‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 768 sur 1042 · VIST · texte numérisé non relu

VIST

Allard de Krombalg, qu'elle suivit à Alkmaar ; mais après la mort de son mari (1634) elle revint à Amsterdam.

VISSCHER (Nicolas-Jean), graveur hollandais, né à Amsterdam eu 1580. Il s'adonna avec succès à la gravure et exécuta, Soit des paysages ornés de figures, soit des portraits, parmi lesquels on cite ceux de Calvin , d'Erasme, de Charles 1er, de Jacques II, de Laud, de Monmouth, etc.

VJSSCHER (Corneille), graveur hollandais, parent du précédent, né à Harlem vers 1620, mort dans cette ville en 1658. Elève de Pierre Soutinan. qu'il ne tarda pas k surpasser, il grava d'abord au burin, puis y joignit l'eauforte et obtint par ses habiles procédés un faire moelleux et large qui lui acquit une grande réputation. Dans les gravures de ce remarquable artiste, le dessin correct et ferme est à la hauteur de l'exécution. On cite, parmi les meilleures estampes : le Marchand de mort aux rats, la Faiseuse de beignets, le Joueur de vielle, la Fricasseuse, la Bohémienne, le Chat couché, Suzanne au bain, Abraham recevant des anges l'ordre de quitter son pays ; les portraits de J. de Paep, de Winius, de Guillaume de Ryck, de Gelius de Bouma, de Huyghens, V homme aux pistolets, etc. — Son fiôre, Jean Visscher, né à Amsterdam en 1636, mort en 1680, s'adonna aussi k la gravure, mais lui fut de beaucoup inférieur. On a de lui des estampes d'après Van Ostade Berghem, Karel Dujardin, Wonwermans, etc. — Un autre frère des précédents, Lambert Visscher, fit le voyage de Rome et exécuta des gravures qui sont loin de valoir même celles de Jean. La meilleure est Antiochus et Slratonice, d'après Pietro de Cortone.

V1SSCHËRS (Auguste), administrateur et économiste belge, né k Maëstrieht en 1804. Successivement conseiller des mines, puis directeur de ta section des mines au ministère des travaux publics, il est devenu président ou vice-président de plusieurs commissions administratives et membre de diverses sociétés savantes. M. Visschers est très-versé dans les matières d'administration et de législation On lui doit un remarquable rapport relatif aux pensions civiles et ecclésiastiques, les statuts de la caisse de retraite et de secours pour les employés des chemins de fer de l'Etat, la création de plusieurs sociétés ouvrières k Bruxelles, etc. Enfin, il a pris une paît active aux débats de divers congrès de la paix, notamment k ceux du congrès de Bruxelles (1849), dont il fut président. Outre des mémoires insérés dans le compte rendu du congrès international de statistique, il a publié : De l'établissement d'une caisse de prévoyance en faveur des ouvriers mineurs (1838, in-so); De ta situation et de l'avenir des caisses des veuves et orphelins (1859, in-4°); Nouaelle étude sur les caisses d'épargne (1861. in-S»), etc.

VISSÉ, ÉE (vi-sé) part, passé du v. Visser. Retenu par des vis : Une serrure solidement vissée. '

— Fam. Solidement établi : Personne mieux que toi ne sait rendre et ramasser les guides, faire piaffer un cheval et rester vissé sur sa selle. (Balz.)

VISSER v. a. ou tr. (vi-sé — rad. vis). Fixer avec des vis ; Visser une serrure, il Serrer en faisant tourner sur une vis ; Visser unécrou. Visser un manchon sur un tour. Visser le couvercle d'une boite.

Se visser v. pr. Etre vissé : Le tirebourre se visse à l'extrémité de ta baguette du fusil. (Aoad.)

— Fam. S'attacher, se fixer solidement, fermement : Il s'était vissé sur sa chaise; on ne put le décider à la quitter,

— Attacher solidement sur soi : L'individu qui s'était ainsi vissé une panoplie sur le corps disparaissait tellement sous l'habit de guerre, qu'on ne voyait plus de sa personne qu'un nez effronté, rouge, retroussé, (V. Hugo.)

