‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 750 sur 1042 · VIRA · texte numérisé non relu

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vers la fin de l'été , pour chauffer les fours, pour obtenir da la potasse, ou même pour augmenter la masse des litières et des engrais.

La vipérine de Crète, appelée aussi vipérine rouge, est une plante annuelle, à peu près de la taille de la précédente, à fleurs nombreuses , d'abord rouges, puis violacées .paraissant en juillet et août. Originaire de l'Orient, elle peut être cultivée en plein air sous nos climats. « C'est, disent MM. Vilmorin, une plante propre a décorer les massifs et les corbeilles des jardins où le terrain est consistant, mais très-sain, sec, et même en pente, Eierreux, calcaire ou sableux, les décomres et plâtras, les talus, et enfin dans ceux où l'on ne peut donner grand soin aux fleurs, cotte espèce n'en demandant aucun. Si le terrain lui convient, il suffit de semer les graines en place d'avril en mai et de ne plus s'en inquiéter; il y a même lieu de s'abstenir d'arrosements, qui lui sont plutôt nuisibles qu'utiles. » La racine de cette espèce est employée pour la teinture en rouge, sous le nom d'orcanette d'Orient; mais il ne faut pas la confondre avec la véritable orcanette. V. ce mot.

Parmi les autres espèces, nous citerons la vipérine à feuilles de plantain, qui croît dans nos contrées méridionales et qu'on trouve aussi au Brésil, où ses fleurs remplacent celles de la bourrache ; la vipérine d'Italie ou pyramidale, dont la racine fournit une couleur rouge employée en guise de fard ; la vipérine cynoglosse, arbrisseau à feuilles cendrées, à fleurs bleues et rouges, originaire des Canaries, ainsi que la vipérine blanchâtre, qui lui ressemble beaucoup; la vipérine a grandes fleurs, arbrisseau à rameaux pendants et à fleurs rose tendre, qui croît au Cap de Bonne- Espérance ; la vipérine gigantesque, etc.

VIPIOM s. m. (vi-pi-on). Entom. Genre d'insectes hyménoptères, de la tribu des braconides, comprenant plusieurs espèces, qui habitent Java, i

V1PSAN1A (famille), maison plébéienne distinguée de 1 ancienne Rome. Cette famille, J dont on ne trouve pas le nom dans l'histoire des trois premiers siècles de la république , ! dut un grand éclat à l'un de ses membres, j M. Vipsanius Agrippa, qui devint tribun du j peuple en 715, consul en 717, et ensuite tribun deux fois avec Auguste, dont il fut l'ami et le plus fidèle ministre. Il fut marié trois fois, Sa première femme, fille de Pomponius Atticus, lui donna une fille, Vipsania Agrippina, épouse d'abord de Tibère, dont elle eut Drusus, et ensuite d'Asinius Gallus, fils d'Asinius Pollio, dont elle eut cinq fils. Sa seconde femme fut Marcella , nièce d'Auguste, dont il eut quelques enfants qui ne paraissent pas dans l'histoire , probablement parce qu'ils moururent jeunes. Auguste exigea qu il se séparât de Marcella pour épouser Julie. Cette princesse lui donna cinq enfants: P. et L. Cœsar; Vipsania Agrippina, qui épousa Germanicus; Julia Agrippina, qui fut l'épouse de L. iEmilius Paulus , et le malheureux M. Agrippa fosthumus. Dans le îxo siècle, on trouve encore quelques Vipsanius ou Vipstanus , qui appartenaient peutêtre à la même maison.

VIQUE ou BIÈQUE, lies des Antilles., V.

BlÉQUB.

VIQUELIN s. m. (vi-ke-lain). Coram. Nom donné, dans les environs de Rouen, à des fagots dont les brins ont près de Om,03 de diamètre.

VIRADE s. f. (vi-ra-de — rad. virer).

Jeux. Nom de la retourne, au vingt-quatre.

VIRAGE s. m. (vi-ta-je). Mar. Action de virer au cabestan, il Action de virer de bord. Il Espace nécessaire pour virer de bord. Il Action de hisser des fardeaux avec des poulies.

