‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 716 sur 1042 · V. Argonnb · texte numérisé non relu

V. Argonnb

VIGNEULLES, bourg de France (Meuse), ch.-l. de canton, arrond. et à 34 kilom. N.-E. de Commercy ; 967 hab. Récolte et commerce de vins.

V1GNE0X, bourg et commune de France (Loire-Inférieure), canton de Saint-Etiennede-Montluc, arrond. de Saint-Nazaire ; pop. aggl., 270 hab. — pop. tôt., 3.290 hab. Carrières de granit et de pierre meulière. On y voit l'ancien château de Buron, habité par Mme de Sévigué.

VIGN

VIGNEUX, village et commune de France (Seine-et-Oi$e), canton de Boissy-Saint-LÂger, arrond. et a 12 kilom. de Corbeil, près de la rive droite de la Seine; 125 hab. Sucrerie. Beau château.

VIGNETTISTE s. m. (vi-gnè-ti-ste ; gn mil. — rad. vignette). Celui qui fait des vignettes.

VIGNIER s. m. (vi-gnié ; gn mil. — rad. vigne). Ane. coût. Gardien des vignes.

VIGNIER (Nicolas), médecin et historien français, né à Bar-sur-Seine en 1530, mort à r'aris en 1596. Il étudia d'abord le droit à Paris, puis il s'adonna à la médecine, et se convertit au calvinisme. Au moment où, sous Henri II, les persécutions contre les protestants prirent un plus grand développement, Vignier se réfugia en Allemagne et y exerça la médecine. Il revint en France après avoir fait amende honorable au catholicisme, et obtint de Henri III les titres de médecin du roi, d'historiographe royal et de conseiller d'Etat. On a de lui : Rerum 6urgundionum ehronicon (Bâle, 1575, in-4°); Sommaire de l'histoire des Français (Paris, 1579, in-fol.) ; Traité de l'origine, état et demeure des anciens Français (Troyes, 1582, iii-4°) ; Noblesse, ancienneté, remurques et mérites d'honneur de la troisième maison de France (Paris, 15S7, in-8°) ; les Fastes des anciens Hébreux, Grecs et Romains (15S8, in-4°); la Bibliothèque histariala (15SS, 4 tomes in-fol.); Vraie histoire de l' Eglise (Leyde, 1601, in-fol.); Traité de l'andeu état de la petite Bretagne et du droit de la couronne de France sur icelle (Paris, 1619, in 4°).

VIGNIER (Nicolas), théologien protestant, fils du précédent, né en Allemagne vers 1 575, mort à Blois vers 1645. Il étudia la théologie à Leyde et fut nommé pasteur à Blois. C'est à tort que Nicéron a prétendu qu'il se convertît à la religion catholique ; il demeura fidèle jusqu'à la fin au protestantisme et ses ouvrages montrent une aversion bien décidée pour l'Eglise romaine ; les principaux sont : Dissertatio de Venetorum excommunications contra Baronium' (1606, in-8°), plusieurs fois réimprimé ; Traicté de la vraye participation du corps et du sang de Jésus- Christ (Genève, 1607, in-S0)*, Examen des erreurs avancées en quelques propositions et écrits par F. Sylvestre (Saumur, 1607, in-S°) ; Théâtre de l'Antéchrist (1610, in-fol.); Apologie catholique de la doctrine des Eglises réformées contre un écrit du P. Colon (Saumur, 1617), in-8° ; l'Art de bien mourir (La Rochelle, 1625, in-8°) ; Sermons (Charenton, 1G45, in-S°); le Pêcheur d'hommes (Blois, 1652, in -12).

VIGNIER (Jérôme), érudit français, fils du précédent, né à Blois en 1606, mort en 1661. D'abord bailli de Beaugeney, il fut converti au catholicisme par M. de L'Aubépine, évêque d'Orléans, et entra dans la congrégation de l'Oratoire, où il se signala par sa science et par son mérite. Il devint supérieur successivement des maisons de Tours, de La Rochelle, de Lyon et de Paris. On a de lui : Oraison funèbre de J.-B. Le Gouz de La Berch'ère (Dijon, 1632, in-4°) ; la Véritable origine de la maison d'Alsace, de Lorraine, d'Autriche, de Bade et de plusieurs autres (Paris, 1649, in-fol.), traduit en latin par J.Chiffiet ; Sancti Augustini operum supplementum (1654, 2 vol. in-fol.), recueil formé d'après des manuscrits inédits découverts à Clairvaux, et qui, entre autres écrits de saint Augustin inconnus jusqu'alors, renferme l'Ouvrage imparfait contre Julien ; Endiaiessaron ou Histoire et harmonie de l'Evangile, publié par le frère de l'auteur (Paris, 1662, in-12}^

VIGNIER (Jacques), historien français, né à Bur-sur-Seine vers 1607, mort en 1669. Entré à dix-sept ans dans l'ordre des jésuites, il acquit une grande réputation comme prédicateur et professa successivement duns différents collèges, et en dernier lieu à Dijon, où il mourut. On a de lui : Traité de la paix de l'âme (1637, in-12); Traité de la pratique de la paix de l'âme dans la vie de suint Louis (1642, in-12) ; Chronicon Lingonense ex probationibus Décades contexlum (Langres, 1665, in-12), traduit en français par E. Jolibois (Chaumont, 1842, in-S°). Cet ouvrage est l'extrait d'un autre plus considérable, dont Vignier avait réuni les matériaux, et qu'il allait publier sous le titre de Décade historique du diocèse de Langres, lorsque la mort le surprit. Le manuscrit de la Décade formait 2 volumes in-fol. Le second a été. égaré à l'époque de la Révolution. — Un de ses parents, Henri Vignier, né en 1641, mort en 1707, entra chez les oraloriens et devint curé de La Rochelle, puis chanoine de Langres. On a de lui : la Connaissance de Jesus- C/trist (1703, in-12); les Psaumes de David (1703, in-12) et quelques autres écrits »scétiques. — Un autre Vignier a publié : le Château de Richelier ou l'Histoire des dieux et des héros de l'antiquité (Saumur, 1676 et 1684).

VIGNOBLE s. m. (vi-gno-ble ; gn mil. — L'origine de ce mot est controversée. D'après le3 uns, c'est une corruption de vignole. Diez le fait venir du latin vini opulens, abondant en vin. Peut-être que le mut est modifie de vinobre et désigne proprement un lieu où l'on fait du vin, de vinum, vin, et de operari, faire). Pays, territoire planté de vignes ; vi-

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gnes qui couvrent un territoire : Les vignobles de la Iiourgogne, du Beaujolais. Un pays cte vignobles. Des coteaux couverts de vignobles. Ainsi que l'olivier, la vigne forme des vergers agrestes, qui, réunis sur une qrande étend, e, prennent le nom de vignobles. (Ras* pail.)

— Bot. Nom vulgaire de la mercuriale.

— Adjectiv. Où l'on cultive la vigne : Les pays vignobles ont été enrichis par le libre échange.

— Encycl. Ce terme, qui a une signification assez vague, est pris quelquefois comme synonyme tantôt de vigne, tantôt de cépage. Mais le plus souvent, et c'est aussi son aecepiion la plus rigoureuse, il désigne une étendue plus ou moins grande de pays, plantée en vignes et produisant une sorte, une qualité de vin particulière et nettement distincte des autres. Nous 'donnons ci-dessous la nomenclature des vignobles les plus célèbres. La France est, on peut le dire, le premier pays du inonde pour la production vinicole, giàce aux conditions variées, mais plus ou moins favombles,que présentent son sol et son climat. D'une manière générale, on peut diviser ses vignobles en trois groupes : 1° ceux du Midi, dont les vins sont forts, très-chargés d'alcool et par suite dan-, gereux si on en boit avec excès, mais peu pourvus d'arôme ou de bouquet ; 2° ceux du Centre, médiocrement forts et alcooliques, amis de 1 estomac et ayant un bouquet trèsagréable ; 3» ceux du Nord, faibles, fort peu alcooliques et très-chargés de lartre.

