VIF
VIGÀ
VIGA
Un ascendant mutin fait croître dans nos âmes Pour ce qu'on nous permet un dégoût triomphant, Et le goût le plus vif pour ce qu'on nous défend.
Piron.
— Brillant, éclatant : Un teint vif. Des yeux vifs. Des couleurs vives. Le soleil brille plus vif après l'orage. (V. Jacquemin.)
— Chair vive, Muscles; chair située profondément sous la peau ou au delà de chairs mortifiées : Couper dans la chair vive.
— Eau vive, Eau de source, eau courante pure et limpide : Une source d'EAU vive. Des sources d'EAUX vives sortent des veines d'un rocher aride. (Fléch.)
— Boche vive, Celle qui n'est point stratifiée et qui est dure et compacte. Il Hoc vif, Koc proprement dit, par opposition a la terre, au sable et autres matières friables dont il est couvert : Creuser jusqu'au ROC vif.
— Vif-argent ou Argent vif. V. vif-a-rgent à son rang alphabétique.
Ane. coût. Faire feu. vif, Etre domicilié.
Il Vive pâture, Saison de la glundée depuis la Saint-Michel jusqu'à la Saint-André. .11 Vif-gage. V. ce mot à son rang alphabétique.
— Chasse. Se dit des li^ux qui contiennent beaucoup de gibier : Forêt vive. Plaine vive.
— Archit. Vive arête, Arête qui n'est point abattue, qui est conservée telle qu'elle résulte de deux plans comigus que 1 on a taillés : Poutre à vivb arête. Pierre taillée à vive arête.
— Constr. Chaux vive, Chaux qui n'a pas été éteime,qui n'a pasèlé additionnée d'eau: On prétend qu'en stratifiant des os avec de ta chaux vive ils s'attendrissent et se réduisent facilement en poudre. (M. de Dombasle.)
Mar. Œuvres vives, Parties d'un navire
qui se trouvent immergées : Recevoir un boulet dans ses œuvres vives.
— Contra. Cheveux vifs ou naturels, Ceux qui ont été coupés sur la tête des personnes vivantes et qu'on emploie sans les avoir soumis aux lessivages ordinaires.
— Mécan. Force vice, Produit de la masse par le carré "de la vitesse.
— Chir. Dartre vive, Dartre rouge, irritée, enflammée.
— Méd. Pouls vif, Pouls fort et fréquent, sans dureté.
Agrie. Haie vive, Haie formée d'arbustes sur pied et en pleine végétation. Il Bois vif, Arbres ou branches qui ne sont point desséchés, dans lesquels se produisent encore les phénomènes ordinaires de la végétation. Se dit par opposition à bois mort.
Loc. adv. De vive force, Par l'emploi
de la force, avec des moyens matériels et violents : Enlever quelqu'un DE vive force. Prendre de vive force un poste ennemi.
De vive voix, En .parlant et non par
écrit : J'aime mieux lui écrire que de lui dire cela de vive voix.
— A vive jauge, Très-profondément dans la terre : Labourer a vive jauqe.
s. m. Chair vive : Couper dans le vif.
La balle a pénétré jusqu'au vif. Le maréchal a piqué ce cheval au vif.
Fig. Ce qu'il y a de profondément sensible ou de très-important : Le vif de la question. La plaisanterie chatouille l'épiderme, la raillerie atteint te vif.
— Trancher, couper dans le vif, Trancher, supprimer, sacrifier, attaquer résolument, sans ménagement : Un ouvrage n'a une véritable unité que quand on ne peut rien en ôter sans COUPER dans le VIF. (Aead.)
— Prendre sur le vif, Prendre, imiter, reproduire avec beaucoup de vérité et d'énergie : Ce sont des visages pris sur le vif et non des masques de convention. (T. Gaut.)
Piquer au vif, Offenser ou émouvoir
d'une manière sensible : Ce reproche l'a piqué au vif. Le blâme pique au vif les cœurs généreux. (Boss.)
Jm-ispr. Personne vivante : Acte passé
entre vifs, il Le mort saisit le vif. Axiome de droit d'après lequel l'héritier eiîtreen possession à l'heure même du décès de son auteur.
— Archit. Vif d'une colonne, Fût. Il Vif d'un piédestal, Dé.
— Constr. Partie dure d'un moellon : Bloc de pierre éboulinë jusqu'au vif.
Mar. Vif de l'eau, Forte marée ; époque où elle a lieu : Attendre le VIF DE l'eau pour faire voile.
— Fauconn. Oiseau vivant : Donner duviv au faucon.
— Syn. Vif, vivant. Vivant exprime la vie comme un fait actuel; vif l'exprime plutôt comme une qualité, une manière d'être sans laquelle l'objet ainsi qualifie ne correspondrait plus au point de vue sous lequel on l'envisage. Quand on brûlait vifs certains criminels, on se proposait de leur faire souffrir d'atroces douleurs, et si l'on n'avait jeté sur le bûcher qu'un cadavre, le but n'aurait pas été atteint. Mais, en parlant d'un père de famille, on dirait que Ses tils et ses tilles sont tous vivants, parce qu'alors il s'agit simplement de constater qu'ils viveut.
— Vif, ïioient. Vi/ peint l'état d'une personne ou d'une chose considérée en ellemême : Un homme vif est tel par sa nature, il est prompt à prendre feu, il se porte aux
choses avec ardeur ; une querelle vive passionne fortement, une douleur vive fait beaucoup souffrir. Violent peint l'effet extérieur: un homme uio/en7commetdes excès, il frappe ■ à tort et à travers, il injurie ; une querelle violente amène des violences; il y a des coups portés et rendus, des meubles brisés, etc.
VIF, bourg de France (Isère), ch.-l. de cam., arrond. et à 16 kilom. S. de Grenoble, près de la Gresse; pop. aggl., 1,043 hab. — pop. tôt., 2,324 hab. Fabrication de chapeaux de paille; moulinage de soie; fabrication de poterie de terre; tuileries. L'église paroissiale, construction du xivo siècle, est remarquable par son clocher, son portail et son abside.
VIF- ARGENT s. m. Nom vulgaire du mercure, métal liquide à la température ordinaire, ainsi dit a cause de sa couleur, analogue à celle de l'argent, et de sa mobilité. Il On dit quelquefois argent vif.
— Fam. Avoir du vif-argent dans les veines ou dans la tête, Etre du vif-argent, Se dit d'une personne très- vive.
VIF-GAGE s. m. Ane. eotit. Gage dont on laissait jouir le créancier, en imputant sur la dette les fruits dont le créancier profitait.
VIF-THIER s. m. (vi-ftié). Techn. Nom donné par les mineurs belges à la paroi verticale du fond d'une galerie : Le vif-thier exerçait une forte pression contre les madriers dont il était garni. (A. Burat.)
VIG ou W1G, rivière de la Russie d'Europe, Elle prend sa source dans la partie septentrionale du gouvernement d'Ulonetz, coule au N.-O., traverse le lac de Vigo du S.-E. au N.-O., baigne la partie N.-O. du gouvernement d'Arkangel et se jette dans la mer Blanche, après un <-ours de 270 kilom. Elle forme plusieurs cataractes.
Vigalois, le cliewnlter à la roue, poSme de Wirnt de Gravenbeifr.minnesinger allemand du xilie siècle. Ce poeine remarquablese rattache au cycle épique d'Artus et de la Table ronde. Un chevalier inconnu se présente à la, cour du roi Artus avec une ceinture magique; il devient le vainqueur d'une foule de chevaliers et amène avec lui Gauvain, qui a été également vaincu par lui. Arrivé dans son pays, il le marie ave sa nièce, Florie de Syrie, et Vigalois est le fruit de cette union. Gauvain retourne à la cour d'Artus, mais ne peut plus retrouver ensuite le pays qu'habite son épouse. Vigalois, devenu grand, arrive à la cour d'Artus, se fait armer chevalier et part pour Corentin, le pays do la belle Larie, qui est menacée d'un grand danger. Il combat et tue un terrible dragon, subit toutes sortes d'épreuves plus périlleuses les unes que les autres, délivre un esprit condamné pour son expiation à se promener dans les flammes, apprend par cet esprit qu'il est fils de Gauvain, et épouse enfin Larie. 11 invite son père a sa noce et se- fait connaître. Le poème fut composé de 1206 à 1211, sur un original français sans doute. L'auteur a pris part aux croisades et mourut à la cour du duc Berthold. En 1819 parut à Berlin une édition du poëme publiée par les soins de M. Benecke.
Vigamur, le cbevnlior à l'aigle, poëme allemand du xine siècle. L'auteur de ce poème est inconnu, mais il appartient incontestablement à la pléiade des minnesingersqui chantaient alors, en s'inspirant de modèles français, les exploits d'Artus et des chevaliers de la Table ronde. Vigamur est un compagnon d'Artus.'Vielson de La Colombière, dans son Théâtre d'honneur et de chevalerie, ne le cite pas à la vérité, au nombre des chevaliers de 'la Table ronde, mais il est certain qu'il n'a composé sa liste que d'après Chrétien de Troyes.Les aventures chantées par le poète sont les mêmes que celles de Vigalois etd'Iwein; comme ce dernier, Vigamur délivre un aigle des griffes d'un vautour, et l'animal reconnaissant ne quitte plus le chevalier. Le manuscrit du poème se trouve à AVolfenbùttel.et MM. Hagen et Busching Tout publié dans leurs Poèmes allemands (Berlin, 1808).
VIGAN s. in. (vi-gan). Comm. Sorte de gros drap qu'on fabriquait au Vigan.
VIGAN (lis), ville de France (Gard), ch.-l. d'arrond. et de caot., à 79 kilnin. N.-O. de Nîmes, sur la rive gauche de l'Ane, au pied d'un contre-fort de la montagne de Lespéron; pop. aggl., 3,840 hab. — pop. tôt., 5,024 hab. L'arrondissement comprend 10 cantons, 76 communes et 58,876 habitants. Tribunal de lte instance, justice de paix; collège communal; hospice civil ; chambres consultatives d'agriculture et des arts et manufactures. L'industrie, fort active, s'occupe principalement de la fabrication des bonnets de soie et de coton, de la filature de la soie, de la tannerie et de la mégisserie. Elève de vers à soie. Commerce de vins, huiles, cuirs, mules et chevaux. Le Vigan est le centre d'un bassin houiller, divisé en deux bassins secondaires : celui de CavailUtc et celui de Coularon. Son territoire produit, en outre, des carrières de marbre jaunâtre et de pierres lithographiques.
Le Vigan ne possède guère, en fait d édifices dignes de mention, que les suivants : un vieux pont gothique sur l'Arre, dont l'ar-
che médiane est d'une grande êlêjrance; la halle au blé, bâtie sur les ruines d'un temple romain dont on retrouve quelques fondements ; l'hôpital, dont la fondation remonte à 1190, et l'hôtel de ville. Au centre de la place principale de la ville s'élève la statue en bronze du chevalier d'Assas, posée sur un piédestal de marbre blanc.
La promenade du Vigan est célèbre dans tout le midi de la France par ta grosseur souvent vantée de ses vieux châtaigniers. On rencontre, à 1 kilomètre de la ville, la fontaine d'Isis, source ries plus pittoresques qui alimente toutes les fontaines du Vigan. Enfin, tout près de la fontaine d'i.-is, dans un vallon étroit, se trouvent les bâtiments de l'établissement thermal de Cauvalat, dont les eaux minérales, froides, sulfurées, caloiques, s'emploient indifféremment en bains et en boisson et possèdent les propriétés spécifiques des eaux sulfureuses.
