V. Huao
— Mon vieux, Interpellation très- familière dont on se sert avec une personne jeune : Ecoule, mon vieux. Dis donc, mon vieux, il Dénomination par laquelle une femme désigne sou mari, en plaisantant : Mon vieux m'a apporté beaucoup d'urgent celle semtune.
— Ma vieille, Interpellation très-familière dont on se sert même avec une personne du sexe masculin. Il Dénomination par laquelle un mari désigne sa femme, en plaisantant : Ma vieille excelle à faire des matelotes.
— Vieux de la vieille, Nom que. l'on donnait familièrement aux soldats de l'ancienne garde impériale :■
C'étaient quelques vieux de lavieille Qui célébraient le grand retour.
Tu. Gautier.
— Contes de vieille, Histoires ridicules, absurdes, sans fondement, comme les contes que les vieilles femmes ont l'habitude de faire aux petits enfants.
— ■ Fuire le vieux, Prendre le ton, les habitudes des vieillards.
— Ptov. Nécessité fait trotter les vieilles, La nécessité donne de l'activité à ceux même qui il en ont plus.
— Hist. Vieux de la montagne, Chef da la secte des haschichins ou assassins, uu xio siècle.
— Manège. Tête de vieille,'Iête de cheval longue, sèche, osseuse. -
— s. m. Ce qui est vieux : Coudre du vieux avec du neuf. Ce cordonnier fait le vieux et le neuf. Ce marchand vend du vieux et du neuf. Le vieux est l'ennemi du. bien. (Toussenel.)
— Econ. rur. Goût de vieux, Goût amer que contractent parfois les vius vieux.
— s. f. Pop. Vieille eau-de-vie : Boire un petit verre de vieille.
— Ornith. Ancien nom de la poule de mer.
— Iclithyol. Nom vulgaire des poissons du genre labre, il Espèce du genre gnde. il Nom vulgaire d'un poisson du genre baliste et de la tanche de mer.
— Moil. Vieille ridée, Nom vulgaire d'une coquille du genre triton.
— Syn. Vieux, ancien, antique. V. ANCIEN.
— Encycl. Ichthyol. On désigne sous ce nom un : espèce de gnde qui vit dans les mers de la Guyane et sur les côtes occidentales de l'Afrique. Les Anglais l'appellent vieille femme, ex les Hollauuaislui ont donné le nom de grosse morue ; il ressemble, en eô"et, beaucoup à ce dernier poisson par la forme, la peau, la chair et surtout par l'avidité avec laquelle il mord k 1 hameçon. On dit qu'il atteint le poids de loi) kilogrammes. Ou le pêche k la ligne, à la flèche et au filet. Sa chair est blanche et très- bonne; elie rappelle celle de la morue verte, et on 'la saie de même. Les Hollandais eu pèchent beaucoup. On donne encore le nom ue vieille nus. labres, k la tanche de mer et à l'espèce de baliste mieux appelée vielle. V. ces mots,
— Hist. relig. Vieux catholiques. On désigne sous ce nom une secte nouvelle qui
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s'est formée, surtout en Suisse et en Allemagne, depuis la déclaration de l'infaillibilité papale par le concile du Vatican (v. ce mot). Quelques-uns disent, avec l'abbé Michaud, un des fauteurs et des auteurs de cette secte, les anciens catholiques; mais la dénomination de vieux catholiques, qui leur a été assignée ■ dès l'origine, remontant k six années à peine, par le célèbre abbé Dceilinger, docteur, professeur et chanoine de Munich, auteur de l'histoire allemande De la réforme protestante, leur premier fondateur, paraît devoir leur rester définitivement. Cette, secta chrétienne, qui prétend représenter le vieux catholicisme des premiers temps de l'Eglise, mérite une étude historique quelque peu développée, Nous emprunterons surtout nos renseignements au nouveau Dictionnaire de théologie Bergier- Lenoir, ouvrage écrit avec une liberté dap-
firéciatiunet une indépendance de pensées qui e firent d'abord dénoncer k la congrégation de l'index, mais qui pourtant, après examen, n'a pas été censuré.