Si nous commençons» par la Champagne et que nous suivions ensuite de proche en proche, voici les principaux vignobles que nous trouverons sur notre route. Cette nehe province possède Siilery, Aï, M^reuil, Epemay, Verzy, les Riceys. La Bourgogne, justement cé.èbre à cet égard, possède Rn-hebourg, Roinanée-Conti , Chauibert'm , Cios- Vougeot, Corton, Volnay, Pomard, Benune, Tonnerre, La Chainétte, Auxerre, Joigny, Epineuil, Chabbs, Romanèuhe, Moulin -a- Vent, Thorins,Mercurey, Givry, Pouilly, etc. La Framhe-Cointè a les vins d'Arbois et de L'Etoile. Le Lyonnais possède les crus célèbres de Beaujolais, Fleurie, Odenas, Brouilly, Condrieu, Côte-Rôtie et Chàteau- Gfillet; le Dauphine, ceux de l'Ermitage et de Die. Le Langueduc a pour lui et le nombre et la qualité; contentons-nous de nommer Cornas, Saint-Péray, Lang ude, Cante-Perdrix, Tavel, Cliuselan, iaint-Geniez, Saint-Georges, Lund, Froiili^mm, Pignan, Adissan, Mèze, Villevayrae, Maruussau, Narbonne, Ltinoux, Gaillae, etc. En Provence, nous trouvons Casais, La Ciotat, Roquevaire, La Malgue, Saint-Laurent, Oagne>, La Gaude -r dans le Comtat, Chàteau- Neuf-du-Pape, Beaume, Maz.m ; dans le Roussillon, Banyuls, Rivesalte-, Salces, Collioure, Port-Veudres, etc. La Guyenne est encore un de ces pays favorisés et pourrait à elle seule fournir une longue liste ; bornonsnous à citer les noms bien connus de Chàteau- Margaux, Rauzan, Château-Laftiite, foniut- Lambert,Chàteau-Latour, Saint- Julien, Sain t- Estephe, Fronsac, La Bastide, Ambes, Haut- Brion, Suint-Emilion, Blaye, Sauternes, barsac, Preignac, Bergerac, S»iiue-Foy,Cahors, Clairac, Buzet. Il nous reste a menliunner rapidement: en Gascogne, Cap-Bretoii ; dans le Béarn, Jurançon et Gan ; dans le Limousin, Aigental; en Auvergne, Chanturgues, près Clermont-Ferraiid; dans le Nivernais, Pouillac ; en Berry, Saiicerre ; dans l'Orléanais, Beaugeney, la côte du CherjenTouraine, Bourgueil, Joué et Vouvruy; dans l'Anjou, Saumur ; enfin, en Corse, les vins blancs de liqueur du Cap Ourse.

Nous parlerons plus sommairement encore des vignobles étrangers. L'Allemagne a ses vins du Rhin, notamment ceux Ue Johau* nisberg, de Rudesheim, de Steinberg, de Hoehheiin, etc., et aussi ceux d'Asmanhausen, de Wurtzbourg, de Mai kgrafer, de îleltiger, etc. Mentionnons, en Belgique, Huy et Visé ; en Suisse, Yvorne, Faverge, Cortaillod, Schaffouse. Saluons, en traversant lu Hongrie, le célèbre Tokay. La péninsule Ibérique est renommée pour ses vins de Porto, de Sétubal, de Malaga, de Carthagene, de Xérès, de Rota, de Vaf-de-Pen.is, etc. L'Italie a, entre autres vignobles, Marsala et Lacryina-Uhristi(Vésuve). Enfin, nous nommerons Cotuar, eu Moldavie; Chypre et Malvoisie, uans les îles de l'Orient; Madère, aus Canaries ; Constance, au Cap Ue Bonne-Espérance. V. VIGNK et CÉPAGE.

V1GNOLA, bourg du royaume d'Italie, province, district et à 20 kilom. S. de Modèue, ch.-l. de mamiement; '4,0u0 hab. Patrie de Muratori et de l'architecte Viguole.

VIGNOLA-Dl-BASlLlCATE,villedu royaume

d'Italie, province delà Basuicate, district et à 10 kilom. S. O, de Potenza ; 6,600 hab.

VIGNOLE (Jacques Barozzio, dit), célèbre architeutejiiéàVignolajducliedeMudèuejen 1507, mort à Rome en 1573. Il s'appliqua d'abord à la peinture, mais avec peu de succès, étudia la perspective dans le but de se consacrer à l'architecture, pour laquelle il Se sentait un irrésistible penchant, médita profondément Vitruve et tous les auteurs qui ont écrit sur la matière, et alla s'établir à Borne, où il dessina tous les monuments antiques. Là, il dut avoir recours à sa palette pour

VIGN

pouvoir vivre et attendre l'occasion de signaler son mérite. Quoiqu'il fût ton dessinateur, ses études en architecture n'étaient pas encore assez profondes pour lui permettre d'appliquer pratiquement ses connaissances. Il ne se découragea pas et bientôt il put entrer comme dessinateur chez Jacques Melighini de Ferrare, architecte de Paul 111. Son nouveau maître apprécia son talent, le prie sous sa protection et le fit agréer par l'Académie d architecture de Rome, fondée à cette époque. Vignole montra qu'il était non-seulement capaWe de remplir avec supériorité les fonctions qui lui étaient confiées, mais encore que son génie était k la hauteur de toutes les questions de l'art architectural. 11 prit part aux savantes discussions des maîtres d'alors et fit pour eux des travaux remarquables dont il tira honneur et profit. On le chargea de mesurer exactement les monuments anciens, d'en dresser, les plans et d'en dessiner les coupes et les profils. C'est d'après cette étude qu'il a fait son Traité des cin g ordres, traita rédigé avec tant de méthode et de '^implicite, qu'aujourd'hui encore il est le meilleur guide a donner aux jeunes architectes, amtquels il enseigne les règles générales de leijr art.

Vignole venait d'achever son œuvre, lorsque le Primatice.'J peintre et architecte bolonais, alors attaefié à François l", vint k Rome. Le roi de Kra.nce l'avait chargé d'aller en Italie acheter des tableaux de maîtres et acquérir ou faire mouler les oeuvres remarquables de la statuaire tant ancienne que moderne. Vignole &&![& avec le grand peintre, lui rendit de nombreux services en lui facilitant la conclusion de quelques marchés ot en l'aidant à mouler en creux les statues du .Belvédère. Le Friinatice l'attacha a sa fortune et l'emmena en France. Vignole y demeura deux ans; les seuls travaux qu'il ait exécutés chez nous consistent daqs la fonte en bronze des figures moulées sur l'antique en Italie, destinées à orner le palais de Fontainebleau, et en quelques modèles et dessins de monuments, dont les guerres que la France soutenait alors empêchèrent l'exécution. On a prétendu, mais à tort, que le château de Chambord avait été construit sur ses dessins; cette demeure royale avait été bâtie par un architecte de Blois, plusieurs années avant l'arrivée de Vignole en France. Vignole exécuta, à son retour en Italie, une foule de travaux dans diverses Cités : la façade de l'église Saint-Pétrone, le palais Isolani, le portique du Change, le canal du Naviglio, k Bologne ; le palais du duc de Parme, plusieurs églises à Pérouse ; l'église de Saint-André, la maison professe des jésuites, la villa du pape Jules 111, le palais de Caprarola, etc. Sur le bruit de sa renommée, le roi d'Espagne, Philippe II, voulut l'attirer à son service. Mais l'artiste refusa, en prétextant de son âge et des travaux de l'église de Saint-Pierre, dont il avait été chargé après la mort de Michel-Ange. Toutefois, il donna pour le palais de l'Escurial des plans qui remportèrent sur ceux de vingt-deux architectes, les plus célèbres du temps, qui avaient concouru avec lui. A sa mort, il fut inhumé en grande pompe au Panthéon de Rome. Ce grand artiste a fixé, pour ainsi dire, les règles du l'architecture moderne ; il en a posé les bases avec une justesse et une harmonie dans les proportions, avec une sobriété, une élégance et une pureté dans les détails dont on avait peu d'exemples jusquelà et dont on s'est peu écarté depuis. On a de lui: un Traité des cinq ordres, qui es', encore aujourd'hui le rudiment des études d'architecture; cet ouvrage a été traduit dans toutes les langues, et notamment en français par Daviler (1691 et 1738, 3 vol. in-4«) ; Traité de la perspective (1563), ouvrage devenu classique et où il fixe les règles de cet art. Lebas et de Biet avaient commencé la publication des Œuvres complètes de Vignole, gravées an trait (Paris, 1815); mais cette publication s'est arrêtée k la 14» livraison.

V1GNOLES (Etienne) , célèbre capitaine français. V, La Hike.

VIGNOLl (Jean), achéologue et numismate italien, né à Petigliano (Toscane) vers 1680, mort en 1753. Après avoir embrassé l'état ecclésiastique, il devint secrétaire de Philippe Colonna, connétable de Naples et s'adonna à l'étude de la numismatique et de l'arehêologie. Il acquit rapidement par ses travaux une réputation éminente et, en 1720, succéda à Zaccagni comme bibliothécaire du Vatican, emploi qu'il occupa jusqu'à sa mort. Outre une édition du LOier pontificalis ou Vies des papes d'Anastase le bibliothécaire (Rome, 1124-1755, 3 vol. in-4»), on a de lui : Ûisiertatio de cotumna imperatvris Antouini PU (Rome, 1705, in-4«); Rpistola ad Ant. Gallaadium de nummo imperamris Antonini PU (Rome. 1709, in-4°) ; Antiquiores poniificum dequrii (Rome, 1709, in-4«); Dissenalio apologetica de annn primo imperii Seoeri Atexandri (Rome, 1714, in-4l>), etc.

