C2I130.SH
Acide thiacétique.
= PhïOS Anhydride phosphorique.
20 l'acide thiacétique se produit encore par l'action du chlorure d'aeétyle sur le sulfhydrate de potassium. Dans ce cas, l'acétyle prend la place du potassium, comme l'exprime l'équation suivante :
C2H30.C1 + KHS = KC1 -f C*H30,SH Chlorure Sulfhy- Chlorure Sulfhydrate
d'aeétyle. drate de po- d'aeétyle.
potas- lassiura.
sique.
3° par l'action de Teau ou des alcalis sur le disulfure d'aeétyle; 4° par l'action de l'hydrogène naissant sur le chlorure sulfacétylique :
CWCISO* 4- 4H* Chlorure Hydrogène.
sulfacétylique.
= CaH'OS^ + HCI + 3H«0 Acide " Acide Eau.
thiacétique. ■ chlorhydrique.
— I. Préparation. On remplit à moitié une cornue avec un mélange de pentasulfure de phosphore et d'acide acétique cristallisable, formé de 300 parties de la première de ces substances et de 108 parties de la seconde. On applique la chaleur jusqu'à ce que la réaction commence, et on laisse ensuite celleci se continuer d'elle-même, en recueillant k part Ce qui distille sous cette seule influence. 050 grammes d'acide acétique et 1,800 grammes de sulfure de phosphore donnent, après une simple rectification du produit, 250 grammes d'acide thiacétique absolument pur.
— II. Propriétés. L'acide thiacétique est un liquide incolore, qui jaunit lorsqu'on l'abandonne à lui-même. Il a une odeur désagréable qui rappelle à la fois celle de l'acide acétique et celle de l'acide sufhydrique. Il bout à 95° et se dissout dans l'alcool et l'éther. L'acide azotique concentré le décompose k une douce chaleur, et l'acide fumant le décompose, même k froid, avec explosion. Avec le perchlorure de phosphore, il donne du chlorure d'aeétyle et du sulfochlorure de phosphore :
PhCl»S + C*H30,C1 Sulfo- Chlorure
chlorure d'aeétyle.
de phosphore.
C*H30,SH -\- PhCl»
Acide Perchlo-
thiacétique. rure
de phosphore.
— III. Thiacétates. L'acide thiacétique est inonobasique comme l'acide acétique. La formule générale de ses sels est C2H30,SM' ou (C*H30S)SM'r. La plupart des thiacétates sont aisément solubles dans l'eau et dans l'alcool et peuvent être obtenus par ta dissolution de l'oxyde ou du carbonate dans l'acide thiacétique, ou par l'action des sulfates solubles sur le thiacétate de baryum. Le sel de plomb, qui n'est que fort peu soluble dans l'eau, s'obtient par précipitation. L'acide thiacétique dissout le potassium avec dégagement d'hydrogène. Il se comporte de même avec le zinc sous l'action de la chaleur. Les thiacétates sont décomposés par l'iode, avec formation d'un iodure métallique et de disulfure d'aeétyle :
2C2H30Sx\I' + I* = 2MI -f (C2H30)2S2
Thiacétate Iode. Iodure Disulfure
métallique. métal- d'aeétyle. lique.
Le sel dé potassium C*HSO,SK, le sel de sodium (C2H30.SNa)«,H20, le sel de baryum (C2H30S)*Ba",3U20, le sel de strontium
(C2H'OS)SSt",2HSO sont cristallisables. Le sel de plomb (C2H30S)8Pb";
TIIIA
obtenu en précipitant l'acétate de plomb par l'acide thiacétique, cristallise e» aiguilles soyeuses de sa solution aqueuse ou alcoolique. Il est très-instable et se détruit rapidement, avec séparation de disulfure de plomb, qu'il soit sec ou qu'il soit humide. Le sel mercurique est un précipité blanc qui noircit rapidement; il s'obtient par double décomposition au moyen du thiacétate de potassium et du chlorure mercorique. Les sets d'argent et de cuivre sont plus instables encore. L'hydrate ferrique récemment précipité se dissout dans l'acide thiacétique en formant une dissolution verdàtre qui laisse déposer du sulfure de fer lorsqu'on la chauffe.
— Thiacétate d'éthyle C*H30,SC*HB. On obtient cet élher en faisant agir le pentasulfure de phosphore surl'acétate d'éthyle. C'est un liquide plus léger que l'eau et insoluble dans ce menstrue. Son odeur rappelle tout à la fois celle de l'acétate d'éthyle et celle de l'acide sulfhydrique. Il bout à 80° environ.
— Anhydride thiacétique. L'anhydride thiacétique ou acide thiacétique anhydre
(C2H30)2S, se produit par l'action du pentasulfure de phosphore sur l'anhydride acétique. Lorsqu'on chauffe doucement le mélange de ces deux corps, il se produit une violente réaction et l'anhydrosulfide thiacétique distille. Purifié par une nouvelle distillation , ce corps se présente sous la forme d'un liquide incolore, d'une odeur particulière, volatil à 121°. Projeté dans l'eau, il va d'abord au fond sans se décomposer et se dédouble ensuite en acide acétique et en acide sulfhydrique.
— Disulfure d'aeétyle (CWO^S*. Ce corps prend naissance lorsqu'on traite les thiacétates métalliques par l'iode. On ajoute peu à peu l'iode à la solution légèrement acidulée d'un thiacétate, jusqu'à ce que le liquide prenne une teinte brune persistante. On fait ensuite disparaître l'excès d'iode en ajoutant quelques nouvelles gouttes de la solution du thiacétate. Le disulfure d'aeétyle se sépare alors sous la forme d'un liquide jaune. Pour le purifier, on le lave k l'eau froide, on le dessèche sur du chlorure de calcium, on le filtre et on l'abandonne dans un lieu froid. H se prend alors en une masse cristalline. On peut , séparer les dernières traces de soufre qu'il contient en le dissolvant dans la plus petite quantité possible de sulfure de carbone et en ajoutant k la liqueur bien refroidie une nouvelle portion de disulfure acétique cristallisé; le liquide laisse alors déposer le corps sous la forme de gros cristaux incolores bien définis.
Le disulfure d'aeétyle pur fond à 20°. Il a une odeur spéciale qui rappelle un peu le foie de soufre. L'eau ne le dissout pas; mais l'alcool, l'éther et le sulfure de carbone la dissolvent facilement. L'eau le décompose lentement à froid, rapidement k la température de l'ébullition; il se forme, dans ce cas, du soufre et de l'acide thiacétique. Les alcalis produisent instantanément une décomposition analogue. L'acide azotique concentré attaque ce corps avec violence; l'acide azotique faible l'oxyde et le transforme en un mélange d'acide sulfurique et d'acide acétique. Distillé, il perd de l'acide thiacétique k 93". A 160°, il donne un produit foncé qui distille et qui ressemble aux dernières gouttes de liquide qu'on obtient dans la rectification de l'acide thiacétique. Le disulfure d'aeétyle est décomposé par le mercure, même au-dessous de 100°; mais ce métal ne lui enlève jamais la totalité du soufre.
TIllAGO-DE CACEM (SAlN), ville de Portugal, province d'Aleutejo, à 75 kilom. S. de Sétubul,au pied d'une colline couronnée par un château, sur la rive septentrionale de la lagune de la Pera, golfe tormé par l'Atlantique, où elle a un petit port de pêche; 2,500 hab.
TU I AIS, village et comm. de France (Seine), canton de Villejuif, arrond. et à 8 kilom. de Sceaux; 1,300 hab. Le 30 septembre 1870, il s'y livra un combat entre les troupes de Paris et les Allemands.
THIALDINE s. f. (ti-al-di-ne). Chim. Thialdine acrylique, Corps qui se produit par l'action de l'acroléine sur le sulfure d'ammonium.
— Encycl. L'acrothialdine C^H'SAzSS est à l'ncroléino ou aldéhyde acrylique ce que la thialdine C°H13AzS* est à l'aldéhyde ordinaire. Elle se produit lorsqu'on fait agir l'acroléine sur du sulfure d'ammonium incolore saturé d'hydrogène sulfuré et refroidi. C'est une matière blanche, cristallisée indistinctement, de l'apparence du camphre, presque sans saveur, d une odeur faiblement alliacée, d'une densité voisine de celle de l'eau. Cette combinaison est aussi indifférente que les composés disacryliques; elle est insoluble dans l'eau, très-soluûle dans l'alcool, l'éther, la benzine et le chloroforme. Le sulfure de carbone la dissout; après évaporation, il reste des morceaux vitreux incolores. Sa composition est exprimée par la formule
CSHi»AzS2,5HïO.
