V1LL
Charles d'Anjou, frère de saint Louis, préparant ainsi la réunion de la Provence k la Couronne de France.
VILLENEUVE (Elion ou Hélion de), grand maître de Saint-Jeaii-de-Jérusalem, né vers 1270, mort en 1346. Entré dès l'adolescence dans l'ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem, il s'y signala bientôt par sa valeur, par sa piété et par ses talents politiques, et était grand prieur de Saint-Gilles lorsque, en 1319, il fut élu grand maître k la place de Foulques de Villaret, qui venait d'abdiquer. Il se trouvait alors en Provence et tint, peu de temps après, à Montpellier, un chapitré général de l'ordre, qui fut divisé en sept langues, parmi lesquelles celle de Provence obtint la primauté. En 1328, il assista à la bataille de Mont-Cassel, où, de concert avec le sire de Beaujeu, il commandait le troisième bataillon français. Ce ne fut qu'en 1336 qu'il arriva à Rhodes, qui, malgré son .éloignement, s'était cependant ressentie des bienfaits de son administration. Il s'attacha surtout k réparer les maux qu'une guerre meurtrière et coûteuse avait causés k cette ville et à l'ordre et, par une sage économie, réussit à rembourser les dettes énormes que ce dernier avait été obligé de contracter. En 1344, il dirigea lui-même une expédition contre Smyrne et s'empara de cette ville; peu après, à la tête de 25,000 hommes seulement, il remporta une grande victoire sur Elbée, roi de Maroc, dont l'armée comptait 70,000 soldats. Villeneuve eut Gozon pour successeur.
VILLENEUVE (Louis De), dit Riche d'bon-
uour, capitaine français, le premier qui ait porté en France le titre de marquis, né vers 1451, mort en 1516. Il était de ta même famille que les précédents et embrassade bonne heure la carrière militaire. Chambellan de Charles VIII, il partagea avec le prince de Salerne le commandement de l'armée destinée à la conquête de Naples et reçut du roi, en récompense de ses services pendant cette campagne, la principauté d'Aveline, qu'il perdit lorsque les Français quittèrent l'Italie. Sous Louis XII, il alla négocier a Rome le divorce du roi avec sa première femme (1498), se signala aux batailles d'Agnadel, de Fornoue et de Cérisoles et lit preuve en toute occasion d'un dévouement sans bornes à son souverain. Ce dernier récompensa ses services en érigeant en marquisat (1505) la baronnie de Trans, qui appartenait à Villeneuve. Le titre de marquis n'avait jamais encore été usité en France. Villeneuve ob- . tint, en outre, l'autorisation d'ajouter à ses armes une fleur de lis d'or sur un écusson d'azur, avec les supports de France. Il reçut encore de François 1er le titre de chambellan et se trouva à Marignan, où son fils unique fut tué.
VILLENEUVE {Guillaume de), chroniqueur français de la seconde moitié du xve siècle. Il était, comme les précédents, originaire (la la Provence et suivit la carrière militaire. - La bravoure dont il fit preuve pendant la guerre d'Italie le fit appeler au gouvernement de la ville de Tram. Après le départ de Charles VIII, les Napolitains se soulevèrent, et Villeneuve, assiégé dans le château de Trani, abandonné par une partie de ses soldats, fut obligé de se rendre après une énergique résistance. Il subit une rigoureuse captivité d'un an et chercha à en abréger la longueur en écrivant "(les Mémoires sur la conquête de Naples. Cet ouvrage est d'autant plus précieux, que c'est le seul qui ait éti écrit sur les événements d'Italie par un témoin oculaire. Il renferme une foule de faits intéressants et est écrit dans un style simple et naïf. Les Mémoires de Villeneuve ont été insérés par dont Martène dans le tome III du Thésaurus anecdotorum; on les trouve, en ouire, dans le tome XIV des Mémoires relatifs à l'hisloire de France.
VILLENEUVE (Christophe de), baron de Vauclausk, capitaine français, né en 1541, mort en 1615. D'abord page du duc de Guise, il fit ses premières armes sous les ordres de ce dernier et seconda plus tard activement Claude de Savoie, gouverneur de la Provence, dans la guerre qu'il soutint contre les protestants. A l'époque de la Saint-Barthélerriy, il réussit, 'k force 'd'instances, à faire révoquer k Charles IX l'ordre d'extermination que ce prince avait prononcé contre les réformés de la Provence, et son nom mérite d'être placé à côté de ceux du comte d'Orthez et de l'évêque de Lisieux, qui refusèrent d'exéc.uter des ordres analogues.
VILLENEUVE {Gabriello-Suzanne Barbot, dame de), romancière française, née à La Rqphelle vers 1695, morte en 1755. Elle épousa un lieutenant-colonel d'infatiiesie, dont la mort la laissa sans ressources. Elle en chercha alors dans les travaux littéraires et mérita par ses premiers essais la bienveillance de Crébillon, qui était censeur k cette époque. Ils ne tardèrent pas à se lier d'une étroite amitié, et, jusqu'à sa mort, Mme de Villeneuve habita dans la même maison que l'auteur de Rhadamiste. Nous citerons, parmi ses romans : les Contes marins ou la Jeune Américaine (1740-1741, 4 vol.); les Belles solitaires (1745, 3 vol.); la Jardinière de Vincennes ou les Caprices de l'ahiour et de la fortune (1750, 4 vol.), le meilleur ouvrage de l'auteur ; le Beau-frère supposé (1752, 4 vol.); le Jugeprévenu (1754, 5 vol.). On lui a encore
attribué cinq ou six autres ouvrages; mais elle n'est réellement l'auteur que de ceux que nous venons de mentionner.
VILLENEUVE (Pierre-Charles-Jean-Baptiste-Silvestre de), vice-amiral français, né à Valensoles (Basses-Alpes) en 1763, mort à Rennes en 1806. Garde-marine à quinze ans, il était capitaine de vaisseau en 1793. Nommé contre-amiral en 1796, il ne put prendre part la même année à l'invasion de l'Irlande, sa division ayant été retenue par les vents contraires. Il prit part à l'expédition d'Egypte, commanda l'arrière-garde à Aboukir et fut assez heureux pour sauver quatre bâtiments, • qu'il ramena k Malte. En 1801, le premier consul lui donna le commandement de la Martinique, le nomma vice-amiral en 1804 et résolut de lui confier la direction des forces navales qui devaient opérer la descente en Angleterre. Villeneuve, renforcé de l'escadre espagnole de l'amiral Gravina, devait pousser une pointe rapide vers la mer des Antilles, afin d'y attirer les Anglais, et revenir en toute hâte et en dérobant sa marche dans la Manche, où l'expédition projetée se fût accomplie d'autant plus facilement, que toutes les escadres françaises devaient y concourir et que la flotte britannique était absente. 11 appareilla à Toulon le 18 janvier 1805 avec vingt-huit vaisseaux; mais, contrarié par ie temps, il rentra et ne reprit la mer que le 30 mars : premier retard, première cause d'insuccès. Après avoir rallié Gravina k Cadix le 9 avril, il se rendit aux Antilles, enleva aux Anglais le fort Diamant, réputé inexpugnable, et leur prit un convoi de quinze voiles, pendant, ce temps, Nelson, ignorant la direction de la flotte combinée, fouillait la Méditerranée, courait en Egypte, revenait k Naples sans recueillir aucun renseignement. Enfin, il trouve notre trace, il arrive à la Barbade ; l'amiral français, ayant opéré sa diversion, se hâte de revenir. En route, il saisit k un corsaire une riche cargaison de piastres enlevée aux Espagnols. Malheureusement, le mauvais temps le retint vingt-deux jours entre les Açores et le continent. Il rencontra, à la hauteur du cap Finistère, l'escadre de Robert Gaïdar, composée de dix-neuf vaisseaux, lui livra bataille et l'obligea k la retraite, sans toutefois avoir pu l'entamer. Cette victoire équivoque irrita fort Napoléon, qui fit mettre k ce sujet dans le Moniteur ; « Si un homme de caractère et de courage, froid et audacieux se -rencontre un jour, on verra ce que pouvaient nos marins. » C'était un blâme sévère infligé k ia conduite de l'amiral, qui, par sa lenteur, par son "indécision , compromettait le plan de l'empereur. Rien n'était encore désespéré si la flotte combinée eût gagné Brest; mais elle se rendit k Cadix, où Nelson ne tarda pas k la bloquer avec des forces supérieures, et Napoléon renonça a son entreprise, attiré d'ailleurs en Autriche par une diversion habile de la diplomatie britannique. Villeneuve, profondément blessé, voulut tenter de rétablir sa réputation par un coup d'éclat. Faisant allusion k la note du Moniteur, il écrivit au ministre de la marine : « S'il est vrai qu'il ne faille pour réussir que de l'audace et du caractèrej je ne laisserai rien k désirer k ma première sortie. » Ces paroles ne révèlent pas seulement son irritation; elles trahissent le trouble de son âme au moment de se mesurer avec un redoutable adversaire. Il appareilla le 21 octobre avec trente-trois vaisseaux. La flotte anglaise comptait le même nombre; elle était supérieure toutefois par la puissance des navires et la quantité des canons. Il faut lui reconnaître encore un autre genre de supériorité, celle des manœuvres et de la tactique. La prévoyance, l'art consommé que montra l'amiral français dans ses dispositions de combat furent entièrement déjoués par l'audacieuse manoeuvre de Nelson. Aussitôt la bataille engagée, celui-ci rompit notre ligne et battit nos deux ailes séparément : c'était la stratégie de Napoléon appliquée sur mer. Au centre, quatre gros vaisseaux anglais entourent le Bucentaure, monté par Villeneuve, qui, ne pouvant don-' ner aucun ordre k sa flotte, fut obligé bientôt d'amener pavillon. Tel fut ce combat de Trafalgar qui coûta à la France et k l'Espagne réunies dix-sept vaisseaux, dont, k la vérité, quatre seulement purent être conservés par le vainqueur. Ce désastre porta un coup funeste k notre marine, et au point de vue matériel, et au point de vue moral; c'est à peine si l'effet en est effacé aujourd'hui. Napoléon l'apprit en Allemagne, au milieu de ses succès; il en fut atterré et ne pardonna jamais à Villeneuve. Celui-ci, ayant été mis en liberté par les Anglais, revint en France en avril 1806, dans l'espoir de se justifier. Il s'acheminait vers Paris, où il s'était fait précéder par une lettre; mais la réponse du ministre, qu'il reçut en route, mit le comble k son chagrin, et il se frappa de six coups de couteau dans la région du cœur.