11 s'était opéré de 1850 à 18G9 un changement si grand dans le cierge français, que M. de Moritnlenibert écrivait k cette dernière date (7 novembre), de son lit de souffrance, au professeur Dœ.ltnger, qu'il appelait « le premier prêtre de l'Allemagne, » eu rengageant k se rendre uu concile, où il lui pioposait de le faire convoquer, les lignes suivantes : t Vous admirez sans doute beaucoup l'évêque d'Orléans (celui-ci se montrait alors treshostile k l'infaillibilité papale) , mais vous l'admireriez beaucoup plus encore si vous pouviez vous figurer l'abîme d'idolâtrie où est tombé le olergo français. Cela dépassa tout ce qu'on aurait pu imaginer au temps de ma jeunesse, au temps de l'Ynyssinous et de Lamennais. Le pauvre M6r Maret, pour avoir exposé des idées très- modérées dans un langage plein d'urbanité et. de charité, est t rai le publiquement dans les journaux Soi-ilisaut religieux d'hérésiarque et d'apostat par les derniers de nos cures! De tous tes m,) stères que présente en si grand 'nombre l'histoire de I'I'Jgbse, je n'en connais pas qui égale ou dépasse cette transformation si prompte et Si complète de la France catho- . lique en une basse-couf de l'aitticamera du Vatican. • El le célèbre orateur tournait ses vues du côté de l'Allemagne comme pouvant désormais offrir plus do ressources dans son clergé.
Nous avons dit à l'article Vatican (concile da) comment fut rendue la constitution Pustor iOteritus, qui déclarait le pape infaillible, et contre laquelle de 130 k 16u evéques protestèrent Suit expiiciieinent , soit par leur absence. Parmi les chefs de cette upposition, on vit figurer M. Darboy, archevêque de Paris, et l'evèque u 'Orléans. Mais cette opposition ne fut pas d'une grande ténacité; car, dans l'année même qui suivit, presque tous les opposants se rallièrent, et k peine en restait-il un seul en 1872, Al. îstrussinayer. Cette faiblesse s'explique par l'attitude du bas cierge et des tidek-s des diocèses, dont Montalembort avait peiui si énergiquenient latiegi'udation morale dans sa leuru k Dœllinger.
Néanmoins, parmi les prêtres qui appartenaient à l'opinion de la minorité, quulquesuus résistèrent, et en particulier ceux qui s'éla.ent le plus occupes d'histoire ecclésiastique. Tel fut, en première ligue, le docteur Dœiliiiger. Ce eeiebre historieu de la Réforme, après avoir soutenu ses opinions dans plusieurs publications qui eurent un grand retentisse. ..eut, nolaniaietil dans celle qui parut sous le nom de Junus, protesta résolument contre la déclaration vutiuane et Se posa comme le chef des vieux catholiques d'Allemagne. Il fut%uivi par un assez ginud nombro ue prêtres et de fidèles, et le mouvement qu'il détermina duro encore.
En Er-anee, le Père Hyaoiu.be, dont le nom véritable est i'ubbe Charles Loysuii , qui avait suceôdé au Père Lacordaiie pour les stations de lavent k Noue-Dame de Paris, avait ete fort tourmenté par sou supérieur de l'ordre des Carmes à l'occasion de sorties libéialea- qu'il faisait dans ses discour^, et avait donné sa démission publique de conférencier et de moine de son ordre. Il se joignit' k Dutslliugur et lui apporta d'abord l'appui de sa celeb.ite et de sou talent.
Un peu plu-s tard viui la lettre k l'archevêque de Paris de l'abbé Michauu, vicaire de la Madeleine. L'abbé se démettait pur cette leiire, que publièrent tous les journaux, de tous ses titres de prêtre romain et protestait vigoureusement contra le ronjunisine. Ce fut un nouveau reufort important pouf les vieux catholiques.
Vinrent ensuite les procès et l'agitation libérale auxquelles donnèrent lieu les protestations autuufaillibiliates des abbés Junqua et Mpuls, de Bordeaux, et la défense que leur lit le cardinal archevêque de porter l'habit ecclésiastique. Pour infraction k cette défense, l'abue Junqua fut condaïuué k six mois de prison.
cependant, le gouvernement prussien, conformément a ses traditions piétistes, favorisait u.ms ses Etat» le *ueua;ealIioJiei.-iiiti contre le catholicisme romain, qu'il tiuitailavec une grande sévérité. D'autre part, les conseils fédéraux de la Suisse tenaient une ligne de conduite k peu près semblable et protégeaient avec énergie les nouveaux sectaires
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en leur donnant les cures, les églises et les rétributions antérieurement allouées aux catholiques romaine.
