CÉRUTTI
Vigiio U Claudine (DANS 1a), paroles de Dufresny, musique de Campra. Voilà un air d'une franchise et d'une concision rares. Exposition, développement, conclusion, ces trois conditions essentielles, indispensables à l'expression d'une idée, quelle que soit la forme dont on la revêt, se trouvent réunies dans ces dix-huit mesures. Tontes les qualités qui font la popularité sont réunies dans cet air, et l'on peut justement s'étonner qu'il ne coure pas les rues comme le Clair de la lune, J'ai du lion tabac et tutti quanti d'une facture pareille. Quant a la chanson, elle est fraîche, bien franche ei respire une goguenardise pleine de bonhomie. C'est un petit poëmo achevé, c'est la véritable chanson française, et nos modernes fabiicunts de Femmes à barbe, de Sapeurs, de Déesses du bœuf gras et de Pompiers de Nunterre devraient bien prendre auprès des vieux maîtres quelques leçons de finesse et de bon goût.
Allegro.
1er COUPLET.
Dans la vigne à Clau-
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di - ne. Les ven • dan-geurs y
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sont;
On choi - sit à
la
mm^^m0
ne Ceux qui ven - dnn
gâ-
ter:^:
Aux ven - dan - geurs qui
toril - lent On y don - ne le
pas;
Les au - trui y grnp-
pil - lent, Mais n'y ven - dan - gent
pas.
DEUXIÈME COUPLET
Sur la fln de l'automne Vitn un joli-vieillûru ; . Si la vendange est bonne, J'en veux avoir ma part. • Celle prudente fille Lui répondît tout bas :
«Vieux vendangeur grappille, Mai3 ne vendange pas. • (bis.)
TROISIÈME COUPLET
Aux vignes (le Cythcre, Parmi les raisins doux, Est mainte grappe amère, N'en cueillez point pour vous.
Ce choix, pour une Qlie, Est un grand embarras; La plus sage grappille Et ne vendange pas.' (bis.)
VIGNE (Félix de),'» peintre belge, né h Gand en 1806. Fils u Ignace do Vigne, décorateur des principaux théâtres de Londres, il suivit d'abord la voie ti acée par son père. Mais le peu de succès qu'il eut dans ce genre l'en découragea bientôt, et, d'après les conseils de Paeliuk, qui avait été son maître, il aborda la peinture de genre. Ses premiers essais ne furent pas très-brillanis; cependant la prestesse de sa brosse lui fit rencontrer parfois de ces bonheurs d'exécution qui, sans remplacer le talent véritable, ne laissent pas que d'avoir un charme réel. On connaît aussi de lui plusieurs dessins très-réussis. Parmi les œuvres du peintre belge, il faut citer : les Amours d'Abracome et de la belle Anlhia (musée de Bruxelles) ; Espiègle-
VÏGN
rie d'enfants {musé** de Harlem) ; l'Armurier, la Recuite du houblon ou moyen âge, etc. Puriui ses rlessins, >on Album des costumes du moyen âye offre un grand intérêt.
VIGNE (Edouard de), paysagiste belge, frère du procèdent, ne àGaua en 1808. Elève de Paul Surmoiit, un peintre modeste oublié maintenant, il débuta par quelques études d'après nature qui firent concevoir des espérances et fit de très bonne heure le voyage d'iialie. Après un long séjour à Rome, à Florence et à Naples, il revint à Gand et se mit & exécuter les nombreux motifs qu'il avait rapportés. Ils 'furent exposés tour a tour a Gand, à Bruxelles, à Paris. Les principaux sont : une Vue prise duns tes Abruzzes; Environs de Naptes; un Effet du malin duns les environs de Iladieofoui et la Vue de Nico- Varo, près de Rome. Le reste des Sites d'Italie, que l'on voit un peu pariout, n'a pas une importance suffisante pour être signalé particulièrement.
