V. VlSSCKER
V1SCI1ER (Rœmer), poète hollandais. V.
VlSSCHER.
V1SCID1TÉ s. f. (viss-si-di-té). Viscosité. Il Peu usité.
VISCINE s. f. (viss-si-ne). Chim. Substance visqueuse contenue dans les différentes parties du gui.
— Encycl. La viscine est une substance visqueuse, ainsi que son nom l'indique, qui est contenue dans la tige, les feuilles et principalement les baies du gui (viscum album), C'est le principal élément constituant de la glu. Cette substance est également contenue dans le réceptacle et les enveloppes florales du atractylis gummifera, dans l'écorce du houx (ilex aquifolium), dans le suc laiteux du ficus reliyiosn et dans la substance glutineuse qui recouvre les branches du robinia viscosa.
On obtient la viscine brute en broyant l'écorce de gui tinement concassée et en la pétrissant avec de l'eau aussi longtemps que ce liquide en extrait quelque chose. Il reste alors une masse jaune trës-visqueuse et glutineuse qui renferme, outre les fibres ligneuses, dont une partie peut être séparée mécaniquement, de la vtscine, une substance cireuse soluble dans l'alcool et une masse insoluble dans l'alcool et dans l'éther, la viscautschine. Pour séparer de ce mélange la viscine pure, on fuit bouillir le tout à plusieurs reprises avec de l'alcool fort. La portion insoluble est mise à macérer à cinq ou six reprises avec de l'éther, à la température ordinaire, pendant douze heures. L'éther, en s'évapoiant, laisse un extrait qu'on pétrit d'abord avec de l'alcool, puis, quand l'alcool ne dissout plus rien, avec de l'eau,
La viscine ainsi obtenue est claire, incolore, insipide et presque inodon;. Sa consistance est celle du miel à la température ordinaire. Elle peut être tirée en fils trës-fuis. Sa .densité est la même que celle de l'eau. A 30°, elle devient plus fluide et, k 100», elle devient aussi fluide que l'huile d'amandes; elle laisse alors une tache graisseuse sur le papier. Sa réaction est acide.
La viscine se décompose par la distillation sèche, le point d'ébulliiiun s'élevant de 210° jusqu'au-dessus de 2750. Il pusse d'abord une huile, le viscène, puis une huile verdâtre et ensuite une masse cristalline qui a la consistance du beurre, tandis qu'il reste dans le vase distillatoire une matière noire qui présente l'aspect de l'asphalte.
Le viscène est une huile jaunâtre très-mobile, de 0,85 de densité et distillant presque complètement à 226°. Mélangé avec une lessive de soude, il se prenu en une pulpe cristalline qui, distillée uvec de l'eau, donne une huile piquante, nommée viscinol, tandis que le sel de sodium impur, qui reste pour résidu, renferme un acide qui, k l'état libre, est une huile douée d'une forte réaction acide et dont l'odeur, assez faible, rappelle assez bien celle de l'acide angelique. Cet acide porte le nom d'acide viscique.
La viscuutscliine se trouve dans la partie de viscine brute qui est insoluble à la fois dans l'eau, l'alcool et l'éther. Pour la purifier, on traite à plusieurs reprises ce résidu par l'es>ence de térébenthine qui dissout la viscautschine et laisse les fibres ligneuses pour résidu. On ajoute de l'eau à la solution térébenllunique et l'on évapore. Le résidu jaunâtre clair est traité par l'éther dans lequel il est- devenu soluble. Ce liquide étant évaporé, tu viscautschine reste t,ous la forme d'une masse, qu'on lave à l'alcool et qu'on dessèche à 100°.
La viscautschine a une densité de 0,978. Elle est extrêmement glutineuse et visqueuse; c'est, en l'ait, la substance à laquelle la glu doit ses propriétés adhésives. A 120°, elle présente la consistance de l'huile d'olive. La viscine brute renferme environ 0,5 partie
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, de viscine, 0,2 de viscautschine et 0,3 de matière cireuse.
VISCINOL s. m. (viss-si-nol). Chim. Substance huileuse qui se produit lorsqu'on agite le viscène avec une lessive de soude, et qu'on
; distille ensuite avec de Peau.
j — Encycl. V. VISCINE.
VISCIQOE adj. (viss-si-ke). Chim. Se dit I d'un aoiue qui se forme lorsqu'on agite le ; viscène avec une lessive de soude, i — Encycl. V. viscine.
i VISCIVORE adj. (viss-si-vo-re — du lat, i viscum , gui; tioro , je dévore). Zoo!. Qui j mange les fruits du gui : Merle viscivore.
; VISCLÈDE (La), littérateur français. V. ', La Visclédb.
j VISCOÏDE s. m. (vi-sko-i-de — ■ du lat. i viscum, gui , et du gr. eidos, aspect). Bot. ) Syn. de ronabée, genre de rubiacées.
V1SCOÏDÉ, ÉE adj. {vi-sko-i-dô — du lat. viscum ,' gui, et du gr. eidos, aspect). Bot. Qui ressemble ou qui se rapporte au gui.
— s. f. pi. Groupe de plantes dicotylédones, ayant pour type le gui, et correspondant k la famille des loranthacées.