— Photogr, Opération qui a pour but do modifier la couleur trop sèche que le fixage donne aux images positives : Le viraob se fait généralement par le c/dorure d'or,

VIRAGO s. f. (vi-ra-go — du lat. vir , homme. V. viril). Femme robuste, qui a une force et des manières masculines : Qu'on ne croie pas voir en jl/"e Corday une virago farouche qui ne comptait pour rien le sang. (Miehelet.)

— Mythol. lat. Surnom de Diane et de Minerve.

V1RAKTA s. m. (vi-ra-kta). Adorateur de Si va.

— Encycl. Les viraktas forment uno subdivision île la grande secte des dévots da Siva ou Siva-baktas. Comme les autres sivaïstes, les oïraktas se reconnaissent aisément à leur bizarre costume, dont la couleur est le cavy, c'est-à-dire un jaune très-foncé tirant sur le rouge ; ils se reconnaissent aussi aux longs chapelets de grains appelés roudrakchas, qu'ils portent suspendus au cou, ainsi qu'aux cendres de fiente de vache dont ils se barbouillent le front, les bras et les autres parties du corps; ils se reconnaissent enfin à l'obscène lingam, qu'ils portent ordinairement suspendu à leur cou dans une petite boite qui leur descend sur la poitrine (pour plus de détails sur le lingam, nous renvoyons le lecteur à l'article consacré a ce mot dans le Grand Dictionnaire). Les viraktas, à l'exemple des biahmes, s'abstiennent

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de toute nourriture animale, de tout ce qui a en un principe de vin, comme les œufs, et même de quelques productions de la terre. Au lieu de brûler leurs morts, comme le font la plupart des Indous, ils les enterrent. Ils n'admettent pas les principes généralement reconnus par .les autres castes concernant la souillure, principalement celle qui est occasionnée par les lochies et le flux menstruel des femmes, par la mort et les funérailles des parents ; ils ne reconnaissent pas, en plusieurs occasions au moins, la vertu et le mérite des ablutions; enfin, ils rejettent entièrement le marou-djemma, c'est-k-dire la métempsycose, qui est l'article fondamental de la religion du pays. Les deux principaux objets do leur vénération sont le taureau e* le lingam. Les viraktas ont aussi parmi eux un grand nombre de religieux mendiants, qui n'ont pour la plupart d'autre ressource pour subsister que l'aumône qu'ils vont demander en troupe. Loin, du reste, d'être humiliés de cette profession , ils regardent comme leur droit et comme leur devoir en même temps d'aller relancer la générosité des pauvres Indous; aussi le font-ils nonseulement sans pudeur, mais avec insolence parfois et avec menace, allant jusqu'à pénétrer de vive force dans les maisons qui s'ouvrent trop lentement à leur gré et cassant tout ce qu'ils trouvent sous leurs mains jusqu'à ce qu'ils aient obtenu satisfaction. Quelques-uns do ces honnêtes religieux, vivent cependant retirés dans des mattus, espèces de couvents auxquels sont ordinairement attachées quelques terres, dont le revenu, joint aux offrandes des dévots, suffit à leur entretien. Les viraktas ne différent pas sur des points essentiels des autres sivaïstes; ils ont cependant leurs systèmes particuliers, leurs mystères, leurs montrants, leurs sacrifices, ainsi que quelques rites et croyances propres. Les chefs viraktas n'aiment pas ceux des autres sivatstes ; toutefois, quand les intérêts de la secte en général sont menacés, ils se rapprochent de ceux-ci et font cause commune avec eux.

VIRALVA s. m. (vi-ral-va). Ornith.' Syn. de gélochélydon et de sterne, il On dit aussi

VIRALVE S. f.

VIRANA s. ta. (vi-ra-na). Bot. Nom vulgaire de l'andropogon muriquô, plante commune dans l'Inde.

VIRA-OMBÉ s. m. (vi-ra-on-bé — mot madôonsse). Ornith. Oiseau du genre figuier, qui habite Madagascar : Le vira-OMUE a Piris jaune, ainsi que ta gorge. (V. de Bomare.)

VIRA-SEIVA s. m. (vi-ra-sèï-va). Membre d'une secte d'adorateurs de Siva.

