V. FOSSE
VIDANGEUR s. m. (vi-dan-jeur — rad. otdanye). Celui qui vide les fosses d'aisances : Voiture de vidangeur.
— Encycl. V. FOSSE.
V1DAK, dans la mythologie du Nord, dieu
VIDE
du silence, fils d'Odîn et de la géante Gerdtir; il égale presque Thor par sa force. Quand, au crépuscule des dieux, leloupFenris aura avalé le puissant Odin, Vidar s'avancera sur lui, mettra son pied, chaussé d'un soulier en fer, dans la mâchoire de Fenris, avec la main lui arrachera la partie supérieure de la gueule et tuera ainsi le monstre.
VIDART adj. (vi-dar — rad. vider). Art vétér. Se dit des chevaux sujets à la diarrhée.
VIDASSUS, nom latin de laBiDASSOA.
VÏDAOBAN, bourg et commune de France (Var), cant. de Luc, arrond. et à 17 kilom. de Draguignan, près de la rive gauche de l'Argens; pop. aggl., 2,206 hab. — pop. tôt., 2,880 hab. Tuileries, moulins k farine et à huile ; filatures de soie ; fabrication de bouchons de liège. Commerce de volailles et surtout de dindons. On y voit quelques restes d'antiquités et des pans de murailles crénelées qui entouraient autrefois complètement le bourg.
VIDAURRI (Santiago), homme politique mexicain, né dans les premières années de ce siècle. De race indienne, il se fit remarquer de bonne heure par son esprit remuant et ambitieux. Depuis plusieurs années, il était secrétaire de l'Etat de Nuevo-Leon, lorsqu'il fut dénoncé au dictateur Santa-Anna comme lui étant hostile. Celui-ci ayant donné l'ordre de l'arrêter, Vidaurri parvint à s'échapper,se rendit dans le nord du Mexique (1854) et se mit à la tête d'un mouvement révolutionnaire pendant que, de son côté, Alvarez faisait avec les Indiens un pronunciiimiento dans le Sud. Cette révolution amena la chute de Santa-Anna (1855), qui fut remplacé comme président provisoire par Carrera et presque aussitôt après par Alvarez, devenu dictateur, Vidaurri resta dans le nord du Mexique, dans l'espoir d'en faire une sorte d'Etat indépendant, licencia l'armée et décréta, la suppression des biens accaparés par le clergé. Alvarez étant tombé du pouvoir en 1856, Vidaurri se porta candidat à la présidence de la république, mais Comonfort fut élu. Il refusa de le reconnaître, de se soumettre au gouvernement cential, et se proclama lui-même gouverneur et commandant en chef des Etats de Nuevo-Leon et de Cohahuila, qu'il réunit sous son autorité. Le congrès de Mexico se prononça contre l'usurpation de pouvoir de Vidaurri, qui n'en continua pas moins de conserver son gouvernement sous les présidences successives de Zuolaga, de Miramon et de Juarez. Lorsque la France fit la déplorable expédition du Mexique, il prêta sou appui au président Juarez; toutefois, il se soumit aux Français en 1864 et, cette i même année, il fit sa soumission à Maximilien, devenu, pas pour longtemps du reste, empereur du Mexique. Depuis cette époque, il n'a- plus joué qu'un rôle effacé.
VIDAV1US (Valentin Widawski, en latin), théologien et philologue polonais, né en 1542, mort en 1601. Après avoir étudié la philosophie et la théologie à l'Académie de Cracovie,il y devint lui-même professeur de théologie et, étant entré dans les ordres, remplit dans la même ville les fonctions sacerdotales. On a de lui : Generalis eoutroversio de indulgentiis (Cracovie, 1593, in-fol.); Pro theologia scholastica; Cathechesis grammalicx latinse (Cracovie, 1581); Epistolurum que res varias Polonorum continent, etc.
V1DDIN, ville de la Turquie. V. Widdw.
VIDE adj. (vi-de — du lat. viduus, mot qui a donné aussi l'ancien français vuid, vuit, par la transposition du premier «. Ce mot latin est rattaché parEichhoff au sanscrit viddhas, isolé, de la racine vidh ou viadh, distinguer, séparer; mais ce rapprochement nous paraît fort hypothétique. On pourrait rattacher le latin viduus à la racine sanscrite ut, lancer, rejeter. Peut-être aussi que ce mot appartient à la même famille que le préfixe ne, lequel marque séparation ou négation, et répond au sanscrit vi, même sens, qui vient peut-être de cette racine. Pichet croit que l'acception générale de vide, privé d'une chose quelconque, qui appartient au lutin viduus, est une acception secondaire, et vient de l'acception spéciale de veuf, privé de sa femme, qui appartient au mot lutin). Qui ne contient rien, qui ne contient que de l'air, dans le langage urdinaire : Un tonneau vide. Une bouteille vide. Une bourse vide. La cruche au large ventre est vide en un instant.
