V. TEUTHYES
THEUX, ville de Belgique (Liège), à 24 kilom. îj.-E. de Liège; 3,625 hab. Fabriques de draps, tanneries, marbreries. C'est de ce bourg, ancienne capita.e du marquisat de Franchimont, que partirent, en 1488, les 600 braves Franchimontois qui allèrent attaquer le camp du duc de Bourgogne. Le manoir de îranchimont, qui s'élève aux environs, existait dès le xiie siècle. Guillaume de La Marck, dit le Sanglier des Ardennes, en releva les murs. A sa mort, ses frères s'y retranchèrent et s'y maintinrent jusqu'en 1503, malgré tous les efforts que put faire l'évêque de Liège pour les en chasser. « Dans les der-
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nières années qui précédèrent la Révolution française, dit M. Gens, la forteresse, déjà presque en ruine, servait de prison d'Etat. Sous la République, on y établit une fabrique de salpêtre que des explosions ont mise en l'état où elle est aujourd'hui. On pénètre dans le château par une seule porte, haute, large, solide comme une porte de ville. Audessus de la clef de voûte se .lisent les écussons de Franchimont et de Liège-Bavière. Entre le corps du château et le rempart extérieur, règne tout autour un espace vida communiquant avec l'intérieur par une seconde porto dont le cintre est écroulé. Un escalier dresse encore sa spiruie île pierre bleue, fréquemment interrompue par des lacunes qu'aucune enjambée ne saurait franchir; puis à la hauteur des étages, dont les planchers ont disparu, on reconnaît des manteaux de cheminées encore conservés et les effets du feu sur l'àtre noirci. « Walter Scott a raconté la légende du château de Franchimont dans un poétique récit qui commence par ce vers :
The toiaers o( Franchimont et dont nous donnons ici la traduction :
• Les tours de Franchimont, qui, semblables à un nid d'aigle perché dans les airs, dominent le torrent et le hameau. Au dire des paysans, un immense trésor, amassé par le dernier seigneur de Franchimont, le fruit de ses rapines et de ses brigandages, est enseveli sous ses voûtes profondes. Le coffrefort qui le renferme est solidement verrouillé; un chasseur veille constamment à c&té. Le cor de ce gardien est pendu à son cou ; à son côté il porte son couteau de chnsse; à ses pieds sont étendus ses limiers. N'était son œil cadavéreux, dont on ne peut supporter le regard fixe, on le prendrait pour un chasseur aussi plein de vie qu'aucun de ceux qui ont sonné du cor sur les bruyères voisines ou répondu aux uboiements des chiens.
» Dans ce même cachot, un vieux prêtre, adonné à la nécromancie, s'efforce constamment de chasser cet ennemi pour conquérir le trésor qu'il garde. Il y a cent ans au moins que cette lutte commença entre eux, et depuis ni l'un ni l'autre ne l'a emporté sur son adversaire. Souvent les paroles magiques du nécromancien font tressaillir et rugir le génie inflexible qu'il attaque. Souvent les barres de fer qui entourent le coffre-fort se brisent; souvent vole en éclats une serrure qui se refentie violemment presque aussitôt qu'elle a été ouverte. Ce combat magique que se livrent ces deux cadavres durera jusqu'au jour du jugement dernier, à moins que le prêtre n'apprenne le mot fatal qui a rivé l'enchantement lorsque Franchimont enferma son trésor dans ce souterrain. Plus d'un siècle s'est écoulé, et à peine s'il a conquis trois lettres. »
THEUX DE MEYLANDT (Barthélemi-Théodore, comte de), homme d'Etat belge, né au château de Schabroek en 1794, mort au château de Meylandt en 1874. Il appartenait à
-une ancienne famille du Limbourg. M. de Theux fit ses études de droit à Liège, puis devint, lors de la révolution de 1830, député suppléant au congrès national qui proclama l'indépendance de la Belgique. Admis à
•prendre part aux débats relatifs à la constitution, M. de Theux prit à plusieurs reprises la parole, combattit l'influence française, se prononça pour l'exclusion définitive de la dynastie de Nassau, appuya d'abord la candidature au trône du prince de Leuchtenberg, puis se rallia à celle du prince Léopold, qui fut proclnmé roi des Belges. Le rôle important que- M. de Theux joua dans cette assemblée le plaça au nombre des hommes politiques les plus considérables de son pays et surtout du parti clérical, auquel il appartenait et dont il deyait être le principal chef. En 1831, il fut élu membre de la Chambre des représentants, à laquelle il n'a cessé d'être réélu jusqu'à sa mort, et fut appelé, cette même année, à prendre le portefeuille de l'intérieur qu'il garda jusqu'à l'année suivante. Le 4 août 1834, les catholiques étant revenus au pouvoir, AI. de Theux fut de nouveau ministre de l'intérieur, puis il prit la direction des affaires étrangères et contribua, pendant son passage au pouvoir, au grand développement qui eut lieu à cette époque dans la prospérité matérielle de la Belgique. Durant le cours de cette seconde administration, il se