VILLENEUVE (Louis, comte de), marin et agronome français, né en 1768, mort en 1851. Entré dans la marine k quatorze ans, il parcourut l'Océan et séjourna aux Antilles. Devenu enseigne, puis lieutenant de vaisseau, il rentra en France ea 1790; mais, contraint elémigrer, il habita successivement, la Savoie, la Suisse et le duché de Brunswick. Rayé de la liste des émigrés après le 18 brumaire, il
YILL
alla se fixer dans un domaine du Midi et s'y adonna complètement k l'agriculture. On a de lui : Essai d'un manuel d'agriculture (1819) ; Illusions et mécomptes d'un vieux agriculteur {\S3i); Sur la nécessité de relever l'importance de l'agriculture (1841); Sur le crédit agricole (1845); Sur la création des fermes-écoles (1846).
VILLENEUVE ( André-Charles-Louis de), médecin français, né en 1781, mort en 1852. Reçu docteur k Paris en 1804, il devint médecin du bureau de bienfaisance, emploi qu'il remplit pendant plus de quarante ans, et fut nommé par Louis XVIII membre del'Acadé- > mie de médecine. On a de lui : Du rhumatisme et de ses diverses modifications; Mémoire historique sur l'emploi du seigle. Villeneuve avait, en outre, rédigé, de 1812 k 1823, le journal de Corvisurt et fourni plusieurs articlesau Dictionnaire des sciences médicales.
VILLENEUVE (Théodore-Ferdinand Val»
lon de), auteur dramatique français, né à Boissy-Saint-Léger en 1799, mort k Paris en 1858. Dés le collège, il manifestait une grande passion pour le théâtre et, heureusement pour lui, sa position de fortune lui permit de suivre sa vocation. De Villeneuve obtint quelques succès k la scène, soit seul, soit avec la concours de Scribe, Brazier, Masson, Lafargue, Gabriel, etc. Citons, parmi ses meilleures pièces : Léonide, Yetva, le Marchand de la rue Saint-Denis, le ffussard de Felsheim, la Ferme de Bondy, VAlmanach des vingt-cinq mille adresses et la série des vaudevilles qui firent la réputation de Déjazet.
VILLENEUVE (Huon de), poBte français du xhi» siècle. V. Huon.
V1LLENEUVE-BARCEMONT (Christojphs, comte de), littérateur, né a Bargemont (Provence) en 1771, mort en 1829. Il était d'une ancienne et nombreuse famille originaire d'une maison princière d'Espagne , servit comme officier dans les gardes du corps avant la Révolution, vécut dans la retraite pendant la tourmente et devint successivement sous-préfet de Nérac (1803), préfet de Lot-et-Garonne (1806) et des Bouches-du- Rhône (1814), puis conseiller d'Etat. La ville de Marseille, qui lui doit de grands établissements d'utilité publique, lui a élevé un monument avec cette inscription : < Marseille reconnaissante à son préfet. » Il a laissé d'excellentes notices archéologiques sur la Provence. Son ouvrage le plus considérable est une Statistique du département des Bouches-du-Rhâne, avec atlas (1821-1829, 4 vol. in-40), livre plein de recherches savantes sur les antiquités romaines que possède le pays'. On y trouve une carte du département sous l'administration romaine, ainsi que les plans de Marseille, Aix et Arles au temps des empereurs.
VILLENEUVE-BARGEMONT ( Emmanuel- Ferdinand, marquis de), homme politique français, frère du précédent, né en 1777, mort en 1835. Il fit plusieurs campagnes sous la République et vécut ensuite dans la retraite jusqu'à la Restauration. Nommé alors sous-préfet de Castellane, il chercha, lors du retour de l'île d'Elbe, k arrêter la inarche de Napoléon sur Paris. Plus tard, il fut successivement préfet des Basses-Alpes (1815), des Pyrénées-Orientales (1818), de ia Nièvre (1822) et de la Somme (1828-1830), et représenta, en outre, de 1820 k 1827, le département des Basses-Alpes k ia Chambre des députés.
VILLENEUVE-BARGEMONT (Joseph, comte de), administrateur français, frère des précédents, né à Bargemont en 1782, mort vers
1840. En 1807, il devint référendaire k la cour des comptes, fut nommé, en 1815, préfet de la Haute-Saône, puis de Saôue-et- Loire en 1825, fut élu député de la Haute- Saône en 1827 et devint, en 1828, directeur général des douanes et, quelques mois plus tard, directeur général des postes. Il rentra dans la vie privée après la révolutiou de
VILLENEUVE- DARGEMONT (Jean-Paul- Albau, vicomte de), administrateur etécouotniste fiançais, frère des précédents, né à Saint-Alban (Var) en 1784, mort en 1850. 11 fut successivement préfet de Lerida (1812), de Namur (1813), de Tarn-et-Garonne (1814), de la Charente 0818), de la Meurthe (1820), delà Loire-Inférieure (1824), du Nord (1828). Après la révolution de 1830, il fut nommé député; mais il cessa, en 1831, d'appartenir k la Chambre renouvelée et rentra dans la vie privée. Lorsque, en 1834, la duchesse de Berry vint en France pour tenter de soulever les populations, le vicomte de Villeneuve fut nommé commissaire royal par un brevet signé de la duchesse. Après l'arrestation de celle-ci et son incarcération k Blaye, il alla passer quelque temps en Provence, puis il fixa sa résidence k Paris. Il entra k l'Académie des sciences morales en 1834. Ses ouvrages le placent k la tête des économistes religieux. Nous citerons ses principaux écrits : Economie politique chrétienne ou Recherches sur te paupérisme (1834,3 vol. in-8°) ; Histoire de l'économie politique (Paris, 1841, 2 vol. iii-so) ; le Livre des affligés (Paria,
1841, 2 vol. in-18).
VILLENEUVE-BAHGEMONT(Jean-Baptiste, vicomte de), frère des précédents, maria français, né en 1788, mort en ISGI. Il entra
au service a quinze ans, comme simple matelot, prit part à la désastreuse bataille de Trafalgar en 1805, fut nommé enseigne de vaisseau en 1809, puis lieutenant de vaisseau en 18U. En 1820, il fut chargé de diriger la station de la Guyane française, qui se composait d'un brick et de deux bâtiments légers. Après avoir rempli plusieurs autres missions importantes, il donna sa démission en 1835 et rentra dans la vie privée.
~ VILLENEUVE - TRANS (Louis - François , marquis de), archéologue et historien , frère jumeau du précédent, né à Saint-Alban en 1784, mort à Nancy en 1850. Il remplit, sous Louis XVIII, les fonctions de gentilhomme de la chambre du roi et consacra toute sa vie à des travaux d'érudition. On a de lui : Histoire de René d'Anjou (1825, 3 vol. in-8«, ligures), son principal ouvrage; la Chapelle ■ ducale de Nancy (1826, in-8<>); Monuments des grands maîtres de Sainl-Jeande-Jërusalem (1829, 2 vol. in-8°, 78 pi.) ; Histoire de saint Louis, roi de France (1836,3 vol. in-8°).
VILLENEUVE-VILLENEUVE (Pons-Louis- François, marquis de), administrateur français, né à Saint- Pons en 1744 , mort vers 1830. Jusqu'à la Restauration, il n'exerça pas d'autres fonctions que celles de conseil-' 1er général du département de la Haute-Garonne; nommé en 1815 préfet des Hautes- Pyrénées, il se hâta, lorsque le bruit du retour de Napoléon de l'Ile d'Elbe ?e répandit, d'établir un comité de salut public à Tarbes, mais on l'expulsa de celte ville. Il chercha alors à ouvrir la frontière à l'ennemi ; arrêté et laissé en liberté sur parole, il se sauva en Catalogne, d'où il revint k la seconde Restauration. Placé alors par le duc d'Angoulême, avec le titre d'administrateur général, à la tète de vingt-six départements du Midi, il fit preuve dans ces fonctions d'un zèle tellement réactionnaire, que le ministère en fut effrayé et qu'on le rappela à. Paris. Mais le cabinet ayant succombé bientôt après, il obtint la préfecture du Cher, puis celle de Seine-et-Oise, qu'il ne garda qu'un jour, le duc de Richelieu ayant déclaré qu'il résignerait son portefeuilles! un homme d'un pareil caractère était maintenu à ce poste. En 1819, cependant, il fut rétabli dans des fonctiuns administratives et obtint la préfecture des Pyrénées-Orientales, qu'il quitta en 1822 pour celle de la Corrèze. On a de lui : Aux habitants du Midi (Paris, 1815, in-8«); Observations sur les dernières élections et sur la situation présente du ministère (Paris, 1818, in-8<>) ; diverses brochures sur les pommes de terre et les mérinos.