Boileau.
Il D'où l'on a tout enlevé , qui ne contient plus les objets contenus auparavant ou ordinairement : Chambre vide. Logement vide.
ilourse vide. Espuce vrbK.
— Qui ne contient pas d'aliments : Ventre vide. Estomac vide.
— Fig. Dépourvu de qualités ou de sentiments : Cerveau vide. Tête vide. Esprit vide. Cœur vide. Il n'est point de yens plus vides que ceux qui sont pleins d'eux-mêmes. (Sallentin.) Les médisances et tes calomnies sont les ressources des têtes vides. (D'Arconville.)
Pour un cœur vide, il n'est point de plaisir.
FlOIUAN.
Il Libre d'occupations, inoccupé : Avoir des moments vides dans la journée. Les grands sont obligés de se prêter quelquefois au monde
VIDE
VIDE
VIDE
VIDE
pour remplir les jours vides des courtisans, (Fléch.)
— Vide de, Dégarni, privé de : Forteresse vide dis troupes. Mot vide de sens.
AUeî, et dans ses murs, vides de citoyens. Faites pleurer ma mort ans veuves des Troyens.
Raciiib.
— Les mains vides, Sans profit illicite : Se retirer les mains vides de la place qu'on occupait. || Sans présents : Il y a des gens qu'il ne faut jamais aborder les mains vides. (Acad.)
— Loc. fam. Avoir des chambres vides dans la tête, Etre un peu fou, déraisonner sur certains sujets. Il Avoir toujours quelques aunes de boyaux vides, Avoir toujours faim, être toujours disposé à manger.
— Théâtre. Se dit de la scène lorsqu'il ne s'y trouve aucun acteur : La scène ne doit jamais rester vide.
-7 Pathol. Pouls vide, Pouls extrêmement mou.
— s. m. Espace vide : Il y a des vides dans cette bibliothèque. Il faut combler les vides dans cette allée. Les notaires ne doivent pas laisser de vides dans leurs écritures.
— Place, fonction inoccupée : Il y a beaucoup de vides dans les bureaux du ministère des finances. On s'occupe de combler les vides dans les cadres de l'armée, il Absence produisant une privation : La mort de cet homme a fait un grand vide dans sa famille.
— Espace de temps inoccupé : J'aurais besoin de quelques livres pour remplir les vides de ma journée.
— Fig. Sentiment pénible de privation : Cette mort a fait un grand vide dans mon âme. Le travail seul peut remplir le vide de
' l'âme. (D'Areonville.) L'homme est plein de besoins ; renvoyé à lui-même, il sent un vide que l'amitié seule est capable de combler. (Mme de Lambert.) H Absence do qualités, d'idées, de connaissances, de sentiments : 11 y a beaucoup de vides dans cette tête. Le vide du cœur est un vice très-commun. C'est te vide de l'esprit qui fait accueillir tous les préjugés, toutes les "misères, toutes les bagatelles. (Mlle de Somery.) 11 Néant, vanité : Le vide des grandeurs humaines: Il n'y a guère que du vide dans les choses de ce monde; mais il y en a moùis dans l'étude qu'ailleurs. (Volt.) Le vide des turbulents plaisirs produit l'ennui. (J.-J. Rouss.) Quel vidk affreux dans ces plaisirs de cour/ (Mm<* de Pompadour.)
— Tant plein que vide, De façon que l'espace vide ou uni égale l'espace plein ou orué : Habit brodé tant plein que vide. Meubles chamarrés tant plein que vide. Etoffe rayée tant plein que vide.
— Faire le vide autour de quelqu'un, Le fuir, s'éloigner de lui, le laisser seul.
— Archit. Ouverture, espace qui, dans un bâtiment, n'est pas occupé par les constructions : Les vides nuisent à la solidité, les pleins accroissent la dépense. L'harmonie de l'ensemble résulte en grande partie de la proportion des pleins et des vides, h Pousser, tirer au vide, Se dit d'un mur qui commence à perdre son aplomb, k se déverser, à faire ventre.
— Techn. Vide d'uti fourneau, Partie intérieure dans laquelle on charge le minerai, le combustible et les fondants. Syn. de cuve.