— Histoire. Le Vigan, anciennement Vindomagus, paraît remonter k l'époque de la. conquête des Gaules par Jiiks César. Le Vigan moderne ne tient aucune place dans l'histoire. C'est h peine si quelques chartes du xi* siècle font mention de son Eglise, comprise dans le diocèse de Cahors, puis dans celui de Toulouse (1083). Le Vigan eut plus tard sa révolution communale, car on voit de bonne heure ses consuls siéger aux états de la province. An moyen âge, la ville soutint une lutte sanglante contre les routiers (1361) et finit par les .disperser. Son commerce prit, dè3 lors, un accroissement rapide etv au XV<» siècle, sa prospérité pouvait rivaliser avec celle des autres cités méridionales les plus industrieuses et les plus riches. Cette prospérité est aujourd'hui bien déchue et, depuis l'héroïque épisode du chevalier d'Assas, enfant du Vigan, aucun souvenir ne signale cette ville à l'attention de l'histoire.
V1GAND (Jean), théologien allemand, né à Mansl'eld-eii 1523, mort en 15&7. Elève do Luther et de Mélineluliori.il exerça les fonctions du ministère sacré dans différentes villes de la Poméranie prussienne et devint, en dernier lieu, surinteifllant de celte province. Outre un ouvrage de botanique, intitulé : Caialogus herbarum in Prussianascentium, on a de lui un grand nombre d'écrits théologiques, tels que : De imagine Dei in ht.mintbus ; Explicationes in Genesim; De viris illustribus Ecclesix, etc. Il avait travaillé avec Klaeeus lllyricus et autres aux CenlurisB Magdeburgenses (Bàle, 1562-1574, 13 vol.
in-fol.).
VIGANI (Jean-François), célèbre médecin et chimiste, né à Vérone vers 1650, mort à la fin du xvue siècle. Ce savant, qui passa presque tonte sa-vie en Angleterre, appartient à la grande école de Boyle. • Adversaire déclarè des théories obscures et souvent incompréhensibles des alchimistes, dit M. Hcafer, il prend l'expérience pour guide dans ses recherches et se glorifie de ne rien avancer qu'il n'ait lui-même vu et observé. Ou doit k Vigani plusieurs observations, qui sont comme les premiers éléments d'où la chimie moderne devait tirer la loi des proportions multiples et la notion des équivalents. Il se proposât de démontrer qu'une chaux (oxyde métallique) se comb.ne toujours avec la même quantité d'un même acide pour produire un composé (sel) déterminé. Vigani montra l'erreur que commettaient les chimistes qui croyaient que i'aniimoine communique ses propriétés au vin, sans rien perdre de son poids. Il prouva que l'éinétisation du vin est due à la combinaison du tartre qu'il renferme avec des particules antimoniales et que, par suite, l'antimoine immergé dans le vin perd une panie de son poids. Sous le nom de mercure vert (mercurius viridis), V.gani fit connaître Un remède énergique comme curalif des affections syphilitiques. Il indiqua aussi un mode de purification du vitriol vert (sulfate de fer) et un procédé pour préparer le nouveau sel d'ammoniaque (sulfate d'ammoniaque), sel dont il préconisait l'emploi comme médicament dans les maladies chroniques. Vigani n'a écrit qu'un seul ouvrage, intitulé : Aledulla chymiœ, variis experimentis aucta, maltisque figuris itlustrata tLoudres, 1683, in-18). C'est un petit traité d'une soixantaine de pages, dans lequel il expose les faits qu'il a découverts et les expériences dont il a été, témoin.
VIGANNE s. f. (vi-ga-ne). Vitic. Variété de raisin.
V1GANO (Salvator), célèbre maître de ballet, né à Naples en 1769, mort en 1821. Fils d'un compositeur et entrepreneur de ballets, il débuta à Rome, passa en Espagne, s'y maria et de là se rendit en Angleterre, où ii prit des leçons de Dauberval et de Vestris. A la Révolution, il se relira à Venise et parcourut ensuite l'Allemagne, puis visita les principales villes d'Italie poury monter ses ouvrages. Ses principaux ballets sont : la Fille mal gardée, Promelhée, Corioiun, la Princesse du Bois, Didon abandonnée.
V1GAROSY (Antoine-Benoît), publioiste et poète français, né à Toulouse en 1788, mort en 1857. Attaché, en 1807, à l'administration, de l'armée de Portugal, il fut fait prisonnier à Porto, recouvra la liberté après six mois de captivité, servit encore en Espagne
VIGE
comme lieutenant et comme aide de camp du - général Clause! et, après la Restauration, se retira à Mirepoix, dont il devint maire dans la suite. On a de lui : Récréations poétiques (1823), recueil de fables et de chansons; le Jugement dernier, poëma (Paris, 1825); l'Amaryllis , méditations , souvenirs et tableaux (1837); enfin, différents écrits sur des questions d'industrie.
V1GAROUS (Barthélémy), chirurgien français, né à Montpellier en 1725, mort en 1730. Nommé à l'âge (le vingt ans premier chirurgien interne de l'hôpital Saint-tëloi, à Montpellier, il fut reçu docteur après avoir exercé ces fonctions pendantsix ans et se fit remarquer par son habileté dans la pratique des opérations. Il devint ensuite démonstrateur adjoint aux écoles royales de chirurgie et, en 1755, chirurgien-major en survivance à l'hôpital Saint-Éloi. En 1768, il fut nommé chirurgien-major de l'hôpital militaire, puis professeur royal titulaire en chirurgie. L'un des praticiens les plus recherchés de Montpellier, Vigarous était membre de la Société royale des sciences de Montpellier et associé regnicole de l'Académie royale de chirurgie. Ses écrits ont été publiés par son fils, professeur de la Faculté de médecine de Montpellier, sous ce titre : Œuvres de-chirurgie pratique, civile et militaire de Vigarous, mises en ordre et publiées par son fits (Montpellier, 1812, in-s°). "
VIGAROUS (Joseph-Marie-Joachim), médecin français, fils du précédent, né à Montpellier en 1759, mort en 1829. Reçu docteur en 1780, il obtint, six ans plus tara, à l'Ecole de médecine de Montpellier, une chaire qu'il occupa, sans beaucoup d'éclat, jusqu'en 1825. Il fut, en outre, pendant quinze ans, président des jurys médicaux..On a delui ; Recherches sur l'origine et les sièges du scorbut et des fièvres putrides, traduit de l'anglais de Milman (Paris, 1787,. in-8°) ; Cours élémentaire des maladies des femmes ou Essai sur une nouvelle méthode pour étudier et classer tes maladies de ce sexe (Paris, 1801, 2 vol. in-8°); des Mémoires dans divers recueils scientifiques ; enfin un Traité sur la régénération des os, qui se trouve dans l'édition qu'il a donnée des Œuvres de son père.
VIGATTO, bourg du royaume d'Italie, province et district de Panne, mandement de San-Paucrazio-Parinense; 4,722 hab.
VIGEE (Louis), peintre français, né en 1727, mort en 1767. Peintre de genre et de portrait, il ne s'éleva jamais, dans son art, audessus de la médiocrité, et, si son nom a échappé k l'oubli, c'est surtout parce qu'il fut le père de la célèbre M'"" Lebrun, dont il sut, du moins, admirablement développer le talent naissant. On commît de cet artiste : deux Scènes de genre, gravées par Basan, et les portraits de M. de Sartine, du chirurgien Petit, de La Popelinière et de Belidor, gravés par Baléehou et Wiile.
VIGÉE (Louis- Jean-Bapliste-Etienne) , poète et auteur dramatique français, fils du précédent, né k Paris en 1768, mort en 1820. Introduit dans les salons par sa sœur, Mme Lebrun, qu'un talent supérieur pdtor la peinture faisait rechercher, il obtint, grâce à une figure agréable, grâce à quelques pièces de vers un peu fades, mais récitées avec chaleur, des succès, surtout auprès des femmes. > Les encouragements et les conseils de Dorât, dit M. de Ladtmcette, exercèrent sur Vigée une influence qui se remarque dans la marche et le style de ses comédies. Notre jeune homme quitta le barreau pour le Parnasse ; il voulut offrir une preuve nouvelle que la poésie est sœur de la peinture. 11 commença par jouer la comédie de société, et M'IeUoligtiy, dont, jusqu à son dernier jour, il est resté l'ami le plus fidèle, lui apprit ce qu'il appela lui-même i le talent de prononcer, d accentuer, de lire, en un mot, de manière à craindre peu de rivaux. » Ses débuts au théâtre ne furent pas heureux. Dépourvu d'originalité, il ne sut que remettre eu scène des sujets traités avant lui, et quelquefois sous le même titre. Telles sont ses comédies: les Aveux difficiles (1733), la Coquette{n8i), les Amour* timides (1785), la Belle-mère ou les Dangers d'un second mariage, VEutrevue (1788). Toutes ces pièces, jouées au Théâtre-Français, tombèrent après quelques représentations. Par la protection du comte de Vaudreuil, U avait obtenu la place de secrétaire du cabinet de Madame, comtesse de Provence, et, plus tard, celle de contrôleur à la caisse d'amortissement. La Révolution le priva de ces emplois. Il continua à travailler pour le théâtre et prit la direction de l' Almanach des Muses, où il inséra des poésies patriotiques de sa composition. Bien que président de la section de Brutus, 11 fut enfermé, comme suspect, dans la prison de Port-Royal en décembre 1793. Rendu u la liberté après le 9 thermidor, il reçut 2,000 francs sur les fonds accordés aux gens de lettres par la Convention nationale. Vigée se montra peu reconnaissant envers elle. Au 13 vendémiaire, il échappa par la fuite à un mandat d'arrêt, reparut l'année suivante, entra comme chef de bureau k la liquidation de la dette des émigrés et remplaça Laharpe, en 1803, dans la chaire de littérature de l'Aihénée. Pendant toute la durée de l'Empire, il prodigua l'encens à Napoléon, sans pouvoir lien en obtenir; mais il fut plus heureux avec
VI GË
Louis XVIII, qui, en 1814, le nomma son lecteur. Les productions dramatiques de Vigée appartiennent au genre appelé marivaudage. En poésie, ses pièces fugitives sont ce qu'il a t'ait de mieux; on y trouve de la facilité et de l'esprit. On a souvent répété ce vers heureux de son Epitre à Ducis ; Je suis riche des bieDS dont je sais me passer.
Toute sa vie il soupira après un fauteuil académique. C'est en vain qu'il avait d'abord employé la flatterie envers les académiciens. Repoussé encore lors de la création de l'Institut, il lança, à ce propos, l'épigramme suivante, imitée de Piron :
Ci-glt qui fit des vers, les ût mal et ne put, " Quoiqu'il fit sans esprit, entrer a l'Institut.
François de-Neufchâteau répondit par ces quatre vers :
Vigée écrit qu'il est un sot; Pense-t-il qu'on le contredise?
Non, l'épithète est si précise Que tout Paris le prend au mot.
La meilleure édition de ses poésies est celle de 1S13, in-18. Nous donnons la liste de ses pièces : Colin et Colette (1779); le Jeune homme corrigé, comédie en un acte et en vers (1780), non représentée; les Aveux difficiles, comédie en un acte et en vers (Co-~ médie-Française, 84 février 1783) ; la Fausse coquette, comédie en trois actes et en vers (Comédie-Française, 6 novembre 1784) ; la Belle-mère ou les Dangers d'un second mariage, comédie en cinq actes et en vers (Comédie-Française, 24 juillet 1788); cette pièce n'eut que six représentations; {'Entrevue, comédie en un acte et en vers (Comédie-Française, 6 décembre 1788), tirée d'un conte en prose d'Imbert, eut un certain succès; la Vivacité d l'épreuve, comédie en deux actes et en vers (Comédie - Française) ; la Mutinée d'une jolie femme, comédie -en un acte et en vers (Comédie Française, 1793); les Amoursde quinze ans on H n'y a plus d'enfants, comédie; Orosma ou la Princesse de Babylone , opéra (non représenté);le Double embarras, comédie en deux actes et en prose (non représentée) ; les Amants timides, comédie en un acte et en vers (non représentée); Encore une épreuve, comédie en trois actes et eu vers libres (non représentée) ; Roger et Gerlrude, opéra-comique en trois actes; Ninon, en un acte et en vers; le Maître de maison, en un acte et en prose.
V1GÉB-LEBRUN (Mme). V. LEBRUN.