présenta une. question grave qui faillit de nouveau jeter le pays dans une guerre avec la Hollande. La conférence de Londres venait d'exiger de la Belgique le sacrifice du Limbourg et d'une partie considérable du Luxembourg, L'opinion publique résistait, ne voulant entendre parler d'aucune concession à cet égard, et le discours du trône, en 1838, avait paru encourager cette résistance, en déclarant que les droits de la nation seraient défendus • avec persévérance et courage. ■ Néanmoins, en présence des résolutions de la conférence, M. de Theux ne crut pas devoir prolonger la lutte. Le 4 mars 1839, il monta à la tribune, et, au milieu d'une explosion de toutes les colères que pouvait soulever le patriotisme humilié, il lut le projet de loi qui autorisait le gouvernement à signer la paix avec la Hollande sur les bases de la convention de Londres. Le 18 avril 1S4U, M. de Theux quitta le ministère, mais il fut une troisième fois appelé à en faire partie le
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SI mars 1846, époque où il prit le portefeuille de l'intérieur. A la suite des événements de 1848, le ministère tomba (12 juin), M. cleTheux reçut du roi le titre <je' militaire d'Etut et alla se replacer k la tête du parti clérical dans la Chambre des députés, où il continua à prendre une part des plus actives aux débats parlementaires. FI était considéré comme le chef de l'opposition, lorsque, en 1871, le cabinet libéral présidé par M. Frère-Orbaii (lut céder ia place à un cabinet clérical. M. de Theux se borna à y siéger comme ministre d'Etat, et il y resta jusqu'à la fin de sa vie le chef de son parti. Le comte de Theux avait la réserve, 1 esprit de suite et l'autorité qui font d'un homme politique un homme d'Etat. Sans être orateur, il commandait l'attention par la dignité de son maintien et la sobriété de sa parole. Diplomate consommé, d'une science tres-appréciée et d'une habileté trèssûre dans les jeux de coulisse et dans les petites manoeuvres de la stratégie parlementaire, il avait le talent d'imposer sa direction et sa pensée sans paraître peser sur les résolutions de son parti.
THÈVE, rivière de France. Elle prend sa source dans le département de la Marne, arrondissement de Meaux, où elle sort d'un étanjr, coule au N., entre dans le département de l'Oise, traverse les bois d'Ermenonville et de Mortefontaineet se jette dans l'Oise, par la rive çauche, sur la limite du département de Seme-et-Oise, après un cours d'environ 30 kilom.
THEVENAKD (Antoine-J ean-Marie, comte), marin fiançais, né à Saint-Malo en 1733, mort a Paris en 1815. Dés l'âge de quatorze ans, il entra dans la marine, servit d'abord sous les ordres de son père, capitaine de vaisseau au service de la Compagnie des Indes, assistai plusieurs combats, devint en 1754 lieutenant de vaisseau et fut alors chargé d'aller détruire à Terre-Neuve les établissements des Esquimaux, ce qu'il fit avec un succès complet. A cette époque, il s'adonna d'une façon toute particulière à l'étude de l'architecture navale et fit construire sur ses plans deux frégates qui furent trouvées si belles par le célèbre ingénieur Groinard, que celui-ci le chargea de diriger la construction de plusieurs frégates à Saint- Malo (1757). C'est également à cet officier ?iu'on doit les deux premières canonnières aites en France. Il en reçut peu après le commandement et donna la chasse aux corsaires qui inquiétaient les navires de commerce sur les côtes de la Manche. Capitaine de vaisseau au service de la Compagnie des Indes en 1767, il fut incorporé, en 1769, dans la marine royale comme capitaine de port, puis nommé successivement capitaine de frégate (1770), capitaine de vaisseau (1773, brigadier des armées navales (1782), chef d'escadre (1784). Membre de l'Académie royale de marine en 1773, il devint membre correspondant (1778), puis titulaire de l'Académie des sciences (1785). Lorsque la Révolution éclata, Thévenard se montra favorable aux réformes opérées par la Constituante et succéda, en 1791, comme ministre de la marine a Fleuriau. Il garda ces fonctions du 16 mai au 17 septembre, puis devint commandant du port de Brest, vice-amiral (1792), commandant du port de Toulon, puis de Roohet'ort, préfet maritime à Toulon (1801). Napoléon l'appela en 1810 au Sénat et lui donna le titre de comte. Louis XVIII en fit, en 1814, un membre de la Chambre des pairs. Thévenard avait réuni et publié ses Mémoires relatifs à la marine (Paris, 1800, 4 vol. in-8°),'
THÉVENEAU (Nicolas), jurisconsulte français, né à Poitiers. Il vivait au xvie siècle. On ne sait rien de sa vie, mais il acquit dans son temps uae assez grande réputation par ses ouvrages. Nous citerons de lui : Commentaire sur la coutume du Poitou (Poitiers, 1595, in-8o), ouvrage estimé; De la nature des contrats (Poitiers, 1599); une traduction de l' Enchiridion d'Imbert (Lyon, 1559, in-8°).