VISSERlE s. f. (vi-se-rl— rad. vis). Comm. Vis et articles analogues, comme écrous et boulons.

V1SSERY DE B01SVALCE, physicien français, qui vivait dans la seconde moitié du xvmo siècle. Ce savant modeste n'a attaché son nom k aucun travail important, mais il est le héros d'une anecdote que nos lecteurs nous sauront gré de rapporter. En 1783, il habitait Saint-Omer, où il s'occupait de travaux de physique. Ayant eu connaissance de la découverte de Franklin, il fit poser sur le toit de sa maison un paratonnerre terminé par un globe dans lequel était adaptée une épée qui semblait menacer le ciel. A la vue de ce paratonnerre, la ville entière s'émut et fit un tel tapage que les magistrats de Saint- Oiner enjoignirent au physicien d'abattre son appareil. Vissery protesta; la contestation vint devant les tribunaux et c'est Muximilien Robespierre qui présenta la défense de Vissery. L'avocat gagna son procès ; l'arrêté de ta municipalité de Saint- Orner fut cassé par le tribunal d'Arras, et le paratonnerre fut hissé de nouveau sur la maison du physicien.

V1SSO, ville du royaume d'Italie, province de Maeerata, district de Cameririo, ch.-l. de mandement ; 4,500 hab.

VISTRE, rivière de France (Gard). Ella

VISW

prend sa source près de Cabrières, dans le canton de Marguerittes, arrond. de Nimes, coûte au S.-O., passe au S. de Nîmes, dont elle reçoit les eaux de fontaine, chargées de toutes les' immondices de cette ville, baigne le territoire de Millau et se jette dans le canal de la Radelle, à Aiguës- Mortes, après un cours de 73 kilom.

VISTULE, en allemand Weichsel, fleuve d'Europe. Il prend sa source dans la Silésie autrichienne, au versant septentrional du mont Barania, partie des Karpathes, coule d'abord au N., puis au N.-E., entre dans la Gullicie, passe à Craeovie, sert de limite entre la Pologne russe et la Gullicie, arrose Sandomir, pénètre dans la Pologne, où il sert de limite aux provinces russes da Radom et de Lublin, traverse Varsovie, puis se dirige au N.-O., entre en Prusse, baigne Thorn, Culin, Elbin, Marienbourg et se jette dans la Baltique par trois embouchures, dont l'une est k Dantzig et les deux autres sur le Frischer-Half. LaVistule, qui a un cours de 1,070 kilom., sur* lesquels 530 appartiennent à la Pologne russe, devient navigable avant son entrée dans le royaume, qu'elle partage eu deux parties ayant à peu près la même étendue ; elle reçoit à droite le San, le Wieprz et le Boug-Nareyr j à gauche, la Nidu, la Kamiouna, la Piliça et la Bzura. La Warthe avec la Prosna à l'O. et le Niémen à la frontière N.-E. offrent, comme voies de débouchés, de grands avantages au con merce intérieur et extérieur. La Czarna-Hansza est l'affluent le plus important du Niémen, qu'elle met en communication avec la Vistule, au moyen du canal d'Augustowo, dont la construction a coulé 6,575,348 francs. LaVistule, que sillonnent de Varsovie à Dantzig les bateaux k vapeur et les remorqueurs d'une société d'actionnaires de Varsovie, ne forme pas seulement la voie la plus naturelle et la plus commode pour le transport des produits de la Pologne méridionale à la mer Baltique ; mais elle offre encore, en cas de guerre, tous les avantages d'un cours d'eau navigable, en communication avec les parties intérieures du royaume et dont les bords sont garnis d'entrepôts bien approvisionnés et bien défendus. Klle ne peut cependant servir de ligne de défense aux armées russes que sur 1 étroit espace qui s'étend entre l'embouchure du Wieprz et celle de la Narew. Pour assurer, au point de vue stratégique, le pouvoir de la Russie sur la Vistule, on a établi la citadelle d'Alexandrow à Varsovie, puis, 15 kilom. plus bus, la forteresse de Nowogeorgiewsk ou Modlin, à l'embouchure du Boug-Naivw. et la forteresse d'Iwangorod (autrefois Dablin) à l'embouchure du Wieprz, sur le cours supérieur duquel la forteresse de Zauiose protège les communications avec la forteresse Brzeso-Litewski ; cette dernière, à son tour, forme en quelque sorte la clef de l'approvi&iolitiement, de la réunion et de la retraite d'une armée russe ayant à opérer en Pologne.

