‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 753 sur 1042 · LE CONCERT RIDICULE · texte numérisé non relu

LE CONCERT RIDICULE

Elle était assise au vieux clavecin, Vieux! — comme un début de poème épique Elle estropiait un air. — Le serin En cage sifflait cet air magnifique.

Le serin était, de la république, La plus furieux et le plus chagrin.

Car il entendait, le soir, le matin, En russe, en anglais, en grec, en latin, Cet air où l'ennui donnait la réplique! Elle était assise au vieux clavecin, Vieux! — comme un début de poEmo épique! Je la regardais tandis que sa main Traduisait la note hiéroglyphique.

L'ivoire était jaune — et In mécanique Fatiguée, hélas! restait en chemin.

• Demain, dit la belle au chant inhumain, Vous m'écouterez de nouveau. — Demain, J'attends un parent venu d'Amérique. .

Elle était assise au vieux clavecin, Vieux! — comme un début de poème épiquel Comme je baillais, elle dit : ■ Voisin, Vous êtes ce soir d'humeur prosaïque.

Ma romance est-elle un soporifique?

Vous êtes aussi galant qu'un cousin.»

Et moi, déroulant un œil assassin :

« C'est, mademoiselle, au fond de mon sein Que chante la voix de votre musique! • Elle était assise au>vieux clavecin, Vieux ! — comme un début de poème épique ! VIREL&N s. m. {vi-re-lan). Numism. Monnaie d'argent des ducs de Bourgogne.

VIREMENT s. m. (vi-re-man — rad. titter). Action de virer — Fin. Opération qui consiste à transpor-

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ter une dette active d'un créancier à un au- I tre créancier à qtii l'on doit uno sommo ] égale : Faire un virement. Il Opération qui ■ ) consiste à transporter à un chapitre du bud- ; get des crédits votés pour un autre chapitre.

— Photogr, £yn. de virage.

— Mar. Virement d'eau, Retour de marée ou renvoi d'eau, il Virement de bord, Action de virer de bord, de prendre sur place une direction exactementopposée. Se dit au figuré pour signifier Changement de conduite, d'opinion, de parti : Les députés ministériels sont toujours prêts à opérer un virement de bord.

— Encycl. Fin. Le virement est une opération de comptabilité employée surtout dans les banques et qui, à elle seule, explique tout le mécanisme si compliqué de la circulation et du crédit. Son nom et son usage sont originaires de l'Italie et remontent au xh» siècle. Les premières banques connues furent, comme l'indique leur nom, banco del yiro, des banques de virement. Elles avaient été fondées par des orfèvres génois; les orfèvres étaient alors les maîtres du commerce, puisqu'ils détenaient les métaux précieux, sans lesquels toute transaction était impossible. Mais cette situation présentait aussi son danger; si les rues des villes étaient peu sûres, les routes l'étaient encore bien moins, et il y avait de graves périls à s'en aller sur les marchés, emportant avec soi de l'argent ou de l'or, pour y traiter des affaires. D'autre part, les métaux précieux étaient alors presque la seule valeur jouissant de la confiance et de la faveur publiques, de telle sorte qu'il fallait ou s'exposer aux attaques des détrousseurs et coupe-bourse ou ne point faire de commerce. Pour sortir de ce dilemme, les juifs inventèrent la lettre de change ; les orfèvres italiens inventèrent la banque de virement. C'étaitr au fond a peu près la même chose ; l'idée des juifs pourtant valait mieux. Les orfèvres déposaient dans un comptoir ou banque une certaine quantité de métaux précieux, dont il leur était délivré "un reçu. Cette banque devenait ainsi une caisse générale de dépôts.

I L'orfèvre qui avait déposé là de l'or en I barre traitait des affaires et, au lieu d'effoe- ! tuer le payement avec l'argent de son escarcelle ou de sa sacoche, il payait avec un bon sur la banque, quelque chose approchant de ce que nous connaissons aujourd'hui sous le nom de chèque. Celui qui avait reçu ce bon devenait propriétaire, par cela même, de la part de métal ou de numéraire indiquée par la somme du bon formant le dépôt fait à la banque, où il pouvait l'aller prendre suivant son désir ou ses besoins. C'est ce changement de propriétaire qui fit donner à ces banques le nom de banco del giro. Pour les créateurs de ces banques, les dépôts faits n'étaient pas de simples garanties ; l'idée de garantir les transactions et de' s'en tenir, pour le payement, à un simple échange de valeurs, sans" intervention de numéraire, était trop avancée pour ca temps , et les clients des banques de virement n'étaient point allés jusque-là; ils entendaient payer et être payés eu monnaie métallique, avec cette seule différence qu'au lieu de la recevoir immédiatement dans la main ils acceptaient un titre qui les rendait propriétaires de ' cette même monnaie déposée duns les coffres ou les caves d'une caisse générale, d'une banque de virement ,% où ils devaient l'aller chercher. La clientèle de ces banques, on le devine, était assez restreinte, et les virements qu'elles effectuaient étaient relativement peu nombreux et peu compliqués. I!

était rare que les bénéficiaires du virement retirassent la partie du dépôt qu'ils avaient t acquise; ils payaient avec elle comme ils avaient été payés, ce qui leur paraissait beaucoup plus sûr; de telle sorte qu'une certaine quantité d'affaires étaient faites sans qu'il apparût la moindre monnaie; celle-ci était donc comme si elle n'avait pas existé. Il semble que ce fait était tout à la fois assez simple et assez éloquent pour frapper l'esprit de ceux qui étaient en état de le constater chaque jour, pour ainsi dire, et qu'il devait les amener en peu de temps à comprendre et à concevoir la théorie et le mécanisme du crédit. Il n'en est tien. Il fallut plusieurs siècles pour en arrivera cette connaissance qui, d'ailleurs, est loin d'être aussi complète et aussi précise qu'on pourrait le désirer.

Quoique le virement soit la démonstration la plus concluante et la pratique la plus simple et la plus parfaite de l'échange et du crédit, ce n'est pas sans raison que nous avons dit plus haut que l'idée des juifs, la lettre de change, valait mieux que celle des orfèvres génois. Ceux-ci, en effet, en créant les banques de virement, n'avaient trouvé qu'un procédé ingénieux pour éviter certains ennuis et certains périls, mais ils n'avaient pas songé à tirer la conclusion des faits qui naissaient de l'usage de ce procédé ; tout en innovant, ils restaient dans la routine ; tandis que les juifs, en créant la lettre de change, ont voulu non-seulement éviter les mêmes périls, mais encore fonder l'échange des valeurs contre des valeurs et rendre sinon inutile, du moins secondaire, l'emploi des espèces. C'était là un incontestable progrès , et c'est à cette kiée que se rattache la fondation des banquesd'Angleterre, d'Ecosse et d'Amsterdam et plus tard de celle deLaw.

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Autrefois, dans les banques de virement, on n'opérait les changements qu'au profit des clients de la banque, c'est-à-dire que les opérations ne pouvaient être faites qu'entre les clients de la même banque. Maintenant les banques qui font ces transactions n'établissent aucune distinction; elles se considèrent avec raison comme des caisses générales et acceptent les ordres du premier dépositaire et des acquéreurs, qui, par le virement, deviennent dépositaires à leur tour; seulement, elles ne font pas d'avances à ces derniers, comme il arrive pour ceux qui y ont un compte courant.

Beaucoup de banques aujourd'hui sont à la fois banques de virement en même temps que banques d'escompte ou de dépôts; elles cumulent ces diverses fonctions. Pour le virement entendu dans le sens qu'il avait autrefois, car il en a un nouveau dont nous allons parler, les individus déposent des métaux précieux, soit en lingots, soit en monnaie, a la banque, puis ils effectuent leurs payements à 1 aide d'un bon tiré sur cette banque. Par ce bon, le dépositaire donne avis au banquier qu'il ait à porter la somme indiquée de son crédit au crédit du porteur. Il va sans dire que le dépositaire est débité de cette somme, c'est-à-dire que son dépôt est diminué d'autant, à moins qu'un nouveau virement ne soit ordonné par un tiers en sa faveur. C'est là ce qu'on appelle le virement des parties ; c'est, comme on le voit, l'ancienne méthode, l'ancien procédé.

Il est un autre virement qui n'a plus seulement pour objet un dépôt en espèces, mais bien toutes sortes de valeurs. C'est certainement le plus intéressant et le plus curieux à étudier. Nous avons vu jusqu'à présent des possesseurs de capital, métallique échanger ce capital, lui faire subir des mutations sans le faire sortir des caisses où il est déposé ; mais le capital métallique n'est pas la seule richesse ; tous les produits sont des richesses, eux aussi, et peuvent devenir des valeurs par l'échange. Seulement, il peut se faire que l'échange ait lieu sans intervention de la monnaie, si ce n'est d'une manière nominale et pour fixer le taux, la valeur des produits. Dans ce cas, le payement est effectué à l'aide d'effets qui seront un jour, à l'échéance, remboursés en espèces ou échangés contre des marchandises. Celui qui a livré les produits en débite sur ses livres celui qui les a reçus, et celui-ci crédite d'autant le premier. Mais celui qui est débiteur à l'égard de X est créditeur à l'égard de Z; il doit, et on lui doit. On lui doit quoi? des produits évalués à un certain chiffre ou l'équivalent, soit en espèces, soit en tous autres produits à sa convenance. Que doit-il de son côté? exactement ta même chose. Il ne reste plus qu'à connaître la différence entre les sommes dues respectivement. C'est cette situation qui fait l'objet du virement. Le commerçant porte les effets qu'on lui a souscrits, les lettres de change ou les traites qu'il a tirées à la banque qui fait ce genre d'opérations. Ces effets constatent ce qui lui est dû; sur les livres de la banque, il est crédité de leur montant. C'est absolument comme s'il eût déposé de l'or en barre dans une caisse ou des marchandises dans des docks. Le banquier. qui <t reçu ces effets les fera circuler; il en fera le recouvrement à l'échéance, s il y a lieu. Mais s'il reçoit d'une autre personne un effet souscrit par ce déposant, 'une lettre de change ou une traite tirée sur lui, il paye soit avec l'une des créances qui lui appartiennent, soit avec des fonds recouvrés en son nom, soit enfin avec des espèces avancées par la banque en raison de la garantie qu'elle possède en portefeuille. Dans tous les cas, le compte de celui pour qui on paye est débité do la somme payée. Rien de plus simple : le banquier devient ainsi le caissier et le comptable commun d'un certain nombre de personnes. Quand ce banquier doit rendre des comptes à ses clients, établir leur situation, comme on dit dans le commerce, il transcrit toutes les sommes qu'il a reçues soit en effets, soit en espèces ou toutes autres valeurs, et qui forment le crédit du titulaire du .compte, puis il place en regard toutes les sommes qu'il a payées en son nom et qui forment le débit, et la différence entre les deux totaux est soldée par le banquier si le crédit surpasse le débit, par le client si le débit est en excès sur le crédit. Mais, dans l'un ou l'autre cas, on ne solde point toujours en espèces; le. plus souvent, le client, ■ lorsque la différence est à son débit, remet de nouvelles créances ou valeurs commerciales au banquier, ou, si la différence est à sou avantage, son crédit est établi par le solde du compte, et les opérations continuent de part et d'autre, comme précédemment.

Tout ce qui vient d'être dit peut s'appliquer, il est vrai, aussi bien au compte courant qu'au virement. Ce qui distingue ce dernier, c'est que le banquier qui l'opère n'emploie point ou, du moins, emploie peu les espèces métalliques pour les payements qu'il doit faire au nom de ses clients, si ce n'est comme appoint et pour les différences. Le reste n'est qu'une allait» d'écritures. Pour saisir le mécanisme de cette opération, supposons que la situation de quatre clients, A, B, C et D, est celle-ci : A doit à D 50 fr. et 75 à C; B doit à A 150 fr.; C doit à B 50 fr., ainsi que 50 à D; enfin D doit àB 100 fr. ; soit un total de *75 fr. Le banquier,

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au lieu de recevoir et de payer à chacun eo qui leur est dû, inscrit, à mesure que les avis lui parviennent ou que les créances lui sont remises, eette situation de la manière suivante :

Compte de A.

Doit A à D . .

— Aà C . .

Solde créditeur

Fr.

Avom B à A . .

Fr.

Tiô

Doit B à A. .

Compt

Fr.

s de B.

Avoik C à B . .

— D àB . .

Fr.

Doit C à B. .

— C àD. .

Compt

Fr.

i de C.

Avom A à C . .