— Physiq. Espace qui n'est rempli par aucun corps, de quelque nature qu'il soit : Le vide produit avec la machine pneumatique est toujours imparfait.
Avec ton emphase ordinaire, Tu soutiens, et n'en démords pas, Qu'il n'est point de vide ici-bas; Ta tête prouve le contraire.
Le Brun. 1] Vide barométrique, Espace qui reste vida à l'extrémité supérieure du baromètre.
— Jeux. Faire vide, Blouser toutes les billes-ou les faire sauter hors du billard.
— Anat. Vide du jarret, Excavation qui existe entre le tibia et la corde tendineuse.
— Loc. adv. A vide, Sans contenir rien ou personne : Voilure, paquebot parti a vide.
— Sans résistance, sans effet produit : La machine fonctionnait a vide. *
— Porter à vide. Ne rien atteindre, ne rien frapper : Je me baissai, le coup porta a vide, et mon adversaire roula sur le pavé.
— Fam. Mâcher à vide, Se repaître de vaines pensées, do fausses espérances.
— Mus. Corde à vide. Celle dont on tire du son avec l'archet, sans en diminuer la longueur par la pression du doigt : La corde a vide donne la note la plus basse que la même corde puisse donner.
— EncycL. Philos. Les philosophes ont beaucoup discuté sur l'existence du vide, les uns voulant que l'univers fût entièrement plein, les autres soutenant que le vide existe.
Les anciens distinguaient le vide en deux espèces, vacuum coacervatum et vacuum disseminatum. Us entendaient par le premier un espace d'une certaine étendue privé de toute matière, tel que serait l'espace renfermé par les murailles d'une chambre, si on suppose qu'il n'y reste ni air ni fluide d'une nature quelconque. L'existence de ce vide a été soutenue par les pythagoriciens, par les épicuriens et par les atomistes ; les cartésiens, au contraire, nient toute espèce de vacuum coa-
cervatum, et ils soutiennent que, si Dieu annihilait toute la matière qui remplit une chambre, il s'ensuivrait que les murailles deviendraient contiguës et ne renfermeraient plus aucun espace entre elles; ils prétendent que, les corps entre lesquels il n existe aucune matière sont la même chose que des corps contigus.
Le vide disséminé est celui qu'on suppose être naturellement placé entre les molécules des corps et leurs interstices. C'est ce vide que les corpusculaires soutiennent et que les péripatéticiens rejettent. Le grand argument des péripatéticiens contre le vide disséminé, c'est qu on voit des corps qui se meuvent, dans certains cas, d'une manière contraire à leur direction et inclinaison naturelle, sans autre raison apparente que pour éviter le vide. lia soutiennent que la nature abhorre^ le vide, et c'est par l'horreur du Bide qu'ils expliquent l'ascension de l'eau dans les seringues et dans les pompes.
Les cartésiens ne nient pas seulement l'existence actuelle du vide, mais encore sa possibilité, et cela en s'appuyant.sur ce principe que, l'étendue étant l'essence de la matière ou des corps, tout ce qui est étendu doit être matériel. Quiconque, disent- ils, admet un espace vide conçoit des dimensions dans cet espace, c'est-à-dire une substance étendue, et par conséquent il nie le vide en même temps qu'il l'admet.
D'un autre côté, les physiciens corpusculaires prouvent par plusieurs considérations non-seulement lu possibilité, mais l'existence actuelle du vide; ilg le déduisent du mouvement des astres, de la chute des corps, de la raréfaction et de la condensation des différentes gravités spécifiques des corps et de la divisibilité de la matière.
La science contemporaine ne disserte pas sur le vide. Du moment que les corps peuvent être comprimés et dilatés, il doit exister entre leurs molécules un vide au moins relatif. Quant au vide absolu, on n'y croit guère, et l'on est plutôt porté a admettre que, dans les interstices moléculaires des corps, dans les espaces interplanétaires, il existerait un fluide très-subtil, infiniment élastique, cause première et unique de tous les phénomènes de chaleur, d'électricité et de lumière. Dans cette hypothèse, que les progrès de la science tendent à vérifier de plus en plus, le vide n'est plus qu'une abstraction non réalisée.
VIDÉ, ÉE (vi-dé) part, passé du v. Vider. Dont on a retiré le contenu : Bouteille vidée. Panier vidé. Volaille vidée. Courge vidée. -
— Dont les facultés épuisées ont produit tout ce qu'elles pouvaient produire : C'est un homme vidé.
