‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 669 sur 1042 · VETO · texte numérisé non relu

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lier du présent de l'indicatif et l'impératif ne sont guère usités; il faut en dire autant du pluriel du premier de ces deux temps, de l'imparfait de l'indicatif et du présent du subjonctif tout entiers et du participe présent, Ajoutons qu'il y a, pour le présent de l'indicatif, une fausse conjugaison très-usitée; un grand nombre de bons auteurs (lisent : il vêtit, ils vêtissent : Le poil du chameau, gui se renouvelle tous les ans par une mue complète, sert à faire des étoffes dont ils se vêtissent et se meublent. (Buff.) Toutes ces peuplades se vêtissent de peaux de bêles. (Volt.)

VÉTIVER s. m. (vé-ti-vèr). Bot. V. vétyvbr.

VÉTIVÉR1E s. f. (vé-ti-vé-rl). Bot. V. vé-

TYVÉRIE.

VETLOUGA, ville de la Russie d'Europe, dans le gouvernement et à 331 kilom. de Kos-. troma, sur la rivière de son nom, ch.-l. de district ; 2,400 hab. Fabrication de nattes d'écorces.

V1ÏTLOUGA., rivière de la Russie d'Europe. Elle prend sa source dans le gouvernement de Viatka, à l'O. de Kotelnit, entre dans le gouvernement de Vologda, dont elle forme une partie de la limite du côté de celui de Kostroma, parcourt ensuite la partie N.-E. de celui de Nijni-Novgorod et se jette dans le Volga, après un cours de 450 kilom.

VETO s. m. (vé-to — mot lat. qui signifie proprement je défends, je m'oppose. C'est la première personne du présent de l'indicatif ou verbe vetare, qui se trouve en provençal et en espagnol sous la forme vedar, en vieux français véer, en italien vielare. Ce verbe se rattache peut-être à la racine sanscrite vat, nouer, entourer, lier, attacher). Hist. Formule que les tribuns du peuple employaient pour s'opposer à la promulgation des décrets du sénat. I! Faculté qu'a un souverain de s'opposer à la promulgation d'une loi : En Angleterre, la reine a le visto. Il Veto absolu, Veto définitif, qui annule complètement la loi ou le décret porté par l'assemblée. Il Veto suspensif ou simplement Veto, Droit que la constitution de 1791 accordait au roi de s'opposer" à la promulgation des décrets portés par l'assemblée des représentants, et qui n'avait d'effet que pour deux législatures : Mirabeau, dans le discours sur le veto, s'était retourné et roidi dans un suprême effort, tes bras levés, pour retenir la chute de la monarchie. (E. Pelletan.) Il Libre veto, Celui qu'un nonce pouvait prononcer, dans la diète de Pologne. Il Monsieur Veto, Madame Veto, Sobriquets que le peuple de Paris donna uu roi et à la reine, au commencement de la Révolution :

Monsieur Vélo avait promis

D'être fidèle a sa patrie.

Madame Veto avait promis De faire égorlger tout Parie.

(La Carmannale.) Il PI. VETO.

— Par ext. Opposition, refus : J'y mets mon vuto. Par votre lenteur, mon maria/je est retardé de huit jours; songez que je compte les minutes et ne prolongez pas votre vlto suspensif. (C. Desinoulins.)

— Encycl. Le veto peut être absolu ou simplement suspensif; il est absolu quand la sanction du pouvoir auquel a été conféré le droit de veto est indispensable pour qu'une loi puisse être exécutée; il est simplement suspensif quand le projet, présenté de nouveau devant le pouvoir législatif,- a force de loi, s'il est adopté par lui, malgré le refus de sanction. Parmi les théoriciens politiques, il s'en est trouvé quelques-uns qui ont essayé d'établir l'excellence du droit de veto. A Rome, les tribuns du peuple en étaient investis ; ils assistaient à toutes les assemblées, prenaient part à toutes les discussions, et lorsqu'un projet de loi leur paraissait menacer l'indépendance de la nation, ils opposaient leur veto, qui ôtait au sénatus-consulte toute sa valeur. Au mot tribunat, nous sommes entrés à ce sujet dans des détails qui feraient ici double emploi et qui font suffisamment connaître la constitution romaine. La constitution anglaise a depuis longtemps admis le droit de veto absolu et l'a concédé au roi; mais nous devons ajouter que depuis près de deux siècles (1689) ce droit n'a pus été exercé. B. Constant s'est prononcé nettement pour le maintien de cette prérogative : « Il faut, dit-il, que l'autorité chargée de veiller à l'exécution des lois ait le droit de s'opposer à celles qu'elle trouve dangereuses, parce qu'aucun pouvoir n'exécute avec zèle une loi qu'il désapprouve. » Cette théorie, poussée jusqu'à ses dernières conséquences, aboutirait nécessairement à ce principe : uu pouvoir n'exécutant avec zèle que les lois qu'il a édictées doit être, dans l'intérêt même de la nation, armé d'une autorité absolue. Filangieri s'est prononcé également en faveur du veto : « Dans le gouvernement mixte, dit-il, le roi étant considéré comme l'un des trois corps qui le composent, il est juste quil ait l'autorité négative, c'est-k-dire le pouvoir de s'opposer aux résolutions des deux autres corps. » Cette théorie nous parait radicalement fausse. S'il est, en effet, une forme de «ouverneraeut qui repousse le droit de veto absolu, c'est à coup sûr le gouvernement mixte. Armer la royauté de cette