Auros avoir abandonné l'Eglise romaine et avant méme-d'apparten^ il aucune communion particulière, M. l'abbé Charles Loyson avnit pris tu résolution de se marier .et âvuit épousé une veuve américaine qu'il avait lui-même, avec le Père Gratry, ramenée du protestantisme le plus puritain au catholicisme et h laquelle il avait fait faire sa première communion. Après son mariage, les vieux catholiques de Genève l'élurent pour leur principal curé, et il occupa cette position durant plusieurs mois; mais il ne put s'entendre avec le conseil genevois; il protesta contre la tendance de cet Etat à s'ingérer dans les affaires de religion, et finalement il donna sa démission de curé. Depuis ce moment, il évangélise un petit troupeau, auquel il dit fa messe dans la salle du Casino, le dimanche, dans un rit qui lui est propre, du moins en partie. Dans le vieux catholicisme de Dœllinger, on a conservé toutes les cérémonies de la messe et la forme des autels du rit romain; oh a conservé aussi la langue latine pour le canon, tout eu introduisant la langue vulgaire pour tout lo reste, et le célébrant continue d'avoir le dos tourné vers les assistants.- Le P. Hyacinthe dit la messe sur une tuble plane Sans toutes ses parties, laquelle se trouve placée entre lui et le peuple ivuquel il fait face. Ce mode est conforme à l'usage antique et a été conservé par le pape dans l'église Saint-Jean-de-l.ntran. M. Loyson emploie aussi la langue vulgaire, excepté au canon; il dit ; i Le Seigneur soit avec vous, » au lieu de : i J)oa>i>ius vobiscum. » On chante à la messe : t .Agneau de Dieu qui eiîacez les péchés du monde, • au lieu de : • Agnus Dei qui toliis peccuta muntii. «On y chante aussi descantiques français, et il y prêche toujours.
Mais il y a d'autres curés vieux catholiques en Suisse ; ils sont généralement bien rétribués par les autorités civiles, mais ils ont. peu de (idèles, et on peut leur reprocher jusqu'à présent d'être, pour un certain nombre, de médiocres sujets. qui sont allés dans cette communion nouvelle chercher un moyeu de vivre.
L'Eglise vieille catholique d'Allemagne s'est donné un évêque que protège le gouvernement prussien, pendant qu'ii s'oppose aveu fermeté aux empiétements des évéques catholiques romains. Cet evéque, qui a pour résidence titulaire la ville de Bonn, est le professeur Reinkens. Il est allé s=e faire consacrer en Hollande par l'évèque de Deventer, un des trois évêques jansénistes de la petite Eglise d'Utiecht. Dans la secte des vieux catholiques, en effet, on tient à ce que la hiérarchie se rattache, par une chaîne non interrompue, aux traditions de l'Eglise chrétienne prnniiive, et la h;érarcliie janséniste d'Utiecht est dans ce cas.
L'Eglise vieille catholique de Suisse pense également à se donner un évêque, auquel M. Reinkens pourra désormais transmettre l'autorité épiseopnle; elle avait pensé au Père Hyacinthe ; mais son mariage formait un obstacle sur lequel elle avait de la répugnance a, passer, attendu qu'il est de règle traditionnelle, depuis une haute antiquité, que l'on ne confère l'épiscoput qu'aux prêtres qui n'ont jamais été maries ou du nioius qui sont veufs. Au reste, depuis que le Père Hyacinthe s'est retiré de sa cure, il est peut-être trop en délicatesse avec le conseil fédéral pour être accueilli favorablement par les autorités civiles à titre d'évéque, et, d'un autre cô^é, il forme une sorte de petite Eglise sépuree de l'Eglise tu'et'iie catholique.
Cette Eglise nouvelle est soutenue par des écrivains distingués, un» peut citer dans l'idiome allemand, outre le chanoine et professeur de Munich, Dœllinger, qui en est le père, et l'évèque Reinkens, l'abbé Friedrich, Schulte, Huber, Reusch, Eangen, Michelis, Weber, MaasSeii, etc.; ou peut citer dans lu langue française Hyacinthe Loyson, qui écrit peu et qui ne soutient le vieux catholicisme que dans la mesure qui a été exposée ; l'abbé J.-P. Derauiey, de la Sorlonne; l'abbé Marchai, curé de l'église libérale de Oeuève ; Jean Wallon et surtout l'abbé E. Michaud, docteur en théologie et correspondant de feuilles et revues belges, allemandes, américaines et autres. Ce dernier, depuis qu il s'était retiré du catholicisme romain^disuit la nn-sse à Paris pour quelques vieux catholiques dans une onapelle privée du boulevard de Neuilly, où, u'apres nos lois untiiiberales en vigueur aujourd'hui encore, il ne pouvait pas nuiur plus de vingt personnes. 11 attendait avec patience que la vraie république donnât la liberté de conscience, dos cuites, des réunion*, des cours publics, etc., pour mettre son église à la disposition du public parisien. Ce jour paraissait enlin, depuis les élections du 2o février et du 5 murs 1876, sur le point de se lever; mais M. Michaud vieut (tin de mars 1876) d'accepter une chaire à vie dans l'université vieille catholique de lit rue.