' VILLENFAGNE D'INGIHOCL (Hilarion- Noël, baron de), célèbre érudit belge, né k Liège en 1753, mort en 1826. 11 fit ses études en France et, à son retour dans sa ville natale, il s'adonna aux recherches les plus actives sur l'histoire politique et littéraire de sa patrie. Lors de l'invasion des troupes républicaines françaises, il s'enfuit en Allemagne et rentra dans son pays après le rétablissement de la paix. En 1814, il devint député de l'ordre équestre, puis il fut nommé curateur de l'université. On a de lui une foule d'écrits savants et curieux, mais partiaux, sur des particularités de l'histoire politique et littéraire de la principauté de Liège. Nous citerons les suivants : Mélanges de littérature et d'histoire (1788, in-8°) ; | Histoire de Spa (1S03, 2 vol. in-S<>), son prin- ! cipal livre; Recherches sur l'histoire delà \ ci-devant principauté de Liège (1810, in-8°). Parmi les nombreux manuscrits ^u'ii a laissés, on cite une Biographie liégeoise, à laquelle il a travaillé plus de trente ans.
V1LLEPATOUR (Louis-Philippe Taboureau DE), général français, né à Paris en 1719, mort en 1781. Il s'engagea ù quatorze ans dans un régiment d'artillerie, se signala pendant la guerre d'Italie et fut promu officier, ayant à peine atteint sa quinzième année. IL revint en France après le traité de Vienne^ alla compléter ses connaissances scientifiques à l'École de Besançon et, lorsque la guerre se fut rallumée avec l'Autriche (1740), tut envoyé k l'armée d'Allemagne, où il se distingua surtout au siège deFrihourg(l744). Promu colonel en 1756, il fit partie, la même année, du corps envoyé au secours de Louisbourg, assiégé parles Anglais, et, après l'échec de cette expédition , passa dans l'Ile de Minorque, où il assura la défense du fort Saint-Philippe. De retour à l'armée d'Allemagne, il se signala encore aux sièges de Cassel et de Filinghausen, l'ut créé nmréchal de camp et inspecteur d'urtillerie en 1761, puis lieutenant général et inspecteur général de sou arme eu 1780. Il a laissé sur ses campagnes des il/e'nioiVesque son ami Luplace a insérés dans les tomes II et 111 de son Recueil de pièces intéressantes.
Villepion (combat de), livré entre les Français et les Allemands le 1er décembre 1870. A la nouvelle de la fameuse sortie du général Ducrot et du combat de Chainpigny, les généraux commandant les divers corps de 1 armée de la Loire résolurent de se porter à sa rencontre avec des forces qui montaient à près de 170,000 hommes. Le 17e corps devait rester k Orléans pour garder la position; le 16e avait ordre tie s'emparer de Pithiviers, avee le concours des 2e et 3^ divisions du 15» corps, dont la ire division devait également se porter sur Pithiviers par une au-
tre direction ; enfin, les 18e et 20e corps marcheraient sur Baune-la-Rolande et sur Beaumont. Ces mouvements divers exécutés, les quatre corps, sous le commandement supérieur d'Aurelle de Paladines, devaient s'acheminer dans la direction de l'est, vers la forêt de Fontainebleau.
Le 1er décembre, à dix heures du matin, le général Chanzy mettait ses troupes en marche (16e corps), sa première division, commandée par l'amiral Jauréguiberry, formant la gauche, tandis que la 3e division, commandée par le général Morandy, formait . la droite. L'amiral avait pour objectif le village de Terminiers; le général Barry avait ordre de prendre position entre Terminiers et Sougy, tandis que le général Morandy se portait sur la droite de ce dernier village. Dans sa marche, l'amiral Jauréguiberry, apercevant sur sa .gauche un mouvement menaçant de l'ennemi, se porta aussitôt sur Guillonville, où les Allemands s'étaient fortement établis. L'artillerie bavaroise, forte de 40 à 50 canons, occupait une position solide entre Terminiers et Gommiers, et elle couvrit d'abord nos soldats de ses obus; mais l'amiral fit aussitôt avancer ses batteries, qui ripostèrent avantageusement; en même temps, ses chasseurs, lancés impétueusement sur Gommiers, emportèrent le village à la baïonnette. Guillonville et Terminiers tombèrent rapidement à leur tour au pouvoir de nos soldats, qui achevaienc tinsi d'enlever les premières positions ennemies. Mais alors il fallut aborder une seconde ligne de villages : Faverolles , Villepion et Nonneville. L'amiral lance dans cette direction te 37« régiment de marche et le 336tie gardes mobiles, braves régiments qui criblent l'ennemi de leurs feux et le forcent à reculer. A la nuit tombante, la droite des Allemands, enfoncée, se repliait sur Orgères, tandis que Villepion tombait à son tour au pouvoir de la 2<s brigade, électrisée par l'amiral, dont la bravoure est depuis devenue légendaire dans l'armée. « Il faut le chercher là où le feu est le plus fort, > disaient de lui les soldats, i Son petit cheval, dont le trot le fait sautiller, est avec son cavalier partout où le danger gasse. Calme, souriant, intrépide, l'amiral a, même sous fes balles, une bonne parole pour ses soldats. Il leur donne la confiance, et leur communique l'alacrité quasi joyeuse, l'activité nerveuse de son tempérament brusque. Toute sa division mérita d'être mise k l'ordre du jour de l'armée. Lui mérite de demeurer à l'ordre du jour de l'histoire. » (Jules Claretie.)
Le lendemain 2 décembre, le 160 corps reprit sa marche ascendante vers le nordest. Il s'agissait, cette fois, de gagner Janville et Toury, après avoir délogé l'ennemi des positions qu il occupait à Orgères, Loigny, Lumeau et Poupry, c'est-à-dire une redoutable ligne de défense. Nos soldats avaient devant eux les forces commandées par le duc de Mecklembourg, formant tout le corps bavarois, environ 60,000 hommes. La manœuvre générale des Bavarois allait consister à introduire le gros de leurs forces dans l'espace laissé libre entre le lge corps et le 15e, de manière k séparer de plus en plus le général Chanzy du général d'Aurelle. De plus, la 17û division d'infanterie prussienne, commandée par Von Treskow, devait s'avancer sur Lumeau, en même temps que la 22«, général Von Wittich , nous disputerait Poupry ; enfin , à la droite de l'armée du duc , la cavalerie du prince Albrecht allait manœuvrer vers Cormain ville, ■pour essayer de nous prendre à revers. C'est alors qu'eut lieu la lutte effroyable de Goury, combat que nous ne décrirons pas ici , parce qu'il mérite une mention à part (v. Goury au Supplément), etdanslequelle corps de Von derThann faillit être anéanti.Miîiiuçé d'être tourné sur sa droite et sur sa gauche par suite des renforts qui arrivèrent à l'ennemi, le général (Jhanzy dut se rabattre sur les positions qu'il occupait la veille au matin. Vers deux heures, l'avantgarde du 17» corps , qui marchait de Patay sur Loigny, arriva devant l'ennemi, et une mêlée sanglante s'engagea k la tombée de la nuit. Le brave général Gaston de Sonis arrive sur le champ de bataille avec les volontaires de l'Ouest, ayant po ur colonel Athanase de Charelte et pour étendard une bannière blanche qu'allait bientôt teindre le sang. Tous ces petits-fils d'émigrés combattaient alors pour la République, pour la France, et il ne nous en coûte nullement de reconnaître qu'ils le firent avec la plus héroïque valeur.
Ces vaillants volontaires de l'Ouest, campés k Patay, furent entraînés par le général de Sonis sur le sanglant théâtre de la lutte. Auprès de Villepion, un obus éclate aux côtés de l'intrépide général et le couvre de terre sans le blesser. « Vive la France I «s'écrie-t-il en se dressant sur ses étriers : puis on continue à marcher sur Loigny, et l'on s'avance sans tirer dans la direction d'un" petit bois où l'ennemi s'est abrité. Alors éclate tout k coup une fusillade terrible ; de Sonis tombe, la cuisse brisée par une balle, et reste aux mains de l'ennemi. Mais le bois n'en est pas moins emporté de front par )es zouaves de Charette et par les mobiles des Ûôtes-du-Nord sur la droite. Enfin nos soldats pénètrent dans le village et y luttent corps à corps avec les Allemands; on s'y fusille k bout portant. Mais il faut plier sous
le nombre; les Bavarois arrivent à Loigny par bataillons épais. Alors le colonel -do Charette fait sonner la retraite. Il tombe à son tour, frappé d'une balle k la cuisse; il reste pour mort sur le champ do bataille, avec 198 des 300 combattants qu'il a amenés avec lui. A Loigny, le 37s de marche se couvrit de gloire par l'indomptable résistance qu'il opposa à l'ennemi.
Sur notre droite, k Poupry, que nos soldats perdirent et reconquirent à plusieurs reprises, ils firent éprouver des pertes énormes aux Allemands de Van Wittich, et la nuit seule put faire lâcher prise aux troupes du général Peytavin.
5,000 Allemands étaient tombés dans cette journée du 2 décembre, qui nous coûtait à nous près de 7,000 hommes tués, blessés ou prisonniers. Elle assurait k l'ennemi l'avantage inappréciable de rendre impossible notre mouvement offensif, et elle allait amener la reprise d'Orléans.
VILLEQUIER, village et commune de France (Seine-Inférieure), canton de Caudebec, arrondissement et à 16 kilom. d'Yvetot, sur lu Seine, qui y forme un port célèbre par plusieurs naufrages; 850 hab. Commerce de bestiaux. On y voit le château de La Martinière, remarquable par sa construction élégante et son agréable situation.