— Décidé, terminé, réglé : Querelle vidée sur le terrain. L'incident est vidé.
Seigneur, quand par le fer les choses sont vidées, La justice et le droit sont de vaines idées.
Corneille,
— Blas. Se dit des pièces dont les bords seulement sont marqués, et qui laissent voir à l'intérieur le champ de l'écu : Croix vidék.
— Manège. Jarrets bien vidés, Jarrets de cheval maigres et secs.
VIDE-BOUTEILLE s. m. Petite maison avec jardin, près de la ville, ordinairement inhabitée, mais OÙ l'on réunit une société pour boire. et se divertir: Les petites maisons dans les faubourgs des marquis de la Régence sont de misérables vlde-bouteillks, si on les compare aux villas des patriciens romains, à Baies, à Caprëe et àTibur. (Th. Gaut.)
VIDE-CITRON s. m. Econ. domest. Instrument qui sert à extraire le jus des citrons.
VIDECOQ s. m. (vi-de-kok). Ornitb. Nom de la bécasse, chez les anciens auteurs.
VIDECOQ (Pierre-Augustin), médecin, né • à Paris en 1806, mort en 1S58. Il étudia la médecine dans cette ville, suivit les leçons de Dupuytren, devint interne et prit le grade de docteur en 1835. M. Videcoq devint successivement médecin du dispensaire du bureau de bienfaisance (1841), des écoles communales (1842) et de la société de Saint- François-Xavier (1845) et se signala' pendant les épidémies cholériques. Outre dos articles dans le Dictionnaire des études médicales pratiques, on lui doit : Observations et réflexions sur l'emploi des purgatifs dans les maladies connues sous le nom de gastro-entérites, etc. (1835), thèse très-développée.
VIDE-GOUSSET s. m. Fam. Filou, voleur -.Holà! hé! c'est donc la fête des drapiers, des tire-laine et des vide-gocssets ? (Gér. de Nerv.)
VIDEL (Laurent), médecin fiançais qui vivait sous les règnes de Henri III. et de Henri IV. Il n'est connu que par un ouvrage intitulé : Déclaration des abus, ignorances et séditions de Michel Nostradamus (Avignon, 1558, in-8°).
VIDEL (Louis), historien dauphinois, fils du précédent, né à Serres (Hautes-Alpes) vers 1508, mort à Grenoble en 1675. Elevé avec soin, il s'appliqua dès sa jeunesse aux lettres, dont le culte était en honneur dans sa famille, et y ût des progrès, plutôt grâce à la vivacité de son intelligence que par un travail assidu. En 1617, il se trouvait en Piémont, au moment du siège de Verceil par les Espagnols, et il fut mis en rapport avec Lesdi-
guières, dont il devint le secrétaire, et, par la suite, l'historiographe.
« Ces fonctions, dit Rochas, étaient, à ce qu'il paraît, fort pénibles. Les secrétaires de Lesdiguières le suivaient dans toutes ses expéditions et même dans les reconnaissances militaires; toutefois, en cet heureux temps de sa jeunesse, tout souriait à Videl, et il vivait joyeusement. Il jouait du luth, aimait à danser et à figurer dans les ballets, faisait bonne chère et paradait dans les villes de province, à la suite de son maître. Avec l'appui de Lesdiguières, il lui eût été facile de faire son chemin et de s'enrichir, mais l'imprévoyant Videl lassa la fortune par ses prodigalités. » A la mort du connétable, il se trouva pauvre comme devant.