La secte des vieux catholiques fait des efforts pour établir chez elle une unité de symbole et do liturgie; elle tient, daus ce but, de temps en temps des congrès. On peut citer celui de Munich, du 23 septembre 1871. Ce fut dans ce premier coiijaesque Dojlliu^er s'écria à propos des propositions de reforme quiétaientagitées: Jieformatiofiat intra Kccle-
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siam, i Que la réforme se fasse en dedans de l'Eglise.» On peut encore citer le congrès de Cologne et celui de Constance, où l'on commença à montrer plus de hardiesse, sur les instances, en particulier, de l'abbé Michaud
3 ni proposait un symbole tel qu'il pût servir e centre de réunion à toutes les sectes chrétiennes,'ce que n'admettait point alors Dœllinger et ce qu'il a été pourtant amené à admettre plus tard. En 1875 a été tenu encore, au mois d'août, un congrès a Bonn, auquel assistaient, sous la présidence de Dœllinger, une trentaine de prêtres des sectes protestantes anglo-américaines et des représentants des Eglises schismatiques d'Orient. Dœllinger traçait la marche des questions et faisait entrer, cette fois, dans le programme l'idée d'union chrétienne de l'abbé Michaud, qui s'est toujours plus rapproché que tous les autres, peut-être sous l'influence de l'abbé Quetter, son ami, du symbole des schismatiques d'Orient. L'abbé Michaud est un des plus jeunes; il n'a que trente-sept ans, et il montre jusqu'à présent de l'aversion pq,ur le mariage ecclésiastique.
Tel est l'état présent de la secte des vieux catholiques. Elle n'a pas fait beaucoup de progrès depuis qu'elle existe, et rien n'annonce qu'elle soit appelée à jouer un rôle plus important dans l'avenir.
Vieille maîtresse (une), roman, publié en 1S49 par Barbey d'Aurevilly. La nature humaine, si énergique en apparence dans ses volontés, n'est le plus souvent au fond qu'un composé étrange de contradictions et ûe faiblesses. L'homme, au lieu de régler ses sentiments, de commander à ses passions, se laisse guider et gouverner par elles. Malheur à celui qui s'est laissé envahir par un de ces sentiments qu'il ne sera plus en son pouvoir de comprimer, malheur à lui surtout si c'est à une ancienne affection qu'il obéit, car il n'est pas de joug plus difficile à secouer que celui d'uno vieille maîtresse. Le temps, qu on représente si mal à propos comme un destructeur patient, ne fait que resserrer les liens de ces passions illégitimes, et s'il consent parfois à les laisser se détendre, c'est qu'il est bien convaincu de les voir se renouer plus forts que jamais.
Telle est l'idée développée par Barbey d'Aurevilly dans une Vieille maîtresse. M. de Marigny, un homme à bonnes fortunes, en dehors de ses conquêtes passagères et sans conséquence , s'est insensiblement attaché à la courtisane Vellini. Après une liaison de dix aimées, ils ne s'aiment plus, ou du moins croient ne plus s'aimer, et ils se quittent au moment du mariage de Marigny avec une femme qu'il adore. «. Tu me reviendras, lui n dit Vellini au dernier instant de leur rupture. — Non , » a répondu Marigny, et de bonne foi, car il aime sa femme. Mais sa volonté devient impuissante à lutter contre l'entruinement de l'habitude, et il revoit sa vieille maîtresse. Sa femme découvre ces rendez-vous; elle est en danger de mort, frappée de ce coup inattendu, et l:iiifortunè mari se trouve dans une position affreuse, placé entre sa femme qu il aime, qu'il ne voudrait pas tromper, et Vellini, avec laquelle il n'ose rompre. Malheureux des deux côtés, il perd l'affection de sa femme sans trouver une compensation dans les plaisirs qu'il goûte auprès de Vellini, qui, elle aussi, se voit dépérir minée par la jalousie.