— Encycl. Les vira-seivas appartiennent a la grande secte des Siva-baktas ou dévots à Siva. Les vira-seivas rejettent la distinction des castes et soutiennent que le lingam rend tous les hommes égaux; un paria même qui a embrassé ce culte n'est pas, à leurs yeux, inférieur à un brahme. • Là où se. trouve le lingam, disent-ils, là aussi se trouve le trône de la divinité, sans distinction de rang ou de personne; et l'humble chaumière du paria où est ce signe sacré est bien au-dessus du palais somptueux ou il n'est pas. • Ils le portent quelquefois attaché à leurs cheveux ou a leurs bras, renfermé dans un petit tube d'argent ; mais le plus souvent ils le suspendent à leur cou, et la boîte qui le contient leur descend sur la poitrine.

VIRAT s. m. (vi-ra). Ichthyol. Nom vulgairodu maquereau dans le midi de la France. Il On dit aussi veirat.

VIRBIALadj. m. (vir-bi-al). Antiq. rora.

Se disait des flammes attachés au culte de Virbius : Les flamines visbiaux.

VIR BONUS DlCBNDl PERITUS{£fa homme de bien qui sait parler [Quintiiien, Institutions oratoires, Xll, ij). La première qualité de l'orateur, c'est la probité. Les anciens ont défini l'orateur un homme de bien qui sait parler. Pour être digne de persuader, il doit être incorruptible. Dans tout ce que dit un homme véritablement éloquent, on reconnaît la double autorité du talent et de la vertu. On ne peut s'empêcher d'aimer et d'estimer un tel caractère. ■ De même, dit La Bruyère, dans le genre évangélique, il y a des hommes saints et dont le seul caractère est efficace pour la persuasion ; ils paraissent, et tout un peuple qui doit les écouter est déjà ému et comme persuadé par leur présence ; le discours qu'ils vont prononcer fera le reste. »

Le servile dévouement de Laffemas aux moindres volontés du cardinal ministre ne peut être comparé qu'à celui de Laubardemont. Boisrobert raconte que, lorsqu'il faisait une belle journée, Laffemas s'écriait : • Ah l le beau temps pour faire pendrai » Un plaisant, modifiant la définition de l'orateur, écrivit au baa du portrait du trop fumeux lieutenant civil ; « Vir bonus, strangulandi peritus (Homme de bien, habile à pendre). •

< Si ia liberté d'action, si les droits de l'avocat sont presque sans limites, il a des devoirs nombreux, importants à remplir; sur sa tète et sur son cœur pèse une immense responsabilité! Sous ce rapport, Cuton ot Cieéron. le définissent d'un seul mot : Vir

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bonvs, dicendi peritus, l'homme énergique, probe, d'une éloquence persuasive. »

Lepellktier (de la Sarthe).

■ Ainsi doivent agir ceux qui prennent au sérieux l'art de la parole ; ainsi doit se préparer l'orateur honnête, consciencieux, vir bonus, dicendi peritus, qui veut consacrer son noble talent à la justice, à la vérité, au bien, et non le prostituer au service des passions et des partis. »

Bautain.

ViRBOUQUET s. m. (vir-bou-kè). Syn. de

VERBOQUET.

