‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 693 sur 1042 · VIDO · texte numérisé non relu

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des parties en faveur ou au nom desquelles ils ont été dressés. Les transcriptions qui ont été faites de ces actes sont des copies. Parmi ces copies, il y en a d'authentiques et d'autres qui ne le sont pas. Les premières sont revêtues de toutes les garanties exigées par les lois du temps. Les secondes sont de simples transcriptions. Au moyen âge; où le droit de propriété avait occasion de s affirmer souvent, on usait beaucoup de ce moyen de constater son bien. Les vidimus appartiennent k ce genre d'acte ; ce sont des transcriptions qui contiennent toujours, dans leur préambule, le mot qui leur a donné leur nom. Les plus anciens vidimus appartiennent au xik<s siècle.

VIDIUS (Guido Guidi , dit Vidus ou) , médecin italien, né à Florence vers 1500, mort k Pise en 1569. Après avoir exercé quelque temps dans sa ville natale, il se rendit vers 1542 en France, à la cour de François Ier, qui le nomma médecin du roi et titulaire d'une chaire de médecine au Collège royal. A la mort de ce prince, il accepta de Cosme 1er le titre de professeur de philosophie et de médecine k Pise. Ou a de lui : Ars medicinalis (Venise, 1611, 3 vol. in-fol.).

V1DOCQ (François-Eugène), aventurier, ancien chef de la police de sûreté de Paris, né à Arras en 1775, mort en 1S57. Tout jeune encore, il vola k son-père, qui était boulanger, une somme de 2,000 francs et partit pour Ostende , afin de s'embarquer pour l'Amérique ; mais en route des malfaiteurs qu'il rencontra le dépouillèrent. Réduit à la plus profonde misère, il erra avec des vagabonds, entra comme paillasse au service de l'acrobate Coste-Comus; puis, las de. cette existence abjecte, il retourna k Arras, où son père lui pardonna son vol, mais le fit engager dans le régiment de Bourbon. A la suite d'une querelle, il déserta, passa dans un régiment de chasseurs, mais, craignant d'être traduit en conseil de guerre, il quitta la France, se rendit en Autriche et entra dans les cuirassiers de Kinski. Ayant été condamné un jour k recevoir la schlague, Vidocq quitta son régiment et repassa eu France. Il reprit du service dans son ancien régiment de chasseurs ; mais, ayant reçu une blessure k la jambe, il revint à Arras (1793). Là, il épousa une demoiselle Chevalier ; s'étant aperçu peu après que sa femme lui était infidèle, Vidocq recommença sa vie d'aventurier. Incorporé de nouveau dans l'armée, il parvint au grade de lieutenant en Belgique et vécut au milieu de joueurs et d'escrocs. Une dame chez qui il était logé se prit de passion pour lui et lui donna une forte somme d'argent. Vidocq partit alors pour Paris (1796), où il dissipa rapidement ce qu'il possédait, puis se -rendit k Lille , où il fut condamné k l'emprisonnement pour voies de fait envers un officier. Ayant alors fabriqué un faux ordre de mise en liberté pour un cultivateur emprisonné pour vol, il fut traduit en cour d'assises et condamné comme faussaire k huit ans de travaux forcés. Envoyé au bagne de Brest, il parvint k s'échapper, fut reconnu à la suite de diverses aventures et réintégré de nouveau au bagne; mais il ne tarda pas k s'évader de nouveau sous le déguisement d'un matelot. Dénoncé par un repris de justice, il fut emprisonné k Arras; mais encore une fois il parvint k s'évader, vécut tantôt à Paris, tantôt en province, se faisant tour k tour colporteur, courtier de magasin, tailleur, etc. Pendant et depuis ses détentions multiples, Vidocq était entré en relation avec une foule de voleurs et de repris de justice, dont il avait étudié avec soin les mœurs et le langage. Las de vivre toujours sous le coup d'une arrestation et d'être exploité par ses anciens compagnons de captivité , Vidocq eut, en 1809, l'idée d'offrir son concours k la police et adressa au baron Pasquier un mémoire dans lequel il démontrait que, pour découvrir les voleurs, il faut avoir été voleur soi-même. Son ofl're fut agréée, k la condition qu'il passerait quelque temps à la prison delà Force, Là, il se livra à une étude approfondie du caractère, des mœurs et du passé de ses compagnons; puis, rendu à la liberté, il fut mis par le préfet de police k la tête d'une brigade dite de sûreté, composée de condamnés libérés, qui connaissaient parfaitement le personnel des criminels dangereux. Vidocq fit alors la chasse aux voleurs et aux condamnés en rupture de ban. Audacieux, actif, joignant, la présence d'esprit k lu force corporelle, le flair de l'agent ko plus exercé à une faculté toute spéciale de se grimer et de se rendre méconnaissable , possédant k fond l'argot et avant, selon son expression, l'œil qui dindonne le voleur, Vidocq rendit les plusgiands services. La brigade dont il était le chef, et qui se composait d'abord de quatre hommes, fut successivement portée k huit, k douze, k dix-huit et k vingt-quatre individus. Il recevait 5,000 francs d'appointements, mais il avait en outre des profits secrets , ce qu'on appelle le tour du bâton, et gagnait finalement beaucoup. Vidocq avait acquis puises exploits policiers une grande réputation, lorsqu'au 1827 il donna sa démission de chef de la police de sûreté. Laissant su place k son lieutenant Coco-Lacour, il Se retira k Saini-Maiidé , où, avec ses économies, il i'ou-.u une fabriqua de papier et de carton,