VISU (DE) loc. adv. (dé-vi-zu — mots lat. qui signif. de vue). Pour l'avoir vu : Connaître un pays de visu, en parler de visu. A Borne, un nouvel ordre religieux, les Socconi, a été établi dans un but de police religieuse; ils entrent dans les maisons tes jours d'abstinence, découvrent les pots et les marmites, et s'assurent du visu que la loi du maigre est fidèlement observée. (Proudh.)

VISUEL, ELLE ailj. (vi-zu-èl, è-le — du lai. visus, vue). r'hysiq. Qui appartient à la vue : Perception visuelle. Il Hayon visuel, Ligne droite que parcourt la lumière émise par l'oUjut et perçue par l'organe. Il Anyle visuel, Angle dont le sommet est sur la rétine, et dont les côtés sont formés par les rayons émis par deux points que l'organe perçoit : L'anclb visuel est inversement proportionnel d tu dislance.

V1SUBG1S, nom latin du Wesbb.

V1SWACAHMA, fils de Brahma. V. Twa-

CHTRl.

VISWÂMITRA, dans la mythologie indienne, mouni ou sage indien, né prince de la dynaslie lunaire. Suivant le Hâmâyana, il était le quatrième, suivant le Bliàgavata, le quinzième descendant de Brahma; les deux livres s'accordent à lui donner pour père Gadhi. Vis wàmitra était souverain de Canoge et fut en guerre avec le sage Vasichtha, pour la possession de la vache qui procure tout. Dans cette lutte, la vache enfanta de nombreuses troupes, particulièrement des mletchhas ou barbares, qui contribuèrent k donner la victoire à Vasichtha. Cette histoire est évidemment allégorique. La vache, c'est l'Inde ou la portion de l'Inde la plus précieuse, doirt deux {irinces ou deux castes, comme celles des ■rahmaiies et des kchatriyns, se disputaient le gouvernement. Un des deux partis appela à sou aide les barbare*, les Perses, peutêtre les Grecs, et triompha grâce à leur concours. Viswùmin a était né sage, parce que sa mère avait partagé une nourriture miigique préparée par le mouni Ritchika pour sa femme, qui était tille de la mère de Vis'wâmitra. Ayant remarqué l'ascenoant des brahmanes, il se livra à de longues et pénibles austérités, pour s'élever de la caste des kchatriyas, où il était, jusqu'à celle des brahmanes. Brahma fut ainsi contraint de lui accorder cette faveur. Il fut l'aini et le conseiller du célèbre Rama.

VITA

VISWAYASOU, demi-dieu d'un ordre inférieur, appartenant à la classe des gandharbas, ou musiciens célestes, dans la mythologie indienne.

VITA s. m. (vi-ta). Littér. Sorte de gouverneur complaisant qui figure dans les drames indiens,

VITA, bourg du royaume d'Italie, dans la Sicile, province de Trapani, district d'Alcamo, mandement de Calatafimi; 4,000 hab.