VIGNOLLE (le comte Martin de), général français, né à Massillargues (Hérault) en 1763, mort à Paris en 1824. Entré, eu 1780, comme cadet gentilhomme dans un régiment d'infanterie, il reprit du service lois de la Révolution, servit dans l'année des Alpes en qualité de capitaine, devint adjudant général deux ans après et se signala

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aux combats de Montenotte et de Dégo ; il pénétra au milieu des niasses ennemies k la tête d'un seul escadron et ramena 600 Français que Wukassowisch venait de faire prisonniers. Le lendemain de Castiglione, Bonaparte récompensa la bravoure, le talent et l'activité rares que Vignolle avait montrés dans cette journée par le grade de général de brigade. Il fut nommé, après le traité de Campo-Formio, commandant du Milanais, puis ministre de la guerre delà république Cisalpine. En 1800, le premier consul le chargea de l'organisation de ta fameuse armée de réserve formée k Dijon et destinée a envahir l'Italie. Général de division en 1803, il fit la campagne d'Allemagne de 1809, et perdit un œil a Wagram, d'un éclat d'obus. Il rentra ensuite en Italie, où il n'avait presque cessé de servir. En 1813, il réorganisa 1 armée italienne, qui venait d'être décimée dans les champs de la Russie, et remplit auprès du prince Eugène les fonctions de chef d'état-major. Rallié k Louis XV11I en 1814, il fit partie d'une commission chargée d'examiner les services des émigrés, eut le commandement de la 18e division militaire en 1815, la préfecture de la Corse en 1818 et, devenu député du Gard en 1820, se plaça sur les bancs des ministériels. On a de lui : Précis historique des opérations militaires de l'armée d'Italie en 1813 et 1814 (Paris, 1S17, in-8<>).

V1GNOLLES (Alphonse de), pasteur protestant français, né au château d'Aubaïs eu 1649, mort à Berlin en 1744. Envoyé à Genève pour y suivre des cours de théologie, il s'occupa plus de danse que d'exégèse et négligea complètement les études qu'il devait faire. Son père le rappela ; puis ces goûts frivoles disparurent, et.Yignolles, reçu ministre par le synode du bas Languedoc eu 1675, fut donné pour pasteur à l'église du Cayla, qu'il desservit jusqu'en 1684. A la révocation de l'édit de Nantes, il se retira k Genève, passa de là à Lausanne, puis à Berne et enfin à Berlin, où il s'occupa longtemps d'une chronologie de l'histoire sainte, tirée de la Bible, qui parut sous ce titre : Chronologie de l'histoire sainte et des histoires étrangères gui la concernent, depuis la sortie d'Egypte jusqu'à la captivité de Babylone (Berlin, 1738, 2 vol. in-4«). Cet ouvrage, qui dénote une lecture prodigieuse, les recherches les plus profondes et une rare sagacité, est divisé en six livres. On lui doit, en outre, un grand nombre de dissertations et d'opuscules.

VIGNON (Claude), dit le Vieux, peintre et graveur français, né k Tours en 1573, mort en 1670. Son père, valet de chambre du roi, était chargé de fournir l'argenterie de la cour, Claude Vignon, qui avait de rares dispositions pour la peinture, se rendit à Rome, où il reçutles leçons du Caravage ety acquit bientôt la réputation d'un peintre trèshabile. Ce fut à cette époque qu'il exécuta les Noces de Cana pour le prince de Ludovicio, neveu de Grégoire XV. Vignon voyagea ensuite en Espagne, puis revint à Paris, où il devint peintre de la maîtrise en 161S, membre et professeur de l'Académie royale en 1651. Cet artiste exécuta un nombre considérable de tableaux religieux pour les églises de Paris. H était doué d'une facilité extraordinaire, et on raconte qu'il exécuta en deux jours un tableau de 6 pieds de longueur sur 5 de hauteur, représentant Sainte Catherine refusant d'adorer les idoles. Graveur habile, il a laissé vingt-sept pièces gravées, dont l'une représente le Baptême de l'eunuque de Candace, exécuté pour Notre-Dame en 1638. Claude Vignon avait eu deux femmes, qui lui avaient donné trente-quatre enfants. — .L'aîné de ses fils, Claude-François Vignon, né en 1633, mort en 1703, s'adonna également k la peinture et devint membre de l'Académie en 1667. Son principal tableau représente la Fille" du roi d'Arménie, Polémon, délivrée par saint Barthélémy de la possession du démon. — Un frère du précédent, Philippe Vignon, né en 1634, mort en 1701, s'adouna particulièrement au portrait et devint membre de l'Académie en 1687.

VIGNORY, bourg de France (Haute-Marne), ch.-l. de cant., aYrond. et k 21 kilom. N. de Chaumont. au pied d'une montagne } pop.

aggl., S44 hab. — pop. tôt., 581 hab. Viguory était au xa siècle le siège u'un comte qui, après av.oir longtemps appartenu k la maison de Ûainpierre, passa dans les dernières années du xviii" siècle aux mains de celle de Béthune. La villa possédait un château, dont la fondation remonte au x® siècle et dont les derniers vestiges consistent aujourd'hui dans une tour ronde découronuèe et rattachée par un pan de mur à une tourelle à peu près ruinée, et dans quelques débria de murailles. Vignory a conservé son église, curieux édifice roman, classé depuis longtemps au nombre des monuments historiques. L'église de Vignory, construite en 987, est surmontée d'une belle tour du xi« siècle, à trois étages, percée de fenêtres géminées en plein cintre. L'intérieur, long de 50 mètres dans ceuvre, se divise en une nef avec sanctuaire en hémicycle, e t en deux collatéraux formant autour d u choeur un déambulatoire sur lequel s'ouvrent trois chapelles en abside et voûtées. Des charpentes apparentes, semblables aux charpentes primitives, couvrent la nef et les bascôtés. On remarque principalement dos chu-

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pileaux sculptés bizarrement, de'nombreu<î(is statues du xiveetdu xvo siècle, un 'bas-relief représentant des épisodes de la vie de la Vierge et un retable sculpté représentant la passion. C'est dans l'église de Viguory qu'on remarque l'origine du triforium Ou galerie ouverte immédiatement sur les arcades de la nef. Ce remarquable édifice a 'été restauré par M, Bœswillwald.

VIGNOTs. m. (vi-gno; gn mil.). Pêche.

Table sur laquelle on étale la morue lorsqu'elle sort de l'eau, n On écrit aussi vigneau.

— Moll. Nom vulgaire de la littorîne commune, u On écrit aussi vigneau.

— Encycl. Moll. V. littorîne.

VIGNY (Alfred-Victor, comte dk), pofete et romancier français, né k Loches le 28 mars 1797, mort à Paris le 17 septembre 1863. Sa famille, autrefois fort riche en domaines territoriaux situés en Beauce, s'était vue contrainte d'habiter Loches pour se rapprocher du lieu de captivité de l'un de ses membres, M. de Baraudin, oncle maternel du poète, chef d'escadre sous Louis XVI et emprisonné pour sa participation aux guerres de la Vendée. Elle avait acheté k Loches une petite maison, où naquit Alfred de Vigny. Dix-huit mois aprè3 cet événement, en 1799, la famille de Vigny quitta cette retraite et habita tantôt Pans, tantôt ia terre patrimoniale du Tronchet, en Beauce. Dès son enfance, le futur auteur de Cinq-Mars puisa dans ce qu'il appelle « la tristesse bruyante de Paris » et dans la monotonie des plaines de la Beauce les germes de cette misanthropie qui, plus tard, devait entièrement l'envahir. • Au collège, lisons-nous dans les notes posthumes publiées par M. Louis Ratisbonne, j'étais persécuté par mes compagnons; quelquefois ils me disaient : «Tu as un de k ton • nom; es-tu noble?» Je répondais : • Oui, > je le suis. > Et ils me frappaient. Je me sentais d'une race maudite, et cela me rendait sombre et pensif. »