VIRCHOW (Rodolphe), célèbre médecin et homme politique allemand, né à Schivelbein (Poméranie) le 13 octobre 1821. Il fit ses études médicales à Berlin, où il prit le grade de docteur en 1843, et s'y fixa. D'abord sousmédecin k la Charité, il devint en 1846 prosecteur de cet hôpital et, l'année suivante, privat-docent à l'université, où ses leçons sur l'anatomie pathologique et chirurgicale eurent un grand succès. Le jeune professeur, dès cette époque, posa en principe que la physiologie pathologique constitue la base de la science médicale, dont l'anatomie et la clinique ne sont que les annexes; et sa méthode, accueillie favorablement dans toute l'Allemagne, dit le docteur Pichler, imprima aux études médicales une activité siins cesse croissante. En 1S47, il fonda les Annales d'anatomie pathologique et de chirurgie médicale, qu'il dirigea d'abord avec son ami Reichardt, puis seul après la mort de ce dernier. Au commencement de 1848, le ministre de l'instruction publique le chargea de se rendre, dans la Silésie supérieure pour y étudier et combattre une épidémie de typhus causée par la famine. Peu après son retour, la révolution de 1848 éclatait. M. Virchow l'accueillit avec enthousiasme, prononça des discours dans un club, réclama des réformes et fut élu représentant à l'Assemblée nationale de Francfort; mais son élection ne put être validée, parce qu'il n'avait pas trente ans. A la même époque, il fonda un journal hebdomadaire, médical et politique, intitulé la Réforme médicale , qui fut supprimé à Berlin en 1849, lorsque la réaction triompha. M. Virchow fut en même temps destitué; mais l'université de "Wùrtzbourg s'empressa de lui offrir une chaire d'anatomie pathologique, qu'il accepta. Peu après son arrivée dans cette ville , il y fonda une Société physique et médicale, dont il devint d'abord le secrétaire, puis le président. En même temps, l'éclat de son enseignement donnait à l'université une vie nouvelle et y appelait un grand concours d'étudiants étrangers, désireux de suivre les leçons du jeune maître. En 1852, Virchow fut chargé d'une mission scientifique dans le Spessart, décimé par la famine. Deux ans plus tard, l'université de Zurich lui offrit une chaire, qu'il refusa. La réputation que lui avaientacquise ses travaux et ses recherches scientifiques décidèrent, en 1856, le ministre prussien de Manteuffel k le rappeler à Berlin. Non-seulement ce ministre lui donna la chaire d'anatomie pathologique et de thérapeutique, mais encore il le nomma directeur de l'Institut pathologique, qu'il réorganisa et dont il fit un établissement modèle, et enfin médecin en chef de l'hôpital de la Charité. Cette même année, M. Virchow devint membre honoraire de la Société de médecine de Londres et, en 1859, correspondant de l'Académie des sciences de Paris.

Depuis dix ans, ce savant était resté étranger k la politique active, lorsque, en 1859, le parti libéral put enfin entrer en lutte ouverte avec la réaction, jusque-là toute-puissante. Nommé k cette époque membre du conseil municipal de Berlin , M. Virchow attaqua avec ardeur des abus de divers genres qui s'étaient introduits dans la police municipale et fut élu, en 1860, membre de la Chambre des députés à la fois à Saarbruck et à Berlin. Toujours attaché aux idées démocratiques, il alla siéger dans les rangs de l'opposition, dont il devint bientôt un des chefs les plus en vue, et combattit avec ardeur le ministère et le parti de la Croix. Lorsque M. de Bismarck eut pris la présidence du conseil (septembre 1862), il attaqua les projets de réorganisation de l'armée du ministre dirigeant, ses abus de pouvoir, la législation draconienne sur la presse, poussa la Chambre k entrer en conflit ouvert avec le cabinet et lui fit, en janvier 1863, voter le projet d'adresse, dans lequel elle déclarait que le ministère avait violé la constitution. Pendant plusieurs années, cette assemblée retentit des longs débats et des luttes oratoires dont les deux champions les plus acharnés étaient M. de Bismarck et le docteur Virchow, et les choses en vinrent au point qu'un cartel fut échangé entre eux en 1865, sans être toutefois suivi d'elïet. La guerre de 1866 et les succès de la Prusse sur l'Autriche eurent pour effet, en surexcitant le chauvinisme allemand, de faire oublier lu cause de la liberté et de faire perure au parti progressiste que dirigeait M. Virchow l'autorité qu'il avait conquise dans le pays. En 1867, ce dernier fut envoyé comme député, par la ville de Saarbruck, à la diète de l'Allemagne du Nord et se montra très-hostile k culte constitution. Bientôt les excès du gouverne-

