté qu'a un corps de se diriger plutôt d'un côté que d'un autre : La verticitb de t'aiguille aimantée.

VERTICORDIA adj. (vèr-ti-kor-di-a — mot lat. formé de vertere, tourner ; coi; cœur). Surnom de Vénus pudique, qui guérit de l'amour.

VERTICORDIE s. f. (vèr-ti-eor-dl — de verticordia, surnom de Vénus). Moll. Genre de mollusques acéphales, de la famille des canliaeés.

— Bot. Genre d'arbrisseaux, de la famille des myrtacées, tribu des chainélauciées, comprenant plus de vingt espèces, qui croissent en Australie.

VERTIGES, m. (vèr-ti-je— du lat. vertigo, tournoiement ; de vertere, tourner, mot qui se rattache à-la racine sanscrite vart, même sens, restée avec une foule de dérivés dans la plupart des langues de la famille aryenne. V. verser). Etat dans lequel il semble que tous les objets tournent autour de nous, et qui est souvent accompagné du trouble de la vue: Avoir le vertige, des vbrtigës. Le vertige est toujours un signe de congestion vers le cerveau. (Nysten.)

— Fig. Trouble de la raison, qui fait qu'on ne juge plus sainement des choses : Le vertige s'était emparé de tous tes esprits. On ne passe point tout d'un coup d'une condition si humble il un rang si élevé sans éprouver quelque vertige. (Acad.) Il y a dans le pouvoir sans bornes une sorte de vertige qui saisit le 'génie comme ta sottise, et les perd également l'un et l'autre. Mme de Staël.)

— Esprit de uer/(<?e,'lnfltience mystérieuse à laquelle on attribue le trouble de la raison : Etre pris- de /'esprit de vertige.

— Encycl. On distingue deux espèces de vertige : 1<> le vertige simple, qui consiste dans un tournoiement apparent des objets sans que la vue en soit obscurcie; 2° le vertige ténébreux, dans lequel au tournoiement des objets se joint un obscurcissement tel de la vue que le malade peut à peine conserver l'équilibre.

Le vertige, qui dénote une affection céré- "brale soit symptomatique, soit idiopathiqne, est lié le plus souvent à des palpitations et à un sentiment de défaillance. C'est un des phénomènes qui précèdent la syncope. On l'observe au début de plusieurs maladies aiguës graves et pendant leur cours, et souvent dans le& maladies aiguës et chroniques qui s'accompagnent d'une grande faiblesse, ainsi que dans les convalescences. Il se montre surtout dans les divers états morbides du cerveau, dans la simple congestion, dans le ramollissement, dans l'apoplexie et surtout dans l'épilepsie, où il a un caractère panieulier. C'est dans l'épilepsie principalement que l'on observe le vertige ténébreux. Un grand nombre de substances toxiques donnent lieu au vertige, le tabac, l'alcool, le sulfate de quinine entre autres. La vue d'un abîme profond, la station sur une hauteur d'où l'on aperçoit le danger qu'il y aurait à tomber peuvent également donner le vertige, et les exemptes ne sont pas rares de chutes dues au vertige survenu à la suite d'une pareille impression. La rotation sur soi-même, une course rapide dans un wagon de chemin de fer, le redressement brusque du corps lorsqu'on est resté longtemps assis ou accroupi causent aussi du vertige. Il survient, en pareil cas, des modifications de la circulation du côté des parties supérieures du corps, modifications compliquées ou non de l'oscillation des viscères (vertige du mal de mer). Le vertige accompagne aussi la dys-

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pepsie, l'hypocondrie, les excès vénériens, la spermatorrhée, etc.

Jusqu'à présent le vertige a été attribué à des troubles circulatoires du cerveau. Pour M. Piorry, tout le phénomène se passe dans les yeux. Nous voyons tout tourner autour de nous parce que nos yeux exécutent des mouvements, ou parce que les nerfs oculaires éprouvent des vibrations telles que les images des objets se déplacent sur la rétine. Ces vibrations peuvent être occasionnées par des troubles survenus 'dans le fonctionnement de presque tous les viscères. C'est ce qui arrive dans la migraine, dans l'hystérie, dans la - rage. Cette dernière affection , M. Piorry la localise dans la rate : l'organe malade réagit sur les nerfs qui se diligent vers l'encéphale et leur communique des vibrations qui se répercutent de proche en proche.

