‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 754 sur 1042 · TRAVESTIE · texte numérisé non relu

TRAVESTIE

Virgile. Iconogr. Au palais de la Raison, à Mantoue, on voit sous un dais une statue antique représentant un personnage assis qu'on prétend être Virgila. D autres images du poète ornent divers monuments et lieux publics do la ville où il est né ; une statue a été érigée sur la belle place que le comto de Miollis, administrateur de Mantoue sous le premier Empire, fit établir au nord de cette ville, sur l'emplacement d'un marais desséché. Une statue de marbre, représentant Virgile enfant, a été exposée par Mm" Lefèvre-Déumier au Salon de 1857. M. Jules Thomas a exécuté, en marbre, sur la commande de l'Etat, une statue qui a paru au Salon de 1861, et de qui Th. Gautier a dit : « Le Virgile de M.J. Thomas est une des meilleures figures que la statuaire moderne ait produites ; c'est bien lui,telque l'imagination se la représente à l'aide de quelques vestiges incertains, le chaste poëte qu'où appelait la Vierge, le timide ami d'Auguste, de Mécène, d'Horace et de Varius, le trop modeste écrivain qui, par testament, livrait l'Enéide aux flammes. Une mélancolie inconnue des anciens attendrit son regard et, sur son front pensif, luit comme un rayon du christianisme près de naître et qu'il semble annoncer dans sa fameuse églugue. Jamais poëte antique na l'ut plus humain et, en ee sens, plus moderne. Chez lui, sous la beauté plastique, vibre l'accent du cœur. S'il a la blancheur délicate du marbre, il n'en a pas la froideur; il devino le premier la sensibilité et les larmes dus chose* : Sunt lacryms rerum, mot immortel et qui ouvre tout un monde 1 Aussi le uioyjn âge a-t-il refusé de le dumner, quoique puluu. Le farouche Dante, qui l'appelle son maître et son auteur, le prend pour guide dans son voyage au momie souterrain , où il erre exempt de supplices. Déjà la crédulité naïve dus âges barbares eu avait fait un saint, confondant le poëte avec le martyr. Une pure forme antique , animée par un sentiment moderne, comme les vers d'André Chénier,tel est le Virgile de M. Thomas. Toute la figure s'ajuste avec une rare élégance ; le bras replié sur la poitrine, comme pour indiquer que L'inspiration vient du cœur, discipline la draperie, empêche les plis de flotter au hasard et les force à serrer le corps. Cette disposition heureuse dégage la statue et lui prête une sveltesse sans maigreur. Les bras, quoique suffisamment pleins, ne sont pas coux d'un athlète ou d'un travailleur. Les mains ont la délicatesse élégante, nerveuse et fine de mains littéraires, dont tout le labeur est de fixer les paroles ailées, les vers immortels destinés k voltiger sur les lèvres des générations. » M. Thomas a représenté Virgile debout, dans l'attitude de la méditation, tenant d'une main le style avec lequel il note ses pensées, et de l'autre un rouleau de papyrus sdr lequel il semble relire l'hexamètre qu'il vient de tracer. A ses pieds un pipeau, une gerbe et une épée symbolisent les Bucoliques, les Géorgiques, l'Enéide, les trois genres de poëme ou il a excellé. Use couronne de laurier ceint son front rêveur et pressa ses cheveux.

Au Salon de 1853, M. Préault a exposé un médaillon de Virgile, en bronze. Parmi les peintures provenant de la collection Campana se trouvaient quatorze portraits de docteurs de l'Eglise, de philosophes, de poètes, de savants, qui décoraient autrefois le palais des ducs d'Urbiu et que quelques connaisseurs croient avoir été exécutés par un artiste flamand , travaillant en Italie dans la se-