VIS COM ICA, Mots latins extraits d'une épigramme de César, et qu'on traduit faussement par la force comique. L'auteur y regrette que le talent comique de Térence brille plus par l'agrément que par la force : Lenibus al que utinam scriptis adjuncta foret vis, Comica ut squato virtw poùeret honore !
« On parle toujours du vis comica; l'expression est tirée de cette épigramme latine de César. Mais la phrase, mieux lue et mieux ponctuée, ne laisse pas'subsister cette association de mots que sépare une virgule ; le comica, au lieu d l'aller à ois, se rapporte au substantif qui suit, à virtus, qui n'a plus le même sens. C'est égal, le vis comica est en circulation et y restera, nonobstant la meilleure leçon. Ce sont des erreurs qu'il est plus commode de garder que de corriger. Plût à Dieu qu'il n'y en eût pas de plus grosses I » Sainte-Beuve.
i Le comique, ce que les Latins appellent vis comica, est le ridicule vrai, mais chargé plus ou moins, selon que le comique est plus ou moins délicat. Il y a un point exquis en deçà duquel on ne rit point et au delà duquel on ne rit plus, du moins les honnêtes gens. » L'abbé Sabatibr de Castres?
i II s'abîma dans les joies de son triomphe ; il venait de jouer un homme supérieur; il venait, non pas de lui arracher son masque, mais de lui en voir dénouer les cordons, et il riait comme un auteur à sa pièce, c'est-à-dire avec le sentiment de la valeur immense de ce vis comica. »
Balzac.
■ Si, nous autres Français, nous avons de la peine à sentir le vis comica de Falslaff, tandis que nous comprenons la douleur de Desdémone, c'est que les peuples ont différentes manières de rire, et qu'ils n'en ont qu'une de pleurer. »
Chateaubriand.
VISCONTI (les), célèbre famille de Milan, longtemps à la tête du parti gibelin, et qui conserva pendant près de deux siècles la souveraineté de cette ville. Les principaux personnages de ce nom furent :
VISCONT1 (Othon), archevêque de Milan, né à Ugogne, près du lac Majeur, en 1208, mort en 1295. Elevé à l'épiscopat en 1263, par le pape Alexandre IV, il se trouva en butte à l'hostilité des Délia Torre, tout-puissants à Milan, qui l'empêchèrent de prendre possession de son siège et persécutèrent ses partisans. Se considérant, dès lors, moins comme un pasteur que comme un chef de parti, Othon rassembla autour de lui tous les mécontents, les nobles exilés, les gibelins, et lit à ses adversaires une guerre acharnée. Toutefois , il n'entra à Milan qu'en 1277 , après sa. victoire de Desio. En prenant possession de son siège et de la seigneurie perpétuelle, il publia une amnistie générale et interdit toute vengeance aux émigrés qui composaient son parti. En mourant, il assura dans sa famille la souveraineté qu'il avait fondée.
VISCONTI (Matthieu I"), dit le Grand, neveu du précédent, né à Masino, sur le lac Majeur, en 1250, mort en 1322. Il s'attacha a la fortune de son oncle et le servit fidèlement dans toutes ses guerres. De son côté, Othon, dès qu'il fut parvenu à la seigneurie, lui donna la principale part dans l'administration, puis lui couda le commandement des armées milanaises. Matthieu acquit Verceil en 1290, Corne en 1292, reçut d'Adolphe de Nassau le titre de vicaire impérial en Lombardie (1294) et succéda à son oncle dans la seigneurie de Milan en 1295. Attaqué par les Délia Torre, les guelfes et Albert Scotto, seigneur de Plaisance, il fut dépouillé en 1302, exilé par les Milanais, qui rétablirent un moment la république, et vécut pendant sept ans dans 1 obscurité. Rétabli en 1310 par
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l'empereur Henri VII, il étendit sa domination sur les principales villes de la Lombardie, fit la guerre à l'Eglise, dont il s'attira à plusieurs reprises les excommunications. Ses compatriotes le surnommèrent le Grand , parce qu'il avait cette habileté peu scrupuleuse considérée par les Italiens de cette époque comme la première des qualités. En 1322, il abdiqua en faveur de son dis Galêas et se .retira dans un couvent, où il mourut quelque temps après.
V1SCONTI (Galéas 1er), fils aîné du précédent, né en 1277, mort en 1328. Il succéda en 1322 à son père et fut chassé par une sédition de Milan, où il rentra trente-quatre jours après. Tour à tour guelfe ou gibelin, au gré de ses intérêts, miné par les jalousies de sa propre famille, il fut enfin dépouillé de la souveraineté et jeté en prison par ordre de Louis de Bavière, lors de l'entrée de cet empereur en Italie (1327). Il recouvra la liberté l'aimée suivante, sur les instances de Castruccio Castracani, qui le prit à son service et l'employa au siège de Pistoie. Cet ancien souverain devenu condottiere mourut peu de temps après.
V1SCONTI (Azzo), fils aîné du précédent, né en 1302, mort en 1339. Emprisonné avec son père et nommé ensuite par l'empereur vicaire de l'empire à Milan (1328), il ne se crut pas toutefois obligé à une longue-fidélité envers un monarque qui avait persécuté' sa famille et ne lui avait rendu la liberté à lui-même et le pouvoir que moyennant une énorme rançon. Dès la même année, il lui refusa les portes de Mdan, se réconcilia avec le pape, fit partie de la ligue contre Jean de Bohème, qui descendait en Italie dans'le dessein de l'asservir, et soumit à son autorité presque toute la Lombardie (1337). Azzo passait parmi ses contemporains pour un capitaine de grand mérite. Il n'avait pas eu d'enfants de sa femme Catherine de Savoie.