Alfred de Vigny se préparait k l'Ecole polytechnique et suivait, en dehors de l'institution Hix, dau3 laquelle il eut pour condisciples Hérold et Devéria, des cours particuliers sous les meilleurs maîtres. Il cultivait même les arts d'agrément et eut Girodet- Trioson pour professeur de dessin. Sa santé se trouva ultérée par suite d'un labeur trop continu ; la famille fit des reproches à M»» de Vigny, qui répondit tristement : « Que voulez-vous? il faut qu'un homme sache tout k dix-sept ans; après cet âge, la guerre l'enlève k l'étude et nous le prend, hélas I à nousmêmes. » C'était, en effet, l'époque où les mères ne mettaient plus au monde assez d'enfants pour suffire à ce dévorant empereur. La bataille de Paris, en ramenant les Bourbons, lui ouvrit plus pronipteinent qu'il ne l'avait espéré la carrière militaire. « Nous avons élevé cet enfant pour le roi, » écrivit la comtesse de Vigny au ministre de la guerre en demandant son admission dans les gendarmes de la maison rouge. Le ministre accueillit la demande ; le jeune homme fut admis par faveur et, malgré sa taille peu. imposante, avec un. brevet de lieutenant dans ces «ompagnies de luxe destinées à satisfaire la vanité de la noblesse. 11 débuta, comme il l'a raconté dans une touchante page de Laurette ou le Cachet rouge [Servitude et grandeur militaires) par escorter jusqu'k Béthun- Louis XVIII, forcé de fuir aux Cerit-Jours.Le mousquetaire de la maison rouge n'avait pas un poil de barbe au menton, et l'escadron ne manqua pas de le cribler île plaisanteries. A. de Vigny montrant un jour à Victor Hugo un portrait de lui k cette époque, en costume de lieutenant, Victor Hugo s'écria: • C'est la plus fine et la plus délicate figure de petite fille qui se puisse voir I » Au fond, il n'avait aucunement le tempérament militaire, comme il l'explique dans une page de ses Souvenirs: ■ Me voila mousquetaire à seize ans. Ce n'est que celai me dis-je après avoir mis mes épaulettes, ce n'estque cela 1 J'ai dit (ie inot-lk depuis de toute chose, et je l'ai dit trop tôt. De là ma tristesse, née avec moi, il est vrai, mais pas si profonde qu'à présent, et au fond assez douce et pleine de commisération pour mes frères de douleur, pour tous les prisonniers de cette terre, pour tous les hommes... Vous aveu raison de vous représenter ma vie militaire comme vous faites j l'indignation que me causa toujours la sultisance dans les hommes si nuls qui sont revêtus d'une dignité ou d'une -autorité mu donna, dès te premier jour, une sorte de froideur révoltée avec les grades supérieurs et une extrême affabilité avec les inférieurs et les égaux. Cette froideur parut k tous les ministères possibles une opposition permanente, et ma distraction naturelle et l'état de somnambulisme où me jette an tout temps la poésie passèrent quelquefois pour du dédain de ce qui m'entourait. Cette bonne distraction était pourtant, comme elle l'est encore, ma plus chère ressource contre l'ennui, contre les fatigues mortelles dont on accablait mou pauvre corps si délicatement conformé et qui aurait succombé k de plus longs services, car, après treize ans, le commandement me causait des crachements de sang assez douloureux. La distraction me soutenait, me berçait, dans les rangs, sur les grandes routes, au camp, k cheval, k pied, en commandant même, et me parlait k l'oreille de poésie 'et d'émotions divines nées de l'amour, de la philosophie et de l'art. Avec une

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indifférence cruelle, le gouvernement, à la tête duquel se succédaient mes amis et jusqu'k mes parents, ne me donna qu'un grade pendant treize ans, et je le dus k l'ancienneté qui me fit passer capitaine k mon tour. 11 est vrai que, dès qu'un homme de ma connaissance arrive au pouvoir, j'attends qu'il me cherche, et je ne le cherche plus. J'étais donc bien déplacé dans l'armée, et je portais la petite Bible que vous avez vue dans le sao d'un soldat de ma compagnie. J'avais Eloa, j'avais toutes mes poésies dnns ma tête; ils marchaient avec moi, par la pluie, de Strasbourg à Bordeaux, de Dieppe k Nemours et k Pau, et quand on s'arrêtait, j'écrivais. J'ai daté chacun de mes poèmes du lieu où sa posa mon front. Depuis la guerre d'Espagne, Cinq-Mars vivait dans ma tète ; j'étais comme le Jésus de Manzoni, « se souvenant de l'ave- • nir, » et ce livre k venir, je n'avais pas le temps de l'écrire. Marié hors de l'année, revenu à Paris (chère ville bien-aimée du Beauceron qu'on y apporta k deux ans), je me hâtai d'écrire mon roman. Il me donna plus de renom qu'i?/oa, qui me semble d'une nature plus rare, autant que je puis méjuger moimême. Je lis depuis ce que j'ai fait toujours, des esquisses qui font mes délices, et du milieu desquelles je tire de rares tableaux. Croiriez-vous que je les ai tellement accumulés que j'ai là, près de moi, une malle entière pleine de plans, de romans, d'histoires, do tragédies, de livres de toute forme et de toute nature?... »

Pour compléter l'histoire de la jeunesse du poète, ajoutons qu'il fut du nombre de ceux

?ui, lors du «voyage» k Gand, n'avaient pas rauchi la frontière. On l'envoya k Amiens pendant les Cent- Jours. Les compagnies rouges n'ayant point été rétablies au retour des ■ Bourbons, de Vigny entra dans la garde royale a pied. U s'était brisé la jambe par accident, et l'usage du cheval lui devenait impossible. Très-studieux, détestant les habitudes de caserne et l'insipidité de la vie de garnison, il passait aux bibliothèques les moments qu'il pouvait dérober au service ; car l'instinct de la guerre, chez une nature aussi délicate, aussi généreuse, n'avait été qu'un instinct factice. La réflexion lui avai;t montré ce que vaut ce grand mot atroce de gloire militaire avec lequel on grise les natures grossières et dont les despotes se servent avec une si cruelle adresse pour mieux exécuter leurs desseins ambitieux. Dans le silence de la paix qui enfin s'était faite après de si terribles commotions, il sentit s'éveiller en lui le goût littéraire et poétique. L'étude de T héocrite et d'André Chénier lui Inspira, dès 1815, deux études antiques, la Dryade et Syméta, qu'il fit suivre bientôt de poésies d'une égale valeur : Héléna, la Somnambule, la Fille de Jephlé, la Femme adultère, le Bal, la Prison, morceaux réunis sous le titre da Poèmes antiques et modernes (1822, in* 8*) et inspirés, selon toute probabilité, par André Chénier; le Trappiste (1822, in-8») ; Eloa ou la Sceur des anges, mystère (1824, iu-S»). Cette dernière oeuvre, où l'inspiration mystique est rendue avec une perfection si mélodieuse, ne fut pas accueillie avec tout le succès que l'auteur en attendait. Le Déluge et Dolorida suivirent Eloa de très-près. Le Déluge était la dernière des œuvres bibliques et uutiqués de l'auteur ; Dolorida, la première de ses œuvres romantiques. Ces productions lui assurèrent une des premières places dans les rangs de la jeune pléiade ; elles sont empreintes de cette originalité qui crée k Alfred de Vigny une place à part dans le mouvement littéraire de 1830. Plus hardi qu'André Chénier, dont il a souvent toute la grâce, il fut en même temps que Victor Hugo un initiateur.

Nommé capitaine en 1823, au moment de la guerre d'Espagne, il fut envoyé sur la frontière et ne prit aucune part, k son grand regret, aux opérations militaires; mais dans ces loisirs forcés, il conçut l'idée et le plan d'un de ses plus beaux livres, Cinq-Mars, C'est dans les Pyrénées, k.Orthez, parmi les devoirs et les ennuis de la vie militaire, quo le jeune officier écrivit ce roman longuement inédité et dont il avait conçu la plan en préparant uue Histoire de ia Fronde, qui n'a jamais vu le jour. Cinq-Mars est plutôt l'œuvre d'un libéral éclairé que celle d'un royaliste fervent, et peut-être le succès de ce beau livre (1826) fut-il pour beaucoup dans la résolution que prit l'auteur de renoncer k une carrière pour laquelU il n'avait plus que de ,1'aversion. Dans Servitude et aruudeur militaires, il parle longuement de ses déceptions. « Ce ne fut que tres-.tard. dit-il, que je m'aperçus que mes services n'étaient qu'une longue méprisa et que j'avais porté dans une vie tout active uue nature toute contemplative. Mais j'avais suivi la pente de cette génération de l'Empire néa avec le siècle et de laquelle je suis. •

Alfred de Vigny se lit réformer en 1828 pour cause de santé. Deux uns auparavant, il avait épousé k lJau une Anglaise, petitefille d'un riche commerçant de l'Inde, après avoir failli épouser Delphine Gay (M"io Emile de Girardin). Il vint k Paris et fut aussitôt un des plus fidèles habitués du cénacle de la place Royale. Le succès de Cinq-Mars présageait, en ce brillant champion du romantisme, alors naissant, un rival de WalterScott ; mais c'était au théâtre surtout qu'il fallait frapper dès coups décisifs et en finir avec les

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procédés surannés de la vieille école. A. de Vigny porta ses préférences de ce coté; il traduisit en vers YOthello de Shakspeare, et la première représentation de ce drame précéda de quelques mois, au Théâtre-Français, celle daernani. Vinrent ensuite, à l'Odéon, la Maréchale d'Ancre, drame historique; puis une petite comédie, Quitte pour la peur; une nouvelle traduction de Shakspeare, le Marchand de Venise, et enfin Chatterton. Le caractère de l'auteur se révèle tout entier Jatis cette dernière œuvre, datée de 1835. Chatterton, c'est le poëte impuissant à plier son génie aux exigences de la vie matérielle, à faire de sa plume un gagne-pain; c'est le talent pauvre et lier voué aux exigences dela richesse ignorante. Ce drame, écrit en vingt jours, obtint un succès incontesté; mais depuis longtemps l'auteur était désillusionné. Indifférent aux jugements de la presse et à ceux du public, peu sensible aux louanges et dédaigneux des critiques, il avait écrit, dès 1829, dans ses notes intimes : • Tout Français, ou à peu près, naît vaudevilliste et ne conçoit pas plus haut que le vaudeville. Ecrire pour un tel public, quelle dérision I quelle pitié! quel métier 1 Les Français n'aiment ni la lecture, ni la musique, ni la poésie; mais la société, les salons, l'esprit, la prose, »

