MENT
VITEBSK, ville et gouvernement de la Russie d'Europe. V. Witebsk.
VITEliRA ou VYTEGRA, rivière de la Russie d'Europe. Elle prend sa source dans le S.-E. du gouvernement d'Olonets, coule au N.-O., passe par la ville de son nom et se jette dans le S.-E. du lac Onega, après un cours de 60 kilom. Elle est navigable. Le canal de Maisienskoi, qui la joint à la Kovja, établit une ligne navigable entre la mer Noire et ta Baltique.
VITEL (Jean de), poBte français, né à Lentilles, près d'Avranches, en 1560. Après avoir fait ses études à Rennes, il se livra entièrement au culte de la poésie et publia un recueil de ses vers sous ce titre : lesPremiers exercices de JeanVitel, Avranchois, etc. (Paris, Pierre Ilury, 1588, in-8°). Il se compose d'un poônie sur la prise du Mont-Saint- Michel en 1575, d'une description delà ville d'Avranches, d'une énumération des personnes illustres qui y sont nées, de l'hymne à Pallas, d'élégies, d'idylles, d'églognes et d'odes. On ne connaît que trois exemplaires? de ce recueil, dont un se trouve à la bibliothèque Mazarine, et Paris, un autre dans celle de Caen,
VITELLAIRE s. f. (vi-tël-lè-re — du lat. vitellus, jaune d'œuf). Bot. Genre de sapotacées, aont on ne connaît que le fruit.
VITELLESCHI (Jean Vitelli ou), condottiere et cardinal italien, mort à Rome en 1440. Ce personnage, sur lequel Machiavel et surtout le savant chroniqueur Paul Jove ont' laissé des documents curieux, est une des physionomies les plus saillantes que nous présente l'Italie au xve siècle. li était originaire de Corneto, petite ville sur les frontières de la Toscane, et il offrit d'abord ses services à un capitaine des plus fameux de l'époque, Tartaglia, condottiere au service des Sforza. Turtaglia ayant eu la tête tranchée sur la place publique d'Aversa, par ordre du pape Martin V, son lieutenant, resté sans emploi, vint à Rome et se fit recevoir à la cour du pape, qui le remarqua et le nomma protonotaire. Sous le pontificat d'Eugène IV, sa fortune prit un accroissement plus rapide. Ardent, actif, impétueux, réussissant merveilleusement dan3 tout ce qu'il entreprenait, il ne tarda pas à acquérir un- crédit immense. Il semblait tenir dans ses mains le salut et la dignité de l'Eglise; le pape fit de lui son bras droit. On le vit unir au pouvoir de légat le commandement des troupes pon-
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tificales. Il devint en outre évêque de Recanati, peu de temps après patriarche d'Alexandrie, puis archevêque de Florence, et enfin, sur la nouvelle d'une victoire impatiemment désirée, il reçut le chapeau de cardinal (1437). A ce degré de puissance, Vitelleschi bravait facilement ses ennemis et ses envieux. L'homme d'Eglise, déployant l'énergie et la cruauté du condottiere, débarrassa Te saintsiège de toute une nuée de petits souverains acharnés à empiéter sur les Etats du pape; mais il n'y eut pas un de ses faits d'armes .qui ne fût souillé par d'horribles violences. Jacob de Vico, seigneur de Viterbe ; Conrad de Trincî, prince de Foligno, furent par ses ordres massacrés de sang- froid après la victoire. Antoine de Pise, brave guerrier, érudit et littérateur distingué, fut pendu pour lui avoir résisté dans un petit château de la campagne de Rome. A Rome, une émeute ayant éclaté et le pape, poursuivi par les mutins, ayant été obligé de passer le Tibre eu toute hâte, Vitelleschi procéda avec- la plus extrême férocité à la recherche et à la punition des coupables. Il fit établir des échafauds, ou plutôt une boucherie en permanence, dans le champ de Flore, et là, sur les plus légers indices, nombre d'infortunés furent mis à mort sans pitié. Vitelleschi ne commença à déchoir auprès du pape que lorsqu'il montra quelque clémence, pour une raison ou pour une autre , probablement parce qu'on l'achetait. Envoyé a Naples pour soutenir René d'Anjou contre le roi Alphonse, il battit et fit prisonnier Orsini, prince de Tarente , qu'il renvoya sain et sauf, k la stupéfaction générale. Un peu auparavant, devant Fraucesco Sforza, qui occupait la marche d'Ancône, le cardinalsoldat, exécutant une retraite inexplicable, gagna la mer et laissa échapper son adversaire, qu'il lui eût été facile de battre. Acculé prés de Salerne par le roi Alphonse, Vitelleschi, pour sortir de cette' dangereuse position, conclut avec \e roi une suspension d'armes de trois mois, puis, avant l'expiration de la trêve, le traître s'allie avec Candola et tombe à l'improviste sur Alphonse, qui prenait tranquillement ses quartiers d'hiver. C'était le jour de No6l, et Alphonse, assistant au service divin, venait de s'approcher de l'autel pour communier. Il était déjà agenouillé, quand soudain on annonce à grands cris que les gens de Vitelleschi arrivent, tuant tout sur leur passage. Le roi fut obligé de fuir, et les soldats du condottiere envahirent l'église, qu'ils mirent au pillage. Cet acte souleva l'exécration universelle et indigna le pape; qui commença k réfléchir sur la mauvaise foi etl'insigne cruauté de son lieutenant. Toutefois, le pape n'aurait pas eu de peine à pardonner en faveur de l'intention, si Vitelleschi, parvenu si haut, n'avait osé porter ses vues jusque sur la tiare. Il était fortifié dans ses espérances par l'appui qu'il comptait trouver dans ses troupes et par la possession de toutes les places fortes ; il avait de l'or à semer k pleines mains pour acheter les suffrages. Les seuls ennemis qu'il redoutât étaient les Florentins et les Vénitiens, auxquels il avait voué une haine implacable. 11 s'allia secrètement avec leur ennemi, Nicolao Picino, général renommé, qui, à la tête des troupesde Philippe-Marie, duc de Milan, faisait une guerre acharnée aux deux républiques coalisées ; mais ce plan avorta. Les dépêches de Vitelleschi à son allié furent interceptées ; elles étaient en chiffres, il est vrai, et l'on ne pouvait en connaître précisément le contenu, mais ce mystère même accusait vivement le cardinal. Cette découverte lit éclater l'orage. Le conseil d'Eugène IV était présidé par Ludovic de Padoue, patriarche d'Aquilée, qui de médecin était devenu cardinal, esprit vif, pénétrant, astucieux, et de plus ennemi personnel de Vitelleschi. 11 fit un tableau effrayant des crimes et des mœurs dissolues de son rival et conclut eu disant que, tant que ce cardinal vivrait, le pape serait toujours dans une espèce de tutelle. Bref, il obtint l'ordre de se saisir de sa personne et chargea de ce soin Antonio Rido, qui avait le commandement du château Saint-Ange. Celui-ci parvint à s'emparer de Vitelleschi par surprise et l'enferma dans la citadelle. Ses troupes soulevées redemandaient à grands cris leur capitaine; ou les apaisa en leur disant qu'il avait été arrêté par l'ordre du pape et pour de graves motifs. Peu aprés,VueHe$ehi mourut, probablement empoisonné. On ne lui accorda ni tombeau ni honneurs funèbres ; cependant les habitants de Corneto lui élevèrent un peu plus tard un tombeau de marbre, qui existait encore du temps de Paul Jove et qu'on visitait par curiosité. Un palais qu'il s'était fait bâtir dans sa ville natale fut transformé en hospice.
VITELLI (Nicolo), condottiere italien, mort en 1497. Son dévouement à la maison de Médicis lui valut la souveraineté deCitta-di- Castello, qui lui fut enlevée, en W77, par le pape Sixte IV ; mais il y fut rétabli en 1482 et la conserva jusqu'à sa mort.