La lutte de Marigny contre l'entraînement qui lo pousse dans les bras de sa vieille maîtresse est très-finement observée et décrite. Le malheur des trois principaux personnages de ce roman, conséquence de la liaison il. égitime jadis contractée, pourrait renfermer un enseignement moral d'une grande portée, si l'auteur s'était attaché à le faire ressortir; mais.il paraît plutôt avoir recherché comme à plaisir des situations risquées propres à piquer la curiosité des lecteurs de 'romans. Cependant, au milieu de ces peintures sensuelles, il trouve le moyen d'afficher ses opinions ultru-catholiques et de faire lu guerre aux libres penseurs, dans un style qui vise trop à l'elfe t et qui n'est jamais naturel.
Vieux neuf (LIi) OU l'ilistoît-o ancienne dos
ilccouvi-rics moderucs, livre publié en 1S59 par M. Edouard Fournier. L'antithèse du titre suffit pour donner une, idée de l'ouvrage. M. Louis Figuier avait expose l'historique des principales découvertes modernes; M. Edouard Fournier s'est amusé à rechercher patiemment tous les indièes qui devaient lui permettre de prétendre qu'elles avaient pu être prévues par l'antiquité.
Partant de cette idée du poète anglais Chaucer : • il D'y a de nouveau que ce qui a vieilli, ■ M. Edouard Fournier veut démontrer que c'est avec l'ancien qu'on fait du nouveau, et que le seul mérite de notre époque c'est d'être assez mûre pour mettre en pratique les idées de l'antiquité. Remontant à travers les siècles, il présente, a 1 appui de sa thèse, toute une nuée d'ancêtres scientifiques de Montgollier et de Pilâtre de Rozier, les premiers mventeurs de l'aérostation. Depuis Atehytas de Tarento jusqu'à Léonard de Vinci, en s'arrêtant quelques instants devant la description d'appareils avec parachute imaginés par Cyrano de Bergerac, et en 1617 par Fauste Vernanzio, on voit fonctionner, en idée il est vrai, tout un système d'aérostation que, avec beaucoup de
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bonne volonté, on peut envisager comme le précurseur du Géant -Nudar. Salomon de Caus, qui, par parenthèse, n'est mort à Bicêtre que dans l'imagination de M. Samuel- Henri Berthoud, a été emprunter la théorie de la vapeur à Héron, mécanicien qui vivait 120 ans av. J.-C. et avait construit une petite machine k vapeur appelée Yéolipyle.
Le télégraphe de Chappe, pour ne pas être si ancien, n'en date pas moins de 1563, et Porta, dans sa Magie naturelle, nous en donne la description. On déportait déjà sous François 1er ceux qui réclamaient trop haut la liberté de la boucherie proclamée en 1857, et les belles dames du xviÇ siècle n'ignoraient ni les avantages ni les désavantages de la moderne cage à femme, la crinoline.
., Comme exercice d'esprit et travail d'érudition curieux, le Vieux neuf ne manque pas de mérite ; mais nous croyons que c'est nous montrer ami de l'auteur que de ne pas prendre sa thèse au sérieux.