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prérogative, c'est, en effet, donner au pouvoir exécutif une supériorité telle sur le législatif, que ce dernier est détruit et que l'équilibre on la pondération des pouvoirs qui forme !a base du gouvernement mixte cesse d'exister. Les raisons que Filangieri invoque à l'appui de sa thèse ne méritent pas un examen sérieux.

En 1791, le droit de veto fut réclamé par les derniers défenseurs de la monarchie. Après une vive discussion, ce projet fut adopté, grâce k l'éloquence de Mirabeau ; mais le projet ne fut pas voté tel qu'il avait été conçu. Le veto absolu avait été demandé, le veto suspensif fut seul' accordé. Les amis de la royauté ne comprenaient pas qu'ils arrachaientau roisa dernière branche de salut; ils cherchaient à élever une barrière, une digue au torrent révolutionnaire, que cet obstacle devait rendre plus furieux. Louis XVI ne tarda pas à exercer ce droit si péniblement accordé ; on sait quelles furent les suites de cet acte maladroit. L'impopularité royale s'en accrut, et le nom de madame Veto, qui resta à la reine, prouva assez la mémoire et la colère du peuple. La charte de 1814 introduisit dans la constitution le veto suspensif, que conserva la charte de 1830. La nécessité ou, si l'on aime mieux, l'innocuité de cette prérogative royale a été soutenue. Le veto suspensif n'apporte, en effet, qu'un retard- à la mise en vigueur de la loi votée par le pouvoir législatif; en forçant l'assemblée a recourir au bout d'un laps de temps déterminé k une délibération nouvelle, le veto n'a pour effet que de mettre obstacle à une délibération précipitée, de forcer les assemblées à mûrir leurs résolutions; si, lors de cette deuxième délibération, la loi est encore adoptée, la volonté du pouvoir législatif ne peut être mise en doute, et le pouvoir exécutif est forcé de s'y soumettre. Cette prérogative a, du reste, été admise par diverses constitutions républicaines. Le président de la république aux Etats-Unis a un droit de veto suspensif; il peut s'opposer à la promulgation d'une loi votée par le congrès et provoquer une deuxième délibération. Depuis la fondation de la république, les présidents ont usé vingtneuf fois du droit de veto; deux fois seulement le congrès n'en a tenu aucun compte ; vingt-sept fois le projet primitif a été plus ou moins modifié avant d'être reporté au pouvoir exécutif. La République française de 1848 donnait au président de la République un droit semblable.

— Madame Veto. V. Carmagnole.

VETRÀMON, empereur romain, né en Mœsie d'une famille obscure, mort k Pruse en 356. Il s'éleva par ses talents militaires jusqu'au commandement de la Pannonie et se fit proclamer auguste à Sirmicb (350) dès qu'il eut appris la mort de Constant. Constance feignit d'abord de le reconnaître et d'agir de concert avec lui pour écraser la révolte de Magnence; mais bientôt il débaucha les soldats de Vétranion et le contraignit à quitter la pourpre. Le césar détrôné reçut en échange une pension considérable et alla iinir ses jours à Pruse (Bitliynie).

VÉTRAVATÎ s. f. (vé-tra-va-ti). Femme armée qui garde la porte des appartements intérieurs, chez les princes indous.

