‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 683 sur 1042 · L1ERS · texte numérisé non relu

L1ERS

VICE-CONSUL s. m. Celui qui remplit les fonctions du consul en son absence, ou dans certains pays où il n'y a point de consul de la nation que le vice-consul représente. Il PI. vice-consuls.

VICE-CONSULAT s. m. Emploi, fonction de vice-consul. Il PI. vice-consulats.

VICE DOGE s. m. Hist. Conseiller vénitien qui suppléait le doge en cas de maladie ou d'absence. Il PI. vice-doges,

VICE-DiEU s. m. Fam. Dieu secondaire.

Il Personne qui s'attribue un pouvoir ou exige des honneurs presque divins :

Un prêtre, roi de Rome, un pape, vice-Dieu...

Voltaire.

VICE-GÉRANCE s. f. Fonctions de vicegérant. Il PI. VICE-GÉRANCES.

VICE-GÉRANT S. m. Celui qui -aide, qui supplée le gérant. U PI. vice-gérants.

VlCE-GÉRENT s. m. Dr. canon. Celui qui supplée l'official en son absence : La sentence fut portée par le vice-gérisnt de l'officialité de Paris, (Acad.) Il PI. vice-gérenïs.

VICE-LÉGAT s. ra. Prélat établi par le

KG

ape, pour exercer les fonctions du-légat en

absence de celui-ci. Il PI. vice-légats.

VICE-LÉGATION s. f. Charge, fonctions de vice-légat, il PI. vice-légations.

VICÉLIEN s. m. (vi-sé-li-ain). Hist. relig. Partisan de Vicélius , hérésiarque du xio siècle.

V1CBNCE, en latin Vicenlia, en italien Vicenza, ville du royaume d'Italie, dans la Vénétie, ch.-l. de la province et du district de son nom, sur le Bacchiglione, à 80 kilom.Ô. de Venise , par 45° 42' de latit. N. et 9" 13' de longit. E.; 35,000 hab. Ev.êché suffrngant de Venise ; résidence du gouvernement et des autorités supérieures de la province; tribunal de 1'° instance. Séminaire épiscopal ; lycée, deux gymnases; bibliothèque

Eublique; académie d'agriculture; jardin otanique. Industrie active, dont les principales branches sont : moulineries et filatures de soie; fabriques de soieries, tanneries. Commerce de grains, vins, soies grèges et moulinées; draps, velours, toiles, chapeaux de paille, bonneterie, porcelaine et faïence. Exportation de légumes, fruits et viandes pour Venise.

La ville de Vicence s'étend auN.-E. de la chaîne de montagnes appelées Berici et sur les bords du Bacchiglione, qui y reçoit le Reirone dans cet endroit et devient navigable pour les petites barques. Elle est entourée de fossés à sec, dont une partie est livrée à la culture, et de murailles antiques en mauvais état. Elle possède neuf ponts, dont quatre sur le Bacchiglione et cinq sur le Retrone. Le pont San-Michele, sur cette dernière rivière, est un des plus beaux As l'Italie; iFrivalise avec le Rialto de Venise et le pont de la Doire à Turin. Vicence est l'une des villes d'Italie les mieux construites et les plus riches en monuments d'architecture.