Vieille roche (la), roman publié en 1865 par M. Edmond About. La Vieille roche parut d'abord en feuilletons dans le Moniteur du soir, puis forma en librairie trois énormes volumes de plus de 500 pages chacun, sous les trois titres suivants : le Mari imprévu, les Vacances de la comtesse, le Marquis de Lanrose. Cette trilogie affiche la prétention d'être le roman du grand monde moderne, une étude des plus sérieuses, un tableau à la Balzac. La Vieille roche est inoins un roman qu'une galerie de peintures ayant pour sujet la haute société d'aujourd'hui , avec des échappées de vue sur le monde moyen, la classe bourgeoise, où l'aristocratie ne dédaigne pas de descendre quelquefois pour redorer son blason. ■ M. About, dit M. Vapereau, excelle à dessiner un portrait, à composer un type; il charge quelquefois le trait pour mieux marquer la ressemblance et exagère le mouvement pour mieux simuler la vie. La Vieille roche nous déroule, dans une suite de scènes charmantes, toutes ces intrigues où la politique et la fortune, la religion et l'amour mêlent les intérêts et multiplient les ressorts. Les royautés de salon et les influeneesd'Eglises'entendente* conspirent; le boudoir et la chapelle sont le théâtre de la même pièce, dont ils varient les décors. Le confesseur, le directeur ont la main dans toutes les affaires; la fausse dévotion triomphe à l'aide de la vraie. La société se laisse enlacer dans les liens sacrés ; te passé renaît insensiblement, et sous l'ombre d'influences religieuses l'astuce et la douceur reprennent une à une des conquêtes que l'esprit révolutionnaire défendrait mieux contre les attaques ouvertes de la violence. M. About démasque toutes ces manoeuvres sans en.avoir l'air. On le voit tout entier au plaisir de conter et de peindre, et il se trouve qu'il a fait une longue campagne contre les ennemis des idées et des institutions modernes. Le roman mondain est une discrète satire, et au milieu des colifichets circule l'esprit de la Question romaine. •
Nous ne suivrons pas M. About dans tous les développements et les intrigues de son roman, dont nous avons déjà indiqué le cadre; nous n'en donnerons qu'un sommaire très-abrégé. Dans la première partie, le Mûri imprévu, un bon gros vivant de noble, Lambert de Saint-Genin, un cœur d'or sous une enveloppe de paysan du Danube, va redorer son blason en épousant une roturière de 2 millions, Mlle Valeutine Barbot. Un de ses cousins, qui a mangé son blé en herbe, Gontran de Mably, vient leur faire ses adieux au moment de partir pour la Crimée comme engagé volontaire. Valentine et Gontran se sentent entraînés l'un vers l'autre par un amour invincible, contre lequel i-s tentent en vain de lutter. Lambert s'en aperçoit et, malgré la fureur de sa mère et du tuteur de Valentifie, M. Fatiaux, se sacrifie noblement et unit les deux amoureux.
Dans les Vacances de la comtesse, nous retrouvons Valentine aux bains de mer avec une de ses amies, Volande de Lanrose. Une rivalité de femmes s'établit entre elles, et, emportée par la vanité, Valentine, pour s'assurer la victoire, va jusqu'à se compromettre avec un aimable mauvais sujet, Odoacre de Bourgalys. Lambert arrive à temps pour sauver sa cousine, mais il la compromet par sa maladresse calculée. Valentine n'a plus que la ressource de se jeter dans les bras du père Fatiaux, qui arrive juste comme un tuteur de comédie pour ramener dans les bras de son mari Ut brebis égarée, mais non perdue.
Que faisait Gontran pendant l'équipée de sa femme en vacances? Il séduisait Kliane de Batéjins, la femme du marquis de Lanrose, un curieux type de dévoie amoureuse, qui, pour convertir Gontran etle sauver, se donne à lui. Mais le père Fafiaux est là; il a contre Eliane et le marquis de Lanrose une haine de dévot, c'est-à-dire une de^es haines qui ne pardonnent pas et vous poursuivent jusqu'à la seconde génération. Par ses soins, le marquis de l .un ruse est informé de sou déshonneur, tandis que son tiU Adhémar, l'époux de Yolande, esc ruine. La punition de sa perfidie ne se fait pus attendre. Il apprend que Contran est le séducteur d'Elimie et qu'il a confié toute sa fortune au comte Adhémar. Il veut alors arrêter les effets de sa vengeancer.mais ses agents l'ont trop bien
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servi s il est trop tar.l. En voulant sauver Valentine , il l'a perdue. Les deux époux viennent d'apprendre leurs mutuelles prouesses et vont se séparer. La ruine les i approche. Prenant courageusement leur parti, ils s'enferment dans un petit village, à Runianchard, près de Grenoble, et y refont leur fortune- en dirigeant une fabrique de papeterie. Rien de plus noble que le marquis de Lanrose, ce vieux gentilhomme causant pendant une heure avec Valentine, bien qu'il vienne de recevoir un coup d'épée de Gontran, et sacrifiant toute sa fortune pour sauver l'honneur de son nom compromis dans la débâcle de son fils, qu'il croit le fruit de l'adultère.