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ment autoritaire et du militarisme lui permirent de rentrer en campagne et d'attaquer de nouveau la politique du cabinet. A la fin de 1869, justement effrayé pour le repos de l'Europe de voir les grands Etats dépenser des sommes énormes en armements ruineux, il demanda que les gouvernements s'entendissent pour procéder à un désarmement international. Mais sa voix ne fut point écoutée, et la Chambre des députés prussienne, après avoir entendu M. de Bismarck, repoussa une motion qu'il fit en ce sens. La terrible guerre de 1870-181 1 entre la France et l'Allemagne réduisit encore une fois M. Virchow au silence. Cosmopolite humanitaire, mais en même temps patriote allemand , il ne vit alors que le triomphe de sou pays. A ses yeux, du reste, c'était la France qui avait provoqué cette guerre, et il ressentait une médioure sympathie pour cette Fiance qu'il traite de haut et avec mépris , parce qu'il la considère à tort comme un nid à jésuites et à imbéciles, comme le peuple ■ où l'on croit aux miracles ! » En mars 1871, il refusa la candidature au Reichstag , que lui offraient les électeurs de Berlin, parce que, « dans les circonstances présentes, leur écrivit-il, il est impossible de changer ou d'améliorer la constitution du soi-disant empire allemand dans le sens de la liberté. » Néanmoins, il fut réélu député. En mars 1872, il écrivit à la Gazette du -peuple, de Berlin, pour protester contre une invitation faite aux savants allemands de donner leur démission de membres de sociétés savantes françaises. A la Chambre, il siège dans les rangs du parti progressiste constitutionnel et s'est rapproché de M. dé Bismarck depuis que Cet homme d'Etat est entré en lutte avec le parti ultramontain. En 1873 , il a proposé à la Chambre des députés de Berlin de supprimer le patronage des églises et de voter des projets de loi sur le mariage civil obligatoire, sur la tenue des registres de l'état civil par les bourgmestres, sur la constitution des communautés religieuses et sur la suppression du caractère confessionnel des cimetières.

Ce libre penseur, est un des savants qui font le plus d'honneur à l'Allemagne, et sa réputation est aujourd'hui européenne. Ses travaux brillent à la fois par l'originalité des vues, par la nouveauté des aperçus et l'importance des découvertes. «Nous mentionnerons en première ligne, dit M. Pichler, les études sur l'inflammation des vaisseaux, notamment sur la phlébite; elles datent de l'époque où M. Cruveilhier avait dit : « La » phlébite domine toute la pathologie. » Ces études comprennent une infinité de recherches accessoires sur la fibrine du sang , sur ses globules non colorés et sur les métamorphoses de ce liquide. Toutes ces recherches particulières ont été consignées dans diverses publications. Citons ensuite des vues tout k fait nouvelles sur l'ichorhémie, l'embolie, la thrombose, la découverte de l'hématoïdine et des travaux sur les cristaux d'hémine, dont la constatation peut servir à résoudre une importante question de médecine légale ; d'autres recherches sur les pigments pathologiques, sur l'endocardite et î'endoartérite; puis des études approfondies concernant la formation des tumeurs, le cancer, le cholestéatome, les tumeurs colloïdes de l'ovaire, l'enchondrome, le myosarcome. Viennent après cela les nouvelles théories Sur la structure du tissu conjonctif, des tissus cartilagineux et des os ; l'histoire de leur développement et du rachitisme ; des études sur la forme et les déformations du crâne dans leur rapport avec le crétinisme et les affections mentales. Signalons en outre, en pathologie, la découverte des corps amylacés et la dégénérescence amyloïde, l'histoire de l'inflammation parenehymateuse, chondrite, ostéite, maladie de Bright ; la nouvelle théorie sur l'irritabilité des tissus et les conséquences qui en résultent au point de vue de la pathologie cellulaire, conséquences que l'auteur a résumées dans cette loi : Omnis cellula ex cellula. Enfin, mentionnons ses intéressantes études sur les trichines , sur la myopie, sur l'hygiène des écoles, etc. A la vaste étendue du savoir, M. Virchow joint le piquant de l'originalité et infiniment d'esprit. Doué d'une affabilité parfaite, il attire les élèves autant par le charme de ses leçons que par les richesses scientifiques que leur révèle son enseignement. »