VILLEQUIER (Louis, duc d'Aumont, plus connu sous le nom de marquis de), diplomate français, né en 1667, mort en 1723. Il était l'un des quatre gentilshommes de la chambre du roi, lorsqu il fut chargé, en 1713, d'une ambassade extraordinaire auprès de la reine d'Angleterre, Le but de cette ambassade était la conclusion de la paix, vers laquelle inclinait la reine Anne, mais qui rencontrait des adversaires parmi les principaux seigneurs de sa cour. Ceux-ci ne trouvèrent rien de mieux, pour entraver la réalisation de ce projet, que de faire mettre le feu k l'hôtel de l'ambassadeur fiançais. Grâce à ses énergiques réclamations, ce dernier obtint satisfaction, et la reine, en le congédiant, lui fit présent de son portrait enrichi de diamants d'une valeur de 10,000 livres sterling. Le roi lui accorda, en outre, une gratification de 100,000 ecus pour le récompenser de l'habileté avec laquelle il avait rempli sa mission, qui eut un plein succès, car la paix fut conclue la même année entre les deux puissances,
V1LLEQU1N (Etienne), peintre et graveur français, né k Ferrières (Seine-et-Marne) en 1619, mort en 1688. On n'a pas beaucoup de détails sur sa vie; on sait seulement qu'il fut reçu k l'Académie de peinture en 1663 et que les nombreux procès qu'il eut k soutenir ne lui laissèrent guère de temps pour travailler. Aussi n'a-t-on de lui qu un petit nombre d'oeuvres, parmi lesquelles nous citerons : Jésus guérissant les aveugles de Jéricho, toile qui se trouve au musée du Louvre; Saint Jtoc/i et son chien, gravé par Jean Boulanger ; une Sainte Famille, gravée par Nicolas Pitau; Saint Paul devant Agrippa, mai offert en 1656 k la Vierge par la communauté des orfèvres de Paris. Villequin excellait dans le genre grotesque, et l'une de ses meilleures compositions en ce genre est le Petit bonhommej dont la gravure a été exécutée par J. Lepautre.
VILLËRAY (Pierre-François Coq de), littérateur français. V. Coq de Villeray. .
V1LLEBÉAL, bourg de Fiance (Lot-et- Garonne), chef-lieu de cant., arrond. et k 32 kilom. N. de Villeneuve-sur-Lot : pop. aggt., 1,069 hab. — pop. tôt., 1,642 hab. Fabrication de toiles de chanvre, liqueurs, tuilerie, teinturerie, fours k chaux. Commerce de chevaux, bétail, châtaignes, prunes et truffes. Ce bourg est assez bien bâti; les rues, régulières et propres, aboutissent k une petite place entourée d'arcades et bordée de belles maisons.
VILLEKET (Brun de), général français, né dans la Lozère en 1773, mort vers 1830. Il avait commencé k suivre la carrière du barreau; mais, après la journée du 18 fructidor, il y renonça pour entrer dans l'armée et fit la campagne de Hollande, pendant laquelle il devint aide de camp du général Soult. Il assista, k ses côtés, aux batailles d'Austerlitz, d'Ièna et de Friedland, fut promu chef de bataillon k celte dernière, fit, toujours sous les ordres de Soult, la campagne de Portugal en 1809 et fut chargé d'aller en rendre compte k l'empereur. Il passa de là en Allemagne, fut promu général de brigade k Dresde et reçut, peu après, le commandement de la place ue Torgau, qui était alors ravagée par une épidémie et que le général Tauenzien vint bombarder quelques jours plus laid, Villeret ne consentit k capituler que lorsqu'il fut réduit k la dernière extrémité; mais, au mépris de cette capitulation, il fut retenu prisonnier, ainsi que tous ses soldats. Après le traité de Paris, il devint secrétaire général du ministère de la guerre, refusa de reprendre du service pendant les Cent-Jours et, lors de la seconde Restauration, offrit chez lui un asile au maréchal Soult, qui était en butte aux poursuites de la réaction. Nommé, vers la fin de 1815, commandant des départements de l'Ardèche et de la Lozère, il fut, l'année suivante, élu député k la Chambre, où pendant plusieurs années il siégea au pre-
mier rang parmi les défenseurs des libertés constitutionnelles et des intérêts de l'armée. VILLERMAULES (Michel), missionnaire suisse, né vers 1667, mort en 1757. Il fit ses premières études chez les jésuites de Fribourg, suivit plus tard les cours de théologie du séminaire de Saint-Sulpice, k Paris, et devint directeur du séminaire de Saint-Charles, à Avignon. A la suited'un différend avec les jésuites, il demanda k être envoyé au Canada et y travailla pendant dix -huit ans à la conversion des Indiens. Après avoir ensuite passé trois ans k Rome, il revint k Paris, où il obtint une pension de la cour. Il est surtout connu par ses Anecdotes sur l'état de la religion dans la Chine (1733 et années suivantes, 7 vol. in- 12), dans lesquelles il attaqua vivement les jésuites. Vers la fin de sa vie, Villermaules, complètement livré aux jansénistes, avait changé de nom et ne se faisait plus appeler que Ville».
V1LLERMAY (Jean-Baptiste Louyer-), médecin français, né à Rennes en 1776, mort k Paris en 1838. Il fit ses études médicales dans sa ville nataleetdevintchirurgiendel"hôpital militaire. Ayant souvent occasion de donner des soins k clés militaires blessés, soit à Quiberon, soit dans la Vendée, il favorisa maintes fois leur évasion après les avoir guéris. Il fut arrêté pour ce fait et retenu longtemps en prison. Il fut remis en liberté; on pardonna, eu faveur des sentiments d'humanité, aux opinions politiques. Villermay vint à Paris en 1803 et y reçut le grade de docteur en médecine, après avoir soutenu, sur l'hypocondrie et l'hystérie, une dissertation qui fut considérée comme l'une des meilleures de l'époque. Louyer-Villermay tint depuis lors un rang honorable parmi les médecins de la capitale et devint membre de l'Académie et de la Société de médecine pratique. Son prin- cipal ouvrage est sa thèse inaugurale, qu'il amplifia, en deux volumes. I. a aussi fourni à divers recueils périodiques ou académiques et au Dictionnaire des sciences médicales des articles assez nombreux.
V1LLEKMÉ (Louis-René), médecin et statisticien français „né k Paris le 10 mai 1782, mort dans la même ville le 1C novembre 1863. Son père, ancien procureur au Ghâtelel, vivait retiré k Lardy, où le jeune Villenné reçut sa première éducation. Après avoir étudié ta médecine k Paris, il entra, en 1804, au service militaire et devint chirurgienmajor en 1814. Les événements politiques le ramenèrent k Paris, où il soutint sa thèse de doctorat et commença k exercer; mais il renonça bientôt k la pratique pour se livrer aux études vers lesquelles il se sentait entraîné. Une seule fuis, il reprit le service de la médecine militaire; ce fut en 1832, à l'époque du choléra.
A cette époque, Villermé, qui, depuis 1823, appartenait k i Académie de médecine,- fut élu membre de l'Académie des sciences morales et politiques. Des lors, il se consacra tout entier aux travaux de médecine scientifique , de statistique et d'économie, qui avaient dêjk valu k son nom une notoriété spéciale. Chargé, en 1837, par l'Académie des sciences inorales et politiques, de la mission d'étudier lasituation des classes pauvres, il parcourut les grandes villes et les principales localités industrielles, • examinant, comme il l'a dit lui-même, les effets de l'industrie sur ceux qu'elle emploie, interrogeant la misère sans l'humilier, observant l'inconduite sans l'irriter. • Les conclusions de ses observations et de ses travaux sont devenues ce qu'on peut appeler des vérités banales. Elles constituent l'inépuisable fonds où, depuis 1840, se sont munies toutes les thèses qui roulent sur le progrès physique et moral de la classe la plus nombreuse et la plus intéressante.
Les principaux ouvrages de ce philanthrope éclairé sont : Des prisons telles qu'elles sont et telles qu'elles devraient être (1820, in-8'), suivi, en 1829, du Mémoiresur la mortalité dans les prisons {iu-S°). On trouve dans ces .deux ouvrages l'exposé des réformes qui ont été réalisées depuis; Sur la distribution par mois des conceptions et des naissances (1829) ; Sur la distribution de la population française par sexe et par état civil (1834); De l'influence de la température sur ta mortalité des enfants nouveau - nés (1840); /{apport sur ta mortalité en France (1840), dans lequel est traitée la question de l'influence de 1 aisance ou de la misère sur la mortalité. 11 y est établi que la mortalité est en raison inverse de l'aisance; qu'elle est plus considérable au printemps que pendant les autres saisons; que le bas âge lui paye le plus fort tribut ; que les contrées marécageuses sont les plus malsaines, etc., propositions qui nous semblent aujourd'hui n'avoir jamais eu besoin de démonstration; Tableau de l'état physique et moral des' ouvriers dans les fabriques de coton, de laine et de soie (1840, 2 vol. in-S"), ouvrage qui eut pour résultat la promulgation de la loi sur le travail des enfants dans les manufactures ; » Des associations ouvrières (1848) , ouvrage faisant partie des Petits traités publiés par l'Académie des sciences sur la demande du général Cavaignac. C'est ce livre qui a formulé les moyens pratiques de réaliser l'assistance mutuelle entre les ouvriers, les employés, etc.; Des accidents produits dans les ateliers par les appareils mécaniques (1850) ;
Considérations sur les tables de mortalité (1853) ; un grand nombre de Mémoires, discours et rapports , etc. On remarqua , en 1849, un Mémoire, inséré dans les Annales d'hyijiène, sur les cités ouvrières, au succès desquelles Villermé ne croyait pus.