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dont il recruta les ouvriers exclusivement parmi les libérés des deux sexes, à qui il voulait procurerdu travail. Mais il ne réussit pas a écouler ses produits, et son industrie croula après lui avoir dévoré ce qu'il possédait. Après la révolution de Juillet, il entra sans caractère officiel dans la police politique et rendit des services au gouvernement, notamment lors de l'insurrection de juin 1832. Si l'on en croit les Mémoires de Vidocq, Louis-Philippe voulut le voir et il eut avec lui une entrevue. Désireux de reprendre son ancien poste a la police de sûreté, Vidocq organisa un vol hardi, dont la perpétration, annoncée par lui au préfet de police Gisquet, mit en déroute les plus fins limiers de la police. Vidocq se fit fort de découvrir la bande, qui fut arrêtée en etfet k la barrière Fontainebleau, et qui se composait de forçats libérés; mais M. Gisquet ne tarda pas k apprendre la vérité. Joué par Vidocq, il le congédia définitivement et prononça la dissolution de la brigade de sûreté, dans laquelle on ne fit plus entrer que des individus exempts de passé judiciaire. Ne sachant que faire, l'ancien chef de la police de sûreté eut, vers 1836, l'idée de fonder, d'abord rue des Bons-Enfants, puis dans la galerie Vivienne, un bureau d'informations pour le commerce et de renseignements secrets pour les familles; moyennant finance, il se chargeait de faire des enquêtes sur les individus, de surveiller des opérations commerciales et se livrait k une espèce de contre-police. Poursuivi k deux reprises pour escroquerie, il ne fut point condamné, mais son bureau fut fermé par ordre. Après la révolution de 1848, il offrit ses services k Lamartine, qui les refusa. Depuis lors, il ne fit plus que végéter et mourut dans la misère.

On a publié sous son nom plusieurs ouvrages, dont aucun vraisemblablement n'a été écrit par lui : Mémoires de Vidocq (1828, 4 vol. iii-S"), où l'on trouve de curieux détails k côté de beaucoup de faits de pure invention ; Eclaircissements donnés au commerce sur les manœuvres captieuses des filous, leurs friponneries, etc. (1840, in-8u); Quelques mots sur une question à l'ordre du jour; réflexions sur les moyens propres à diminuer les crimes et les récidives (1844, iu-S°j; les Vrais mystères de Paris (1844, 7 vol. in-8°), dont Alfred Lucas passe pour l'auteur; les Chuuffeurs du Nord, souvenirs de l'an IV o l'an VI (1S4J-1S4G, 5 vol. in-8°), rédiges par Aug. Vitu.

VIDOGNE s. m. (vi-do-gne ; gn. ml!. — -espagn. viduena, même sens). Vin de Ténérilfe.

VIDOMNAT s. m. (vi-do-mna). Dignité de vidoinne.

VIDOMNE s. m. (vi-do-mne — de vice, et du lat. dominas, maître). Officier de la république de Genève, dont les fonctions correspondaient k peu près k celles de nos vidâmes.