VETKON1US TUKINUS, courtisan de l'empereur Alexandre Sévère, Il jouissait jusqu'à un certain point de la confiance de ce prince, mais il exagéra son crédit et se fit donner des sommes considérables par différentes personnes auxquelles il promettait d'appuyer leurs demandes auprès de l'empereur. Ce dernier, ayant découvert les manœuvres dont il s'était rendu coupable, le condamna à mort. Vetronius fut attaché k un poteau, entouré de bois vert et de paille mouillée, auxquels on mit le feu, tandis qu'un héraut criait ; « Le vendeur de fumée est puai par la fumée. »

VETTE s. f. (vè-te). Techn. Partie d'un marais salant qui entoure les aires.

VETTER, lac de Suède (Gothie septentrionale), à 38 kilom. S.-E. du lac Vener, avec lequel il communique par le canal de Gothie. Il est compris entre les préfectures de Skaruborg, de Jonkôping, de Linkôping et d'jËrebro. Il mesure 110 kilom. de longueur du N.-E. au S.-O. sur 30 kilom. de largeur moyenne ; su plus grande profondeur est de 128 mètres; il présente quelques courants rapides et est ussez fréquemment agité par des tempêtes; ses eaux sont limpides, ses bords unis et la navigation y est active pendant une partie de l'année. 11 reçoit le tribut de 40 petits cours d'eau et s'écoule dans la Baltique par la Motala.

VETTER (Louis-Rodolphe), médecin allemand, né à Karlsberg (Carinthie) en 1765, mort k Cracovie en 1806. Après avoir exerce quelque temps la médecine k Vienne, il fut nommé professeur de physiologie et d'anatomie k l'université de Cracovie. On lui doit : Description de tous les vaisseaux et nerfs dans le corps humain (Vienne, 1789, in-S"); Nouvelles doctrines sur les muscles dans le corps humain (1791, in-8u) ; Nouvelle méthode pour guérir les maladies honteuses (1793, in-go); Leçons sur la physiologie (1794)^ Aphorismes tirés de l'anatomie pathologique (1803, in-80).

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VETTER (Jean-Hégésippe), peintre, né à Paris en 1816. Elève de Steuben, fl exposa d'abord quelques portraits, puis, en 1844, il se présenta au Salon avec un tableau d'histoire, Bayard enfant. En 1847, il aborda avec un certain bonheur la peinture de genre avec un Molière chez le barbier de Pésénas, petite toile d'une touche spirituelle, et, en 1848, ses Alchimistes lui valurent une 3« médaille. Dans les figures de ce tableau domine la tradition allemande et hollandaise; la silhouette est pittoresque et vivement enlevée. Il Etude à la lampe, qui est encore une réminiscence des maîtres hollandais, de Rembrandt surtout, valut à l'auteur une 2» médaille à l'Exposition de 1850.- En 1855, il exposa le Quart d'heure de Rabelais et le Maître d'armes. On sait ce qu'il y avait à cette solennité de concurrents sérieux dans tous les genres, et combien il était, par conséquent, difficile de s'y faire remarquer. Or, les deux toiles de M. Vetter attirèrent l'attention au point que le peintre fut nommé chevalier de la Légion d'honneur. Jamais, eu effet, M. Vetter n'avait mis dans ses compositions tant de finesse, tant d'esprit, tant de charme ; jamais sa palette n'avait eu des tons si heureux, une gamme si brillante. Il a réussi, depuis, à se maintenir â la même hauteur, en exposant successivement le /fumeur, la Liseuse et le Récit (1857) ; la Femme à sa toilette, le Départ pour la promenade (1859); Bernard de Palissy et la Déclaration (1861); Molière et Louis XIV (1864); Mascaritle présentant Jodelet à Cathos et à Madelon (1865); Mignon s'exerçunt au bilboquet (1866); Au cabaret (1867); ifazoï ■■in (1872); la Fuite en Egypte (1874); le liaffiiié (1875). Il a aussi exposé, en 1868 et 1869, quelques portraits distingués.

VETTO, bourg du royaume d'Italie, province et district de Reggio-nell'-Emilia, mandement de Castelnuovo; 2,300 hab.

VETTOSS ou VECTONS, en latin Vectones, peuple de l'Espagne ancienne, dans la Lusitanie, entre le Burius (Douro) au N., le Tagus (Tage) au S., les Vaccéens et les Carpétans k l'E., et les Lusitani k l'O. Leur capitale était Salmantica, aujourd'hui Salamanque. Leur territoire correspond à peu près à celui qui forme la province espagnole de Salamanque et la partie N.-E. de la province portugaise de Beira. Les Vettons, vaincus une première fois par les Romains k Toletum en 192 av. J.-C., reprirent les armes avec les Lusitaniens et furent soumis en 150, par Calpurnius et Atilius.