Solde débiteur .

Fr.

Doit D à B . .

Compte de D.

Fr.

. îoo Avoir C à D . .

1 — Aà D . .

Fr.

Quand il s'agit de payer à A ce qui lui est dû par B, on lui remet les créances qu'ont sur lui D et C, et, après avoir marqué à son crédit la somme que B lui doit, on inscrit à son débit celle qu'il doit aux deux autres, et ainsi de suite pour les suivants. De telle sorte que, lorsque tous les comptes sont balancés, il ne reste que deux différences, l'une, de 25 francs, au crédit de A; l'autre, de même somme, au débit de C. Si A l'exige, il touche ce solde, C le paye, et tous les comptes sont liquidés. Il a sutti, on le voit, de 25 francs en espèces pour régler une circulation do ■475 francs, c'est-à-dire la dix-neuvième partie de cette somme. On remarquera en outre que, dans l'exemple choisi, c'est justement C,qui Rivait une créance sur A, qui reste, en définitive, le créancier de celui-ci, grâce au virement qu'on a opéré du crédit d'un compte au débit d'un autre, et vice versa. -Il n'en taut pas davantage pour démontrer de quelle manière les échanges peuvent se passer de la monnaie, dans une très-large mesure, pour prouver qu'elle n'y est point indispensable et pour expliquer de la mamière la plus positive et la plus pratique ce que c'est que la circulation et ce que peut être le crédit.

La banque d'Angleterre, à l'aide de co procédé et de l'usage des chèques, en est arrivée à restreindre même son émission do papier, ce qui, sur ce chapitre, lui permet de réaliser une très-notable économie. Elle règle par des virement* un grand nombre de comptes et ne se sert 4e ses espèces ou da ses propres billets que pour solder les différences, lesquelles sont dans les proportions indiquées plus haut. Elle reçoit les chèques à titre de créances, et, après avoir opéré les virements dans ses écritures, elle les remet en payement à leurs signataires. Il se fait chiiquo jour, sur le marché de Londres, un cliiffre considérable d'affaires qui sont liquidées de cette façon. Dans ces dernières années, quelques banques, en très-pelit nombre, se sont fondées en France pour généraliser ce genre d'opérations. Elles prennent le titre de banques de virement ou de banques de compensation, et elles arriveront, par l'expérience de la pratique, à ruiner le préjugé mercantile, à prouver cette véritô I économique que les produits s'échangent contre des produits et que les échanges n'ont pas besoin de monnaie pour être opérés; qu'il suffit, pour cela, d'un système d'écritures, appuyé de chèques ou bons, et d'une comptabilité générale où s'exécuteraient sur une vaste échelle les virements, de la même manière qu'on les opère dans une banque particulière.

Le virement dont nous venons d'expliquer le mécanisme est un procédé d'écritures employé dans la comptabilité, non-seulement pour le compte des parliculiers, mais encore pour équilibrer certaines dépenses. C'est à à l'aide de ce procédé que sont masquées la plus généralement les opérations frauduleuses des comptables infidèles ou des administrateurs qui sa livrent à l'exploitation des actionnaires bien plus qu'à celle d'une entreprise. C'est aussi à 1 aide de ce procédé que l'administration cache certaines dépenses ou les soustrait au contrôle des Chambres. Les crédits étant ouverts en vue de certaines destinations, on les affecte pour une certaine part à une destination différente et on leur fait subir un virement de chapitre de la même façon que nous l'avons indiqué dans l'exemple des clients A, B, C, D. Seulement, ici, ce sont des comptes généraux qui remplacent les comptes des particuliers. 11 s'ensuit que les sommes votées duns l'ouverture des crédits sont dépensées, mais d'une façon différente de celle qu'on avait prévue, et pour l'examinateur peu exercé il n'y parait point, chaque chapitra ayant atteint le chiffre qui lui était alloué. Mais ce chiffre est obtenu par l'inscription des dépenses réelles, d'une part, et, de l'autre, par le solde créditeur ou le solde débiteur

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qui résulte des virements qu'on a opérés d'un chapitre à un autre. C'est là la science, non pas de combler, mais de masquer les déficits.

VIRÉON s. m. (vi-vé-on). Ornith. Genre de passereaux, de la faraitle des museicapidées, comprenant quatre espèces, qui habitent l'Amérique du Nord.

— Encycl. Les viréon» sont caractérisés par un bec court, un peu comprimé, courbé et échancré vers le Dout de la mandibule supérieure, l'inférieure étant retroussée à la pointe; des narines arrondies, situées à la base du bec; une bouche ciliée sur ses angles; des ailes de longueur moyenne, à premières rectrices à peu près égales et les plus longues; des tarses forts, mais de médiocre longueur. Ce genre, formé aux dépens des gobe-mouches et des tangaras, comprend quatre espèces, qui habitent l'Amérique du Nord. « Les viréons, dit M. Z. Gerbe, habitent les bosquets, les buissons situés dans les lieux arides, sur des monticules et à proximité des terrains cultivés, se nourrissent d'insectes, font entendre un chant assez agréable et nichent sur les arbrisseaux. »

VIRÉONINÉ; ÉE adj. (vi-ré-o-oi-né — rad. viréon). Ornith. Qui ressemble ou qui se rapporte au genre viréon.

— s. f. pi. Tribu de passereaux, de la famille des muscicapidées, ayant pour type le genre viréon.

VIRÉOSYLVIE s. f. (vi-ré-o-sil-vl — de viréon, et de sylvie). Ornith. Genre de passereaux, de ta famille des viréoninées.

VIRER v. n. ou -intr. (vi-ré. — Ce mot, qui correspond à l'espagnol, portugais, provençal virar, est communément rattaché au latin gyrare, tourner en cercle, de gyrus, cercle; mais Diez rejatte cette étymologie communément reçue, la syllabe yi ne se changeant jamais en vi. 11 fait dériver le verbe virer du vieux français vire, dialecte italien viro, vera, cercle, anneau. Or, ce substantif vire représente le latin viria, espèce de bracelet, dont le diminutif viriola est aussi le type du français virole, espagnol et provençal virota, d'où le catalan virolet, girouette. Il est fort probable que le latin viria, quelle que soit sa provenance immédiate, se rattache à la racine sanscrite var, entourer). Tourner sur soi-même ; s'emploie souvent avec le mot tourner, dont il es.t cependant synonyme : Ne faire que tourner et virer. On vire encore quelques pas dans une espèce d'entonnoir tortueux, et tout à coup on se trouve face à face du pont du Viable. (Chateaub.) L'hirondelle est l'oiseau du retour; elle tourne et vire sans cesse. (Michelet.)

— Fig. Changer, se transformer : L'opinion VIRE à tout vent, (G. Sand.)

— Virer à, Tendre vers, se transformer en : Ce vert a viré au bleu. Ce vin vire à l'aigre. Le coq vire au chapon par une tendance fatale. (Tousseuel.)

— Subir l'opération du virage : Ces épreuves virent bien.

— Mar. Faire tourner le navire : Virer au large. Virer sur l'ancre. Virer à la côte.

Il Virer au cabestan, Tourner le bâtiment do façon que, étant ammé d un bord au plus près, il puisse être amure de l'autre. Il Virer en carène, Coucher ou incliner un bâtiment Sur le côté pour en réparer la carène. On dit plus ordinairement abattre en carène, il

Virer en quille, Abattre un navire jusqu'à ce gue la quille paraisse au-dessus do l'eau. H

Virer de bord, Faire un demi-tour pour changer complètement de route, mouvement dans lequel les deux bords du navire échangent leur position. Au rig., Changer de conduite, de parti, d'opinion, il Virer de bord vent devant, Virer de bord de façon que le navire, en tournant, présente un instant sa proue au vent. Il Virer de bord vent arrière ou lof pour lof, Virer de bord de façon que le navire, eu tournant, présente un instant sa poupe au vent.

— v. a. ou tr. Tourner : Il laisse mûrir à l'air sa terre de bruyère, de temps en temps la vire, la remue. (P.-L. Courier.) || N'est plus guère usité que dans quelques provinces.

— Fam. Tourner et virer quelqu'un, Essayer de toutes façons de le sonder, de le faire parler : On eut beau tourner et virer ce témoin.

— Fin. Virer les parties, Payer par cession des droits qu'on a soi-même sur un débiteur.

— Photogr. Soumettre à l'opération du virage : Virer des épreuves.

— Mar. Tourner, charger la direction de : Virer le cap au nord. Il Imprimer un mouvement de rotation à : Virer le cabestan.

Se virer v. pr. Se tourner : Virez-vous, que je vous voie.

Jamais légère girouette Au vent sitôt ne te vira; Nous verrons, bergère Rosette, Qui premier b'en repentira.

Desportes.

0 Vieux mot.

— Fig. Changer : Je suis tantôt sage et tantôt libertin, tantôt menteur, chaste, impudique, puis libéral, prodigue et avare, selon que je me VIRE. (Montaigne.) Il Inus.

VIRES s. f. pi. (vi-re — du lat. viris, bracelets). Blas. Anneaux concentriques au

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nombre de deux, de trois ou de quatre : Albissy, en Provence : De gueules, à deux vires d'or, au chef d'argent, chargé d'une croix de sable.

VIRES ACQUIR1T EUNDO (Elle acquiert des forces- dons sa course). Virgile (Enéide, liv. IV, v. 175) fait le portrait de la Renommée : « Sa vie est dans sa mobilité; elle ac- ?uiert des forces dans sa course : d'abord aible et timide, bientôt s'élevant dans les airs, sou pied touche la terre et son front se cache dans la nue. »

De la renommée à la calomnie, il n'y a qu'un pas, et Beaumarchais s'est sans doute souvenu du vires acquirit eundo dans ce passage célèbre du Barbier de Sévitle : « La calomnie, monsieur!... D'abord un bruit léger, rasant le sol de la terre, comme l'hirondelle avant l'orage, pianissimo murmure et file et sème en courant le trait empoisonné; telle bouche le recueille, et piano, piano vous le glisse en l'oreille adroitement. Le mal est tait, il germe, il rampe, il chemine, et riitforzando, de bouche en bouche, il va le diable ; puis tout à coup, ne sais comment, vous voyez la calomnie se dresser, siffler, s'enfler, grandir à vue d'œil. Elle s'élancç, étend son vol, tourbillonne, enveloppe, arrache, entraîne, éclate et tonne, et devient, grâce au ciel, un cii général, un crescendo public, un chorus universel de haine et de proscription. •

Quand Pierre le Grand vint à Paris, il visita l'hôtel des Monnaies; on frappa en sa présence une médaille dont la légende était une allusion au résultat fécond de ses voyages : Vires acquirit eundo.

• Ce n'était plus un mot ni une phrase qu'on me reprochait, mais tout un long discours, mais toute une série de leçons, mais... maismais... On allait presque jusqu'à me reprocher mon enseignement, tant est vrai le vires acquirit eundo. •

Gatien A'rnoolt.

■ Un principe, c'est u,ne force qui marche comme un conquérant : Vires acquirit eundo. Une fois qu'une idée est déposée dans l'âme humaine, elle germe, elle se développe, elle s'accroît chaque jour et finit par s'élever jusqu'aux cieux. »

Pierre Leroux.

« C'est avec plaisir que l'on voit l'histoire devenir progressivement plus ample, plus circonstanciée, s'enrichir de détails et prendre de l'intérêt à mesure qu'elle s'approche de nous : Vires acquirit eundo. »

Keller.

a Quiconque lira les Questions de mon temps fera cette remarque que M. de Girardin n'a pas été un enfant gâté de la nature ; ce n'est pas le don inné, o'est le travail qui l'a fait ce qu'il est. Ses premières pages portent les traces de tâtonnements et d'hésitations, qui disparaissent de plus en plus à mesure qu'on avance dans la lecture de son œuvre. Son style, faible d'abord, prend de la vigueur en marchant : Vires acquirit eundo. «

Edmond Texier.

VIRESCENCE s. f. (vi-rèss-san-se — du Int. virescere, devenir vert). Bot. Métamorphose des organes appendiculaires en organes foliacés.