VITELLI (Vitellozzo), condottiere italien, fils du précédent, mort en 1502. Il succéda à son père dans la souveraineté de Citta-di- Castello et embrassa le parti des Orsini contre le pape Alexandre VI, sur les troupes duquel il remporta unevictoiresignalee.il se mit ensuite au service des Florentins,
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avec son frère Paul ; mais celui-ci, qui commandait l'armée chargée du siège de Pise, n'ayant pas réussi k s'emparer de cette ville, fut arrêté, torturé et mis k mort par ordre des autorités florentines (1499): Vitellozzo se jeta alors dans Pise et se mit a la tête des assiégés, dont il fut dès lors le Adèle allié. Ligué contre César Borgia avec les autres condottieri de la province, il se laissa, ainsi que ceux-ci, prendre aux promesses et uux serments du fils perfide d'Alexandre VI, et, s'étant remis entre ses mains, il fut massacré en même temps qu'Oliverotto da Fermo et les Orsini.
VITELLI (Ciapino), célèbre capitaine italien du xvie siècle , de la même famille que les précédents. Il se mit au service de Cosme de Médicis, qui lui dut une partie de ses succès pendant la guerre de Sienne. Appelé ensuite au commandement des bandes italiennes qui allaient seconder les Espagnols contre les Maures en Afrique (1564), il se signala k la prise de Penon-de-Velez, sauva, par sa valeur, d'une défaite certaine, l'armée espagnole attaquée à l'improviste par les Maures au moment du rembarquement, et • passa ensuite dans les Pays-Bas, où il eut la grade de grand maréchal. Après la mort du comte d'Arenberg à la bataille deGroningue {1568>, il prit le commandement de l'armée, la ramena dans les positions qu'elle avait quittées et, s'avançant ensuite dans l'intérieur de la Hollande, s'empara de plusieurs villes avec une telle rapidité, que le duc d'Orange n'eut pas le temps de les secourir. Vitélli mourut en 1576, -des suites d'une chute de voiture. Brantôme parle de lui avec éloge dans le chapitre xlvi de ses Vies des capitaines étrangers.
V1TELLIEN, IENNE adj. (vi-tèl-li-ain , i-è-ne. — Les uns font venir ce mot âeVitellius, nom propre, les autres de vitellus, qui signifie k la fois veau, poulet, jaune d'œuf; mais le sens ne convient pas, car il faut renoncer k voir autre chose qu'une coïncidence dans le rapport du nom àepoulet donné aujourd'hui aux billets doux, et celui de lettres de poulet', tabells vilellianss, que lui donnaient les Latins). Philol. anc. Tablettes vitelliennes, Tablettes sur lesquelles on écrivait des billets d'amour, il Recueil dépensées svfr des sujets légers ou galants.
— Encycl. Le mot vitellien, dont on ignore l'origine, s'appliquait aux tablettes sur lesquelles s'écrivaient les correspondances amoureuses, k ce que nous appellerions des billets doux. Elles étaient d'ordinaire en bois. Quelquefois la galanterie recherchait pour cet objet un bois précieux, comme le citrus; on poussait même le luxe jusqu'à se servir d'ivoire. Dans tous les cas, elles étaient enduites de cire à l'intérieur, et sur cette cire le style traçait les paroles inspirées par la passion de l'amour. «Apporte vite le style, la cire et les tablettes, » dit Plaute : S/fer cito slylum, eeram et tabellas...
■ Dans une ancienne peinture du musée de Naples, on voit l'Amour présentant k Polyphéme des tablettes de ce genre.
On a donné aussi le nom de vitelliens (vitelliam) k des recueils de vers ou de pensées erotiques. Ces recueils unissaient l'obscénité k la galanterie et comprenaient des épigrammes, des inscriptions, légères et spirituelles, avec la liberté d'expression que se permettait le latin, « dans les mots bravant l'honnêteté. »On pourrait les comparer k nos volumes de poésies fugitives, si on levait le voile de périphrases décentes et d'expressions équivoques dont celles-ci revêtent des pensées souvent fort immorales.
VITELLIFÈRE adj. (vi-tèl-li-fè-re — du lat. viteltus, jaune d'œuf; fera, je porte). Hist. nat. Qui contient un jaune d'œuf.
VITELLIN, INEadj.(vi-tèl-lain,i-ue — rad.
vitellus). Physiol. Qui appartient au vitellus : On trouve toujours dans la membrane vitelline le vitellus ou jaune enveloppé de la vésicule et la tache germinative. (Quatrefages.) Il Membrane vitelline ou substantiv. Vitelline, Membrane qui enveloppe immédiatement le vitellus.
— s. t. Chim. Substance blanche azotée, ayant la plupart des propriétés de l'albumine, et qui se trouve dans le jaune d'œuf, dont on l'isole facilement en traitant par l'éther le jaune d'œuf dur émietté.
— Encycl. Physiol. La vitelline offre, relativement au volume de l'ovule, une assez grande épaisseur; elle est épaisse, transparente, hyaline, très-résistante, homogène, amorphe et élastique; elle renferme le vitellus. Elle a, au microscope, l'aspect d'un double anneau, parce qu'elle est transparente et qu'on aperçoit seulement les deux ligues limitant sa paroi en dedans et en dehors. Le contenu ou vitellus est une masse granuleuse, visqueuse, transparente et cohérente , qui constitue la paroi la plus essentielle de l'œuf. L'eau pénètre par endosmose la membrane vitelline et détermine la rétraction du vitellus.
V1TELLIO ou V1TELLO, mathématicien polonais. Il vivait au xin° siècle, appartenait k l'illustre famille des Ciolek et, selon l'usage de l'époque, il latinisa son nom, qui, en polonais, signifie taureau.ïl nous est resté da lui un traité curieux d'optique, publié longtemps après sa mort sous ce ti'.ro : Vitellionisper-
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spectivz libri decem (Nuremberg, 1533), et qui a été réédité deux fois depuis, la première en 1551, la seconde en 1572. Cet ouvrage est le premier où ait été apprécia pu Occident le phénomène de la réfraction. Ni Regiomontanus ni Purbach n'en avaient tenu compte dans leurs observations astronomiques. Il est probable que Vitellio ne connaissait ni le traité d'optique de Ptolémée, qui contient, pour les passages delà lumière de l'air -dans l'eau ou dans le verre et de l'eau dans le verre, les tables des réfractions sous les incidences de dix en dix degrés, ni le Thésaurus opticx d'Alhasen, qui a été joint à ses dix livres dans l'édition de 1578. Quoi qu'il en soit, les tables de Vitellio sont beaucoup plus exactes que celles de Ptolénjée; elles se rap-
Ïtortent, du reste, aux mêmes milieux. Quant à a réfraction astronomique due à l'interposition de notre atmosphère, que Ptolemée et Alhasen avaient signalée comme une' cause d'erreur, Vitellio n en parle pas; mais on n'a pu commencer à en tenir compte que longtemps après lui.