VISCONT1 (Marc), oncle du précédent et fils de Matthieu. 11 fut un des plus braves capitaines de son temps. A la tête de l'armée gibeline, il assiégea Gènes en 1318, força, en 1320, Philippe de Valois à battre en retraite, battit Raymond de Cordoue à Bussignano en 1322 et les guelfes de Milan à Trezzo (1323). Enorgueilli de ses succès, il ne vit pas sans irritation son frère Galéas prendre pour lui seul la souveraineté (1322) et négocier un rapprochement avec le pape. Marc excita contre son frère Louis IV de Bavière, qui, arrivé à Milan en 1327, fit arrêter Galéas, son fils Azzo et ses frères Luchino et Jean. Mais Marc Visconti ne tarda pas à se repentir de son action et contribua à faire rendre la liberté à ses parents (1328). Gardé comme otage, il acquit un tel ascendant sur une partie de l'armée de Louis IV, qu'elle se mit sous ses ordres et qu'il s'empara avec elle de Lucques (1329). Il vendit cette ville à Spinola pour payer la solde des soldats allemands, puis retourna à Milan. L'accueil enthousiaste qu'il reçut de la population fit craindre à Azzo qu'il ne voulût s'emparer du pouvoir. Il l'invita à un somptueux repas, à la suite duquel il le fit étrangler.
Visconti (MARCO), Hlaloiro duXIVC siècle, tirée des chronique* do celte époque (StOrict del secuto xiv", etc.), roman historique du poëte italien Thomas Grossi (1340). C'est une douloureuse aventure du moyen âge, à laquelle le poste milanais a su donner une sorte de grâce élégiaque. Pour écrire son œuvre, Grossi feuilleta les livres et les manuscrits, mais ce fut plutôt pour y trouver un thème à d'ingénieux développements, à une succession d'épisodes, que pour faire un roman véritablement historique. Au lieu d'un peuple, Grossi ne ressuscite qu'un homme ; , encore donne- 1- il au féroce capitaine du moyen âge des mœurs douces et généreuses, qu'il n'a pas dans l'histoire et qui ressemblent beaucoup à celles dont l'auteur trouvait le modèle en lui-même. Mais, en prenant Visconti tel qu'il le dépeint, on est étonné qu'il le laisse en dehors de l'action ; il semble y avoir deux lignes parallèles, suivies l'une par le fameux condottiere et par Lupo, son fidèle écuyer, l'autre par les autres personnages, Pelagrua, type de scélérat; Ermelincle, la femme chaste, la mère résignée; Bice, l'héroïne véritable du roman, par son amour malheureux; Lauretta, sa suivante dévouée; Tremacoldo, le bouffon, et ces deux lignes parallèles sont si constamment suivies qu'elles ne se rencontrent jamais. Marco Visconti n'agit presque en aucune façon sur les événements.
Mais, si l'on fait abstraction des emprunts malheureux que le poète milanais a faits à l'histoire, si l'on considère ses sujets et ses personnages comme de pures créations de son esprit, il faut admirer la connaissance du cœur humain dont Grossi fait preuve dans ce roman. Il a le sentiment moral à un trèshaut degré. 11 connaît les passions, il sait leur faire parler leur véritable langage, il nous émeut, il nous arrache des pleurs et nous fait aimer ses personnages, et lui plus qu'eux tous, parce qu'on sent bien que c'est son âme qui les anime. D'ailleurs, l'œuvre renferme d'excellents morceaux descriptifs; tels sont les joutes et tournois, le château de Rosate, le palais gothique de Lucques. Aussi,, malgré des longueurs, des hors-d'oeuvre et [ des invraisemblances, ce livre mérite une
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place distinguée parmi les romans de l'Italie contemporaine.
VISCONTI (Luchino), frère de Marc, troisième fils de Matthieu, né vers 1287, mort en 1349. Il s'était distingué dans toutes tes guerres de son temps, lorsqu'à la mort de son neveu Azzo il fut reconnu seigneur de Milan et partagea d'abord le pouvoir aveo son frère l'archevêque Jean, qui finit par se renfermer dans ses fonctions épiscopales et abandonna toute l'autorité à Luchino. Celuici conquit quelques pays voisins, qu'il gouverna avec une sévérité excessive, et fut empoisonné en 1349 par sa femme, Isabelle de Fiesque, dont il se préparait à punir les scandaleux débordements. Son frère Jean reprit le pouvoir k sa mort.