VIGENÈRE (Biaise de), littérateur français, né k Saint-Pourçain (Bourbonnais) en 1523, mort à Paris en 1596. Il fit ses études à Paris, débuta comme employé dans les bureaux du premier secrétaire d'Etat, puis accompagna M. de Grignan, envoyé de Franco à la diète de Worins. A son retour, il devint secrétaire du duc de Nevers. Son protecteur étant mort, Vigenère se refit écolier à l'âge de trente-neuf ans et étudia le grec et l'hébreu sous la direction de Turnèbe et de Dorât. En 1566, il alla à Rome avec le litre de secrétaire d'ambassade; puis, vers 1584, il fut nommé par Henri HI secrétaire de sa chambre. Les principaux ouvrages de Vigenère sont : Traité des comètes avec leurs- causes et effets (Pari-, 1578, in-8°) ; Traité des chiffres (Paris, 1586, in-4»); Discours sur l'histoire de Charles Vil (Paris, 1589, in-8°); Traité du feu et du sel (Paris, 1608, iu-4<>). On lui doit, en outre, des traductions des Chroniques de Pologne et des Commentaires de César, etc.
V1GENNA, nom latin de la Vienne.
VIGEOIS, bourg de France (Corrèze), ch.-l. de cant., arrond. et à 39 kilotn. N. de Brive, près de la Vezère ; pop. aggl., 708 hab. — pop. tôt., 2,517 hab. Filature de laine, moulins, scierie mécanique; fabrication de charbon de bois ; commerce de bestiaux. Ancienne église, classée au nombre des monuments historiques.
V1GEON s. in. (vi-jon). Ornith. Espèce de canard d'Amérique, qui vient déterrer la nuit, dans les champs, les patates dont il se nourrit.
V1GEONNER v. a. ou tr. (vi-jo-né — rad. vigeon). Déterrer avec les doigts, en pariant des patates.
VIGER (François), en latin Vigcria», érudit français, mort à Rouen, sa ville natale, en 1047. Il appartenait à l'ordre des jésuites et était profondément versé dans les langues classiques. On a de lui une excellente traduction latine des livres de la Préparation éuangélique d'Eusèbe (Paris, 1628, 3 vol. infol.) et un traité, De idiotismit prmcipms lingus grscx (1632, in-12). Plusieurs hellénistes ont fait successivement des additions importantes à cet ouvrage, qui, de nos jours, est encore en usage dans les écoles d'Allemagne, de Hollande et d'Angleterre. La meilleure édition est celle de Glasgow (1825, iii-8<>).
VIGESIMO adv. (vi-jé-zi-mo — mot lat.
formé de vigesimus, vingtième). Vingtièmement ; on se sert de cette forme latine dans les énumérations, lorsqu'on a compté jusqu'à ce nombre au moyen des autres adverbes
latins : Primo, secundo, tertio vigekimo,
et l'on, continue par vigesimo primo, vige- SIMO secundo, etc.
V1GEVANO, la Viclumvim des Romains, ville du royaume d'Italie, province et k |
VIOI
35 Kilom. O. de Pavie, district de la Lomelline, chef-lieu de mandement; 17,673 hab. Evêché suffragant de Verceil. Manufacture de soie; fabrication de tissus de fil et de coton, chapeaux, savon, macaroni. Vîgevano, ville très-ancienne, entourée de murailles, renferme plusieurs édifices remarquables, entre autres la cathédrale, ornée de plusieurs tableaux fort estimés ; le palais des écoles royale et communale, la belle caserne de cavalerie, qui était autrefois un château appartenant aux Viseonti. De ce château, on descend sur la place de la cathédrale en passant sous les arcades qui soutiennent une très belle tour dessinée par Bramante. L'hô-. pital, le séminaire et l'évêché sont aussi des constructions qui méritent d'être mentionnées. Cette ville, autrefois titre d'un comté, est la patrie de Louis le More , de François II , dernier duc de Milan de la famille des Sforza. Aux environs de Vigevano, on trouve la maison de plaisance appelée Sforzesca, du nom des ducs de Milan auxquels elle appartint autrefois.
VIGGIANELLO, bourg du royaume d'Italie, province de la Basilicate, district de Lagonegro, mandement de Rotonda; 5,420 hab.
V1GGIANO, ville du royaume d'Italie, province de la Basilicate, district et à 35 kilom. S. de Pbtenza, chef-lieu de mandement; 5,025 hab. On y voit une belle église dédiée à Sainte-Marie, et aux environs, sur le mont Viggiano, une chapelle visitée par de nombreux pèlerins.
V1GGHJ, bourg du royaume d'Italie, province de Corne, district de Varese, mandement d'Arcisate ; 2,205 hab.
VIGIE s. f. (vi-jî — du lat. vigil, sentinelle; de vigilia, veille). Mar. Matelot placé en sentinelle dans la mâture : Le temps était fort clair, et, sur l'une et l'autre frégate, des vigies furent constamment au haut jies mâts. (La Pérouse.) Il Surveillance exercée par le matelot: Mettre un matelot en vigie. Etre en vigie. U Sentinelle placée sur une hauteur, pour surveiller la mer au loin, et faire des signaux dans certains cas prévus. Il Hauteur ou édifice propre a placer une de ces sentinelles : Sur les cotés se succèdent des tours à fanaux, des vigies, des monuments druidiques, des ruines et des châteaux ; la mer borne te tout. (Chateaub.) Il Haut-fond.Vieux en ce sens. »
— Argot. Voleur à la vigie, Celui qui exerce son industrie sur l'impériale d'un omnibus ou d'une diligence, soit en dévalisant ses voisins, soit en faisant rouler à terre des colis que des compères ramassent, n Vol à la vigie, Vol commis par un voleur à la vigie.
— Chem. de fer. Logo vitrée, établie pour la surveillance des trains, au sommet d'un des wayons qui les composent.
- — Encycl. Dès qu'un navire s'approche de terre, le capitaine ordonne k l'un île ses hommes de grimper au haut d'un mât, afin d'avertir quand il apercevra la côte. Si l'on revient, après un long voyage, vers les rives natales, ce cri : Terre/ poussé par la vigie est attendu avec une impatience fébrile, qui se manifeste par des hourras et des acclamations extraordinaires. Dans ce cas, on place en vigie le matelot qui a la vue la plus perçante; mais i! n'est pas seul à guetter ; tout le monde, équipage et passagers, se hisse le long des mâts, cherchant à découvrir le premier la terre.
Dans les voyages de découvertes, des vigies au regard perçant se succèdent continuellement au haut des mâts, afin de découvrir les terres les plus lointaines et de les annoncer, quelle que soit la direction dans laquelle elles se trouvent.
En temps de guerre, les vigies annoncent l'approche d'un navire, font connaître ses couleurs et donnent les renseignements au Capitaine, qui ayït en conséquence. Il en est , de même de la vigie placée h terre; elle surveille tous les navires qui s'approchent de la côte ou qui s'en éloignent.
On appelle aussi vigie le lieu où se tiennent en observation les sentinelles. Ainsi la langue française exprime par le même terme le contenant et le contenu. Nous appelons vigie l'homme qui observe une côte et le lieu où cet homme s'établit pour observer. Ordinairement, la vigie (lieu) est située k l'extrémité d'une pointe. Aussitôt qu'une voile s'aperçoit, la vigie (homme) fait marcher une sorte de télégraphe aérien qui annonce le navire, puis sa nationalité, lorsqu'il est possible de distinguer ses couleurs. Ce signal, aperçu du port le plus prochain, est l'avantcoureur des navires étrangers.
Dans quelques ports de mer, les vigies se cotnposent simplement d'une tour surmontée d'un télégraphe. Telle est la Tour des signaux, k Roohei'ort.
C'est enfin le nom que l'on applique à un rocher isolé au milieu de la nier, paraissant très peu au-dessus de la surface de l'eau, ou, s'il ne paraît pas, s'en rapprochant assez pour qu'il soit impossible de passer au-dessus sans le toucher. Dans ce dernier cas, sa présence est annoncée par un remous marqué en temps de calme et lorsque la mer est peu agitée. Dans les moments de tempête, les vigies peuvent surprendre le marin le plus habile, car rien ne révèle leur présence.
Lorsque les vigies dépassent la surface de la mer, ce sont de petits Ilots dépourvus de
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terre végétale. Les cartes marines en indiquent un grand nombre, mais en omettent plus encore. Malgré cela, la plupart des capitaines de vaisseau dirigent leur route en suivant mathématiquement les indications des caries marines et comme si la position des vigies était bien assignée; en agissant ainsi, ils mettent leur responsabilité a couvert; ils portent d'ailleurs leurs soins à vérifier l'existence et la position des vigies et réparent les oublis ou redressent les erreurs qui peuvent figurer sur leurs cartes.
V1G1ER, émailleur de Limoges qui vivait dans la seconde moitié du xvie siècle. Aucun détail de sa vie ne nous est parvenu. Tous les ouvrages que l'on connaît de cet artiste portent l'une de ces deux dates, 1556, 1557. Ce maître n'anrait-il consacré que ces deux années à l'exercice de son art? C'était un véritable artiste, lin, spirituel; son exécution est nette, et il a une délicatesse charmante dans 1'npplication des tons de chair; ses ressources sont infinies dans le travail de la pointe. Dans la technique, il procède de Léonard Limousin et de Martin Didier (v. ces noms). Vigier s'est exclusivement occupé de grisaille. On a de lui ; le Mois d'avril et le ilfo<\s d'octobre (au Louvre); de belles coupes, de grands plats (collections Pourtalès, Baring et Caliet), etc.
VIGIER (Gérald ou Gérard), hagiographe français, mort en 1638. Il appartenait à l'ordre des carmes déchaussés et, dans la retraite du cloître, écrivit les ouvrages suivants : Histoire parénétique des trois saints protecteurs de la haute Auvergne (Paris, 1535, in-8°); la Monarchie sainte, historique, chronologique et généalogique de France, traduite du latin en français par le carme Modeste de Saint-Amable (Paris, 1670-1672, 2 vol. in -fol.). C'est un recueil des biographies des saints et des bienheureux issus de la première race des rois de France.
VIGIER (Jean), jurisconsulte français, né aux enviions d'Angoulême vers 1575, mort en 1650. Avocat au parlement de Paris, il est connu comme l'auteur d'un ouvrage sur les Coutumes du pays et duché d'Angoumois, Aunis et gouvernement de La Rochelle, avec la comparaison des deux coutumes et tu déclaration d'usage (Paris, 1650, in-fol,; 1720, in-fol., 2<J édition, avec additions, publiée par le petit-fils' de l'auteur), Pierre Gaudillaud, sieur de Fontfroide, avait déjà cherché k expliquer les difficultés de la coutume d'Angoumois, et il avait composé dans cej but une Exposition sommaire où se révèle, il est vrai, beaucoup de science, beaucoup d'esprit critique, mais qui ne peut être considérée après tout que comme une sorte d'index des arrêts rendus sur les points de controverse qui divisaient les jurisconsultes de son temps. Il n'en est pas de même du livre de Jean Vigier. C'est un véritable livre d'histoire, complétant celui de Co lieu et lui faisant suite naturellement. Jean Vigier appartenait k la religion protestante, et au premier coup d'oeil jeté sur son livre on peut affirmer que sa clientèle était composée presque entièrement de calvinistes. Il partageait son temps entre les devoirs de sa profes-ion et les lettres. -
VIGIER (Jacques), avocat, mort en 1698.