V1TELL1US (Aulus), empereur romain, né à Luceria l'an 15 de J.-C, de Lucius Vitellius, un des plus vils courtisans de Caligula, de Claude et de Messaline, mort à Rome l'an 69. Elevé à Caprée sous les yeux de Tibère, Viteliius se montra toute sa vie le digne élève de ce maître en corruption. Il plut à Caligula par son habileté dans les courses de chars, a. Claude par sa passion pour le jeu, à Néron pour l'universalité de sa dépravation, à tous par la lâcheté de ses flatteries. Consul sous Claude, puis proconsul en Afrique, il administra cette province mieux qu'on n'aurait pu l'espérer d'un pareil homme. Devenu édile, il pilla les offrandes et les ornements <ies temples, ce qui n'empêcha pas Néron de lui conférer de nouvelles dignités et même des sacerdoces. Quand Galba lui eut confié, vers 68, le commandement de la basse Germanie, il s'attacha son armée par ses largesses et ses basses familiarités, et prit la pourpre après la mort de Galba , pendant qu'Othon se faisait proclamer à Rome. L'armée de la haute Germanie, la Belgique et la Gaule Lyonnaise se déclarèrent pour lui ; mais aussi poltron, aussi mou qu'il était glouton, il continua à se livrer à ses excès de table pendant que ses lieutenants, Valens et Cseeina, marchaient sur l'Italie et gagnaient sur les troupes d'othon la décisive bataille de Bédriac, qui livrait le monde à un Viteliius (69). Il se mit alors en marche par la Gaule et voulut visiter, avant de se rendre à Rome, le champ de bataille, encore couvert de cadavres qui exhalaient une odeur infecte. C'est dans cette circonstance qu'il prononça ces horribles paroles : « Le corps d'un ennemi mort sent toujours bon, surtout si c'est un compatriote. » 11 fit son entrée à Rome suivi de 60,000 soldats, comme lui toujours en état d'ivresse. Son règne ne fut qu'une goinfrerie sans fin. Les Romains avaient eu des maîtres plus infâmes peutêtre ; ils n'en subirent point de plus ignobles. D'une voracité inexprimable, il faisait un nombre infini de repas dans la même journée, et entre chacun d'eux il se provoquait aux vomissements pour maintenir son appétit bestial. La prodigalité de ses festins dépassait tout ce qu'on avait vu jusqu'alors. Dans un dîner que lui donna son frère Lucius, on vit paraître jusqu'à 2,000 poissons et 7,000 oiseaux rares. Tacite dit que toutes les contrées de l'Italie étaient mises à contribution et tous les chemins couverts par les pourvoyeurs de sa table, qui, ajoute Josèphe.eût épuisé toutes les richesses de l'empire si ce règne eût duré plus longtemps. Suétone le dépeint plus vorace encore que sensuel,etil donne sur cette voracité les plus hideux détails. En même temps, il dépensait des sommes immenses pour les jeux du cirque, les bêtes féroces, les gladiateurs, etc. Méprisable et abruti par tant de vices ignominieux, il se rendit encore exécrable par ses cruautés, lit périr un grand nombre de ses propres amis et des citoyens de toute condition. Il n'oublia pas non plus de livrer au supplice ses anciens créanciers. Cependant Vespasien avait pris lu pourpre en Judée et était venu se faire reconnaître eu Egypte, pendant que, en Italie, son lieutenant Antonius Primus B'avançait jusqu'à Ferrare. Viteliius se réveilla à peine de son abrutissement; le péril ne lui lit point réformer sa vie cra'puleuse. Il se contenta d'envoyer au-devant de l'enueini Ceecina, qui alla se faire écraser à Crémone par les troupes de Vespasien. Primus vint investir Rome, et hors des murs, au camp des prétoriens, se livrèrent, entre ces soldats de toutes les nations, des combats si meurtriers, que Josèphe et Dion Cassius portent le nombre des morts à 50,0"00. Le peuple, dit Tacite, assistait à ces horreurs comme aux jeux du cirque, applaudissant à l'un et à l'autre parti et s'associant aux pillages. Viteliius, en voyant la perte des siens, essaya de s'enfuir, suivi de son boulanger et de son cuisinier. Forcé de rentrer dans son palais, il le trouva désert, se cacha épouvanté dans la loge de son portier, en fut arraché parles soldais, traîné la corde au cou et demi- nu à travers la ville, au milieu des insultes et des outrages, et enfin uns en pièces et jeté dans le Tibre. « Viieiiius s'assit à l'empire, qu'il avait pris pour un banjjuet. Ses convives le futeèrent a achevai' lo festin aux gémonies. >
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(Chateaubriand.) Son règne avait duré huit mois.
— Iconogr. Les portraits antiques de Viteliius, que l'on conserve dans les inusées du Vatican, des Offices, du Louvre, au palais royal de Gênes et dans d'autres collections, répondent parfaitement à la description que Suétone nous a donnée de la taille énorme, du visage gras et coloré de cet empereur. Le buste' que possède le Louvre est particulièrement expressif et vivant; le modelé large et souple rend à merveille la carnation épaisse et graisseuse; la bouche, quoique charnue, est petite et spirituelle; les yeux sont pleins de feu.
Un sculpteur moderne, Auguste Préault, a exposé au Salon de 1870 un bas-relief de bronze représentant la tète de Viteliius ; il a poussé jusqu'à la caricature les traits empâtés et boursouflés du modèle antique. Au musée de Dresde est une ligure de Viieiiius couronné de laurier , peinte par Frans Floris.
V1TELLIUS (Erasme), prélat et diplomate polonais, né à Cracovie en 1470, mort en 1522. Ayant été élevé aux frais de la famille Ciolek, il prit par reconnaissance le nom de ses bienfaiteurs, qu'il latinisa en celui de Viteliius. Reçu docteur à Cracovie en 1491, il sut gagner les bonnes grâces du prince Alexandre , qui , après son avènement au trône de Pologne, le nomma évêque de Plock (1504) et le chargea de deux missions auprès du pape. Le roi Sïgisinond I*r l'envoya en 1518 à la diète d'Augsbourg pour y solliciter des secours contre les Turcs, C'était le moment de l'élection d'un successeur à l'empereur Maximilien, et Viteliius prit une part importante aux négociations entamées à ce sujet. Il alla même a Rome pour y appuyer auprès de Léon X l'élection de Charles-Quint j mais le pontife, peu désireux (le voir à la tète de l'Allemagne un prince aussi puissant, offrit à Viieiiius le chapeau de cardinal s'il voulait abandonner les intérêts du petit-fils de Maximilien, et le prélat polonais, séduit par cette otfre, cessa d'agir dans le sens de la volonté de son souverain, qui lui fit de sévères reproches pour sa désobéissance.
Viteliius n'en continua pus moure à suivre les inspirations de Léon X ; mais la mort de ce pontife (1521) vint anéantir ses espérances et lui porta un coup mortel. Il succomba lui-même quelques mois plus tard.
V1TELLICS (Jacques), théologien et poète polonais, né vers 1590, mort en 1648. Il fit ses études à l'Académie de Cracovie, y devint professeur de théologie, puis, en 1639, bibliothécaire et obtint en outre le titre de chanoine de la collégiale de Sainte-Aune. On a de lui : Confutatio convicii a Stanislao Zakrzewski contra academiam Cracooiensem jaclali (Cracovie, 1623, in-4") -, Hernies Trismegistus (Cracovie 1629, iu-4»), poème écrit en trois langues (hébreu, grec et latin); Augusta regni félicitas- in inaugurations Vladislai IV (Cracovie, 1833, in-4<>) ; Chrysotogus Jtomanus defuncius siée Oratio in fwiere Abrahami Bzovii (Cracovie, 1637, in-4»), etc.
V1TELLUS s. m. (vi-tèl-lnss — mot. lat.). Physiol. Jaune de l'œuf, il Substance particulière, qui compose en grande partie l'ovule et qui est destinée à fournir à la nutrition du foetus : Le vitellus est surtout composé de matières 07 ganioues et nutritives. (Quatrefages.) Chez tous les vivipares, le vmtLLUs est fort petit. (Quatrefages.)
— Encycl. Les physiologistes sont loin d'être d'accord sur ce qu'il faut entendre par le vitetlus. Les uns veulent qu'on appelle ainsi le jaune de l'œuf ou la portion de l'œuf qui représente le jaune ; les autres veulent qu'on réserve cette dénomination à la portion de l'œuf qui subit le phénomène caractéristique de la segmentation, et qui, finalement, donne naissance à l'embryon. Pour le plus grand nombre, ces deux organes mériteraient peut-être le nom de vitetlus; mais il faudrait distinguer alors un double vitetlus : un vitetlus yerminatif, qui donne naissance à l'embryon, et un vitetlus nutritif ou jaune proprement dit, qui fournit au jeune embryon formé sa première nourriture. Mais il est des partisans plus exclusifs de la première interprétation, qui entendent réserver le nom de vitellus à la partie germinative de l'œuf. Ceux-ci d'ailleurs regardent, par extension, comme autant de vitellus les protoplasmas germinatifs de tout ovule, de tout œuf, de toute graine végétale ou animale ; et même touvt élément générateur mâle, spermatozoïde ou grain de pollen, est pour eux un produit de la segmentation du vitellus mâle. Nous ne suivrons pas les physiologistes des diverses écoles dans le développement de ces théories, et nous nous contenterons de regarder le jaune de l'œuf comme un vitellus simple ou double, représentant, en tout cas, la partie fondamentale de l'œuf des animaux supérieurs. Dans ces termes, nous avons à étudier le vitellus en premier lieu dans l'œuf humain, puis dans l'œuf des animaux.
Au moment où l'œuf humain sort de la vésicule de Graif, il ne" possède guère qu'un septième à un dixième de millimètre de diamètre ; mais il est lui seul tout l'œuf et tout le jaune, c'est-à-dire que l'œuf humain, réduit à un vitellus, n'est pas enveloppé, comme l'œuf des oiseaux, d'une couche albumineuse plus ou moins épaisse, qui forme le blanc.