VILLERMÉ (I.ouis),publieisteetagronome, fils du précédent, né k Paris en 1819. En sortant du collège, il commença l'étude de la médecine, qu il abandonna bientfft pour s'occuper de questions économiques, de douanes; puis il s'adonna à l'agrieulture.'Pendant longtemps, M.Villennô a exploité une grande ferme, près d'Alençon, et il a fait partie du conseil général de l'Orne. Indépendamment d'articles insérés dans le Journal des économistes, il a publié le Droit au travail et le droit à l'assistance (1848); Coup d'ail historique sur le papier-monnaie (1850) ; les Douanes et la contrebande (1851, in-8»), ouvrage remarquable, dans lequel il attaque le système protecteur ; \ Agriculture française
V1LLERMOZ (Jacques-François), médecin français. V. Willkrmoz.
V1LLEROI (Nicolas DE NeufvilLE , seigneur de), homme d'Ktat français, né en 1542, mort en 1617. Issu d'une famille qui , depuis un demi-siècle, avait été pourvue d'emplois importants dans les finances, il épousa k dix-sept ans la fille de L'Aubespine, secrétaire d'Etat, et s'ouvrit ainsi un accès facile aux emplois publics. Dès 1560, Catherine de Médicis, dont il avait su gagner la bienveillance, l'employa à diverses négociations importantes; puis H succéda, ed 1567, à son beau-père dans la charge da secrétaire d'Etat et réussit à gagner les bonnes grâces du jeune roi Charles IX, qui l'admit au nombre de ses familiers. Ce tut à lui que ce prince dicta son traité de la Chasse royale et son Epiire à Ronsard. Il fut, en outre, chargé, en 1570, de régler les articles du contrat de mariage du roi avec Elisabeth d'Autriche, et, en 1573, de conclure la paix avec les protestants. Villaroi conserva sa charge sous Henri 111, malgré les attaques dont il fut l'objet de la part de plusieurs seigneurs de la cour, et surtout malgré l'accusation de complicité que lança contre lui l'aventurierSalcèda (1582), lors de la découverte du complot dont ce dernier était l'agent principal. Cependant, à la suite d'un différend avec le duc d'Epernon, alors tout-puissant , il fut destitué en 1588 et se jeta dans le parti de la Ligue, auquel il appartint jusqu'en 1594, époque à laquelle il rit sa soumission k Henri IV. Rétabli dans ses fonctions par ce prince, il prit une part importante aux principales négociations de Son règne; mais jaloux du mérite supérieur de Sully, il fut en continuel désaccord avec ce fidèle serviteur de Henri IV, et après la mort de ce prince, il réussit, grâce au crédit dont il jouissait auprès de Marie de Médicis, k amener la disgrâce du seul homme qui eût pu, par son énergie et l'inflexible sévérité de ses principes, préserver la France des agitations qu'y firent naître, pendant la minorité de Louis XIII, les intrigues des favoris de lu reine mère. Ecarté lui-même du pouvoir par l'influence du maréchal d Ancre, à l'élévation duquel il avait cependant contribué, il fut rétabli dans toutes ses charges par Louis XIII après la mort de son adversaire, mais n'en jouit que quelques mois. On a de lui des Mémoires d'Ktat servant d l'histoire de notre temps, depuis 1567 jusqu'en 1604 (Paris, 1622, in-4» et in-8° ; réimprimés avec la continuation jusqu'en 1620, Paris, 1634-1636, 4 vol. in-8°), qui ont été insérés dans les tomes LI et LU de l'ancienne Collection des mémoires relatifs à l'histoire de France; Lettres écrites au maréchal de Matignon de 1581 à 1596 (Moinélimar , 1749, in-12).
VILLEROI (Charles de Neufville, marquis de), dis du précèdent, né vers 1560, mort en 1642. Il porta, du vivait de son père, le titre de marqu'n d'Aiincotii-i, embrassa la carrière militaire et se mit au service de la Ligue. Nommé gouverneur do Pontoise, puis prévôt de Paris, il se rallia k la cause de Henri IV, qui le nomma gouverneur du Lyonnais et qui lui acheta la reddition de Pontoise et de quelques autres places moyennant 5û(i,000 francs, somme énorme pour l'époque, En 1600, il alla à Rome négocier le mariage du roi avec Marie de Médicis ; mais, après la mort de ce prince, il fut éloigné des affaires et ne prit qu'une part fort effacée à d'obscures intrigues de cour,
V1LLEIIOI (Nicolas de Neufville, marquis, puis duc de), maréchal de Fiance, fils au précédent, né en 1597, mort en 1685. Enfant d'honneur de Louis X1H, il lit ses premières armes en Piémont, sous les ordres de Lesdiguières, qu'il suivit, en 1621, aux. sièges do Saint-Jean-d'Angely etdeMontauban. Promu au grade de maréchal de camp en 1624, il assista successivement aux sièges de Montpellier et de La Rochelle, k l'affaire du Pas-de-Suseetkla bataille de Carignan, fut, de 1631 à 1635, gouverneur de Pignerol et de Casai, et revint ensuite en France, où on lé vit donner de nouvelles preuves de valeur aux sièges de Valence (1635) et de Dôle (1C3G). Après avoir de nouveau combattu eu Italie, au siège de Turin notamment (1640), il servit dans la Catalogne et dans la
Lorraine, puis, en 1646, il fut nommé gouverneur de Louis XIV et reçut le bâton de maréchal de France. La haine que lui portait Mazarin l'empêcha de jouer un rôle de quelque importance jusqu'à la mort de ce ministre. En 1661, il fut nommé chef du conseil des finances et,, deux ans plus tard , fut créé duc et pair.
VILLEROI (François de Neufvillb, duc de), maréchal de France, fils du précédent, né k Paris en 1644, mort dans la même ville en 1730- Elevé avec LouisXlV, il lui resta toujours cher. Cette circonstance explique l'aveuglement du monarque, mais sans l'excuser. Héros de toutes les frivolités de la vie de cour, des modes, des bals, des carrousels, Villeroi, doué d'une figure charmante et d'une grande élégance, avait été surnommé par les dames le Cbnrmani. S'il, se fût borné k ce rôle, bien des hontes et bien des malheurs eussentété épargnés àla France. Nommé colonel en 1664, il fit la campagne de Hongrie et fut blessé k la bataille de Saint-Gothard. De retour en France, Villeroi assista à la campagne de Flandre, coopéra à la prise de Dôle , puis servit sous les ordres de CondéetdeTurenne. Maréchal de camp en 1674, lieutenant général en 1677, il lit preuve d'une incontestable bravoure, notamment au siège de Besançon et k la bataille de Senef ; mais il manquait de talents militaires sérieux. Grâce à la faveur constante de Louis XIV, il fit partie de la promotion de sept maréchaux de France , qui eut lieu en 1693. Vaniteux et plein de confiance en lui-même, il désirait vivement commander en chef une armée. En 1695, il reçut la charge de capitaine des gardes, et peu après, k la mort de Luxembourg, il fut désigné pour le remplacer à la tête de l'année des Pays-Bas. Villeroi ne tarda pas à donner de désastreuses preuves de son incapacité. Bien que,' en 1695, il se fût laissé enlever Namur par Guillaume III et qu'il eût bombardé Bruxelles sans résultat, on ne lui en confia, pas moins le commandement eu chef de l'armée d'Italie lors de la guerre de la Succession ; il se fit alors battre à Chiari par le prince Eugène (1701) et surprendre dans Crémone par les impériaux ( 1702), qui cependant ne purent conserver la ville, mais emmenèrent le maréchal prisonnier. L'armée chansonna son général, et après l'armée la France entière répéta ce quatrain ironique :
Palsembleu ! la nouvelle est bonne
Et notre bonheur sans égal :
Nous' avons conservé Crémone
Et perdu notre général.
L'ennemi, qui connaissait son incapacité, lui rendit la liberté. Ou l'envoya dans les Pays- Bas, où il fut encore vaincu au combat de Vignaniont (1705), puis à la désastreuse bataille de Ramillies (1706J. Louis XIV accablé de tristesse se contenta de lui dire à son retour : « Monsieur le maréchal, on n'est plus heureux k notre âge. • Depuis cette journée si funeste à la France et qui mettait le comble k son humiliation, Villeroi cessa de paraître k la tête des armées. Mais le roi ne lui retira point sa faveur; il lui donna le gouvernement du Lyonnais, le nomma par son testament gouverneur de Louis XV et le mit k son lit de mort dans la confidence de tous ses secrets. Villeroi les vendit immédiatement au duc d'Orléans, qui eut ainsi connaissance du testament royal avant son ouverture, et récompensa le révélateur en l'appelant au conseil de régence et en lui donnunt la présidence du conseil des finances. Le maréchal affecta des craintes hypocrites pour la sûreté du jeune prince et offensa le régent par des soupçons vrais ou simulés. Par ses attentions et par ses flatteries, il s'attacha k capter la confiance du jeune Louis XV. Ce fut lui qui dit un jour à ce prince, en lui montrant la foule, ces paroles où se peint tout entier le plat courtisan : > Voyez, sire, ce inonde et ce peuple, tout cela est k vous, tout cela vous appartient, vous en êtes le maître. » Louis XV était sur le point d'être majeur, lorsque Villeroi s'étant opposé k co que le roi eût un entretien secret avec le régent, celui-ci le fit arrêter (13 août 1722) et l'exila à son château de Villeroi. Le maréchal reprit peu après son gouvernement de Lyon, où il étaia jusqu'à la lin de sa vie sa vanité pompeuse.