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conde moitié du xv» siècle. Un de ces portraits nous montre Virgile assis, vêtu d une robe rouge, couronné de laurier ot tenant' un livre sous son bras gauche. Une gravure de Lucas de Leyde, datée de 1525, représente Virgile suspondu, dans un panier, à la fenêtre d'une maison, et une femme, placée ii une fenêtre voisine, excitant les passants a se moquer du poëte ; cette aventure a été imaginée, croit-on, par un ancien auteur allemand nommé Albert d'Eib. Ingres a peint Virgile récitant, en présence d Auguste et de Livie, le fameux pussage : ■ Tu Marcellus eris. » Ch. de Boissemont et Gassies ont représenté aussi le poëte lisant l'Enéide en présence d'Auguste; le tableau du premier, commandé par l'Etat, a paru au Salon de 1812; le tableau du second a été exposé en 1814. MM. Victor Duval et Bellel ont renré-senté Virgile composant ses Géorgiques (Salon de 1842 et Salon de 1809). Un tableau de M. Schftizenberger, Virgile buvant du lait, a figuré au Salon de 1807. Au musée du Luxembourg est un tableau de M. Ch. Jalubert, qui représente Virgile, Horace et Varius chez Mécène ; cette peinture a paru au Salon de 1847. Couder a peint, pour M. H. Didot, en 1827, la Mort de Virgile, ouvrage médiocre. Parmi les nombreuses éditions illustrées des œuvres de Virgile, il nous suffira de citer celle que Monaldini a publiée à Rome de 1763 11 1765, en 3 volumes in-folio, et dont les planches ont été gravées par A. -G. Barbazza, Igu. Benedetti, P.-L. Jtfombelli, etc.

Virgile (tomueau de). Cet ancien monument, dont l'authenticité païaît certaine, a été longtemps une sorte de lieu de pèlerinage pour lus poëtes. 11 est situé dans les, jardins qui bordent la croupe du Pausilippe, au couchant de Naples, en tournant de la pointe du Mergelliuo, du côté de l'ouverture de la grotte, sur une plate-forme pratiquée dans le rocher. C'esl. un petit édifice da brique, de forme pyramidale, voûté en dedans. Aux côtés sont quelques petites niches destinées à contenir des urnes cinéraires. 11 ne reste dans le milieu ni dans les côtés aucun vestige de la place qu'a dû occuper celle de Virgile. Ce bâtiment, qui a eu évidemment autrefois un revêtement et quelques ornements extérieurs, en est entièrement dépouillé aujourd'hui ; on b seulement fixé dans lo rocher une bande de marbre blanc sur laquelle est gravée l'épitaphe que nous avons rapportée dans la biographie du poëte. Audessus de la voûte est la prétendu laurier qui crut spontanément sur le tombeau dès que les cendres de Virgile y eurent été déposées. Il a l'air très-vieux, en etTet, c'est-àdire que cet arbre , uu moins la brancha principale qui parait, semble avoir toujours cinquante ou soixante ans. On dit qu on a beau le couper ou l'arracher , il repousse tuujours; et il est certain que le jardinier, de peur que l'espèce n'en périsse, a soin d'en tirer des boutures qu'il replante autour et qui y croissent aisément, de même que beaucoup d'autres arbustes qui ont pris racine sur cette vieille construction, située dans un eudroit frais et presque toujours à l'ombre.

Virpilo (école nu). On donne ce nom à une très-remarquable ruine située dans le golfe da Pouzzoles, à l'ouest du Pausilippe et non loin du tombeau du poëte. C'est Va, peut-être que, de Naples, Virgile allait prendre des bains, car ce mot ecola, schola, ne veut pas dire ici que Virgile tint école ; il signifie, comme on le voit dans Vitruve (1. V, ch. X), lo vestibule, qui était à l'entrée des étuves, chez les Uoiuains, et qui en était comme la salle d'attente. Quoique les eaux de la mer s'en soient emparées, il est aisé de voir que ces ruines occupaient un espace d'un peu plus de 1,000 mètres. On aperçoit encore les conduits qui devaient servir à y amener les eaux de la montagne. C'était un portique ou vestibule de bains à l'usage des maisons de campagne voisines et qui parait avoir appartenu à quelques-uns de ces grands doma nus que les Luculluset les Pollion possédaient sur cette heureuse côte de lu Campanie ; et si on l'a désigné sous le nom û' Ecole de Virgile, e'esl sans doute à cause du voisinage ot de la célébrité du tombeau de Virgile, ou par suite de quelque ancienne tradition.

V1HGILE (saint), évêque d'Arles, mort en 610. Il fut élevé, en 588, à la dignité épiscopale, devint, sept ans plus tard, vicaire du saint-siége en Bourgogne et en Austrasie et sacra, en 596, suint Augustin premier archevêque de Cantorbôry et apôtre de l'Angleterre. La fête de saint Virgile se célèbre le 5 mars.

V1BG1LB (Polydore), théologien et érudit italien. V. Vbrgilius.