Ajoutons que la plupart des physiologistes attribuent les convulsions produites par la présence des helminthes dans l'intestin à des vibrations analogues.

Les accès intenses de vertige doivent être combattus par le repos et les infusions aromatiques. La méline, la sauge, la menthe dissipent l'aptitude vertigineuse. La . valériane et I'assa-fœtida ont été aussi recommandés.

— Vertige des maladies de l'oreille. Lorsqu'on coupe les canaux semi-circulaires du côté droit sur un animal, celui-ci est entraîné par un mouvement giratoire à droite. Si on les coupe ensuite du côté gauche, il subit une propulsion soit en avant, soit en arriére, avec tendance à la culbute. La déchirure du nerf acoustique produit des phénomènes du même genre et tous les auteurs de traités sur les muladies de l'oreille ont signalé des phénomènes analogues dans les affections do l'oreille et en particulier du labyrinthe. Les malades pris de vertige consécutif a une altération de l'oreille sont souvent jetés par terre. Ils ont des nausées, des vomissements et éprouvent un grand malaise. En pareil cas des sangsues, des vésicatoires, des moxas dans le voisinage de l'oreille sont recommandés.

— Vertige rhumatismal. On donne ce nom à des accidents vertigineux qu'on observe chez les individus sujets aux douleurs rhumatismales articulaires ou musculaires. On l'attribue à l'action sur le cerveau des mêmes causes qui provoquent ces' douleurs, parfois si atroces.

— Vertiges stomacaux. Les uns, dus à un excès d'abstinence ou de tempérance et dés lors à. une insuffisance de nutrition, sont les vertiges de la dyspepsie. Les autres son; les vertiges a crapula et ils se produisent sous l'ivfluence d'un état de plénitude de l'estomac, après les repas trop copieux par exemple. Us consistent en étourdissements. On a un sentiment de vide- dans la tête, un cercle de fer vous presse fortement les tempes, une sensation de froid glacial vous saisit, une roue noire tourne devant vos yeux avec une excessive rapidité. Tout tourne autour du malade ou lorsqu'il est couché, il croit voir son lit emporté dans un mouvement de rotation ou bien il se voit lui-même entraîné seul duns ce mouvement rotatoire. Les objets qu'il regarde sont colorés de diverses nuances bientôt confondues; s'rl est debout, ses jambes vacillent, fléchissent, il va tomber, il tombe même sans perdre jamais conscience de ce qu'il fait. On a donné a ce vertige le nom de gyrosa. On le truite' comme les dyspepsies qu'il reconnaît pour cause. Des sangsues doivent être appliquées dau3 les cas aigus.

— Art vétér. Le vertige du cheval n'est qu'un symptôme, et c'est à tort qu'on a fait de ce symptôme une maladie spéciale. Il serait plus convenable de n'appeler vertige que le sentiment de tournoiement rapporté aux objets extérieurs environnants, avec ou Sans obscurcissement de la vue, et de nommer encéphalite l'affection du cerveau à laquelle on a consacré jusqu'ici le nom de vertige ou vertigo. En médecine humaine on dit que les personnes sont atteintes de vertige, lorsqu'elles ont la perception erronée, une hallucination passagère, durant laquelle elles croient voir tourner autour d'elles les objets' environnants , ou croient tourner ellesmêmes, se sentent près de tomber, ou tombent, en même temps qu'elles éprouvent, pour l'ordinaire, un tintement d'oreilles ou un obscurcissement de la vue. Si quelqu'un de nos animaux est susceptible d'éprouver quelque chose de semblable, comme les animaux ne peuvent accuser ce qu'ils ressentent, les phénomènes de leur état passager nous échappent. Du reste, il n'est peut-être pas impossible que cet état ait lieu chez eux quand, par une cause quelconque, le sang arrive vivement à l'encéphale. Mais ce que l'on appelle le vertige chez le3 animaux présente les phénomènes d'une maladie violente, le plus souvent mortelle, due à l'inflammation des organes contenus dans le crâne, que la cause en soit directe ou indirecte ; cette inflammation produit une altération plus ou moins grande dans l'exercice des sens, et détermine des mouvements désordonnés, plus ou moins violents, ordinairement suivis de rémissions durant lesquelles on observe un abattement particulier. L'animal qui en est affecté parait hébété; il

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va et vient sans détermination ; il tient la tête basse ; quelquefois il tourne autour de l'arbre ou du piquet auquel on l'attache, ou bien tourne sur lui-même, ou va de côté s'il est libre; le plus ordinairement il suit une ligne droite en marchant, se heurte contre les corps environnants, pousse contre ceux qui lui présentent de la résistance, et se livre parfois à des mouvements de fureur.