En même temps qu'il perdait tout enthousiasme littéraire, s'en allaient aussi ses convictions politiques. Il avait assisté aux journées de Juillet avec une indifférence apparente, mats ses sympathies intérieures étaient plus favorables peut-être à la cause de la liberté qu'à celle des Bourbons. On trouve à la date du 27 juillet, dans se3 notes intimes, ces quelques lignes significatives : ■ Charles X est à Compiègne. Il a dit : i Mon frère » a tout cédé, il est tombé; je résisterai et ne • tomberai pas. » Il se trompe. Louis XVI est tombé à gauche et Charles X à droite. C'est toute la différence. « Alfred de Vigny écrivait encore le il août de la même année : > La garde royale a fait noblement son devoir, mais à contre-cœur. Tant qu'une armée existera, l'obéissance passive doit être honorée, mais c'est une déplorable chose qu'une année. •

Cette disposition de l'esprit, cette indifférence sceptique sont peu favorables a la production littéraire. Elles sont encore plusmar- 3uées dans Stella ou les Diables bleus (1832) et ans Servitude et grandeur militaires (1835), deux ouvrages où l'auteur met en parallèle, dans l'un la situation du poste et dans l'autre celle de l'horame de guerre, avec la société moderne. Ces études provoquèrent de nombreuses critiques. C'est du premier de ces livres qu'A, de Vigny détacha le drame de Chatterton. Le retentissement de cette œuvre, où la société est accusée de la mort du poète, fut si grand qu'il se rencontra deux députés, MM. Fulchiron et Charlemagnc, qui protestèrent en pleine Chambre contre ce qu'ils appelaient « un drame indigne et pervers; » mais l'intérêt excité pur le héros, le charme et l'élégance du style, le talent de Mm° Dorval triomphèrent de toutes ces attaques ridicules de bourgeois satisfaits et peureux. Stella, Chatterton, Servitude et grandeur sont les fruits d'un esprit découragé, d'une imagination que domine, d'une façon maladive, la mélancolie. Bien des pages, quoique écrites avec une exquise finesse, s'inspirent d'une fausse philosophie. Mais si le poète ne sut pas chercher dans un idéal de justice un refuge contre le scepticisme, du moins ce scepticisme fut-il toujours digne et incompatible avec la bassesse et la servilité. Le 8 mai 1845, il entra à l'Académie française, en remplacement de M. Etienne. Depuis longtemps déjà, il n'affrontait plus la publicité qu'à intervalles fort éloignés. Eu 1 84 1 , la fille de Sedaiue, dans l'indigence, s'étant adressée à lui, il composa pour la Chambre des députés un opuscule sur la Propriété littéraire, raconta la vie de Sedaine, ses travaux, aborda la question générale et demanda pour les héritiers d'un auteur un droit sur chaque nouvelle édition de ses œuvres. En 1843, il essaya un retour à la poésie lyrique en publiant dans la Hevue des Deux-mondes des fragments de Poèmes philosophiques .'le Sauvage, la Mort du loup, la Flûte, etc., recueillis après sa mort comme une sorte de testament littéraire, sous le titre de Destinées, d'après la' pièce qui ouvre le recueil. La note religieuse domine dans ces derniers chants du poëte solitaire et découragé. Le ton de cette lyre, contemporaine des Harmonies et des liecueillenienls poétiques, parut uniforme, triste et même lugubre.

Epris de solitude, Alfred de Vigny se réfugia de plus en plus dans le culte secret de lu poésie. On a trouvé dans ses papiers des plans de poèmes et de romans, auxquels il travaillait encore lorsque ;la mort l'enleva. C'étaient une suite à Èlou, un de ses plus beaux poèmes; une seconde consultation du docteur Noir.'un des personnages de Stello; un grand ouvrage sur les Français en Egypte, dont Bonaparte aurait été, le héros, et une comédie en vers. Lorsqu'il mourut, après toute une année de souffrances supportées avec uu rare courage, il défendit qu'aucun discours fût prononce sur sa tombe. Cependant, comme il était ollicier de la Légion d'honneur, par une préoccupation singulière, il se souvint à ses derniers moments qu'avant d'être un poète exquis de ce temps, il avait

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été capitaine dans l'armée, et il insista pour que ce fût l'armée, et non la garde nationale, qui l'accompagnât à sa dernière demeure.

M. Louis Ratisbonne a publié dans la lievue moderne, sous ce -titre : Journal d'un poêle, les notes intimes ïuissées par son illustre ami. Ces notes forment une sorte d'autobiographie' dans laquelle Alfred de Vigny a résumé l'histoire de ses idées. « Alfred do Vigny, dit-il, me montrait quelquefois dans sa bibliothèque de nombreux petits cahiers cartonnés où il avait depuis longtemps jeté au jour le jour ses notes familières, ses mémentos, ses impressions courantes sur les hommes, sur les choses surtout, ses pensées sur la vie et sur l'art, la première idée de ses œuvres faites ou à faire. Et, quelques jours avant sa mort, il me dit : ■ Vous trouverez • peut-être quelque chose là. » J'y ai trouvé l'homme tout entier. » Le Journal d'un poëte, en effet, explique et fait aimer cet esprit élevé qui, s'il ne sut pas mettre d'énergiques convictions au service d'une grande cause, sut du moins rester au-dessus des ambitions mesquines. Il nous parait regrettable que M. Louis Ratisbonne ait cru devoir arrêter ces confidences à l'année 1847.

Les Œuvres d'Alfred de Vigny ont été réunies (1837-1839, 7 vol. in-S°). On peut reprocher à ce poète, à cet écrivain délicat la monotonie de son style et, en général, son peu d'émotion. Mais nul artiste n'a jamais été plus épris d'idéal. Il n'est pas dans notre temps de renommée plus pure, de vie plus digne et plus justement honorée. C'est une figure à part dans l'histoire littéraire, et, comme l'a fort judicieusement fait remarquer Jules Sandeau, à quelque point de vue qu'on le considère, il est impossible de n'être pas frappé de l'harmonie qui existe entre l'écrivain et son œuvre, < Cette harmonie se retrouvait jusque dans sa personne. On a pu dire de lui qu'il ressemblait à son talent; il en était, pour ainsi dire, la fidèle et vivante image et, si j'avais à peindre la Muse qui l'inspirait, c'est sous les traits du poète luimême, alors qu'il était jeune encore, que j'aimerais à la représenter... Dès ses premiers pas dans la vie des lettres, le comte de Vigny avait pris l'attitude discrète et voiléequ'il a toujours conservée depuis et qui ne s'est jamais démentie : quelque chose de virgilien, la pose d'un Raphaël attristé. • Sainte-Beuve a fixé d'un trait magistral la physionomie de ce Mélanchthon du romantisme, de ce poôle pudique qui redoutait l'éclat et le bruit ; pendant que Hugo, le baron féodal, coinbattuit sous 1 armure,

Vigny, pTus secret, Comme en ça tour d'ivoire avant midi rentrait.

VIGO, lo Yicus' Spacorum des Romains, ville forte d'Espagne, province et à 30 kiloni. S. de Pontevedra, sur la baie de son nom formée par l'Atlantique, où elle a un bon port de commerce ; 13,000 hab. Tribunal et chambre de commerce; lazaret, fabrication de chapeaux et de linge de table. Exportation de vins, huile, maïs, viandes salées, sardines; importation de métaux, charbon, étoffes de soie, épiceries,- tissus de laine, quincaillerie. La ville s'étage aux flancs d'une colline dont le sommet, désigné sous le nom d'El Castro, est couronné par la citndelle. Ce nom de Castro rappelle très-probablement un ancien camp romain qui lui aura fait place. Cette citadelle est d'ailleurs en fort mauvais état, et ses murs crevassés et ses bastions branlants justifient peu le nom de fort imprenable (fuerte imprenable) que lui donnent les habitants. La ville conserve encore ses anciennes murailles, percées de six portes et défendues par les châteaux de San-Juliun et de San-Sebastian. Murailles et château ne sont guère en meilleur état que la citadelle; mais la position excellente de Vigo, défendue d'un coté par la mer et, de l'autre,

fiar des montagnes, suffirait au besoin à une ongue résistance. Vigo possède une église assez remarquable, dans le style grec, décorée intérieurement d'un ordre dorique bien proportionné. Le mouvement annuel du port est d'environ 600 navires, jaugeant ensemble 35,000 tonneaux et représentant, pour l'importation, un chiffre d'affaires de 8,500,000 fr. L'exportation atteint la moitié de oa chiffre. La rade de Vigo, une des plus sûres du littoral,-en est en même temps la plus considérable. Elle n'embrasse pas moins, au delà de Vigo, de 30 kilomètres de profondeur, et la .portion située entre les deux pointes de Randu et de Bestias est le meilleur refuge de la côte en ca* de tempête. Du temps des Romains, Vigo fut une des principales stations de l'empiré. Aujourd'hui, la sûreté de son port et l'excellence de sa rade lui conservent une certaine importance. En 1707, Vigo fut témoin d'un combat où une flotte anglo-hollandaise coula complètement une flotte espagnole dont les galions portaient des sommes énormes en or et en argent. Depuis lors, il a été fréquemment question des richesses enfouies dans la baie de Vigo, et, il y a quelques années, une société française se constitua dans le but de les retirer de la mer à l'aide de plongeurs; mais les espérances des actionnaires de cette compagnie furent complètement déçues. On ne relira du fond de la baie , que deux vieux canons, couverts de coquillages et qui figurent aujourd'hui au musée d'artillerie de Paris.