THÉVENEAU (Charles-Simon), mathématicien et p. ëte, né à Paris en 1759, mort en 1821. Dès l'âge de quinze ans, il devint professeur de mathématiques à l'école navale de Brest. Pendant la Révolution, il revint à Paris, obtint dans une administration un emploi que lui fit perdre la roideur de son caractère et mena jusqu'à la tin de sa vie l'existence la plus précaire. Pour vivre, il donna des leçons de latin, de mathématiques, aida des poëtcs dans leurs travaux, fut correcteur d'épreuves et finit par tomber dans l'indigence. Six personnes, qui s'intéressaient à. lui, lui assignèrent chacune un jour de la semaine pour prendre ses repas à leur table du sorte qu'il ne se trouva plus chargé de sa subsistance que le dimanche. Tombé dans cet état de dépendance humiliante, Théveneau passait la plus grande partie de son temps soit au lit, soit au café et se livrait à des excès de débauche qui pouvaient passer pour de vrais tours de force. Il faisait d'assez jolis vers, qu'il lui arrivait souvent de réciter en public, monté sur une table de cabaret. 11 improvisait avec facilité soit en français, soit en latin. Ses poésies ne manquent ni de verve ni de correction, mais on y trouve dans la coupe du vers une symétrie qui décèle le géomètre. Peu de temps avant de mourir, il reçut du ministre de l'intérieur une ponsion do 600 francs. On a de lui : Cours
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d'arithmétique à l'usage des écoles centrales et du commerce (1800, in-8°) ; Tables de logarithmes, dans le Cours d'arithmétique de 6ezout (1802,in-8°) ; Plan du poème de Charlemngne, suivi du 1er chant (1804, in-8o) • V Illusion, poème précédé et suivi de diverses autres poésies (1816) ; des articles insérés, dans les Annales dramatiques ou Dictionnaire général des théâtres (1808 et suiv.). Théveneau a nchevé et revu la traduction du Théâtre tragique de A. Soumarokov (1802, 2 vol.) et donné des éditions de quelques ouvrages de mathématiques.
THÉVENIN (Pantaléon), poète français, né à Commercy. Il vivait au xvie siècle, fut pendant quelque temps conseiller ou secrétaire du duc de Lorraine et passa la plus grande partie de sa vie à Pont-k-Mousson. Thévenin était fort instruit et lié d'amitié avec les hommes les plus distingués de la Lorraine. Nous citerons de lui : bonnets à Mcsseigneurs, princes et autres seigneurs et gentilshommes de Lorraine (Nancy, 1581, in-4°) ; Hymne de la philosophie de Ronsard, commenté (Paris, 1582, in-4°); la Sepmaine ou Création du monde, de Guillaume de Saluste, seigneur du Bartas, illustrée de commentaires (Paris, 1585, m-4»); Panlaleonis T/ieveniui dislicha sacra et alia carmina (tngolstadt, 1585, in-4°), etc.
THÉVENIN (François), chirurgien français, né k Paris, mort dans la même ville en 1656. 11 acquit une grande réputation comme opérateur et fut surtout un lithotomjste et un oculiste distingué. Thévenin traitait l'hydrocéle au moyen de caustiques et de l'introduction de bourdonnets dans la cavité de la tunique vaginale et était partisan de l'opération de la bronchotomie. II emprunta la plupart de ses idées aux ouvrages d'Ambroise Paré. Ses écrits ne répondent point à la célébrité dont l'auteur jouit de son vivant; mais aussi faut-il considérer que ce n'est point lui qui les a publiés et qu'ils ne virent le jour qu'après sa mort. Ils sont réunis sous ce titre : Œuvres contenant un traité des tumeurs et un dictionnaire des mois grecs servant à la médecine (Paris, 1658, in-4°).
THÉVENIN (Charles), peintre, membre de l'Institut, né à Paris en 1764, mort dans la même ville en 1838. Elève de Vincent, il eut en 1791 le premier grand prix de peinture. Mata la Révolution n'avait ni le loisir de s'occuper des artistes ni l'argent pour les encourager. Le jeune lauréat ne put donc aller à Rome. Resté à Paris, Charles Thévenin exposa pour son début, en 1793, la Prise de la Bastille. Peu soucieux de faire de ce grand épisode révolutionnaire une peinture académique, il se contenta de retracer le fait avec exactitude; il avait scrupuleusement étudié son sujet, et il reproduisit surtout avec un grand relief la physionomie du fait d'armes et de ses principaux acteurs ; de là un enthousiasme bien naturel de la part des héros de cette journée mémorable pour le peintre qui les avait mis en scène. Thévenin continua de suivre cette voie. Après plusieurs tableaux moins historiques qu'anecdotiques, exposés par lui de 1793 à 1798, il s'adonna a la peinture militaire et peignit, dans cette dernière année, Augereau au pont d'Aréole. La Convention acheta ce tableau et le donna au général ; il figure actuellement dans les galeries de Versailles. Une tentative qu'il opéra dans la peinture académique, Œdipe et Antigone (1799), n'ayant eu aucun succès, car toute la place était prise, en ce ^enre, par David, Thévenin reprit son faire habituel dans la Prise de Gaëte par le général Dey, qui parut en 1800, et dans le Passage du mont Saint-Bernard (Salon de 1806). Cette dernière composition à l'adresse de Napoléon 1er fut, par ordre, déclarée un chefd'œuvre et remporta, en 1810, le prix décennal. Thévenin exposa ensuite avec le même succès toute une série de peintures officielles, telles que : les Apprêts du passage du mont Saint-Bernard (1808), la Bataille d'Iéna, l'Attaque de Jlatisbonne, la Prise de Ratlsbonne (1810). En 1815, il allait exposer une immense composition, la Reddition <TUlm; la rentrée