Il obtint en 1659 le privilège de réimprimer avec annotations la Coutume d'Angoumois, dont l'édition était épuisée; mais la persécution religieuse commençant à sévir, les sacrifices qu'il crut devoir faire k la cause protestante et q'i'il s'imposa pour elle l'obligèrent d'ajourner indéfiniment l'exécution de ce projet. Il ne songea plus qu'à se consacrer au service de ses coreligionnaires, et c'est lui qui, de 1660 k 1685, réuigea la plupart des faetnms adresses au roi par les Eglises de la Saimonge pour obtenir dans leur forme et teneur l'exécution des anciennes lois protectrices de la liberté des cultes. Quand les commissaires chargés de recevoir les plaintes des protestants du royaume au sujet des contraventions à l'édit de Nantes traversèrent l'Angouniois, où ils séjournèrent k plusieurs reprises, Jacques Vigier, honoré d'une délégation spéciale, vint soutenir devant eux les droits de ses compatriotes sans cesse méconnus. Déjk,en 1661, il avait publié un mémoire intitulé : Du droit exercice de la religion prétendue réformée en tous les lieux où il se trouve fait maintenant, qui lui valut une réponse du syndic du clergé d'Angoulême (Angoulêine, 1664, in-4°), et k ce moment il rit paraître une seconde édition de son livre avec pièces k l'appui. Mais c'était l'heure des con> ersions forcées ; déjà les dragons de Louvois commençaient k parcourir la province. Vigier, après avoir usé son énergie dans une lutte inégale, ce la à la force brutale. Affaibli par l'âge et brisé par le chagrin, il abjura le protestantisme.
VIGIER (François- Antoine) , théologien français, mort eu 1752. Il était oratmieu, professa avec succès dans divers collèges de sa congrégation, fit, en dernier lieu, des conférences au séminaire Saint- Magloire et fut chargé par M. de VintitniUe, archevêque de Paris, de composer un nouveau bréviaire pour son diocèse. Cet ouvrage, publié en 1736, souleva, de la part des ultramontains et des jésuites, une foule de critiques et d'attaques auxquelles Vigier répondit par trois Lettres. Ce bréviaire est aujourd'hui, à quel-
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ques variations près, en usage.dnns la plupart des diocèses de la France. On a, en outre, du PêreVigier un Martyrologe de Paris.
VIGIÊRE s.,f. (vi-jiè-re— de Vigier, nom propre .l'homme). Bot. Syn. d'ESCALLONiE et de jussi<£a, genres de plantes.
VIGIGRAPHE s. m. {vi-ji gra-fe — de vi-
flie, ei du gr. graphe, j'écris). Espèce de téégiaphe de vicies qui se correspondent. Il Employé qui manoeuvre ce télégraphe.
VIGIGRAFHIE s. f. (vi-ji-gra-fl — rad.
vigigraphe). Système télégraphique des vigies.
VIGIGRAPHIQUE adj. (vi-gi-gra-fi-ke — taA.vigiyraphie). Qui a nippon à la vigigraphie : Système vigigraphiquk. Signaux vigigraphiques.
ViGtLAMMENT adv. (vi-ji-la-man — rad.' vigilant). Aveu vigilance.
VIGILANCE s. f. (vi-ji-lan-se — lat. vigilantia; de viyilare, veiller). Surveillance attentive qui a pour but de prévoir, de prévenir ou de signaler : Montrer de la vigilance. Tromper la vigilance de quelqu'un. Par la loi, l'autorité n'est pas un joug, mais une vigilance paternelle. (Mass.) Si la vigilakck est vtile à la vertu, elle est bien plus nécessaire au vice. (Beauinareh.).
— Blas4 Pierre qu'une grue tient dans sa patte, comme on croyait que ces oiseaux le faisaient pour s'empêcher de dormir : De Iiurgnes de Missiessg : De gueules, au château donjon ne de trois tours d'or, celle du milieu sommée d'une grue du. même, tenant sa vigilance.
— Syn. Vigilance, allenllon, exactitude, etc. V. ATTENTION.
VIGILANCE (Publius), érudit allemand, né à Strasbourg dans lu deuxième moitié du xv» siècle, mort en 1512. Après avoir fait - ses études à Francfort-sur-l'Oder, il y obtint une chaire de poésie, h laquelle il joignit plus tard celle de philosophie et de littérature grecque et latine. Il fut assassiné en Souabe, ense rendant en Italie dans le but d'y étudier les monuments de l'antiquité littéraire. On a de lui un recueil à'Epiyrammes et poésies diverses ; Pro gymnasticu Marchionis Joachini ; De situ et conditione urbis Erancophordianse et acadcmias ejusdem.
VIGILANT, ANTE adj. (vi-ji-tan, an-te — lat. vigilant; de viyilare, veiller). Qui montre de la vigilance, qui veille avec attention: Un gardien vigilant. Un chien vigilant.
L'œil vigilant du maître. Une sentinelle ne peut jamais être trop vigilante. (Saint-Mare Girard.)
— Qui est fait avec vigilance; qui est in» spire par la vigilance : Une garde vigilante. Des soins vigilants. Une vigilante attention.
— Poétiq. Qui se meut constamment, jour et nuit :
• Teut-étrc, avant que l'heure en cercle promenée Ait posé sur l'émail brillant, Dans les soixante pas où sa C0urse eSt bornée,
Son pied sonore et viyilanl.
Le sommeil du tombeau pressera ma paupière.
A. Cuéhier.
— s. m. Mumin. Vigilant du Brésil, Nom vulgaire du raton.
— s. f. Espèce de voiture publique usitée en Belgique.
— s. f. pi. Arachn. Famille d'aranéides.
VIGILANTIËN s. m. (vi-ji-lan-si-ain). Hist.* relig. Membre d'une secte fundée, au commeu.etnetit du Ve siècle, par Vigiiantius, qui proscrivait les reliques et niait les miracles.
Y1GII.ANT1US, hérésiarque gaulois de lu fin du IVe siècle, né à Cïlzeres, pays de Cornniinges. Il commença par aller vendre du vin en Espagne, puis devint prêtre à Barcelone, irvisua ensuite la Palestine avec saint Jérôme, dont il s'attira i'animadversion par son intervention dans la lutte que celui-ci soutenait contre Jean de Jérusalem et Ruffiu. A son retour en Gaule, V.gilantius s'éleva, dans ses discours et dans ses écrits contre le culte rendu aux reliques des martyrs, attaqua les miracles qu on leur attribuait, la profession monastique, le célibat des prêtres, etc. Saint Jérôme le réfuta dans des lettres et dans un Iran 6 où l'on regrette de trouver les traces d'un ressentiment personnel. La doctrine de ce sectaire ne nous est connue, au reste, que par les invectives passionnées de son adversaire.
VIGILE s. m. (vi-gi-le — lat. vigil; de vigere, être vigoureux). Antiq, rom. Garde de nuit.
VIGILE s. f. (vi-ji-le — lat. vigilia, veille). Liturg. Veille, dans le langage de l'Eglise : La vioiLii de la Toussaint, de la Noël, il Vigile et jeûne, Vigile-jeûne ou simplement Vi~ gile, Veille de certaines fêtes où l'Eglise impose l'obligation de jeûner; jeûne imposé par l'Eglise ; Avant de faire vigile-jeûne, on peut bien se permettre une espèce de petit carême-prenant (Vitet.)
Est-il donc, pour jeûner, quatre-temps ou vigile 9
Bon. eau.
Il Vigiles des morts, Matines et laudes de l'office, que l'on récite d'ordiuaire la veille d'un service solennel pour un mort ou pour tous les morts.
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— Encycl. Pour trouver l'origine de cette dénomination, il faut remonter aux temps où l'on persécutait les chrétiens. Ceux-ci étaient obligés de cacher leur culte, de ne s'assembler que la nuit, et c'est ce qui leur fit donner le nom de nation ténébreuse. On peut donc trouver là une raison de la dénomination de vigile. On peut encore trouver cette origine dans l'habitude qu'avaient les fidèles de passer en prières la nuit du samedi au dimanche de Pâques. Peu à peu cette manière de célébrer les veilles s'étendit aux autres fêtes des mystères et même aux anniversaires des martyrs. Quand les moeurs des chrétiens se furent un peu relàehées, il s'y mêla quelques abus; quelques personnes pieuses s'avisèrent de pratiquer, par dévotion, des veilles particulières, de passer la nuit à prier dans les cimetières. L'Église fut obligée de réunir un concile pour réprimer cet abus. Le trente-cinquième canon de ce concile disait: «Nous défendons aux femmes de passer la nuit dans les cimetières, parce que souvent elles y commettent des crimes sous prétexte de prier.»
Aujourd'hui, dans l'Eglise catholique, on nomme vigile le jour qui précède toute solennité religieuse assez importante pour qu'il soit ordonné de s'y préparer par te jeûne et par l'abstinence.
Vigiles du roi Charles Vil, poSme composé au xve siècle (14S2) par Martial d'Auvergne. En voici le titre complet : Vigiles die roi Charles Vil à neuf psaumes et neuf leçons. Ce titre est emprunté à la liturgie et à la forme, alors populaire, de la poésie sacrée. On désignait par le nom de vigiles, au xve siècle, le grand of|ïee des morts. Le poëte indique donc, par son titre, qu'il va chanter les vigiles des morts du temps de Charles VII. Mais c'est en vers français, et non en langue d'église, qu'il a composé son chant mortuaire; et, comme l'a remarqué M. A. de ^Montaiglon , la division en neuf psaumes et en neuf leçons n'est guère qu'apparente; elle équivaut en réalité à une division en neuf livres. Le poème est en vers de huit syllabes et en quatrains, sauf quelques morceaux où l'emploi d'autres mètres a pour but de produire des effets plus poétiques. C'est au fond une chronique rimée, mais une chronique vive, attachante, où la vérité des peintures s'unit k l'intérêt. Elle a pour objet la guerre avec les Anglais, les revers qui affligèrent la France au début, puis les triomphes miraculeux qui finirent par ne laisser à l'ennemi que la ville de Calais. Les événements qu'elle raconte commencent en 1422 et se terminent en 1461.
Martial d'Auvergne composa son poème sous lu règne de Louis XI ; mais il ne le publia que sous Charles VIII. Les sentiments favorables qu'il y montrait pour Charles VII ne pouvaient se produire du vivant de Louis XI, k cause de l'inimitié que celui-ci portait à son père. La Bibliothèque nationale de Paris conserve, dans ses manuscrits (n<> 9,677), le manuscrit original des Vigiles. Il est admirablement exécuté. A la tin se trouve une miniatuie qui représente l'auteur offrant son livre au jeune Charles VIII. Après la miniature sont écrits les mots suivants : t Expliciunt (sunt finies) les vigiles de la mort du feu roy Charles septième..., achevées à Challiau (Chaillot), près Paris, la vigile Saint-Michel 1484. Excusez l'acteur (l'auteur), qui est nouveau. Martial de Paris. • Il ne faut pas oublier que Murtiaf de Paris était le même que Martial d'Auvergne. Les Vigiles ne sont pas seulement importantes au point de vue historique; elles intéressent en même temps au point de vue des j mœurs, des usages, des coutumes, d'un grand nombre de détails précieux, et elles jettent aussi du jour sur l'esprit de l'époque par les réflexions que fait assez fréquemment l'auteur. C'est de ces derniers passages j que nous croyons devoir extraire quelques I citations. Voyez avec quelle compassion le poëte déplore les maux que la guerre apporte au pauvre peuple :
Hé, n'est-ce pas moult grant pitié Qu'à cause du train de la guerre, Qui ne vient que d'inimitié, 11 faille tant de maux acquerreî
Femmes devenir en veuvage.
Enfants perdre leur père et mère, Et les allés leur mariage; Hélas ! quelle douleur anière !
User de force et de puissance, Pucelles ravir, defflorer, Femmes prendre par violence, Puis tout piller et dévorer.