VIGO, lac de la Russie d'Europe, dans la

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partie N.-O. du gouvernement d'Olonets, au N.-K. ; du lac Sego, avec lequel il communique, au N. du lac Onega. Il mesure 81 kilom. sur 27 ; la rivière du Vig le traverse du S.-E. au N.-O.

VIGO (Jean db), chirurgien italien, né à Rapallo, près de Gênes, en 1460, mort en 1519. Son père, chirurgien du marquis de Saluées, était un homme distingué dans son art. Jean de Vigo rendit des services à la ville de Saluées lors du siège qu'elle soutint en 1485 et i486. Il alla se fixer ensuite à Savone, où il conquit la sympathie du cardinal Julien de La Rovère, qui, élevé à la papauté sous le nom de Jules II, le nomma son premier médecin et le combla d'honneurs et de richesses. On lui doit un ouvrage remarquable et souvent réédité : Practiea in arte chirurgiea copiosa continens novem libros (Rome, 1514, in-fol.).

VIGO (Jean-Bernardin), poetô italien, né en 1719, mort en 1808. Professeur de rhétorique à Mondovi (1742), puis à Turin, il obtint en 1778, à l'université de cette dernière ville-, une chaire d'éloquence italienne et grecque, puis d'éloquence latine. On a de lui plusieurs poèmes latins : De sindone laurinensi (Turin, 176s) ; Cortex peruvianus (Turin, 1773, in-S"); Tubera terrs(lTH, in-8"); Cannabie (1777, in-8°); Miscellauea (1786, in-8°) ; Murmora taurinensia (1792) ; Lanificium et lanificii curatia (1794) ; Charta ejusque conficiendm ratio (1796) ; jÊsthereis /iori//(1797).

V1GODARZERE, bourg du royaume d'Italie, province, district et mandement de Padoue; !,800 hab.

VIGOGNE s. f. (vi-go-gne ; gn mil. — espagn. vicuiia, mot emprunté au péruvien), Mamm. Mammifère ruminant, du genre lama, qui vit au Pérou : On fait de très-beaux gants, de très-beaux bas avec la laine de vigognb, (Buff.)

— Comm. Laine du même animal : Chapeau de VIGOGNE.

— s. m. Chapeau de laine de vigogne : Un beau vigogne.

— Encycl. La vigogne est à peu près de la taille d'un chevreuil ; elle a la tête de grosseur moyenne et dépourvue de cornes ; le museau s'unissant au front par une légère courbure; les yeux noirs et très-fendus; les oreilles dressées;, le cou fort élevé; les jambes très-longues et très-sveltes; deux sabots terminés en crochet à chaque pied. Son pelage est formé de poils laineux très-fins et très-doux, longs de 011,03 sur le corps et de 0m,08 sur la poitrine; sa couleur est d'un brun fauve pâle tirant vers la couleur Isabelle en dessus ; elle est blanche ou blanc jaunâtre sur les parties inférieures. Ces animaux vivent en troupes sur les montagnes les plus élevées et les plus froides des Cordillères; ils sont sauvages et timides et se nourrissent de lichens et de mousses.

La vigogne ressemble beaucoup au lama; mais elle est plus petite et moins sensible au froid ; aussi se tient-elle à des altitudes plus rapprochées de la limite des neiges et de3 glaces. Elle court irès-légèremont; d'un naturel défiant, elle s'enfuit dès qu'elle aperçoit quelqu'un, et, si elle a des petits, elle les chasse devant elle. Comme elle ne multiplie pas beaucoup, l'espèce est devenue assez rare; la chasse acharnée qu'on lui fait a surtout pour but de se procurer lu toison de l'animal, qui est fort recherchée. Voici, d'après V. de Bomare, comment on la pratique : ■ Quantité d'hommes s'assemblent pour battre les bois ; les chasseurs font un grand bruit, on fait fuir ces animaux, et ils s'engagent dans des passages étroits où l'on a tendu des cordes à 3 ou 4 pieds de hauteur, le long desquelles on laisse pendre des morceaux de linge, des chiffons d'étoffe ou des plumes de différentes couleurs; ces animaux, arrivant k ce passage, sont .tellement intimidés par le mouvement de ces lambeaux agités par le vent qu'ils n'osent franchir cette faible barrière et qu'ils s'attroupent, demeurent en foute et deviennent la proie du chasseur, qui a la cruauté de massacrer la troupe entière, car rarement il se contente de les prendre vivants, avec un lacet de cuir; mais si dans la troupe il se trouve quelques lamas sauvages (alpacas ou guanacosj, comme ceux-ci sont plus hauts de corps et moins timides que les vigognes, ils sautent par-dessus les.cordes, et, dès qu'ils en ont donné l'exempte, les vigognes sautent de même et échappent aux chasseurs ; néanmoins ces chasses produisent ordinairement de cinq cents à mille peaux de vigogne. Si les chasseurs entendaient mieux leurs intérêts, ils tondraient facilement les vigognes prises au lacet, les mettraient ensuite en liberté et se ménageraient ainsi une nouvelle toute l'année suivante. »

Les anciens souverains du Pérou, comprenant bien les avantages que leur procuraient ces ruminants, en avaient sévèrement défendu la chasse. Depuis, on a rendu des ordonnances pour empêcher ces boucheries, dont le moindre défaut est d'être inutiles ; mais elles ont été mal observées et ont fini même par tomber en désuétude. On a essuyé aussi de domestiquer la vigogne; mais elle s'apprivoise difficilement. Plus capricieuse et plus obstinée que le lama, d'ailleurs plus faible et ne pouvant porter d'aussi lourds fardeaux, elle a la mauvaise habitude, quand une fois elle s'est couchée avec sa i-lurge,

VIGO

de se laisser tuer plutôt que de se relever. Les Espagnols, voyant le parti qu'on tirait des vigognes, avaient cherche à les naturaliser en Europe, et ils en avaient plusieurs fois transporté en Espagne, où, loin de se multiplier, elles périrent toutes, sous l'influence d'un climat qui ne leur convenait pas.

« Cependant, dit Buffon, je suis persuadé que ces quadrupèdes, plus précieux encore que les lamas, pourraient réussir dans nos montagnes et 'surtout dans les Pyrénées; ceux qui les ont transportés en Espagne n'ont pas fuit attention qu'au Pérou même les vigognes abandonnées à la nature ne subsistent que dans la région froide, c'est-à-dire dans la partie la plus élevée des montagnes, où elles paissent en troupes: qu'on ne les trouve jamais dans les terres basses et qu'elles meurent dans les pays chauds ; qu'au contraire, elles sont aujourd'hui très-nombreuses dans les terres voisines du détroit de Magellan, où le froid est beaucoup plus grand que dans notre Europe méridionale, et que, par conséquent, il fallait, pour les conserver, les faire descendre du Tucumau par j Kio-de-la-Plata jusqu'à Bueiujs-Ayres, où un I bâtiment les aurait amenées en Europe et les I aurait débarquées, non pas en Espagne, mais en Ecosse ou même en Norvège, et plus sûrement au pied des Pyrénées ou des Alpes, où elles eussent pu grimper et atteindre plus promptement la région qui leur convient, celle qui approche le plus de celle des Cordillères. Je n'insiste sur cela que parce que je m'imagine que ces animaux seraient une excellente acquisition pour l'Europe et produiraient plus de biens réels que tout le métal du nouveau monde. >

D'après Molina, la vigogne est un excellent gibier et sa chair est préférable à celle du veau ; néanmoins, elle est peu recherchée, sans doute parce qu'elle est inférieure en qualité à celles de l'alpaca et du lama. Les indigènes font également fort peu d'usage du lait de cet animal, qui n'en a que la quantité 'nécessaire pour nourrir ses petits. Le principal produit de la vigogne est sa toison, qui est très-fine et très-douce et passe pour la plus belle de toutes les laines; au temps do Buffon, elle était recherchée et estimée à l'égal de la soie. A une époque antérieure, elle servait à fabriquer ces tissus très-fins dont se vétissaient les incas et les caciques, et qu'on nommait ponchos. « La toison des 111gognes, dit V. de Bomare, est de couleur de rose sèche, un peu claire, et cette couleur naturelle est si fixe, qu'elle ne s'altère pas sensiblement sous la main de l'ouvrier. On fait de très-beaux mouchoirs de cou, de trèsbeaux gants, des bas fort doux, très-chauds et d'autres ouvrages de bonneterie avec cette laine de vigogne; l'on en fait d'excellentes couvertures et des tapis d'un très-grand prix; l'on en fabrique le drap le plus lin, le plus chaud et le plus léger; en un mot, le castor du Canada, la brebis des Kulmouks, la chèvre de Syrie ne fournissent pas un plus beau poil, et la laine de vigogne forme seule une branche dans le commerce des Indes espagnoles; on distingue même dans le commerce trois sortes de laine de vigogne, la fine, la carneline ou bâtarde et le pelotage ; toutes trois néanmoins sont employées; 011 en mêle aussi avec le poil de lapin et de lièvre pour faire des chapeaux; on en fait aussi des cordes. >

La vigogne produit des bézoards d'une couleur vert sombre; c'étaient les plus estimes dans l'ancienne médecine, et on recherchait surtout ceux qui provenaient d'animaux vivant à l'état libre dans les parties les plus élevées- des montagnes et paissant habituellement dans les neiges. Ceux des mâles tenaient le premier rang après les bézoards orientaux. On faisait moins de cas de ceux des vigognes domestiques, qui sont petits et noirs; on trouve aussi des œgagropiles dans l'estomac de ce ruminant.