VISCONTI (Jean), frère du précédent, le quatrième fils de Matthieu, mort en 1354. Il entra dans les ordres, fut nommé cardinal par l'antipape Nicolas V, puis reçut du pape Jean XXIllévêché de Novare, où il jeta en prison Tornielli pour s'emparer de la souveraineté. Devenu, en 1333, administrateur de l'archevêché de Milan, il fut nommé archevêque de cette ville en 1343 et succéda en 1349, comme seigneur do Milan, à son frère Luchino. D'une ambition démesurée, il employa tous les moyens pour agrandir ses Etats, acheta Bologne aux Pepoli (1350), malgré les réclamations du pape Clément VI, fit attaquer, en 1351, Florence, par son fils naturel Jean Visconti d'Oleggio, qui fut repoussé, devint, en 1353, le maître de Gènes et mourut au montent où il se préparait à s'emparer de Mantoue, de Vérone, de Ferrare et da Padoue. *
VISCONTI (Matthieu II), neveu du précédent, mort en 1355. Son père, Etienne, fils de Matthieu, n'avait joué qu'un rôle insignifiant. Appelé, à la mort de son oncle Jean (1354), au partage de ses Etats, Matthieu fut associé dans la seigneurie de Milan à ses frères Galéas et Barnabo, et reçut en propre Bologne, Lodi, Plaisance, Parme, etc. C'était uu prince inepte et débauché. Il mourut em- . poisonnô par ses frères.
VISCONTI (Galéas H), frère du précédent, né vers 1320, mort en 1378. Il eut en partage dans la succession de son oncle Jean , outre sa part dans la souveraineté de Milan, les seigneuries de Corne, Novare, Verceil, Asti, Tortmie et Alexandrie. Les petits princes de Lombardie, qui avaient formé une ligue contre Jean Visconti, continuèrent la guerre sous ses neveux. Galéas ne parut jamais à la tête des armées, et sa vie s'écoula dans la mollesse et les plaisirs, pendant que les compagnies d'aventuriers de toutes les nations, qui combattaient pour les divers partis dans ces luttes féodales, écrasaient ses sujets d'extorsions et de pillages. 11 contribua au meurtre de son frère Matthieu, et quoique la politique le liât toujours à Baruabo pour le gouvernement de Milan , tous deux vivaient dans une méfiance continuelle et dans' des châteaux séparés. Son avarice et sa cupidité excitèrent des révoltes nombreuses, qu il réprima avec une cruauté excessive. Il voulut cependant passer pour un protecteur des lettres et témoigna une grande bienveillance envers Pétrarque, qui s'efforça de s'acquitter par les plus basses flatteries. Ce fut par tes conseils du poêle qu'il fonda la bibliothèque et l'université de t'avie.
■ VISCONTI (Barnabo), frère des deux précédents et ieur associé dans la seigneurie de Milan, né en 1319, mort en 1385. -Il possédait en propre Crémone, Crème, Brescia et Bergame, et il y ajouta Lodi et Parme après avoir empoisonné Matthieu. Il passa la plus grande partie de sa vie à faire la guerre, soit aux petits princes d'Italie, soitk l'empereur Charles IV et au pape Urbain V. C'était un prince sanguinaire, despote et débauché. Il fut jeté en prison, puis empoisonné par son neveu, Jean-Galéas.
VISCONTI (Jean-Galéas), neveu du précédent et fils de Galéas II, né eu 1347, mort en 1402. Ayant hérité de sou père d'une part de la souveraineté de Milan, il empoisonna son oncle Barnabo en 1385 et régna sur la plus grande partie de la Lombardie. Il joignit bientôt Vérone et Viceuce à ses possessions, enleva même pour un temps Padoue et Trèvise à François de Carrare et acheta de l'empereur Venceslas le titre de duc de Milan (1395) pour lui et ses descendants, en faisan* comprendre dans ce duché les provinces qu'il avait conquises sur les bords de l'Adriatique Les républiques de Pise, de Sienne, de Pérouse et d'Assise se livrèrent successivement à lui (1390-1400), et il sut résister à la ligue des Florentins, des guelfes et de l'empereur Robert, qui fit sans succèa une descente en Italie (1401). Enfin, il compléta ses conquêtes par la soumission de Bologne et mourut de la peste. — Sa fille Valentine avait épousé Louis d'Orléans, frère de Charles VI, et lui avait apporté avec le comté d'Asti des droits éventuels sur le Milanais. V. Valentine de Milan.
VISCONTI (Jean-Marie), fils atné de Jean- Galéas, né en 1339, mort en 1412. Il succéda à son père eu 1402, sous la tutelle de Catherine Visconti, sa mère, dont l'incapacité fit tomber la Lombardie dans l'anarchie et laissa renaître les factions guelfe et gibeline. Les
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gibelins, au nom du jeune duc, prirent les armes contre sa mère, l'enfermèrent au château de Milan et l'y firent périr par le poison (1404). Jean-Marie s'abandonna dés lors aux excès les plus tyrmmiques et aux actes de la plus effroyable férocité. On raconte qu'il se faisait, livrer les malheureux condamnés par ses juges, pour les chasser ensuite avec des dogues qu'il nourrissait de chair humaine. Des révoltes éclatèrent de toutes parts contre lui, et il fut enfin massacré par Aslorret fils naturel de Barnabo.