Ayant eu la chance de devenir le secrétaire du duc de Créqui, gendre et successeur de Lesdiguières au gouvernement du Dauphiné, il continua sa vie insouciante; mais, au bout de quelques années, pour un motif resté inconnu, il encourut la disgrâce de son nouveau patron. Remercié, Videl revint en Dauphiné, s'y voua à l'étude, « consolant sa misère, dit Chorier, en faisant des châteaux en Espagne. »
Plus tard le maréchal do L'Hôpital, gouverneur de Paris, le prit comme secrétaire. Là encore il commit nous ne savons quelle imprudence, et de nouveau il se vit congédié. La fin de sa vie fut employée à un labeur ingrat. Il ouvrit chez lui, à Grenoble, un cours de géographie, de français et de latin, et travailla beaucoup pour gagner fort peu. Cependant, plusieurs membres du parlement, amis et protecteurs des lettres, Salvaing de Boissieu entre autres, l'avaient logé gratis dans un coin du palais. Il y mourut âgé de soixante-dix-sept ans, laissant les ouvrages suivants ; la .llelante du sieur Videl, secrétaire de monseigneur le connestable, Amoureuses aventures du temps (Paris, 1624, in-8°; autre édit., Paris, 1642, 2 vol. in-12); Lettres du sieur Videl, cy-devant secrétaire de feu monseigneur le connestable de Lesdiguières et à présent de monseigneur le duc de Créquy, dédiées àmonseigneur le comte de Moret (Paris, 1631, in-8»); Traduction de la harangue de Salvaing de Boissieu ; Histoire de la vie du connestable de Lesdiguières, contenant toutes ses actions, depuis sa naissance jusqu'à sa mort, avec plusieurs choses mémorables servant à l'intelligence de l'histoire générale, le tout fidellement recueilli par Louis Videl, secrétaire dudit connestable (Paris, 1638, in-fol., avec portrait) ; l'ouvrage a eu plusieurs éditions (Grenoble, 1649, in-8°; Paris, 1666, 2 vol. in-12); l'Esprit du christianisme enseignant à servir Dieu, comme il veut estre servy en esprit et en vérité, œuvre excellente pour l'instruction de quiconque veut profiter en la vie spirituelle et en acquérir la perfection, tirée du latin du II. P. de Nieremberg, de la compagnie de Jésus (Grenoble, 1G50, in-8") ; Archange ou le Capucin escossois , histoire de nostre temps très-dévote et très-divertissante, tirée de l'italien de l'archevêque de Ferma (Grenoble, 1650, in-12) ; l'ouvrage est dédié par l'imprimeur (PhilippeOharvy:;) k Mme ta connétable de Lesdiguières ; Histoire du chevalier Bayard et de plusieurs choses mémorables advenues sous le règne de Charles VIII, Louis XII et François 1er, avec son supplément, par J)/« Claude Expilly, président au parlement du Dauphiné, et les annotations de Théodore Godefroy, augmentées par Louis Videl (Grenoble, 1601, in-S<>).
VIDEL (Alexandre), médecin français, qui vivait au xviiiû siècle. Il abjura le protestantisme, et son apostasie lui valut une pension du duc de Savoie. Videl, pour se justifier, publia l'écrit suivant : Traité des motifs qui ont obligé le sieur Alexandre Videl, docteur en médecine, d abjurer la religion prétendue réformée, pour embrasser la foy catholique, apostolique, romaine (Grenoble, 1670, in-8»). .
VIDELER ou VIDILLEU (Reinmar), minnesinger du xme siècle. Il appartenait à une famille noble de l'Alsace ou de la Souabe. En 1217, Videler suivit en Palestine le duc d'Autriche, Léopold Vil, dont la mort, arrivée trois ans plus tard, lui inspira des Co»iplaintes remarquables par la délicatesse et le naturel des pensées, par l'élégance du style et par une harmonie poétique que l'on ne rencontre pas souvent dans les poésies do cette époque. Les œuvres de Videler ont été insérées dans le Becueil de Manessen (Zurich, 1758). — On y trouve aussi les poésies du tils de ce minnesinger, Rëinmar, dit le Jeune, qui vécut à la cour de Przemyslas III, roi de Bohême, et à celle de Louis le Sévère, duc de Bavière. Se3 poésies sont, comme celles de son père, très-remarquables pour l'époque à laquelle elles ont été écrites.
V1DELLE s. f. (vi-dè-le — rad. vide). Reprise, couture sans pièce que l'on fait pour boucher un trou : Faire une videllb à un bas, à un mouchoir.
— Techn, Instrument de confiseur servant à vider les fruits, à en retirer les pépins. Il Instrument dont le pâtissier se sert pour couper la pâte.
VIDE-MAIN s. m. Féod. Droit qu'avait le seigneur d'exiger que l'héritage acheté par un étranger dans sa seigneurie fût remis entre les mains d'une personne qui habitait cette seigneurie.
VIDEO MELIOBAPllOBOQBE,DETEBIOKA SEQUOR {Je vois le bien, je l'aime et je fais le mal). Ces paroles, qu'Ovide met dans la bouche de Médée (VU» livre des Métamorphoses), peignent admirablement l'homme a qui son intelligence droite montre le chemin du devoir et de la vérité, mais que sa faiblesse et l'appât du plaisir entraînent néanmoins vers le mal :
Si possero, sanior essem ;
Sed trahit invitam nova vis, aliudque cuju'do.
Mens aliud suadef, video meliora prouoque,
Détériora sequor.