Les auteurs distinguent deux espèces de vertige : le vertige idiopathique ou essentiel, dans lequel l'inflammation de l'encéphale est primitive, et le vertige symptomatique ou abdominal, ou compliqué d'indigestion, dans lequel la phlegmasie cérébrale n'est que secondaire.

Le vertige essentiel reconnaît comme causes les plus ordinaires; les coups, les chutes sur le crâne, l'insolation forte et prolongée, une alimenliition trop substantielle, la pléthore, les travaux forcés, les courses violentes pendant les grandes ehaleurs de l'été, surtout qu >nd les animaux ont la' tête tournée du côté pu le soleil darde; l'application de substances irritantes sur certaines plaies, ou celle de trop forts vésicatoires autour de la têie, etc. L'invasion de cette maladie est lente ou subite. Dans le premier cas, elle est annoncée par des phénomènes consistant dans des étourdissements, dans l'obscurcis-, sèment de la vue, l'engourdissement, la pesanteur de la tête, l'insensibilité, l'indolencet la nonchalance dans les mouvements, dés bâillements fréquents, la tristesse, la perte ou la dépravation de l'appétit, le ventre plus ou moins retroussé. Quand la maladie vient à se déclarer, elle présente les symptômes suivants : contraction de la pupille, stupeur, somnolence, dureté de l'ouïe, cécité. Les mouvements, lents au début, deviennent précipités, irréguliers, mal assurés. Le cheval à l'écurie tient la tête basse ou très-élevée ; il l'appuie avec force sur les corps qui lui présentent de la résistance, comme s'il voulait aller en avant, La tête est quelquefois si basse qu'elle descend jusque sur les genoux et même se place entre les deux membres antérieurs. Très-souvent il y a des signes da catalepsie, c'est-à-dire que les différentes parties du corps restent dans la position qu'on leur donne ; en portant, par exemple, la tête à droite ou à gauche, elle demeure telle qu'on la place. Si l'animal est en liberté, il butte, il trébuche, il chancelle, et il tombe souvent; ses membres sont tremblants; il tourne quelquefois sur lui-même ou décrit des cercles plus ou moins grands; le plus souvent il suit une ligne droite, et va se donner de violents coups de tête contre les murs, contre les arbres, etc. Dans les paroxysmes, les yeux sont brillants et agités; les chevaux se dressent parfois jusqu'à passer leurs pieds antérieurs dans les intervalles des barreaux du râtelier. Il en est qui mordent les pierres, se cassent les dents incisives, et même se brisent les os du crâne. Dans les rémissions , l'animal retombe dans la tristesse, l'abattement et la stupeur; il refusela nourriture et la boisson, et, aux approches d'un nouvel accès, il s'établit une sorte de combat. La respiration n'est gênée que si la mort est prochaine. Lors des premiers paroxysmes, le pouls est plein, dur et accéléré; mais si la maladie fait des progrès, il devient petit, serré et intermittent.

Quand le vertige essentiel se développe subitement, il est annoncé par un frisson général, le malaise, l'anxiété, une chaleur très-grande a la peau et surtout au crâne. C'est alors que la tête est haute, et que les yeux sont vifs, que le regard est furieux, la respiration difficile et fréquente, les muqueuses rouges, la bouche écumeuse, le pouls fréquent et vibrant, les mouvements désordonné.;. Les paroxysmes très-rapprochés ressemblent à des accès de fureur; l'envie de mordre se manifeste ; l'abolition de l'exercice des sens est complète; il y a des sueurs générales ou partielles, et cet état de choses dure de six à douze heures. Au bout de ce temps, les symptômes violents diminuent d'intensité; l'animal semble soulagé ; mais de nouveaux accès ne tardent pas, malgré cela, à se manifester. Cependant l'animal s'affaiblit de plus en plus, les accès, en se répétant, sont moins forts, sans toutefois qu'on doive en conclure que la maladie est moins grave, car, au bout de quelques paroxysmes, le sujet meurt avec ou sans convulsions.