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Ainsi constitué, l'ovule humain est composé , d'un petit amas de matière granuleuse en- j duite d'une humeur visqueuse et renfermée dans une membrane mince qui est la zone transparente ou membrane vitelline. Mais si l'ovule est fécondé, c'est-à-dire s'il est appelé à se développer ultérieurement pour donner naissance à un embryon, la série des métamorphoses qu'il doit subir commence, pour ainsi dire, immédiatement après la fécondation. C'est au sein du vitellus que s'accomplit nécessairement la première de ces métamorphoses. A une époque, disons-nous, très-rapprochée du moment de la féconda- { tion, le vitellus entier se segmente. Voici en quoi consiste ce phénomène, regardé comme caractérisant toute formation vitelline. La masse du vitellus, qui remplissait complètement sa cavité, se racornit; elle diminue de volume ; elle flotte librement dans la sphère enveloppante et se détache de la paroi, puis un espace ovoïde, clair et transparent se dessine à son centre. Bientôt, aux deux extrémités de son diamètre, apparaît une échancrure, qui, augmentant progressivement de profondeur, la divise en deux masses ovoïdes juxtaposées. Un peu après, par un mécanisme en tout semblable, ces deux premières moitiés, ramenées d'abord à la forme sphérique, se divisent en deux ; pdis, cette division dichotomique se continuant incessamment, le vitetlus se trouve fractionné en quatre, huit, seize, trente-deux, etc., parties égales, sphériques et de plus en,p!us petites. Chacune de ces sphères possède d'ailleurs, vers son milieu, u-ue petite cellule qui est, suivant M. Coste, le centre actif de la segmentation.
Ce phénomène accompli,leut'Wftisa changé de structure ; il constitue le corps mùriforme, et est ainsi appelé parce qu'il représente, à certains égards, le fruit du mûrier. Après cette segmentation, le liquide atbumineux qui occupe le centre de la sphère vitelline parait augmenter de volume ; il refoule les petites sphères du centre vers la circonférence et finit par les appliquer contre la paroi extérieure, où elles semblent constituer une couche unique et continue. Elles sont en effet polygonales par le fait de leur près- i sion réciproque. Alors elles se fondent en- ; semble, s'unissent définitivement et donnent naissance à une membrane mince et sphéri- | que, dont la cavité est pleine de liquide; c'est le blastoderme, aux dépens duquel va se former incessamment l'embryon futur.
Ici se termine 1 évolution du véritable vitellus, car il est impossible de regarder comme tel le liquide albumineux qui remplit la cavité blastodermique.Ce liquide est, toutefois, un important annexe du vitellus. Si la masse mùriforme a constitué un vitellus germmatif qui va produire l'embryon, le liquide central qui remplace les granulations va, de son côté et des les premiers moments, servir de nourriture à cet embryon ; il est donc un vitellus nutritif. Il a pour enveloppe une membrane de nouvelle formation, le feuillet interne du blastoderme, et constitue d'abord une vésicule en communication uirecte avec l'embryon ; mais, au fur et à mesure que celui-ci se forme, se courbe, cette vésicule s'étrangle d'elle-même en subissant l'incurvation du feuillet inuqueux; de la resuite comme une sorte de bourse appendue à l'embryon, partie extra-fœtale désormais, à laquelle on nonne le nom de vésicuie ombilicale. C'est celte bourse, cette poche nutritive qui va fournir à l'einbryou son premier aliment. Mais lorsque, à uue époque plus avancée de son développement, l'embryon s'est ■| pourvu d'une vésicule alSaiiioïdieiiiie, au fur et à mesure que cette nouvelle vésicule se développe, la vésicule ombilicale s'atrophie, le liquide qu'elle contenait semble se résorber et toute la poche s'amoindrit; puis 1 ouverture elle-même, qui établissait une communication large et béante avec l'embryon, se rétrécit, se peuicularise; enfin, le pèuicule lui-même devient filiforme et se rumpt, moins de qilaraiite-cuiq jours après la conception, et les vestiges ue la vésicule ombilicale flottent inutiles dans le liquide extra-fœtal, où l'on peut en retrouver les traces jusque vers les derniers temps de la gesutiun.
Telle est, en quelques traits rapides, l'histoire du développement et des fonctions du vitellus de l'embryon humaïu. Nous n'avons rien à y ajuuter eu ce qui cuneerne les autres mammifères, car les modifications que subit leur vitellus sont absolument identiques à celies que subit le vitellus de l'homme.
Le vitellus- du l'œuf des oiseaux est, au Contraire, assez différent de celui que nous venons de décrire. Sans parler de la position particulière qu'occupe le jaune de l'œuf au centre d'une épaisse couche albumineuse (blanc de l'œuf), nous devons noter un important détail de sa constitution. Il est, en quelque sorte, formé de deux parties : l'une est un amas granuleux d'éléments disséminés dans la sphère vitelline ; l'autre est constituée par une sorte d'epaississenieut des granulations qui occupe un point périphérique. Cet epaississement est le oicatnoule; c'est lui qui va donner naissance à l'embryon, à l'exclusion du reste de la sphère granuleuse.
Il y a donc, en quelque sorte, deux vitellus dans l'œuf de l'oiseau : un vitellus périphérique, germinatif, qui va. subir la segmentation, et un vitellus central, nutritif et
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qui ne prend aucune part à la formation de- 1 embryon. Mais si, dans l'œuf de l'oiseau, le vitellus se dédouble ainsi, il faut dire que, par compensation, le vitellus nutritif, le jaune d'œuf proprementdit, aune tout autre importance que le liquide albumineux qui remplit la cavité blastodermique dans l'œuf des mammifères. Sa constitution est déjà bien différente. Formé de granulations huileuses et jaunâtres, il est l'aliment essentiel du jeune embryon , aliment bien autrement nutritif que le contenu de la vésicule ombilicale des mammifères. Mais ce résultat était facile à prévoir, car l'embryon de l'oiseau doit suffire à sa nourriture à l'aide de l'œuf pendant tout le cours de l'incubation et au delà, tandis que l'embryon du mammifère trouve ses éléments de nutrition dans l'utérus qui le reçoit.
Cependant le jaune de l'œuf des oiseaux est une véritable vésicule ombilicale, qui a la même origine que celle de l'œuf des mammifères, mais dont la destinée est différente. Chez les oiseaux, elle persiste jusqu'uu temps du développement et devient le siège d'une absorption très-étendue, hlle fournit à l'embryon une matière très-richement nutritive, et le jeune oiseau, en sortant de l'œuf, emporte avec lui, dans son abdomen, sa vésicule ombilicale, encore remplie d'une certaine quantité de substance alimentaire.
Quant aux autres animaux, la constitution de leur viteltus se rapproche des deux types que nous venons d'étudier. Chez les uns, la cicatricule est distincte et indépendante du jaune, en sorte qu'il y a un viteltus germinatif et un vitellus nutritif : tels sont les oiseaux, les reptiies écailleux, les poissons cartilagineux et les céphalopodes; chez lés autres, il y a, comme chez l'homme, un viteltus uniquement gerinmatif : tels sont les mammifères, les batraciens et la plupart des invertébrés, à l'exception des céphalopodes. Il y a certainement des types intermédiaires, et les poissons osseux nous eu fournissent un exemple. La vésicule ombilicale a aussi, chez eux, une tout autre importance et constitue, chez la plupart des animaux inférieurs, un organe essentiel de la nutrition du premier âge. Ce n'est pas ici le lieu d'entrer à ce sujet dans des développements qui ont trouvé place ailleurs. V. œuf, JA.U.NK, VI- TELLINE.
VITELOT s. m. (vi-te-lo — dimin. du lat. vittu, bandelette). Art eulin. Nom donne à des rubaus de pâte que l'on fait cuira dans du lait ou que l'on sert avec une sauce piquante,
VITELOTTE s. f. (vi-te-lo-te). Agric. Variété de pomme de terre appelée aussi viquk-
LOTTli.
— Pop. Nez bourgeonné et de forme irrégulière.