VILLEROI (Louis-Nicolas de Neufville , duc de), fils du précédent, né en 1663, mort en 1734. Colonel d'infanterie k; l'âge de vingt ans, il fit les campagnes de Flandre et d Italie, combattit k Luzzuna et à Ramillies, fut promu maréchal de camp en 1696, lieutenant général en 1702 , capitaine des gardes du corps en 1708" et obtint , en 1712 , la survivance de son père dans la charge de gouverneur du Lyonnais. — Son rils , Louis-François-Anne de Neufville, due de Villeroi, né en 1695, porta d'abord le titre de duc de Retz, devint, après la mort de son père, gouverneur du Lyonnais et capitaine des gardes du corps et mourut sans postérité,
VILLEROI (Gabriel-Louis de Neufvillb, marquis, puis duc de), neveu du précédent, né en 1731, mort en 1794. Il succéda à son oncle dans ses différents emplois et , arrêté comme suspect pendant la Terreur, périt sur l'échafaud. — Sa femme, Jeanne-Louise- Constance d'Aumont de Villequier, née
la même année que lui, lui survécut vingt deux ans. Elle eut, de son temps, une grande réputation d'originalité et fournit des articles piquants aux Actes des apôtres et au Petit-Gauthier, deux feuilles royalistes des premiers temps de la Révolution. On lui doit aussi une traduction de VSistoire de la Grèce de Gillies, Goldsmith et Gast, revue par Leuliette (Paris, 1808, 2 vol. in-8°).
VILLERS-BOCAGE, bourg de France (Calvados), ch. -1. de cant., arrond. et k 26 kilom. S.-O. de Caen ; pop. aggl., 617 hab. — pop. tôt., 1,147 hab. Commerce de chevaux, bestiaux, laine et volailles.
VILLERS - BOCAGE , bourg de France (Somme), ch.-L de cant., arrond et à 12 kilom. N. d'Amiens; pop. aggl., 1,268 hab. — pop. tôt., 1,290 hab. Fabrication de sucre; briqueteries.
VILLERS- BRETONISBUX, bourg et commune de France (Somme), cant. de Corbie, arrond. et à 16 kilom. E. d'Amiens ; 4,959 hab. Filature de laine, distillerie, bonneterie, teintureries, briqueteries.
Le 27 novembre 1870, ce village fut le centre d'une lutte acharnée entre l'armée du Nord, commandée par le général Faure, et l'armée prussienne, commandée par le général Gœben. V. Nord (armée du).
VILLERS-COTTERETS, ville de France, territoire de l'ancien Valois, bâtie dans une plaine élevée, k 70 kilom. S.-O. de Laon, ch.-l. de cant., arrond. et k 30 kilom. de Soissons; pop. âggl., 2,523 hab. — pop. tôt., 3,119 hab. Villers-Cotterets tire son nom de la forêt voisine, qui s'appelait autrefois forêt de Retz. Quelques historiens n'hésitent pas k faire remonter son origine au vie siècle; le hameau qui se serait formé k cette époque aurait d'abord porté le nom de Villers-Saint-Georges, qu'il aurait échangé dans la suite contre celui de Villers-CoI-de-Retz ou Queue-de-Retz, d'où par corruption Villers-Cotterets. Ce qui est certain, c'est que les séjours fréquents des rois de la troisième race dans ce village y attirèrent de bonne heure de3 habitants et le transformèrent peu à peu en ville. Ces princes y avaient fait bâtir un château appelé longtemps la Malmaison et que les invasions anglaises ruinèrent au x.ve siècle. H fut rebâti par François Ie' en 1530 et devint un des séjours favoris de ce prince. Henri II, François II et Catherine de Médicis y résidèrent également k plusieurs reprises. En 1544, Charles-Quint s'y arrêta lors de son expédition dans la Champagne, et Charles IX y conduisit ta jeune reine Elisabeth, sa femme, aussitôt après ses noces. Le château de Villers-Cotterets demeura résidence royale jusqu'au xvue siècle, époque où, k l'occasion du mariage de Monsieur, frère de Louis XIV, avec Madame Henriette d'Angleterre, il fit partie des apanages de la maison d'Orléans. Cette maison ne cessa d'en être propriétaire qu'ala Révolution. 11 tombait presque en ruine en 1750, quand le due d'Orléans affecta uns somme de 2 millions a sa restauration. Il fit en outre construire clans le bourg l'hôtel de la Vénerie et élever les murs du grand parc. C'est au château de Villers-Cotterets que s'accomplit, suivant Soulavie, le mariage morganatique du même prince, père de Philippe- Egalité et grand-père du roi Louis-Philippe, avec M'ne de Montesson. Le bâtiment, presque aussi grand k lui seul que toute la ville (comme T'a dit spirituellement Alex. Dumas), est devenu un dépôt de mendicité et un asile de refuge. Il peut loger environ huit cents pensionnaires. Comme architecture, il n'offre rien d'intéressant, si ce n'est toutefois un coin de l'ancienne chapelle, qui appartenait, autant qu'on en peut juger par la date de la fondation de l'édifice, k l'époque la plus belle de la Renaissance. «Le père et le fils (François 1er et Henri II) ont, dit Alex. Dumas dans ses Mémoires, apposé chacun son cacnét sur le château de Villers- Cotterets. Le premier y a sculpté des salamandres, le second son chiffre et celui de sa femme Katherine de Médicis, Les deux chiffres, qui se composent de la lettre K et de la lettre H, sont renfermés dans les trois croissants de Diane de Poitiers ; étrange réu-nion des chiffres des époux et des armes de la maîtresse, et qui est encore visible aujourd'hui k l'angle de la prison donnant sur la petite rue qui conduit k l'abreuvoir. » Avant la Révolution, Villers-Cotterets possédait une maison religieuse, connue sous le nom de communauté de Saint- Remy-Saint-Georges, dont les revenus s'élevaient k environ 20,240 livres. Cette ville possédait de plus un bailliage, une maîtrise et une capitainerie des chasses, un hôpital tenu par quatre sœurs de Saint-Lazare, un petit collège, deux écoles et une fondation de 200 livres, faite par un sieur Lefranc pour l'instruction des enfants pauvres. Villers-Cotterets était de plus la siège de la corporation des ménétriers, au nombre de six membres, dont le chef, nommé par le duc de Valois, prenait le titre de « lieutenant général des violons du duché de Valois » et avait droit d'inspection sur tous les ménétriers des six châtellenies de ce duché. A peu de distance de la. ville, au centre de la forêt de Villers-Cotterets, se trouve une butte conique, portant aujourd'hui le nom de Bellevue, que la légende locale prétend
avoir été autrefois fréquentée par des fées qui y rendaient des oracles, d'où le nom do mont aux Fées que celte butte porta primitivement. C'est l'un des points les plus élevés du département de l'Aisne; son sommet s'élève à 255 mètres au-dessus de l'Océan, et on l'aperçoit très-distinctement de- Laon par un temps clair. La forêt de Villers-Cotterets en enclôt le territoire au nord, k l'est et au midi, affectant la forme d'un V, dont la pointe seraitk l'est. Indépendamment du mont aux Fées, on y remarque encore le Rond de Chartres et lé Rond d'Orléans, anciens rendez-vous de chasse au dernier siècle.
Son château mis h part, Villers-Cotterets ne présente aucun monument digne, de remarque. Son église, construite au xti« siècle, restaurée et reconstruite en partie au xvie, ne mérite qu'une mention. Elle possède encore d'assez belles boiseries de cette dernière époque. Lors des événements de 1815, Villers-Cotterets fut en partie le théâtre d'un des derniers épisodes militaires qui signalèrent la chute de l'Empire. Nous emprunterons, en terminant, le récit de cet épisode k l'illustre auteur de lu Campagne de 1815, M. le colonel Charras : • Le 27 juin, le maréchal Grouchy, en retraite devant les Prussiens, était arrivé fort tard à Villers - Cotterets. Avant la pointe du jour, le 28, il leva ses bivouacsetse dirigea pur Nanteuil sur Daminartin. Son extrême arrière-garda était encore k Villers-Cotterets, quand Pirch l'attaqua et l'en chassa. On avait si mal éclairé le pays, que ce général venait d'enlever, tout près de la ville, une batterie d'artillerie légère. Son attaque était una véritable surprise. Au bruit du combat, Grouchy revint au galop et fit soutenir son arrière-garde. Pirch s'était déployé, la gauche au château, la droite k Longpré. La canonnade s'ouvrit, et il essayait en vain de déboucher de Villers-Cotterets, lorsque s'a gauche fut subitement prise k dos. Eu exécutant l'ordre qui lui avait été donné la veille de se porter sur la Ferté-Milon, Vandamme avait porté sa droite sur la chaussée de Soissons k Villers-Cotterets, et c'était lui qui attaquait les Prussiens. Une division d'infanterie uborda la ville, pendant qu'une brigade de cavalerie la tour- . i.ait. Les Prussiens furent culbutés et rejetés sur Bonneuil, où ils s'engagèrent sur là route de Compiègne k Crespy. Après ce coup de vigueur, Grouchy continua sa retraite vers Nanteuil et Dammartin. • Villers-Cotterets a vu naître Pierre Gosset, abbé de Pré-. montré en 1613; Demoustier, auteur des Lettres sur la mythologie; Otto, diplomate; enfin le romancier fécond et- universellement connu, Alexandre Dumas.
VILLERS-FARLAY, bourg de France (Jura), ch.-l. de cant., arrond. et k 14 kilom. N. de Poligny, sur la rive gauche delà Loue; pop. aggl., 750 hab. — pop. tôt., 754 hab. Fromageries, commerce de bétail. Dans l'église paroissiale, on admire les boiseries de la chaire k prêcher et des troi3 tabernacles.
V1LLERS-GCISLAIN, bourg et commune de France (Nord), cant. de Marcoing, arrond. etk 18 kilom. S.-O. de Cambrai ; pop. aggl. 2,13Q hab. — pop. tôt. 2,140 hab. Tissage de~ coton, brasseries. On y remarque un vaste souterrain-refuge composé de plusieurs rues et aboutissant k une place.
