‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 763 sur 1042 · À-VIS DE RIEN · texte numérisé non relu

À-VIS DE RIEN

— Adv. En face, à l'opposite : Nous demeurons vis-à-vis. Nos portes sont vis-à-vis.

— s. m. Personne placée en face d'une autre : Causer avec son vis-à-vis. Faire vis- À-vis à quelqu'un. Il Situation des personnes ainsi placées :

l'ai pourtant soutenu ce triste vis-à-vis.

Desmahis.

— Sorte de voiture qui n'a qu'une place dans chaque fond : Il occupait avec une dame les coussins d'un vis-À-vis magnifique. (Rog. de Beauv.) u Petit canapé disposé de façon que les deux personnes qui y sont assises puissent commodément causer face à l'ace.

— Chorégr. Chacun des deux couples qui se font face dans un quadrille. Il Danseur placé en face d'un autre danseur : Vous me ferez vis-à-vis. Mon vis-à-vis ne savait pas danser,

— Gramm. Quelques écrivains ont employé cette locution prépositive comme synonyme de envers, à l'égard. L'Académie ne lui reconnaît pas cette acception, et il ne faut suivre l'exemple de ces écrivains qu'avec beaucoup de réserve

— Syia. Vis-à-vU, eu face, à l'oppoille. V. FACE.

VISBY, ville de Suède. V. Wisby.

VISCACHE s. f. (vi-ska-che — péruv. viscachos, même sens). Mamm. Genre de mammifères rongeurs, type de la tribu des viscaciens, originaire de l'Amérique du Sud : La viscachb est de la taille d'un fort lapin. (P. Gervais.) [l On dit quelquefois viscaque.

— Encycl. La viscache est de la taille d'un gros lièvre; son pelage gris plombé, nuancé de brun et de blanchâtre, est moins doux que Celui du chinchilla; sa queue est longue et sa bouche garnie de fortes moustaches noires. Elle a quatre doigts aux pieds de devant, et trois à ceux de derrière. Cet animal habite les pampas de l'Amérique du Sud ; on lé trouve surtout au Brésil et au Chili. Ses mœurs sont celles des lapins. Il est nocturne, et vit dans des terriers qu'il creuse avec ses or%les puissants, en familles de huit à dix individus. Il est timide et marche en sautillant. Il nuit beaucoup aux cultures. On lui donne la chasse; mais c'est un médiocre gibier. Sa peau ne vaut rien comme fourrure; mais son poil sert à faire d'excellents tissus feutrés. »

VISCACHÈRE s. f. (vi-ska-chè-re — rad.

viscache). Chasse. Terrier de viscaches.

VISCAC1EN , IENNE adj. (vi-ska-si-ain, iè-ne — rad. viscache). Mamm. Qui ressemble ou qui se rapporte au genre viscaciie.

— s. m. pi. Tribu des mammifères rongeurs, ayant pour type le genre viscache.

VISCAINO (Sebastiano) , navigateur espagnol , qui vivait dans la seconde moitié du xviii siècle. Mis, par le comte de Monterey, gouverneur du Mexique (1596), à la tête d'une expédition ayant pour but l'exploration de la Californie, il fut repoussé par les indigènes, après son débarquement, se dirigea sur Acapulco, et reçut, dans cette ville, l'ordre d'entreprendre une nouvelle reconnaissance. Yiseaino releva avec le plus grand soin les côtes de la Californie et insista vivement auprès du gouvernement espagnol pour que cette magnifique contrée fût colonisée. Mais Philippe III, qui n'avait point vu, comme il l'espérait, affluer l'or, ne donna pas la moindre attention aux réclamations de Viscaino. Celui-ci mourut au moment où il préparait une nouvelle expédition.

VI SC AI RE s. f. (vi-skè-re — du lat. viscum, matière visqueuse). Bot. Genre de plantes, de la famille des caryophyllées, tribu des dianthées', formé aux dépens des lychnis ou lychnides.