VIRET (Pierre), réformateur religieux, né à Orbe eu 1511, mort à Orthez en 1571. Il commença ses études dans sa ville natale et vint ensuite à Paris, où les innovations de Luther éveillèrent dans son esprit îles doutes que fortifia le commerce de Lefèvre d'Etaples et de Guillaume Farel. La persécution le ramena dans sa patrie, et il hésita entre les anciennes croyances et les nouvelles jusqu'au moment où Farel se rendit en Suisse. Farel en fit un réformateur. Le nouveau ministre se mit à l'œuvre en 1531 et commença par la réforme de sa propre famille et de sa ville natale. Il alla ensuite à Granson, puis à Payerne, où un prêtre ne trouva pas de meilleur argument à lui opposer qu'un coup d'épée, qui lui lit une grave blessure. Arrivé à Genève en 1534, avec Farel et Froment, Viret remporta de si brillants succès que les chanoines lui rirent donner un poison auqual il échappa, mais qui ruina pour toujours sa constitution. Il se rendit ensuite à Neuehâtel et revint à Genève en 1541, après avoir établi la Réforme à Lausanne. Calvin aurait voulu le garder auprès de lui ; il priait le sénat de Berne de ne pas rappeler son compagnon d'oeuvre. Ils avaient ensemble étendu les conquêtes de la Réforme; mais, écrivait Calvin, i j'ai de plus belles espérances encore pour l'avenir, si on nie laisse Viret.... Toutes les fois que je pense à son départ, je suis plus mort que vif. • Rappelé quand même, Viret ne tarda pas à être pour Lausanne ce que Calvin était pour Genève. Comme lui, il pensait que la Réforme n'aurait de solidité que dans un changement moral des esprits, et ce changement n'était possible, suivant lui, que par l'établissement d'une discipline sévère. Tous ses efforts tendirent de ce côté. Mais le gouvernement bernois refusa de s'associer à ce projet, ainsi qu'à la cession da droit d'excommunication qui aurait donné à l'Eglise un pouvoir excessif. Une lutte s'ensuivit entre le gouvernement et les minis-

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très ; quelques-uns de ce? derniers se démirent de leurs fonctions. Quant à Viret, il fut déposé à cause de son opiniâtre opposition. Il se retira à Genève, où la république lui témoigna sa reconnaissance en lui accordant les droits de bourgeoisie (1559), et lit, pendant deux ans, des prédications qui obtinrent le plus étonnant succès. Mais sa santé était ruinée. • Son corps, dit Grenus, fat tant débilité et fut rais si bas qu'il ne pouvait attendre autre chose, selon son jugement, sinon d'être porté en terre. » Il demanda donc un congé, que le conseil lui accorda avec beaucoup de peine, « vu, lit-on dans Grenus, le danger qu'il pourra courir d'être insulté par les ennemis de la religion, et vu, que plusieurs savants nous ayant déjà quittés, notre ville finira par être dépourvue d'habiles gens. » Viret arriva à Nîmes, et ses fatigues ne l'empêchèrent pas de prêcher le surlendemain devant un auditoire immense. Vers la fin de la même année, il fit un court séjour à Paris, où il émerveilla les nombreux auditeurs accourus pour l'entendre. Ce voyngn est contesté cependant par les auteurs de la France protestante , et avant eux par Bayle ; mais on lit dans les registres de la république de Genève, à la date du 30 décembre 1561 : « On prête Pierre Vivet à l'Eglise de Paris, où l'on espère qu'il fera beaucoup de fruit et contribuera a convertir 1j parlement. » Quoi qu'il en soit, Viret était de retour à Nîmes au commencement de 1562, et il profita de ce voyage pour aller à Montpellier consulter les médecins de cette fameuse école. Dans le cours de la même année, il se rendit à Genève et sollicita cette fois du conseil un congé définitif, qui lui fut accordé. Il séjourna ensuite quelque t>-mps à Lyon, où ses ennemis lui firent appliquer un édit de Charles IX qui défendait aux sujets de la religion d'avoir des ministres nés hors du royaume, et il se rendit alors à Orange et de là- en Béarn, appelé par la reine de Navarre, qui le chargea d'enseigner la théologie dans son collège d'Orthez ; c'est là qu'il mourut quelques années après.

Dans ses Etudes sur les écrivains français de la lîéformation, M. A. Sayous apprécie en ces termes les talents d'écrivain du réformateur : « Il y avait chez Viret l'étoffe d'un moraliste pénétrant et la verve d'indignation qui fait les éloquents satiriques. Il semble ne pas s'en tenir à l'unique point de vue du réformateur, et, involontairement, il jette sur le monde un coup d'œil plutôt philosophique, selon le sens moderne de cette expression. Ce n'est pas seulement en théologien et en chrétien réformé qu'il juge; à son insu peut-être, il lui arrive de porter nu-,si son regard sur la société humaine, en dehors du cercle où le réformateur la circonscrit. De làr, dans ses écrits, malgré la vivacité du sentiment religieux qui y domine, un caractère je dirai un peu plus profane et mondain que chez les autres écrivains théologiques de l'école calviniste... Professeur populaire, Viret devait s'accommoder aux habitudes de ses auditeurs, et il en avertit lui-même les lecteurs qui pourraient s'étonner de son rude langage. Viret, non plus que les autres réformateurs, n'est artiste; il a son but tout à fait en dehors de la littérature et ne vise qu'à la force et à la clarté, pour gagner ou conserver à sa foi, par l'enseignement, des disciples et des défenseurs. La véhémence et le sarcasme sont ses plus ordinaires beautés et lui tiennent lieu des grâces tranquilles du bien dire. » Ces procédés de composition donnèrent aux ouvrages de Viret un succès populaire très-considérable, si considérable que ses livres, surtout ses dialogues satiriques, sont d'une extrême rareté, bien qu'ils aient eu un assez grand nombre d'éditions.

Les ouvrages de Viret sont très-nombreux. Nous nous contenterons de citer les principaux, renvoyant à la France protestante ceux qui voudront en connaître le catalogue complet : Exposition familière, faicte par dialogues, sur le symbole des Apostres, etc. (Genève, 1543, in-S°; 1544, 1546, 1552, 1557, in- 12; 1560, in- la); Disputations chrestiennes, en manière de devis, divisées par dialogues, le premier intitulé l'Alchimie du purgatoire; le deuxième, l'Office des morts; le troisième, Anniversaires; te quatrième, l'Adolescence de ta messe; le cinquième, tes Enfers; te sixième, le Requiescant in pace du purgatoire (Genève, 1544, in-8°); Tractatus de usu saltitationis angelicx et ortu capellarum et earum abusu (Genève, 1544, iii-8°), trad. en français, sous ce titre : Petit traiclé de L'usage de la salutation angélique et de l'origine des chapelets (Genève, 1545, in-16; nouv. édit., Genève, 1561, in-12); Seconde et troisième partie des Disputations chrestiennes : Dialogues du désordre qui est à présent au monde et des causes d'iceluy et du moyen pour y remédier ; desquels l'ordre et te titre est le monde à l'Empire (allant pire), le monde difforme, la métamorphose, la réformation (Genève, 1545, in-8»; trad. en latin, Genève, 1545, in-8°) ; Remonstrance aux fidèles qui controversent entre les papistes, et principalement à ceux qui sont en cour et offices publics, etc. (Lausanne, 1547, 1559, in-12) ; De la vertu et usage du ministère de la parolle de Dieu et des sacremens dépendons d'icelle (Genève, 1548, in-8°; Lyon, 1565, in-8") ; Physics papalis dialogi V (Genève, 1551), trad. en français sous ce titre : la Physique

VIRÉ

papale, faicte par manière de devis et par dialogues (Genève, 1552, in-S°); VOffice des morts fait par dialogues en manière de devis (Genève, 1552, in-S°) ; Disputations chrestieitnes loue/tant l'estat des trépassez (Genève, 1552, 1554, in-8°); Métamorphose chrestienne (Genève, 1552, in-8°) ; Admonition et consolation aux fidèles (Genève, 1559, in-12); Satyres chresliennes de la cuisine papale (Genève, 1560, in-8°) ; Sommaire des principaux poincts de la foy et de la religion chrestienne (Genève, 1561, in-16) ; les Canlèles et canons de la messe (Lyon, 1563, 1564, in-8<>).

VIRETON s. m. (vi-re-ton — rad. virer). Flèche dont la plume était contournée en spirale, ce qui lui imprimait un mouvement de rotation quand on la lançait; flèche d'arbalète : -Le virbton était une véritable flèche rayée. Le vireton empenné siffla et vint se fixer dans son bras gauche. (V. Hugo.)

— Encycl. Il est très-souvent fait mention du virelmi dans nos différents auteurs de la guerre de Cent ans ; entre autres, l'auteur de l'Histoire de Charles VI en parle au sujet d'un assaut donné à Melun par les Allemands au service de l'Angleterre (1420) : ■ Mais en remontant les fossés, dit-il, les arbalestriers de la ville les servoient de viretous par le dos (leur tiraient des viretons dans le dos) qui entroient jusques aux pennons,i c'est-àdire jusqu'à l'endroit où ils étaient empennés. On trouve dans quelques cabinets d'antiquités des modèles de ces armes, qui consistaient en une flèche année d'un fer pyramidal. Ambroise Paré nous a laissé quelques détails sur leur configuration et sur la cure des blessures qu'elles occasionnaient.

VIREUR s. m. (vi-reur — rad. virer). Techn. Ouvrier papetier qui lève les feutres placés sur chaque feuille et les entasse, pour qu'ils soient prêts à servir de nouveau.

VIREUSE s. f. (vi-reu-ze — rad. virer). Techn. Jeune ouvrière employée à mettre les asples en mouvement, dans les filatures de soie : Dans les filatures à vapeur, on pourrait économiser la moitié de ces enfants en n'en plaçant qu'une pour desservir deux asples; ce moyen aurait pour résultat d'économiser la muitié des frais deviRKUSES, de former des fileuses et de nous donner des soies moins déchéteuses'. (L. de Teste.)

VIREUX, EUSE adj. (vi-reu, eu-ze — rad. virus). Qui tient du poison ; qui a des propriétés vénéneuses : Goût vireux. Odeur VIreuse. Plante vireuse. Le tabac a les propriétés vireuses de ta jusquiame et du datura stramonium, (Lemaout.)

VIREVADDE s. f. (vi-re-vô-de). Syn. de

VIKE-VIRIi.

VIREVEAO ou VIREVAUT s. m. (vi-re-vô

— rad. titrer). Mar. Treuil placé à l'avant des petits navires pour lever l'ancre. H Morceau de bois dont on s'aide pour tourner les grosses cordes.

VIRE-VENT s. m. (vi-re-van — de titrer, et de vent). Ornith. Nom vulgaire du martinpêcheur, sur les bords de la Loire.

VIRE-VIRE s. f. (vi-re-vi-re — rad. virer). Mar. Endroit de la mer où l'eau forme un tourbillon. Il On dit aussi virevaudë.

VIREVOLTE s. f. (vi-re-vol-te — de virer, et de volte). Tour que l'on fait sur soi-même : Au nom de Dieu, lui dis-je en me débarrassant assez vivement de ses mains pour le forcer d exécuter une des plus belles virevoltes dont la souplesse ait jamais étonné le barreau... (Ch. Nod.) Il On a dit autrefois virevoussk, virevouste et virevoutk.

VIREVOLTER v. n. ou intr. (vi-re-vol-té

— rad. virevolte). Faire des virevoltes, tourner sur soi-même. Il Vieux mot. On a dit aussi

VIREVOUSSER, VIREVOUSTER et VIREVOUTER.

VIREY (Jean de), littérateur français, né près (le Caen, qui vivait au xvio siècle. Ayant embrassé la carrière des armes, il s'attacha au maréchal de Matignon, alors gouverneur de Normandie, et obtint le commandement de la ville et du château de Cherbourg. Passionné pour la poésie dramatique, il employa ses loisirs à mettre en vers plus que médiocres l'Histoire des Macchabées, dont il fit deux tragédies, ainsi qu'il les intitula, bien qu'elles ne fussent divisées ni en actes, ni en scènes. Ces deux pièces informes, dans lesquelles se trouvent des détails révoltants, ont été publiées sous ce titre : la Macchabée, tragédie du martyre des sept frères et de Salomone, leur mère, avec une préface et quelques œuvres chrétiennes en vers (Rouen, 159S, in-12); la Divine et heureuse victoire des Macchabées sur le roi Antiochus (Rouen, 1600, in-12).

VIREY (Jules-Joseph), médecin et physiologiste français, né à Hortes (Haute-Marne) en 1776, mort à Paris en 1847. Il servit dans les hôpitaux militaires pendant la Révolution, devint ensuite pharmacien en chef du Val-de-Grâce, se fit recevoir docteur et professa ensuite l'histoire naturelle à l'Athénée. Reçu membre de l'Académie de médecine, il y défendit la doctrine du vitalisme et combattit les théories de Lamarck et de Broussais. L'indépendance de ses opinions lui fit refuser en 1825 la chaire d'histoire naturelle des médicaments à l'Ecole de pharmacie.