VITA (Jean de), théologien et archéologue italien, né à Bénévent en 1708, nii.rl en 1774. Il fut successivement directeur du séminaire diocésain de sa ville natale, grand vicaire du diocèse et ôvêque de Rieti (1764). On a de lui : Thésaurus antiquitatum Beneventarum (Rome, 1754-1764, T vol. in-fol., avec fig.) ; De origine et jure decimarum ecclesiasticarum (Rome, 1757, in-4°) ; De vero corpore sancti Bartholom&i, etc., dans le tome IX de la Haccolta Calogerana.

VITACÉ, ÉE adj. (vi-ta-sé — du lat. vitis, vigne). Bot. Syn. d'AMPÉLiDÉ.

VITAL, ALE adj. (vi-tnl, a-le — de vita, vie). Pbysiol. Qui appartient à la vie, qui est essentiel k la vie ou qui constitue la vie animale ou végétale :. Force vitales. Energie vitale: Principe vital. Parties vitales.

Organes vitaux du corps humain. Fonctions vitales des organes. Les animaux à sang fi oid ont une résistance vitale plus grande que les animaux à sung chaud. (Maquel.) La force de constitution, c'est ta résistance vitale aux maladies, à la mort. (Maquel.) Il Qui donne ou conserve la vie : Les sucs vitaux de la sève. L'air respiruble le plus vital, c'est l'air atmosphérique, pur de toute émanation étrangère à sa constitution. (Raspail.) Il Esprits vitaux, Parties subtiles du sang, que on a crues être le principe même de la vie i nimale.

— Fig. Essentiel, fondamental, nécessaire a l'action ou à la conservation : Les forces vitales d'un pays. Une question vitale pour une société. Les nationalités sont les différences viTALKS de l'humanité. (Saint-Marc Girard.) Chaque époque a son prooléme vital qu'il faut résoudre, son sphinx dont il faut triompher, sous peine de périr enlacé par ses étreintes. (Le Carné.) La liberté aujourd'hui est la condition VITALE du travail. (L. Faucher.)

VITAL (saint), né k Tierceville, diocèse de Bayeux, vers le milieu du xie siècle, mort au prieuré de Dampierre en 1122. Entré dans les ordres, il devint, vers 10S0, chapelain de Robert, comte de Mortain, frère utérin de Guillaume le Conquérant, et il abandonna ses bénéfices au bout de dix ans. pour distribuer ses biens aux pauvres et.se retirer d'abord dans les rochers de Mortain, et enfin dans la forêt de Savigny, où il fonda (1112) l'abbaye de ce nom, à laquelle il donna la règle de saint Benoit. C'était le religieux le plus instruit et le plus éloquent de son époque. L'Eglise l'honore le 28 avril.

VITAL (Etienne-Louis), général français, né k Martigné en 1736, mort à Paris en 1818. Après avoir fait ses études militaires à La Kère, il entra au service actif dans le génie et se distingua, en qualité de capitaine, dans la campagne de Corse de 1768-1769. Il s'enrôla ensuite dans les armées de la République, servit dans la Vendée, où il devint chef de brigade en 1793, etpassa de nouveau, l'an II, en Corse, où il prit part au siège de Bastia. Créé général de brigade l'année suivante, il combattit en Italie en l'an III et en l'an IV, et se relira du service en 1805, après avoir exercé les fonctions d'inspecteur général du génie.

VITAL (Orderic), historien ecclésiastique, V. Ordekic Vital.

VITAL DE BLOIS, poète latin, né à Blois. 11 vivait au XIIe siècle et était contemporain de Pierre de Blois, de Matthieu de Vendôme et de Gauthier de l'Isle ; c'est tout ce qu'on sait de son existence. 11 est auteur d'un poème intitulé De querolo, imitation du Querolus attiibuè à Plaute, et à la suite duquel il fut imprimé en 1595 par Ritterhuys. On ne sait si 1 ou doit attribuer au même Vital l'ouvrage publié par A. de Montaiglon, sous ce litre : le Livre de Gela et de Birria ou l'Amphitryonëide, poème latin du xme siècle, composé par un auteur inconnu nommé Vitalis et publié d'après cinq manuscrits de la bibliothèque (Paris, 1848, iu-8"). Le texte latin de ce poème et ou Querolus avait déjà été édité par M. F. Osanne, qui désigne le Querolus sous le titre d'Aulutaria. Voici du reste le titre complet de l'édition donnée par lui : Vitalis Blesensis Amphitryon et Aulularis ecloyz, edidit Fr. Osannus (Darnistailii, 1836, in-8u). Enfin, Thomas Wright a inséré dans ses Early mysteries and oiher latin poems (Londres, I83S, iu-80) une Cowsdia Babiouis, qu'il donne comme l'œuvre de Vital de Blois.