VISCONT1 (Philippe-Marie), deuxième fils de Jean-Galéas et frère du précédent, né en 1391., mort en 1447. Il avait reçu le comté de Pavie comme apanage, et, après le meurtre de Jean-Marie, il s'empara de l'autorité par un acte de vigueur, se lit reconnaître à Milan, épousa la veuve de son frère et la fit ensuite périr sur l'échafaud, sur une fausse accusation d'adultère. Lâche et dissimulé, il entreprit cependant de reconquérir toute la Lombardie, mais avec l'épée du célèbre condottiere Carmagnola , qu'il dépouilla plus lard (1425) de tous les biens et de tous les honneurs qu'il lui avait conférés. Carmagnola étant passé alors dans le parti de ses ennemis, il lui opposa Piccinino et François Sforza, et donna sa tille k ce dernier avec la souveraineté de Crémone et de Pontremoli (1441). Sans cesse occupé de projets donton ne comprenait pas toujours le but, il troubla et dévasta l'Italie pendant tout son règne, combattit son gendre, avec lequel il se réconcilia plusieurs fois, et s'agita en vain pour imposer sa suprématie en Italie. A sa mort s finit la dynastie des Visconti dans la Combardie.Son gendre Sforce devint la tige d'une nouvelle maison ducale qui régna pendant plusieurs générations. V. Sforza.
VISCONTI (Lodvisio), général, neveu de Mauhieu I", seigneur de Milan. 11 vivait an xiv« siècle. En 1322, il prit une gramie part à la révolution qui éclata à Milan contre son cousin Galéas Visconti, mais il ne tarda pas k en avoir regret et aida ce dernier à recouvrer le pouvoir. Lorsque Louis de Bavière entra en Italie, il se joignit k Marc Visconti pour engager ce prince à renverser Galéas et devint membre du conseil suprême qui gouverna Milan. Lorsque sa famille eut recouvré la souveraineté de Milan, Lodvisio se mit k la tête d'une bande de volontaires allemands, appelée compagnie de Saint-Georges, et marcha contre Milan, livra plusieurs combats à l'année milanaise commandée par Luchino Visconti et fut fait prisonnier en 1339. Rendu à la liberté après l'avènement de Jean Visconti (1349), il se signala encore une fois en mettant en déroute sur le Tessin (1356) la grande compagnie qui était entrée en campagne contre Galéas et Barnabo Visconti.
VISCONTI (Gabriel-Marie), fils naturel de Jean-Galéas, mort en 1408. Devenu après la mort de son père seigneur de Crème et de Pise, il se rendit oiiieux dans cette dernière ville par sa tyrannie et ses exactions. Pour se maintenir au pouvoir, il demanda la protection du maréchal Bouciiaut, alors à Gênes, qui la lui accorda moyennant un tribut et Livourne (1404). Quatre ans plus tard, pour obtenir l'alliance et des subsides des Florentins, Boucicaut leur proposa de leur livrer Pise. A cette nouvelle, les Pisaiis se soulevèrent (21 juillet 1408) et forcèrent Gabriel- Marie, qui s'était réfugié dans la citadelle, à abandonner la souveraineté de Pise moyen-, nant une somme qu'on lui donna. Le tifs de Jean-Ga.éas se retira alors à Gênes; maïs Boucicaut, pour le dépouiller, imagina de l'accuser du crime de haute trahison et le fit meitre à mort.
VISCONTI (Astor), fils naturel de Barnabo Visconti, mort en 1412. Après la mort de son père, il se jeta dans ie parti guelfe par haine de son Cuusm Jean-Galéas. Lorsque Jean- Marie Visconti perdit la vie k la suite d'une conspiration (16 mai 1412), les conjurés proclamèrent Astor duc de Milan. Celui-ci accourut dans celte ville, où il fut acclamé par le peuple ; mais le gouverneur de la citadelle refusa de se soumettre à lui et reconnut pour souvi-rain Philippe-Marie Visconti. Celui-ci arriva de son côté à Milan, se rendit à la citadelle et alla assiéger dans Monza Astor, qui s'y était réfugie. Astor fut tué en défendant le château, après quatre mois de siège.
VISCONTI (Gasparo), poète italien, de l'illustre famille Je ce nom, né àililan en 1461, mort dans la même ville en 1499. Profondément érudit, il s'adonna spécialement k la musique et k la poésie, et ses contemporains le regardaient comme un émule sérieux île Pétrarque. Il passa la majeure partie de sa vie k la cour de Galéas Sforza, qui le nomma sénateur, puis ambassadeur près de diverses puissances étrangères. On a de lui : Bitmi (Miian, 1493, in-4°); Poema di Paolo e Varia amanti (Milan, 1495, in-4"). On lui doit aussi une édition de Pétrarque (Milan, 1494,in-fo..).
VISCONTI (Giuseppe), érudit italien, né à Milan vers 1570, mort dans la même ville en 1633. 11 éiait entré dans les ordres et, grâce a s.i légitime réputation de savoir, il fut choisi, par le cardinal Borromeo, fondateur de la bibiioihèque Aiubrosienne, pour le classement des ouvruges traitant des rites et des cérémonies de l'Eglise. Visconti a publié : De ca-
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pitatione (Milan, 1611, in-4<>) ; Observationes ecclesiasticx (1615, 4 vol. in-4«).
VISCONTI (Jean-Baptiste-Antoine), antiquaire italien, né à Yeinazza, diocèse de Sarzane,en 1722, mort en 1784. Il descendait d'un fils naturel de Barnabo Visconti. Il commença par apprendre la peinture sous la direction d'Antoine-Marie, son oncle, puis il s'adonna exclusivement aux langues anciennes. Au milieu de ses travaux scientifiques et littéraires, son goût dominant l'entraînait vers l'étude des monuments de l'antiquité, et, après la mort de Winckelmann, son ami, il fut nommé préfet des antiquités de Rome. Il contribua k l'organisation du musée Pio-CIémentin, dont il fut le premier conservateur. On ù de lui des notices, des mémoires et des dissertations du plus grand intérêt sur des statues, médaillons ou' inscriptions.