Ses concitoyens le nommèrent membre de la Chambre des députés. Viiey était un homme

VI RÛ

d'un esprit cultivé et d'une imagination peu commune. Outre les articles fournis nu Journal complémentaire du Dictionnaire desscientes médicales, à la Revue médicale, au Journal de physique et au Journal universel des H-iences médicales, il publia les ouvrages suivants : Histoire naturelle du genre humain (3 vol. in-8°; 2° édii., Paris, 1817) ; Histoire naturelle des médicaments, des aliments et lies poisons tirés des trois règnes de la nature (Paris, 1830, in-8°) ; Histoire des mœurs et de l'instinct des animaux (Paris, 1822, 2 vol. in-8°); Déjà puissance vitale dans les fonctions physiologiques (1853, hi-8°) ; De la femme, squh les rapports physiologiques, moraux et littéraires (Paris, 1825, in-8») ; Hygiène philosophique appliquée à ta civilisation moderne (Paris, 1828, in-S°); Traité de pharmacie théorique et pratique (-4e édit., Paris, 1833, 2 vol. in-80); Philosophie de l'histoire naturelle (1835, in-8°) ; la Physiologie considérée dans ses rapports avec ta philosophie (Paris, 1844, in-8»).

VIREYE s. f. (vi-rè-ie — de Virey, natur. fr.). Bot. Syn. d'ALLOPLECTEetde rhododendron, genres de végétaux.

VIRGAIREs. m. (vir-gliè-re — dulat. virga, verge). Chantre d'église, à Rome.

— s. f. Genre de champignons.

VIRGILE s. m. (vir-ji-le). Poète qui a le genre ou le mérite de Virgile : L'art peut produire des milliers de Théocrites et de Vik- Giles. (B. de St-P.) Un Auguste aisément peut faire des Virgiles.

Boilew.

— Livre qui contient les œuvres de Virgile : Un Virgile doré sur tranche. ,

VIRGILE (Publius Virgilius ou Vergilius Maro), illustre poète latin, né au village d'Andes, près de Mantoue, l'an 70, mort à Brindes le 22 septembre de l'an 19 avant notre ère. Ses parents, sans être pauvres, étaient au moins dans une médiocre condition. On ne suit au justequelle était la profession de son père ; les uns disent qu'il était serviteur à gages d'un viator, officier de justice d'un ordre inférieur, les autres qu'il était potier. Quoi qu'il en soit, do même qu'Horace, Virgile n'eut pas à se plaindre de l'éducation que sa famille lui donna. Il resta à la maison paternelle jusqu'à l'âge de sept ans: après quoi, il alla à Crémone, et c'est là qu il lit ses premières études. A seize ans, il revêtait la robe virile, le jour même, rapporte-t-on, où mourait Lucrèce. Mais cette légende n'a rien de certain ; elle a probablement été inventée par l'imagination pieuse de ceux qui aimaient les deux grands poètes. En quittant Crémone, il se rendit à Milan et un peu plus tard à Naples, où il étudia la médecine, la physique et la philosophie. Il y suivit les leçons du philosophe épicurien Syron, sans trop accepter ses idées, et de Parthenius, grammairien grec et poète, qui l'initia à la connaissance des légendes mythologiques.

On rapporte, en général, à cette époque la composition des petits poèmes attribués à Virgile; pour quelques-uns, il n'est point certain qu'ils aient été écrits par lui ; mais, pour la plupart, le doute n'est pas permis. Il y a dans le Morelum , par exemple , des vers qui ne sont pas indignes du poëte des Géorgiques et de l'Enéide.

L'Italie était alors bouleversée ; les. triumvirs Se la partageaient. Pollion commandait dans la Gaule Cisalpine ; Virgile lui fut présenté, et c'est à l'instigation du proconsul qu'il écrivit les Buco'liques, de l'an 711 do Kome (43 av. J.-C.) k l'an 717 (37 av. J.-C). La pièce qui, dans le recueil, occupe la seconde place (Formosum pastor Corydon...) fut, dit-on, composée la première et passe pour être adressée à un jeune esclave nommé Alexandre, que Pollion lui avait donné. La première égîogue est un remercîment à Octave. Après la bataille de philippes, les vétérans des triumvirs s'étaient partagé beaucoup de terres en Italie, et le petit patrimoine de Virgilo était devenu leur proie ; Virgile vint à Rome redemander à Octave son patrimoine, qui lui fut ainsi rendu ; c'est alors que, pour témoigner sa reconnaissance , il écrivit cette touchante églogue :.

Dent nobis hxc otia feeit!

« C'est un Dieu qui nous a fait ces loisirs! » Eu même temps, Virgile était présenté k Mécène et devenait un de ses amis; c'est lui qui, de concert avec Varius, présenta Horace au favori d'Octave (716). En 717, Mécène se fit accompagner de Virgile, en même temps que d'Horace et de Varius, dans le voyage à- Brindes; Virgile, vers cette époque, écrivit la septième églogue, œuvre essentiellement littéraire, et, en 7 17, la dixième, où il retraçait l'amour malheureux et désespéré de son ami Cornélius Gallus.

Il avait composé les Bucoliques sur les conseils de Pollion ; c'est d'après l'invitation de Mécène qu'il écrivit les Géorgiques, de 717 à 724 (37 à 30 av. J.-C). L'Italie venait d'être ravagée par la guerre civile ; le goût de l'agriculture s'éteignait; il s'agissait de rendre aux. vétérans l'amour des champs. Mécène songea a un poème sur l'agriculture écrit par Virgile; les vétérans des triumvirs devaient -ils être capables d'apprécier les beautés tendras de la muse virgihenne? On en doute; mais il est impossible de nier que le conseil d'écrire les Géorgiques ait été donné

VIRG

par Mécène à Virgile; le poëte le déclare laimême au livre III des Géorgiques. Si cette œuvre n'est point née d'elle-même dans 1 esprit et dans le cœur de Virgile, si elle ne s'est point imposée en quelque sorte au poète, si même elle a été suscitée par un ami, il n'en est-pas moins vrai qu'elle est entièrement sincère; la commande faite, puisqu'il y a eu commande, Virgile s'est livré à son sujet, il y a mis tout son talent et aussi tout son cœur ; jamais peut-être la campagne n'a été mieux ni plus sincèrement louée.

Après les Géorgiques, Virgile écrivit l'Enéide (725-735). Il mit près de onze ans à composer cette œuvre, toute patriotique et toute romaine. C'est la légende de Rome que Virgile a reprise et qu'il a chantée. Tout le monde, à Rome, connaissait l'œuvre entreprise par Virgile, et on sait quelle attente elle suscitait. On connaît les vers do Properce : t Je ne sais quoi de plus grand que l'Iliade est en train de naître ; »

Ncscio quid majus nascitur Iliade.

Auguste demanda à entendre des parties de l'œuvre avant l'entière composition, et on lui lut les livres II, IV, VI. Tous les esprits sont familiers avec le récit de la douleur d'Octavie écoutant la louange du jeune Marceline.

Pour mettre la dernière main a son ouvrage, Virgile voulut aller visiter la Grèce et UAsie, ou se passait la première partie de son action. A Athènes, il rencontra Auguste, qui revenait de l'Orient et qui le détermina k rentrer en Italie. Sa santé, déjà affaiblie, fut ébranlée peut-être par la fatigue du voyage; il mourut au retour, à Brindes ; il était âgé de cinquante et un ans. Son corps, transporté k Naples, fut enseveli sur le chemin de Pouzzoles; sur son tombeau, on grava cette épitaphe que lui-même avait composée : ilantua me j/etivit, Calabri rapuere, tenet mme Parlhenope; ceeini pascua, rwro, duces.

Virgile, dans son testament, avait demandé que son Enéide, œuvre inachevée, fut .brûlée. Auguste ne le voulut point, et L. Varius et Plotius Tucca furent chargés de la corriger; il ne leur était pas permis d'y rien ajou-

Virgile était d'une douceur de caractère extrême. Asconius vante sa bienveillance, son goût pour la vertu," sa science, son humeur exempte d'envie. « 11 se plaisait autant,

ajoute-t-il, aux louanges données aux autres qu'à celles qu'il recevait lui-même; il avait sans cesse à la bouche ce mot d'Euripide : ■ Tout est commun entre amis. » L'éloge que lui accorde Horace témoigne de son caractère doux et aifable; il dit, en parlant de Varius et de lui : « Les âmes les plus candides que la terre ait portées; »

...... Animai quales neque candidiorcs

Terra lulit.

Il aimait peu le inonde et le bruit; il se plaisait dans la solitude et venait rarement à Rome, où il'était respecté presque à l'égal de l'empereur. Un jour, au théâtre, le peuple se leva devant lui comme devant Auguste. Les dernières années de sa vie, il les passa presque tout entières dans la campagne de Naples, et, si l'on se rappelle certains vers des Bucoliques et des Géorgiques, il n'est point difficile de rêver quelle vie menait alors Virgile, vie toute de silence et de paix, adonnée à la contemplation, aux douces lectures, aux tristesses sereines, vie voilée, en un I mot ; c'est làjju'il couvait ses vers, en quelque sorte, qu'il les polissait on lui-même, longuement, avec un soin et une tendresse extrêmes, more ursino, comme l'ours lèche ses petits, ainsi que dit un commentateur. Virgile est là tout entier, dans ses promenades solitaires, et nous nous surprenons k être jaloux do ses pensées intimes, de ses sentiments muets, de tout ce qu'il ne nous a point dit; il nous fait bien entrer par quelques mots dans sa vie intérieure, mais cette vie intérieure est encore obscure pour nous, et il' nous plairait infiniment de la pénétrer. Mais ne soyons point trop avides; ne demandons point trop a connaître ces retraites de l'âme; Virgile nous a dévoilé quelque chose de son âme ; laissons lui ce qu'en son char-mant et mystérieux égoïsme il n'a pas voulu nous donner. Les poètes ont leur virginité.

Pourquoi faut-il que, dans cette vie douce et tendre de Virgile, pleine d'émotions si vraiment humaines, nous trouvions matière a reproche? Nous ne parlerons pas d'un malheureux amour, d'une passion grecque qui l'a consumé; telle qu'il nous la dépeinte, cette passion est presque chaste, quoique ardente, et si elle choque nos mœurs, il faut bien dire qu'elle n'était en rien contraire aux mœurs anciennes et qu'elle devient ainsi moins coupable. Mais ce à quoi nous faisons allusion, ce qu'il ne nous est pas permis de passer sous silence, c'est son amitié pour Octave, pour Auguste. Nous connaissons tous les arguments qu'on peut avancer pour l'excuser. Octave avait rendu à Virgile son patrimoine qui lui était si cher; pourquoi s'étonner de la reconnaissance uifeotueuso do Virgile? Le poëte aimait le repos, la solitude, les loisirs; ou lui donnait tout cela. Comment son cœur aurait-il pu n'être pas touché de tant de bienveillance? On ajoute que Virgile était peu ou point mêlé à la politique, que, renfermé en lui-même, avec ses beaux, rêves, son amour des champs, ses souvenirs

VIRG

du passé, dans la compagnie des héros de i l'ancienne Rome, il était indifférent au présent. Assurément, il faut tenir compte du caractère de Virgile, fait de tendresse et peu ouvert à la haine ; nous ne lui demandons point une opposition hautaine, et nous ne dirons pas en voyant ses rapports avec l'empereur que ce n'était qu'un courtisan; non, Virgile n'était capable ni do résistance tière, ni de courtisanerie ; mais il pouvait au moins, il devait s'éloigner d'Octave et vivre moins en amitié avec lui ; sa délicatesse aurait dû être frriissée par le contact de ce sanglant hypocrite. On regrette que non-seulement Virgile n'ait point évité Octave, mais qu'il l'ait loué, qu il l'ait loué outre mesure et, disons le mot qui n'est que juste, qu'il l'ait adulé. Il ne l'a point fait trop souvent, sans doute ; mais il l'a fait, et il faut, pour que nous l'oubliions un peu, que nous songions à toutes ses qualités charmantes et tristes, à cette tendresse de cœur infinie.