VIGOLZONE, bourg du royaume d'Italie, province et district de Plaisance, mandement de Ponte-dell'Oglio; 2,900 hab.

VIGONA, bourg du royaume d'Italie, arrondit à 13 kilom. E.-S. -E.de Pignerol, dans une plaine, à la source de la Langiate, affluent du Pô; 6,300 hab.

VIGONOVO, bourg du royaume d'Italie, province de Venise, district et mandement de Dolo ; 2,300 hab.

VIGONZA, bourg du royaume d'Italie, province et district de Padoue, mandement de la même ville; 3,800 hab.

VIGOR (Simon), prélat et théologien français, né à Evreux dans les premières années du xvio siècle, mort en 1575. Admis, en 1540, duns la maison de Navarre, il devint peu après recteur de l'université et curé de Satni- Geiniain-le-Vieux, fut reçu eu 1545 docteur eu Sorbonne et, nommé à la même époque pénitencier de l'église d'Evreux, suivit l'évêque de cette ville au concile de Trente. Appelé ensuite à la cure de Saint-Paul, à Paris, il se signala par son zèle à convertir les protestants et fut promu, en 1570, au siège archiépiscopal de Narbonne, qu'il occupa jusqu'à sa mort. On a de lui : Oraison funèbre d Elisabeth de France, reine d'Espagne (Paris, 1563, in-8°); Actes de la conférence tenue à Paris, es mois de juillet et août 1506, entre deux docteurs de Sorbonne (Vigier et Claude de Sainctes) et deux ministres de

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Calvin (de I.'lïspine et Sureau du Rosier) [Paris, 1568, in-S°]. On a encore de Vigor quatre recueils de Sermons assez médiocres, dont les trois premiers parurent en 1577 et ie quatrième en 1584.

VIGOR (Simon), magistrat français, neveu du précédent, né en 1550, mort en 162-4. 11 remplit, de 1575 jusqu'à sa morr, les fonctions de conseiller au grand conseil. Outre des écrits de controverse, dans lesquels il prend la défense de Richer, et qui ont été réunis en un volume en 1683, on a de lui : Historia eorum qux acta sunt inter Philippum Pulckrum, regem christianissimum, et lionifacium VIII, pontificem, ex variis scriptoribus (Paris, 1613, in-4»).

V1GOH (mislress), femme de lettres anglaise, née en 1099, morte en 1783. Elle épousa successivement un consul général en Russie, un résident à cette cour et enfin un quaker. Spirituelle et douée d'un grand talent d'observation, mêlée, en outre, au meilleur monde, elle fut initiée à tous les secrets de la haute société russe, dont elle a donné un tableau aussi -fidèle qu'intéressant dans ses Lettres d'une dame, qui a résidé pendant un grand nombre d'années en Russie, à son amie, en Angleterre (Londres, 1775, in-80).

VIGORNIA, nom latin de Woucester.

VIGORS (Nicolas-Aylward), littérateur et naturaliste anglais, né en 1787, mort en 1840, 11 fil ses études à l'université d'Oxford, entra en 1809 dans l'année avec le grade d'enseigne et assista en 1811 à l'affaire de Barossa, dans laquelle il fut grièvement blessé. De retour en Angleterre, il quitta le service et se voua à l'étude de l'ornithologie et "de l'entomologie. 11 forma de grandes collections d'oiseaux et d'insectes, dont, à sa mort, ii lit présent au musée de la Société zoologiqne. il était devenu, en 1832, représentant du bourg de Carlow au Parlement. Ses écrits sur la zoologie se trouvent consignés dans les Transactions de la Société linnéenno et de la Société zoologique et dans le Journal zoologique. On lui doit, en outre, un Examen de la nature et de l'étendue de ta licence poétique (Oxford, 1810). Vigors avait été l'un des fondateurs, dans la Société linnéenne, du Club zoologique, auquel la Société zoologique dut son origine.

VIGORS1E s. f. (vi-gor-sl). Ornith. Syn. do concis, genre de la famille des perroquets.

VIGOTE s. f. (vi-go-te). Art milit. Planche percée de plusieurs trous dont les diamètres sont égaux à ceux des canons de divers calibres, et qui servent à assortir les boulets. •

VIGOUREUSEMENT adv. (vi-gou-reu-eetnan — rad. vigoureux). Avec vigueur, avec force : Un coup vigoureusement appliqué* Une attaque VIGOUREUSEMENT repoussée.

— Energiquement, puissamment : Soutenir vigoureusement son opinion. La France est l'Etat le ptus vigoureusement centralisé de l'Europe. (Cormen.)

— Avec énergie dans le faire, l'exécution : Tableau vigoureusement peint.

VIGOUREUX, EUSE (vi-gou-reu, eu-ze — de l'anc. français vigour, qui représente le latin, vigor, vigueur). Qui a de la vigueur, de la force, de l'énergie vitale : Un corps vigoureux. Des bras vigoureux. Une santé vigoureuse. Un lutteur vigoureux. Un cheval vigoureux. Une plante vigoureuse. L'habitude du travail forme des races vigoureuses, (Maquel.) Les estomacs vigoureux peuvent seuls digérer les pois, les haricots et les lentilles avec leur ëcorce. (L. Cruveilhier.)

... Le lâche, c'est celui Qui, jeune et vigoureux, vit nux dépens d'nutrui.

FOCiSARD.

Il Qui est fait, exécuté, appliqué avec vigueur : Un corps vigoureux. Une attaque viGouREUsis, Un saut vigoureux. Une nourriture frugale et de vigoureux exercices donnaient aux Egyptiens une robuste constitution. (Boss.)

— Fig. Energique, puissant : Une âme vigoureuse. L'esprit a besoin d'être beaucoup fatigué pour devenir vigoureux et agite. (Mme e. de Gir.) il Qui est fait avec" énergie : Une réplique vigoureuse. Un style vigoureux.

— B.-arts. Fortement accusé; qui offre des effets puissants, des oppositions énergiques de lumière ou de couleur : Un coloris vigoureux. Des tons vigoureux. Une peinture vigoureuse. Une estampe vigoukeu.se. Ce fond est trop vigoureux. Cela est peint d'un pinceau vigoureux, il Ferme, énergique, en parlant du dessin : Des traits vigoureux. Un dessin vigoureux.

— s. f. pi. Arachn, Famille d'aranéicles.

— Syn. Vigoureux, fort, robuste. V. l'ORT.

VIGOUREUX (ta), célèbre empoisonneuse du xvao siècle, qui se donnait comme sorcière. Elle fut brûlée en place de Grève (16S0), avec son frère, l'abbé Vigoureux, et la Voisin, après l'affaire de la marquise de Brinvilliers.

VICIUDR. Dans la mythologie dos peuples du Nord, c'est le nom do l'immense plaine dans laquelle se livrera la grande bataille des ases et des géants, quand arrivera le

vigit

dernier jour du monde primitif, le Hagnnrolhr, comme l'appelle 1 Edda, Cette plaine a 100 lieues carrées.

VIGUÉE s. f. (vi-ghé). Bot. Genre de plantes, de la famille des cypéraeées, tribu des caricées, formé aux dépens des carex ou laiehes.

VIGUERI (Bernard), musicien français, né à Carcassonne en 1761, mort en 1819. D'abord enfant de chœur, il étudia la musique sous la direction de Laguna, organiste de sa ville natale, et, en 178.3, se rendit à Paris, où il termina ses études musicales, puis il s'y lit professeur de piano et marchand de. musique. On a de lui, entre autres compositions : six Sonates; un Concerto pour piano et orchestre; Bataille de Marcngo, pièce militaireet historique pour le piano ; l'Art de toucher le piano-forte ou Méthode facile pour cet instrument, divisé en quatre suites (Paris, 179S, in-fol.), ouvrage médiocre, suivant Fétis, mais qui n'en obtint pas moins une vogue extraordinaire.

VIGUERIE s. f, (vi-ghe-rl — rad. viguier). Charge, fonction, titre dû viguier. Il Territoire soumis à la juridiction d'un viguier.

— A signifié Vicairie et vicomte.

VIGUERIE (Pierre), historien français, né a Carcassonne vers le milieu du xvmc siècle, mort en 1813. Il avait entrepris d'écrire une Histoire de Carcassonne, dont le premier volume parut en 1805. C'est une compilation indigeste faite sans goût et sans méthode, et dont une grande partie est demeurée manuscrite.