VISCAQUE s. f. (vi-ska-ke). V. viscache.

VISCAOTSCHINE s. f. (vi-ska-ou-tchi-ne).

Chim. Substance glutineuse et visqueuse contenue dans la glu, en même temps que la viscine.

— Encycl. V. viscine.

VISCÈNE s. m. (viss-sè-ne). Chim. Substance huileuse, qui prend naissance dans la distillation sèche de la viscine.

— Encycl. V. VISCINE.

vise

VISCÉRAL, ALE adj. (viss-sé-ral , a-le — rad. viscère). Anat. Qui a rapport, qui appartient aux viscères : Selon Broussais, la sensibilité est un produit nerveux , la passion un acte viscéral, et l'intelligence une sécrétion cérébrale. (Mignet.)

— Fig. Qui tient à l'essence, aux eatrailles de la chose : Les conditions viscérales d'un contrat.

VISCÉRALEMENT adv. (viss-sé-ra-le-man — rad. viscéral). Dans les entrailles. Il Peu usité.

— Fig. Essentiellement : Des conditions viscéralement modifiées, il Peu usité.

VISCÉRALGIE s. f. (viss-sé-ral-jl — de viscère, et du gr. algos, douleur). Pathol. Rhumatisme viscéral. U Peu usité.

VISCÉRATION s. f. (viss-sé-ra-si-on — lat. visceratio; de viscera, entrailles). Antiq. rom. Distribution de la chair des victimes, après le sacrifice.

VISCÈRE s. m. (viss-sè-re — du pluriel latin viscera, qu'on fait venir de viscum, glu, à cause de la surface visqueuse des viscères). Anat. Nom générique des organes principaux situés dans les grandes cavités du corps, tels que le cœur, l'estomac, les poumons, le foie, le cerveau, etc. : Nous savons que le sang circule, que tes viscères et les glandes font les fonctions nécessaires pour entretenir et réparer les forces. (Condill.)

— Bot. Nom donné quelquefois aux vaisseaux des plantes disposés en faisceaux.

— Syn. VUcèret, entrailles. V. ENTRAILLES.

— Encycl. V. SPLANCHNOLOGIE.

V1SCH (Charles de), biographe belge, né k Bulseamps (Flandre) en 1596, mort à Bruges en 1666. Entré chez les moines de Cîteuux, il professa la théologie au monastère d'Eibuoh près de Miiyeiice, puis revint à Bruges et fut élu prieur de l'abbaye des Dunes. On cite, parmi ses ouvrages : Bibtiotheca scriplorum ordinis Cislerceitsis (Douai, 1649, in-4<>); Vita Adriani Cancetlier , monusterii Dunensis abbutis (Bruges, 1655, in-12); Vf/as Eberhardi de Commeda et Bichurdi de Frisa (Bruges, 1855); Compendium chronotogicum ubbalis) de Uunis (Bruxelles, 1660, in-tsj ; une édition des Œuvres d'Alain de Lille (Anvers, 1653, in-fol.).

V1SCI1E, bourg du royaume d'Italie, province de Turin, district d'Ivrée, mandement de Strambino; £,400 hab.

'VISCHER (Pierre), sculpteur et fondeur allemand, ne vers le milieu du xve siècle, mort en 1530. Il étudia son art en Italie, et, de retour dans sa patrie, il posa les buses de sa réputation en exécutant le tombeau de l'archevêque Ernest de Magdebourg(l497). Mais son œuvre capitale est le monument de saint- Sébald, dans l'église consacrée à ce saint, k Nuremberg, ville où Vischer était venu s'établir en quittant Magdebourg. Aidé de ses cinq fils, Pierre, Hermatin, Hans, Paul et Jacques, qui vivaient av,ec leurs femmes et leurs enfants dans la même maison que lui, il travailla treize ans (1506-1519) à l'exécution de cette œuvre, qui ne lui fut payée, cependant, que 2,402 florins. Parmi les figures qui ornent ce monument, on remarque surtout douze statuettes représentant les apôtres et le portrait de l'artUte lui-même duns ses habits de travail. — L'un de ses lils, Hermann Vischer, étudia aussi en Italie et fut presque égal à son père en talent; il mourut en 1540. Sandrart rapporte qu'aucun éi ranger de distinction ne passait à Nuremberg sans aller rendre visite à Vischer, dont les œuvres se répandirent surtout en Bohême, en Pologne et dans les pays voisins.