Après sa mort, Virgile fut aimé et même honoré pieusement; le jour de sa naissance devint une fête pour les dévots littéraires, et le po8te Silius Italicus lui éleva un autel. Au moyen âge, Virgile, mal étudié, mal compris, devint une sorte d'enchanteur, de magicien ; Dante, qui avait pour lui un respect célèbre, n'était pas étranger à ces erreurs et le considérait comme le représentant le plus élevé de la science et de la sagesse humaines.

Noua n'avons jusqu'alors guère fait que raconter la vie de Virgile ; mais, h propos de cet auteur, on soulève des questions qu'il est nécessaire d'examiner, Virgile a-t-il été imitateur, et en" quoi a-t-il été imitateur? Que! est le caractère propre d e sou génie? Quelles sont ses idées philosophiques? Quel est, chez ce chantre des Géorgiques, le sentiment de la nature? Enfin, quel est le caractère moderne que nous pouvons trouver en lui?

11 est évident que Virgile a été un imitateur, dans les Bucoliques surtout. Il imite Théocrite, et il ne se contente pas de lui emprunter ses sujets, il lui prend parfois des vers et des développements tout entiers ; il se sert pour la seconde églogue des idylles III, XI et XXI II de Théocrite; pour la troisième, des idylles IV et V ; pour la cinquième, des idylles I et VII ; pour la septième, des idylles VI et VIII; pour la huitième, des idylles II et III. Mais il est inutile d'insister sur Ls imitations qu'on trouve à chaque pas dans les Bucoliques; ce n'est guère là qu'un essai poétique de Virgile et comme une œuvre do jeunesse. L'imitation a une tout autre importance dans les Géorgiques et dans l'Enéide. Les emprunts ne sont guère dissimulés dans les Géorgiques; il traduit souvent et presque littéralement Aristote, Théophraste, Démocrite, Xénophon, Thucydide, Aratus, Nicandre; le Carthaginois Magon, à Rome Caton et Varron avaient parlé avant lui de l' agriculture ; Lucrèce, que Virgile aimait tant et dont il semble avoir rêvé la destinée, Lucrèce avait aimé et chanté la nature, et il a certainement beaucoup inspiré Virgile. Mais toutes ces imitations, Virgile les lait siennes. Au reste, écoutons à ce sujet un maître, Sainte-Beuve : « En vain, du temps de Virgile et depuis, dit-il, des critiques ont-ils essayé de réclamer sur ce grand nombre d'imitations et d'introduire à ce sujet l'accusation odieuse de plagiat. On a fait des volumes tout composés de passages empruntés aux Grecs par Virgile; il y en a eu des recueils qui ont paru chez les Romains peu après la publication de l'Enéide, et dans une pensée de dénigrement; on a refait de tels recueils à l'usage des modernes depuis la Renaissance, et dans une simple vue d'érudition.-Dès longtemps, la question est jutrée, et le sentiment qui a prévalu est celui qu'exprimait ainsi l'illustre Fox : « J'admire Vir- » gile plus que jamais pour cette faculté qu'il » a de douner 1 originalité à ses plus exactes » imitations. » Plus on examine, plus on en revient à cette conclusion qui concilie les droits du talent à tous les degrés et aux di-

VIRG

vers âges.

» Cependant, il faut tout dire : s il s agit des Latins, et en exceptant Lucrèce, qu'il semble avoir honoré comme un véiitablo ancien, Virgile en use un peu librement et certes avec un moindre sentiment de respect. C'est ainsi qu'en même temps qu'il prend àNœvius pour le fond, il dérobe à Eunius surtout, à Attius et sans doute à d'autres encore le petit nombre de bons vers et de beaux mots qui méritent d'être sauvés du naufrage et de l'oubli. Il fait comme Molière, il prend son bien où il le trouve. Comme on lui demandait ce qu'il faisait d'un Ennius qu'il avait entre les mains : «Je tire de l'or, répondit-il, du ■ fumier d'Ennius.» Ici, on sent moins le disciple pieux et l'admirateur que le poète, souverain à son tour, et qui use de son droit avec licence. Il sait bien qu'il fait honneur à ces vieux poètes italiotes et tout pleins de rusticité en leur prenant ce qu'ils ont de bon. S'il y a un beau vers perdu quelque part chez eux et comme tombé de leurs œuvres, il le place chez lui et le loge dans son palais de marbre en un lieu éclairé. Voilà leur vers devenu immortel 1 Ils n'ont qu'à le remercier, et non à s'en plaindre.»

Ainsi .Virgile imite, mais sans s'astreindre à une imitation servile; il fait passer tout ce qu'il dit, même ce qu'il emprunte, par son esprit et par son cœur, et on ne s y trompe

point, on sent que tout ce qu'il dit est personnel. Esprit délicat, âme douce et sensible, il n'a point la fougue magnifique de Lucrèce ; ilnousparli doucement, il rêve peutêtre plus qu'il ne pense ce qu'il exprime; il goûte tout ce qui est noble et délicat ; il va naturellement a ce qui est plein d'une touchante harmonie, aux sentiments les plus intimes, aux idées les plus belles. C'est ainsi qu'en philosophie il se laisse aller ici et là, sans système arrêté, à l'épicui éisme, au stoïcisme, à l'école académique. Il explique dans la sixième églogue la formation de l'univers, et il l'explique comme Lucrèce, en empruntant même ses expressions; ailleurs, il parle de l'âme immense qui vit dans la nature, qui se communique en toutes choses, par qui tout naît à la lumière et à la vie, et à qui tout revient après la dissolution de l'être ; ailleurs encore, il s'étend en vers magnifiques sur la purification et sur la résurrection des âmes. A quoi bon chercher au milieu de toutes ces doctrines celle que Virgile devait préférer? 11 était comme tant d'autres, et il les acceptait toute*, selon qu'elles charmaient davantage son imagination; il n'exprimait pas des doctrines, il épanchait des rêves.

Cette élévation d'esprit, cette noblesse de sentiments, cette tendresse qui animent Virgile dans ses rêves philosophiques, nous les retrouvons dans l'amour qu'il a pour la nature. Lucrèce, lui aussi, l'avait aimée; dégoûté de toutes choses, il s'était rejeté en elle; il avait chanté en elle la puissance créatrice d'où tout naît; il lui avait demandé la paix, et nous sentons dans toutes ses. descriptions frémir le cœur du poète. Virgile aima la nature d'une façon plus calme, plus sereine, mais il no l'aima pas avec moins de tendresse; enfant, il vécut aveu elle, et toute sa vie il lui conserva de l'amour ; il n'a guère vu en elle la puissance éternelle -•et féconde qui donne la vie à toutes choses; il s'est attaché seulement à toutes ses parties, il les a aimées, il leur a presque donné une vie humaine. La meilleure traduction ne peut donner l'idée de ces descriptions simples, pleines d'une vie tranquille et heureuse, parfois un peu voilées par un sentiment triste mais toujours doux. Horace avait bien raison quand, pour louer Virgile, il disait :

....Molle aique facetum Virgilio anmierunl gmidentes rure CamamS: « Les Muses amies, de lacampagne, ontdonné à Virgile le charme et la tendresse. ■ On peut dire que c'est la nature elle-même qui se chante dans les vers do Virgile.

11 est bien rare que ceux qui vivent à la campagne et qui l'aiment n aient point au fond du cœur quelque tristesse, le plus couvent cachée, mais qui de temps en temps vient doucement troubler le cœur. C'est cette tristesse aimable, sans troubles douloureux, qu'a Virgile. Il eu avait sans doute été touché dès son enfance, et nous aimons à nous le représenter jeune encore, ému d'une vague tristesse, dans les champs brumeux de Mantoue. M. Ampère, dans son Voyage dantesque, a. dit à co propos : « En approchant de Mantoue, il semble véritablement qu'on entre daus un autre climat. Des prairies marécageuses s'élève le plus souvent une brume fort épaisse. Par moment, on pourrait se croire en Hollande. Toud l'aspect delà nature change; au lieu de vignes, on ne voit que des prés, des prés virgiliens, hevbosa prata. On conçoit mieux ici la mélancolie de Virgile, dans cette atmosphère .brumeuse et douce, dans cette campagne monotone, sous ce soleil fréquemment voilé. • D'un autre côté, voici comment Chateaubriand essayait d'expliquer la tristesse de Virgile : «Une des premières causes de la mélancolie de Virgile l'ut sans douto le sentiment des malheurs qu'il éprouva dans sa jeunesse. Chassé du toit paternel, il garda toujours le souvenir de sa Mantoue; mais ce n était plus le Romain de la république, aimant son pays à la manière dure et âpre des Brutus ; c'était te Romain de la monarchie d'Auguste, le rival d'Homère et la nourrisson des Àluses. Virgile cultiva ce germe de tristesse, vivant seul au milieu des bois. Peut-être faut-il ajouter à cela des accidents particuliers. Nos défauts moraux ou physiques influent beaucoup sur notre humeur. Virgile avait une difficulté do prononciation ; il était faible de corps, rustique d'apparence. 11 semble avoir eu dans sa jeunesse des passions vives, auxquelles ces imperfections naturelles purent mettre des obstacles. Ainsi, des chagrins de famille, le goût des champs, un amour-propre en souffrance et des passions non satisfaites s'unirent pour lui donner cette rêverie qui nous charme daus ses écrits, i

La renommée de Virgile, immense déjà de son temps, no lit que s'accroître durant la décadence des lettres romaines et ne subit même aucun déclin durant l'obscurité du moyen âge. Mais, par une bizarrerie singulière, le poëte se métamorphosa en saint et en magicien. Toutes sortes de superstitions se groupèrent autour de son nom, ses œuvres étant à peine connues de quelques-uns, et se transmirent pieusement jusqu'à notre époque, surtout dans les environs de Naples et à Pouzzoles, où l'on montre son tombeau. Il n'y a pas longtemps encore, plus d'un lazzarone parlait do saint Virgile, avec un peu moins de vénérution, il est vrai, que de

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saint Janvier. Ceux qui le tenaient pour un grand magicien prétendaient que ce fut lui qui, par la vertu de ses charmes, a ouvert le chemin de Naples a Pouzzoles a travers le Pausilippe; qu'il avait construit, par art magique, le grand cheval de bronze qui était autrefois a la place de saint Janvier, qui fut renversé et brisé par mi tremblement de terre, et dont la tête colossale fut transportée dans la cour du palais Caraffa, et l'on ajoutait qu'il avait communiqué à ce cheval la vertu de guérir tous les chevaux malades qu'on faisait tourner autour de lui ou passer sous son ombre. En recherchant ce qui peut avoir donné lieu à ces singulières croyances, on arrive à penser que ce sont ses rares connaissances en tout ce qui concernait l'agriculture ; le soin du bétail et des troupeaux a pu être regardé par un peuple ignorant et se transmettre ainsi comme quelque chose de surnature! ; et quant à ce qu'on dit de la vertu qu'il avait communiquée au cheval de bronze, cette bizarre idée parait être venue des connaissances vétérinaires qu'avait Virgile, et qu'il avait appliquées souvent avec un succès qu'on trouvait miraculeux. On lit à ce sujet dans une vie de Virgile, imprimée en tête de la traduction de l'Enéide en vers italiens, par Annibal Caro, qu'il avait étudié à Napies la médecine et les mathématiques; qu'étant ailé à Rome il guérit beaucoup de chevaux malades des écuries d'Auguste ; qu'en conséquence il fut compris au nombre des officiers, commensaux de l'empereur, qui avaient part à la distribution journalière de pain qui se faisait à son palais ; qu'ayant ensuite reconnu et annoncé tous les vices d'un jeune cheval d'une beauté rare, dont les Crotoniates avaient fait présent à l'empereur, et en même temps guéri des chiens de chasse qui lui avaient été envoyés d'Espagne, il eut une double part dans cette même distribution. Tout cela n'a rien d'invraisemblable, et c'est sans doute la tradition de ces cures heureuses et de ces succès qui, dans les siècles postérieurs, se sera grossie et aura propagé les ci oyances populaires dont nous avons parlé. Cette bizarre opinion a de bonne heure préoccupé les savants, qui ont cherché à en retrouver l'origine; plusieurs même ont supposé qu'il avait réellement existé au moyen âge un Virgile magicien, absolument distinct du Virgile poeie et contemporain d'Auguste. Parmi les auteurs qui ont traité la question en l'envisageant de différentes manières, nous citerons Dobeneck, dans ses Croyances populaires et légendes héroïques du moyen âge; Sohiuidt, dans ses Contributions à fhùtoire de la poésie romantique; les Mémoires de Trévoux, San-Marto, Dunlop, Keller, Sibenhaar, Fr. Michel, etc. Un de ceux qui nous semblent avoir exposé le problème le plus lucidement est M. Edélestand Duméril, dans ses Mélanges archéotoyiques.