Outre d'innombrables articles dans les Archives d'unulomie pathologique, la Réforme médicale, etc., on lui doit : lie rhumalismo prxsertim corneas (1843), thèse; des mémoires, publiés de 1845 à 1847, Sur la phlébite, Sur la thrombose , Sur l'embolie, traduit en français par Pelard (1860, in-S°); Sur la leucémie, Sur les tumeurs colloïdes des ovaires, Sur le cancer ; Communication sur te typhus de-famine dans la Silésie supérieure (1848) ; Sur le choléra (1848-1849) ; la M édecine scientifique dans ses tendances à l'unité (1849); Sur les fluxions de l'utérus, Sur la scrofule, Sur la tuberculose, Sur la fièvre typhoïde (1850) ; Pathologie cellulaire appliquée à l'enseignement physiologique et pathologique , traduit en français par P. Picard (1860, iii-S°) ; Sur le tissu conjonctif, rackilis, développement des os (1851); Rapport annuel sur le progrès de la médecine dans tous les pays (1851 et suiv.); la Famine dans le Spessart (1852) ; Dégénérescence amyloïde (1853); Recueil de mémoires (1856) ; Sur le morbus spedalska

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(1859), maladie de peau épidémique en Norvège ; Sur le développement de la base du crâne dans l'état sain et à l'état morbide, de l'influence qu'il exerce sur la forme du crâne, sur la physionomie et la configuration du cerveau; De l'inflammation et l'irritabilité, traduit en français par Pétard (1859, in-8u); la Syphilis constitutionnelle, traduit par Picard (1860, in-8<>); Trichiniasis (1860), curieux ouvrage traduit par Onimus sous le titre de Des trichines (1864, in-8°); Discours sur la vie et la maladie (1862) ; Gœthe naturaliste (1861); l' Education des femmes d'après leur vocation (1865); Sur le typhus en Hongrie (1868); l'Hygiène des familles (1869), traduit en français par Decaisne (1873, in-8°), etc.

VIRE (la), petit fleuve de France. Il prend sa source au pied de la colline de Saint- Sauveur-de-Chaulieu, sur les confins de la Manche- et du Calvados, coule au N. dans le département de la Manche , baigne Vire , Saint-Lô et se jette dans la Manche , près d'Isigny, après un cours de 132 kilomètres, navigable sur 21 kilomètres,

VIRE, anciennement Viria, ville de France (Calvados), ch.-l. d'arrond.,à 59 kilom.S.-O. de Caen, sur la Vire; pop. aggl., 6,366 hab. — pop. tôt., 6,778 hab. L'arrondissement comprend 6 cantons , 96 communes et 77,004 hab. Collège communal, bibliothèque de 30,000 volumes; chambres consultatives des arts et manufactures et de commerce. Fabriques de draps, filatures ; commerce de grains, eaux-de-vie, toiles, papiers, etc. Vire est une ancienne et jolie ville située sur un rocher coupé presque à pic d'un côté, sur lu Vire. Il ne reste plus guère aujourd'hui que des ruines de l'ancien château et des fortifications de cette ville. Les restes les plus in- ■ téressants du château fort consistent en cheminées, dont l'une, énorme, se trouve au premier étage. Les principaux monuments de Vire sont : l'église Notre-Dame, bel édifice gothique du xme siècle, dont le chœur date seulement du xvie ; l'nôtel-Dieu, construit sous les ducs de Normandie, réparé en 1208 par l'évêque de Coutances, Hugues de Morville; l'hôpital Saint-Louis, autrefois couvent des tirsulines, et la tour de l'Horloge, monument de la Renaissance, A 500 mètres de la ville, on rencontre les deux charmantes et fraîches vallées traversées par la Vire et la Virène et connues sous le nom de Vaux de Vire. Rien de plus gracieux que ce site enchanté, tout parsemé d'usines qu'on prendrait pour des chalets suisses. Au pied d une colline qui encadre le paysage, ou voit encore la maison où naquit au xve siècle le célèbre foulon virois Olivier Basselin.

— Célébrités. Outre Olivier Basselin, Vire compte encore, parmi ses illustrations : les astronomes Duhamel et Gasselin , le poëto satirique Sonnet-Courval , les deux frères Kobert et Antoine Lechevalier d'Aigneaux,^, traducteurs d'Horace et de Virgile; le physicien Poliniëre.le naturaliste Castil, le géographe La Renaudière, Chénedollé, auteur du poème du Génie de l'homme; de Cailly, du Calvados, membre du conseil des Cinq-Cents, et le général Brouard.