VlLLERS-OUTllÉAU, bourg et commune de France (Nord), cant. de Clary, arrond. et a 18 kilom. S.-E. de Cambrai: pop. aggl., 2,948 hab. — pop. tôt., 2,977 hab. Moulins h farine; fabrication de tissus de coton. L'église paroissiale est une construction du xvie siècle, qui mérite d'être mentionnée.
VILLERS (Philippe de), jurisconsulte français, né k Dijon vers 1545, aubrt en 1622. Avocat au parlement de Bourgogne, il eut la réputation d'uu des jurisconsultes les plus savants de sou siècle et devint doyen de sa compagnie. 11 laissa en manuscrit un commentaire très-étendu sur les Instituées de Justinien, duquel on a tiré le Traité des mainmortes, qui fait partie de la Coutume de Bourgogne (Dijon, 1652). Bouhier a extrait du même manuscrit les articles concernant les usages de Bourgogne et les a insérés dans sa Coutume générale du duché de Bourgogne (1717, in-40J.
VILLERS (Gervais-Augustin de), médecin Bamand, né k Hui,cW»sla proviuce.de Liège, en 1701, mort à Louvaiu en 1759. 11 fit ses études médicales k Louvain et fut reçu k la licence le 14 octobre 1725. Il alla se fixer ensuite k Liège, où il pratiqua l'art de guérir pendant deux années. Au bout de ce temps, il fut rappelé k Louvain pour y remplir la chaire d'institutes de médecine, dans laquelle il fut installé le 7 juillet 1727. Il n'était pas encore docteur, et il ne prit même ce titre qu'en 1733. En 1740, il fut chargé d'occuper la chaire de langue française do l'université, et, en 1742, on' lui confia celle qui venait d'être créée pour l'étude des eaux minérales. 11 passa, en 1744, a la première chaire de médecine et mourut k la suite d'une chute de cheval, k l'âge de cinquante-trois ans, laissant les ouvrages suivants : Instilulionum medicarum libriduo,compleclentes physiologiamet hygieiiem(Louvunt, 1736, in-4f); Analyse des eaux minérales de Murimont, I enHainaut (Louvain, 1741, ia-'ïj; Disser-
tatio mediea de htemorrhoidibus (Louvain, 1748, in-12).
VILLERS (François-Toussaint), conventionnel, né k Rennes en 1749, mort à Nantes en 1807. Il était curé de Grandlieu, près de Nantes, lorsque la Révolution éclata. Avant adopté avec chaleur les principes de liberté, il fut nommé en 1790 administrateur du département et, l'année suivante, député à la Convention, où il se prononça pour la mort de Louis XVI, sans appel au peuple ni sursis. Il remplit ensuite une mission à Brest et à Lorient. Après le 9 thermidor, il passa au conseil des Cinq-Cents, à la suite de la session conventionnelle, et y défendit constamment' les institutions républicaines. C'est sur sa proposition que le traitement des membres de l'Institut fut fixé à 1,500 francs. Du 18 brumaire jusqu'à sa mort, il remplit, à Nantes, les fonctions de directeur des domaines.
VILLERS (Charles - François - Dominique de), littérateur, né à Boulay (Moselle) en 1767, mort à Gœttingue en 1815. 11 fit ses études chez les bénédictins de Metz, entra duns l'artillerie, où il devint officier, et écrivit au commencement de la Révolution des pamphlets contre la suppression des couvents et contre le serment civique. En 1792, il émigra, servit quelques mois dans l'armée des princes et passa a Gœttingue en 1792, où il se lia avec les principaux, savants de l'Allemagne et, plus tard, avec M""i de Staël, à«qui il fut très-utile dans ses études sur la littérature germanique. Il contribua lui-même beaucoup à faire connaître en France les œuvres des grands génies d'outre- Rhin. Mais sa sympathie pour l'Allemagne ne se bornait pas à la littérature; soit à Lubeck, où il séjourna plusieurs années, soit a Gcettingue, où il occupa la chaire de littérature française, il défendit constamment les intérêts de ces pays contre ceux de sa propre patrie. Lors de la réunion des villes hanséulioues k la France, il publia un pamphlet si audacieux contre cette mesure, que le maréchal Davout le fit arrêter et conduire à Cassel (1811). Villers fut puni de ses excès de zèle antifrançais. Loin d'être récompensé par l'étranger qu'il défendait si bien (i8U), il se vit enlever sa chaire par le souverain restauré de Hanovre. Son principal ouvrage a pour litre : Essai sur l'esprit et l'influence de la réformation de Luther (1804, in-8°), en réponse à une question proposée par l'Institut, qui le couronna. Ce livre a été traduit ■ en plusieurs langues. L'auteur y attribue à la réforma tion de Luther l'accroissement des lumières, l'amélioration de l'instruction publique, le progrès des sciences morales et l'introduction d'un nouveau système de droit public eu Europe. On doit encore a Charles Villers : Philosophie de Kant ou Principes fondamentaux de la philosophie transcendantale (1801, 2 vol. in-8°), exposé de la théorie du philosophe de Kœnigsberg, qu'il représente comme le législateur du monde intellectuel moderne.
VILLERS (Martin de), homme politique et publiciste français, né à Neufehâtel -en - Bray vers la fin du siècle dernier, mort en 1855. Elu, vers 1840, à la Chambre des députés, il lit partie, en 1849, de l'Assemblée législative et devint, eu outre, à la même époque, membre du conseil général de la Seine- Inférieure. Aimant beaucoup les arts, la musique en particulier, il' fonda eu 1833, à Rouen, une société philharmonique, dont il fut le président. Il était aussi membre de l'Académie des sciences de la même ville. Nous citerons, parmi ses écrits : Des associations intellectuelles , depuis l'antiquité jusqu'à nos .jours (1838); Notice sur la Société philharmonique de Rouen (1844); Dissertation sur l'enseignement de la musique suivant la méthode Chevé-ôalin-Paris (1849-1850); Sur les encouragements à accorder aux artistes nés en Normandie (1854-1855), etc.
VILLERSEXEL, bourg de France (Haute- Saône), ch.-l. de cant., urrond. et a 18 kilom. S. de Lure, sur la rive gauche de 10gnon ; pop. aggl., 914 hab. — pop. tôt., 1,139 hab. Tanneries, usines à fer. Beau cliûte.au du xvu° siècle, entouré d'un vaste parc.
Villervexel (bataillb de), gagnée par les Français sur les Prussiens le 9 janvier 1871. Lorsque la campagne de l'Est eut été décidée par la délégation de Tours, le général Bouibuki reçut le commandement de l'armée destinée à agir dans ce but. L'armée de l'Est fut composée de quatre corps, le 15e, [e ise, le 20e et le 24»; elle comprenait en outre la division Cremer, forte de 15,000 hommes, et une réserve spéciale de 8 a 9,000 hommes, formés avec quelques bataillons d'élite, et qui avait pour chef le capitaine de vaisseau Pallu de La Barrière. Toutes ces troupes représentaient un effectif d'environ 140,000 hommes avec 400 bouches à feu. Quant au général Garibaldi, il était toujours à Dijon. Au reste, toutes ces forces n'allaient pas prendre part à la bataille; Bourbaki ne se porta en avant qu'avec trois corps et la réserve, „ environ 80,000 hommes. Le général prussien de Werder pouvait leur opposer à peu près 35,000 combattants, mais établis dans des positions formidables qu'il fallait emporter, uien vêtus, bien nourris, n'ayant pas souffert et pouvant facilement supporter les rigueurs
d'une saison exceptionnelle. Les soldats de Bourbaki, au contraire, se composaient en majeure partie de recrues et de mobiles, armés et équipés à la hâte, couverts d'étoffes sans consistance et tombant déjà en lambeaux, chaussés de souliers à semelles de carton. C'est dans ce piteux état que nos malheureux soldats devaient marcher à travers les boues et les neiges glacées, et coucher dans des bâtiments aux fenêtres sans vitres, sur des bottes de paille et sans couvertures. C'étaient bien les misérables soldats, pieds nus, sans pain, de Béranger. Le Times disait des infâmes spéculateurs à qui incombait la responsabilité de ce dénûment inouï : « Il n'y aura jamais de potence assez haute pour pendre ces fournisseurs. «
Le but de la campagne étant de débloquer Belfort, il fallait d'abord disperser l'armée de Werder, qui couvrait l'armée assiégeante commandée par le général Tresko'w. En conséquence, Bourbaki se porta sur Vesoul, position dont Werder avait fait sa base d'opérations. Le général prussien avait échelonné.ses troupes de Vesoul à Villersexel, occupant tous les points favorables à une bataille défensive. Toutes les hauteurs étaient garnies de grosse artillerie ; quant aux villages, très-rapprochés dans cette riche contrée, ils étaient barricadés et les maisons crénelées. Ce n'était donc pas une bataille ordinaire que Bourbaki allait livrer, c'était une suite de positions fortement retranchées à enlever d'assaut.
Dès que Bourbaki eut arrêté son plan, que la délégation de Tours accepta, bien qu'elle ne l'approuvât pas complètement, il donna l'ordre au 18° et au 20° corps de marcher de Dampierre et d'Auxonne sur l'Ognon, pour franchir cette rivière à Pesmes et au-dessus. Mais les ponts avaient été détruits par l'ennemi lors de sa retraite de Dijon et de G'ray, et le 20e corps dut remonter jusqu'à Voray pour trouver un passage. Quant au 18e corps, le général Billot, qui le commandait, mit à profit le froid excessif qui régnait alors et qui avait gelé fortement la rivière. L'infanterie passa sur la glace, et l'artillerie ainsi que la cavalerie sur un pont de bateaux. Cette opération, peu commune dans les annalesde la guerre, fut terminée le 4 janvier. L'armée s'avança ensuite, le 18e et le 20" corps par la rive droite, le 24" corps, venu de Besançon, par la rive gauche, menaçant directement la position d'Esprels et de Villersexel. Le 8, un engagement partiel eut lieu entre nos troupes et celles de l'ennemi à Valleroy, petit village situé entre Vesoul et Villersexel. Les Allemands s'attribuèrent l'avantage; mais comme ils devaient réclamer pour eux le même bénéfice pour la journée du lendemain, on sait à quoi s'en tenir sur leurs affirmations.