Les ouvrages du moyen âge dans lesquels le rôle surnaturel de Virgile est le mieux accentué sont : l'Image du monde, le Roman de Cléomadcs, le Roman de Renars Contrefais, la Fleur des histoires, etc. M. Duméril commence par combattre l'opinion qui veut compter deux Virgile différents, un appartenant à l'antiquité et l'autre au moyen âge. «Les relation.-) avec un empereur Octavien, dit-il, qu'attribuaient à ce Virgile les récits du moyen âge, son séjour alternatif à Rome et à >iaplus, la place de son tombeau et un pas- Sage très-significatif de Planciades Fnlgentius ne permettent point de douter qu'il ne s'agisse réellement du grand poëte romain. Comme dans la plupart des traditions populaires, quelques rapports de nom ou d'histoire y ont mêlé des éléments de pure imagination,!

Au commencement du xvrr8 siècle, on montrait gravement à Florence le miroir dont Virgile se servait pour ses opérations de nécromancie, et, sans y attacher Ja mémo importance superstitieuse, encore dans le dernier siècle on en gardait un semblable dans Je trésor de Saint- Bénis. L'image de Virgile se portait au cou comme un talisman contre les enchantements, et la croyance 5. sou pouvoir magique était universellement reçue. Quelques superstitions populaires recueillies ça et là dans les Bucoliques comme traits de couleur locale parurent des formules magiques, et les plus incrédules regardèrent 1s VI» livre de l'Enéide comme l'expression des doctrines secrètes de quelques philosophes, pour lesquels la mort elle-même n'avait plus de secrets. Comme il arrive après un certain temps dans toutes les traditions, des circonstances fortuites et sans aucune signification réelle, furent interprétées dans le sens de l'opinion populaire et rendirent la -magie de Virgile plus vraisemblable. Son aïeul maternel se nommait Mngius, et l'on en conclut que ses connaissances surnaturelles étaient uu héritage de famille. Il avait ordonné en mourant que l'on brûlât un livre imparfait, qu'il jugeait indigne de son génie, et cette preuve, d'ailleurs fort suspecte, d'une timidité maladive parut un de ces désirs si familiers aux enchanteurs d'emporter avec eux leurs secrets dans la tombe. Son nom (Virgilius) lui fit attribuer cette divination de l'avenir où l'on composait des oracles en jetant au hasard de petites baguettes (virgae) marquées chacune d'une lettre différente. On prétendit même, en s'appuyant sur les vers célèbres,

Magnus ab intégra...,

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que Virgile avait prédit la venue de Jésus- Christ ; aussi l'Eglise lui donna une place dans ses chants liturgiques à titre de prophète; on chantait, le jour de NoSl ; Maro, Maro, *vales gentilium, da Chrisio, (teslimonium). On s'imagina même, par suite d'un anachronisme naïf, que saint Paul entreprit un voyage exprès pour le convertir et tenta de s'emparer des livres magiques dont on lui attribuait la possession. En résumé, l'autorité de Virgile était devenue souveraine en toute chose dans le moyen âge ; Dante l'appelait virtù somma ; le Roman de la Rose le citait comme une preuve irrécusable des plus aventureuses assertions. Aussi, au bout de quelque temps, cette popularité commença à porter ombrage au clergé, qui le proscrivit à double titre, comme poste et comme magicien. Alcuin affectait d'en parler avec mépris; Notker détournait son élève Salomon d'une lecture si peu chrétienne; et en résistant au charme qui l'attirait à l'étude de l'Enéide, l'abbé de Cluny, saint Odon, croyait obéir à un songe surnaturel. En s'exagérant outre mesure, ces dévotes répugnauces contribuèrent à la réputation de magie du poète, que tout le monde semble avoir acceptée dans le xme siècle.

Pour légitimer la grande renommée de Virgile, on lui attribua donc des œuvres plus propres à le grandir. Quelques-uns en firent un fondateur de villes; mais la plupart lui attribuèrent des choses qui préoccupaient le plus vivement les esprits de leur temps, et, par la conséquence naturelle du changement qui s'était fait dans les idées, il se trouva aussi changé en un savant maître et en un puissant magicien. S'il fût mort après l'ère chrétienne, on l'eût sans doute reconnu pour un. saint; mais l'époque de sa naissance rendait cette canonisation trop difficile, et le peuple se contenta d'en faire un prophète qui avait prédit la venue du Christ. Dès lors le champ est ouvert à toutes les fantaisies de l'imagination populaire qui prête à Virgile des actes tout à fait fantastiques et le rend absolument méconnaissable j on rattacha au fond historique de sa vie une foule ; de légendes isolées, hétérogènes, de prove- | tiance et de nationalités diverses, dont on ! forma un tout factice et sans unité, constij tuant la tradition du Virgile magicien, inso- , tuble si on la prend toute faite, mais parfai- : tement explicable si, comme nous l'avons fait avec M. Edélestand Duméril, on remonte , jusqu'à ses origines et à la première phase

de sa création. 1 On a un grand nombre de manuscrits de

■ Virgile; six, en lettres onciales, sont anté- I rieurs aux barbares. L'édition princeps de i Virgile est de 1469, Publius Virgilius Maro,

Opéra (Rome, Conrad Sweyuheim et Ar-

, nold Pannartz, pet. in-fol., caract. ronds);

; une 2« édit. sans date, donnée par les mêmes

1 imprimeurs, doit être de 1171; il y a une

! autre édition, s. 1. n. d., in-fol. goth., impri-

; mée avec les caractères de J. Mentelin, premier imprimeur de Strasbourg (vers 1469);

. elle est fort rare. Brunet en cite unexemplaire

j vendu 760 francs à la vente La Vallière, un

■ autre vendu 1,200 francs, a celle de d'Our- | ches,et 100 liv. 16 sh. (2,520 francs) à celle de I Hiubert. Yirgilii Bucolica, Georgica et sEneis ! (Venise, par Vindelin de Spire, 1470, in-fol.), ] est une édition plus belle, plus correcte et ', presque aussi rare que les précédentes. Parmi j les autres éditions, nous citerons: en 1472, i celles de Venise, par Barthélémy de Crémone j (in-fol.); celle de Milan, par Zarot (gr. iu-4°) i et plusieurs autres édit. in-fol. ou pet. in-fol.; | en 1473, l'édition de Brescia (in-fol.), celle de : Rome (également in-fol.) et celle de Léo- I nard Aciiates, imprimeur a Bâle (in-fol.); en

| 1474, celle de Milan (gr. in-4»), qui renferme

! des variantes que Maittaire a rapportées dans

■ son édition de Londres en 1715; en 1475, ; celle de Modène par Jean Wurster, celle de j Milan par Ant. Zarot, et celles de Venise, . l'une par Nicolas Jenson, l'autre , Cum com-

mentariis M. Seruii Honorati, par Jacques Lerouge, dans laquelle, pour la première I'o;s, le commentaire de Servius se trouve joint au texte. Il y a une édition de Louvhîd, par Jean de Westphalie (1475-1476, en 2 part.); elle est de format in-fol., ainsi que les précédentes. Nous citerons encore, parmi les anciennes éditions de Virgile,celles de Vicence, par Jean de Vienne (1476, in-fol.); de Milan, par Léonard Pachel d'Ingolstadt et Ulric Seinzenzeler (1478, in-fol. goth.; 1481, in-fol.); de Paris, par Ulric Gering (1478, gr. in-4») ; de Parme, par André Portilia (1479, in-fol.); de Vicence , cum commentariis Servit Mauri Honorati (Venise, Jacques Lerouge, 1480, in-fol.); de Milan, par Zarot ; de Parme et de Venise (1482, in-fol.}; de Brescia (1484, in-fol.); de Brescia (1485, in-fol., en caract. rom-, avec des sign. et un registre); de Venise (i486, in-fol.); de Florence (U87, in-fol.), les cinq dernières avec les commentaires de Servius; de Venise (1491, in-fol.), avec commentaires de cinq auteurs : Servius, Donat, Lundinus, Calderinus et Mancinelli, et qui fut réimprimée à Venise cinq ou six fois avant l'année 1500; de Lyon (1492, in-fol.), avec les commentaires de Donat, de Landinus et de feervius; celles de Paris (Ulric Geling, 1403 et 1498, in-4°, en lettres rondes); sEneis Virgiliana cum. Servii Honorati grtimmatici commentariis, Ph. Beroaldi annotationibus, Jodoci Badii Ascensii elucidatione, etc. (Paris, Thielm. Kerver, 1500, pet. in-fol.) ,

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1"> édit. du Virgile de Badius; on joint a ce . volume : l° Bucolica et Georgica (Th. Kerver, s. d.), avec une préface de Badius, datée de 1500, et la notation des tons du chant de ces poésies; 2» P. Virgilii Mar. Culex Diras, JEthna, Moretum, etc. (Lutèce, Th. Kerver, 1501, in-fol.) ; Vergilius (sic) (Venise, Aide, 1501, in-8°), premier livre imprimé avec le caractère dit italique; un imprimeur de Lyon a donné une contrefaçon de cette édition en 1502; P. Virgilii Maronis Opéra, cum quinque commentariis (Strasbourg, J. Grieninger, 1502, in-fol. goth., fig. sur bois par Séb. Brandtj lesquelles ont été reproduites dans une édition imprimée à Lyon, 1517, in-fol.); Virgilius (Venise, Aide, 1527, in-8»),' édit. rare, dont un exempl. aux armes de Grolier, rel. en mar. jaune, a été vendu 1,600 francs à la vente Renouard en 1854, et revendu 1,905 et 2,850 francs; un autre exempl. en mar. noir, également aux armes de Grolier, moins bien conservé que celui de Renouard, 1,260 francs.

Les principales éditions latines de Virgile sorties des presses parisiennes depuis le commencement du xvie siècle sont les suivantes : celles de Simon de Colines (1526, in-8°, lettres rondes); de Rob. Estienne, 1532, in-fol.; 1533, in-8°) ; de Jean Petit (1535, in-s<>); de Fr. Renault (1537, pet. in-8°, avec fig. sur bois); de Jean Macé (1540, in-4°) ; de Mioh. Fezandat (1541, in-40, édit. réputée pour sa correction); de Séb. Nivelle (1600, in-fol.), dans laquelle le texte du Servius est amélioré et le commentaire de J. Philargyrius publié pour la première fois; de l'Imprimerie royale (1641, in-fol.) ; Ad usum Delphini, cum interpret. et notis Car. Rusei (1682^ in-4») ; de Barbon (1767,2 vol. in-12, fig.); de Pierre Didot (1791, pet. in-fol) ; du même (1798, gr. in-fol., flg. d après-Gérard et Girodet), chefd'œuvre de typographie, également recommandable pour sa correction; du même (an VI, 1799, in-18), la première et la plus belle de toutes les éditions stéréotypes de P. Didot) ; de Lefèvre, impr. par f. Didot (1821,

2 vol. gr. in-32, portr.) ; celle de la Bibliothèque classique latine de Lemaire : P. Virgilius Maro, qualem omni parte illustralunt tertio publicavit Ch. Gottl. Heyne, oui Servium pariter integrum et variorum notas,

-cum suis subjunxit N.-E. Lemaire (Paris, 1819-1822, 9 vol. in-8», fig.); le IX" vol. contient la Flore de Virgile, par L.-A. Fée ; enlin l'édition de la collection elzévirienno de Finnin Didot (1858, in-16, fig. et fil.). Les autres éditions les plus remarquables imprimées en divers endroits sont : Virgilii Poemata, twvis scholiis illustrata, qux H. Slephanus partim domi nata, partim e virorum doctissimor. libris excerpia dédit, etc. (Genève, vers 1576, avec la marque de H. listienne), réimpr. par lemême en 1583, et par Paul Estienne en 1599 (in -8°); Bucolica, Georgica et JEneis, argumentis, explicationibus, notis illustrata, auctore J.-L. de La Cerda (Lyon, Cardon, 1612-1 6 17, 3 vol. in-fol.); l'édition originale est de Madrid (1608-1617,