des Bourbons la lui fit cacher dans un grenier, d'où elle ne sortit qu'en 1833 ; cette toile est aujourd'hui à Versailles. Thévenin n'avait cependant pas de parti pris, et il peignit les victoires des Bourbons comme il avait peint celles du peuple, puis celles de Napoléon. La guerre d'Espagne lui donna occasion d'exposer, en 1824, une Soumission de Barcelone, qui fut achetée par l'Etat et placée, comme les autres, à Versailles. En 1827 parut l'Audience donnée par Henri IV aux professeurs du Collège royal après la reddition de Paris. On n'accueillit cette toile qu'avec un enthousiasme fort modéré ; Gérieault, Gérard, Prud'hon, Gros et d'autres avaient montré ce que doit être un tableau, et Thévenin était bien inférieur a. ces grands artistes. On s'avisa de lui demander un compte sévère de sa notoriété, et le peintre officiel de la République, du Consulat, de l'Empire et de la Restauration fut assez malmené. Les critiques lui furent d'autant plus sensibles qu'il n'en avait point l'habitude. De tout temps, les récompenses les plus enviées étaient venues le trouver. Après avoir eu toutes les médailles, il avait été fuit chevalier de la Légion d'honneur en 1825, et la même année s'étaient ouvertes pour lui les portes de l'Institut. Après sou échec de
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1827, il fut néanmoins nommé conservateur du cabinet des estampes à la. Bibliothèque Richelieu. On lui confia aussi à cette même époque la décoration d'une chapelle à Saint- Etienne-du-Mont; il y peignit le Martyre de saint Etienne. Il a aussi laissé quelques portraits de mince valeur, dont quelques-uns sont a Versailles.
THÉVENIN (Claude-Noel) .peintre français, né à Crémieux en 1800, mort à Paris en 1849. Elève de Maricot, miniaturiste peu connu, il débuta par un portrait au Salon de 1822. Deux ans plus tard, il entra dans l'atelier d'A bel de Pujol. Un Saî'ni Pierre pleurant sa faute aux pieds du Christ, exposé en 1836, lui valut une médaille de 2<s classe, et, grâce à cette page académique, le peintre reçut plusieurs commandes du gouvernement. Parmi ses œuvres les plus connues et qui font regretter sa mort prématurée, nous citerons : le Martyre de sainte Barbe (1840) ; le Christ apparaissant à la Madeleine (1841); la Visitation de la Vierge (1843) ; le Christ expirant sur la croix (1844); le Martyre de saint Laurent (1845); les Apôtres au tombeau de la Vierge (cathédrale de Grenoble); la Prièred'un pauvre (1847) et Sainte Marguerite en prison, ta dernière de ses productions. On voit encore de lui à Versailles le Portrait de Louis XI et celui de Chapelain. Homme d'érudition surtout, Thévenin 'n'a fait que des tableaux irréprochables au point da vue technique ; mais rien dans son œuvre ne révèle le maître: aussi son nom. est-il à peu près oublié aujourd'hui, bien qu'il ait eu, il y a vingtcinq ans, une certaine notoriété.
THÉVENIN (Jeanne-Françoise) , comédienne française, plus connue sous le nom
de Sopbie Devienne. V. DEVIENNE.
THÉVENOT (Léonard), curé de Saint-Sauvin.convertiau protestantisme en 1601.11 remplit les fonctions du ministère évangélique dans différentes églises de la Saintonge et revint à l'Eglise romaine. Suivant la coutume, il publia les motifs de sa conversion dans une Lettre escrite aux ministres assembles en leur synode à Mozê (Paris, 1634, in-8<>);mata il ne se contenta pas de cet écrit. Voulant sans doute réparer par la violence la faiblesse qu'il avait eue en quittant l'Eglise catholique, il publia contre les protestants un pamphlet intitulé : Naissance, qualités, mœurs et Immeurs des hérétiques de ce temps, leurs ruses à séduire, les violences par lesquelles ils ont établi l'hérésie et les étranges désolations gui s'en sont ensuivies (Paris, 1035, in-8u). Le clergé lui montra sa reconnaissance en lui donnantune pension de 600 livres, qu'il n'eut garde de refuser,
THÉVENOT (Melchisédech), voyageur, né à Paris vers 1620, mort à Issy, près de Paris, en 1692. Poussé par son goût pour les voyages," il parcourut une grande partie de l'Europe, fut envoyé parle gouvernement a Gènes en 1645, à Rome en 1652, assista par ordre du roi, en 1654, au conclave où Alexandre VII fut élu pape, puis revint à Paris et fut nommé en 1684 garde de ia Bibliothèque du roi. C'était un homme très-versé dans la connaissance de l'histoire, des mathématiques, de la géographie, des langues orientales. Il était en relation avec les savants, les voyageurs et avait réuni de précieux documents, une intéressante bibliothèque dont le catalogue a été publié en 1694. Ce fut chez lui que se continuèrent les réunions de savants qui avaient d'abord eu lieu chez Montmor et d'où sortit l'Académie des sciences. On lui doit une intéressante collection intitulée : Relations de divers voyages curieux qui n'ont point été publiés et quon a traduits ou tirés des originaux des voyageurs français, espagnols, allemands, portugais, hollandais, persans, arabes, etc. (Paris, 1663-1672, 2 vol. in-fol., avec cartes et fig.). Parmi les pièces curieuses ou utiles et les relations que contient ce recueil, nous citerons la Relation des Cosaques, due à Pierre Chevalier, conseiller à la cour des aides, qui, pendant ses voyages en Pologne, avait réuni un recueil de particularités relatives aux Cosaques. Thévenot a publié en outre : Recueil de voyages (Paris, 1681, in-8°), recueil estimé ; De l'art denuger (Paris, 1695, in-8°).