L'un des morceaux les plus curieux est un passage satirique contre ces hommes d'Eglise riches et avides, qui ont jusqu'à huit ou neuf prébendes, abbayes et prieurés :
Mais qu'en font-ilz? ili en font bonne chiêre; Qui les dessert? ilz ne s'en soucient guère ; Qui fait pour eulx? ung autre tient leur place; Mais où vont-ils? ilz courent a la chaçe; I Et qui chante? ung ou deux povres moines;"
Et les abbez? ilz auraient trop de peines, De contempler ; ce n'est pas la manière; Et du service? il demeure derrière; Où va l'argent? il va en gourmandise; Et du conte? sont les biens de l'Eglise, Et les offrandes? en chiens et en oyseaulx ; Et des habits? ilz son/ *ous damoyseaux;
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Et les rentes? en boings et en luxure; »
De prier Dieu? de cela l'en n'a cure;
Et povres gens? ceulx la meurent de faim ;
He n'onl-ilz rien? l'en ne leur donne brin (un
Où charité? est en pèlerinage;' [brin);
Hc que fait Dieu? il est bien aise es cicuU;
He quoi! dort-il? l'en^n'en fait pis, ne mieulx. La première édition des Vigiles fut imprimée par les soins de l'auteur lui-même, vers - 1492, chez Le Caron, à Paris, en caractères gothiques. La seconde édition est de 1493, chez Jean Du Pré (Paris, in-4°). Ou a aussi des éditions de 1500, in-fol., chez Robert Bouchier; de 1505, in-4°, chez Michel Lenoir, et quelques autres après 1500. Urbain Coustelier a réimprimé les Vigiles dans la collection des Anciens poêles français, sous ce titre : les Poésies de Martial de Paris, dit d'Auvergne (Paris, 1724, 2 vol. pet. in-8°).
VIGILE, pape, né à Rome, mort à Syracuse en 555. Il lut élevé eu 537 au siège pontifical et dut son élévation aux intrigues de l'impératrice Théodora, femme de Justinien, et aux armes de Bélisaire ; toutefois, son élection fut généralement acceptée l'année suivante. Vigile ne remplit pas complètement les espérances de ceux qui l'avaient fait nommer. Appelé à Constantinople pour décider une question relative k des controverses religieuses, il ne s'y rendit que l'année suivante, flotta quelque temps dans une irrésolution sans dignité, subit quelques persécutions de la part de l'empereur, et liait par adhérer aux décisions du concile de Constantinople (553). II mourut k son retour.
VIGILE, évêque de Tapsus, en Afrique, qui vivait vers la tin du v<J siècle. Enveloppé dans la persécution d'Huuéric , roi des Vandales (484), il fut privé de son siège et se réfugia k Constantinople. Adversaire ardent dus ariens, des nestoriens et des eutychéens, il composa contre eux des écrits qu'il fit paraître, pour la plupart, sous le nom des Pères de l'Eglise. Sus Œuvres ont été publiées parle Père Cliifflet (Dijon, 16G4). On a des doutes sur l'authenticité de quelques-uns des traités qu'elles contiennent.
VIG1NTIVIR s. m. (vi-jain-ti-vir — mot lat. formé de viginti, vingt, etdem'r, homme). Hist. rom. Nom donné a vingt fonctionnaires de Rome, chargés de la monnaie, des prisons, du soin et de la police des rues, de l'exécution des condamnés. Il Nom donné k vingt magistrats qui furent créés dans le tue siècle pour défendre les entreprises de Maximin contre l'Italie. Il Titre des magistrats de certains municipes.
VIG1NTIVIRAT s. m. (vi-jain-ti-vi-ra — rad. vigiutioir). Aiitiq. rom. Dignité, fonctions des vigintivirs.
VIGL1US, jurisconsulte hollandais, né en 1507, mort en 1577. Il étudia le droit dans les principales .écoles de son pays, puis à Dôle et à Valence, où il se fit recevoir docteur. De là, il alla professer à Avignon, d'où il se rendit à Bourges, où le célèbre Alciat, lors de son départ pour, l'Italie, lui céda sa chaire, que Viglius occupa deux ans. Après avoir visité ensuite l'Allemagne et l'Italie, il revint dans les Pays-Bus, où il chercha, en se servant du crédit qu'il possédait auprès du duc d'Albe, à ramener ce dernier k des mesures plus modérées. N'ayant pu y réussir, il entra dans les ordres, devint chanoine de Gand eu 1569 et fut nommé plus tard, par don Juan d'Autriche, gouverneur de Hollande et de Gueldre, président du conseil privé; mais il mourut bientôt après du chagrin qu'il éprouva en voyant que ses conseils n'étaient pas plus suivis qu'auparavant. On a de Viglius : des Notes sur le titre des testaments, qu'il publia à Padoue; une édition des lustitutes de Justinien, qui parut à Bâle, et un Mémoire autobiographique, que Papendrecht a inséré dans ses Analecla liettjica. Sa vie et son élngeont en outre été, depuis un siècle, le sujet u'uue dizaine d'ouvrages différents, publiés en Belgique.
V1GNA s. m. (vigh-nu). Bot. Genre do plantes, de la famille des légumineuses, tribu des phaséolées, formé aux dépens des dolies, et comprenant un assez grand nombre de sous-arbrisseaux, grimpante , qui croissent dans les régions tropicales de l'Asie et de l'Amérique et au Cap de Bonne-Espérance.
V1GNACOURT , bourg et commune de France (Somme), cant. de Picquigny, arror.d. etk nkilom. N.-O. d'Am.ens;3,6i2hab. Filature de colon ; fabrication de toiles et de cordages.
VICNACODRT (Alof de), cinquante-troisième grand maître de l'ordre de Malte, né en 1547, mort en 1622. Admis dans l'ordre dès sa naissance, il en fut l'un des membres les plus vaillants,et il était grand hospitalier de France lorsque, en 1601, il fut élu grand maître en remplacement dé Martin Garcez, En dépit des difficultés sans nombre qu'il eut k surmonter pour défendre et maintenir les privilèges de l'ordre, sans cesse en butte aux attaques des souverains étrangers et même du pape, son administration produisit d'heureux résultats. Ainsi, il restaura et accrut la marine de l'ordre, rétablit les fortitications de Gozo et de l'Ile de Comino, et enfin lit construire le magnifique aqueduc qui, dans la ville de Malte, s'étend de la cité Notable à la cité La, Valette.
VIGN
VIGNACOURT (Pierre-Adrien de), soixantedeuxième grand maître de l'ordre de Malte, neveu du précédent, né en 1618, mort en 1697. Encore au berceau, il fut nommé par son oncle commandeur de, l'ordre, et il en était trésorier lorsqu'il fut élu grand maître en 1690. Aucun fait saillant ne signala son administration, à laquelle on a reproché beaucoup de faiblesse. Il dota Malte d'un vastn arsenal de construction et de plusieurs autres établissements utiles.
VIGNACOURT (Adrien de La Vieuville, comte db), littérateur français, mort en 1774- Entré en 1692 dans l'ordre de Malte, il revint en France après quelques campagnes et s'adonna k la littérature nouvelle. Plusieurs de ses ouvrages et écrits d'un style naturel et agréable auraient suffi pour lui acquérir à son époque une réputation assez étendue; mais le succès de ses compositions ne put le décider à s'en avouer l'auteur. 11 poussa si loin l'insouciance k cet égard, que, lorsqu'on eut répandu le bruit qu'il n'était que le prête-nom du comte de Vaudrey, il ne fit aucune réclamation. On possède de lui : la Comtesse de Vergy, nouvelle historique, galante et tragique (Paris, 1722, in- 12), souvent réimprimé; Adèle de Ponthieu, nouvelle historique (Paris, 1723, 2 vol. in-12); les Amusements de la campagne ou le Défi spirituel (Paris, 1724, in-12); les Aventures du prince Jakaga ou le Triomphe de l'amour sur l'ambition, anecdotes secrètes' de la cour ottomane (Paris, 1732, 2 vol. in-12); Histoire de Lideric, premier comte de Flandre, nouvelle historique et galante (Paris, 1737, in-12); Gaston de Foix, quatrième du nom, nouvelle historique , gulante et tragique (Constantinople [Paris], 1741, 2 vol. in-12). Cet ouvrage a reparu sous le titre suivant: V Amour suivi des regrets ou les Galanteries de Gaston de Foix (Amsterdam, 1773); Mémoires de Aftnc Saldaigne, écrits par ellemême (Londres [Paris], 1745, 2 vol. in-12). VIGNAGE s. m. (vi-gna-je ;gn mil.). Féod. Droit du seigneur sur le bétail et les marchands.
VIGNALE, petite ville forte du royaume d'Italie, province d'Alexandrie, arrond. et à 13 kilom. S. de Casai, ch.-l. de mandement ; 2,S1B hab.
VIGNATE (Jean de), aventurier italien du xvo siècle. Il était originaire de Lodi, et il profita des troubles suscités en Lombardie par la mort de Jean Galéas pour s'emparer, en 1504, de ia seigneurie de sa ville natale; il s'empara également de celle de Plaisance. L'empereurSigisinond etle pape Jean XXIII, qui se réunirent a Lodi en 1413, pour fixer la date du concile de Constance, et qui furent reçus par Jean de Vignate avec une grande somptuosité, le confirmèrent dans son usurpation ; il dut toutefois évacuer Plaisance etfutalors reconnu prince souverain de Lodi par le duc de Milan, Philippe Marie. Gonflant dans cette reconnaissance, Jean rie Vignate se rendit k Milan pour voir le duc, qui se saisit de sa personne et le fit enfermer dans une enge de fer, où il fut trouve mort quelques juurs après; il s'était lui-même brisé la tête-contre les barreaux (août 1416).
VIGN AU (Des Joanots du), diplomatefrançais du règne de Louis XIV. Nommé Secrétaire de l'ambassade française à la cour du sultan, il habita neuf ans Constantinople et dans les environs. A son retour en France, il fut nomme secrétaire interpréta sur les escadres royales dans toute la Méditerranée. On a de lui : le Secrétaire turc (Paris, 1681, in-12); VEtat présent de la puissance ottomane (Paris, 1687, in-12). — Un autre DU Vignau, sieur de Warmion-Bourdellus, est connu comme l'auteur d'une traduction de la Jérusalem délivrée, publiée sous ce titre : la Délivrance de Jérusalem, mise en vers français de l'italien de T. l'asso (Paris, 1695, in-12).
VIGNE s. f. (vi-gne; gn mil. — lat. vinea, de vinuni, vin). Bot. Genre d'arbrisseaux sarmeuteux, de la famille des ainpéhdées, dont une espèce produit le raisin; se dit particulièrement de cette dernière espèce : Un cep de vionk. Une feuille de vignk. Le fruit de la vigne. Planter, tailler In vignk. César rapporte que le froid ne permettait pas de cultiver la vigne dans ta Gaule. (A. Martin.) La femme ressemble à la vigkk ; .elle s'appuie et elle enivre. (H. de La Madeleine.) 'La destruction de l'ortolan et du berfigue a livré la vigne à l'invasion de la pyraieet de l'oïdium, (Toussenel.)
La vigne est un arbre divin.
P. Dupont.
Sur le tronc mousseux des ormeaux La vi'jne avec grâce s'opuuie.
Lamartine.
Plante aux reins tortueux, h la feuille angulaire,
Que le soleil caresse avec amour, Ne laisse point tarir ta sève salutaire, O vigne...
, Auo. Barbier.
Il Vigne blanche, Nom vulgaire de la bryone diofque et de la clématite commune. H Viyne de Judée, Nom vulgaire delà morelle douce- ■ amere. Il Vigne de Salomon, Nom vulgaire de la clématite. Il Vigne dit Nord, Nom vulgaire du houblon. Il Vigne noire, Nom vulgaire du tamne coinraim. il Vigne vierge, Nom vulgaire
VIGN
du cissus hédéracé, de la bignone radicante et de la douce-amère.
— Par ext. Terrain planté de vignes culiivées, plantation de vignes : Un clos de vigne. Un arpent de vigne. Labourer une vigne. A lier à sa vigne. Se promener dans (es vignes. Pour repeupler une vigne épuisée, on donne au terrain des labours profonds et beaucoup d'enymis. (Bosc.) u Nom que l'on donne, à Rome et dans quelques antres villes d'Italie, à des maisons de campagnes situées près lie la ville : La vignk Atdoorandiue. La vigne Boryhèse.
— Feuille de vigne, Feuille imitant celle de la v gne, dont on cache la nudité de certaines statues.
— Celeurs de oignes, Saints dont la fête se trouve an commencement du printemps, époque où les vignes sont encore exposées à geler.
. ~.Jean des vignes. Sorte de sobriquet qui signifiait autrefois homme stupide ou mal fait : C'est un jean des vignes, un vrai jean
DES VIGNKS.