— Encycl. La vitelotte est une pomme de terre a tubercules tres-allouges, quelquefois pins gros a une extrémité qu'a l'autre, fermes, longs et'estunés. Les viielolles forment uue ues trois grandes catégories des pommes de terre. « Parmi les variétés de Cette catégorie, uit Joigneaux, nous plaçons la juuue longue de Hullaude, la kyduey native, appelée aussi mai joliu et quarantaine, la vitelotte de Pans, la corne de chèvre, la longue d'Islande, la longue violette et la longue de Maastricht ou crincouee des Ardenuais. La marjoliu est précieuse par sa précocité; c'est celle variété que l'on force sur couches ; elle est délicate et sujette à lauiaïadie. Lacorue de chèvre tend a. uisparaùre ; elle est inconnue à la halle de Pans. C'est, a notre avis, la meilleure des pommes ue terre connues;. aussi eût-il été à désirer qu'on la régénérât par le semis. La longue d Islande, trop peu répandue encore, est une variété excellente et robuste. La longue violette et la longue de Muéstricht, l'une et l'autre fort recherchées eu lielgique, nous semblent dégénérées et, par conséquent, faibles; cependant, ou pourrait les mamteuir eucore avec avantage dans les terrains sablonneux des climats doux. La jauue longue de Hollande et la vitelotte de Pans sont toujours ici les variétés par excellence. ■
La vitelotte proprement dite, que l'on appelle souris, laupe, rognon, a cause de sa forme, présente les caractères suivants ; les tiges eu sont élancées, le feuillage peu fourni, les fleurs blanches, lus baies assez rares, les tubercules garnis d'uu grand nombre d'yeux dans des cavités profondes, ce qui eu rend la surface raboteuse. La chair, u'uu blanc rougeâtre, d'uu bon guùi., assez farineuse et ne se délayant punit par la cuisson, est trèsrecherchee pour la lubie ; aussi le prix de la vitelotte est-il eoinparativeiueui eleve.
Cette pomme de terre exi^e un bon terrain, très-amende ; eue ne produit que faiblement dans les terrains médiocres et rien dans les terrains mauvais. ELe se cultive comme les autres pommes de terre; mais elle est un peu plus précoce et moins productive.
VITEMENT adj. (vi-te-man — rad. vite), Fam. Vue, prompiement ; bientôt : Arrive ici vitkmknt. Entrez vitement. Courons vite-
MKNT.
Que Us jours, gais pour toi, pour moi seul ennuyeux. Te font vilement belle et moi vilement vieux! Rolland et Du Bots.
VITE
TITENÈS, grand-duo de Lithuanie. V. Wl- ,
TENÈS.
VITEHBE, en italien Viterbo, ville du royaume d'Italie (province de Rome), ch.-l. | d'arrondissement, à 90 kilotn. N.-O. de Rome, an pied du Cuniiio, par 4Z° 24' de latir. N. et 9° 37' de longit. E.; 22,000 hiib. Kvêché. Manufacture de verroterie ; industrie agricole; eaux minérales. Commerce de blé, vins, rat- j sins secs, soufre et fer. Viterbe est une ville entourée de murailles, bien bâtie, aux. rues . régulières et pavées de larges dalles de lave. La place principale est entourée de poi tiquas. On y trouve plusieurs fontaines élégantes et de nombreux jardins.
— Monuments. La cathédrale de Viterbe, placée sons l'invocation de saint Laurent (San-Lorenzo), appartient au style gothique. Elle occupe, dit-on, l'emplacement d'un ancien temple d'Hercule. Gui de Montfort assassina en 1270, au pied même du maître-autel, le prince Henri de Coruwall d'Angleterre, neveu de Henri 111. C'est également devant l'entrée principale dei la cathédrale de Viterbe que le pape Adrien IV se lit tenir l'étrier par l'empereur Barberousse. Indépendamment de» tombeaux des papes Jean XXI, Alexandre IV, Alexandre V, Clément IV, on remarque à l'intérieur de l'édilice un grand tableau de Romanelli, représentant le patron de l'église duns une gloire, et un autre tableau attribué à Albert Durer, le Christ et les quatre évangélistes.
L'église Sant'-Augelo-in-Spata. présente une façade ornée d'un beau sarcophage romain,-avec un bas-reliaf représentant une Chusse au sanglier. C'est dans cette église que fut ensevelie au XIIe siècle la belle Ga- Hana, qui renouvala au moyen âge l'épisode fameux de la belle Hélène. Elle tut la cause d'une guerre sanglante entre Viterbe, alors un instant constituée en république, et Rome. « On rapporte, dit M. du Pays, que la victoire resta aux troupes viterbiennes et que les Romains, en se retirant, ne demandèrent dans la capitulation que de pouvoir contempler une dernière fois Galiana, qui leur fut, en effet, montrée de l'une des fenêtres existant encore à l'extérieur d'une vieille tour de l'ancienne porte Saint-Antoine. « Les postes du temps ont chanté cet épisode.
C'est dans l'église do Santa-Rosa, à la- , quelle des restaurations. successives ont enlevé son caractère primitif, que fut ensevelie au xuie siècle la sainte du même nom, canonisée, dit-on, de son vivant même. Véritable Jeanne Darc viterbienne, c'est à sa voix éloquente que la ville se souleva contre la tyrannie de 1 empereur Frédéric II.
Les autres églises de Viterbe ne se signalent guère que par les ouvrages de peinture qu'elles renferment. San-Francesco possède une belle Desvente de croix, par Sébastien del Piombojon y voit aussi le tombeau du pape Adrien V; on remarque k Sant'- Igrmzio le maître-autel, œuvre dty cavalier d'Arpino, et un Christ au jardin des Oliviers, par Marcello Venustijà Sunta-Maria-della- Verita, une grande fresque de Lorenzo di Giacoino da Viterbo (1469), remplie de portraits historiques et qui coûta k son auteur vingt-cinq années de trav»il; k l'église Della- Morie, l' Incrédulité de saint l'Iwvws, tableau de Salvutor Rosa ; enfin, k l'église des Osservanli-del-Paradiso, une ftvsque, la Vierge et les saints, pur Léonard de Vinci, et une Flagellation, par Sebastien del Piombo.
Les principaux édifices civils de Viterbe sont : le Palais public (Palazzo publico), commencé eu 1264, terminé sous Sixte IV. La cour est ornée de tombeaux étrusques et d'une fontaine. A l'intérieur, on remarque de belles fresques par Baluassare Croce, élève d'Annibal Carraehe; le palais San-Martino, qui possède un escalier tournant praticable pour les voitures et conduisant jusqu'au dernier étage. L'appartement et le portrait de la célèbre Olympia Maiualehini Paniili , bellesœur du pape Innocent X, méritent également une mention.
Citons enfin, parmi les monuments divers : la fontaine Grande, la fontaine de la place aux Herbes, euiflces du XIIIe siècle; la fontaine de la place délia Rocca, attribuée à Vignole (xvie siècle), etc.
— histoire. Viterbe (de vêtus urbs, vieille ville) fut fondée vers 773 par Didier, roi des Lombards, sur l'emplacement d'un ancien temple étrusque (fanum Vottumnse). A partir de 1077, elte forma la capitale du patrimoine de saint Pierre, donné k la papauté par la grande comtesse Mathilde et dans lequel Viterbe avait été comprise. Ce fut là qu'en 1515 fut conclu entre Léon X et le roi de France François 1« le traité par lequel, après la conquête du Milanais, le pape consentit à renoncer k Parme et à Plaisance. Dans le plébiscite qui suivit, le 20 septembre 1870, l'entrée de l'armée italienne à Rome, les habitants de Viterbe se prononcèrent à une immense majorité pour l'annexion au royaume d'Italie-et la suppression du pouvoir temporel des papes. Viterbe a vu naître le célèbre Annius, du Annius de Viterbe.
L'uncienne délégation de Viterbe, devenue depuis 1871 un arrondissement de Rome, a 90 kilqm. sur 75 et 130,000 hab. La surface eu est montagneuse au N., entrecoupée de plaines et de collines au milieu, et, vers la mer, composée de plaines. Elle est arrosée par le Tibre, la Paglia, la Chiana, la Fiora,
VITE
le Mignone, le Capino, l'Arrone et quelques autres cours d'eau moins considérables, et renferme les lacs Bolseno et Vico. Il y a de belles forêts j beaucoup de parties sont très • fertiles, mais ne sont pas cultivées avec assez de soin. Néanmoins, on récolte une quantité considérable de vin, d'huile, de grains. On y élève aussi dn gros et du menu bétail. 11 existe dans diverses parties des mines d'alun.