Quoique assez déchue de son ancienne splendeur, elle possède encore un certain nombre de monuments curieux au double point de vue historique et archéologique. C est d'abord, parmi les églises : la cathédrale, désignée, suivant un usage commun à un grand nombre de villes italiennes, sous le nord de Dôme (Duomo). L'édifice, bel échantillon du style gothique, est malheureusement gâté par de maladroites restaurations. On remarque à l'intérieur, dont la décoration primitive n'a pas été mieux respectée que ne l'a été l'extérieur, une immense 'peinture de Lorenzo (1368), divisée en 31 compartiments et représentant la Vie des saints, et plusieurs bons tableaux de Zelotti, de Âlontugna et deManguza. L'église Sania-Corona, de même style que la précédente, renferme également des peintures de Montngna, un Baptême dans le Jourdain, par Bellin, et une Adoration des mages, par Paul Véronèse. Les autres églises de Vicence sont : Sau-Domenico,San- Pietro et San-Stefano. Toutes sont décorées de tableaux de divers maîtres italiens. Mentionnons à part San-Lorenzo, belle basilique gothique qui, après avoir longtemps servi de magasin à fourrage, a été rachetée par la ville en 1836 et a été depuis l'objet d'une intelligente restauration. Vicence est encore plus riche en palais qu'en monuments religieux. En première ligne, il faut placer la Basilica ou palais délia Ragione, magnifique édifice construit au moyeu âge et dont la restauration par Palladio passe pour un des meilleurs travaux de cet artiste. ■ Ce monument, dit M. du Pays, déjà réparé au Xv° siècle, menaçait ruine. On songea à le consolider, en conservant la grande nef intérieure. J. Romain fournit un projet; celui de Palla-, dio obtint la préférence. Il appliqua avec beaucoup d'habileté au support de cette ancienne construction une ordonnance de portiques si bien en rapport avec elle, qu'on a peme à soupçonner que ce soit là un édifice uû à des temps et à des styles si divers. La beauté des matériaux, répondit à la noble simplicité de l'ensemble. Le toit lourd et élevé que Palladio dut conserver ne fait pas un aussi mauvais effet, eu réalité, que dans les dessins représentant l'élévation de cet édifice, la petitesse de la place contribuant à rapprocher le point de vue et à en diminuer la hauteur apparente. » Le palais de la commune a été également exécuté sur les plans , et les dessins de Palladio; il est décoré da colonnes corinthiennes et présente un ensemble imposant. Palladio a encore fourni les dessins du palais Trissino dal Vello-u'Oro, du palais Tieue, malheureusement inachevé, occupé aujourd'hui par les bureaux de la douane, et du palais Valmarana, décoré de grands pilastres d'ordre composite, dont la hauteur embrasse l'étage inférieur et l'étage supérieur. Le palais Burbaiono, conçu dans le style ionique et corinthien , présente une façade un peu trop chargée d'ornements.

Le palais Colleoni- Porto mérite également une mention. Il est occupé aujouru'hui par la bibliothèque du séminaire. Le palais Trissino est un des meilleurs ouvrages de Scamozzi; le même a dirigé la construction du palais Boniu-Longare, attribué aux frères Tiene.

Le musée de Vicence (museoCivico), riche collection des œuvres des grands maîtres italiens, occupe les immenses bâtiments du palais Chierioati; il comprend : 1° une galelie de. peintures où l'on remarque des tableaux du Pérugin, de Paul Véronèse, d'Annibal Carrache, de Ciina, de Conegliano, de

Parmegiano et de Paolo da Venezia; 2<> une galerie d'eslampes et de dessins d'urchit».> ture de Palladio, Scamozzi et leurs contemporains; 3° une collection de médailles; 4» enfin, une réunion de collections minéra- . logique, géologique, paléontologique et zoologique.

Vicence possède en outre une bibliothèque, dite bibliothèque Bertoliana, du nom de son fondateur, riche de 36,000 volumes et de 200 manuscrits, et un théâtre, le théâtre Olympique, construit par Palladio et terminé par son fils. Ce théâtre offre ceci de particulièrement remarquable, que, bien que construit plus de deux siècles avant la découverte de ceux de Pompéi, il a avec eux les rapports les plus étroits, tant Palladio s'était pénétré de la lecture des ouvrages de Vitruve. II ne s'en écarte que par cette circonstance, que son périmètre affecte la forme d'une ellipse, au lieu de celle d'un demi-cercle, et encore Palladio déclare-til n'enfreindre ici les préceptes de l'architecte romain que contraint par les exigences de l'emplacement mis à sa disposition. Le théâtre Olympique prit son nom de l'académie Olympique, a l'initiative de laquelle il est dû, et on y représenta à l'origine les chefs-d'œuvre de la scène antique traduits en vers italiens.