— La vigne à mon oncle, Mauvaise défaitej semblable h celle des petits maraudeurs qui, pris en filigrane délit, s'excisent en disant que la vigne qu'ils ravagent appartient à leur onde.
— Etre dans tes vignes, Etre pris de vin.
— '-oo. Us auront la oigne de l'évêque, Se disait autrefois de deux époux qui, après un an de mariage, ne se repentaient pas de S être unis l'un a l'autre.
— Ce sont les vignes de la Courtille, belle montre et peu de rapport, Se dit d'une entreprise qui, avec de belles apparences, ne rapporte lien.
— Prov. A la Saint-Urbain, ce gui est dans la vigne est au vilain, Au 25 niai, époque de lafeie desaini Urbain, la récolte est assurée au vigneron : il n'a plus rien à craindre des gelées. Il Quand nous serons morts, fouira la vigne gui pourra, Ce qui doit arriver après nous ne doit pas nous inquiéter.
— Ascét. Vigile du Seigneur, Iniérèts des âmes, affaire ou salut : Cultiver ta vigne du Seigneur. Chacun aurait dû entrer en simple ouvrier dans ta vigne du Seigneur. (Balz.) il Autorité, influence, pouvoir de l'Kglise : Un gouvernement sage empêche gue la vigne du Seigneur ne s'étende trop sur 1rs guérets. (ttuiste.) u Pop. Etre dans les vignes 'du Seigneur, Etre ivre:
— Ane. art mijit. Sorte d'abri en clayonnage ou eu planches, qui servait de communication entre les travaux et les machines des assiégeants.
— Alchim. Vigne du sage, Pierre du premier ordre réduite en eau rectifiée.
— Vilic. Vignes arbustives, Celles que l'on fait grimper sur les arbres. Il Vignes basses, Celles qu on laisse ramper sur le sol. Il Vignes encordons, Celles dont les sai menis s étalent au-Hessus des arbres fruitiers. || Vignes de labour, Celles qui sont alignées et espacées de façon à pouvoir être cultivées à la rharrue. Il Vignes pleines, Celles qui sont p Sa tuées eu quinconce. Il Itaisins de vigne, Ceux qui sont plus particulièrement propres a taire du vin, par opposition aux raisins de treille, que l'on réserve pour la table. Il Maladie de ta vigne. V. oidiuii.
— Honic. Pèches de vigne, Celles que l'op cultive en plein vent, par opposition aux pèches d'espalier. H Poires de vigne,' Variété de poires d'automne.
— Encycl. Le genre vigne se compose d'arbrissea- x snrinsijieux qui croissent spontanément dans la partie Moyenne de l'Asie et dansrAnieiique septentrionale. Les feuilles de ces végétaux suntaiteriies, simples, entières ou lobées en cœur.que.quefoi.-, incisées. Leurs fleurs sont hermaphrodites dans les espèces de l'ancien continent, dioïques polygames dans celles du nouveau inonde. Elles forment des panieulesupooséesaux leuilles, parmi lesquelles un grand nombre restent d ordinaire entièrement ou presque ent.ereineiu stériles ot dégénèrent alors en vrilles. Elles présentent les caractères suivants : calice libre trèscour., à cinq angles et à cinq dents ruduiientaires; corolle de cinq pétales, insérés à l'extérieur d'un disque hypogyue concave et se soudant entre eux par leur sommet infléchi, dé manière a former "Une seule pièce qui se uetache tout euuere au moment de I épanouissement en une sorte de toile à cinq rajons tionqués; cinq étamines insérées de même que les pétules; ovaire libre, entouré à sa base d'un disque k cinq lobes ; cet ovaire porte un stigmate sessile déprimé et presque pelté. A ces fleurs succède uue baie globuleuse, biloculaire, à loges dispermes ou monospermes par avorteniem. Le tesl des graines est dur et osseux; leur embryon est très-petit, loge uans un albumen charnu, mais d'un tissu dense.
Les tiges oe vigne sont propres, comme les bois les plus Uurs, a recevoir au tour toutes les formes qu'on Teut leur donner, surtout lorsqu'elles sont vieilles. Elles atteignent quelquefois une grosseur extraordinaire. Un cep de vigne abandonne a la nature, placé dans un terrain et un climat qui lui conviennent, acquiert un volume énorme et parvient à une étonnante longévité. 11 en est tout autrement do la vigne qu'on taille et dont on
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retranche tous les sarments. Les anciens naturalistes et les voyageurs modernes sont tous d'accord sur les étonnantes proportions que prend la vigne dans son état agreste. Strabon Çapporte qu'on voyait dans la Margiane des ceps d'une telle grosseur que deux nommes pouvaient à peine en embrasser la jige. Pline nous dit que les aneiens l'avaient classée parmi les arbres à cause du volume auquel elle est susceptible de parvenir. On sait que les grandes portes de la cathédrale de Ravenne sont construites en bois de vigne dont les planches ont environ 3 mètres de hauteur sur 0"i,06 ou 0m,07 d'épaisseur. On voyait autrefois aux châteaux de Versailles et d'Ecouen d'assez grandes tables formées' d'une seule planche de vigne.
La culture de la vigne, dont les légendes hébraïques attribuent l'invention à Noe, constituait en Palestine et dans les pays environnants une des principales branches de production. La nature du sol, couvert de collines et de petites montagnes, était excessivement favorable, et>le climat donnait au raisin une douceur singulière. Aussi est-il souvent parlé <le la vigne et du vin dans la Bible. Les principaux vignobles de la Palestine tine étaient la montagne u'Engetli (Cantique des cantiques, i, U), les environs d'Héuron (Nombres, xm, 24), le territoire de Sichem {Juges, ix, 27), le Carmel ( II, Chroniques, xvi, io), le Liban (Osée, xiv, 8), les distucts siiués au delà du Jourdain (Isaîe, xvi, 8; Jérémie, XLvrn, 32), les bords du lac de Génesareth et une foule d'autres endroits mentionnés dans le Talmad et dans la Bib e. Beaucoup de vil les liraient leurs noms de leurs vignes ( Abelcheramim, Bethclierem, etc.). Les vignobles étaient entourés de haies ou de murs eu pierres sèches destinés à les préserver de la voracité des renards, des chèvres, des bestiaux, des lièvres (Nombres, xxii, 24 ; Isaie, v, 5). Les ceps de vigne de la Palestine étaient renommés pour leur grosseur et leur hauteur. De nos jours même, Schulz a trouvé sur le versant méridional du Liban un cep qui mesurait 30 pieds de hauteur, et Belon évalue à une moyenne de i pieds la hauteur «les ceps ordinaires de la Cœlèsyrie. Laplupartdesraisinsétaient noirs (Proverbes, xxui, 31 ; Genèse, xlix, 11) et les grappes d'une grosseur considérable (Nombres, xm, 24). Aujourd'hui encore les grains des raisins de Syrie atteignent souvent la grosseur d'une prune. La méthode romaine et grecque qui consistait à marier la vigne (maritare vilem), c'est-à-dire à l'enlacer autour d'un échalas ou d'un arbre, parait avoir été peu pratiquée en Egypte, en Syrie et en Asie en général; on préférait laisser ramper la vigne k terre.
Ce sont les Phéniciens qui les premiers tirèrent la vigne des bords de la mer Noire et en introduisirent la culture en Grèce, en Sicile, dans les lies de l'Archipel, enfin en Italie et dans le territoire de Marseille. Cette culture uue fois parvenue en Provence s'étendit bientôt sur les coteaux du Rhône, de la Saône, de la Garonne, de la Dordogne, dans les coturées voisines de Dijon et même jusque sur les bords de la Moselle.
La vigne devint bientôt une source de richesse et d'orgueil pour certains pays, car on Voit dans les premières ordonnances des durs de Bourgogne combien ils se flattaient d'être qual.lies • seigneurs immédiats Ues meilleurs vins de la chrétienté, a cause de leur bon pays de Bourgogne plus fumé et renommé que tout autre en croit de bons vins. » Les princes de l'Europe, au rapport de Paradin, désignaient souvent le duc de Bourgogne sous le titre de « prince des bous vins, • Il ne tarda pas à s'élever une certaine rivalité d'industrie et de renommée entre les vins de Bourgogne et ceux de Chaui) agile, rivalité qui dégénéra bientôt en une lutte assez ridicule, puisqu'elle fut le sujet d'une thèse sérieusement soutenue et gravement écoutée aux Ecoles de médecine de Paris eu 1652. Quarante ans après, la Bourgogne produisit un nouveau champion, c'est-à-dire un nouveau cru. Le gant est jeté une seconde fois aux Rémois. Ceux-ci le relèvent et font à leur tour soutenir une thèse dans les écoles de JeurFuculte, où le champion rétorque contre la Bourgogne toutes les injures que l'agresseur avait prodiguées à la Champagne. Le docteur Salins, doyen des médecins de Beaune, fut charge de la réplique, et son ouvrage eut un tel succès qu'il fut réimprimé cinq fois en l'espace de quatre ans. Les vignobles des environs de Pansavaieut aussi des prétentions à la renommée ; ce genre de culture y était d'autant plus multiplié que les rois de France l'avaient introduit dans leur domaine. Les capitulaires de Charlemague fournissent la preuve qu'il y avait des vignobles attachés à chacun des palais qu'ils habitaient, avec un pressoir et tous les instruments nécessaires à la fabrication des vins. On y voit le souverain lui-même, sur cette espèce d'administration, entrer dans les plus grantjs détails avec ses économes. L'enclos du Louvre, comme les autres maisons royales, a renfermé ues vignes, puisqu'on 1160 Louis le Jeune assigna annuellement Sur leur produit 6 muids de vin au curé de Saint-Nicolas.
Les vignes du Bordelais avaient aussi leur réputation, car Ausoue, qui vivait au ive siècle, leur donne des éloges dans plusieurs de ses écrits. Mathieu Paris, parlant des dispositions de mécontentement et d'aigreur où
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était la Gascogne en 1251 contre les Anglais, ses dominateurs, dit que cette province se serait soustraite dès lors à l'obéissance de Henri III si elle n'eût eu besoin de l'Angleterre pour le débit de ses vins. Il est constaté par un registre des droits de douane de Bordeaux que, dans le cours de l'année 1S50, il sortit du port de cette ville cent quarante et nn navires chargés de vins qui avaient produit 5,104 livres 16 sous de droit, monnaie bordelaise. En 1372, dit Froissard, on vit arrivera Bordeaux • toute une flotte, bien deux cents voiles et nefs de marchands qui allaient aux vins. «
En consultant les plus sages calculs faits avant la Révolution sur le produit territorial des vignes en France , on remarque que 800,000 hectares étaient consacrés à leur culture k cette époque.
La première question k étudier pour la vigne est certainement le climat propre à sa culture. Voici k cet égard ce que.dil M. Chaptal dans son Dictionnaire de l'agriculture ; « Tous les climats ne sont pas propres à la culture de la vigne. C'est entre le 35» et le 500 degré de latitude qu'on peut se promettre une culture avantageuse de cette production végétale; c'est aussi entre ces deux termes que se trouvent les vignobles les plus renommés et les pays les plus riches en vins, tels que l'Espagne, le Portugal, la France, l'Italie, l'Autriche, la Styrie, la Hongrie et ta Grèce. De tous les pays, celui qui sans doute offre la situation la plus heureuse est la France; aucun autre ne présente une aussi grande étendue de vignobles ni des expositions plus variées. Depuis les rives du Rhin jusqu'au pied des Pyrénées, on cultive la vigne dans tous les cantons où le sol est favorable, et nous trouvons sur cette vaste étendue les vins les plus agréables comme les plus spiritueux de l'Europe. Nulle part on ne trouve l'influence du climat d'une manière mieux marquée qu'en observant les changements qu'éprouvent les plants de vigne lorsqu'on les transporte dans des pays éloignés. Le sol et la culture pourraienty être semblables au sol et k la culture du pays natal de la vigne sans que les fruits eussent presque aucun rapport entre eux. On convient assez généralement que les vignes du Cap proviennent de plants de Bourgogne qui y ont été apportés par des vignerons de cette province pour les y cultiver et y faire le vin à leur manière. On sait que la plupart des vins qu'on boit à Madrid proviennent de plants bourguignons. L'hisioire nous apprend enfin que les plants des vignes de la Grèce transportés en Iialie n'y ont plus produit les mêmes vins et que les fameuses vignes de Falerne cultivées au pied du Vésuve ont changé de nature.»