VISCONTI (Ennius-Quirinus), célèbre archéologue français d'origine italienne, né à Rome en 1751, mort k Paris en 1818. Peu d'artistes ont joui d'un renom plus glorieux et plus mérité. Son père, qui lui aussi a laissé des traces brillantes dans l'archéologie philologique, ayant deviné l'heureuse organisation de son lils, mit à l'instruire la plus vive sollicitude. A deux ans, dit-on, il reconnaissait sur les médailles' les effigies de tous les empereurs, depuis César jusqu'à Gallien. A trois pus et demi, il lisait également bien le grec et le latin, ce qui fut constaté par un examen public. A dix ans, soumis à un second examen, il étonna ses juges par ses connaissances dans ia géographie, l'histoire, la chro- 1 nologie, la numismatique, la géométrie ; et à douze ans, dans une troisième épreuve faite avec solennité à la bibliothèque Angelica, il résolut, dit-on, les problèmes les plus élevés de la trigonométrie, de l'analyse et du calcul différentiel. Ce qui est vraiment hors de doute, c'est qu'en 1764, à l'âge de treize ans, Visconti traduisit en vers italiens VHécube d'Euripide et qu'il en fit l'année suivante une première édition avec une préface remarquable. En 1769, Joseph II voulut voir ce jeune prodige, et Visconti offrit à ce prince son éloge rimé en grec, en latin et en italien.
Ces divers essais de versification plus ou moins heureux ne montraient que l'un des côtés de son esprit. Déjà s'éveillait en 1769 cette curiosité sérieuse qui devait être la marque du xix» siècle. Dans le domaine des arts, Piranesi avait montré les Anciens édifices de Rome en 1751 ; \es Antiquités du comte de Caylus,.les dissertations de Mariette et de Le Roy, les travaux de Winckelmann, les ruines de Palmyre, de Balbeck et de Paestum, les fouilles d'Herculanum avaient ouvert un monde nouveau. Mais ce monde, personne ne l'avait encore complètement visité. Cette gloire était réservée k Visconti. Son père avait été chargé par Clément XIV de classer au Vatican le produit des fouilles ; k l'avènement de Pie VI, il conserva ses fonctions, et quand ]'éminent archéologue mourut en 1784, son fils fut appelé k le remplacer. Il était déjà son collaborateur depuis deux ou trois ans et il avait signé avec lui le premier volume du Musée Pro-Clémentin. On sait le succès de ce magnifique travail, que les études contemporaines n'ont pas encore dépassé. Le second volume, fait et signé par Ennius Visconti seul, parut k la tin de 1784. Pour se faire une idée de l'enthousiasme qui accueillit ce deuxième volume, il' faudrait lire les études critiques de Stefano Borgia, de Gio-Cristoforo Ainaduzzi, de Gaetano Marini, de Giuseppe Carletti, savants archéologues eux-mêmes, qui s'inclinèrent avec admiration devant leur maître à tous. En 1787, Visconti se fit l'éditeur d'un ouvrage précieux dont il modifia la forme après avoir complété le fond : Monuments sciitti det museo del signor Tommaso Jeu/tins (grand in-8°). En 1788 parut encore un volume du Musée Pio-Clémentin, qui obtint le succès éclatant des volumes antérieurs. 11 écrivit quelques mois après les Osservazioni su due musaici antiehi istoriati et quelques autres dissertations moins importantes. A cette époque, il opéra aussi l'une des restaurations les plus connues dans l'histoire de l'art. En comparant une tête en marbre casquée, trouvée en 1772 dans les fouilles de la villaAdriana, avec celles de plusieurs ligures plus ou moins endommagées par le temps, qui lui parurent toutes des répétitions d'un même original, il acquit la certitude que cette tête était celle du principal personnage d'un groupe exposé sur une place de Rome appelé Pasquino, composition dont on n'avait jamais reconnu le sujet, à cause des mutilations du marbre.... En recomposant ce groupe par le moulage, sur l'avis de Visconti, d'après les plus belles parties existantes à Rome et k Florence, on le restitua eu entier dans sa beauté première, et les hommes éclaires y ont reconnu une des productions les plus énergiques et les plus achevées de la sculpture antique : Ajax soulevant au milieu des yuerriers troyeus le corpsmortde Patrocle(v.ï?KS- QUiN). En 1790-1792 parurent deux volumes encore du fameux Musée Ciémentin.
En 1793 fut imprimée k Padoue la célèbre brochure, Osservazioni sopra un antico cameo rappresentante Giove Egiuco, où à propos de Jupiter l'auteur fait une profonde étude des . théogonies antiques. Les marbres triopéens lui donnèrent eu même temps l'occasion de faire la lumière sur ces morceaux mal connus encore, bien qu'ils fussent découverts au
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xviie siècle. Ce travail parut en 1794 sous le titre de Jscrizioui greche Triope, ora Borghesiane, con versioni, etc.