On ne connaît bien cette affection, dont la durée n'est guère que de deux à trois jours, que dans le cheval, celui de tous nos animaux domestiques qui y est le plus exposé; on ne l'a observée que très-rarement sur le bœuf, le mouton. et la chèvre. Cette maladie est très-grave, fort souvent mortelle; elle est à peine curable dans quelques cas, quand elle est prise dans son principe et traitée rationnellement à cette époque. La maladie se termine en deux ou trois jours, ou par résolution, mode de terminaison difficile et rare, ou par apoplexie, épaucheineui et mort. La résolution ne peut s'obtenir que lorsque le malade passe le quatrième jour, et que dès le troisième on aperçoit une diminution graduée dans les symptômes; on peut alors espérer de sauver l'animal. Mais la résolution est rarement complète, la guérison est toujours lente, la convalescence pénible et longue. Quelquefois, après un mieux longtemps prolongé, de nouveaux paroxysmes surviennent et 1 animal périt.

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Le traitement du vertige doit être déduit de la nature et du siège de la itiHladie, et comporte la nécessité d'agir énergiquement. It doit avoir pour but de remédier ou de s'opposer à la congestion sanguine du cerveau; or les saignées générales et locales occupent la première place dans le traitement de cette affection. Comme la saignée a pour but de prévenir l'intensité d'une inflammation dangereuse, ou de la faire céder, elle doit être forte, et surtout pratiquée au début de la maladie. Une première saignée est souvent sans résultat bien avantageux; mais loin de se décourager, il faut insister sur ce moyen et en renouveler l'application. On est souvent obligé de tirer du sang de la jugulaire cinq à six fois dans les premières vingt-quatre heures. Le calomel à l'intérieur, les pommades mercurielles en frictions, les bains généraux, Jes boissons délayantes données en" grande quantité, viennent utilement en aide aux émissions sanguines. Des purgatifs légers, salins, entretiendront la liberté du ventre, en même temps qu'ils établiront .sur le tube digestif une dérivation utilement secondée par des sinapismes sur le ventre et sur les membres. Enfin les boissons blanches, tièdes et légèrement nitrées, des lavements éinollients, calmants ou antispasmodiques sont aussi très-utiles. Une précaution indispensable à prendre, c'est de placer les animaux affectés de manière qu'ils ne puissent se blesser ni blesser personne.

Dans le vertige dit symptomatique ou abdominal, il y a irritation de la membrane muqueuse soit de l'estomac, due à un excès d'aliments, ou de certains aliments, soit du tube intestinal ou du foie, et compliquée de phénomènes d'irritation cérébrale. Cette affection est très-commune en certaines années dans les animaux monodactyles et particulièrement chez le cheval, surtout dans les départements de la Manche, de la Meuse, de la Moselle, des Ardennes et dans la Beauce, Dans ce vertige, les symptômes cérébraux sont dus à une irritation, à une surcharge du tube alimentaire, plutôt qu'à, l'inflammation du cerveau ou de ses. membranes, et alors l'irritation encéphalique et les phénomènes qui en découlent sont purement consécutifs. Ce vertige reconnaît pour principales causes : la surabondance d'aliments après de longues privations; l'usage des fourrages excitants, nouvellement récoltés, qui n'ont pas encore jeté leur feu, qui sont , disposés à la fermentation ou déjà uvariés; l'usage dit trèfle mal récolté, de la luzerne engrangée trop lot, du foin poudreux; celui des feuilles de vigne ou d'if, des bourgeons du jeune bois, de l'avoine trop nouvelle, ou qui a germé, ou qu'on a humectée un certain temps d'avance pour la faire gonfler et en augmenter le poids, et en particulier l'usage immodéré du son; cette dernière substance alimentaire, dont on abuse à l'égard des chevaux de meuniers, étant presque entièrement dépourvue de farine par le perfectionnement de la mouture, n'est plus qu'une nourriture très-indigeste et très-pauvre en principes nutritifs ; elle doit être rejetée du régime alimentaire des animaux. Ce n'est jamais une première indigestion qui peut occasionner chez un cheval, d'ailleurs bien portant, des affections abdominales génératrices du vertige, mais bien plusieurs indigestions qui se succèdent à de courts intervalles, et dont le développement successif se trouve favorisé par une cerlaine prédisposition de l'appareil digestif, qui, longtemps avant que ces troubles aient lieu, est tombé dans un état tel, que ses fonctions ne se font plus avec régularité; l'inaction prolongée de l'animal y contribue, de même que les travaux excessifs, joints aux écarts de régime, surtout pendant les chaleurs. Quand ces prédispositions existent, et que des indigestions se sont répétées, le dérangement des fonctions perspiratoires de la peau et l'action vive de la chaleur atmosphérique peuvent aussi devenir des causes occasionnelles d'indigestions répétées, qui ont ensuite pour résultat des phénomènes de vertige. Enfin on a remarqué que le vertige secondaire attaque plus souvent des chevaux de forte constitution, étoffés, propres au trait, que ceux de selle, sans savoir encore à quoi attribuer cette prédisposition.