— Histoire. Vire fut fondée, suivant quelques historiens, eu 50 av. J.-C., par un chef gaulois nommé Viridorix. Charlemagne y fit élever un château fort sur Ja rive droite de la Vire, pour défendre le pays contre les invasions normandes. Les pirates s'en emparèrent vers 900. A la fin du xne siècle, Vire était devenue un bourg considérable, que les ducs de Normandie, en même temps rois d'Angleterre, firent, daus le siècle suivant,

"clore de hautes murailles flanquées de grosses tours. C'est à Vire que plusieurs barons normands suspects de défection, entre autres le comte de Chester, Foulques Paisnel, Jean des Préaux et Robert Tesson, comparurent devant Jean sans Terre et lui donnèrent des otages pour gage de leur fidélité (1199 ou 1200). En 1203, Philippe-Auguste s'en empara et accorda aux habitants une charte de commune. Après le désastre de Poitiers, Edouard III d'Angleterre obtint du roi Jean, prisonnier à, Londres, la cession de Vire, dont la situation offrait de précieux avantages; mais le dauphin régent refusa la ratification de cette cession, et Vire échappa à la convoitise anglaise quand la paix fut signée à Brétigny (1360). Huit ans plus- tard, (es grandes compagnies se présentèrent sous ses murs, emportèrent la place et la mirent k sac. C'est, dit-on, pendant ce siège que le poôte virois, Olivier Basselin, composa sa célèbre chanson :

Tout à I'entour de nos remparts,

Les ennemis sont en furie.

Sauvez nos tonneaux, je vous prie, etc.

C'est k Vire qu'en 1370 Du Guesclin donna rendez-vous aux troupes qu'il conduisait contre l'armée de Knolles, débarquée k Calais. Sous Charles VI (février 1418), Henri V d'Angleterre vint mettre le siège devant la place, s'en empara en quelques jours et ordonna d'en réparer les fortifications. Vire devint alors la principale place d'armes de la Normandie, et les Anglais s'y maintinrent pendant trente-deux ans. En 1450, le gouverneur de Vire, Henri de Norbery, fut fait prisonnier k la bataille de Formigiiy, Son fils prit le commandement de la place, devant laquelle ne tarda pas k se présenter, au nom du roi de France, le connétable de Riche-

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mont. Vire se rendit (1450) et Charles VII en confia le commandement au connétable. Le duc de Bretagne, François II, la surprit pendant ses démêlés avec Louis XI (1467), mais ses troupes l'évacuèrent au bout «le quelques mois. En 1562, les réformés y dominèrent, après en avoir, sous la conduite de Montgommery, livré les églises aux flammes. Le maréchal de Matignon enleva la place et y exerça de sanglantes représailles ; il en était à peine sorti que Montgommery reparaissait sous les murs de Vire et s'en emparait. Cette seconde occupation protestante valut à la ville des scènes de carnage et de pillage. A la fin de 1568, Vire rentra sous l'obéissance royale. Les habitants, ruinés par tant de désastres, se trouvaient k cette époque réduits à une si profonde misère, que Charles IX dut leur taire remise de tous impôts. En 1574, les calvinistes s'emparèrent encore une fois de la ville, mais ils en furent chassés bientôt par le duc d'Etampes. Vire jouit alors de quinze ans de paix ; à la mort du duc de Guise, les habitants se laissèrent entraîner dans le parti de la Ligue; mais Henri IV assiégea la ville et accorda le pillage k ses soldats. Le château ne se rendit qu'après la ville (1589- 1590). La paix permit k Vire de se relever de ses désastres : des fabriques de draps s'y installèrent et y ouvrirent une source de richesses. Sous Louis XIII, les protestants parvinrent encore k s'en rendre maîtres; mais leur domination ne fut que de courte durée (1621). En 1639, la sédition des nupieds, née à Avranches, ayant gagné Vire, les mutins envahirent le lieu des séauces des officiers de l'élection, chassèrent les magistrats, assommèrent k coups de pierres et de bâtons le président Sarcilly et incendièrent sa maison, ainsi que celtes des autres magistrats municipaux. Ces désordres, œuvre de la population des faubourgs de Vire, soulevèrent bientôt la bourgeoisie du quartier central; une collision s'ensuivit, et les séditieux laissèrent plusieurs des leurs sur le carreau. Les faubourgs, pour se venger, investirent alors la cité ; mais Matignon parvint à réconcilier ces concitoyens prêts k s'égorger. Une maladie contagieuse décima la population en 1642. Depuis cette époque jusqu'à nos jours, Vire ne piéseute plus aucun épisode digne d'être mentionné. Avant la Révolution, c'était l'un des sièges royaux du bailliage de Caen, le chef-lieu d'une élection, le siège d'une maîtrise des eaux et forêts. Deux couvents très- importants, l'un de capucins, l'autre d'ursulines, y avaient été établis de 1623 k 1631.