Ennius Visconti en était 1k de sa glorieuse carrière, quand les troubles d'Italie de 1798 et 1799 lui firent chercher un refuge en France. A son arrivée à Paris, il y trouva le double brevet de conservateur des Antiques et de professeur d'archéologie k l'Ecole des beaux-arts. A la fin de 1803, il fut appelé à l'Institut. Il venait de publier la Description des vases peints du musée et la Description de la tapisserie de la reine Mat/tilde. En 1804, Napoléon lui commanda l'immense recueil qui s'apelle ['Iconographie grecque et romaine, l'un des beaux monuments de 1 œuvre de Visconti. Depuis ce moment jusqu'k sa mort, l'éminent archéologue a produit d'innombrables notices sur les divers morceaux que le hasard lui faisait découvrir, sans compter les articles séparés donnés pour le Dictionnaire des beaux-arts, dont l'Institut avait entrepris la publication. En 1815, k propos des marbres grecs de lord Elgin, il fut appelé k Londres, où son opinion prévalut entre toutes. Revenu en France, il réunit ses observations sous la forme de Mémoire sur des fragments de sculpture du Parthénon, de l'Acropole et sur une épigramme grecque (Paris, 1818). Ce fut son dernier travail. La mort l'enleva quelques mois après,
VISCONTI (Phiiippe-Aurélien), archéologue italien, frère du précédent, né k Rome en 1754, mort dans Cette ville en 1831. Partisan fervent de l'archéologie comme son frère, il se consacra spécialement k l'étude des médailles et devint successivement commissaire du musée et des antiquités de Rome, secrétaire de l'Académie archéologique, président de l'Académie des beaux-arts, inspecteur des églises. Enfin, en isl6, il a été nommé secrétaire de la commission consultative des beaux-arts. Ou a de ce savant : une édition de la Borne de Venuti, publiée eu 1803; le premier volume du Museo C/iiaramonte, le catalogue'du Museo Obisiano de Venise et du Museo Borgiano de Velletri, ainsi qu'un grand nombre de notices et des descriptions de fresques ou de sculptures antiques.
VISCONTI (Louis-Tullius-Joacliim), architecte français, fils d'Ennius-Quirinus, né à Rome en 1791, mort k Paris eu 1853. Naturalisé Français dès l'Âge de huit ans, il lit ses premières études auprès de son père, qui habitait le Louvre et était alors chargé de la classification des chefs-d'œuvre du musée. Un artiste ne pouvait avoir un milieu plus favorable au développement de ses instincts. Aussi le jeune Visconti se fit-ii bientôt remarquer par la rapidité de ses progrès et la solidité de son intelligence. Entré k l'Ecole des beauxarts en 180S, il en sortit en 1814 avec ie seT cond grand prix et, malgré son rare mérite, ne put obtenir le premier. Au sortir de l'Ecole, il accepta une modeste place de conducteur de travaux k l'entrepôt des vins(l820). En 1822, les fonctions plus lucratives d'inspecteur des travaux au ministère des finances lui permirent de dessiner k ses heures. Mais il le faisait timidement et comme s'il eût été persuadé d'avance qu'il ne trouverait jamais 1 occasion de placer ses plans et ses projets. Ainsi Se passèrent quelques années durantlesquelles il fut tour k tour architecte du Ille et du Ville arrondissement. La monotonie de cette existence fut accidentée en 1824 par la commande d'une fontaine, celle qui s'est nommée plus tard fontaine Gaillon. Ce s'est pas un chefd'œuvre, mais le monument a de l'aspect et une certaine étrangeté d'ornementation. Cette fontaine fut remarquée ; elle valut k l'auteur l'attention plus particulière de l'administration municipale, qui lui confia la fontaine Molière. Mieux réussie, cette dernière création mit son nom en relief. C'est alors qu'il bâtit successivement, au Père-Laehaise, les tombeaux des maréchaux Suchet, Lauriston, Gùuvion- Saint-Cyr, Soult, etc. Eu 1835, la fontaine de la place Louvois s'éleva aussi d'après ses dessins et sous sa direction. D'un dessin peu commun, ce monument encadre avec goût les ligures du statuaire Klagmann ; il accusait chez l'auteur un véritable talent, qui se manifesta plus complètement encore dans la fontaine de la pluce Saint-Sulpice. L'idée n'en est pas, il est vrai, absolument originale, mais les détails montrent du goût et tout s'y tient dans un ensemble très-harmonieux. Ce travail précéda l'hôtel Pontalba et l'hôtel Collot, édifices remarquables dont la construction accrut la notoriété de l'auteur déjà grande k cette époque. Louis Visconti avait déjà fait d'assez bonnes affaires pour se bâtir, rue Fortin, aux Champs-Elysées, un petit palais napolitain, où il donnait des fêles superbes.