THÉVENOT (Jean de), voyageur français, neveu du précédent, né à Paris en 1633, mort en Arménie en 1667. A peine eut-il achevé ses études que, maître d'une fortune qui lui permettait de se livrer à ses goûts, il se mit à parcourir la plupart des Etats de l'Europe (1652). Il avait visité l'Angleterre, la Hollande, l'Allemagne et l'Italie, lorsque l'orientaliste d'Herbelot lui donna l'idée de voir l'Orient.. En 1655, s'embarquant à Civita-Veechia, il aborda en Sicile et k Malte, d'où il se rendit àConstantinople. Traversant i'Anatolie, il passa en Egypte. D'Alexandrie il alla à Rosette, puis au Caire, d'où il fit plusieurs excursions aux. Pyramides, le long du Nil et sur les rives de la mer Rouge. Lies pirates arabes et des Maltais l'attaquèrent pour le dépouiller. Un vaisseau anglais le mena à Tunis, ensuite à Livourne, après avoir soutenu un combat sanglant contre trois corsaires espagnols. Thévenot traversa l'Italie et revint en France (1659), où, pendant quatre ans, il se livra à lies éludes spéciales. Mais les fatigues qu'il avaient essuyées, les dangers qu il avait courus n'avaient point calmé son ardeur pour les voyages. Le 16 ooto-
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| bre 1663, il quitta Paris a l'improviste. De Marseille, il fit voile pour Alexandrie. De là il ?e rendit dans le Levant, visitant tour à tour Seïde, Damas, Alep, M<>ssoul. Descendant le Tigre jusqu'à Bagdad, il entra en Perse ; il séjourna à Ispanan et visita les antiquités de Schiraz. Arrivé à Bassora,'il monta à bord d'un vaisseau anglais, qui le conduisit à Surate au commencementdei686. Dans l'Inde, Thévenot parcourut le Guznrate et visita Amedabad, Cambaye, Masutipatan, Bérampour, Aurengabad,Golcondeet tes fameuses pagodes d'Elora. En février 1667, de retour k Surate, il s'embarqua pour Bander- A bassi et repassa par Schiraz et Ispahan., II se proposait de revenir en Europe par l'Arménie et l'Asie Mineure; mais déjà ses longues fatigues avaient compromis sa santé. Continuant sa route néanmoins, il s'avança jusqu'à 30 lieues de Tauris ; il succomba le 28 novembre 1667 à Mina, au. moment où il se disposait à retourner en Europe pur l'Arménie et l'Asie Mineure. Ce fut lui, dit-on, qui apporta le premier le café en France, Thévenot était très-instruit en mathématique'?, en géographie, en botanique et possédait parfaitement, outre plusieurs langues d'Europe, l'arabe, le turc et le persan. On lui doit des ouvrages très-estimés, aussi curieux qu'exacts et instructifs : Relation d'un voyage fait au Levant, où il est traité des Etats du Grand Seigneur de l'Archipel', terre sainte, Egypte, Arabie, etc. (Paris, 1664, in-4*>) ; Suite du même voyage, où il est traité de la Perse (Puris, 1674, in-40) ; Relation de VIndostan, des nouveaux Mogols et des autres peuples et pays des Indes (Paris, 1684, in-40). Ces diverses relations ont été réunies sous le titre de : Voyages de M. de Thévenot tant en Europe qu'en Asie et en Afrique (Paris, 1689, 5 vol. in-12),
THÉVENOT (Magloire), pédagogue français, né à Dampierre, près d Arcy-sur-Aube. en 1746, mort a Troyes en 1821. Il forfda à Brinon une maison d'éducation, qu'il transporta en 1780 à Troyes et qui resta constamment ouverte pendant la Révolution, bien que Thévenot n'eût point adopté les idées nouvelles. Lors de la réorganisation de l'Université, il fut nommé professeur de quatrième au collège de Troyes. On lui doit quelques ouvrages pour les classes: Cours de septième (Troyes, in-12); Eléments des langues française et latine (Troyes, 1783) ; Principes de grammaire française (Paris, 1&01) ; Questions snr les principes généraux de la langue française (in-8°); Anthologia poetica latina (Paris, 1811, 2 vol. in-80).