La Vieille roche est un roman intéressant, bien mené, mais qui n'est pas irréprochable. Les longs récits demandent plutôt des procédés factices que «les qualités toutes personnelles ; ils sont donc l opposé du genre de M. About. Son style semble un peu se<; dans ces ouvrages de longue haleine, et le cliquetis des mots spirituels cause an lecteur une sorte d'impatience qui lui fait désirer d'arriver promptement à la lin. Nous croyons que, réduit de moitié, ce livre gagnerait beaucoup; tel qu'il est, nous sommes obligé de reconnaître que, pour l'auteur, il y a quelque chose de plus important que le sujet traité et que le cadre. Sa préoccupation principale, c'est le style. Rendons-lui, d'ailleurs, cette justice qu'il a de l'esprit, tandis que tant d'autres n'ont que le mot, et qu'il a le style, tandis que taul d'autres n'ont que la forme. Ses portraits sont souvent remarquables et ressemblants dans tous leurs détails. Ecoutez celui de cette noblesse représentant une puissance qui s'appelle légion et, grâce à, son nombre, reprenant, malgré sa nullité, sous les yeux mêmes de ses vainqueurs dédaigneux à tort, un invincible empire : «Sur dix ou douze gentilshommes du Midi qui se trouvaient à La Bultne, nul n'avait exercé le commerce, ni l'industrie, ni aucune profession seivile ; nul ne se souvenait d'avoir gagné de l'argent ; presque tous en avaient perdu, soit par bonté, soit par dédain, et s'acheminaient avec orgueil vers une misère inévitable. Tous rapportaient la décadence de leur maison à l'abolition du droit d'aînesse et à ce maudit code révolutionnaire qui, disent-ils, n'en a plus pour longtemps, s'il plaît à Dieu. Tous se sentaient capables de servir glorieusement le pays, soit dans les plus hautes fonctions de la paix, soit dans les plus beaux emplois de la guerre ; mais tous étaient en délicatesse avec la masse de leurs concitoyens. Ils regardaient ta France comme une nation égarée et attendaient patiemment pour se mettre à sa tête qu'elle fit des excuses et reprît la bon chemin. Ils élevaient leurs enfants dans les principes où leurs pères les avaient élevés eux-mêmes. Chacun pouvait jurer s» fui de gentilhomme que pas un de ses fils na 1 manquerait au devoir d'une loyale et coura- 1 geuse oisiveté. Trop prudents ou trop en- I dormis pour lever le drapeau contre les institutions du jour, ils prononçaient contre elles de petites catilinaires à huis clos. Quelques-uns s'étaient signalés par des actions ou des omissions hardies, mais sans danger; celui-là évitant la rencontre d'un sous-préfet dans la rue, celui-ci demandant un passeport en été pour je ne sais quelle résidence en Allemagne, cet autre fermant ses volets un soir d'illumination publique , cet autre prenant le deuil, cet autre piquant à sa cravate un emblème qui voulait être séditieux. » On trouverait dans la Vieille roche des centaines de passages de ce genre, tous fort bien réussis.
Vieux célibataire (m), comédie en cinq actes et en vers, de Colliu d'Harleville (théâtre de la Nation, 21 février 179Î). M">° Evrard, gouvernante de M. Dubridge, vieux célibataire , ne vise à rien moins .qu'à se faire épouser ; elle a brouillé son maître avec tous ses parents ; elle l'entoure, ehe l'enveloppe de séductions; elle amène auprès de lui de petits enfants qui le caressent ; il est ennuyé et malheureux ; il cédera peut-ë.tre à une continuité de soins, de prévenances et d'attentions qu'il prendra pour de l'attachement et de la tendresse. Heureusement, un neveu qui l'aime sincèrement trouve moyen de s'introduire dans sa maison; non-seulement il obtient, comme domestique, la bienveillance de son oncle qui ne le connaît pas, mais la gouvernante elle-même le trouve aimable et le prend pour son confident... Le parti du neveu, soutenu d'un bon vieux portier, se renforce encore de la femme du neveu, laquelle entre aussi au service de l'oncle. La lutte s'engage sérieusement entre l'étrangère astucieuse et les honnêtes parents ; Mme Evrard déploie toutes ses ressources, tout sou art, tous ses moyens de séduction, mais inutilement; enfin, les bons l'emportent, et l'on est charmé au déiioûmem de voir ce vieillard, auquel on s'est intéressé, Qélivrè de lu domination d'une adroite friponne et entouré d'une aimable et vertueuse famille qui prendra soin d'embellir ses derniers jours.