VIBGILIEN, IENNE adj. (vir gi-li-ain, i-ène). Littèr. Qui a le caractère de la poésie do Virgile : Un style viBGiuiiN. Des hexamètres viRGiLiENS. Un génie tout virgiukn respire dans Paul et Virginie. (Ste-Beuve.)

— Art divin. Sort viryilien, Présage que l'on tirait eu ouvrant au hasard un Virgile, et lisant le premier vers qui tombait sous les yeux, pour en appliquer le sens à la circonstance sur laquelle on voulait s'éclairer.

V1RGILIER s. m. (vir-ji-lié — de Virgile,

poëte latin). Bot. Genre d'arbres et d'arbrisseaux, de la famillo des légumineuses, tribu des sophorées, comprenant plusieurs espè»

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ces, qui 'croissent au Cap de Bonne-Espérance : Les bourgeons du virgilier, de même que ceux du platane, sont renfermés dans le pétiole. (Th. de Berneaud.) H Syn. de gaillardik, genre de composées.

— Encycl. Le virgilier jaune, appelé aussi cladraste ou sophora tinctorial, est un urbre de 12 k 15 mètres, à feuilles imparipennées, d'un vert gai, à bourgeons complètement recouverts par la base du pétiole, h fleurs blanches réunies en grappes terminales pendantes; le fruit est une gousse oblique, comprimée, un peu allongée. Cet arbre croit aux. Etats-Unis; au commencement de ce siècle, il a été importé en France, où il végète parfaitement en plein air. Son bois, le cœur surtout, est assez dur, d'un grain fin, d'un trèsbeau jaune; on l'emploie dans l'ébénistcrie et en teinture; les feuilles fournissent une

, sorte d'indigo. Le virgilier du Cap a des graines comestibles, et on a préconisé ses racines contre ies coliques.

VIRGILLE-LABASTIDE (Charles de), savant français, né près de Nîmes en 1682, mort en 1755. Il s'appliqua à l'étude des sciences ies plus diverses et écrivit sur une foule de sujets des mémoires qui se trouvent consignés dans le recueil de l'Académie des sciences de Paris et dans le Mercure de France. Un seul de ses écrits a été publié à part sous le titre d'Observations physiques Sur les terres qui sont à la droite et à la gauche du Jihàtte,elc. (Avignon, 1733, in-!").- Virgille-Labustide avait fait plusieurs inventions, telles que celles d'une lampe brûlant sous l'eau, d'une cloche à plongeur d'un nouveau genre, d'une machine pour remettre à flot les vaisseaux submergés; mais, bien que ses procédés eussent obtenu l'approbation de plusieurs savants, il ne paraît pas qu'ils aient jamais été exploités.

VJRGIN-GORDA, lie du groupe des Vierges, dans l'Amérique centrale, par 18° 20' de latit. N. et 60» 30' de longit. O. Elle a 30 kilom. de longueur sur 13 de largeur et possède un bon havre.

VIKGIN (Christian- Adolphe), navigateur suédois, né à Gothembourg en 1797. Entré, en 1812, à l'Ecole des cadets de la marine, il devint capitaine de vaisseau en i834, puis capitaine commandant en 1843 et fut appelé en 1851 au commandement de la frégate Eugénie, avec laquelle il exécuta un voyage de circumnavigation qui dura deux ans et dont il a été publié deux relations par le docteur Anderson (Stockholm, 1S53-1854, 2 vol. in 8°) et par C. Skogmann (Stockholm, 1854-1855, 2 vol.). Au retour de cette expédition, M. Virgin fut promu contre-amiral et, l'année suivante, fut durant quelques mois ministre de Suéde auprès de la cour de Londres. 11 devint membre de l'Académie des sciences de Suède et de l'Académie des sciences militaires.

VIRGINAL, ALE-adj. (vir-ji-nal, a-le — lat. virginalis; de oirgo, vierge). Qui appartient ou convient aux vierges, à une vierge ; Innocence, candeur, modestie virginale. Voile, bandeau virginal. Les livres et les muitres flétrissent ïignoranceviRGiNM,tz. (B. deSt.-P.) La jeune Qlle morte en sa fleur virginale Renaît avec des traits d'une grâce idéale,

A. Barbier.

— Poétiq. Très-blanc, cette couleur étant le symbole de la virginité ;

... Ce lis virginal Penche et se décolore.

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