3 vol. in-fol.) ; Virgilii opéra, cum commentario Fr. l'aubmanni, ex editione Chr. Taubmanni (Wittemberg, 1618 , in-4»); Virgilii opéra, ad J. Pontuni castigationes excussa (Sedan, 1625, in-32); Virgilii opéra, nunc emendatiora, ex recensione 1). Heinsii (Leyde, Elzévir, 1636, pet. in-12), édit. peu exacte, mais des plus jolies et des plus recherchées ; celle d'Amsterdam (1676, pet. in-12) est plus correcte, mais bien inférieure comme exécution typographique ; Virgilii opéra, cum notis variorum, edente Corn. Schrevelio (Leyde, 1661 ou 1666,in-S°); Virgilii opéra,

per J. Ogilcium édita et sculpturis xneis adornata (Londres, 1658, gr. in-fol., grav.) ; Virgilii opéra, cum notis variorum, quibus accedunt observationcs J. Emmenessii (Leyde, 1680, 3 vol. in-8°, fig.); Virgilii opéra, ex recensione Mien. Maittaire (Londres, 1715, in-12); Virgilii codex antiquissimus a Rufio Turcio Aproniano distinctus et emendatus qui ■nunc Ftorenliœ, in bibliotheca Mediceo-Laurentiana, adservatur typis descriptus (Florence, 1741, pet. in-4°) ; Anliquissimi codicis Virgiliani fragmenta et pictural, ex biblioth. Vaticana,ad priscos imaginum formas a Pet. Sancte Bartholi incisx (Rome, 1741, in-fol.), avec 55 pi. qui avaient d'abord paru en 1677 (in-4°) et en 1725 (in-fol. sans texte), plus 3 pi. tirées d'un autre manuscrit de Virgile, du Vatican; il y en a une dernière édition (Rome, 1782, in-4<>) ; Virgilii opéra, cum integris commentariis et notis vaiiorum, quibus et suas animadversiones addidit P. Burmannus, etc. (Amsterdam, 1746, 4 vol. iu-4°, bonne édition); Virgilii Bucolica, Georgica et jŒaeis (Birmingham, J. Baskerville, 1757, gr. in-4»), chef-d'œuvre do cet imprimeur; Virgilii opéra, ex antiquis monumenlis, cura et stud. H. Justice (La Haye, 1757, 5 vol. gr. in-8°); la curiosité de cette édition consiste en ce que le texte est gravé; Virgilii opéra, (Parme, Bodoni, 1793, 2 vol. gr. in-fol.); V/rgilii opéra, emendabat et notulis illustrabat G. Wukefield (Londres, 1796, 2 vol, pet. in-8°); Virgilii opéra (Londres, 1800,2 vol. gr. in-£°, lig.), belle édition, dont les figures sont copiées sur celles de Gérard et Girouet de l'édition de Pierre Didot; Virgilius Maro, varielate lectionis et perpétua adnotatione, etc., illustratus, a C.-G. Heyne ;editio novis curis emendata et aucta lertia (Leipzig, 1800, 6 vol. gr. iu-8°, fig-), belle et bonne édit., regardée comme un des chefs-d'œuvre de la

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critique classique et dont Lemaire s'est servi pour l'édit. de Virgile de sa Bibliotheca clossica latina; Valpy pour son édition de Londres (1819, 10 vol. in-8°), Priestley pour une autre édition de Londres (1821, 4 vol. gr. in-8°); Wagner en a publié une nouvelle

[ édit. (Leipzig et Londres, 1830-1841, 5 vol.

I gr. in-8°) ; Virgilius (Londres, G. Pickering, 1821, in-48), avec titre gravé et portr., impr. en caractères diamants) ; Virgilii opéra recensuit O. Ribbeck (Leipzig, 1859-1862, 3 vol. in-8»).

— Œuvres complètes de Virgile, en six langues, texte latin d'après Heyne; trad. en vers français par Tissot et Delille; en vers espagnols, par Gusman, Velasco et Luis de Léon; en vers italiens, par Arici et Annibal Caro; en vers anglais, par Warton et Dryden ; en vers allemands, par Voss ; précédées de la Vie de Virgile et de notices bibliogr., etc., par J.-B. Monfalcon (Paris, 1835-1838, gr. in-8» a 2 col.); Georgicorum libri IV et JEneidis lib. XII, grmeo carminé heroico expressi, studio et labore Eug. dô Bulgaris (Pétersbourg , 1786-1792, 4 vol. in-fol., texte latin avec la traduction grecque) ; les Œuvres de Virgile, translatées de latin en françoys, les Bucoliques et les Géorgiques, par Michel, dit de Tours, et l'Enéide, par Ociavian de Sainci-Gelais, le tout envers (Paris, Galiot du Pré, 1529, in-fol. goth., avec fig. sur bois) ; les Œuvres de Virgile, traduites de latin en françois, les Bucoliques et Géorgiques, par Cl.Murotet R. Le Blanc; les XII livres des Enéides, par Loys des Mazures (Paris, 1578, 1580, 158S, et Lyon 1606, pet. in-12; Rouen, 1608, i-tColigny, prés de Genève, 1615, in-16); Virgilii opéra, e cod. Mediceo-Laurenl. descripta,ab Ant. Ambrogi ilalico versa reddita (Rome, 1763-1765, 3 vol. gr. in-fol., fig.; 1770, 4 vol. pet. in-8»); The

Works of Virgilius, translaled and illustraied with annotations, by John Ogilvy (Londres, 1654, 1061, in-fol., avec 100 lig. de Hollar, Faithorn et Lombart); Virgil's Works, translated into english verses, by Dryden (Londres, 1698, in-fol. lig., souvent réimpr.; Londres, 1772, 4 vol. in-12); une des meilleures édit. est celle qui a été revue et corrigée par John Carey (Londres, 1806, 3 vol. in-8", fig.) ; Notes on Dryden's Virgil, by L. Miibourne (Londres, 1698, in-8u) ; The Works of Virgil in tatin and in english, the /Eneid transi, by Chr. Piit, the Ectogues and Georgics with notes on the whole by J. Warlon (Londres, 1753, 4 vol. \n-8°, fig.; 1778,4 vol. in-80) ; The Works of Virgil, transi, by R, Andrews (Birmingham, 1766, in-S°); Translation of the works of Virgil, partly original, partit/ ultered from Dryden and Pitt, with «limerons nvfes 6^ John Ring (Londres, isïo, 2 vol. gr. in-8») ; Werke, ùbersetzt. von J.-H, Voss (Brunswick, 1799, 1822, 3 vol. in-S°, traduct. en vers allem.); Werke, Hbersetzl. von Ludw. NeiifferwtdC.-N.Osiander(&\,aHgard, 1830-1836, 6 vol. in-16).

— Editions séparées des Bucoliques , des Géorgiques et de l'Enéide. La plus ancienne édition séparée des Bucoliques est d'Olric Zell (Cologne, vers 1467, in-4«); il y en a une autre s. 1. n. d. (vers 1475, in-4» goih.); puis on cite celles de Brescia^vers HS0, in-4» goth.), de Deventer (1492, 1496 et 1499, in-4»; 1494, in-fol,, avec comment.), de Londres, Caxton (1512, in-4°), etc.; les Bucoliques de Virgille Mitron, auec cinq autres Hures par luy composez... tous par rime translates nouuellement de latin en françois, par Guill. -Michel, dit de Tours, auecques l'exposition et comment, en prose (Paris, 1516, pet. in-4» goth.); les Eclogues de Virgile, trad. en carmes françois, la première par Ci. Marot, ies autres par R. Lt; Blanc (Paris, 1555, in-8»); les Bucoliques, irad. par Gresset (Blois, 1734, in-12); les Bucoliques, par Tissot (1801, in 4U); les Bucoliques de Virgile, trad. en vers français par de Langeac (Paris, 1806, gr. iu-4°, avec 10 fig.); les Bucoliques, trad. par Tissot (Paris, 3eedit., 1812; 46 édit., 1822, gr. in-18); c'est la meilleure traduction des Bucoliques en vers français ; les Bucoliques de Virgile, précédées de plusieurs idylles de Théocrite, de Bion et de Moschus, trud. en vers français

Ïiar Firmin Didot (gravé, fondu et impr. par e traducteur, Paris, 1806, pet. in-S» ; réimpr. en 1823, in-12); les Bucoiiques... en vers français, avec tous tes passages des auteurs grecs et latins imités pur Virgile et des auteurs des diverses nations gui ont 'mité Virgile, par Saint-Maisony de Lauréal (Paris, 1821, in-S»); Las Bucolicos de Virgilio, tournados en bers agenes,d'ambe lou lati à coustai,per fa beire ta fidelitat de ta traduction, par Guill. Delprat (Agen, 1666, in-12); La Bucolica di Virgilio, tradotta da Bernardo Pulci, con le Bucholiche di Fr. de Arsochis, di Hieron. Benivieni e di Jac. Fiorino de Boninsegni (Florence, 1481, in-4"; 1494, pet. in-4°); Bucholica vulgare de Virgilio, composta per Fossa de Cremona (Venise, 1494, in-4»); Georgica P. Virgilii Maronis in quinque litiguas conversa, liispanicam a Jo. de Gusman, germanicam a Jo.-H. Voss, anglicam a G. Sotheby, italicam a Fr. Soave, gallicam. a J. Delille (Londres, 1S27, in-4» impér.); les Géorgiques translatées de latin en français et moralisées, par G. Michel (Paris, 1519, iu-8» goth., fig. sur bois); les Géorgiques trad. en vers 'français, ouvr. posthume de Martin (Rouen, 1708, in-8»); ies Géorgiques, trad. en vers françois, avec des notes, par J. Delille (Paris, 1770, gr.

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in-8°, fig.; plusieurs autres éditions, dont la plus belle a été imprimée par P. Didot l'alné, 1807, gr. in-4°, avec 5 fig.). Citons encore les traductions en vers français de Lefranc de Potnpignan (1784, in-8°) et de Mollevaut (1830-1834, 4 vol. in-18); Virgil's Busbandry, v>itli notes critical and rustic (Londres, 1724); Virgilii Georgicarum libri IV, EclogsX, with an english translation and notes by John Martyn (Londres, 1741-1749, 2 vol. in-4o, flg,). Hensley a imprimé à Londres, en 1813, une «dit. gr. in-8° de la traduct. des Géorgiques par Martyn, avec 37 pi. de botanique coloriées.

Les premières éditions de VEnéide sont celles de Barcelone (vers 1490, in-4», fort incorrecte) et de Deventer (vers 1495, in-40 goth,); les Eneydes de Virgille translatez de latin en' français par messire Octauian de Sainct-Gelaiz (Paris, Ant. Verard, 1509, infol. goth. à 2 co!., avec fig. sur bois; ire édit. de cette traduct., Paris, Mich. Le Noir, 1514, pot. in-fol. goth.); VEnéide, trad. en vers français par L. des Mazures (1560, in-4°), pur Perrin (1648-1658, in-4»), par Serrais (1668-1681, 2 vol. iu-4°), par de Miirolles (1073, 2 vol. in-4<>), par Boissière (1798, 2 vol. in-8«); VEnéide, trad. en vers fiançais par J. Delille (Paris, an XII [1804], 4 vol. gr. in-4», avec 4 fig.; 1814, i vol gr. in-8», fig.); l'Enéide, trad. en vers français par J.-M.- Hyacinthe Gaston (Paris, 1804-1807, 2 vol. in-80 et 4 vol. io-12). Nous eiterons encore la traduction de VEnéide en vers français par Barthélémy (Paris, 1 835-1838, 4 vol. in-8°) et la traduction en prose par Pongerville (1843, in-12); l'Enéide di Virgilio. det commendatore Annibal Caro (Venise, 1581, in-4» ; Paris, 1760, 2 vol. gr. in-8», fi;,'.; Milan, 1816, in-8°, portr.; Rome, 1819, 2 vol. gr. in-fol., flg., édit. de luxe exécutée aux frais de la duchesse de Devonshire); VEnéide di Virgilio tradotta da Cl. Bondi iwientala, e incisa ail' acqua forte da B. Pinelli (Rome, 1811, in-fol. obi., avec 50 pi.; belle édit. d'une traduct. de VEnéide, vers ital., dont la première édit. est de Parme, 1790, en 2 vol. in-8°; elle a été réimpr. dans les Œuvres de Bondi en 1800); VEnéide di Virgilio, tradotta in versi da Vit. Alfieri (Londres [Pise], 1804, 2 vol. in-8°, dans les Œuvres posthumes d'Alfieri) ; VEnéide di Virgilio dipintti in scanditato da Nicolao Abbati; i designi incisi da Ant. Gajtini di Botogna, ed illustrati con una memoria del cav. G.-B. Ventvri (Modène, 1821, gr. in-fol.); la Eneida de Vergilio, traduzida en ocluva rima y verso eustellano, por Gr.- Hern. Velosîo (Valence, 1793^ 2 vol. pet. in-8"; la lre édit. est celle d'Anvers, s. n. du traducteur, 1557, in-12); Eneida portugueza de Virgilio, por Joao-Franco Barreto (Lisbonne, 166S-1670, 2 vol. in-12; 1763, 1808, 2 vol. pet. in-80); The whole XII books of JEneidos of Viryill, where uf ihe first IX, and par.t of the tenta, toere converted iuto english by Th. Phaer (Londres, 1573, in-40); The JÉneide translated by Chr. Pitt (Londres, 1740. 2. vol. in-4o, réimpr. dans les Œuvres de Virgile publ. par Warton); l'Enéide de Virgile en arménien (Venise, 1845, gr. in-8»,