VITALEMENT adv. (vi-ta-le-inan — rad.

vital). D'une façon vitale : Des organes vitalement nécessaires.

VITALI ou VITALIS (Jean-François), poète italien delà première moitié du xvi« siècle. Sa vie est complètement inconnue; on sait seulement, par le titre de ses ouvrages, qu'il était originaire de Païenne. On a de lui : Imperis panegyricus (iri-4», sans lieu ni date, vers 1512), opuscule d'une excessive

VITA

rareté, qui renferme le panégyrique en vers d'une célèbre courtisane du nom d'Iinperia; De divina trinitale [Rmne, 1521, in-8°), poëine dédié au pape Léon X; Triumphus Ferd. Fr. Davali Aquinotis, magr.i Pescaris marchionis • (Rome, 1525, in-8°); LacrymsB in obitum Fr, Ferd. Davali (in-8°, sans date).

VITALI (Joséphine, dame Augusti), cantatrice italienne, née en 1846. Fille de deux artistes distingués, le ténor Vitali et la Ferlotti, elle fit d'excellentes études musicales. Elle débuta fort jeune au théâtre deModène, chanta pendant une saison à Forli, puis au communale tle Bologne, où elle obtint, en 1863, le plus vif succès. Engagée l'année suivante à Drury-Lane, elle se montra sous les traits de Gilda, de Rigolelto. Sa voix de soprano si fraîche et si pure, son beau style, son jeu tour à tour passionné et gracieux lui valurent des applaudissements unanimes. Elle débuta aux Italiens le 8 février 1865, dans cette même pièce de higoleito. « Mlle Giuseppina Vitali , écrivait Théophile Gautier, est une jeune personne k l'aspect frêle, mais énergique; des les premières noies qu'elle émet, on sent qu'elle est de race. Sa voix pui e, franche, -sonore et hardie convient k la musique passionnée de Verdi,' pleine d'accents douloureux et de cris déchirants. » Elle interpréta avec le même chi;rme plusieurs îôles, notamment Annetta de Crispino e la comare, Norina de bon Pasquale, ASarlka, etc. Au commencement de 1869, M'ie Vitali donna quelques représentations k Prague, où on lui fit une ovation. La même année la vit, au Caire, fort acclamée dans Bigoletto, dans YElisir d'amore et dans Faust (février 1870). Depuis elleachantô sur différentes scènes en Italie et a épousé le ténor Augusli. Elle s'est fait entendre en dernier lieu, en même temps que Marie Sass, au théâtre de San-Carlo,à Naples, où elle était encore avec son mari vers la lin de l'année 1875.