On peut lui faire perdre 2H*0; mais l'hydrate C9Hl3AzS*,3H*0 présente de la stabilité.
Les acides dissolvent fort peu la substance sèche; l'acide chlorhydrique étendu dissout
THIA
I pour 100 environ d'aerothialdine récemment préparée; cette solution donne, avec les-chlorures de platine et de mercure, des précipités qui s'altèrent facilement. L'acrothialdine, chauffée avec l'acide chlorhydrique concentré, est décomposée : une ébullition prolongée avec l'eau produit le même effet. Sa formation est expliquée par l'équation suivante :
3C3H«0 -f- AzHS + 2H8S Acroléine. Ammoniaque. Acide
sulfhydrique.
= 311*0 + CWSAzS»
Eau. Acrothialdine.
La réaction est la même que celle qui donne naissance k la thialdine ordinaire, réaction qui est exprimée par l'équation :
3C2H40 -f AzH3 + 2II2S Aldéhyde. Ammoniaque. Acide
sulfhydrique.
= CBH'SAzS* + 3H20 Thialdine. Eau.
TI11ALF ou T1ALFE, serviteur du dieu Scandinave Thor. Il l'accompagna dans son voyage dans le pays des gé u:ts et, à lîtgardR, voulut lutter do vitesse dans lu course aux patins avec Hugo, un açéant ; mais Hugo, qui représentait la pensée avec toute sa promptitude, te vainquit facilement.
TII1AN-CIIAN, c'est-à-dire Monts célestes, chaîne de montagnes de l'empire chinois, entre le Turkestan chinois au S., la Dzoungarie au N., la province de Ktinsou à l'E.; elle court de l'O. à l'E., dans la partie N.-O. du grand plateau central de l'Asie. Les points culminants sont les trois cimes' neigeuses du Bogdo-Vola (montagne sainte), de Sitjechan (mont neigeux) et de Péehan (mont blanc); ces points ont de 4,000 à 5,000 mètres d'élévation. Le Péchan , d'après les traditions chinoises, vomissait autrefois, sansinterruption, du feu et de la fumée et rejetait une grande quantité de sel ammoniac et de soufre. « La pente septentrionale des Thianchan présente encore, dit le Dictionnaire géographique universel, d'autres phénomènes volcaniques, dont le principal est la solfatare d'Ouroumtsi; ce vaste espace de 5 lieues de circonférence, sur lequel la neige ne peut rester en hiver et au-dessus duquel les oiseaux ne peuvent voler sans être frappés de mort, est sans cesse couvert de cendres et s'appelle la Plaine enflammée; une pierre qu'on y jette fait jaillir de la flamme et une iumée noire qui dure longtemps. Près de là est la Eosse-des-Cendres, gouffre un peu moins étendu, dont la surface se durcit quand il a plu et sur laquelle la chute d'une pierre fait alors entendre un bruit semblable à celui du choc d'un bâton contre le fer; tout animal qui marche sur cet abîme est k jamais englouti. Les crevasses qu'offrent d'autres parties de cette chaîne laissent échapper de la fumée et fournissent un sel ammoniac très-blanc et tres-pur. Le volcan de Tourfan, situé sur le versant méridional des Thian-cban, fournit encore beaucoup de cette substance. Le jour, on voit s'en élever sans cesse une colonne de fumée qui, la nuit, est remplacée par une flamme semblable à celle d'un incendie; les reflets rou^eâtres do cette flamme sur tous les objets environnants, qui en sont éclairés au milieu de la nuit, forment un des spectacles les plus curieux de ces contrées. Le Tourfan porte le nom de Hotcheou (ville de feu), ancienne ville voisine, aujourd'hui détruite. »
TIUANGES, village et commune de France (Nièvre), arrond. et h 26 kilom. S.-E. de Nevers; 385 hab. Houilie. Près de Thianges s'élève le vieux manoir de Romenuy, qui a appartenu a Gui Coquille, l'historien du Nivernais.
THIA.NILJNE s. f. (ti-a-ni-li-ne). Chim.
Composé basique qui résulte de la substitution d'un atome de soufre k deux atomes d'hydrogène dans deux molécules d'aniline soudées en une par le soufre diatomique.
— Encycl. Lorsqu'on chauffe un mélange d'aniline et de soufre dans la proportion de deux molécules du premier de ces corps pour une molécule (2 atonies) du second, il se dégage un courant continu d'hydrogène sulfuré; on opère dans une cornue munie d'un réfrigérant de I.iebig, renversé de manière que l'aniline volatilisée retourne dans l'appareil. Le dégagement de gaz sulfhydrique dure plusieurs jours, Lursqu'il a cessé, la cornue renferme une huile épaisse constituée par un mélange d'aniline inaltérée, de diverses résines et d'une nouvelle buse organique, la thianiline. On distille ce produit uvec l'eau qui entraîne l'aniline, puis on fuit bouillir le résidu avec de l'acide chlorhydrique très-dilué qui dissout la thianiline et un peu de matière résineuse. Pour débarrasser lu base de la résine, on évapore à siccité la solution chlorhydrique, on reprend par l'eau le résidu et l'on soumet la liqueur a la précipitation fractionnée par les alcalis. Il est peut-être préférable de précipiter directeînent.la solution chlorhydrique, en ayant soin de n'y ajouter qu'une proportion d'alcali suffisante pour neutraliser l'excès d'acide et pour précipiter une partie seulement de la base. On filtre, on achève la précipitation, on recueille la base sur un filtre, on la dissout dans un mélange d'alcool et d'êther et l'on ajoute de l'acide sulfurique étendu à laliqueur
THIA
éthéro-alcoolique, au sein de laquelle se dépose alors le sulfate de thianiline. Ce sel est lavé à plusieurs reprises avec de l'éther alcoolisé et, à plusieurs reprises, soumis à une forte pression. On obtient ainsi un sulfate bianc, que l'on redissout dans l'eau et d'où l'on précipite la base par un alcali. Enfin, pour achever ta purification de cette dernière, on la redissout dans l'acide chlorhydrique et on la précipite une dernière fois. Les ehiffres obtenus à l'analyse de cette matière conduisent à la formule I AzHS
AzHS
de la thianiline, c'est-à-dire d'une base qui dérive de deux molécules d'aniline par la substitution d'un atome de soufre diatomique S" à deux molécules d'hydrogène de phényle, ces deux atomes d'hydrogène étant pris sur deux molécules différentes d'aniline qui se trouvent ainsi soudées ensemble par l'atome de soufre, comme l'indique aux yeux la disposition de la formule ci-dessus. On fa-, cilite beaucoup l'action du soufre sur l'aniline en ajoutant de la litharge au mélange ; la réaction est alors exprimée par l'équation suivante :
2(C6H5,AzH2) + S* + PbO Aniline. Soufre. Litharge.
= jC6HHAzll2)jî,S + PbS + H20
Thianiline. Sulfure Eau,
de plomb.
Pour opérer par cette méiho *e, on porte le mélange de soufre et d'aniline entre 150J et lfiO0 et l'on y ajoute la litharge petit à petit. Il se dégage beaucoup de gaz, et le liquide mousse considérablement. Quand le dégagement gazeux cesse, on ajoute une nouvelle et assez forte proportion de litharge. La musse est maintenue encore pendant quelque temps à 160», puis abandonnée au refroidissement et épuisée par l'alcool bouillant. La substance qui reste après la distillation de l'alcool est soumise au traitement que nous avons décrit plus haut et finit par laisser de la thianiline identique avec celle obtenue par la première méthode.
La thianiline se dissout très-peu dans l'eau froide ou chaude. L'éther, l'alcool et la benzine la dissolvent facilement. Elle cristallise de ces solutions en aiguilles ou en plaques qui fondent dans l'eau au-dessous de 100° et, à l'étal sec, à 105° seulement. A la distillation sèche, elle se détruit, dégage de l'hydrogène sulfuré, des vapeurs d'aniline et laisse un résidu charbonneux. Avec les agents d'oxydation, comme l'eau de chlore , le chromate de potassium, le chlorure ferrique, etc., elle donne lieu à des réactions colorées caractéristiques. Elle forme deux classes de sels : des sels monoacides et des sels diacides. Ainsi , l'on a préparé et analysé deux chlorhydrates répondant aux formules
Ci2Hl2Az2S,HCl et C»2HiïAz«S,2HCl.