VETTOR1 (Leonello), en latin Victuriu., médecin italien, né k Faenza (Romagne) en 1440, mort à Bologne en 1520. 11 lit -ses éludes médicales a l'université de cette dernière ville, et s'y fixa. En 1473, il y fut nommé professeur de philosophie et de médecine. On a de lui les deux ouvrages suivants : De tegritudinibus infantum tractatus (Ingolstadt, 1544, in-8°) ; Practica^ medicinatis (1545, in-4»).

VETTORI (Benoit), en latin Victorl..», médecin italien, neveu du précédent, né a Faenza en 1481, mort à Bologne en 1561. 11 fit ses études médicales k l'Université de Bologne, sous la direction de son oncle, fut nommé, en 1534 , professeur de médecine k l'université de Padoue et revint, eu 1540, occuper la même chaire à Bologne. Ses principaux ouvrages sont : Liber théorise latituditium mediciiise (Venise, 1516 in-fol.) ; De morbo gallico (Bàle, 1536, in-4°); Liber de curatione pleuritidis per sanguinis missionem (Venise, 1536, in-4u) ; Medicinalia consilia (Venise, 1551, iu-4°); in IJippocralis prognostica commentarii (Florence, 1551, in-fol.); Empiricamedicina (Lyon, 1555, in-8°); Cornmeiuaria in Mippocratis aphorismos iVenise,

VETTOai (Pietro), en latin Victoria., homme politique et érudit italien, né k Florence en 1499, mort dans la même ville eu 1585. Il perdit son père de bonne heure, et reçut, sous la direction de sa mère, une éducation fort soignée. Comme il se destinait aux fonctions publiques, il fit son droit à Pise, se maria dès l'âge de dix-huit ans, la loi interdisant aux célibataires les charges publiques, et, en 1523, il accompagna eu Espagne l'amiral poutirieal Paul Vettori, son cousin, qui allait chercher le pape Adrien; il lit ensuite un voyage k Rome, et, à son retour, comme il n'avait pas encore atteint l'âge légal, il se retira, k la campagne, où il vécut au milieu de ses livres et des savants dont sa maison devint le rendez-vous favori. Il entra dans la vie active lorsque Florence eut secoué le joug des Médicis, fut chargé de négocier avec Venise l'envoi d'un corps de troupes, sous les ordres de Trivulce, et s'acquitta de sa mission k la satisfaction de ses concitoyens, qui l'élurent, à son retour, gonfalonier de la république. Peu de temps après, Florence étant assiégée par les impériaux, P. Vettori prit une purt active à la défense de la ville ; a plusieurs reprises il releva le courage de ses concitoyens par ses ardents discours, prononcés dans l'église de JSauta-Mana-Novella. On sain comment la famine força enfin les Florentins à se rendre. P. Vettori se retira alors à la campagne, k Sau-Cassiauo, avec son ami, le vieux philosophe Varino ; il y retrouva ses livres et partagea sou temps, à la manière