VITALI ANO (SAN-), bourg du royaume d'Italie, province de la Terre de Labour, district de Nola, mandement de Marigliano; VITALI BUONAFEDE(Bonaventure-Ignace), dit l'Auonyme, médecin italien, né en 1686, mort en 1745. Reçu docteur à Parme et attaché comme médecin au régiment de Caylus, il assista k la déroute des Français sous les murs de Turin et y fut grièvement blessé, A peine guéri de sa blessure, il alla continuer ses études médicales k Rome, puis k Londres, où il résida trois ans et ou il se trouvait lors de la peste qui ravagea cette ville en 1710. De là, il se rendit en France, puis, en moins d'un an, visita successivement les Pays-Bas, le Danemark et la Suède et, après être revenu en Hollande, partit pour le Portugal, où il devint surintendant des fonderies royales. Mais il résigna bientôt cet emploi pour recommencer à voyager, parcourut le littoral de l'Europe et de la France et, de retour en Italie, visita les principales villes de cette contrée. Après avoir professé en plusieurs endroits les sciences médicales et physiques, il devint directeur des mines du duché de Parme, d'une partie de celles de la république de Venise , et enfin se fixa, en 1743, à Vérone, où il fut nommé premier médecin de l'hôpital. Lorsque la mort le surprit, il se disposait k aller prendre possession d'une chaire que le roi de Prusse lui avait offerte à l'université de Halle. On a de lui : Court traité de la peste et de son origine (Londres, 1710); Des eaux bouillantes d'Aix dans le Aluntferrat (1714); Discours académique sur la question de savoir s'il y a de l'acide dans le sang (1723); les Thermes de Masino, dans la Valteline (1734); la Belle nécromancienne, comédie (1735) ; Lettre sur tes maladies contagieuses (1743*.

VITALIEN s. m. (vi-ta-li-ain). Hist. relig. No'm donné aux membres d'une secte d'apollinaristes, qui choisirent Vitalis ou Vitalius ^>our évêque en 363.

— Hist. Nom sous lequel on désigne des pirates qui ravagèrent les côtes de la nier Baltique et de la mer du Nord au xive et au xv siècle.

— Encycl. Hist. On a beaucoup discuté en Allemagne sur l'origine du nom de ces pirates, sans parvenir k éclaircir entièrement la question. Tout ce qu'on sait, c'est qu'après la défaite, en 1389, du roi de Suède Albrecht et de son fils Erick, k Galkœping, plusieurs villes de Suède refusèrent de se soumettre à la reine Marguerite de Danemark et restèrent fidèles au souverain dépossédé. Parmi les villes fidèles étaient Stockholm et quelques places fortes situées sur les côtes. Leduc de Mecklembourg, parent du roi de Suède, les villes libres de Rostock et de Wisuiar, non contents de s'unir avec les sujets du roi de Suède restés fidèles, contractèrent une alliance étroite avec des bandes de flibustiers qui tenaient probablement la mer depuis longtemps. Ces descendants des anciens Northmaus eurent l'accès libre de tous les ports confédérés, a condition de ravager les côtes des trois Etats Scandinaves. Ils se chaigeaient, en outre, de ravitailler Stockholm tenue constamment en échec par les partisans de l'union Scandinave.

Comme les Etats n'avaient que peu ou point de marine militaire, la guerre maritime n'étant pas dans les mœurs du temps, et