On connaît, en outre, le chloroplatinate, le sulfate et l'oxalate qui correspondent au chlorhydrate diacide. Ces sels ont tous une forte réaction acide, ce qui est assez naturel, la base libre étant neutre vis-U-vis des réactifs colores. Pendant la purification de la thianiline par la précipitation au moyen de l'acide sulfurique, on a remarqué qu'il se forme un sulfate isomérique insoluble d'où l'on a pu extraire une base non cristalline.
— Thiacétanilide [C»H\AzH(C2H30)]*S.
On obtient cette ainide eu faisant agir le chlorure d'acôtyle sur la thianiline dissoute dans la benzine, ou mieux par l'action sur la thianiline sèche, placée dans un appareil à reflux, de l'acide acétique cristaliisable, que l'on maintient pendant longtemps en ébullition. Lu thiacétanilide fond entre 213" et 213",5.
— Thio-sutfo-carbanilide. Lorsqu'on chauffe une solution alcoolique de thianiline et de sulfure de carbone, il se dégage de l'hydrogène sulfuré, et il se forme un mélange en proportions variables des deux composés dont nous donnons ci-dessous les formules :
o ) C«H*,AzH3 b C«H*,AzH jrt.„ ojceH^AzH j1-5* s f C«H*,AzHî > „ lC8H*,Ai!H\r,Q„
bjc«llVYzII/ *
La résine obtenue dans l'action directe du soufre sur l'aniline paraît résulter de l'action secondaire du soufre sur la thianitine formée d'abord. L'équation serait alors 2C12H12AZÏS 4- S* Thianiline. Soufre.
= H*S + C2*H22Az4S8 Hydrogène Résine,
sulfuré.
En acceptant cette formule, MM. Merz et Weith, auxquels sont dus.ces travaux sur In thianiline, proposent, pour le corps résineux, la formule de constitution suivante :
s ' C6HSAZ.HÎ I (C6H3,AzH)"
|(C6I13,AzH)" S } C«H*,AzHï
THIA
— Appendice. Thiotoluidine. La toluidjne et le soufre réagissent l'un sur l'autre, absolument comme le soufre et l'aniline, mais plus facilement encore ; il se produit de la thiotoluidine en même temps qu'une résine •sulfurée. On purifie la thiotoluidine en suivant la même marche que pour la purification de la thianiline, k laquelle elle ressemble sous beaucoup de rapports. Comme cette dernière, elle forme des sels diacides qui ont une réaction acide très-intense. On a analysé le chlorhydrate, le sulfate et la .base libre, et toutes ces analyses donnent des nombres
?ui conduisent, pour la thiotoluidine, à la ormule [C6H3(CH3)AzHîpS.
THIANISOÏQUE adj. (ti-a-ni-zo-i-ke — de thionique, et de anisoïde). Chim. Se dit d'un acide qui contient les éléments de l'acide thionique et de l'essence d'anis.
— Ehcycl. L'acide thianisoïque répond k la formule C«H«SO* = C»H«0,H*Spï. Il renferme les éléments de l'acide sulfureux H2S03et de l'essence d'anis ClOHnO. [] aété obtenu par Stôdeler et Wilchter. D'après Stôdeler, il est identique avec l'acide anisoïque de Limpricht et Ritter. Pour le préparer, on fait bouillir l'anéthol (essence d'à-, lus) avec de l'acide azotique de 1,1 de densité. L'huile qui se produit est mélangée d'acide oxalique et d'un peu d'acide aiiisiqtie. On la rectitie, et l'on abandonne pendant quelque temps, avec une solution concentrée de bisulfite de sodium, la portion du produit qui passe à la distillation entre 215» et 245u. Le sel de sodium de l'acide thianisoïque cristallise alors si l'on a soin d'ajouter quelques gouttes d'alcool au mélange.
Pour avoir l'acide pur, on décompose le sel de baryum par l'acide sulfurique. La solution filtrée l'abandonne sous la forme cristalline lorsqu'on la laisse évaporer spontanément. Ce corps aune saveur fortement acide et astringente, suivie d'un arrière-goût sucré. Il se dissout facilement dnns l'eau, l'alcool et l'éther. Ses solutions étendues ne se décomposent pas par lVbullition. Les cristaux renferment C10Hl*SO4,2llîO: ils fondent au-dessous de 200", et, si la chaleur n'a pas été portée trop haut, l'acide se sépare de nouveau en niasse cristalline par le refroidissement. Si l'on maintient la lempéruture à 100°, l'eau de cristallisation se dégage et l'acide, en se refroidissant, se prend en une masse amorphe. A une température plus élevée, l'acide thianisoïque noircit et se décoinpose en dégageant de l'anhydride sulfureux et en répandant une odeur qui rappelle un peu l'odeur d'anis, mais qui est un peu fétide.
— Thianisoates. L'acide thianisoïque est monobasique et forme le plus souvent des sels cristaiiisables, facilement solubles dans l'eau, peu solubles dans l'alcool et insolubles dans l'éther. Le sel d'ammonium forme des cristaux qui renferment une molécule d'eau; il ressemble au sel de sodium. Le sel de baryum C*0H«Ba"SSO8,3HïO se sépare lorsqu'on mélange des solutions concentrées de thiamsoate de sodium et de chlorure de baryum. Il forme des lames délicates et eristalljse d'une snlu tioii'aqueuse chaude en beaux groupes étoiles. On peut le faire recristalliser dans l'acide chlorhydrique sans qu'il subisse d'altération. Il se dissout dans 12 purlies d'euu froide. Les cristaux perdent 2 molécules d'eau à 103O et le reste à la0«.
Le sel de calcium C20Hî6Ca"S2U8,2H2O se dépose lorsqu'on mélange des dissolutions concentrées de chlorure de calcium et da thianisoate de sodium. Il forme des uiguilles brillantes, plus solubles dans l'eau que le sel de baryum et modérément solubles dans l'alcool chaud.
Le sel cuivrique cristallise en lame3 noires brillantes, d'un mélange de thianisoate de sodium et de sulfate de cuivre en dissolution aqueuse.
Le sel de plomb cristallise en tables épaisses ou en prismes bien définis lorsqu'on ajoute une solution du sel sodique à une solution d'acétate de plomb.
Le sel de magnésium C«>HSuMg"S20B,5HïO s'obtient aussi par double décomposition et cristallise en tables rectangulaires muuérément solubles dans l'eau et dans l'alcool. II perd 3 molécules d'eau de cristallisation à 100» et le reste à 130°.
Le sel d'argent forme des lames prismatiques délicates, modérément solubles dans 1 eau et déeomposables par l'eau bouillante. Le sel de sodium CiOHUNaSU^lW se prépare comme nous l'avons dit plus haut. C'est lui qui sert de matière première pour la préparation de tous les autres sels. 11 cristallise en lames brillantes qui forment des groupes verruqueux, quelquefois aussi en tables rhotnbiques minces. 11 se dissout dans 6,5 parties d'eau à la température ordinaire. L'aicool le dissout peu à fruid, facilement k chaud. Les cristaux sont légèrement effloresceuts et perueul la totalité de leur eau k 100°.
THIAN-KIEOU-CIIAN (Mont du ciel éternel), île de l'empire chinois, près de la côte occidentale de la grande Lieou-Khieou ; par 2u°43'de latit. N. Elle est montagneuse et couverte d'habitations jusqu'au tiers de sa hauteur.
THIAN-MEN-CHAN , montagne de Chiné, province de Kan-sou, par 34« 32' de latit. N. Elle est couverte de neiges éternelles.
THIA
TFITAHD ou TYABD (Pontus db), poëte et prélat français, né k Bissy en 1521, mort k Bragny-sur-Saône en 1605. Ce contemporain et émule de Ronsard fut un des caractères et un des esprits les plus originaux du xvie siècle. Son père, Jean de Tyard, seigneur de Bissy, fut nomme lieutenant général au bailliage du Maçonnais, et sa mère, Jeanne de Gunay, était parente de Jean de Ganay, chancelier de France. Lui-même, il a signé invariablement toutes ses lettres et tous ses livres Pontus de Tyard ; mais sa famille adopta depuis l'orthographe Thiard, qui a prévalu dans toutes les biographies. Le président de Thou, qui l'appelle PoninsTiiiordreinj nous dit, dans son Histoire, qu'il avait reçu une forte éducation classique et que, nourri dans les lettres hébraïques, grecques et latines, il débuta par de remarquables poésies françaises sous le règne de Henri II, si fertile en bons postes. En 1543, à l'âge de vingt-deux ans, il fit paraître ses premiers vers; plus tard.il dédia à la dame de ses pensées un petit recueil, les Erreurs amoureuses (Lyon, chez Jean de Tournes, 1540, in-4o),qut contient un grand nombre de sonnets, stances, chansons et épigrammes. On le loua, de son temps, d'avoir « retiré notre poésie hors du bournier d'ignorance et servi de guide, par la publication de ce livre, k une foule de beaux esprits. » En 1549, il fit une seconde édition des Erreurs amoureuses, augmentée d'un second livre. On a justement remarqué à propos de ces dates, 154S et 1549, que Ronsard n'avait point encore terminé ses éludes et que ses premières poésies n'ont paru qu'en 1551, c'est-à-dire un an après la seconde édition de celles de Pontus. Il fut de même le précurseur de Du Bellay, qui n'entra dans la carrière poétique qu'à la lin de 1550, par la publication de son Olive.