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des anciens Romains, entre les lettres et l'agriculture. C'est à cette époque qu'il songea à reviser, au point de vue critique, les Scriptores rei rusticx. A la mort de Clément VIII, il revint à Florence et commença ses travaux si remarquables sur les textes de Cicéron et d'Aristote. De nouveaux bouleversements dans les affaires publiques, "l'assassinat d'Alexandre de Médicis, son remplacement par Cosme, le forcèrent k émigrer à Rome; mais Cosme de Médicis le rappela presque aussitôt. Nommé, en 1524, consul de l'Académie de Florence, il refusa, par modestie, et accepta seulement la chaire de littérature ancienne. Il fit des cours trèsbrillants, la première année sur Sophocle et Cicéron, la seconde sur Aristote et les Géorgigues de Virgile. De toute l'Europe les élèves accouraient en foule. On voyait, parmi ses auditeurs, Alexandre Farnèse, le prince d'Urbin et François Campana, le secrétaire du duc. Plusieurs souverains, Charles-Quint et François Ier entre autres, lui firent, pour l'attirer k leur cour, des offres avantageuses qu'il déclina. En 1549, il fut envoyé à Rome par Cosme pour féliciter de son élection le pape Jules III et reçut, au retour de cette ambassade, le titre de comte. Nommé, en 1553, sénateur de Florence, il se vit mandé à Rome par son ami le cardinal Corvino, qui venait d'être élu pape sous le nom de Maréellus II et qui lui destinait la charge de secrétaire des brefs. Une attaque d'apoplexie ayant emporté le pane, P. Vettori regagna Florence, où il trouva Henri Estienne, k qui il confia, pour l'imprimer, son excellent texte (YEschyte (Paris, H. Estienne, 1557, in-4"). P. Vettori était en correspondance avec les savants et les princes de tous les pays. On faisait souvent appel à ses talents exceptionnels; il dut, notamment, rédiger, en faveur de Cosme de Médicis, un mémoire k l'empereur, dans une affaire litigieuse contre le prince Alphonse de Ferrare. Les dix dernières années de sa vie fnrent troublées par des ennuis de tout genre; il eut un procès k Rome, perdit sa femme et le duc Cosme, son protecteur et son ami. Sentant ses forces diminuer graduellement, il donna sa démission de professeur en 1585. Quelque temps après, il s'éteignait à l'âge de quatre-vingtsept ans.

Quand on réfléchit k la -vie si bien remplie de ce savant, aux services qu'il avait rendus k sa patrie et à la science, on doit regretter que la vie fiévreuse de nos jours ait mis en quelque sorte un abîme entre l'activité pratique et ies études sérieuses. P. Vettori a brillé tout autant comme homme d'Etat que comme érudit; il s'est montré homme de son temps, tout en ayant, pour les anciennes liftératures, un véritable culte. Il a été, en outre, l'un des plus sincères admirateurs de la poésie nationale. Grand défenseur de Dante, de Pétrarque et de Boccace, il se fit ouvertement l'apologiste du Décaméron, en 1573, lorsqu'il fut question de le détruire; en 1578, il publia une édition nouvelle des œuvres de Machiavel. Tous les témoignages contemporains s'accordent k nous le représenter comme un homme exceptionnel. D'un extérieur agréable, d'un caractère doux, d'un maintien digne, il apportait dans la conversation un esprit infini, et dans toutes les relations une grâce exquise.

Mais c'est surtout comme savant qu'on doit l'apprécier. Il eut le mérite de créer la critique des textes; jusqu'à lui on s'était borné, en publiant les auteurs anciens, k la reproduction plus ou moins exacte d'un seul manuscrit. Le premier il songea k en réunir plusieurs, k les comparer en notant les variantes. De ces comparaisons et de ces études il tirait des conclusions rigoureuses pour la correction des textes, et seulement, k la dernière extrémité, il employait la conjecture. Il avait, il est vrai, le bonheur de vivre dans un temps où chaque jour apportait une nouvelle et précieuse découverte littéraire. Son ami Cavalcanti lui fournit un manuscrit des lettres de Cicéron k Atticus, dont il se procura plus tard une autre copie faite par Pétrarque, la meilleure de toutes, et l'aida k publier son édition des Lettres à Atticus (Florence, 1571). Celle des lettres Ad familiares (Florence, 1558) fut violemment attaquée" par Paul Mauuce et par Muret; P. Vettori se défendit avec succès et fut soutenu par Sigonius. A l'instigation du cardinal Corvino, il publia les agronomes latins ; M. Catonis et M. Terentii Varronis de re rustica libri (Lyon, Gryphe, 1541-1549, 3 vol.). Les auteurs grecs, qui ont traité de la même matière, l'occupèrent également, et lk-dessus il avait lui-même une certaine compétence ; car il a laissé un Traité sur la culture de l'olivier, qu'il avait spécialement étudiée k sa campagne. Le traité De etocutione, de Démetrius, eut trois éditions (Florence, 1552, 1562 et 1594). Nous devons mentionner surtout ses grands travaux sur Aristote, dont il a été le véritable restaurateur, car les manuscrits qu'où en avait étaient en bien mauvais état. Il fallait en consulter un grand nombre et puiser aussi dans les commentateurs grecs, tâche longue et ardue entre toutes. P. Vettori ne recula pas devant ces difficultés. Des 1547, il donna ia Morale à Nicomague (chez les Junte, à Florence, se éditiou, 1560); son Commentaire sur lé même ouvrage, œuvre gigantesque, ne parut qu'en 1584; Commentaire fur le ier (jure de

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