VITA

que les villes maritimes n'étaient pas fort!* nées suffisamment, les pirates eurent beau jeu. Ils saccagèrent les bords de la mer en Danemark et en Suède. Leurs succès et l'espoir du butin attirèrent sur leurs navires une foule de gens sans aveu et sans occupations régulières. La situation devint grave; les partisans de l'autonomie suédoise c. imbattaient en volontaires dans les rangs des vitaliens. Le commerce maritime de la hanse teutonique, alors si florissant, fut presque anéanti. Les villes intéressées se liguèrent pour résister; mais on n'improvise pas une marine militaire, et les déprédations des vitaliens continuèrent. Pourtant, en 1398, le grand maître de l'ordre Teutonique, Conrad de Gunzingen, qui était originaire de l'île de Gothland et avait vu mettre sa patrie k sac par les brigands, réunit des forces imposantes et parvint k les chasser de la Baltique. La reine Marguerite de Danemark, les villes de Lubeck et de Hambourg contribuèrent du reste k pacifier les côtes. Quelques-uns des aventuriers rentrèrent chez eux gorgés de richesses ; d'autres allèrent chercher fortune dans la mer du Nord, où ils furent accueillis par les Frisons. Ce concours leur rendit un moment toutes leurs forces. Cette fois, le commerce anglais fut rançonné ainsi que celui de Flandre, comme l'avaient été les navires danois et hambourgeois. Tous les gouvernements durent se liguer contre les uilûliens, dontl'audace allait croissant. Ils furent vaincus dans une grande bataille navale livrée en 1402 près de l'île, aujourd'hui anglaise, d'Helgoland. Deux tle leurs principaux chefs, Claus Storlebeker et Wigmaun, furent exécutés publiquement k Hambourg. D'autres, tels que Gotke Micbuel et Wïgbold, tombèrent aux mains des marins de la hanse. Leurs déprédations, néanmoins, ne s'arrêtèrent pas, et ils tentèrent encore une fois d'attaquer de front la hanse teutonique. La plupart furent exterminés en 14îî,avec les Frisons, leurs complices. Les historiens admirent la sauvage grandeur de leurs exploits. A partir de 1422 , seulement, leurs déprédations se restreignirent dans un cercle étroit, sans que toutefois ces écumeurs cessassent d'éire redoutables, car, en 1439, ils prirent, pillèrent et mirent k feu et à sang la ville de Bergen , en Norvège. C'est leur dernière affaire importante dont l'histoire fasse mention. Ils ont laissé un nom dans les annales de la marine et des souvenirs sur la plupart des lieux qu'ils avaient dévastés.

VITALIEN, pape, né à Segni (Campanie), mort k Rome en 672. Il remplaça Eugène 1er en 658 sur le siège pontifical. Au début de son pontificat, il envoya des légats k Constantinople. L'empereur Constant lui fit remettre un exemplaire des Evangiles, couvert d'or et de pierreries, et, cinq ans plus tard, il vint lui-même faire une visite politique k Rome, soit pour se dérober k l'animosité de ses sujets, soit pour resserrer les liens politiques qui unissaient lu vieille Rome k l'empire de Constantin. Il fit une entrée magnifique dans la capitale du monde chrétien, le 5 juillet 663, donna k l'église de Saint- Pierre un riche tapis d'or, mais s'indemnisa de ses cadeaux et des dépenses de son voyage en enlevant tout l'airain qu'il put trouver dans Rome, y compris la couverture de l'église de Sainte-Marie-des-Martyrs.

Le pape, quoique sujet de l'empereur de Conslaiitinople, était déjà considéré en Occident comme le chef suprême de l'Eglise latine et, k ce titre, investi d'une puissance très-réelle sur l'opinion. En 664, Egbert, roi de Kent (un des royaumes de l'Heptarchie saxonne d'Angleterre), et (Jswi, roi des Northumbriens, envoyèrent au pape Vitalien des ambassadeurs chargés de lui offrir des vases d'or et d'argent et lui demandèrent de fixer certains points de liturgie, entre autres d'indiquer le jouroù l'on devait célébrer la fête de Pâques. Wilfrid, un des ambassadeurs, revint avec une décision du pape et un grand nombre de reliques. Le souverain puntife profita de la circonstance pour mettre k la tête de l'archevêché de Caulerbnry et investir de la primatie sur toutes les Eglises anglo-saxonnes un moine du nom de Théodore, natif de Tarse, en Cilicie; c'était un homme avisé, servant fidèle de l'Eglise romaine. Ce prélat fit adopter aux Angtbsaxons la liturgie laiine. Pendant que l'autorité du pape s'établissait ainsi aux extrémités de l'Europe, elle était contestée aux portes de Rome par l'archevêque de Ravenne, que poussait la cour de Byzance. Maurus s'était révolté contre la suprématie du suint-siége et, soutenu par l'exarque, il avait refuse de comparaître pnur rendre compte de sa conduite. Les anathemes n'ayant pas eu de résultat, le pape fut obligé ue susciter contre le rebelle la colère de tous les prélats d'italie. Maurus répondit par les mêmes armes et léjjua ses prétentions à ses successeurs. Cet archevêque essaya par tous les moyens d assujettir l'Eglise latine au patriarcat de Constautinople. La tentative échoua, mais Vitalien mourut avant que la querelle lut terminée. La tradiliou attribue k ce pontife l'introduction des orgues dans les églises et l'emploi de la musique instrumentale dans les offices ecclésiastiques.