En 1555, Pontus de Thiard publia un nouveau recueil intitulé Vers lyriques, composé d'odes, de sonnets, de stances, d'épltres et de pièces diverses. Toutes ces poésies furent réunies par lui sous le titre d'Œuures poétiques. L'ôpltre à Ronsard dont il les fit précéder montre quelle était sa déférence pour le chef de la pléiade :
Je n'oserois, Ronsard, je n'oserois penser Que de toi, qui m'es cher, l'heur me puisse offenser; Mais je confesse bien que ma traînante vie Porte à la tienne heureuse une secrète envie : Non parce que tu as l'œil gracieux du roi. Le desir courtisan ne me tient en émoi; Ni parce que Fortune en biens te favorise, Elle, aveugle, me suit plus que je ne la prise; Ni parce que dispos, jeune et beau je te voi. Nature de tels biens ne fut trop chiche en moi; Ni parce qu'à jamais ton savoir te fait vivre, En cela me suffit t'admirer et te suivre ; [serfs, Mais parce qu'en l'amour, duquel nous sommes Tu te gagnes toujours, et toujours je me perds. 'Ces vers ne sont pas les meilleurs de Pontus de Thiard; mais ils montrent, par leur tour aisé et leur élégance, que ce poëte pouvait être mis en parallèle avec les meilleurs de sou temps. Ses amis lui décernèrent même le surnom de G™ ml, comme à Konsurd ; Du grand Tyard le beau portrait témoigne Son rare esprit et ses perfections; Mais ses écrits font foi que la Bourgoigne En rien no cède aux autres nations.
M-uis peut-être faut-il entendre l'épithète grand nu propre et non au ligure, car Pontus de Thiard était un homme corpulent et de haute stature, grand buveur et grand mangeur, comme ou le voit par ce passage de de Thou : > Comme il avoit un grand corps et qu'il estoit assidu k l'étude, il mangeoil beaucoup, et, quelque violents que soient les vins qui croissent sur les bords de la Saône, il en buvoit beaucoup et ne s'enivroit point, quoiqu'il n'y mit jamais d'eau. Mais ce qu'il y a de merveilleux, c'est qu'en se mettant au lit il avaloit un grand verre de vin pur sans que sa santé en lut altérée. »
A cette époque, Pontus de Thiard, qui avait pris ses degrés en théologie, entra dans les ordres et se livra plus particulièrement aux études philosophiques. Il fit paraître successivement les ouvrages suivants, qui portent des titres assez bizarres : Solitaire premier ou Prose des Muses et la Fureur poétique, plus quelques vers lyriques (Lyon, chez Jean de Tournes, 1552, pet. in-S») ; Solitaire second ou Prose de la musique (Lyon, chez Jean de Tournes, 1555, in-4«) ; Mntitice ou Discours de ta vérité, divination par astrologie (Lyon, chez Jean de Tournes, 1558, in-4°) ; Deux discours de la nature du monde et de ses parties, assavoir : le premier curieux traitlaut des choses matérielles, et leseeond.curt'eux des. intellectuelles, avec un avant-discours par J.-D . Du Perron (Paris, chez Mainert Pâtisson, imprimeur du roy, au logis deRob. Estienne, 1578, in-4»); Discours du temps, de l'an et de ses parties (Paris, chez Matnert Pâtisson, 1578, iu-4»).
En 1571, il avait été promu d'emblée, par Henri 111, évéque de Chalon-sur-Saône et il sut s'acquitter avec d gnité des devoirs de Sa charge. Il se fit aussi remarquer par son. zèle pour la défense des prérogatives royales. > Pontus de Thiard, dit Etienne Paaquier (Recherches, liv. Vllj, composa en sa jeunesse les Erreurs amoureuses, se jouant sur ce mot d'erreurs k cause de son nom de Pontus. Et sous ce gage acquit tel crédit entre les postes, que Ronsard lui donna l'honneur d'avoir esté le premier introducteur des son-
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nets en France, et moi-même, en mon Afonophile, l'aggregeai en tiers pied avec Ronsard et Belliii. Toutefois, depuis il quitta la poésie et en son lieu embrassa tant la philosophie que les mathématiques. Et sur cette opinion traduisit en notre langue les Dialogues de Léon Hébreu, livre qui, sous le Discours de l'amour, comprend toute la philosophie. Et pareillement composa son Solitaire ou De l'uniuers, plein de très-grande érudition et doctrine. Continuant ses études de cette façon, fut fait évéque de Chaalons-sur-Saône en 1571, et de ià en avant adonna tout son esprit à notre théologie, sur laquelle il fit quelques livres, entre lesquels est l'homélie très-belle sur la Patenotre, employée en toutes les affaires du clergé de la province de Bourgogne, où son évêehé estoit assise. Et surtout il me souviendra qu'esiant le premier des députés de sa province en l'assemblée des états qui fut tenue a Blois l'an 15S.<, lui seul se roidit pour le service du roi contre le demeurant du clergé, lequel en ses communes délibérations ne respiroitque rébellion et avilissement de la majesté de. nos rois. J'en ouïs parler comme celui qui lors le voyois de deux ou trois jours l'un. »
Ses écrits en prose ont été réunis sous letitre de Discours philosophiques (15S7, in-4°). Cette édition, contenant 368 feuillets, plus une dédicace latine à Henri III, un sonnet latin de Jean Dorât, les corrections faites après l'impression, un extrait du privilège et une table des principales matières, fut publiée à Paris, chez Abel L'Angelier, l'un des libraires célèbres du temps, avec le portrait de l'auteur gravé par Th. de Leu. Les éditions originales de ces divers discours sont recherchées des bibliophiles et ont atteint des prix très-élevés dans les ventes. On doit encore à Pontus de Thiard : De recta nominum impositione (Lugdunum, Jacobus Roussin, 1603, in-8»); à ce volume sont joints deux opuscules curieux du même auteur : Annotatioites in librum Philonis Juds de transnominalis et Annotutiones in librum Philonis Judxi aliegoris. Duchesne (Bibliothèque des auteurs gui ont écrit de l'histoire de France) rapporte qu'on attribue à Pontus de Thiard un livre qui a pour titre : Extrait de la généalogie de Hugues surnommé Capet et des successeurs de ta race de Charlemagne, où sont combattues les doctrines du jésuite Rosières.
THIARD (Héliodore de), comte de Bissy, oflicier français, neveu du précédent, né ù Bissy en 1558, mort à Beaune en 1594. Successivement page de Charles. IX, écuyer de Henri III, guidon d'une compagnie d'ordonnance (1575), il se fit remarquer par sa brillante valeur, devint capitaine d'une compagnie d'hommes d'armes et se distingua dans les combats que les troupes 'du roi eurent à soutenir contre les ligueurs en Bourgogne, lin 1591, il mit à ses frais en état de défense et pourvut de munitions la ville de Verdunsur-Saône, intercepta toutes les communications avec Chiilon, fut attaqué dans Verdun par le vicomte de Tavannes, qui se vit obligé de battre en retraite, puis marcha sur Chalon, dont il attira dans une embuscade la garnison, qu'il tailla en pièces. Quelque temps après, Tavannes alla de nouveau l'assiéger dans Verdun , mais dut encore une fois lever le siège, pendant lequel la jeune et belle femme (le Thiard trouva la mort, au moment où elle distribuait des munitions aux soldats (1593). L'armée suivante, Thiard marchait sur Beaune pour s'en emparer, lorsque, ayant rencontré un gros de cavalerie de Mayenne, il tomba percé de coups entre les mains de l'ennemi et fut transporté à Beaune, où il mourut quelques jours après. — Son frère, Cyrtis de Thiard, mort en 1624, fut grand archidiacre de l'église de Chalonsur-Saône, puis il succéda à son oncle comme évéque de cette ville en 1594. Il rédigea un Pastoral (Chalon, 1605, in-40), pour le clergé de son diocèse.