■ Si je pouvais, je serais plus sage ; mais une force inconnue m'entraîne; la passion me conseille une chose, la raison m'en inspire une autre; je vois le bien, je l'aime et je m'abandonne au mal. »
Les écrivains ont fréquemment l'occasion de rappeler le texte d'Ovide :
« Pourquoi suis-je ici? pourquoi vais-jo plus loin? pourquoi vous ai-je quittés, -mes chers anges? Vous n'êtes point mes gardiens, puisque me voila livré au démon des voyages : Video meliora proboque, détériora sequor. »
Voltaire.
« A ma grande surprise, après avoir vaillamment dîné, le chimiste alluma un cigare et se fit servir du café. «Vous buvez d'un
• pareil poison? — Mon ami, répliqua-t-il en
» mirant sa tasse, savez- vous rien de plus des- -
• potique que l'habitude, cette seconde naîturc, si ce n'est la nature elle-même, comme
• disait Montaigne? Je vois le bien, je fais le
• mal; c'était déjà la coutume du temps d'O- »vide : Video meliora probogue, détériora se- » quor. Et puis l'exemple de Mithridate n'est-il
• pas là 1 Comme lui, je m'empoisonne lente- » ment et je m'habitue au poison. 1
Sam.
VIDE-POCHE s. m. Sorte de grande coupe très-évasée, dans laquelle les dames déposent certains menus objets qu'elles "portent habituellement dans leurs poches. I! PI. videpoches.
VIDE-POMME s. m. Art culin. Petit outil au moyen duquel on ôte le cœur des pommes sans les couper, pour y introduire du sucre ou de la crème. Il PI. vide-pommes.
VIDER V. a. ou tr. (vi-dé — rad. vidé). Rendre vide; verser, répandre ou retirer les objets contenus dans : Vider un tonneau , une bouteille, un bassin, un étang. Vider un sac. Vider un tiroir, une armoire. Vider un appartement, une cave, une boutique.
— Boire le contenu de : Vider une bouteille. Vider son verre. Aimer à vider les pots.
— Par ext. Sortir, se reiirer de : Forcer l'ennemi à vider le pays. Le débiteur a vidé les lieux; on le croit eu Belgique.
— Fi>;. Epuiser : Trop d'improvisation vide bêlement l'esprit. (V. Hugo.) 11 Terminer, décider, donner une solution k : Vider un procès, une querelle. Vider une affaire sur le terrain. Un témoin qui affirme et un accusé qui nie font un partage, et il faut un tiers pour le vider. (Montesq.) Dans tous les cas d'écriture secrète, la première question à vider, c'est la langue du chiffre. (Baudelaire.)
Petits princes, videz vos débats entre vous, La Fontàinb.
— Pop. Ruiner : Sa maîtresse Va vidé en six mois.
— Vider sa bourse, Dépenser tout l'argent qu'elle contient, ou même tout l'argent que 1 1 on possède, si l'on prend le mot bourse dans le sens de pécule ; Ce solliciteur, qui VIDE SA BOURSE dans les antichambres, paye ou les services qu'il a reçus ou ceux qu on lui rendra. (Arnault.) Il Dans le dernier sens, on dit aussi Vider son coffre-fort : Il a. vidé son coffRe-FORT pour marier sa fille.
— Vider tes lois, Se disait autrefois d'un certain partage, que les crieuses de vieux chapeaux faisaient entre elles, des hardes qu'elles avaient achetées.
— Vider ses comptes, Les terminer, les régler.
— Fam. Vider le sac , Dire tout ce qu'on a sur le cœur, ne pas cesser de parler avant d'avoir tout dit. Il Vider le plancher, Se retirer, s'en aller.
— Jurispr. Vider ses mains, Se dessaisir, livrer ce qu'on avait en sa possession.
— Techn. Evider, creuser en dedans : Vider une clef, ttn canon. Vider une roue. H Vider un peigne, Y creuser les petits trous dont on a inarqué la place à la base des dents. Il Vider une pièce d'étoffe, Se disaitautrefois des pièces qu'on laissait trop longtemps à la fouleiie, ce qui les réduisait à une largeur moindre que celle qu'exigeaient les règlements.
— Art culin. Retirer les entrailles de : Vider un poisson, une volaille, une pièce de gibier.
— Eaux et for. Vider les ventes, Enlever de la forêt les bois qu'on y a achetés.
— Manège. Vider les arçons , Etre renversé de cheval.
— Art vétér. Vider un cheval, Reiirer lea