Viicriio (traité de), conclu le 13 octobre 1515 entre le pape Léon X et le roi François lof. Léon X s'était montré l'ennemi constant delà' France; il s'était allié contre François îcr avec i empereur Ferdinand le Catholique et les Suisses. Mais après la bataille de Matïguan, où ceux-ci essuyèrent une si rude défaite, il dut renoncer à l'espoir de constituer Parme, Plaisance, Modène et Reggioen une principauté au profit de son frère Julien, espoir qu'il avait caressé, et il comprit la nécessité u'apaiser le ressentiment du roi de France, dont il .s'était presque déclaré l'ennemi personnel. Il tourna donc ses vues d'un autre côté, car, eu homme avisé, il ne renonçait à un projet que pour en former un autre, en s'iuspirant des circonstances. A l'aide de Raymond de Cordoue, il avait opéré une révolution dans le gouvernement de Florence et rétabli dans cette ville l'autorité des Médicis. Dans la but de l'y maintenir, il abandonna l'idée d'une souveraineté en Lombardie, préférant assurer sa domination dans sa ville natale et lui donner le duché d'Urbin. De son côté, François 1er ne désirait pas moins vivement en arriver k un accommodement, puisqu'il avait atteint le but de Son expédition en Italie; les Suisses avaient repris le chemin de leur pays; toutes les villes du duché de Milan avaient fait leur soumission au roi; le château de Milan, où s'était renfermé Maximilien Sforza, ainsi que celui de Crémone, essayèrent da résister ; mais le duc se vit bientôt forcé de capituler et conclut à Pavie un traité par lequel il cédait à François 1er ious ses droits sur le Milanais. En retour, le roi de France promit de demander pour lui la dignité de cardinal, de lui payer une somme de 94,000 livres et de lui procurer un revenu de 38,000 livres en bénéfices ecclésiastiques. Léon et François Ier, éprouvant un égal besoin de paix, s'entendirent donc facilement. Lé pape promit d'assister le roi par des troupes et de l'argent toutes les fois qu'il serait troublé dans la possession du duché de Milan, secours qui devait consister en 500 hommes d'armes et la solde de 3,000 Suisses. Toutes les autres discussions sur les intérêts respectifs des deux souverains furent ajournées à Une entrevue qu'ils se promirent d'avoir ultérieurement k Bologne, et qui eut lieu en effet le 10 décembre suivant. Le pape permit k François ps* d'occuper Parme et Plaisance et s'engagea k favoriser ses prétentions sur Naples, k condition qu'il ne les ferait valoir qu'après la mort du roi d'Aragon. Il promit également de restituer Modène et Reggio au duc de Ferrare, et, de sou côté, François 1er s'engagea k ne pas prendre les intérêts du duc d'Urbm, neveu du pape Jules il, prédécesseur de Léon X. Cette entrevue de Bologne est justement restée célèbre k un autre titre encore ; c'est dans ces circonstances que fut conclu le concordat qui a réglé les rapports de l'Eglise Je France avec le saint-siége jusqu'à la Révolution de 1789.
VITERBIEN, IENNE s. et adj. (vi-tèr-biain, i-e-uc). Géogr. Habitant de Viterbe; qui appartient à cette ville ou à ses habitants : Les Viterbiens. La population viterbienne.
V1TER1C, roi des "Wisigoths, mort en 610. Il commença par entrer dans un complot ourdi contre Kécarède 1" et, 'le complot ayant avorté, il obtint sa grâce en dénonçant ses complices. Liuva II ayaut succédé a Récarède, Viteric se révolta de nouveau, mit k mort Liuva et monta sur le trône. Ses atta-
2ues contre l'empire grec ayant échoué, il onna sa tille en mariage k Thierry, roi de Bourgogne, qui répudia sa femme après une courte cohabitation. Pour venger cette insulte, Vilerio s'allia aux rois de Neustrie, d'Austrasie et des Lombards ; mais, malgré ses excitations, la guerre ne fut point déclarée et il fut contraint de subir en silence sou affront. L'insuccès de ses armes, ses persécutions contre les catholiques soulevèrent le peuple, et Viteric fut tué dans une orgie.
VITESSE s. f. (vi-tè-se — rad. vite). Célérité ae la marche ou du mouvement; action ou faculté de parcourir beaucoup d'espace en peu de temps : Courir, marcher aoec vitesse. La vitesse elle-même est une qualité qui ne se développe complètement chez le cheval que sous l'influence des soins de l'homme. (Toussenel.) Il Rapidité relative de la marche ou du mouvement : Grande, petite vitesse. La vitesse d'un animal n'est que l'effet de sa. force employée contre sa pesanteur. (Buff.)
— Activité, promptitude de l'action : Le temps fuit avec vitesse. Dans les villes principales, l'argent circule avec plus de vitesse. (Condill.)
Travaillez h. loisir, quelque ordre qui vous presse. Et ne vous piquez point d'une folle vitesse.
BOILEAU
— Gagner quelqu'un de vitesse, Le dépasser sur son chemin, aller plus vite que- lui. u Le prévenir, le devancer, gagner du temps sur lui dans l'exécution de quelque entreprise.
VITE
— Comm. Grande vitesse, Service accéléré du transport des marchandises ou des voyageurs : Expédier un colis par la grande vitesse. Partir par la grande vitesse. Il Petite vitesse, Service moins rapide du. transport des marchandises ou des voyageurs : La petite vitesse «e convient pas à la. plupart des denrées alimentaires.
— M'écan. Rapport du chemin parcouru au temps employé a le parcourir, chemin parcouru dans l'unité de temps ; On obtient la vitesse en divisant le chemin par le temps. La vitesse de la lumière n'est pas moins de 77,000 lieues par seconde. (Arago.) La vitesse du son ayant été calculée, elle peut faire connaître « peu près à quelle distance ta foudre tombe. {A. Martin.) Il Vitesse uniforme, Celle ou les espaces parcourus sont toujours dans un même rapport avec le temps employé k les parcourir, il Vitesse accélérée, Celle qui devient de plus en plus grande : Vitesse uniformément accélérée, u Vitesse relardée, Celle qui diminue de plus en plus : Vitesse uniformément retardée. Il Vitesse initiale, Vitesse du mobile k l'origine du mouvement, il Vitesse virtuelle. Déplacement infiniment petit, possible, mais idéal, d'un point qui peut d'ailleurs être en repos ou en mouvement : Principes des vitesses virtuelles.
Il Vitesse angulaire, Angle décrit, dans l'unité de temps, par le rayon vecteur du mobile. Il Vitesse aérolaire, Aire décrite, dans l'unité de temps, par le rayon vecteur du mobile.
— Escrime. Rapidité des mouvements du tireur : Vitesse de main. Vitessb de corps.
— Mar. Ligue de vitesse, Ligne de bataille qu'on forme sans tenir compte des positions occupées par les navires qui doivent concourir k la former, il En vitesse, Commandement usité k bord des bateaux à vapeur, pourindiquer au mécanicien que la marche doit être accélérée.
— Syn. Vlteine, activité, célérité, etc. V. ACTIVITÉ.
— Encycl. Mécan. On nomme vitesse moyenne d'un mobile, d'une époque k une autre, le quotient du chemin parcouru pendant cet intervalle de temps par le nombre d'unités de temps écoulées. Ainsi, la vitesse moyenne d'un mobile qui vient de parcourir
13 mètres en quatre secondes a été de— .
La vitesse moyenne d'un mobile change habituellement lorsque l'intervalle de temps considéré, tout en commençant toujours k la même époque, a une durée plus ou moins grande. Si la durée de cet intervalle décroît indéfiniment, la vitesse moyenne tend vers «ne certaine limite; cette limite est la vitesse du mobile à l'époque considérée. Ainsi, la vitesse d'un mobile k un instant quelconque est la limite du quotient du chemin infiniment petft qu'il va parcourir par le temps infiniment petit qu'il emploiera à le parcourir ; c'est la dérivée de l'espace par rapport au temps exprimé en unités définies. La vitesse d'un mobile est donc une longueur; elle est d'autant plus grande, le mouvement restant le même, que l'unité de temps est ellemême plus grande. La vitesse d'un mobile peut s'exprimer par un nombre d'unités de longueur , et ce nombre est d'autant plus grand que l'unité de longueur est plus petite. Ainsi, quand on représente la vitesse d'un mobile" par un nombre, ce nombre varie proportionnellement à l'unité de temps et en raison inverse de l'unité de longueur.