THIARD (Claude de), comte db Bissy, général français, petit-fils du précédent, neaii château de Pierres (Bourgogne) en 1620, mort à Metz en 1701. Il entra tout jeune dans l'armée, fit les campagnes de Catalogne et devint colonel eu 1G49. En 1664, il lit partie d'un corps de troupes envoyé en Hongrie pour y combattre les Turcs, reçut le commandement de la cavalerie dans l'armée qui opérait sous les ordres de Montecuculli et se conduisit de la façon la plus brillante au combat de Kermen et à la bataille du Saint- Gothard (16G4), où le corps français défit à lui seul l'armée ottomane. Sa conduite dans cette journée lui valut deux lettres autographes de Louis XIV. Claude de Thiard prit part ensuite aux campagnes de Flandre (1667) et de Franche-Comté (1672). Il devint maréchal de camp en 1672, lieutenant général en 1677, conseiller d'Etat, puis gouverneur d'Auxonne, commandant en chef dans la province de Lorraine et de Barrois, dans le duché de Luxembourg et les Trois-Evéchés.
C'était un oflicier probe, plein d'équité et 'd'un grand courage. Il laissa en manuscrit une Relation en forme de journal de sa campagne en Hongrie (1664), laquelle a été publiée à la. suite de l'Histoire de Pontus (mi).
THIARD (Jacques de), marquis de Bissy, général français, fils du précédent, né au château de Pierres (Bourgogne) en 1648,
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mort en 1744. Il devint successivement colonel en 1676, brigadier en 1693, gouverneur d'Auxonne en 1701 , lieutenant général en 1704 et gouverneur de Mantoue en 1705. Jacques de Thiard se fit remarquer par sa bravoure dans les campagnes qui eurent lieu do 1672 a 1707 et donna sa démission à la suite d'un passe-droit que lui fit le ministre Chain illard.
THIARD (Henri de), cardinal de Bissy, frère du précédent, né au château de Pierres en 1657, mort à Paris en 1737. Dès 1 âge de douze ans, il fut pourvu d'une abbaye. Envoyé à Paris, il se fit recevoir docteur en théologie, se livra à la prédication et à des missions dans la Lorraine allemande et fut nommé par Louis XIV évéque de Toul en 1687, mais ne fut sacré qu'en 1692. Quelque temps après, Henri de Thiard eut de longs démêlés avec le duc de Lorraine, au sujet dédits portés par ce prince et condamnés en 1703 par le pape Clément XI comme contraires à la juridiction ecclésiastique. Nommé archevêque de Bordeaux en 1897, il refusa ce siège; mais il accepta, après la mort de Bossuet, l'évêché de Meaux (1704), les abbayes de Trois-Fontaines et de Saint-Germaindes-Prés, à Paris, enfin le chapeau de cardinal (1715). Ce prélat jouit de la plus grande faveur auprès de Louis XIV et de M'"® de Maintenon, et devint en quelque sorte le théologien de la cour. C'était un ultramontain fougueux, un catholique intolérant, un grand partisan des jésuites, un ennemi acharné des jansénistes. Sous la Régence, il obtint un arrêt du conseil qui condamnait comme diffamatoires deux écrits dirigés contre une de ses instructions pastorales. Ce fut lui qui fit construire à ses frais le marché Saint-Germain, à Paris (1721-1727). On lui doit un grand nombre à' Instructions pastorales, de Mandements contre les opposants à la bulle Unigenitus, contre les Institutions théologiques du Père Juénin, contre les novateurs, etc. Il fit publier un Rituel pour le diocèse de Toul, le Misset de Meaux, un Traité théologique du Père Dupré, adressé au clergé du diocèse de Meaux (1722, 2 vol. in-40), etc.
THIARD (Anne-Claude de), marquis de Bissy, général, neveu du précédent, né au château de Savigisy (Lorraine) en 1682, mort à Pierres en 1765*. Après avoir été menin et page, il entra dans les mousquetaires, reçut à vingt ans le brevet de colonel, se distingua pendant la guerre de la succession d'Espagne en Italie, particulièrement aux affaires de Luzzara, de Cassano, de Castiglione, passa ensuite, comme brigadier de cavalerie, aux armées du Rhin et du Dauphiné et obtint le grade de maréchal de camp en 1719. En 1732, le gouvernement l'envoya comme ministre plénipotentiaire auprès du duc de Parme. Deux ans plus tard, il reçut un commandement dans les troupes espagnoles qui combattaient en Italie, se distingua à la bataille de Bitonto, pendant la conquête de Naples et le siège de Gaete, et fut promu lieutenant général. Tombé en disgrâce en même temps que son beau-frère le ministre Chauvclin, il se retira dans ses terres, où il termina ses jours.
THIARD (Anne-Louis de), marquis de Bissy, général, fils du précédent, né à Paris en 1715, mort k MaSstricht en 1748. Sa naissance et une bravoure éclatante, dont il donna des preuves nombreuses pendant la campagne de Naples, où il combattit auprès de son père en 1734, lui valurent d'être nommé commissaire général de la cavalerie légère (1736) et maréchal de camp (1743). Louis de Thiard, après avoir servi aux armées du Haut-Rhin et de Flandre (1746), alla prendre le commandement de Gènes, qu'il fortifia et approvisionna (1747). Il repoussa les attaques des impériaux, puis battit les Corses, à qui il prit Bastia, et reçut, en récompense de ses services, une épée d'honneur de la république génoise. En 1748, il alla prendre part au siège de Maastricht, eut la jambe fracassée par un boulet et mourut peu après.
THIARD (Claude DE), Comte DE BiSSY, général et littérateur, cousin du précédent, né à Paris en 1721, mort au château de Pierres en 1810. A quinze ans, il entra dans les mousq uetaires, fit les campagnes de Bavière, de Flandre, d'Allemagne, se distingua à la tète de la gendarmerie à la bataille de Minden (1757), reçut, la même année, le grade de lieutenant général et fut nommé lieutenant général du Languedoc en 1771. Le comte de Bissy vécut à la cour beaucoup moins en courtisan qu'en gentilhomme philosophe , partageant son temps entre la culture des lettres et les plaisirs. En 1750, il fit paraître une traduction des Lettres sur l'esprit de patriotisme, sur l'idée d'un roi patriote, de Bolingbroke (Londres, 1750, in-8°). Cette traduction, qui, d'après Collé, n'était point de Claude de Thiard, mais de son maître d'anglais, valulf au comte de Bissy d'être élu membre de l'Académie française en remplacement de Terrasson (1750). Aprèd la mort de Louis XV, Claude de Thiard se retira dans ses terres, où il traversa sans être inquiété la période la plus agitée de la Révolution, et fut admis dans la classe de la littérature lors de la réorganisation de l'Institut. On lui doit : Discours de réception prononcé dans l'Académie française (Paris, 1750,
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in-4o); Histoire d'Ema ou De l'âme (Paris, 1752, in-12), traduction des deux premières Nuits d'Youna, publiée dans les Variétés littéraires de Suard. r
THIARD (Henri-Charles, comte de), général, frère du précédent, né à Paris en 1726, mort dans la même ville en 1794. 11 entra au service en 1737, fit les campagnes de 1742 à 1762 en Westphalie, en Bohême, en Allemagne et reçut le grade de lieutenant générai en 1765. Nommé premier écuyer du due d'Orléans, il jouit d'une grande faveur à la cour de Louis XVI et devint successivement commandant en chef de la Provence (1782), puis de la Bretagne (1787). Thiard alla occuper ces dernières fonctions dans les circonstances les plus difficiles. Il se vit contraint, eu 1788, d'imposer par la force l'établissement d'un grand bailliage au lieu du parlement et excita une grande fermentation qui s'accrut encore et se traduisit par des émeutes lors des élections pour les états généraux. Il parvint à arrêter l'effusion du sang à Reunes au péril de sa vie (27 février 1789), reçut le cordon bleu et fut rappelé à Paris. Pendant la Révolution, il resta fidète à la cause royale, défendit Louis XVI pendant la journée du 10 août, fut emprisonné après la mort de ce prince et passa devant le tribunal révolutionnaire, qui le condamna k la peine capitale. C'était un homme d'un esprit fin et distingué, qui cultivait la poésie et les lettres. On a de lui un recueil d'Œuores posthumes (Paris, 1799, 2 vol. in-12).