VIDOUCHAKA s. m. (vi-dou-cha-ka). Littér. Conli lent du personnage principal, dans les drames indous.

V1DOUKLE, rivière de France. Elle prend sa source dans la partie occidentale du département du Gard, non loin de Saint-Hippolyte, coule au S.-E., forme une partie île la limite de ce département vers celui de l'Hérault, se divise en deux branches, dont l'une s'unit au canal de la Radelle, l'autre coule dans le département de l'Hérault et se jette dans l'étang de Mauguio , après un cours de 76 kilom. Elle- arrose Saint-Hippolyte, Sauve, Quissac, Sommières, Massilurgues.

VIDRECOME s. m. (vi-dre-ko-me — Se l'allem. wieder, de nouveau; kommen, venir). Grand verre k boite que les Allemands ont coutume de faire circuler autour de leur labié, et que chaque convive doit vider k son* tour :

U luisait comme l'or au fond du vidrecome. Tu. Gautier.

V1DUA (le comte Charles), célèbre voyageur et érudit italien, né k Casal-Moutferrat (Piémont) en 1785, mort en 1832. U reçut de sou père une éducation soignée et s'adonna surtout aux belles- lettres, a la politique et k la lecture ues récits de voyages. Après avoir tisitéla LombarUie,.la Toscane et le midi de la France, il rentra. dans sa patrie et tiaduisit en italien les Amours d'Euryale et de Lucrèce, d'jiSnéas-Sylvius Piccolomini ; cette traduction a été perdue. En 1813, il commença de travailler k sou Discours sur l'état des connaissances en Italie (Uiscorso sullo stato délie cognizioni in ltuliu), achevé plus tard et imprimé k Turin eu 1834 ; il mit aussi la main a une Histoire de Florence (Storia di Ftrenze, etc.) , depuis la mort de Laurent le Magnifique, époque où s'arrête celle de Machiavel , jusqu'à la prise de celte ville par les impériaux et k la destruction de lu république par Cosme 1er, grand-duc de Toscane ; il acheva cette histoire ies années suivantes. En 1815, il écrivit deux discours ascétiques : Des obligations du siècle (Dell' obbtigo del secolo) et Du l'emploi du temps perdu dans le siècle (Del trar profitto del tempo perdutonel secolo). Le comte Vulua passa les années suivantes à voyager en Orient; il revint dans sa patrie en 1822, chargé de notes de voyage pleines d'intérêt, qu'il rédigea |

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et mit en ordre. Tels sont ses voyages en Attique, à Scio, dans l'Archipel, à Palmyre et en Arabie, d'Athènes k Smyrne, k Damas, etc., qui furent confiés par l'auteur k son ami te comte César Balbo. Après la mort du comte Charles Vidua, arrivée k Atnboine, ses restes furent transportés en Europe et ensevelis dans une chapelle de famille par les soins de son père. Malheureusement, bon nombre de ses papiers ont été perdus; une partie avait été déjà brûlée par l'auteur luimême. Le comte César Balbo a écrit une Vie' très-détaillée de Ch. Vidua; il a recueilli les. manuscrits de son ami et les a publiés à Turin en 3 volumes.

V1DUCASSES, peuple de la Gaule. V. Va-

DICASSES.

VIDUITA s. f. (vi-du-i-ta — du lat. viduus, veuf). Mamra. Nom scientifique de la veuve, espèce de sagouin.

VIDUITÉ s. f. (vi-du-i-té —lat. viduitas ; de viduus, veuf). Veuvage , état de veuf ou de veuve : La viduité est regardée parmi nous non plus comme un état de désolation, mais comme un état désirable. (Boss.) Des trois espèces de chasteté, savoir : celle de la virginité, celle de la viduité et celle du mariage, la chasteté conjugale est la plus difficile. (Bourdal.i

— Fig. Isolement, privation morale : II ne viendrait pas dans ce monde, et il serait hors de la société, l'être malheureux qui naîtrait privé des sens de la vue et de l'ouïe, par lesquels l'homme participe au bienfait de cette lumière, en acquérant l'expression de ses pensées , et dont •l'intelligence solitaire serait condamnée à une éternelle viduité. (De Bonald.)