THÉVENOT HE COULON (Jean-Félicité), inventeur de la tachygraphie, membre de l'Institut, né à Paris en 1755, mort en 1814. 11 chercha, dès l'âge de onze ans, à retrouver
10 secret d'un art connu dans l'antiquité, dont Xénopbon se servait pour recueillir les leçons de Soerate, et qu'Ennius,Tiron, Philnrgirus employèrent à Rome. Il parvint à imaginer une combinaison de signes assez simples, au, moyen desquels on pouvait reproduire un discours avec la rapidité de la parole. Ce procédé, auquel il donna le nom de tachygraphie, avait déjà reçu la sanction de l'expérience en 1779; mais c'est surtout à partir de 1789 qu'il commença à rendre des services importants, en permettant de donner in extenso et le même jour les discussions de l'Assemblée constituante. L'Anglais Taylor a publié en 1782 un Traité de sténographie; maisThévenot a la priorité de l'invention, et son système, d'ailleurs, a généralement prévalu, même en Angleterre. Coulon, au commencement de laRévolution, assista aux assemblées politiques, particulièrement aux séauces du club des Jacobins, dont il sténographiait les séances, qu'il vendait à divers journaux. Mais ayant été atteint de surdité, il dut se borner à faire des élèves et à donner des leçons chez lui, avec l'aide de sa fille, qui enseignait la tachygraphie avec beaucoup d'intelligence. La Fayette l'emmena ensuite à l'armée du Centre et le chargea de sa correspondance intime (1792). Par la suite, il fut chargé de débrouiller des paquets d'actes mortuaires envoyés des armées, puis obtint dans les hôpitaux militaires un emploi qui suffisait à peine à ses besoins. Il fut dépouillé par les Cosaques en 1814, sur la route de Bohême, et mourut de misère. Avant la Révolution, les Bordelais avaient fait mettre dans leur musée le buste de cet homme utile, avec ces deux vers en bas :
C'est lui qui, de nos jours, a trouvé l'art sublime De peindre la parole aussitôt qu'on l'exprime.
On doit à Thévenot : Sur un moyen mécanique de perfectionner l'art d'écrire (1767, ii)-4°); l'Art d'écrire réduit à parallélogrammes rectangles et non rectangles (1768, in-8") ; Tableau tachygraphique ou Moyen d'apprendre de soi-même à, écrire aussi vite que la parole (I76S, Jn-8<>); Tachygraphie fondée sur les principes du langage, de la grammaire et de la géométrie, ouvrage qui a eu une vingtaine d'éditions.
THÉVENOt DE MORANDE, pamphlétaire français. V. Morakdb.
THÉVENOT DE SAULES (Claude-François), jurisconsulte français, né à C"itfé la- Ville (Champagne) eu 1723, inortà Vesoul en 1797,
11 suivait avec distinction la carrière du barreau, lorsqu'il fut chargé de plaider la causa des jésuites devant le parlement. Son plai-
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doyer le fit remarquer du chancelier Mnupeou, qui le nomma avocat général à Orléans lors de la création des conseils supérieurs. lie parlement de Paris ayant été rétabli en 1774, Thévenot se vit fermer l'accès du barreau et vécut depuis lors dans la retraite. On a de lui : Traité sur les substitutions fidéicommissaires, avec des commentaires sur l'ordonnance de 1747 (1 vol. in-fol.); Dictionnaire du Digeste ou Substance des Pandectes justiniennes (1808, 2 vol. in-4°).
THEVENOTID s. f. (té-ve-no-sî — de Thévenot, voyageur français). Bot. Genre de plantes, de la famille des composées, tribu des carduacées, dont l'espèce type croît en Perse.