THIARD (Gaspard Pontus, marquis de), littérateur français, de la famille des précédents, né au château de Juilly, près de Semur, en 1723, mort à Semur en 17S6. D'une faible santé, il abandonna le métier des armes pour se livrer à ses goûts littéraires et artistiques et devint membre de l'Académie de Dijon. On trouve de lui, dans le recueil de cette société savante, un Mémoire sur une statue de Mercure trouvée à Auxerre et des Mémoires sur la bonne chère des anciens. Il a publié une Histoire de Pontus de Thiard de Bissy, suivie de la généalogie de celte, maison et de la relation de la campagne de 1664 en Hongrie (Neufehâtel, 1784, in-8°). Enfin, il a laissé en manuscrit un Ana et une Histoire de la ville de Semur.
THIARD DE BISSY (Auxonne-Théodore- Marie, comte de), général , fils du comte Claude, né à Paris en 1772, mort dans la même ville en 1852. Sous -lieutenant lorsque lu Révolution éclata, il contribua à réprimer les désordres de la garnison de Nancy, puis émigra, se rendit ii l'armée des princes et se fit remarquer dans diverses occasions. Ayant vers cette époque trouvé chez un ministre protestant des ouvrages empreints de la philosophie et des idées qui venaient de triompher en 1789, il subit en les lisant une transformation radicale dans ses opinions et fut constamment fidèle depuis lors à la cause de la liberté. De retour en France sous le Consulat, il devint membre du conseil général de Saône-et-Loire et attira l'attention de Bonaparte, qui le nomma son chambellan en 1804. Chargé d'aller négocier un traité d'alliance avec le duc de Bade, il s'acquitta de cette mission avec autant de célérité que de succès et fut récompensé de son zèle parle grade de chef d'escadron et par la fonction d'aide de camp du chef de l'Etat. Thiard fit à ce titre les campagnes de 1805 à 1807, devint, en 1806, gouverneur de Dresde, du cercle de Misnie et de la Lusace, fut chargé do ratifier le "traité de Posen, qui transformait en royaume le duché de Saxe, et se fit remarquer par l'intégrité et la sagesse de son administration. Il jouissait d'une grande faveur auprès de Napoléon, lorsque des lettres dans lesquelles il blâmait les tendances absolutistes du gouvernement et qui étaient adressées à sa femme furent mises sous les yeux du despote. Celui-ci en témoigna son mécontentement à Thiard, qui répondit en se démettant de tous ses emplois. Exilé dans le département de Saône-et-Loire, il vécut dans la retraite jusqu'à la chute de l'Empire. Louis XVIII le nomma, en 1814, maréchal de camp etlui donna à Paris un commandement que ses "opinions libérales lui firent bientôt après retirer. Toutefois, le 10 mars, on lui donna le commandement de l'Aisne, avec ordre de marcher contre les frères Lallemand. Thiard refusa d'obéir, devint membre de la Chambre des représentants pendant les Cent-Jours, fut impliqué, après le retour de Louis XVIII, dans la conspiration de Didier (1816) et subit un emprisonnement de six mois. S'étant retiré ensuite dans son département, il devint député de Saône-et-Loira en 1820 et ne cessa depuis lors de siéger à la Chambre jusqu'en 1848. Ami de Foy, de Benjamin Constant et de Manuel, il vota constamment avec les membres de la gauche et en faveur des mesures libérales, fut, en 1830, inspecteur des gardes nationales de la France et remplit, de 1848 au commencement de 1849, les fonctions de ministre de la République française en Suisse. En lui s'éteignit le dernier rejeton mâle de la famille des Thiard.
thiare s. f. Moll. Autre orthographe du
mot TIARE.
THIARELLE. Moll. Autre orthographe du
mot TIARELLK.
THIASÛS s. m. (ti-a-zoss — mot gr. dé-
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rivé de theios, divin). Antiq. gr. Chœur de chant et de danse, qu'on exécutait pendant les processions,
— Encycl. Le plus fameux thiasos était celui des dionysiaques. On y voyait l'enthousiasme poussé jusqu'à l'extravagance et à l'ivresse , qui caractérisait ces fêtes. Les hommes, déguisés en pans , en satyres, la figure colorée de vermillon ou d'une teinture extraite de diverses plantes, cherchaient à imiter les compagnons de Dionysos. Les femmes, en bacchantes, en thyades , en naïades, en nymphes, cherchaient à se rendre dignes de ce cortège. Les uns et les autres portaient le thyrse ; ils avaient tous ou ils simulaient un enthousiasme digne du dieu
?u'i!s célébraient. Le phallus, symbole de la èrtilité de la nature, était porté en triomphe ; une troupe d'hommes déguisés en femmes le suivait. Une femme portait dans une longue corbeille l'image de Dionysos. La musique des (lûtes etdes cymbales accompagnaitle chœur, qui chantait des dithyrambes, où la liberté des mètres s'associait à l'audace des images. Les Grecs donnaient encore le nom de thiasos à une sorte d'hétairie ou société amicale; les hétairies appelées thiasos étaient celles qui avaient un but religieux.
TH1ASSG, géant de la mythologie Scandinave. Il s'empara un jour du dieu Loke et ne le rendit à la liberté qu'après lui avoir fait promettre de lui procurer Idunna et ses pommes, qui avaient le don de rajeunir les Ases. Sa tille Skade épousa Niord ; il fut tué par les Ases, et Odin plaça ses deux yeux au firmament au milieu des étoiles.
THIAT, village de la Haute-Vienne, station du chemin de fer de Poitiers à Limoges, près de la rive droite de la Brame ; 764 hab. Fabriques de poteries et de grands cuviers auxquels une cuisson spéciale donne le ton brûlé de certaines poteries celtiques. Les rive-s de la Brame offrent des sites sauvages et pittoresques.
THIACCOCRT, ville de France (Meurtheet-Moselle), ch.-l. de canton, arrond. de Toul, à 22 kilom. de Pont-à-Mousson, sur lo rupt da Mad, qu'y traverse un pont de sept arches; pop, aggl., 1,385— pop. tôt., 1,402 hab. Tliiaucourt possède une église moderne, une chapelle qui parait dater du xve siècle et des débris d'anciennes fortifications. Ce bourg est très-ancien. On y voyait jadis une abbaye de l'ordre de Cîteaux, qui fut brûlée par les Messins en 1258, saccagée en U71 et que le duc Antoine fit entourer de murs. Tout a disparu aujoud'hui. Lo territoire de Tliiaucourt fournit les meilleurs vins du département. Une couleur convenable, de la délicatesse et un goût agréable sont les qualités qui les distinguent et les font placer parmi les vins d'ordinaire de seconde qualité. On recherche particulièrement le vin du cru nommé Rud-de-mà. Le vin ne s'expédie qu'en tonneaux ; on ne le met en bouteilles qu'après sept ou huit ans de futaille. Le vignoble de Thiaucourt compte environ 195 hectares de vignes réparties sur une série de coteaux; le sol est partout calcaire et, en général, orienté à l'est, à l'ouest et au sud, en pente assez rapide. Deux cépages sont cultives : 1° le petit raisin noir, variété de pineau ; 2» l'éricé noir ou liverduu, cépage de quantité, peu sujet à la coulure, d'une fécondité soutenue, qui réclame un sol fertile et se trouve relégué au bas des coteaux. La culture est très-simple : on donne un labour à la houe fourchue depuis la lin de février jusqu'à la mi-mars; ou echalasse aussitôt, on courbe les grands coursons. L'ébourgeonnement a lieu dès qu'on distingue facilement les grappes. On n'égrappe pas la vendange ; 011 la foule dans la cuve et on l'abandonne à elle-même jusqu'à ce que la fermentation soit achevée. Les cuves ne sont généralement pas couvertes.
THIBAUD, archevêque de Cantorbéry, mort en 1161. Après avoir été abbé du Peu, il se rendit en Angleterre, où il fut nommé au siège de Cantorbéry en 1139. Thomas Becket lui ayant été recommandé, il le nomma diacre de son église. A cette époque, des différends s'étant élevés entre le pape et le roi Etienne, Thibaud se prononça on faveur du souverain pontife, vit son temporel saisi, dut quitter l'Angleterre et se réfugia à Saint- Omer. Il put ensuite reprendre possession de son siège; mais, sur son refus de prendre part au couronnement d'Eustache, tils du roi, il fut jeté eu prison. Lorsque Henri II se fut emparé du trône d'Angleterre en 1154, Thibaud fut rétabli sur son siège et jouit de la faveur de ce prince, qui en fil son confident et son ami. On a. sous son nom de nombreuses lettres, publiées avec les œuvres de son secrétaire, Jean de Salisbury, qui ne fut pas étranger, dit-on, à leur rédaction.