— Ane. coût. Droit de viduité, Droit dévolu au veuf de jouir des biens de la défunte, lorsqu'il en avait eu un enfant né vif.

— Syn. Viduité, veuvage. V. VEUVAGE.

— Encycl. V. veuvage.

VIDURE s. f. (vi-du-re — rad. vider). Ouvrage k jour.

— Ce qu'on ôte en vidant.: Les vidures d'une volaille.

VIDUS VIDIUS, médecin italien. V. Vidius.

VIDYA s. m. (vi-di-a). Mythoi. ind. Sorte de boulette que les Indous tiennent dans la bouche, et qui, disent-ils, leur donne des facultés mystérieuses, particulièrement celles d'évoquer les personnes absentes, de s'élever au ciel, etc.

V1DYÂDHARA s. m. (vi-di-ia-da-ra). Mythoi. Nom donné k des espèces de sylj hes, qui habitent la cour d'Indra et qui s'allient fréquemment aux hommes.

— Encycl. Ces génies traversent les airs sur un char léger; ce sont des sylphes, habitants invisibles du monde interlunaire et qui possèdent un pouvoir surnaturel. Le mot vidyddliara signifie porteur d'une vidyâ, petite boule préparée que l'on met dans sa bouche et qui procure une puissance extraordinaire, comme la faculté de monter au ciel, de faire apparaître à volonté telle personne qu'on souhaite voir, etc. Les vidyàdharas font partie de la cour d'Indra , quoiqu'ils aient des chefs et des princes particuliers. Us ont des rapports fréquents avec les hommes ; ils viennent sur la terre contracter des mariages, et y prennent des épouses parmi les filles de roi.

VIDYÂDHARI s. f. (vi-di-ia-da-ri). Mythoi. ind. Femme d'un vidyàdhara.

VIE s. f. (vî — lat. vita, mot qui se rattache à la racine sanscrite giv , vivre , d'où aussi : le sanscrit givas, vivant, giuathas, givitam, vie, gioatu, même sens, gt«o, se mouvoir et vivifier, ranimer ; le grec bios, vie, biôtos, biôté, vie, vivres, biod, vivre, etc.). Etat des êtres organisés qui se manifeste par le fonctionnement de leurs organes, con- courant, par l'assimilation, au développement ou k la conservation du sujet et de son état propre : La vie s'éteint par nuances successives. (Buff.)iu vie n'a pas toujours existé sur le globe. (Cuvier.) La mort est l'engrais 'de la viii. (Ûescuret.) Le grand secret de la vie est la permanence des forces et la mutation continuelle de la matière. (Kiourens.) La vie, c'est l'organisation en action. (Béclard.) La Vie est l'activité spéciale des êtres organisés. (Dugès.) La vie n'est en soi qu'un mouvement rapide et continu de renouvellement et d'élimination. (L. Cruveilhier.) tl Se dit plus particulièrement de cet état considéré chez l'homme et les animaux : La perte de la vie est imperceptible. (Mme de Sév.) La vie est une suite de mouvements qui s'exécutent en vertu des impressions reçues par les différents organes. (Cabanis.) L'action générale de ta vib organique est tice à l'action particulière du cœur. (Bichat.) u Possession du même état, ensemble des actes de l'être vivant, des faits avec lesquels il est en rapport depuis sa naissance jusqu'à sa mort : Entre nous et le ciel, l'enfer et le néant, il n'y a donc que la vie, gui est ta chose au monde ta plus fragile. (Pase.) Toute la vus des grands n'est qu'une précaution pénible contre l'ennui. (Mass.) La fin de la vie est triste , le milieu n'en vaut rien et le commencement est ridicule. (Voit.) La vie n'est rien par elle-même : son prix dépend de sou emj/hi. (J.-J. Rouss.) La vit

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entière est employée à s'occuper des autres. Nous en passons une moitié à les aimer, l'autre moitié à en médire. (J. Joubert.) La via est un ouvrage d'art qu'il faut savoir façonner d'une main habile. (H. Rigault.) La vie n'est qu'un assemblage d'apparences. (Alibert.) La Vie est un mets gui n agrée que par la sauce. (V. Hugo.) La vib n'est qu'un long regret de la veille. (Méry).

Chaque pas dans la. pie est un pas vers la mort.

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