Voici pour la France quelle est la ligne de culture qu'on admet généralement. Partant de Vannes en Bretagne, elle se ilirige •sur Mézières en passant par Alençou et Boauvais. An nord de coite ligne, la oigne végète parfaitement bien, mais n'y mûrit généralement pas, a moins qu'elle ne se trouve dans des conditions tout à fait exceptionnelles de soins et d'exposition.
Les sols calcaires, siliceux, alumineux et magnésiens; les terrains primitifs de transition, secondaires, tertiaires, volcaniques, conviennent tous parfaitement à la vigne, pourvu qu'ils n'occupent pas des bas-fonds où les brouillards s'abattent et séjournent. L'excès d'humidité dans le sol et dans l'atmosphère est également et en tout lieu désagréable à la vigne. La vigne s'accommode très-bien de terrains maigres, arides, perméables à l'air et à l'eau, uaus lesquels tout autre végétal aurait peine à prospérer. D'ail. eurs, l'exposition de la vigne doit varier suivant les circonstances locales. Un sol sec et cai louteux exige une exposition moins méridionale qu'un sol gras et substantiel.
Avant qu'une longue expérience eût fait connaître la.nchessede la oigne et motivé son extension aux sols de grande fécondité, elle était considérée Comme propre à occuper seulement les espaces délaisses, et nos meilleurs vignobles, les plus anciens d'ailleurs, sont encoreussissurdes terres dont ragricuiturepropreineut dite ne pourrait tuer aucun parti. La vigne est tellement vivaco et puissante dans sa végétation qu'en tout climat elle lance ses rameaux à des distances prudigieuses. Depuis la treille gigantesque d'Hauipion- Court jusqu'aux ceps qui traversent les fleuves eu Afrique, partout on peut voir la vigne couvrir d'une seule lige des espaces considérables et vivre des siècles. Partout on peut la voir aussi, sous la serpette du vigneron, se maintenir quoique à regret dans quelques centimètres carrés. Sur les rochers, sur les arbres, contre les murs, la vigne vit partout et résiste à tout, pourvu qu'elle ait la part de sol, de nourriture, d'air et de soleil qui lui est strictement nécessaire. Mais il ne suffit pas que la vigne vive, il faut qu'elle donne des fruits abondants et de bonne qualité. C'est pour résoudre ce dernier problème que l'on doit s'attacher au choix du plant.
Le choix d'un plant approprié au sol et au climat est l'acte le plus important de la culture de la vigne; il est rare cependant qu'on y apporte tous les soins nécessaires. Presque toujours on choisit le plant dans le voisinage, sans examiner si les espèces qu'on y cultive sont les plus convenables au sol et à l'exposition qu on destine à la nouvelle vigne. On doit toujours-songer, quand on veut tirer des
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plants d'un vignoble renommé, non-seulement a l'analogie du sol et de l'exposition, mais aussi à celle du climat, et par ce mot climat il faut entendre, non-seulement le degré de latitude, mais toutes les circonstances locales qui peuvent modifier la température d'une manière puissante. Il faut aussi prendre en considération la f.icdité de maturaiioii des espèces. On doit choisir le plant sur ies ceps les plus, fertiles et ne prendre sur chacun que les sarments qui ont le pus produit. On doit éviter de planter des vignes à la suite de mauvaises années. Lecultivateur,apresavoir tixé son choix sur le plant qui parait le mieux approprié à son sol, doit s occuper de la plantation de la vigne. Un simple défrichement ne suffit pas. Le sol destine à recevoir la tiijiwedoii toujours être défoncé k 0m, 50 de profondeur au moins. Le docteur J. Guyot conseille un second défonçuge à la charrue , de façon que ces nouveaux sillons soient perpendiculaires aux premiers. Si le sol k fouiller est nu ou n'est recouvert que de quelques herbes rares et min es, comme en Champagne, l'opération au defoiiçage peut être faite sans aucune préparai ion. Si le sol k défoncer est au contrai re couvert de bru) ères, de fougères, de genèis et d'arbrisseaux, il faut raser ces végétuux et les hacher k la serpe, de façon à pouvoir les disposer au fond des raies.
Quand le terrain qu'on se propose de mettre ea vigne est déjà en rapport, la meilleure préparation qu on puisse lui donner c'est d'y cultiver pendant deux ou trois ans des plantes potngeres,etde préférence, parmi celles-ci, les haricots et les pommes ne terre. Dans les terres légères, ou plante des le mois de novembre et jusqu'aux gelées ; dans ies terres fuites, on choisira ue préférence les mois de février ou de mars. Voici maintetenant comment on procède. On ouvre des fosses, qui dans les terres légères ont om^de profondeur et 0m,30 seulement dans les terres fortes. Ces fosses sont séparées entre elles par un intervalle de im,60. Faisons remarquer en plissant que ilans les terres fortes ou obtient de très-bons résultats en ouvrant ies fosses trois mois avant la plantation. Une fois ce travail terminé, on amené avec soin sur le terrain les boutures ou chapons, mais au fur et k mesure des besoins du travailleur. Si l'on emploie des boutures, elles devront avoir été mises huit jours à l'avance dans une eau courante. Si On a des plants enracinés k sa disposition, on devra prêter la plus grande attention k leur arrachage, parce que souvent uue grande partie du chevelu se déchire et reste adhèrent au sol. On évitera avec le plus .grand soin celte fausse manoeuvre, qui oie au plant racmeux toute chance tle reprise. Les plants sont placés dans la fosse a 0m,50 les uns Ues auties et on les couche de façon que le jeune sujet suit'appuyé contre la paroi qui a la meilleure exposition ; puis on recouvre le pied ue Um,l5 environ de terre végétale. On ne fume généralement pas directement dans la fosse, mais les cultivateurs qui ont cette coutume niellent un peu de fumier au pied de la tige nouvellement plantée, d„us la proportion ue 12,000 kilogrammes par hectare.
En 1882, le prix de revient pour la plantation il'uu hectare de vigne était ue 321 fr. 96; en y ajoutant du fumier, comme nous venons de le uire, le prix s eleve k 451 fr. 56.
— Engrais, Il est des terrains riches de fond et Ue nature où la vigne peut végéter "uiiieuieut"aans le secours d aucun engrais ni même u'aucun amendement, surtout lorsque les ceps sont Suffisamment éloignés les uns Ues autres. Alais ces tenains privilégiés sont rures, et d'ailleurs on les couvre aujourd'hui d'une si grande quantité de ceps et on leur demanda tant ne produits, que la généralité des vigii's a besoin d'un supplément ne nourriture a •des époques assez rapprochées. On forme avec les marcs de raisin, ue la terre et de la chaux uu excellent compost pour la vigne- Le fumier d'établi donne ues résultats plus immédiats et sou action doit être considérée comme plus sûre et plus régulière. Les vignerons qui tiennent plu» à la quantité qu'a la qualité de leurs produits admettent les engrais azotes duns ieur culture. On se sert aussi de tourteaux de colza. C est un engrais durable et moitié moins cher que le fumier; 25o grammes sur chaque pied suiiisem largement, et M. Paul ïheuard emploie avec succès cet engrais qui a de plus I avantage, paraît-il, de combattre les ravages que Yecrioain ou gnbouri fait dans ies vignobles. Il est certain que- beaucoup de suustauees peuvent être substituées aux fumiers de litière. Ainsi, les mines, ta poudre d'os, iea chiffons de laine, les débris de corne paraissent influer très-puissamment sur la fructification. Le sang de bœuf et de mouton, additionné de dix fois sou volume d'eau ot employé dans la proportion de 10 litres par cep de treille, a souvent donne d'excellents résultats. Un demi - kilogramme de purin étendu d'eau suffit k la fumure d'un cep. Ennn, le guano employé dans les vignes sur Un sol argiio-siiiceux, dans la proportion de 35 à 40 grammes par cep, a singulièrement favorise le développement du plan.
En tout pays et dans tous les vignobles le roaruageet 1 emploi de la craie ajoutent à la fertilité de la vigne et surtout k Ja finesse des vins. Le calcaire crayeux est celui q.ui donna
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les jus les plus francs et les plus exempts de
tout de terroir. Le marnage des oignes peut tre appliqué aux plus tins vignobles à silex, tels que ceux du Médoc, avec la certitude d'augmenter et de perfectionner les produits; enfin, il est bon de joindre aux amendements des apports de terre prise dans les vallées où les eaux pluviales l'ont entraînée.
Passons maintenant à la taille de la vigne dans les vignobles, laissant à dessein tout ce qui concerne sa culture en treille. V. ce mot. — Taille de la vigne. Cette opération est une des plus importantes de la culture de la vigne. La taille ne devrait commencer que vers le 20 février; mais, comme la taille d un domaine de vicies demande un certain temps, les vignerons commencent souvent cette opération dès les premiers jours de février. Il existe pourtant en Bourgogne deux vieux proverbes bien précis a cet égard :
Si (« taille» en fewreuille.
Tu mett le raisin dans ton pmmille.
(Si tu tailles en février, Tu meta le raisin dans ton panier.) J'aille lejù d'ia Saint-Aubin Po avoi de gros raisins.
(Taille le jour de Saint-Aubin [t«r mars] Pour avoir de gros raisins.) La taille doit être exécutée sur la branche la plus élevée du cep et, en général, sur le rnineuu qui a fructifié. La taille sera laits en sifflet de bas en haut et à l'opposé de la bourre, qui se trouvera ainsi protégée contre l'humidité produite par fa sève. C'est généralement avec la serpa que les vignerons opèrent cette taijle; toutefois le sécateur est aujourd'hui très-employé.
Outre la taille, on a encore recours a une autre opération du même Retire dite pinçais. Le pinça ge, quoique inventé depuis cinquante ans, n'a été bien étudié dans ses effets que depuis une vingtaine d'années, et son application est même encore aujourd'hui loin d'être générale. Le pinçage est une opération qui consiste à arrêter l'expansion d'une pousse de l'année en supprimant son sommet au moyen des ongles. Le pinçage a pour objet d'empêcher les sucs végétaux de s'appliquer à la création et au développement exubérant d'un rameau inutile ou nuisible.
Nous n'avons fait jusqu'à présent que décrire les opérations importantes dans la Culture et surtout dans ta plantation d'une vigne. Mais celle vigne une fois plantée exige chaque année, et surtout jusqu'à, la septième, des soins incessants et qui varient uti peu suivant que la vigne est plus ou moins avancée en âge. Nous allons maintenant donner, le plus sommairement possible, les règles à suivre ei les opérations a, exécuter pour faire fructifier et conserver en bon état la plantation.
La deuxième année est la moins dispendieuse de toutes pour les soins à donner à la vigne et pour son entrelien. La vigne ne doit point encore recevoir d'échalas, et le peu de force et de développement de ses racines ne permettrait pas de profiter des engrais qu'on enfouirait à côté des ceps. La première occupation du vigneron, dès le 1er novembre, c'est de remplacer les pieds qui n'auraient pas réussi ; en général, ces manquas, comme on les appelle, ne s'élèvent pas à plus de 1 ou 2 pour 100. Le mars eu mai, on procède a la taille, que tout le monde peut pratiquer. La seule indication à suivre, c'est de couper au ras de la petite souche lotis les sarmenis, à l'exception d'un seul, qu'on choisît le plus vigoureux, en ayant soin de le tailler lui- ■ même en ne laissant qu'un œil à cette petite branche. Le binage doit suivre de près la taille; il faut, autant que possible, le pratiquer par un temps très-sèc. La dépense par hectare pour la seconde année est é\aluée à 600 francs environ.