VIGNE (Pierre DE), célèbre sculpteur belge, frère des deux précédents, né h Gand en 1815, Elève de Caloigne, il eut à vingt ans le grand prix de sculpture à l'Académie de Gand. Quatre ans plus tard, il alla concourir à Anvers avec le même succès et reçut du gouvernement un subside extraordinaire qui lui permit de passer quatre ans à Rome, de 1837 a 1841, A son retour à Gand, il se signala par des bustes de haute allure et d'une exécution irréprochable, le Docteur Kluyskens, entre antres, et le Général Van Mous. Puis il commença cette belle galerie de figures qui décore la salle des pas perdus au palais de justice de Gand. Ce travail, que la gravure et la photographie ont reproduit souvent, a placé l'auteur parmi les statuaires distingués de noLre temps. La tradition, il est vrai, domine dans ces statues un peu académique^; mais le mouvement en est si heureusement original, l'exécution si sobre, que l'imitation de l'antique se dissimule sous les qualités les plus sérieuses. Même avant de connaître l'antique comme on apprend à le connaître à Rome, M. Pierre de Vigne avait manifesté son enthousiasme pour cette grande époque dans le groupe la Réunion de la Lys et de l'Escaut, qui lui avait valu sa première récompense à Gand, et dans Job sur son fumier, visité par ses amis, qui avait été couronné a Anveis. Depuis ces deux morceaux de début, l'artiste s'est amplement développé au double point de vue de la science et du sentiment; tout en demeurant dans les données traditionnelles du siècle de Périclès, il a su prouver que ce style était autant dans son tempérament que dans son éducation.
Nous ne pouvons lui adresser qu'un reproche, celui de ne pas envoyer ses œuvres aux .Suions de Paris, de les exposer rarement, même à Bruxelles, de rester dans cette habitude fâcheuse des maîtres, celle de montrer leur travail chez eux seulement, loin de toute comparaison et quelques heures avant le départ du marbre ou du plâtre pour le musée ou la galerie qui l'attend.
VIGNE (La). V. La Vigne, pour plusieurs personnages de ce uoin.
VIGNE (Jean Baptiste), médecin français, ne à Rouen en 1771, mort en 1842. Ses études médicales terminées, il entra dans la marine avec 'le titre de ' chirurgien auxiliaire de 3e classe (1794) et obtint quelque temps après l'autorisation d'aller compléter son instruction à Paris. Puis, pruferant l'enseignement à )a pratique, qui blessait sa sensibilité, il ouvrit des cours à R..uen, et on Je vit se signaler par sou dévouement pour les blessés' qui encombrèrent nos hôpitaux pendant les guerres de 1814. Vigne entra ensuite dans le service des aliénés et devint médecin eu chef de l'Hospice général de Rouen, fonctions dont il se démit en 1815. On a de lui : Essai sur les affections vermineuses (Rouen et Paris, 1802, iii-8°); lissai sur tes scrofules (Rouen et Paris, 1801, in-8») ; Précis de médecine légale (1805) ; AJémoire sur le dan//er des inhumations précipitées (Rouen, 1837, in-S°) ; Traité de la mort appareille (Paris, 1841,iu-80).
VIGNEAU s. m. (vi-gno; gn mil. — rad.
vigne), sorte de tertre, avec sentier en hélice et couronné d'une treille,' qu'on élevait autrefois dans les jardins, en Normandie.
— Pèche. V. vignot.
— Moll. V. VIGNOT.
VIGMÎMALli, point culminant des Pyrénées l'runçai.-es, dans le département des Hautes-Pyrénées, an ond. d'Argelèa, à 26 kiluin. S.-E. de Luz, pies de la frontière d'Espagne. Celte inutitagne est couronnée par quatre pitons, dont le plus haut, la Pique- Longue, s'eieve à 3,368 mètres. Les flancs ue cette multiligne portent les plus vastes glaciers Ues Pyrénées.
VIGNERON, ONNE s. (vi-gne-ron ; gn mil. — rad. vigne). Ouvrier, ouvrière qui culiive la vigne : La propriété est dans la forte échine du vigneron Qui, du bas de la cote, remonte toujours sou chump qui s'écoute toujours. (Michelet.) Duns nos vignobles, trois années d'abondance sont une calamité pour te vigneron. (Proudh.)
— A signifié Cabaretier, cabaretière.
— Fête des Vignerons, Fête qui se célèbre à Vevey, en Suisse, au printemps et eu automne.
VIGN
— - s. m. Moll. Nom vulgaire d'un escargot comestible. Il On lui donne aussi le nom de vigneronne s. f.
— s. f. Vitic. Variété de vigne.
VIGNERON (Jean), dit Vencronl, grammairien italien. V. VenkrONI.