Le vertige symptomatique partant des organes abdominaux, quand il se développe assez promptement, offre des symptômes assez semblables a ceux du vertige essentiel pour qu'il soit difficile, au premier abord, de distinguer si c'est l'une ou l'autre variété que l'on a à combattre. Mais les renseignements que l'on obtient, la couleur des membranes apparentes, et l'état des parois abdominales, rendent la distinction possible. On peut s'assurer si l'animal a fait usage d'aliments de mauvaise nature, s'il en a mangé depuis longtemps ou une grande quantité, s'il est vorace, sll man'ge les rations de ses voisins, outre la sienne. Ensuite, on trouve

âue le pouls est bien différent ; l'artère est asque dans l'indigestion, au moins avant que les phénomènes d'irritation cérébrale soient développés, elle est tendue dans l'autre cas. Dans l'indigestion, les membranes apparentes sont à peine colorées; mais les parois du ventre sont douloureuses, tendues, ce qui n'existe pas dans l'encéphalite primitive. Le vertige secondaire est généralement annoncé et caractérisé par des douleurs ab-

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dominales coïncidant avec des symptômes comateux et vertigineux, ce qui a lieu ou peut avoir lieu quand l'indigestion se répète souvent sans être convenablement traitée. Les douleurs abdominales se manifestent par plusieurs signes: l'animal frappe du pied, ii est triste, ne mange pas, regarde son ventre, ainsi que cela a lieu dans les indigestions ordinaires. A ces premiers symptômes succèdent bientôt ceux qui sont susceptibles d'indiquer que l'indigestion sera compliquée d'irritation encéphalique, et qui se montrent les mêmes dans le vertige essentiel. Quant à la marche de l'affection, celle-ci débute plus ou moins lentement, parcourt ensuite ses périodes avec plus ou moins de rapidité, et n'éclate pas comme le vertige essentiel, puisqu'elle commence par une indigestion, et que ce sont ordinairement des indigestions répétées qui la précèdent. L'on ne peut espérer la guérison de la maladie qu'autant qu'elle s'établit lentement, que ses symptômes sont peu intenses, et qu'elle est prise dès son début; parvenue k un certain degré d'intensité, les mouvements violents ayant lien, elle peut être considérée comme incurable. Dans les cas de terminaison heureuse, toujours fort rares, la convalescence est longue et exige bien des soins pour éviter une rechute; souvent encore, malgré les soins les plus appropriés, les malades succombent ou ne guérissent qu'incomplètement. Dans ce dernier cas, une certaine stupeur se prolonge singulièrement, et dure quelquefois autant que la vie; les animaux mangent lentement, de préférence par terre, la tête baissée, et paraissent souffrir en la portant au râtelier; ils sont roides, la sensibilité est émoussée, et ils présentent parfois des phénomènes de l'état connu sous le nom d'immobilité.