~Si s représente l'espace parcouru par un mobile sur sa trajectoire k partir d'une origine fixe, que t représente le temps compté k partir de l'instant où le mobile était k cette origine, que V désigne la vitesse à l'époque t et que S = /'(*) soit la loi du mouvement, ou la relation de l'espace au temps, la vitesse sera donnée par la formule V=/,(i).
Si l'on a représenté graphiquement la loi d'un mouvement en construisant la courbe dont les abscisses seraient les valeurs du temps et les ordonnées' les distances parcourues, ou déduira aisément de la ligure une .valeur de la vitesse k l'époque que l'on vaudra.
VITE
En effet, si l'on veut, par exemple, la vitesse du mobile à l'époque représentée par OP, où il a déjà parcouru la distance PM, il suffira de prendre PP' égal k la longueur adoptée pour représenter l'unité de temps, de construire l'ordonnée P'M, de la prolonger jusqu'à sa rencontre en M', avec la tangente en N et de mener MN parallèle k l'axe ues x; KM'j représentera la vitesse cherchée.
Lorsqu'on veut représenter géométriquement la vitesse d'un mobile, on lui donne la' direction de la tangente kla trajectoire au point où se trouve ce mobile, et ou porte sur la parallèle k cette tangente, dans le sens du
mouvement, une Jongueur égale à la vitesse effective.
La vitesse d'un mouvement curviligne est toujours absolue, c'est-k-dire qu'on ne lui donne pas de signe. Lorsque.au contraire, \9 mouvement est rectiligne, on peut donner k la vitesse le signe + ou te sis«e — i suivant que le mouvement a lieu dans un sens ou dans l'autre sur la trajectoire droite. On ap plique quelquefois les mêmes procédés de distinction aux mouvements curvilignes lorsqu'on ne s'occupe que de la loi du mouvement S = /'(0) indépendamment» de la figure de la trajectoire.
La vitesse d'un mobile peut être absolue ou relative suivant que le mouvement de ce mobile est lui-même absolu ou relatif, c'està-dire rapporté k des repères fixes ou uobiles. Lorsque l'on connaît la vitesse relative d'un mobile rapporté k des repères eux-mêmes mobiles et la vitesse d'entraînement du point où se trouve ce mobile, considéré comme lié aux repères, on eh déduit sa vitesse absolue par la règle du parallélogramme (v. composition des vitesses). Inversement, si l'on connaît la vitesse absolue et la vitesse d'entratuement, on en déduit la vitesse relative en composant avec la vitesse absolue une vitesse égale et contraire k celle du mouvement d'entrainement.
Lorsqu'on projette un mouvement quelconque sur un plan ou sur une droite, en projetant sur le plan ou sur la droite toutes les positions successives du mobile par des droites parallèles entre elles ou des plans parallèles entre eux, la vitesse du mouvement mis en projection est k chaque instant la projection de celle du mouvement projeté. Eu effet, l'espace parcouru pendant uu temps quelconque dans le mouvement mis en projection est la projection de l'espace parcouru pendant le même temps dans le mouvement projeté; la même relation se conserve entre les espaces parcourus pendant un même temps infiniment petit; mais les vitesses des deux mouvements ont les directions de ces espaces infiuiment petits et leur sont proportionnelles; elles sont donc l'une la projection de l'autre.
U résulte de lk que, lorsque l'on rapporte un mouvement k trois axes de manière a concevoir les coordonnées variables du mobile comme des fonctions du temps, si en même temps on imagine trois mobiles parcourant les troix axes de manière k suivre dans leurs mouvements les extrémités des coordonnées du mobile de l'espace, la vitesse du mouvement étudié est k chaque instant représentée eu grandeur et eu direction par la diagonale du parallelipipède construit sur les vitesses des mouvements des trois mobiles subsidiaires. Si x~f{t), yfdt), * = A(0 sont les équations du mouvement, les vitesses des extrémités des coordonnées du mobile sont vx = f'(t), v =ft{t) et vs=f,[t), et la vitesse du mobile est représentée par la droite qui irait de l'origine au point x=f\t), y = f'i(t>, z=/\). Si les axes sout rectangulaires, ce.tte vitesse est
Vm
Lorsqu'un solide de dimensions finies se déplace dans l'espace, tous ses points ont en général des mouvements différents; par conséquent, ils ont k une même époque quelconque des vitesses différentes. On ne peut donc pas dire que le corps lui-même ait une vitesse définie. Pour se faire une idée nette du mouvement d'un pareil solide, on le décompose en deux, un mouvement de translation et un mouvement de rotation. Le mouvement de translation considéré peut être celui d'un point quelconque du solide; le mouvement de rotation correspondant s'effectue autour du point choisi. La manière la plus fréquemment usitée de décomposer le mouvement d'un solide consiste k prendre pour point directeur sou centre de gravité. La vitesse de ce point est alors la vitesse de translation du corps qui est, de plus, animé d'une vitesse de rotation autour d'un certain axe pussaut par son centre de gravité.
Lorsqu'un corps solide tourne autour d'un axe fixe, tous ses points décrivent en même temps des circonférences de cercles ayant leurs centres sur l'axe et leurs plans perpendiculaires k cet axe. lis parcourent d'ailleurs dans le même temps des arcs semblables de leurs trajectoires respectives. Le quotient de l'un de ces arcs par le temps employé k le parcourir est la vitesse angulaire moyenne du mobile pendant le temps considéré, et la limite vers laquelle tend cette vitesse moyenne, lorsque l'intervalle de temps décroît indéfiniment k partir d'une origine fixe, est la vitesse angulaire du corps k l'époque correspondant k cette origine.
Lorsqu'un solide se déplace d'une manière quelconque dans l'espace, eu général l'axe, mené par son centre de gravité, autour duquel se fait sa rotation, change k chaque instant de direction k la fois dans l'espace-et dans le corps. Il prend le nom d'axe instantané de rotation, et la vitesse angulaire de rotation autour de cet axe est sa vitesse angulaire instantanée.
Dans le mouvement le plus général d'un solide, la vitesse d'un quelconque de ses points résulte par composition de la vitesse générale de translation et de vitesse du point considéré qui est due à la la vitesse angulaire
VITE
instantanée commune. Si r désigne la distance du point considéré à l'axe, et que u soit la vitesse angulaire, or est la vitesse du point due h la vitesse angulaire, et elle doit être portée, dans le sens du mouvement, sur une perpendiculaire au plan de l'axe et du rayon r. Quant à la vitesse de translation t>, , elle peut
être quelconque et dirigée n'iniporte comment. La vitesse du point est représentée en grandeur et en direction par la diagonale du parallélogramme construit sur les droites qui représentent en grandeur et en direction les vitesse vt et or.
Si, au lieu de décomposer, comme on vient de le supposer, le mouvement d'un solide, en choisissant à volonté le centre de gravité de ce solide ou tout autre point pour servir à définir le mouvement général de translation, ou à déterminer en particulier le point, du reste variable, dont la vitesse est parallèle à l'axe instantané de rotation, la vitesse de translation vf est alors à angle droit par rapport à la vitesse ur d'un point quelconque du solide, de sorte que la vitesse vraie de ce point est
On voitpar cette fonfiule que tous les points d'un solide situés à la surface d'un cylindre de révolution autour de l'axe instantané de rotation glissant ont au même instant même vitesse, sinon en direction, du moins en grandeur, et cette vitesse est d'autant plus grande que le rayon du cylindre est plus grand j elle est minimum et se réduit à v( pour les points
situés sur l'axe même.
On conclut encore de là ce remarquable théorème : si par un même point de l'espace on mène des droites égales et parallèles à celles qui représentent à une époque quelconque, en grandeurs et en directions, les vitesses de tous les points d'un même solide, ces droites auront toutes leurs extrémités sur un même plan perpendiculaire à l'axe du plan instantané de rotation glissant et la distance au point choisi Sera la vitesse v,.
Il résulte de là que les vitesses de deux points d'un même solide ne peuvent pas être parallèles sans être égales, à moins toutefois que le mouvement en soit simplement la rotation..
VITET s. m. (vi-tè — altérât, du lat. vitex, gattilier). Bot. Un des noms vulgaires du gattilier.