En 1840, lors de la rentrée des cendres de Napoléon, ce fut lui qui dirigea toutes les décorations de cette solennité, et voici en quels ternies le Moniteur rendit hommage au talent de l'architecte : i Rien n'est plus éphémère que les constructions improvisées pour tes rejouissances publiques ; mais rien aussi n'est plus difficile que d'y réunir ce double caractère de grandeur et de goût qu'il faut k une ville comme Paris. En ce genre, Visconti n'avait point de rivaux, et lui seul a trouvé le secret de se surpasser k chaque grande solennité nouvelle. ■ Ces hommages devaient être effacés par le triomphe que lui valut la construction du tombeau de l'empereur aux lu-
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valides. Après un concours glorieux et des difficultés énormes, Visconti se mita l'œuvre. Citons encore le Moniteur : « Restait k construire le tombeau même ; ici l'architecte crut devoir franchir les limites étroites du crédit primitivement fixé. Il envoya donc chercher au loin les marbres rares que la France ne pouvait lui fournir ; il fit venir k^grands frais de Carrare ces blocs ej'elopéens qui forment la galerie du tombeau et dans l'épaisseur desquels l'illustre Pradier put sculpter avant de mourir les douze Victoires colossales qu'on y admire. Pour enfermer le cercueil, Visconti nejugea digne de cet honneur aucun des marbres connus; ayant appris qu'il existait en Finlande une sorte de porphyre dont les savants n'ont pas encore déterminé le vrai nom, mais qui joint k la beauté la dureté indestructible du diamant, l'architecte n'hésita pas; bientôt des extrémités du Nord lui arriva ce bloc précieux que la vapeur seule a pu façonner... ■
L'œuvre capitale de Visconti est la réunion du Louvre aux Tuileries. Le décret qui ordonnait ces immenses travaux et en confiait la direction k L. Visconti parut en 1852. Dès la fin de juillet de cette même année, la première pierre était posée; au commencement de 1853, toute la périmétrie était construite, les bâtiments voisins de la galerie Henri IV étaient k moitié de leur hauteur et la façade de la rue de Rivoli allait jusqu'au faite. L'activité prodigieuse déployée par le maître en celte occasion fut telle, qu'il succomba au moment où son œuvre se réalisait. Depuis, ses plans furent sensiblement modifies; mais son nom n'en restera pus moins glorieusement attaché k l'un des plus grands travaux des temps modernes. C'est au mois d'août 1853 seulement, et comme à ta veille de sa mort, qu'il fut nommé membre de l'Institut. C'était un homme de cœur, et il y a dans sou testament deux phrases qui le prouvent: « J'ai cherché toute ma vie à obliger; cela a été ma seule jouissance. Je recommande à mes enfants de ne point perdre de vue que, pour vivre heureux, il faut faire tout le bien qu'il est possible de faire et pardonner k ceux qui nous ontoffensés. ■
VISCONTI (Pierre-Hercule), archéologue italieti, parent du précèdent, né à Rome au commencement de ce siècle. Il s'adonna de bonne heure k l'étude de l'archéologie, devint en 1S56 commissaire des antiquités dans Sa ville natale, puis fut attaché comme professeur d'archéologie a l'Académie de France, k Rouie. M. Visconti a été chargé de diriger plusieurs fouilles importantes, notamment celles d'Ostie et de lu catacumbe de Saint- Alexandre. On lui doit un grand nombre de Notices et de Mémoires, publiés dans le liiornale Arcudico et dans les Mémoires de l'Académie pontificale d'archéologie. Cet érudit distingué est commandeur de la Légion d'honneur et membre correspondant de l'Académie des beaux-arts de Paris.
V1SCONTI-OLEUGIO (Jean), seigneur db Bologne. V. Oleggio.
VISCONTI -VENOSTA (Emilio), homme d'Etat italien, ne dans la Valteline vers 1827. 11 s'était fait connaître comme journaliste, lorsque Cavour, qui appréciait son talent, l'envoya en 1859, pendant la guerre de l'Indépendance, auprès de Garibaidi, en qualité de commissaire royal. Après la défaite des Autrichiens, M. Visconti- Venosta se rendit avec M. Farini k Parme et k Modène pour préparer l'annexion de ces duchés au Piémont. L'habileté dont il fit preuve en cette circonstance lui valut d'être charge au commencement de 1860, concurremment avec le comte Pepoli, de se rendre k Paris et à Londres pour faire accepter par les gouvernements français et anglais les faits accomplis en Italie. A cette époque, il devint membre de la Chambre des dep.ités. De Cavour le nomma membre du comité du contentieux international au ministère des affaires étrangères, puis le chargea en octobre 1860 de se rendre k Naples, ou Farini venait d'être envoyé avec le titre fle lieutenant du roi, .pour s'y occuper des affaires extérieures, il oc* cupa peu de temps ce poste et revint k Turin, où il devint secrétaire général du ministère des affaires étrangères. M. Visconti occupait ces fonctions lorsque, le 24 mars 1863, il reçut le portefeuille des affaires étrangères qu'il conserva jusqu'à l'année suivante. Il reprit alors son siège k la Chambre des députés, où il vota avec le parti libéral. Lors de ia formation du cabinet Lanza-Selia (14 décembre 1869), M. Visconti fut appelé de nouveau au ministère des affaires étrangères. Les graves événements qui suivirent, la guerre entre la France et la Prusse, la prise Ue possession de Rome par uue année italienne (20 septembre 1870), la chute du pouvoir temporel du pape, I unification complète de l'Italie, l'installation k Rome du gouvernement italien, fournirent k M. Visconti- Venus ta l'occasion de montrer de remarquables qualités diplomatiques. Il sut maintenir de bons rapports entre l'Italie et les puissances étrangères et répondre par la modération ae sa conuuite et la dignité de son attitude aux attaques furibondes des ultrainoul.iins. Accusé en 1872, k la Chambre des uéputés, de trop grande modération envers le Vatican dans les questions politico-religieuses, il répondit le 28 novembre : «L'Italie, dans la suppression du pouvoir temporel, a contre elle la