Les moyens de prévenir le développement du vertige abdominal seraient d'éviter les causes qui y donnent lieu. Par exemple, si au temps de la fenaison, on est absolument obligé de donner du foin nouveau, on doit, autant que possible, le mêler avec du vieux foin ou de la paille, ou du moins éviter de le donner humide 'et l'asperger d'eau salée. Le foin nouveau est surtout pernicieux aux chevaux qui ne travaillent pas ou qui ne font que peu d'exercice. Celui des prairies artificielles, le trèfle principalement, qui vient dans un champ trop touffu, noircit au pied, s'altère et n'est guère meilleur; il est absolument mauvais quand il reçoit de l'eau après avoir été fauché et tandis qu'il sèche. Le sainfoin et la luzerne, même de la meilleure qualité, doivent être donnés modérément, autrement ils deviennent excitants; ceux qui sont échauffés et poudreux doivent être rejetés ; il vaut mieux se contenter de bonne paille. La paille de froment est toujours préférable, pourvu qu'elle soit fraîchement battue, qu'elle ne soit pas rouillée, qu'elle ne soit pas moisie, qu'elle n'ait pas contracté une mauvaise odeur dans le magasin ou dans la meule, et qu'elle soit exempte de plusieurs plantes malfaisantes, telles que le coquelicot, la camomille puante, le bluet, etc. L'avoine tarée, germée, humide, de mauvaise odeur, est nuisible et expose les animaux à contracter des inflammations. Le son est de tous les aliments le plus indigeste; privé des vertus quîon lui attribue, il nourrit à peine par le peu de farine qu'il contient, et celui d'aujourd'hui en est tellement dépourvu, par les nouveaux procédés de mouture économique, qu'il n'est véritablement qu'un corps inerte, Sans principes nutritifs; il lestel'estomac, le fatigue et voilà tout. Relativement au traitement curatif du vertige secondaire, les saignées conviennent dans beaucoup de cas ou il importe de faire cesser l'état de spasme et d'oréthisme des parties lésées. On reconnaît qu'elles sont indiquées à l'état des forces de l'animal, à la vigueur, à la plénitude, à la dureté et k la fréquence du pouls, k l'aspect des membranes apparentes, qui sont rouges; mais si le sujet est vieux, faible et débile, si le pouls est mou et lent, la saignée, loin d'être indiquée, ne peut que nuire. Quand les saignées sont indiquées, la soustraction du sang doit être modérée, opérée successivement et toujours proportionnée au degré de l'irritation cérébrale, a l'âge, à la stature, à la force du sujet, et pratiquée d'abord à la jugulaire, k cause du sang qui se porte avec force au cerveau. En même temps, on doit s'empresser de recourir aux purgatifs salins, à, l'aloès, à l'émétique. Ce dernier sel est surtout indiqué pour débarrasser promptement l'appareil digestif des matières qui s'y trouvent accumulées. On le seconde par des lavements émollients, même au besoin savonneux etaloétiques. La saignée et les purgatifs ont leurs avantages et leurs inconvénients. Le secret d'en obtenir de bons effets est de savoir les adapter aux circonstances, de les choisir et de les employer k propos. Pour cela, il faut étudier les causes déterminantes du vertige et les symptômes divers qu'il présente d'après ces causes, parce que les indications qui résultent de cette étude conduisent nécessairement à l'emploi de moyens thérapeutiques différents. Dans tous les cas, l'animal malade doit être placé dans un local d'une température douce. Dès qu'il peut prendre de lui-même des boissons, il faut cesser de lui administrer des breuvages; s'il refuse les tisanes, on lui présente de l'eau blanche dégourdie, légère-

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ment nitrée et édulcorée avec le miel. Ce n'est même que quand l'animal est doux et patient qu'on peut lui administrer les médicaments sous forme liquide ; car, s'il fait résistance, il Importe beaucoup d'éviter de l'exaspérer par la force ; ce serait aggraver sa maladie. Il vaut mieux, dans ce cas, ne lui administrer de médicaments que sous forme d'opiat, à l'aide de la spatule garnie de linge.

VERTIGINEUSEMENT adv. (vèr-ti-ji-neuze-man — rad. vertigineux). De manière à donner le vertige : Un précipice vertigineusement sombre et profond.

VERTIGINEUX, ETJSE adj. (vèr-ti-ji-neu, eu-ze — du lat. vertigo, vertiginis, vertige). Qui donne, qui peut donner des vertiges : Une hauteur vertigineuse. L'obscurité est vertigineuse ; il faut à l'homme de la clarté. (V. Hugo.)

— Qui est de la nature du vertige : Affection VERTIGINEUSE.

VERTIGO s. m. (vèr-ti-go — mot lat. qui signifie tournoiement, et qui est aussi le type de vertige). Caprice, fantaisie soudaine : (litel vertigo l'a pris ? Il est sujet aux vertigos. Mettez, de grâce, un frein à votre vertigo. Et n'allez pas ici faire dea quiproquo.

Reonard.

Je ne sais par quel vertirjo Ou quelque suffisance estrême ■ Narcisse, se mirant dans l'eau.

Devint amoureux de lui-môme.

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