VITET (Louis), médecin français, né à Lyon en 1736, mort à Paris en 1809. Ses études terminées, il eut d'abord quelque velléité d'entrer dans les ordres monastiques; mais il renonça à ce projet pour s'adonner à l'art médical, comme son père. Il suivit d'abord les cours de l'école de Montpellier, puis il vint achever son éducation à Paris. La pratique de l'art et l'enseignement de l'anatomie, de la chimie et de la vétérinaire partagèrent sa vie laborieuse. Il fut un moment entraîné dans le torrent des affaires politiques par la confiance de ses concitoyens, qui le choisirent pour maire de Lyon en 1792, puis il fut envoyé à la Convention nationale, où il prit rarement la parole. Proscrit comme modéré après le 31 mai 1793, il se réfugia en Suisse, rentra après le rétablissement du calme et siégea ensuite au conseil des Cinq-Cents. Les sanglantes représailles exercées par la réaction dans la cité lyonnaise remplirent son âme de douleur. Il fit tous ses etforts pour faire cesser les assassinats odieux qui se commettaient journellement dans les rues ou dans les environs de la ville. On lui doit des ouvrages qu'on peut encore consulter avec fruit ; en voici les titres : Observations sur les maladies régnantes à Lyon (Lyon, 1768-1784, in-4°) ; Dissertation sur les noyés (Lyon, 1768, in-12); Mémoire sur l'administration médicale du grand hôpital de Lyon (Genève, 17fi8, in-12); Matière médicale réformée ou Pharmacopée médico-chirurgicale (1770, in-4o); Médecine vétérinaire (Lyon, 1771, 3 vol.in-80); Médecine expectante (1803, 6 vol. in-8°) ; la Médecine du peuple (1813 , 13 vol. in-12) ; Traité de la sangsue médicinale (Paris, 1809, in-8°). On doit encore à Vitet plusieurs rapports sur les prisons, les hôpitaux, l'école de médecine et 1 école vétérinaire de Lyon.
VITET (Ludovic), littérateur et homme politique, petit-fils du précédent, né à Paris le 18 octobre 1802, mort le 5 juin 1873. Admis à dix-sept ans à l'Ecole normale, il s'adonna pendant quelque temps à l'enseignement, auquel il renonça pour suivre la carrière des lettres. A cette époque, il avait suivi les leçons de Jouffroy, qui laissèrent dans son esprit une ineffaçable empreinte, et s'était lié d'une vive amitié avec le comte Duchàtel, avec qui il fit un voyage en Suisse et en Italie. De retour en France, il débuta comme écrivain dans le Globe, organe du parti libéral et doctrinaire, dans lequel il écrivit des articles sur la littérature et les arts. Peu après, il publia successivement, sous la forme de scènes dramatiques, trois ouvrages, les B arricades(l 826, in-8°); les Etats de Blois (1827, in-8°), et la Mort de Henri 7/7(1829, in-8°), trilogie à laquelle il donna le titre de la Ligue dans une édition postérieure (1844, 2 vol. in- 18). Ces compositions, pleines de verve et de couleur historique, animées d'un souffle de jeunesse et de liberté, eurent beaucoup de succès et
VITE
commencèrent la réputation de Vitet, qui avait été en 1827 un des fondateurs de la Société Aide-toi, le ciel t'aiderai II venait d'achever en 1829 la Mort de Henri III, lorsque, ayant fait un voyage à Bruges, il sentit naître en lui un goût très-vif pour l'interprétation du beau, pour ce qu'il appelait la psychologie appliquée à l'art. Dans cette voie nouvelle, Vitet apporta ses qualités de style, son talent d'analyse, son sens pittoresque et montra bientôt une réelle supériorité. La révolution de 1830, qui amena au pouvoir les chefs du parti doctrinaire, valut à M. Vitet la place d inspecteur desmonuments historiques, que M.Guizotcréa pour lui (1830). Trois ans plus tard, son ami, M. Duchàtel, devenu ministre du commerce, le choisit pour secrétaire général. Cette même année 1834, il alla siéger à la Chambre comme député de Bolbec (Seine-Inférieure) et son mandat lui fut renouvelé jusqu'à la chute de la monarchie. M. Vitet partagea son temps entre les travaux littéraires et la politique. Tout en siégeant a la Chambre, où il fut peu en vue, car il paraissait rarement à la tribune et s'occupait surtout des travaux faits dans les commissions, il devint membre du conseil d'Etat (1836), dont il fut un des vice-présidents à partir de 1846. En outre, il fut nommé membre de l'Académie des inscriptions en 1849, officier de la Légion d'honneur en 1843 et succéda à Soumet en 1845 comme membre de l'Académie française. Comblé d'honneurs, M. Vitet trouvait naturellement la monarchie de Juillet le meilleur des gouvernements possibles. Son ancien libéralisme s'était évanoui, et la moindre réforme trouvait en lui un adversaire acharné. Aussi le vit-on soutenir avec une aveugle ardeur la politique de résistance du grand pontife des doctrinaires, AL Guizot, dont l'entêtement et les courtes vues précipitèrent la chute de Louis-Philippe. En désarçonnant M. Vitet et en le rejetant dans la vie privée, la révolution de 1848 prit à ses yeux l'aspect d'une catastrophe. 11 ne pouvait pardonner aux républicains d'avoir renversé un état de choses qui était le triomphe de la bourgeoisie riche et satisfaite. Elu député à l'Assemblée législative en 1849, dans le département de la Seine- Inférieure, il alla siéger parmi les monarchistes, devint un des burgraves qui, en haine de la République, s'attachèrent à étouffer toutes les libertés et préparèrent par un esprit d'inepte réaction le despotisme bonapartiste. Le coup d'Etat du 2 décembre 1851 commença, mais trop tard, à dessiller les yeux de M. Vitet, qui protesta à la mairie du X° arrondissement contre l'attentat de Louis Bonaparte. Rendu de nouveau à la vie privée, il resta à l'écart tant que dura l'Empire et employa ses loisirs v. des travaux sur l'art. Après la révolution de septembre, pendant le siège de Paris, il fit paraître dans la Revue des Deux -M ondes, du 15 octobre 1S70 au 31 janvier 1871, sept lettres inspirées par un chaud patriotisme et qui fuient très-remarquées. Aux élections pour l'Assemblée nationale, le 8 février 1871, il obtint, sans être élu, 62,085 voix dans le département de la Seine, mais fut nommé .député dans la Seine-Inférieure par 72,885 voix. Lors de la constitution du bureau de la Chambre à Bordeaux, M. Vitet devint un des vice-présidents et fut constamment réélu jusqu'à sa mort. Il signa la proposition Grévy ayant pour objet de faire nommer M. Thiers chef du pouvoir exécutif,
Euis fit partie de la commission de quinze ntemres qui accompagna à Versailles M. Thiers pour traiter avec M. .de Bismarck des préliminaires de paix, et vota le 1er mars pour la faix et pour la déchéance de l'Empire. Après installation del'AssembléeàVersailles(uiars 1871), il alla siéger au centre droit dans les rangs des orléanistes, fit partie de la réunion Feray, vota l'abrogation des lois d'exil, la validation de l'élection dos princes d'Orléans et la Loi sur les conseils généraux. Chargé de faire un rapport sur les propositions Adnet et Rivet (28 août 1871), il se prononça pour cette dernière proposition, en vertu de laquelle M. Thiers reçut le titre de président de la République française, mais en même temps pour le pouvoir constituant de l'Assembiée. M. Vitet vota ensuite contre le gouvernement au sujet de la pétition des évoques, contre le retour de l'Assemblée à Paris, contre le maintien des traités de commerce et la proposition Feray, pour la suppression de la. garde nationale, etc. Dans un avant-propos écrit en 1872 et qui figure en tête de la Notice du comte Duchàtel, M. Vitet déclare que les partis monarchiques, se trouvant dans l'impossibilité de rétablir le gouvernement de leur choix, doivent se résigner non-seulement à accepter la République, mais encore concourir à l'établissement d'une république conservatrice, pour empêcher le retour de l'Empire, car, dit-il, l'Empire « énerve et endort; il corrompt et gangrène ce qu'il ne brise pas. Un peuple est mort si te bonapartisme parvient plus de deux fois à se faire son sauveur. 1 Et il ajoute, au sujet de la république conservatrice : • Si tous les conservateurs de France savaient se donner le mot pour accepter franchement et sans arrière-pensée cette façon d'atteindre leur but, c'est-k-dire d'assurer au pays la possession d'un grand élément de contrôle, d ordre, de règle et de liberté, nous sommes convaincu que rien ne serait plus facile, à la seule condition d'une sincérité entière et sans réserve. Il faudrait