VISCHER (Frédéric-Théodore), esthéticien allemand, né k Ludwigsburg en 1S07. U fit ses premières études k Stuitgard, puis entra, en 1821, au séminaire de Blaubeuren, qu'il quitta, en 1825, pour celui de Tubiugue. Nommé, en 1830, vicaire à Horrheim et, l'année suivante, répétiteur au séminaire de Maulbronn, il visita, de 1832 k 1833, Gœttingue, Berlin, Dresde, Vienne, le Tyrol et Munich, et trouva l'occasion de se livrer au goût qui l'entraînait vers l'étude de l'histoire de l'art. Après avoir encore été, de 1833 k 1S36, répétiteur au séminaire de Tubiugue, il renonça k la carrière ecclésiastique, se fit recevoir docteur en philosophie à l'université de Tubiugue, y fut nommé, en 1837, professeur extraordinaire et, à dater de 1S3S, se consacra presque exclusivemenfk l'étude de l'esthétique et de la littérature allemande. Toutefois, il ne s'occupa guère que d'art pendant les voyages qu'il fit, de 1S39 à 1840, en Italie et en Grèce et, pendant l'automne de IS43, dans la haute Italie. En 1844, il fut nommé professeur titulaire de philosophie k l'université de Tubiugue et, dans son discours d'inauguration (Tubingue, 1844), se posa en adversaire déclaré des ennemis de la libre pensée. Le parti ecclésiastique et le parti piètiste prirent occasion de quelques passages de ce discours, ainsi que d'un autre ouvrage de Vischer, intitulé Excursions critiques (Tubingue, 1844), pour lancer les plus vives attaques contre leur auteur et contre le ministre Schlayer, qui suspendit pour deux ans le cours de Vischer. Ce dernier reprit son enseignement vers la fin de l'année 1847 et fut élu, quelques mois plus tard, représentant du district électoral de Reutlingen-Urach

vise

à l'Assemblée nationale allemande, où il vota avec a gauche modérée et où il appartint au parti dit grand allemand jusqu'à la lin des débats relatifs à la question de l'unité de l'Allemagne. 1! passa ensuite dans le parti de Gotha, suivit, en 1849, le reste du parlement à Stuttgard et reprit , peu de temps après, possession de sa chaire. En 1855, il fut nommé professeur au Polyteehnicum fédéral et à l'Ecole supérieure cantonale de Zurich, et remplit ces fonctions jusqu'en 1866, où il accepta une chaire d'esthétique et de littérature allemande à l'université deTubingue, en même temps qu a l'Ecole polytechnique de Stuttgard. 11 professa à I» première de ces institutions pendant lu semestre d'hiver et à la seconde pendant le semestre d'été. On a encore de lui : Du sublime et du comique (Stuttgard, 1 937); V Esthétique ou la Science du beau (Stuttgard, 1847-1858, 3 vol.), son ouvrage le plus remarquable, dans lequel il a retracé l'histoire du développement de l'esthétique spéculative depuis liant jusqu'à Hegel et qui est supérieur à tous les traités analogues qui aient paru jusqu'à ce jour en Allemagne; Excursions critiques (Stuttgard, 1861-1866, 2» série, 6 livr.); Faust, troisième partie de la tragédie (Stuttgard, 1862), satire ingénieuse de la 2C partie du Faust de Gœthe-, Epigrammes- de Buden - lidden (Stuttgard , 1807), ouvrage anonyme, qui u obtenu beaucoup de succès, etc.

VISCHER (Corneille) , graveur hollandais.

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