THIBAUDE s. f. (ti-bô-de — de Thibaud, nom de berger, dans les anciennes pastorales). Comin. Tissu grossier de poil de vache, dont on se sert pour doubler les lapis de pied.
TH1BAUDEAU (Antoine-René-Hyacinthe),
homme politique et magistrat français, ne à Poitiers en 1739, mort en 1813. Il commença à suivre la carrière du barreau en 1762, se rit rapidement remarquer par ses talents oratoires et par ses idées libérales et fut élu, en 1789, député aux états généraux. S'il ne prit point part aux grandes discussions de cotte assemblée, il vota du inoins toutes les réfor-
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mes qui devaient inaugurer une ère nouvelle, puis retourna dans sa ville natale, où il remplit successivement, avec autant d'habileté que de modération, les fonctions de procureur syndic du district, de président du tribunal criminel (1791), de procureur général syndic (1792), d'administrateur de la Vienne. Bien qu'il se fut opposé de toutes ses forces à l'envoi d'un contingent à l'armée que les fédéralistes réunissaient à Bourges, il se vit accusé d'agir de concert avec eux, fut jeté en prison et recouvra la liberté après le 9 thermidor. Thibaudeau devint de nouveau président'du tribunal criminel de Poitiers en 1795 et entra cinq uns plus tard à la cour d'appel. En 1802, il alla siéger au Corps législatif comme député de la Vienne ; mais, à la suite d'une chute grave, il donna sa démission et vécut dans la retraite (1804). Il publia un Abrët)é de l'histoire du Poitou (Paris, 1782, 6 vol. in-12), continué par M. de Sainte-Hermine jusqu'en 1789.
THIBAUDEAU (le comte Antoine-Claire), homme politique et écrivain français, fils du précédent, né à Poitiers en 1765, mort a Paris en 1854. Ainsi qu'il nous l'apprend dans ses mémoires, son père, avocat de plusieurs chapitres et couvents, prétendait être philosophe et déiste, bien qu'il fréquentât les églises^Un ancien jésuite, homme d'esprit, exerça une assez grande influence sur l'espritdu jeune Thibaudeau en lui prêtant des livres prohibés de philosophie et de politique et en les lui expliquant. Il put constater, en outre, par les faits qui se passaient autour de lui, l'état de décomposition de la société, l'arrogante impudence (les nobles, la corruption du clergé- Aussi avaitil compris la nécessité de réformes profondes lorsque commença la Révolution. A cette époque, il était avocat depuis deux ans. Son père ayant été nommé par le tiers état député aux états généraux, Antoine Thibaudeau le suivit à Versailles. Là, il entra en relation avec un grand nombre de députés, suivit assidûment les débats de l'Assemblée nationale, entraîna son père, d'un esprit timide, à voter pour toutes les réformes réclamées par l'opinion et assista à tous les événements qui se produisirent alors. « Témoin de beaucoup de rassemblements populaires, dit-il, loin de les blâmer, j'y prenais un grand intérêt, comme à un puissant véhicule, nécessaire au succès de la Révolution. Je n'aimais pas à m'y mêler en acteur; ce n'était pas dans ma nature. » De retour a Poitiers, où dominaient les nobles, il les vit émigrer spontanément, comme s'ils allaient à une partie de plaisir, en annonçant « que dans quelques mois ils reviendraient triomphants, . qu'ils remettraient à leur place ces bourgeois insolents, la canaille patriote et leur feraient payer leurs frais de voyage. » Pour secouer de sa torpeur une population craintive, abrutie par le joug, Thibaudeau fonda a Poitiers un club, qui devint une école d'éducation
fiolitique pour le peuple et produisit les effets es plus heureux. En 1790, les idées ayant rapidement marché, il fut député par ses concitoyens h la fête de la Fédération de Paris, où il retrouva Camille Desmoulins et plusieurs hommes politiques avancés avec qui il s'était lié. De retour k Poitiers, il fut successivement élu substitut, procureur de là commune et enfin, en 1792, membre de la Convention. Thibaudeau alla siéger à la Montagne, et, lors du procès de Louis XVI, il vota pour la mort sans appel ni sursis. Toutefois, il ne prit qu'une part insignifiante aux. grands débats de l'Assemblée et ne voulut point faire partie du club des Jacobins. Le 10 mai 1793, il fut chargé, avec Creuzé, d'une mission dans l'Ouest. Après la chute des gi- ' rondins, il dut prendre la parole pour défendre son père, son frère et des habitants de Poitiers accusés de fédéralisme. Accusé luimême de modérantisine, il se vit dans uno situation très-diflicile et dut se borner uniquement à prendre part aux travaux, des comités dont il faisait partie. Ce fut à cette époque qu'il rédigea un remarquable rapport sur les moyens de régénérer la marine française (7 mai 1794) et qu'il fit décréter l'institution d'un jury charge de signaler les ouvruges les mieux faits pour l'éducation des enfants (6 juillet). Après le 9 thermidor, il devint un des chefs du parti modéré et joua un rôle très-actif. H demanda la réintégration dans la Convention des députés qui en avaient été exclus le 31 mai, la suppression de la loi des suspects et de celle du maximum, la restitution des biens confisqués par les tribunaux révolutionnaires, enfin la révision de la plupart des lois qui avaient été votées pendant la période dite de la Terreur. Le 6 mai 1795,11 devint président de la Convention. « Thibaudeau, dit Rabbe, lit preuve du plus grand courage au 12 germinal an 111, repoussa avec force les pétitionnaires des sections, s'éleva contre la constitution de 1793 et contre l'insurrection partielle qu'elle autorisait, attaqua le côté gauche avec vigueur, se plaignit de l'absence de la plus giande partie des membres qui le composaient et fut élu membre du comité de Sûreté générale et de la commission des lois organiques. Pou après, il proposa de supprimer le comité dé toûreté générale et de confier le gouvernement à un comité de Salut public de 24 membres. Dans la journée du 1er prairial, il provoqua hautement des mesures de rigueur contre ses collègues accusés
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d'en être les auteurs, voulut que l'on s'en tînt à la déportation à l'égard de Collot, Billaud et Barère, et s'opposa à ce qu'on traduisit Romme, Duquesnoy, etc., à un autre tribunal que celui de la Seine. Un des principaux réducteurs de la constitution de l'an lit, il discuta le projet dans toutes ses parties, repoussa avec énergie les projets des sections de Paris a l'approche du 13 vendémiaire an IV, blâma leurs pétitions, se déclara prêt à combattre ce qu'il appelait l'anarchie royale et les accusa de vouloir décimer la Convention et rétablir la monarchie sur les ruines de la République. » En octobre 1795, Thibaudeau devint membre du comité de Salut public. Peu après, il attaqua Tallien, Fréron et autres thermidoriens qui réclamaient le retour aux idées révolutionnaires et prononça ces paroles : « Je serai toujours la barre de fer contre laquelle viendront se briser les complots des factieux ; ■ ce qui lui valut le surnom de Barre do Ict. Lors des élections au conseil des Cinq-Cents, Thibaudeau fut élu député à la fois par trentedeux départements, et il opta pour celui de la Vienne. Secrétaire, puis président de cette Assemblée (février 1796), il lutta à la fois coinre les royalistes et les révolutionnaire:,, voulant le maintien de la constitution républicaine & laquelle il avait coopéré et l'adoption de mesures d'apaisement. On le vit alors s'opposer à la création d'un ministère de la police, à lu loi du 3 brumaire, qui excluait des fonctions publiques les parents des émigrés et des députés; accuser Tallien d'avoir été un des instigateurs des événements du % septembre 1792 et du 31 mai 1793; signaler, d'autre part, les intrigues des royalistes, les dilapidations des agents du Directoire, demander la destitution des commissaires de la trésorerie, la mise en accusation des ministres des finances pour avoir favorisé les opérations de la Compagnie Dijon; défendre contre les meneurs royalistes du club de Clichy la liberté des sociétés populaires, etc. Le 19 août 1797, il fut nommé membre de la commission des inspecteurs et fit un rapport sur la