VIGNES (Pierre des), en latin Feirus de Vineu, jurisconsulte et écrivain italien, né à Capoue vers 1190. D'une famille pauvre, il fit de bonnes études à Bologne, et sa science du droit, jointe à son amour des lettres latines et de la poésie italienne, le rendit cher à Frédéric II. Il fut notaire, puis juge à la cour impériale; il présida à la rédaction des constitutions publiées à Melfi en 1231 et fut chargé d'importantes négociations. En récompense de sa conduite au concile de Lyon, il devint protonotaire et logothètedu royaume de Sicile, Tout à coup, au commencement de l'année 1249, victime sans doute d'une intrigue de cour, il fut compromis dans un complot conire l'empereur, déclaré coupable et condamné à mort. Ou le priva de la vue, et il se tua dans sa prison. Il n'y a pas d'édition complète ni correcte de ses Lettres, quoiqu'il en existe dans les grandes bibliothèques de l'Europe des manuscrits très-nombreux et très-divers, qui fourniraient les éléments d'une publication aussi utile qu'intéressante.
VIGNES {Antoine-Arnaud-Alexandre-Théodore), avocat et homme politique français, né a Ramiers (Ariège) en 1812. Son père, qui était magistrat, l'envoya étudier le droit à Toulouse, où it se fit recevoir licencié et exerça la profession d'avocat. Après la révolution de 1848, ses opinions républicaines le firent nommer parle gouvernement provisoire sous-commissaire à Pamiers. Lors des élections pour l'Assemblée constituante , M. Vignes fut élu représentant du peuple dans 1 Ariége. Il alla siéger sur les bancs de la gauche républicaine, avec laquelle il vota constamment. Réélu à la Législative, il fit une vive opposition à toutes les mesures réactionnaires adoptées par la majorité et à la politique de Louis Bonaparte. Après le coup d'Etat, il fut arrêté, puis relâché après une courte détention. Quelque temps après, il reprit l'exercice de la profession d'avocat dans sa ville natale. Lors des élections pour la Chambre des députés le 20 février 1876, il a été élu à Pamiers et est alla siéger dans les rangs de la majorité républicaine.
VIGNESSOUARA ou dieu des obstacles, divinité de l'Inde. Elle porte encore les noms
de Gnnésu, PoullGynr, lnaliika, etc. C'est
une des plus révérées par les Indiens de toutes les sectes, et son culte est universellement répandu. On rencontre son idole partout : dans les temples, dans les écoles, dans les chauderies (ou choultries), sur les places publiques, duns les forts, sur les grandes routes, auprès des puits, des fontaines, des étangs, en un mot dans tous les lieux fréquentés. On la porte dans les maisons, et, dans toutes les cérémonies publiques, Vignessouara est toujours le premier dieu qu'on adore, L'Indou, dans toute entreprise sérieuse, commence toujours par se le rendre propice. Vignessouara est représenté sous une forme hideuse, avec la tête d'un éléphant, un ventre énorme et des membres disproportionnés; un rat est à ses pieds. On lui donne pour père Siva et pour mère Badra-C'aly ou Dourga. Il se livrait à la vie contemplative, lorsque sa mère, l'ayant rencontré, lui réduisit la tête en cendres par l'éclat de ses regards. Siva, désolé d'avoir un fils acéphale, résolut de lui redonner une tête et envoya à cet effet ses serviteurs couper celie du premier être vivant qu'ils rencontreraient. Ce fut un éléphant qui fut aperçu le premier; les serviteurs, suivant les instructions qu'ils avaient reçues, abattirent la tête de cet animal et l'apportèrent à Siva, qui l'ajusta sur les épaules de son fils. Cette tète d éléphant est évidemment, ainsi que le rat, un symbole de la prudence, de la sagacité et de la prévoyance attribuées à cette divinité.
VIGNETTE s. f. (vi-gnè-te; gn mil. — rad. vigne, à cause des pampres et des ceps qui entrent très-souvent dans ce genre d ornement). Petite estampe dont on orne le commencement ou laTin d'un chapitre ou d'une autre division, dans un livre : Les Anglais ont du goût pour ta vignette égrutignée à la pointe de l'aiguille. (F. Wey.) Il Dessin servant d'encadrement : Toutes les pages de ce livre sont entourées de délicieuses vionettks.
— Cûmm. Papier à vignettes, Papier à lettres encadré de.guirlandes coloriées.
— Bot. Nom vulgaire de la spirée ulmaire ou reine des près, de la clématite viticelle ou à fleurs bleues et de la mercuriale.
VICNEUL DE MARV1LLE, pseudonyme littéraire de NoËL, dit Bonaveuture d'Argoune.