fig.)-

L' 'Enéide a donné lieu, en outre, à un certain nombre d'imitations et de travestissements, dont voici les principaux : le Livre des Enéides (Lyon, 1483, in-fol. goth.), espèce de roman en prose dont VEnéide a fourni le sujet; The Book of Eneydos (Londres, Caxton, 1490, in-fol.; traduct. de l'ouvrage franc, extrait de Virgile, Lyon, 1483); le Virgile irrtvesty en vers burlesques, par Scarron (Paris, 1668, pet. in-12; cette édit. contient seulement les huit livres composes par Scarron ; le même ouvrage, avec la suite de Moreau Brasei, nouv. édit. par Victor Fournel (Paris, 1858, gr. in- 18); Virgile en France ou la Nouvelle Enéide, poème héroïcomique en style franco-gothique, orné d'une figure à chaque chunt,pour seruir à l'histoire de nos jours, par Le Plat du Temple (Bruxelles, 1807, 2 vol. in-8°); ces deux vol. ont été saisis pur la police française aussitôt leur publication; ils renferment les six premiers livres de VEnéide de Virgile et les six premiers chants de la Nouvelle Enéide ; l'auteur n'en a pas donné la suite; Virgille virai en borgaignon (aï Dijon, cité Ant. de Fay, 1718- 1719-1720, 1 vol. in-12, traduct. des deux premiers livres de VEnéide et du commencement du troisième); Virgille virai en borgaignon, choix des plus beaux livres de l'Enéide, publié par C.-N. Auianton (Dijon, 1831, in-isj; «e volume contient les livres II, IV et VI, avue quelques épisodes; Virgilo déguisât, o VEneido burlesco, del Sr de Valêsj de Mountech (Toulouse, 1648, in-40); VEneido de Virgilio, libre quatriesme, revestit de naou, et habillât à la brullesco, suivi du Retour da Bidon, par le sieur de Bergoing (Narbonne, 1652, in-4°; il y a une autre trad. en vers languedociens des livres I", II, IV et VI, par un sieur d'Estagniol, avocat, Béziers, 1682, pet. in-12); Liber Eneidos (Vicenee, 1470, in-40), traduct. italienne d'un abrégé de l'Enéide en prose et distribué par chapitres en forme de roman, originairement composé en langue vulgaire grecque pour l'usage da Constance, fils de l'empereur Constantin (réimpr. a Venise, 1528, in-80) ; Il Libro de lo fumoso et excellente poeta Virgilio Mantoano chiamato la Eneida vulgare (Bologne, 1491, in-4°), poemo en octaves d'un auteur inconnu, qui a irait© le même sujet que Virgile, sans s'as-

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treindre à faire une traduction fidèle de l'Enéide ; JEneis travestist, von A . Blumauer (Vienne, 1784-1788, 3 vol. in-12); Inclyta JEneis, a Joa. Lucienbergio (Francfort, 1576, pet. in-4°), pièce en dix actes composés de centons tirés de Virgile; Probx Falconis centoVirgilianus, seu centimetrum de Christo, versibus Virgitianis compaginatum (Venise, 1472, in-fol.; Cologne, 1601, in-12; Magdebourg, 1719, in-8°); A. Ross, Virgilii eoangelizanlis Christiades , libri XIII (Londres, 1634-1638, in-8°; Rotterdam, 1653, in-12); c'est un canton sur la vie du Christ, tiré des œuvres de Virgile, et qui a été beaucoup admiré lors de sa publication; Elégantes variorum Virgilio-Omdio-Centones de opificio mundi, Christo Deo, Deique Maire, etc. (Mons, 1617, in-8»); P. Virgilii Maronis Sibylla Capitolina poematum interpretatum et notis iltuslratum a S. L. [P. Daudél (Oxford, 1726, in-8°); ces centons sont relatifs à la dispute occasionnée par ta bulle Unigenitus ; L. Schroterus, Opus epithetorum, phrasium et synonymorum ex Virgilio coltectorum (Servest, 1593, in-4<>); j. Feller, Flores philosophici ex Virgilio collecti (Leipzig, 1861, in-8"). Parmi tes biographies et commentaires de Virgile, nous citerons :Aulu-Gelle(SaMu-vi); Macrobe (Sat. 1, 24; v, 12 et suiv.); Servius ( t.'omm. ad Virgilium) ; Donatus (P. Virgilii Maronis vita) ; Fabricius (Bibl. lat,, t. I") ; Sixe (Onomasticon liter.); Chr. Landinus, Allégorie in Virgilium, à la suite de sa dissertation De vita conlemplutiva (veis 1481, in-40); p. Béni, Comparatione di Bomero, Virgilio e Torquato et a chi di lora si debba la palma nell' heroico poema (Padoue, 1607, in -4°) ; J. P. Sabini, Commentarii in Virgilii opéra (Bâle, 1544, in-8"); F. Petit, Opéra Virgilii in locos communes digesta (Cologne, 1001, in-8°) ; A. Geiitilis,Van> lectiones Virligianx, (Hanovre, 1603, in-8°) ; Salomon Codomann, Oratio poetica de P. Virgilio Muronç (Giessen, 1610, in-8°) ; Ejusdem commentant in VI lib. priores Virgilii, etc. (Padoue, 1614, in-40); T. Gallucci, Virgilian& vindicationes (Rome, 1621, in-40); Johau. Schuller, Oratio de Virgilio poetarum tatinorum principe { Francfort-sur-l'Oder, 1630, in-40) ;Th. Farnaby, NotB ad Virgilium (Londres, 1634, in-8°) ; Observations on the poenis of Borner and Virgil, translat. from the french by J. Davies (Londres, 1672, in-12); R. Rapin, Discours sur la comparaison entre Virgile et Homère (Paris, 1668, iu-40; trad. en anglais (Londres,1072,in-8° ;en lat.,Utreeht, 1684, in-80); Mich. Barth, Vita P. Virgilii Maronis, carminé heroico descripta, etc., multis in locis correctior et emendatior , édid. J.-Fr. Heckel (Zwickau, 1676, in-40) ; Some gênerai critical observations, and several ncm remarks upon Virgil, by J. Denis, & la suite de ses Remarks on Blackmore's prince Arthur (Londres, 1696, in-80) ; J.-W. Berger, Dissertatio de P. Virgilio oratore (Wittenberg, 1703, in-4°) ; Critical observations on the principal ancient and modem poets, by W. Coward, avec sa Licentia poetica discussed (Londres, 1709, in-8°) ; B. Averani, In Virgilium dissertationes .X/'Vdans ses Opéra omnia (Florence, 1717, 3 vol. in-fol.); Erhard Reusch, Disguisiiio de P. Virgilio Alarone jurisconsullo, «œ ecloga III, v. 17-24 inslitula (Helmstœdt, 1728, in-40) ; W. Benson, Virgil and Milton's arts of verse, avec ses Lelters concerning poetical translations {1139); Histoire de la guerre entre les partisans de Virgile et ceux d'Homère, par Boivin ( Hist. de l'Acad. des inscriptions , t. 1er, p. 176); G. Meusel, Commentaiio de Theocriti et Virgilii poesi bucolica (Gœttingue, 1766, in-4*»); Carl-Gotllieb Franeke , Dissertatio de P. Virgilio Marone, scientissimo simititudinis archiiecio (Friedrichstadt, 1770, in-40); J.-A.-H. Tittmuun, De Virgilio Bomerum imitante (Leipzig, 1787, in-40) ; Gott.-Chr. Lauter, Dissertatio de Virgilio imitatore Homeri (Heidelberg, 1796, in-40): Etudes sur Virgile, comparé avec tous les poètes épiques et dramatiques des anciens et des modernes, par P. -F. Tissot (Paris, 1825-1830, 4 vol. in-80) ; Quelques recherches sur le tombeau de Virgile au mont Pausilippe, par Gabr. Pcignot (Dijon, 1840, in-8°); O^kar Arrhenius, Tal om P. Virgilius Maro (Carlstadt, 1841, in-8°) ; Home, ses novateurs, Ses conservateurs et la monarchie d'Octave Auguste ; études historiques sur Lucrèce, Catulle,Virgite, Horace, par J, Legris (Paris, 1846, in-so), lie-, marques sur Virgile, sur Homère, etc., par P. Faydit (Paris, 1705-1710,2 vol, in-12) ; M. Barth, De Virgilio sermo heroicus panegyr. continent ferme narrationem vits illius {Leipzig, 1558, in-40) ; Seybold, Ueber den Virgil (Bùchsweiler, 1789, in-40); F.-G.

Klupfer, Moretum quod Virgilio ndscribilur, cum vers, et anim. (Zwickau, isoo, in-4") ; G. Dornseiifen, Onomasticon poeticum in primis Virgilii, Boratil et Oui'rfïi(Utrecht, 1808, in-8°); G. Waddcl, Animadversiones critias in loca quiedam Virgilii, Horatii, Ooidii et Lucani (Edimbourg, 1734, in-12); Remarks and dissertations on Virgil, by E. lloldsworih, published with notes, etc., by Spence (Londres, 1768, in-40) ; Au attempt lowards a defence of Virgil against the attack of J.-D. Israeli (Londres, 1795, in-80); iMaltilâtre, le Génie de Virgile, publié avec des notts et des additions par P.-A.Miger (Paris, 1810,4 vol. in-80) ; A Metrical Guide lo the right intelligence of Virgil' s versification, by J. Carey (1818) ; Commentarii in V. Serviani, sive corn-

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mentarii in Virgilium gui Manro Servio Bonoralo tribuuntur (Gœttingue, 1826, 2 vol. in-8°);T.-F.-Ô. Reinhardt, Virgiliana (Hildbourg, 1838, in-40) ; M.-V. Probus, In Bucolica et Georgica comment., ed. H. Keil (Halle, 1848, in-8°) ; A. Riese, De commentario Virgiliano qui M. Valerii Probi dicitur (Bonn, 1862, in-80); G.-W. Pertz, Ueber die Bertiner und Vatieanischen Blâtter der âlteslen Handschrift des Virgil (Berlin, 1863, in-40); Etudes grecques sur Virgile ou Recueil de tous les passages des poètes grecs imités dans ses œuvres, par Eichboff (Paris, 1835, 3 vol. in-8°); Lersch, Antiquitates Virgilianx ad vitam populi romani (Bonn, 1843, in-80); Roppert, De l'influence de Virgile au moyen âge (Vienne, 1851,in-8°,enallein.);Sainte-Beuvo, Virgile (Paris, 1857, 2 vol. in-8°) ; Reinaud, Relations politiques et commerciales de l'empire romain (ch. 11) ; F, Breier, De Virgilio epico poeta , disputationes (Lubeck , 1855 , in-4°) ; Géographie de Virgile ou Notice des lieux dont il est parlé dans les ouvrages de ce poêle, par Helliez (Paris, 1771, 1809, in-8»; augmenté de la Géngrnphie d'Horace et publié par J.-G. Mussélin, Paris, 1820, in-12) ; H. Toepfer, Virgilii geotjraphia in JEneide exhibila (Amsterdam, 1828-1834, in-4°, part. HV) ; J.-L. Ummius , Dissertatio de mari purpureo Virgilii Georg. IV, 273 (Brème, 1786, in-40) . ]a Flore de Virgile ou Nomenclature méthodique et critique des plantes, fruits et produits végétaux mentionnés dans les ouvrages du prince des poètes latins, par L.-A. Fée (Paris, 1822, in-8°; cet ouvrage forme la seconde partie du tome VIII du Virgile de la Bibliothèque classique de Lemairo); P. -P. Vergerio, De Virgilii statua Mantiis eversa per Carolum Malatestam (Venise, s. d. [1540], in-so),

Virgile travesti, par Scarron, V. Enéidk

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