THEVET (André), voyageur fiançais, né à Àngoulême en 1508, mort à Paris en 1590. C'était un eordelier qui, pour tromper l'ennui des longues heures de la claustration monastique, se mita dévorer un grand nombre d'ouvrages. Il en retint le contenu, acquit d'assez vastes connaissances et put bientpt parler sur toutes sortes de sujets. Avide de voir et d[apprendre encore, il obtint la permission de visiter l'Italie. Le cardinal de Lorraine, qu'il rencontra à Plaisance, lui fournit l'argent nécessaire pour passer en Orient. Il s'embarqua à Venise (juin 1549), toucha à Scio et, de là, se rendit à Constantinople. Là , il trouva le savant Pierre Gillius (Gilles), avec qui il alla explorer l'Asie Mineure. Thevet le suivit jusqu'à Chalcédoine et l'aida à chercher des monnaies et des objets antiques. Ayant repris la mer à Rhodes, il fut poussé sur le littoral grec et visita les ruines d'Athènes, non encore fouillées et mises à contribution par l'avidité scientifique des archéologues de l'Occident. Ensuite Thevet alla hiverner à Alexandrie, en Egypte, et, au printemps de 1551, il arrivait en Palestine. Revenu en France en 1554, il donna la relation de ce voyage, qui reçut un bon accueil. L'année suivante, Thevet suivit l'aventureux chevwlier de Villegagnon au Brésil , à l'embouchure du rio de Janeiro, où il s'agissait de fonder une colonie protestante. Ce concours de Thevet prouve qu'il ne pratiquait point l'intolérance en matière de religion ou qu'il n'avait aucun éloignement pour les doctrines de la Réforme. Cela se passait en 1555; le eordelier tomba malade en débarquant et n'était point rétabli quand il reprit la mer l'année suivante, sans avoir pu explorer le Brésil. Il ne laissa pourtant pas d en donner la description. En 1558 , Thevet jeta le froc et obtint d'être sécularisé. Protégé par Catherine de Médicis, il devint l'aumônier de cette reine. Il fut ensuite nommé historiographe et cosmographe du roi, avec des appointements considérables. Il travaillait alors à la Vie des hommes illustres. Généreux et serviable, il obligea de son crédit et de sa bourse ses amis, parmi lesquels on cite Baïf, Robert Garnier, Jodelle et Jean Dorât. 11 mourut à l'âge de quatre-vingt-huit ans, comme l'attestait une êpitaphe qu'on voyait aux Cordeliers. « Il était d'une excessive crédulité, dit M. Weiss; mais il avait des connaissances au moins dans les langues et en géographie. « On lui doit les ouvrages suivants : Cosmographie du Levant (Lyon, 1554, iu-4», fig.; Lyon, 1556, in-4°, avec planches) ; les Singularités de ta France antarctique, autrement nommée Amérique, et de plusieurs autres terres et îles découvertes de notre temps (Paris, 1556, in-4», fig.; Anvers, 1558, in-8°; traduit en italien, Venise, 1584, in-8"). 11 ne parle que d'après les dites des matelots et passagers i qui se sont fréquemment amusés de sa bonne foi et de sa simplicité. » Léry a signalé dans son Voyage uu Brésil les erreurs nombreuses et les fables débitées par Thevet, entre autres celles du prétendu géant Quoniambec. qui faisait l'exercice avec un canon et jouait avec des boulets ; Discours de la bataille de Dreux (Paris, 1563, in-8°); Cosmograp/tie universelle, illustrée de diverses figures des choses les plus remarquât/tes vues par l'auteur (Paris, 1571, 2 vol. in-fol., et 1575, 2 vol. in-fol.), ouvrage qui fut vivement critiqué par François de Belleforest ; les Vrais» portraits et vies des hommes illustres, grées, latins et païens, recueillis de leurs tableaux, livres, médailles antiques et modernes (Paris, 1584, 2 vol. in-fol.). L'édition de 1621 (8 vol. in-12) porte ce titre : Histoire des plus illustres et savants hommes de leurs siècles, avec leurs portraits (augmenté de plusieurs articles). Thevet, s il faut l'en croire, contribua beaucoup aux progrès de la gravure dans notre pays. Citons-le à ce propos : « J'ai attiré de Flandre les meilleurs graveurs, et, par la grâce de Dieu, je me puis vanter être le premier qui ai mis en vogue k Paris l'imprimerie en taille-douce, tout ainsi qu'elle estoit k Lyon, Anvers et ailleurs. ■ On a prétendu qu'il fut l'introducteur du tabac en France. Aujourd'hui, les voyages de Thevet, placés au rang de ceux de Marc Lescarbot et devenus rares, ne sont regardés que comme des drôleries parfois très-réjouissantes. Les ouvrages de ce moine voyageur sont devenus rares. Le prince Aug. Galitzin a publié la Cosmographie moscovite de Thevet (1858 , in-16).
THÉVÉTIE s. f. (té-vé-sî — de Thevet, n. pr.). Bot. Genre d'arbres, de la famille des upocynées, tribu des ophioxylées, comprenant plusieurs espèces, qui croissent dans l'Amérique tropicale.
THIA
THEW (Robert), graveur anglais, né à Paddinjîton (Yoikshire) en 1758, mort en 1 S02. D'abord tonnelier, puis soldat, il s'établit à Hull en 1783 et se mit h graver des cartes de visite et des adresses. Bien que sans maître, il flt de grands progrès dans la gravure et exécuta plusieurs estampes, dont l'une, représentant une Tête de-vieille femme, d'après Gérard Dov, attira vivement l'attention du célèbre Fox et de la duchesse de Dovonshire. Grâce à la protection de ces personnages, Thew devint graveur d'histoire du prince de Galles. Il fut bientôt après mis en relation avec Boydell, qui le chargea d'exécuter un grand nombre d'estampes d'après des tableaux de Reynolds , de \Vestall, de Fusseli, de Northcote, de Peters, etc. Parmi ces gravures, remarquables par la reproduction fidèle du style du tableau, par la délicatesse du burin, on cite particulièrement : Edouard V prenant congé de son frère, le dur. d'York, d'après Northcote; le Cardinal Wolsey entrant dans l'abbaye de Leicester, d'après Westall, et neuf grandes figures destinées à illustrer le Shakspeare de Boydell.
THEYS, village et commune de France (Isère), canton de Goncelin, arrond. et à 40 kilom. de Grenoble ; pop. aggl., 923 hab. — pop. tôt., 2,294 hab.
