‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 731 sur 1042 · V. Girard · texte numérisé non relu

V. Girard

VILLËTTE s. f. (vi-lè-te — dimin. do ville). Petite ville : Port-Maurice et Saint- Rémi sont deux villettes très - agréables. (A. Jal.)

V1LLETTE (la), quartier du nouveau Paris, compris dans le XIXe arrondissement et formant, avant 1860, une commune suburbaine de l'arrondissement de Saint-Denis. Là se trouvent de nombreuses et importantes usines, des ateliers de brosserie, de bijouterie, etc., et le bassin qui reçoit les eaux du fameux canal de l'Ourcq et alimente le canal Saint-Martin. C'est à La Ville t te qu'ont été transportés les marchés aux bestiaux de Poissy et de Sceaux.

VILLËTTE (François), opticien français, né a Lyon en 1621, mort en 1698. Il acquit une habileté, fort rare pour son époque, dans la fabrication des instruments de physique et obtint une 'pension de sa ville natale. Ce qu'il a fait de plus remarquable, ce sont deux miroirs ardents, les plus grands que l'on eût vus jusqu'alors, l'un de 34 et l'autre de 44 pouces de diamètre. Le premier, dont la description se trouve dans te Journal des savants (mars 1666), fut acheté par Louis XIV, qui le fit placer à' l'Observatoire de Paris ; l'autre devint la propriété de l'électeur de Hesse.

VILLËTTE (Charles, marquis de), littérateur et conventionnel, né à Paris en 1736, mort le 9 juillet 1793. Fils d'un trésorier des guerres, qui lui laissa 40,000 écus de rente, avec une terre érigée en marquisat, il commença par embrasser la carrière militaire, lit quelques campagnes do la guerre de Sept ans, se retira du service à la paix de 1763, avec le grade de maréchal général de la cavalerie, et se lança dans le monde, où sa fortune, un physique agréable, un caractère enjoué , un esprit frondeur lui procurèrent de rapides succès. Poète à madrigaux, querelleur, débauché au point de scandaliser les plus énontès, il n'en fallut pas davantage pour faire de lui un homme tout à fait k la mode. Sur la recommandation de sa mère, amie intime de Voltaire, il se présenta à Ferney en 1765. Le patriarche le reçut avec affabilité, trouva de l'esprit dsns ses vers, le proclama, pour l'encourager, le Tibuiio rrunfaia, mais lui reprocha sévèrement l'irrégularité de sa conduite. En 1777, il lui fit épouser une excellente personue, M'1* de Varicourt, et, l'année suivante, dans son dernier voyage à Paris, il descendit dans son hôtel. Le marquis, dont l'admiration pour Voltaire était une véritable idolâtrie, se fit son chambellan et se montra toujours aux côtés du grand homme, au milieu des ovations qui l'accueillaie'nt à son retour dans la capitale: C'est alors que courut cette épigramme :

Petit Villette, c'est en vain Que vous prétendez a la gloire:

Vous ne serez jamais qu'un naia Qui montre un géant à la foire.

Après la mort de Voltaire, il fit embaumer son cœur et le transporta k Ferney, dans une urne de marbre portant cette inscription :

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