Le lendemain 9 janvier, la véritable bat'ille commença, s'étendant de Cubry aux Magny, à Moimay et k Marast; il était enviion neuf heures du malin. Les canons de l'ennemi couvraient les hauteurs de la rive droite de l'Ognon ; les nôtres garnissaient les collines de la rive gauche. Les plus fortes positions à enlever étaient celles d'Esprels et de Villersexel, surtout cette dernière; aussi de Werder y avait-il accumulé la masse principale de ses forces avec une quinzaine de batteries. La lutte fut des plus acharnées et se prolongea jusqu'à sept heures du soir. L'ennemi, bien ubrité, bien à couvert, se défendait facilement, tandis que nos soldats, mal vêtus, ayant k peine mangé le matin, avaient à enlever des positions formidables. Ils se battirent néanmoins avec un admirable courage. Il y avait de la neige partout, mais la température était supportable, et cet allégement relatif semblait redoubler leur entrain. Seul, un bataillon de Corses se débanda, laissant tuer son commandant, le iieutenant-colonel Parent. Mais Bourbaki était sur le champ de bataille; il accourut aussitôt l'épée k la mamet rendit aux troupes leur élan. Dans toute cette journée, le général en chef déploya la plus grande bravoure, impassible au feu et donnant confiance aux soldats par son air calme et résolu. On ne saurait sans injustice lui refuser un grand courage personnel. L'ennemi, de son côté, se détendait avec opiniâtreté ; il fallut lui arracher toutes ses positions pied à pied, ce qui n'empêchait pas nos soldats de chanter en marchant à l'assaut. C'est surtout k Villersexel, qui servait aux Prussiens de clef de communication avec Montbéliard, que furent déployés de part et d'autre les. plus grands étions. Ce bourg fut plusieurs fois pris et repris; à la nuit tombante, les Allemands occupaient encore la magnifique résidence du marquis de Grainmont, château célèbre dans le paj'S pour ses 365 fenêtres, uutant qu'il y a de jours dans l'année; ils durent enfin l'abandonner devant l'élan irrésistible de nos jeunes soldats ; d'ailleurs, il était tout en flammes. L'ennemi, chassé de toutes ses positions, dut se replier en désordre dans la direction de Montbéliard, tandis que notre année couchait sur ses positions conquises. Mais comme les Allemands ont le privilège de voir tout en beau, une dépêche adressée le 11 janvier de Versailles à Berlin annonçait que Werder, < après avoir repoussé le 9, k Villersexel, l'ennemi qui voulait l'arrêter, avait continué le 10 son mouvement sans autre combat, i Voici un témoignage moins intéressé, et par consé-
quent plus impartial ; il émane d'un rédacteur de la Revue suisse, présent à l'action ^ ■ Les personnes qui ont vu passer ensuite les colonnes prussiennes marchant ensemble, mais en désordre et tous les corps mélangés, savent à quoi s'en tenir sur ce point. » Il est vrai que le même écrivain fait remarquer que, quoique battu, de Werder avait réussi à conduire au général Treskow un secours dont celui-ci avait grand besoin. Sans doute, mais il n'en reste pas moins constant
?ue, le 9, les Prussiens ont essuyé une déaite indiscutable.
Maintenant, pourquoi Bourbaki laissa-t-il l'ennemi s'échapper si facilement? Pourquoi perdit-il toute la journée du lendemain à fouiller les villages environnants pour en déloger les derniers Allemands? C'est ce qu'il est difficile d'expliquer. Faut-il voir là une nouvelle trace de cette indécision fatale qui annula son courage et ses talents militaires pendant toute cette campagne? Crut-il indispensable de laisser un peu de repos à sa jeune armée après cette lutte acharnée?
C;est une question que nous ne saurions décider ici, que des hommes plus compétents n'oseraient même décider à distance.
Quoi qu'il en soit, cette victoire de Villersexel semblait faire briller de nouveau l'étoile de la France ; on se prit à espérer encore dans un retour de fortune; malheureusement, ce ne devait être qu'une halte dans nos revers.
VILLERVILLE, village de France (Calvados), situé à 4 kilom. de Trouville, sur une falaise coupée k pic vers la mer et assise sur des bancs de glaise offrant une faible résistance à la furie des vagues; 815 hab.
Villerville n'a guère d'importance que comme station de bains, et encore cette importance n'est que secondaire, puisque Trouville est sa voisine. Ou ne peut se baigner à Villerville qu'à mer pleine, inconvénient qui signale plusieurs petites stations du littoral, notamment Yport. Les baraques de bains s'alignent sur une terrasse, au-dessous de laquelle on trouve d'abord des galets, puis du sable et des varechs.
VILLESTREUX (Pierre Perrée de La) , marin fiançais, mort dans les premières années du xvin» siècle. Il apartenait à une ancienne famille malouine, qui, depuis le commencement du xve siècle, avait produit plusieurs hommes de mer renommés par leur intrépidité. Nommé en 1694, par le duc de Chaulnes, commandant du fort de la Conchée, à Saint-Malo, il devint plus tard capitaine général des galères du roi d'Espagne, puis chef d'escadre au service du même prince, et prit aux Anglais, en 1705, plusieurs vaisseaux qui revenaient des Indes chargés d'or. Cet or servit à solder les troupes de Louis XIV et de Philippe V. — Le fils de Pierre Perrée fut aussi capitaine de vaisseau au service du roi d'Espagne et devint plus tard directeur général de la Compagnie des Indes à Pondichéry.
VILLETARD (Côme-Joseph), littérateur français, né à Auxerre en 1771, mort à Gharenlon en 1826. Il n'est connu que par sas ouvrages, dont les titres suivent : la Conjuration des Pazzi, tragédie imitée d'Alheri (1798, in-so); Constantin et la primitive Eglise (1806) ; le Quatrième siècle ou Hercule Maximien (1806); Phocion (1798), tragédie en cinq actes ; les Culottes de saint Griffun (1803), nouvelle imitée de Casti; Esquisses morales et littéraires, traduites de Washington Irving (Paris, 1822, 2 vol. in-S°).
VILLETARD DE PRUNIERES (Charles- Edouard), journaliste et littérateur, né à Paris en 1S28. Il est petit-tHs de A. Villetard, qui fut député suppléant de l'Yonne à la Convention, membre du conseil des Cinq-Cents (1796), prit part au coup d'Etat du 18 brumaire, puis devint membre du Sénat et vota, en 1814, la déchéance de Napoléon 1er.
M. Edouard Villetard fut admis en 1849 à l'Ecole normale supérieure. Après avoir été professeur de seconde à La Rochelle de 1852 à 1855, il obtint un congé, qui devint bientôt illimité, revint à Paris et donna, à partir de 1856, des articles dans la Revue contemporaine et la Revue européenne. Le 30 septembre 1859, il lit jouer k l'Odéon le Testament de César Girodot, pièce qu'il avait écrite en collaboration avec M. Adolphe Belot et dont le succès fut très-grand. Néanmoins, il ne persévéra pas dans cette voie et continua ù s'occuper de littérature et de politique. Sous le litre de Réflexions et menus propos d'un flâneur parisien, il donna, en 1860, une série de causeries k l' Opinion nationale, puis entra à la rédaction du Courrier du dimanche, dont il fut le rédacteur en chef de 1862 à 1866. Ce journal, d'opposition libérale, ayant été supprimé en 1866, M. Villetard passa au Journal des Débats et fut pendant plusieurs années attacha à cette feuille. Il devint ensuite rédacteur du Soir, journal qui défendit le gouvernement du 4 septembre, puis soutint les idées politiques de M. Thiers sur la nécessité de fonder une République conservatrice. Le 1er octobre 1873, le Soir ayant été acheté par le parti orléaniste, la rédaction du journal Se retira. M. Villetard, à peu près seul, consentit à y rester, en devint le rédacteur en chef et, à partir de ce moment, se constitua le défenseur de l'odieuse politique du gouvernement de combat
et des divers ministères qui continuèrent à faire de la réaction à outrance.
V1LLETERQUE (Alexandre-Louis de), littérateur et moraliste français, né à Ligny en 1759, mort en 1811. Officier avant la Révolution, il quitta le service en 17S9 et ne s'occupa plus dès lors que de travaux littéraires. Il fut l'un des principaux collaborateurs du Journal des arts et du Journal de Paris, et, lors de la fondation de l'Institut, il devint membre correspondant de la classe des sciences morales. C'est, du reste, à la morale que se rapportent la plupart de ses écrits. Il combat les théories de J.-J. Rousseau et de Bernardin de Saint-Pierre, et soutient que le bonheur se trouve dans l'accomplissement des devoirs, fondés sur le véritable amour de soi, bien différent de l'aveugle intérêt personnel. On a de lui : Quelques doutes sur la théorie des marées par les glaces polaires ou Lettres à B.-B. de Saint- Pierre (1793, in-8») ; Veillées philosophiques ou Essais sur la morale expérimentale et la physique systématique (1795, 2 vol. in-8°); Lettres athéniennes, traduites de l'anglais (1803, 3 vol. in-80, figures).
VILLETHIERHI (Girard de), théologien.