Les enviions de Vicence présentent plusieurs promenades assez fréquentées et de beaux points de vue. A peu de distance de la ville se trouve une église dite de la Madonna-del-Monte-Berico,3u nom de la montagne sur laquelle elle est située. Construite en 1595, cette église a pour accès une immense succession de portiques d'une longueur de 650 mètres. Celte galerie, dont l'exécution dut exiger des dépenses considérables, fut en 1848 le théâtre d'un sanglant engagement entre les Autrichiens et les Piémontais. Le réfectoire du couvent attenant à l'église possède une remarquable peinture de Paul Véronèse, représentant le Christ visitant en pèlerin le pape Grégoire le Grand. Cette belle œuvre est malheureusement aujourd'hui lacérée en plusieurs morceaux séparés les 'uns des autres, action de vandalisme dont se sont rendus coupables les Autrichiens, lors du soulèvement de la Vénétie en 1848. L'église esc ornée de quelques bons tableaux de Mantegna.

— Histoire. Vicence est une des plus anciennes ville de l'Europe, car il y avait déjà plus de deux cents ans qu'elle était fondée par les Rascènes, lorsque les Gaulois Sénonais l'agrandirent, l'an 392 av. J.-C. Les Romains lui accordèrent le droit de cité. En 401, elle fut ravagée par Alaric; elle le fut de nouveau par Attila en 452. Lors de la décadence de l'empire, elle perdit beaucoup de sa splendeur. Les Lombards s'en rendirent maîtres, et elle eut ensuite ses ducs et ses comtes particuliers. Elle appartint quelque temps aux Scaligers , tomba sous le joug de l'empereur Burberousse , mais parvint à le secouer, se joignit à Milan et fut admise dans la ligue lombarde. Prise et mise à sac par Erédéric II en 1236, et continuellement inquiétée ensuite par les empereurs de la maison gibeline des Romano, Vicence se donna en 1404 aux Vénitiens, qui, après, eu avoir été dépossédés pur l'empereur Maximilien Ier, la conservèrent ensuite jusqu'au traité de Campo-Formio (1797). Cédée alors à l'Autriche, elle lui fut enlevée en 1805 et devint, dans le royaume d'Italie, le ch.-l. du département du Dacchiglione. Les traités de 1815 la rendirent à l'Autriche. Eu 1848, Vicence se souleva contre cette domination. Le 23 mai et le 9 juin, elle fut eanounée par les Autrichiens, et Radetzki la força de capituler le 10 juin, à la suite d'un engagement des plus vifs livre sur le monta Berico aux insurgés et aux troupes pontificales. Par le traité de paix signe à Vienne le 3 octobre 1866, Vicence fut, avec tout le royaume lombardo-véni tien, réuni au royaume d'Italie. L'air de Vicence est réputé le plus salubre de l'Italie, ce qui, joint à la beauté des environs, y attire beaucoup d'étrangers. Patrie de Pacius, de Trissin, de Scamozzi et de Palladio. Le général Cauiaincourt avait reçu du premier Napoléon le litre de duc de Vicence,

VICENCE (province de), division administrative du royaume d'Italie, située au N.-O. (le lu Vénétie, entre leTyrol au N., les provinces de Vérone à 10., ue Padoue.'uu S. et au S.-O., de Trévise et de Bellune à l'E.; 276,707 hectares, MOkilom. sur 52, et 319,000 hab. La surface en est généralement plate; on ne trouve qu'au N.et à l'O. des branches des Alpes; dans le S. sont les collines de Berici. Les principales rivières sont la Brenta, le Bacchiglione, l'Aslico, le Erassine ou Gua. Les plaines produisent beaucoup da grains, particulièrement du blé et du maïs; les pommes de terre, les légumes, le lin, le chanvre y abondent. Les parties montueuscs fournissent de bons vins; ou y voit de belles forêts et de riches pâturages, qui nourrissent de magnifiques troupeaux. Les marbres y sont renommés, et parmi ceux-ci cm cite le persicheno, couleur de fleur de pécher, qui se prête admirablement aux ouvrages délicats. Il y existe, eu outre, de magnifiques carrières de pierres lithographiques, qui' peuvent soutenir la comparaison avec celles de Bavière, bien qu'elles coûtent moitié moins ; on y trouve aussi de riches gisements de

kaolin, connu aussi sous le nom de terre da Vicence, plusieurs mines de lignite et de nombreuses sources d'eaux minérales.

VICENCE (Armand-Augustin-Louis, marquis de Caui.aincourt, duc de). V. Caulain-

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