VIFEBOUQUET s. m. (vi-re-bou-kè). Syn.

de VËRBOQOtiT.

VIRBCTE s. f. (vi-rè-kte). Bot. Genre de plantes, de la famille des rubiacées, tribu des cinchonées, comprenant cinq espèces, qui croissent dans l'Afrique tropicale, il Syn. de sipanÉe, autre genre de végétaux.

VIRÉE s. f. (vi-ré). Comin. Espèce d'étatnine d'Amiens. Il On dit aussi viré s. m.

— Bot. Section des léontodons, genre de chicoracées.

VIRE-FLÈCHE s. f. Espèce' de grosse flèche dont on se servait autrefois.

V1KEL ou VIRELLE (Matthieu), ministre protestant français, né à Marchais (Beauvuisis). Il vivait au xvie siècle, prêcha la Réforme k Namnr en 1561 et desservit dans la suite l'église française de Baie. Ou a de lui : Regulœ générales et perpétua* de rébus ad calendarium spectantibus, etc. (Bâle, 1579, iu-8°) ; Dialogue de la religion chrestiennet distingué en 10 chap.; ensemble un brief sommaire et conférence d'icelte avec toutes les autres religions (1582, in-8°). On a encore de Virel un traité, De visibilitate vers Ecclesis.

VIRELAI s. m. (vi-re-lè — de virer, et de lai). Littér. Refrain du lai, il Espèce de poésie en petits vers, sur deux rimes, avec dei refrains :

Des virelais pleins de molle langueur.

A. Soumet.

— Chorégr. Sorte de danse. Il Air sur lequel on l'exécute.

— Encycl. Le virelai, k l'origine, était soumis k l'obligation rigoureuse d'être construit uvec le inèuie nombre de vers que le lai et sur les mêmes rimes disposées dans un ordre différent. La pièce entière se trouvait, la plupart du temps, composée de dix-huit vers, sur deux rimes. Compris de cette façon, le virelai est inséparable du lai (v. ce mot), et, en traitant de cette forme difficile de la poésie, nous en avons donné quelques exemples.

Transformé peu k peu et soumis k des règles moins rigoureuses, le virelai a fini par avoir, de nos jours, une existence propre, k former un genre k part. Mais, avant d'être ainsi métamorphosé, il subit un grand nombre de modifications. Dès le Xive siècle, on le rencontre, simple refrain de quatre vers, accompagnant un lai de deux strophes ; sa seule règle est d'être construit sur les mêmes rimes que les quatre deruiers vers de la strophe. Tel est ce virelai de Froissard :

On dit que j'ai bien maniera D'iestre orghillousette j

Bien aflioi-t a estre liera Joue pucelette.

VIRE

Hui matin me levai,

Droit a l'ajournée, En un gardinet entrai

Dessus le rousée j Je cuidai estre première

Ou clos sur l'erbette.

Mes mon douls amis y 1ère

Coellans le Jlourette.

On dist que j'ai bien manière

D'iestre orghiltousette; Bien afflert à estre (1ère

Jone pucelette.

Un chapelet li donnai

Fct fie le vesprée.

Il le prist, bon gré l'en sai;

Puis m'a appelée :

» Voelliés oyr ma priiere,

Très bfille et douchette; Un petit plus qu'il n âflere

Vous m'estesdurette.»

On dist que j'ai bien manière

D'iestre orgbillousette; Bien afflert à estre Ûére

Jone puoelette.

Au xve siècle, les règles du virelai sont plus rigoureuses. Dans la pièce suivante, d'Eustache Deschamps, le refrain, qui n'a qu'un vers isolé, répété de temps à autre et sans rimer avec les strophes du lai, fait attendre le virelai d'une manière originale :

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