VIGUERIE (Guillaume -Charles -Marguerite), chirurgien français, né à Toulouse en 1779, mort dans la même ville en 1855. Son père, Jean Viguerie, qui était chirurgien et membre de l'Académie de Toulouse, publia plusieurs Mémoires et mourut en 1802. Charles Viguerie commença ses études médicales sous la direction de son père et fut attaché en l'an VII, comme chirurgien, a la H« demibrigade. Il se rendit ensuite à Paris pour y compléter ses études, devint à vingt et un ans chirurgien adjoint à l'Hôtel-Dieu Saint- Jacques et contribua à transformer cet hôpital en une école pratique. A la mort de son père, en 1802, il obtint de le remplacer •comme chirurgien en chef de l'Hôtel-Dieu de Toulouse. En 180G, Viguerie devint, en outre, professeur de clinique à l'école de médecine qui venait d'être fondée dans cette-ville. Par son enseignement et par son habileté comme opérateur, il tint le premier rang a Toulouse -pendant cinquante ans. Il était membre de la Société de médecine et de l'Académie des sciences de cette ville. Ce remarquable chirurgien a peu écrit. Nous citerons de lui : Quelques considérations sur' ta taille latéralisée (1802), thèse soutenue à Montpellier, et des Mémoires insérés dans le Recueil de l'Académie des sciences de Toulouse, notamment sur le Traitement médical des blessures , Sur la cicatrisation séparée des bouts osseux fracturés, etc.

VIGUEUR s. f. (vi-ghenr — lat. vigor, qui se rattache au verbe vigere, être fort, vigou» reux, lequel vient, comme vegere, croître, pousser, de la racine sanscrite vag ou ug, croître). Force physique, vitalité énergique : Un jeune homme plein de vigueur. Ces plantes ont pris de la VIGUEUR. Il faut entretenir /«vigueur du corps pour conserver celle de l'esprit. (Vauven.) Envoyés vos enfants reprendre, au milieu des champs, la vigueur qu'on perd dans l'air malsain des lieux trop peuplés. (J.-J. Rouss.)

— Fig. Ardeur et fermeté d'action ou de caractère : Montrer de la vigueur dans te commandement. N'entreprenez rien témérairement; mais, quand vous avez résolu quelque chose, exécutez-le avec vigueur. (Fén.) La vigueur, c'est la force qui s'accroit par la résistance. (E. de Gir.) Il Puissance d'esprit: La vigueur de l'imagination s'affaiblit avec t'Ûpe. Il Puissance d'effet : La vigueur des lois. Des moyens d'une grande vigueur. Il Existence effective : Les tois en vigueur. Le droit d'aînesse est en vigueur dans le royaume du pape. (E. About.)

— B.-arts. Puissance d'effet résultant de l'opposition énergique des couleurs avec les couleurs, des ombres avec la lumière : C'est la vigueur du coloris qu'il est difficile d'allier avec l'harmonie. (Dider.) il Se dit spécialement des parties sombres, par opposition à celles qui sont dans la lumière ou lu demiteinte : Des vigueurs bien ménagées. Des vigueurs exagérées. Des figures qui se détachent en vigueur sur un fond clair, il Caractère d'un dessin energiquement accentué : Il 7ie faut pas confondre la vigueur du dessin avec sa sécheresse.

— LUtér. Force, énergie de l'expression et du siyle : Le meilleur style perd sa vigueur à mesure qu'on le lime et qu'on le polit. (Trév.)

— Syn, Vigueur, énergie, force. V. ÉNER- GIE.

VIGUIER s. m. (vi-ghié — lat. vicarius, suppléant, lieutenant). Nom donné, dans le midi de la France, à des juges qui rendaient la justico au nom des comtes ou du roi.

— Adjectiv. Gouverneur viguier, Gouverneur de la ville de Marseille.

— Encycl. Les viguiers, qui remplaçaient

principalement les comtes, étaient en quelque sorte leurs vicaires (tu'earit) dans les petites villes du comté. On donnait le nom de viguerie à l'office de viguier ou k la circonscription territoriale dans laquelle il exerçait sa juridiction. Les viguiers n'avaient d'abord qu'une juridiction inférieure. Les causes capitales, qui constituaient la haute justice, étaient réservées au comte on au roi. A l'époque de la décadence de l'empire des Carlovingiens, les vigueries devinrent, comme les autres of lices, des fiefs héréditaires. Les viguiers s'emparèrent alors, dans quelques contrées, des droits de haute justice. Enfin, lorsque la royauté eut rétabli son autorité, les viguiers perdirent l'indépendance qa'ils devaient au système féodal. Ils ne furent plus que des magistrats royaux subordonnés aux baillis et aux sénéchaux. Le nom de viguier se conserva dans quelques provinces jusqu'à la Révolution; celui de vicomte, qui était plus commun, indiquait une autorité de même nature. On appelait encore viguerie la taxe perçue par le viguier dans le pays qu'il administrait, aussi bien que les amendes et les frais de justice qui lui étaient attribués.

VIGUIER (Pierre - François), orientaliste français, né à Besançon en 1715, mort à Paris en 1821. Après avoir reçu les ordres, il suivit la carrière de l'enseignement , professa la rhétorique, puis entra dans la congrégation de Saint - Lazare et fut chargé d'une chaire de théologie au séminaire de Sens. Envoyé en 1772 dans la régence d'Alger pour y prodiguer des consolations aux chrétiens esclaves, il passa de là, en 1783, comme préfet apostolique, Ji Constantinople, où il se rendit familières toutes les langues de l'Orient et où il publia, en 17130, des Éléments de la langue turque, lu premier ouvrage de ce genre qui ait été imprimé dans la capitale de l'empire ottoman. De retour en France en 1302, il y fut chargé pendant quelque temps de diriger l'institution des Daines de charité et vécut ensuite dans la retraite. Son ouvrage sur la langue turque « n'est, dit le Journal asiatique, qu'un traita élémentaire; cependant on y trouve des observations d'une nouveauté et d'une justesse vraiment remarquables. > On a encore de Viguier : Distinction primitive des Psaumes en monologues et en dialogues (1806, 2 vol. in-12); la Véritable prophétie du vénérable Holzhauser ou le Rétablissement des papes à Home (1815, in-12); Prophétie du pape Innocent XI ou le Rétablissement des Ùourbons . en France (1816, in-12).

VIGUIER (Joseph-Etienne-Adrien), littérateur français, né à Béziers en 1804. Il a professé pendant de longues années les classes de cinquième et de quatrième au lycée Churleinagne et a été mis à la retraite en 1S53. Indépendamment d'un recueil de poésies et de plusieurs pièces qui opt été jouées sur des théàtres"de genre, entre autres : Chérubin, Notre étoile, Un amour à l'espagnole, les Aventures de Choparl, les Deux Césars, etc., il a publié , sous le pseudonyme d'Adrien Delaville, plusieurs romans, tels que : Roger (1842, in-8»); Love (1843, in-8»); le Dernier des touristes (1844, in-8»); Régine (1845, in-8°) ; Sheridan, comédie en un acte et en vers (1849, in-12); Aperçus littéraires (1851, in-12), etc. Il a, en outre, élé l'un des collaborateurs du livre des Cent et un, du Journal de l'instruction publique, etc.

VIGUIER (Paule dis), baronne de Fontenili.e, surnommée la Belle Punie. V. PaULE.

VIGU1ÉRIE s. f. (vi-ghi-é-rl — de Viguier, botan. fr.). Bot. Genre de plantes , de la famille des composées, tribu des sénéeionces, comprenant une quinzaine d'espèces , qui croissent dans l'Amérique tropicale, il On dit aussi viguiére.

VIGUZZOLO, bourg du royaume d'Italie, province d'Alexandrie, district do Tortona, chef-lieu de mandement; 2,400 hab.

VIGV, ancien bourg de France (Moselle), ch.-l. de cant., arrond. et à 14 kilom. N.-E. de Metz, près de la forêt de Villers; 800 hab. Tannerie, huilerie, fours à chaux. Il u été cédé à l'Allemagne par le traité de Francfort (10 mai 1871) et fait partie depuis lors de l'Alsace-Lorraine.

VHUEKS, bourg de France (Maine-et- Loire), ch.-l. de cant., arrond. et a. 40 kilom. S.-O. de Saumur, sur la rive droite du Lys ; pop. aggl., 1,509 hab. — pop. tôt., 1,527 hab. Teintureries, fabrication de couvertures de laine. Important commerce de bestiaux, chevaux et porcs. Ce bourg fut en partie détruit pendant les guerres de la Vendée. On y remarque les restes d'un ancien château, les débris de l'ancien prieuré de Saint-Jean et quelques tombelles celtiques. Citons encore l'église Saint-Nicolas, avec une tour massive du xh« siècle.

VIKING s. m. (vi-kingh). Hist. Titre d'un fils de roi Scandinave préposé au commandement d'une station maritime.

VIL, VILE adj. (vil, vi-lu.— Peut-être que ce mot a signifié proprement marchandise en osier, chose de peu de valeur, de peu de prix, du lat. vincio, tresser, lier, tisser, qui représente exactement le sanscrit vtiyttmi, première personne de l'indicatif présent, delà racine te', même sens; d'où vaya, veni, tissage). Qui est de peu de valeur ; qui est peu

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