THEYS (Pierre de), dit Lacoche, capitaine protestant dauphinois, mort en 1569. Voué au métier des armes et huguenot déterminé, Lacoche fut l'un des plus braves lieutenants du baron des Adrets. Il accompagna Son chef (mai 1562) dans sa première expédition sur Grenoble, y resta en garnison et eut à défendre cette place importante contre Vinay, capitaine catholique, qui s'était emparé du faubourg de Très-Cloîtres. Devenu gouverneur de la ville l'unnée suivante, Lacoche eut à repousser une nouvelle et plus sérieuse attaque, celle du baron de Sassenage, qui commandait 6,000 hommes. La garnison protestante n'excédait point 200 hommes; mais ces soldats étaient pleins de dévouement et de résolution. Theys ne laissa pas de tenir en échec les forces catholiques qui, ne pouvant emporter la ville, convertirent le siège en blocus et détruisirent les moulins sur 1 Isère qui pourvoyaient à la subsistance de la garnison. H continua toutefois de tenir bon; mais, ayant vainement réclamé le secours de des Adrets, campé devantVienne,il eut l'idée chevaleresque de proposer à Sassenage un cartel entre un nombre égal de réformés et de papistes, à la condition expresse que la levée du blocus ou la reddition de la place dépendrait de l'issue de ce duel à plusieurs. Le baron refusa, et il fallut bien se résoudre à capituler pour ne pas mourir de faim. Sur ces entrefaites, un secours inespéré fut amené par le capitaine Furmeyer. Les catholiques, tombés dans une embuscade sur les bords de la rivière du Drac, durent lever le siégé et se retirer (16 novembre 1562). Le capitaine Lacoche s acquit, par ces deux défenses de Grenoble, le renom d'un très-brave soldat. Kn 1563, il se rangea sous le commandement du célèbre Montbrun, devenu le chef des protestants du Dauphiné par suite de la honteuse défection du baron des Adrets. Il suivit Crussol à l'année des princes, en Guyenne, combattit k Jarnac, à Moncontour, puis reprit la route du Dauphiné, à la tête de huit enseignes de fantassins et de quelques débris de cavalerie. Malheureusement, il lui fut impossible d'opérer sa jonction avec Montbrun et il se vit contraint, par la façon dont tournait la guerre, de se diriger vers l'Allemagne par la frontière suisse. Aux environs de Saverne, en Alsace, attaqué par les forces du duc de Nemours et commandant des soldats épuisés par une longue inarche, semée d'escarmouches meurtrières et d'embûches, il se retrancha derrière des arbres abattus, dans une forêt, et, par un dévouement qui l'honore, fit sauver des personnages importants avant l'action. Fait prisonnier, il fut lâchement assassiné avec Michalon, son enseigne, pendant qu'on le conduisait à Metz (23 novembre 1569). — Un autre personnage de la même famille, Pierre de Theys, se signala pendant les guerres de la Ligue en Dauphiné. Il était lieutenant de Lesdiguières. Les historiens de la province l'appellent à tort Hercules, du nom de l'une de ses terres, cl'IIo d'Herculez.
La maison de Theys, d'ancienne origine et en possession d'un fief des environs de Grenoble, dans les Alpes, est connue depuis l'an 1250. Le château de Theys est appelé dans les anciens titres Tœdium (ennui). « Sa situation semble ne mériter pas d'autre nom, » dit Chorier dans son Etat politique (tome III).
TI1EZE. village et commune de France (Basses-Pyrénées), ch.-l. de cant., arrond. et k 22 kilom. N. de Pau ; pop. aggl., 309 hab. — pop. tôt., 506 hab.
THIA s. f. (ti-a — nom mythol.). Entom. Genre d'insectes coléoptères tétramères, de la famille' des longicornes, tribu des cérambycins, dont l'espèce type habite les Etats- Unis.
— Crust. Genre de crustacés décapodes brachyures, de la famille des oxystoines, tribu des corystiens, dont l'espèce type habite les bords de la Manche et de ta Méditerranée.
— Annél. Genre d'annélides dorsibranches. THIA, épouse d'Hypérion, titan, fils de
tiiia
Coelus, dans la mythologie. Elle était la mère eu Soleil, île la Lune et de l'Aurore.
THIACÉTANILIDE s. f. (ti-a-sé-ta ni-li-dr: — de thioniqur, de acétique et de anilide). Cliini. Amide acétique de la thiamline, corps sulfuré qui résulte de la réunion en une de deux molécules d'acétanilide, soudées ensemble par la substitution d'un atome diatomique de soufre à deux atomes d'hydrogène pris chacun dans une molécule d'acétanilide différente.
— Encycl. V. THIANILINK.
THIACÉTIQUE adj. (ti-a-sé-ti-ke — du gr. tlteion, soufre, et de acétique). Chim. Se dit d'un acide obtenu par l'action d'un sulfure de phosphore sur l'acide acétique, et des corps dérivés de cet acide : Acide thiacétique. Anhydride thiacétique.
— Encycl. Acide thiacétique. L'acide thiacétique ou sulfhydrate d'aeétyle