La troisième année est beaucoup plus coûteuse que la précédente, parce qu'il faut acheter des échalas, qui coûtent 300 francs pour 1 hectare, fuis, entre chaque rangée de oignes, on ouvre un large sillon dans lequel on enfouit le fumier. Cette opération tuile, la vigne doit être abandonnée jusqu'à la lin de l'hiver, après l'époque des gelées, où il convient de procéder à une nouvelle taille. Elle consiste à couper tous les sarments à l'aide d'un sécaieur, moins un sarment, le plus fort, en lui laissant deux yeux francs, suivant l'expression vigneronne. La taille et le sarmentage doivent être suivis d'un binage complet, mais toujours superficiel, avec soufrage si on a lieu de craindre l'oïdium. Il reste alors & enfoncer solidement les échalas près de chaque pied de uijrneet à lier ce dernier à l'échalas. Les opérations de culture sont, comme on le voit, plus nombreuses; aussi le prix de revient d'un hectare pendant la troisième année s'élève-t-il à. 855 francs.
La quatrième année, pour les vignes ordinaires, les opérations sont les mêmes que pour la troisième année. Mais quand il s'agit de vignes de grands crus, pour lesquelles on prend des soins intinis, une foule de précautions sont nécessaires. I)es deux sarmetitsque nous avons laissés sur la souche, l'un devient la branche à bois; l'autre, que l'on fait courir horizontalement, est la branche à fruits. Vers le milieu de cette- branche, on place un petit échalas qui sert de soutien , et chaque échalas, dans toute la rangée, est relié aux autres par un fil de fer gui assure
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la solidité du tout, en permettent aux pampres de la vigne de s'accrocher à ces fils de fer. De plus, on doit disposer, tout le longde la rangée de ceps, des paillassons que l'on abaisse ou que 1 on relève suivant l'état de l'atmosphère.
Toutes les opérations indiquées à la quatrième année sont répétées à la cinquième, à la sixième et à la septième, dans le même ordre et avec le même soin, La seule différence à observer, c'est de laisser, suivant la force de la végétation , de quatre à huit grappes à la cinquième année, de huit à douze à la sixième, de douze à seize à la septième et de seize à vingt grappes à la huitième année. Vingt grappes de raisin , qui peuvent peser de l M, 500 à 2 kilogrammes, constituent le produit maximum d'un cep de vigne adulte et bien entretenu d'engrais, et de moyens préservateurs. Si l'on s'abstient des moyens préservateurs le produit de chaque cep ne s'élève pas à plus d un demi-kilogramme.
La huitième année, la vigne est arrivée à son état de perfection et de production. Pendant vingt ans, la vigne, si on lui donne les amendements et. les engrais nécessaires, maintient sa vigueur et "sa fertilité. Les frais d'entretien d'une vigne faite s'élèvent en moyenne, pour chaque année et par hectare, îi la somme de 1,000 francs. Le rapport brut, pour une ei'^tte soignée dans les conditions ontinaires, est de 2.000 francs. Le revenu net est uono de 1,000 francs. Mais si l'on a soin de couvrir ses vignes de paillassons et de les entretenir d'une manière régulière et scrupuleuse, le revenu net augmente du double et atteini même jusqu'à 2,100 francs par hectare, quoique les dépenses se soient accrues,
— Accidents et maladies de la vigne. De tous te.s accidents, le plus terrible est certainement la grêle. La vigne y est exposée aussitôt que les rameiiux ont pris quelque développement, c'est-à-dire dès les premiers jours de mai. La grêle désorganise le tissu entièrement vertdji sarment et le laisse dans un état de rabougrissement qui réagit sur la» souche tout entière. En pareil cas, la récolte est non-seulement perdue, mais celle de l'année suivante est compromise. Certaines, localités sont plus particulièrement sujettes à la grêle, et ses ravages y sont tellement désastreux, qu'elle est un véritable obstacle à, la culture de la vigne. Dans les cantons où son apparition est rare, elle est néanmoins une menace inquiétante. De bonnes assurances sont alors le seul moyen à-prendre pour diminuer les conséquences malheureuses dp son passage.
Quoique les gelées soient moins fréquentes et moins intenses dans la région méridionale que dans les contrées septentrionales, elles sont toujours une cause de graves dommages pour les vignes. Les gelées de printemps sont les plus à craindre, puisqu'elles arrivent au moment où la oigne commence à bourgeonner. La coulure est le nom que l'on dnnne à la perte que la vigne éprouve de ses fruits, soit a la suite d'accidents météorologiques, soit à la suite de dégénérescence, dont le résultat est l'avorteinent systématique de ses rieurs. C'est un des fléaux "les plus redoutables de la vigne. La coulure ne se produit pas toujours avec les mêmes apparences et dans les mêmes conditions; aussi agit-elle d'une manière très-variable, selon le temps et les localités. Les causes dont elle dépend sont uuss'i fort différentes et souvent complexes. L'influence du temps est cependant la principale cause de la coulure. On l'observe surtout dans les années humides, chaudes, chargées de brouillards et où les rosées sont très-abondantes. Les pluies continuelles et l'absence de chaleur pendant l'été sont aussi des causes de coulure. On-a remarqué que certains cépages montraient une propension particulière à la coulure, taudis que d'autres en sont exempts. La culture influe aussi sur cet accident; on a remarqué depuis longtemps que les vignes mal cultivées y résistent beaucoup moins que les vignes qui sont bien entretenues. La présence d'un grand nombre d'herbes parasites augmente la coulure; il eu est de même d'un labour donné mal k propos. Les sols argileux et imperméables, qui retiennent l'eau avec une grande facilité, et les terrains frais sont plus exposés que les autres à la coulure.
L'analogie qui existe entre la coulure et la gelée blanche a conduit aussi k employer des ' moyens analogues pour les combattre. On se sert volontiers de pailhissons-abris, du genre de ceux qu'a préconisés M. J. Gin 6t. Mais le moyeu le plus efficace est celui du soufrage. Le soufre exerce, en effet, une action favorable sur toutes les phases de la végéiat.on de la vigne. Un léger soufrage donné dans la dernière quinzaine de mai, quelques jours avant l'épanouissement des fleurs, et un deuxième vers la mi-juin assurent les résultats de la floraison et coïncident en même temps avec l'époque où les germes de l'oïdium se développent avec une dangereuse activité.
Les chaleurs excessives et les sécheresses prolongées sont également nuisibles, quoique plus rares heureusement; les cultivateurs se rappellent les années de 1838 et 1839, pendant lesquelles il ne tomba, pour une période de seize mois, que om,26 d'eau, tandis que la
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moyenne annuelle est de <vm,70. Toutes les sources furent taries, et les vignes, à l'égal des fourrages, furent perdues.
Parmi les maladies auxquelles la. tii^ne est exposée, nous citerons eu première ligne l'oïdium. V. ce mot.
Vient ensuite l'érinéon, qu'on n'observe que sur les feuilles de la vigne, lesquelles se boursouflent et se recouvrent d'une sorte de feutrage qui leur enlève leur légèreté et leur souplesse.
L anthracose ou maladie noire se développe sur les ceps à la suite des désorganisations apportées par le charbon. Cette maladie se déclare dans les années humides; aussi est-ce au drainage que l'on s'adresse pour assainir le sol et, par suite, faire disparaître cette maladie.
On désigne sous le nom d'apoplexie une maladie terrible et très-anciennement connue qui se développe surtout dans les sols riches et profonds; après une année pluvieuse, on observe plus d'apoplexies dans les vignes que d'habitude. La maladie sévit ordinairement du 15 juillet au 15 août, et tout à coup, sans symptôme précurseur, ou voit la plante dépérir. On ne remarque aucune végétation cryptogamique; mais la couleur intérieure des sarments est d'une teinte rouge brunâtre qui n'est pas normale. Ou ne connaît pas de remède k ce mal, qui d'ailleurs n'est pas trèsfréquent.
Le rougeot parait un diminutif de l'apoplexie. Dans ce cas, les ceps ne meurent pas ; mais ils dépérissent, produisent peu et reprennent lentement. On observe le rougeot dans tous les sols; mais il est bien plus fréquent dans les terrains frais et protonds. Le soufrage parait être un moyen efficace pour combattre celte maladie.
Enfin, pour terminer cette étude des fléaux qui s'attachent à la vigne, nous allons donner rénumèriiiion succincte de quelques insectes particulièrement nuisibles. Ce sont d'abord l'altise et l'attelabe (v. ces mots). Vient ensuite l'eumolpe, appelé aussi écrivain, griboiiri, lisette, etc. C'est à l'époque de la floraison et ensuite dans le courant de juin qu'il exerce les plus" grands ravages. Les traces qu'il laisse sur les feuilles, les êcorces, les pédoncules sont en forme de découpures allongées et vermicnlees, ce qui lui a valu le nom d'écrivain. Les vignes attaquées par cet insecte sont rabougries, quelle que soit leur vigueur. La fuinm e au tourteau de colza, inuiqiiée par M. P. Thenard, parait être un assez bon moyen de se débarrasser ne cet insecte; l'usage des troupes de jeunes poulets amène aussi d'heureux résultais. Mentionnons enfin la pyrale et surtout le phylloxéra. V. ces mois.
11 mms resterait encore, pour terminer cette étude, à indiquer les différents cépages employas suivant les pays viticoles; mais nous devons, pour cette parue spéciale du sujet, renvoyer au mot cépagk.
— Allus. hist, Viguo de Naiioiii. Naboth, de Jezrael, avait près de cette ville, dit la légende biblique, une-vigne qui touchait au jaidin du roi Achab. Celui-ci le fit appeler et lui dit: «Vends-moi ta vigne,'purre qu'elle est proche de mon palais. — Dieu in« ga de, lui répondit iNaùoih, de vous vendre l'her.tuge de mes pères I » Ce refus irrita Achab, ei il en conçut un si vif chagrin, qu'il cessu de pi endre de la nourriture. Jezubel, sa femme, lui dit: .•Que signifie cette tristesse, et pourquoi ne mangez-vous point?» Et ayant suce qui était arrivé, elle ajouta : « Votre autorité est grauue, à ce que je vois, et vous gouvernez bien le royaume d'L-r»6l. Mais levez-vous, iiiungez et ayez l'esprit en repos. Je me charge de vous livrer la vigne de Nabolh, de Jezrael. > Alors elle aposta deux faux témoins qui dirent : « Naboth a blasphémé contre Dieu et contre son. roi. » Sur ce faux témoignage, Naboth fut conduit hors de la ville et lapidé, et Achab s'en. pur» de sa vigne. Alors le prophète Elle vint trouver le roi et lui dit : • Tu as fait mourir Naboth et tu t'es emparé- 'de sa vigne. Eu ce même lieu où les chiens oui léché son sang, ils se .ésaltéieroui aussi du tien. Ta maison sera retranchée de dessus lu terre, comme celle de Jcrobuum et de Bnasa, et les chiens dévoreront JèZi'bal, ton épouse.'dans le champ de Jezrael. » Celle terrible menace ne uevait pas larder à s'accomplir. Jéhu s'étant emparé du uôiie, Achab fui tué dans un combat, et son char, teint de son sang, fut lavé dans la piscine et léché par les chiens. Quant à Jézabel, elle fut précipitée d'une des fenêtres de son palais, et il ne resta plus de son corps
qu'un horrible mélange D'os et de chair meurtris et traînés dans la fange, Des lambenux pleins de sang et des membres affreux Que des chiens dévorants se uisputaieut entre eux.
Depuis cet événement, la vigne de Naboth devint chez les Juifs une sorte de proverbe, pour désigner l'action injuste du riche dépouillant la pauvre d'une manière violente,
« L'égalité devant la loi ne souffre, ni restriction ni exception. Le plus pauvre citoyen peut appeler en justice le plus haut personnage et en obtenir raison. Qu'un Achab millionnaire bâtisse un château sur la vigne de Naboth, le tribunal pourra ordonner la démolition de ce château, faire remettre la vigne en son premier état et condamner, en
VIGN
outre, l'usurpateur à des dommages-intérêts. »