‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 749 sur 1042 · VIPÉRINE · texte numérisé non relu

VIPÉRINE

VIPÉRINE s. f. (vi-pé-ri-ne — de vipère, par allusion à l'aspect du végétal). Bot. Genre de plantes, de la famille des borraginées, tribu des anchusées, comprenant plusieurs espèces, qui habitent l'Europe centrale, la région méditerranéenne et le Cap de Bonne- Es|iérance : Les vipérines s'élèvent comme de superbes candélabres , en formant un vide autour de leur centre, et en portant vers le ciel leurs bras épineux chargés, dans toute leur longueur, de girandoles à fleurs violettes. (B. de St-P.) Il Vipérine de Virginie, Syn. de

SERPENTAIRE DE VlRGINIK.

— Erpét. Espèce de couleuvre.

— Encycl. Bot. Le genre vipérine comprend des plantes herbacées ou frutescentes, à feuilles alternes , généralement couvertes de poils roides ; les fleurs sont disposées en cyines ou grappes scorpioïdes , dont l'ensemble constitue une grande particule terminale ; elles présentent un calice à cinq divisions presque égales; une corolle tubuleuse ou en entonnoir, à gorge dilatée et nue et a limbe divisé en cinq lobes; cinq étamines inégales; un ovaire quadrilobé, surmonté d'un style filiforme, velu, terminé par un stigmate bilobé ; le fruit se compose de quatre nucules ovoïdes ou coniques, scabres et ridés. Les nombreuses espèces de ce genre sont répandues dans les contrées chaudes et tempérées des deux continents. L'Europe en possède une dizaine, indépendamment des espèces exotiques cultivées dans les jardins d'agrément. Plusieurs se recommandent par leurs propriétés médicinales ou économiques, d'autres encore par leur mérite ornemental.

hti-vipérine commune, appelée aussi herbe aux vipères, est une plante bisannuelle, a racine volumineuse , fusiforme et pivotante ; la tige, haute de om,50 en moyenne, ferme, rude, dressée, est couverte de poils roides et presque piquants, ainsi que les feuilles, qui sont sessiles, longues, étroites, lancéolées ou linéaires, les radicales plus grandes et étalées en rosette; les fleurs sont d'un bleu violacé, plus rarement roses ou blanches ; le fruit est renfermé dans le calice persistant. Cette plante est abondamment répandue en Europe; elle croit dans les champs incultes, au bord des chemins , sur les coteaux pierreux et autres lieux analogues» On ne la cultive que dans les jardins botaniques , où l'on se contente le plus souvent d en transplanter les pieds sauvages. Comme elle est très-rustique et n'est pas dépourvue d'agrément, elle pourrait figurer dans les jardins paysagers; mais on la remplace avantageusement par d'autres' espèces du même genre.

On emploie en médecine la racine, les feuilles et les fleurs de cette plante, qui possède les propriétés de la bourrache et de la buglose, mais à un degré plus faible. La racine peut être récoltée en toute saison ; les feuilles avant la floraison, parce qu'elles sont alors mucilagineuses et émollieutes; quand la plante est en fleur, ces feuilles , riches en principe extracLif, sont plus spécialement amères et toniques ; enfin, h la maturité des fruits, elles acquièrent des propriétés diurétiques très-prononcées. On doit recueillir les fleurs quand elles sont bien épanouies, autant que possible le matin, après que la rosée est dissipée. Elles conservent beaucoup mieux leur couleur bleue en séchant que les fleurs de bourrache; aussi sont-elles souvent mélangées ou substituées à, celles-ci; mais il est facile de les reconnaître à leur tube allongé et à leur gorge nue.

Cette plaine a reçu le nom de vipérine à cause de la forme de ses fruits, qui représente, avec beaucoup de bonne volonté, la tête d'une vipère, ou bien des taches blanches dont ses feuilles sont parsemées et qui simulent un peu la peau de ce reptile, ou bien enfin de ses poils roides, dont on a compara la piqûre à celle d'une dent d'ophidien. Oe ces divers caractères extérieurs est née la croyance ou plutôt le préjugé qui a longtemps fait regarder la vipérine comme un antidote souverain contre la morsure des vipères; c'était surtout la racine qu'on employait. Aujourd'hui cette réputation est tombée dans un oubli mérité. L'infusion de cette racine dans du vin a été préconisée aussi contre l'épilepsie; elle a également cessé d'être employée dans ce cas. Les feuilles et les sommités fleuries passent pour adoucissantes, émollieutes, béchiques et pectorales. En agriculture, la vipérine n'offre qu'un médiocre intérêt; les poils roides dont toutes ses parties sont couvertes s'opposent à ce que les bestiaux la mangent; toutefois, les vaches et les moutons broutent quelquefois ses jeunes pousses, et ses fleurs sont recherchées par les abeilles. Mais le meilleur parti qu'on puisse en tirer dans les endroits ou elle est abondante consiste à la couper ou à l'arracher

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