marche des troupes. Hostile au coupd'Etat du 18 fructidor, il se vit porté par le Directoire sur la liste des proscrits; mais, grâce aux actives démarches de Boulay de la Meurthe, il conserva, son siège au conseil des Cinq-Cents jusqu'aux élections de mai 1798. N'ayant point été réélu à cette époque, Thibaudeau rentra dans la vie privée et retourna dans sa ville natale, où il exerça la profession d'avocat. Apres le coup d'Etat du 18 brumaire, Bonaparte le nomma préfet de la Gironde (3 mars 1800). Thibaudeau eut la faiblesse d'accepter et, au mois de septembre suivant.il entra au conseil d'Etat, ou il prit part à la rédaction des codes. Eu sa qualité de conseiller, il défendit devant le Tribunal le projet de loi sur la procédure criminelle, sur les justices de paix, fut charge de rédiger l'expose de la situation de la Uépubliquejusqu'eii 1802, etc. Dans les discussions qui eurent lieu au conseil d'Etat, il lit preuve d'une reelie indépendance et combattit souvent les idées du premier consul, notamment eu ce qui touche le consulat à vie, .l'institution de la Légion d'honneur et le concordat. Cette attitude déplut à Bonaparte, qui, ne pouvant souffrir la contradiction, l'élimina du conseil d'Etat elle nomma en 1803 préfet des Buuehes-dû-Rhône. En 1804, Thibaudeau devint commandeur de la Légion d'honneur, et, en 1809, il reçut le titre de baron. Apres l'abdication de Fontainebleau (1814), il quitta Marseille, où il était encore préfet, et revint à Paris, où il vécut dans la retraite. A sou retour de l'Ile d'Elbe, Napoléon le nomma successivement conseiller d'Etat, commissaire extraordinaire dans la Côte-d'Or et membre de la Chambre des pairs, bien qu'il se fût tenu k l'écart et qu'il eût îuoutré peu de sympathie pour un pouvoir qu'il jugeait devoir être ephetneie. Ce fut lui qui, le 27 mat s, rédigea la délibération pleine de hardiesse que le conseil d'Etat présenta à Bonaparte. Après la défaite de Waterloo, il prononça à la Chambre des pairs un . discours des plus vils contre les Bourbons. • Nous sommes les représentants d'un peuple qui a prononcé l'expulsion de ce gouvernement, dit-il... Si ce sont les Bourbons qu'on veut nous imposer, je déclare que jamais je ne consentirai à les reconnaître.» Le 6 juillet suivant, il quitta le France, passa en puisse et fut arrête à Lausanne. Rendu pou après à la liberté, mais frappé par la loi contre les régicides, il alla habiter successivement Prague, Vienne (1819) et Bruxelles (1823). Fendant ses années d'exil, il écrivit ses mémoires et une Histoire de Bonaparte. Apres la révolution de Juillet 1830, Thibaudeau revint en France, mais il vécut dans la retraite, employant ses loisirs à des travaux'historiques. Ou raconte qu'un soir, se trouvant à Poitiers dans un salon, il faisait une partis de -whist avec .sa sœur, M""° Thomé. Ci lle-ci ayant joué un roi, Thibaudeau coupa. « Peste, mon frère, s'écria la vieille révolutionnaire, connue vous tranchez les rois ! » Thibaudeau posa ses cartes, jeta un regard autour de lui et d'une voix nette : « Et ainsi ferai-je encore, ma sœurl » dit-il. Le vieux conventionnel avait quatre-vingt-sept ans. Son intelligence était affaiblie par 1 âge lorsque, après le coup d'Etat du 2 décembre 1851, Louis Bonaparte le lit figurer sur la première liste de ses sénateurs (20 janvier 1852). Une réclama point contre cette nomination, qui eût été
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une injure pour un vrai républicain ; il avait servi le premier Empire élevé sur les ruines de la République, et servit le second issu du coup d'Etat de décembre. En dépit de son grand âge, il était inexcusable. Le second Bonaparte le compta au nombre des siens ; il eut raison et l'année suivante , il le nomma grand officier de la Légion d'honneur. Voici dans quels termes Thibaudeau a jugé luimême sa carrière politique, dans une lettre qu'il écrivit en 1815 : « La Révolution commençait en France lorsque je suis entré dans le inonde. J'ysui.s entréavec elle,ef(e me suis trouvé porté très-jeune dans la carrière politique/Je n'ai été l'homme d'aucun parti, ni le courtisan ni le favori des gouvernements qui se sont succédé. J'ai été l'homme de la Révolution et je suis toujours resté fidèle aux principes raisonnables qu'elle aHléveloppés. J'aurais pu, comme beaucoup d'autres, m' accommoder avec les circonstances et les événements; mais j'ai toujours préféré succomber que de transiger avec ma conscience. > En tenant ce langage , Thibaudeau oubliait , comme nous le disons ci-dessus, qu[il avait servi le détestable régime du premier Empire, et tout à la fin de sa carrière il com- ' mit la faute, non moins grave, d'accepter un siège au sénat de l'homme qui venait d'étouffer la liberté de son pays dans le sang et les proscriptions. Outre des Discours, des Rap~ port, des Mémoires sur divers sujets, on lui doit : Recueil des actes héroïques et civiques des républicains français (Pans, 1794, in-8°) ; Uistoire du terrorisme dans te département de la Vienne (1795, in-8°) ; le Congrès de Rastadt dans les Mémoires de tous (1824, in-8°); Mémoire sur la Convention et le Directoire (1824, 2 vol. in-8°), ouvrage intéressant, exact, portant la marque d'une grande sincérité, mais d'un style lourd et ampoulé, et dont la pub'ication fut sur le point de le faire expulser des Pays-Bas ; Mémoire sur le Consulatpar un ancien conseiller d'Etat (1826, in-8°); histoire générale de Napoléon Bonaparte (1827-1 828, 5 vol. in-8°), restée inachevée et s'arrèiaiit au Consulat; la Bohême, roman historique (1834, 2 vol. in-8°); le Consulat et l'Empire ou Histoire de France et de Napoléon Bonaparte de 1799 à 1815 (1835-1838,
10 vol. iu-8u), complétant l'Histoire générale de Napoléon Bonaparte ; Histoire des états généraux (1843, 2 vol. in-S»). En outre, Thibaudeau a laissé manuscrits: une critique de V Histoire de la Révolution par M. Thiers ; le Poitou, roman historique; des Considérations sur la Dévolution française et des Mémoires sur lui-même et les événements publics depuis sa jeunesse jusqu'à la fin de sa vie. Un fragment très-inleressaut en a été publié sous le titre de : Mémoires de A. Thibaudeau avant sa nomination à ta Convention de 1765 à 1792 (Paris, 1875, ift-8°).
THIBAUDEAU (Adolphe-Narcisse, comte), administrateur français , fils du précédent, né à Poitiers en 1795, mort à Paris en 1856.
11 combattit en 1814 contre les alliés a lu barrière de Clichy, suivit en 1816 son père eu exil, puis revint à Pans eu 1823, entra en relation avec les hommes les plus avancés et les plus émineuts du parti libéral ut prit part à la révolution de Juillet 1830. Intimement lié avec Carrel et Godefroy Cavaignac, Thibaudeau devint uu des rédacteurs les plus actifs du National, où il combattit le gouvernement de Louis-Philippe, et prit part à la tentative d'insurrection de 1832 et'a la défense du cloître Saint-Merry, où il fut fait prisonnier. S'étant rendu en Angleterre, il se livra avec ardeur k l'étude des questions économiques et industrielles, et, de retour en France, se jeta dans les affaires. Il devint un des fondateurs du chemin de fer de Paris à Rouen et au Havre, puis des voies ferrées exécutées dans lu Normandie et ta Bretagne. Ce fut également lui qui émit l'idée, adoptée depuis par M. Fould, de faire souscrire les emprunts publics par voie de souscription nationale. En 1855, il devint secréiuire général adjoint de la commission de l'Exposition universelle et y fit preuve d'une grande capacité. On doit à Thibaudeau de nombreux articles et uue correspondance envoyée d'Angleterre et signée O dans le National, des articles tinanciers dans le Journal des chemins de fer, des Mémoires sur la jonction économique de Paris à la mer, Sur le desséche* meni du lac de Haarlem et Histoire de mon temps, écrits et correspondances restés manuscrits.
- TH1BAOD1E s. f. fti-bô-dî — de Thibaud de .Chanvalton, botan. fr.). Bot. Genre d'arbustes et d'arbrisseaux, de la famille des vacciniees, comprenant plus de quarante espèces, qui croissent sur les montagnes des régions tropicales des deux continents.
THIBAlJLDD'AUSSIGNY.évêqued'Orléans.