VINT
l'ennemi. Lors de l'organisation des forces de la défense en trois armées, au commencement du mois de novembre, le général Vinoy prit le commandement du 1er corps de la deuxième armée, et quelques jours plus tard fut nommé commandant en chef de la troisième armée, chargée d'opérer sur le front sud-est de Paris. Le 29 novembre, il s'empara de la Gare-aux-Bœufs et de Port-à-1'Anglais, et le lendemain, pendant que le général Ducrot livrait la bataille de Champigny, il attaquait l'ennemi à Montraesly et Créteil. Ces opérations restèrent sans résultat et l'armée rentra dans ses lignes. Le 15 décembre, le général Vinoy fut promu par le général Trochu grand-croix de la Légion d honneur. Dans la sortie du 21 décembre, il prit Neuilly-sur-Marne, La Ville-Evrard et LaMaison-Bianche ; mais il dut abandonner bientôt • ces positions. Enfin, le 19 janvier 1871, il dirigea les opérations des troupes qui s'emparèrent de Montretout. Cependant l'heure de la capitulation approchait. Le général Trochu, qui avait déclaré que ■ le gouverneur de Paris ne capitulerait pas, » se démit de ses fonctions le 22 janvier, et le général Vinoy le remplaça en qualité de commandant en chef de 1 armée de Paris. Ce dernier adressa à la population, le 24, une proclamation dans laquelle il déclara que le moment critique était arrivé, qu'il ne fallait plus se faire d'illusions, qu'il était soldat et qu'il ne reculerait pas devant les dangers du commandement dans une semblable circonstance. En même temps, un décret du gouvernement supprima les clubs et interdit la publication du Réveil de Delescluze et du Combat de Félix Pyat. Après la capitulation (28 janvier), le général Vinoy resta dans Paris a la tête de 12,000 hommes de troupes. Le 8 février suivant, il posa sa candidature à l'Assemblée nationale dans la Seine , mais n'obtint que 54,000 voix. Après la réunion de l'Assemblée à Bordeaux, il fut nommé commandant en chef de toutes les forces de Paris, puis remplacé, mais à la tête de la garde nationale seulement, par le général d'Aurelle de Paladines. Le 12 mars, il suspendit six journaux : le Vengeur, le Cri du peuple, le Mot d'ordre, le Père Duchène, la Caricature, la Bouche de fer. Chargé dix jours plus tard d'enlever les canons de Montmartre, il échoua dans cette entreprise, qui fut mal exécutée et provoqua le mouvement insurrectionnel du 18 mars. Peu après, il dut avec ses troupes se replier sur Versailles pour protéger l'Assemblée nationale contre une attaque des fédérés et fit occuper ie Mont-Valérien par le 119« de ligne. La Commune ayant ordonné le 3 avril aux fédérés parisiens de marcher sur Versailles, le général Vinoy se porta vers Clamait, où il arrêta brusquement la colonne commandée par Duval, fit ce dernier prisonnier et ordonna de le fusiller immédiatement. Cette exécution sommaire produisit à Paris une vive impression et provoqua la loi sur les otages que vota la Commune. Lorsque le maréchal Mac-Mabon eut reçu le commandement en chef de l'armée de Versailles, le général Vinoy prit celui de l'armée de réserve, entra à Paris le 23 mai et prit possession du quartier du Louvre, au moment où une partie du palais et les Tuileries étaient la proie des flammes. Nommé à cette époque-grand chancelier de la Légion d'honneur il prit au commencement de juin 1871 l'initiative d'une souscription destinée à lu reconstruction du palais de la Légion d'honneur, qui venait d'être incendié, et à laquelle les légionnaires seuls devaient prendre part. Le 2 juillet suivant, il se porta candidat à la uéputation dans l'Isère, déclarant qu'il n'était point un homme de parti; mais il ne fut point élu. On lui doit: Opérations de l'armée pendant le siège de Paris (1872, in-8°) ; l'Armistice et la Commune (1872, in-go); l'Armée française en 1873 (1873, iu-8«).
VIN-PIERRE s. m. Tartre de vin, dans quelques localités.
V1NSON (l'abbé Pierre), pamphlétaire français, né à Angoulème en 1763, mort à Paris en 1820. Entré dans les ordres et nommé vicaire de l'église Sainte-Opportune, à Poitiers, il refusa, à l'époque de la Révolution, de prêter le serment civique et se réfugia à Londres, où il publia successivement contre la République et l'Empire des pamphlets d'une extrême violence, mais fort mal écrits. On cite, entre autres, une Ode sur te couronnement du sieur Bonaparte (1804). Rentré en France à la suite des Bourbons, qui l'accueillirent froidement, il Ht paraître en 1816 une brochure intitulée : le Concordat expliqué au roi suivant la doctrine de l'Eglise, attaque intempestive contre une partie du clergé et les acquéreurs de biens nationaux. Trauuit devant la police correctionnelle et condamné k trois mois de prison, il se sauva en Angleterre. Cet enfant perdu de la légitimité, repoussé par son parti, revint quatre ans après à Paris, où il mourut dans un état voisin de l'indigence.
VINTEM s. m. (vain-tèmm). Métrol. Ancienne monnaie de Portugal, qui valait 20 reis ou 0 fr. il.
VINTIMIGLIA (Joseph Belmonte, prince de), homme politique italien, né à Palerme en 1767, mort eu 1814. Après avoir terminé ses études, il se rendit en France et s'y inaria. De retour à Païenne, il se mêla aux af-