' Le Vieux célibataire ne parut à la scène qu'après avoir subi de fréquents et nombreux changements. • Pendant la répétition de lu pièce, raconte Andrieux, Mole nous avait paru peu content de son rôle, peutêtre parce qu'à côté du sien il y en avait
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un autre au moins aussi important, celui de Mme Evrard. Mole nous surprit bien agréablement à la représentation : il y fut d'une vérité parfaite; c'était l'ennui et le chagrin personnifiés. M'!e Contât n'y déploya pas moins de talent... Lé lendemain de la première repiéseniittion, je trouvai Collin lisant dans le Journal de Paris l'article où l'on rendait compte du spectacle de la veille. On donnait des élnges à la pièce nouvelle; mais on disait que l'auteur avait beaucoup d'obligation à une ancienne comédie jouée, il y avait plus de quarante ans, à la Comédie- Italienne, sous le titre de la Gouoernaitte, et qui était d'un poète nommé Avissé. Ou ussurait que le Vieux célibataire n'était rien autre chose que cette pièce tirée de l'oubli, et remise h neuf. Notre curiosité une fois éveillée, nous n'eûmes puint de cesse que nous ne nous fussions procuré la pièce. Collin, dans le premier moment, parut frappé et presque effrayé de quelques rapports qui se trouvaient dans les (Jeux pièces; ils ne produisirent pas sur moi le même effet. Un parallèle plus dangereux^ peut-être pour Collin serait celui de sa pièce avec le Vieux garçon de Dubuisson. Un vers de cette comédie :
J'ai cent fois été près d'épouser ma servante,
adonné à Collin, ainsi qu'il a eu la bonne foi de le publier lui-même, la première idée de tiaiter ce sujet. >
Viom fui (lis), comédie en trois actes et en vers, d'Audritux ('f heâtre-Français, 6 juin 1810). Cett ■ pie-ce était primitivement en cinq actes; mais on la trouva longue, et l'auteur la nul eu trois actes, avec un prologue. Le sujet est à peu près le mémo que celui du Ci-devunt jeune homme ; mais cette dernière pièce se rapiiroihu du genre de la farci;, lundis que la comédie d'Audrieux, ingénieuse et spirituelle comme toutes tes œuvresdu même auteur, a un certain mérite littéraire. L'intrigue est peu de chose; tout consiste dans le caractère principal et dans les détails. Linant, jeune officier du génie, aime Constance, fille de Rohin, négociant retire, et il en est auué. Pour gagner plus sûrement l'amitié du pare, il se donne comme architecte. Roilin le traite bientôt en ami intime et lui confie son projet de marier Constance à Charles, neveu de Merville. Il fuit en ces termes le portrait ne Merville, le vieux fat :
Vous ne connaisses pas mon bon ami Merville. Diriez-vous bit-n qu'il est du même âge que moi? Voilà bien cinquante ans, oui, tout au moi us, ma foi 1 Que nous nous connaissons ; il n'en est pas plus sage Et croit se rajeunir en oubliant son âge. Léger dans sa conduite et dans ses sentiments, D'un jeune homme il atout, honnis les agréments; Rien ne lui pluit au monde autant que sa personne; Il met un peu de rouge, an indus on l'en soupçonne. Du reste, possédant mille talents divers, Chantant, dansant, brodant, faisant du petits vers, Avec ses airs charmants, dont il est idolâtre, C'est un original bon a mettre au théâtre... Souvent des jeunes fats on a fait le portrait; Les grâces que toujours sur la scène on leur donne l'ont qu'on les a joués sans corriger personne. Ou trouve aimable en eux ce qui devrait choquer; On va les applaudir au lieu de s'en moquer.
A Tact,.- suivant, Merville apparaît eu, négligé du mutin, luisant sa toilette et apprenant à son valet de chambre Lubrosse son amour pour Constance, la tille de son mui liollin. U a fait pour elle ce madrigal ;
Venez au bal ; quand vous daasez, Sur vos pas le plaisir s'élance; Et tandis que vous balancez, U n'est point de cœur qui balance.
LABROSSK.
Délicieux!
MERVILLE
Venez au bal ; quand vous dansez...
LABROSSE
Sur vos pas le plaisir s'élance;
MERVILLE
Et tandis que vous balancez...
LABROSSE
11 n'est point de cœur qui balance.
UERVILLli.
Le trait... te paralt-ilî...
LABROSSE
Charmant 1 Comme le calembour s'y mêle au sentiment!
Cependant, Rollin vient rendre visite a, sou ami Merville. Celui-ci s'apprête à partir et dit :
Je vais à Paris Faire une cavalcade, une aimable partie. Nous sommes quinze a vingt que le plaisir rallie, Tous jeunes gens.