VITALIEN, général scythe, mort en 520.

Il fut comte ou chef, sous Auastase et ses successeurs, de la confédération des peu-

vitc

plades de la Thrace, de îa Mésie et de la: Scythio. Attaché k l'eutychiaiiisnie et appelé à Constantinople par les catholiques persécutés, il vint camper avec son armée sous les murs de la ville et imposa ses volontés k l'empereur. Celui-ci se crut dégagé de sa pa- ■ rôle après le départ de "Vitalien et envoya même contre lui une nombreuse urinée, qui fut vaincue. Cependant les persécutions d Anastase ayant fuit naître une sédition à Constantinople, le peuple demanda à grands cris Vitalien pour empereur. Celui-ci s avança de nouveau (518), et, comme la première fois, il n'exigea que le rappel des évêques exilés et la convocation d'un concile œcuménique. Anastase jura de se soumettre aux conditions qu'on lui imposait, mais il viola bientôt son serinent. Justin fit venir le général scythe à Coiiitantiuople et le nomma consul (520). 1-eu de mois après, il fut assassiné par la factiou des bleus à l'instigation du césar Justinien, et peut-être du consentement de l'empereur.

VITAUENNE s. <f. (vi-ta-li-è-ne). Bot.

Syn. de orégorie, genre de primulacées. Il On dit aussi vitaliane.

vitaline f. f, (vi-ta-li-ne — rad. vital). Préparation à laquelle on attribue la propriété d'arrêter la chute des cheveux.

VITALIS (Jean-Baptiste), chimiste français, mort eu 1832. 11 entra dans les ordres, puis s'adonna avec ardeur à l'étude des sciences et, lors de la création des écoles centrales, fut nommé à celle de Rouen professeur de chimie appliquée aux arts. 11 remplit, eu outre, pendant dix-huit-ans, ies fonctions de secrétaire de l'Académie de cette . ville et, \'ers 1820, fut nommé curé de la paroisse Saint-Eustache.k Paris. Outre un Rapport sur l'extraction du sucre'-de betterave (Rouen, 1812, in-S"), on a de lui deux ouvrages excellents, qui ont pour titres : Manuel du teinturier sur fil et coton (Rouen, 1S10, in-S°) et Cours élémentaire de teinture sur laine, soie, lin, chanvre et coton (Paris, 1823, iil-S°; 1827, 2» édit.).

VITALIS (Eric), poète suédois. V. Sjce-

BERO. .

VITALISER v. a. ou tr. (vi-ta-li-zé — rad. vital). Rendre vital, donner les qualités vitales à'; ViTAUSKRdfis éléments inorganiques,

VITALlSME s. m. (vi-ta-li-sme — rad. »iial). Doctrine physiologique qui admet un principe vital distinct de l'organisme, et fait dépendre de lui toutes les actions organiques.

— EncyCl. V. BAKTIIÉZIEN et PRINCIPE VI- TAL.

VITALISTE s. m. (vi-ta-li-ste — rad. vital). Partisan du vitalisme.

VITALITÉ s. f. (vi-ta-Ji-té — rad. vital). Etat de vie j aptitude à la vie ; énergie du principe vital, de la force vitale chez les animaux et les végétaux : La vitalité est trèsénergique chez la tortue. Le mouvement est pour l'homme le véritable signe de la vitalité. (Cabanis.) Les bains chauds abaissent la vitalité des gens bien portants. (Maquel.) La nature tpujours a de quoi satisfaire Aux besoins renaissante de la vitalité.

A. Gabbiek.

— Fig. Aptitude à la durée, énergie propre qui donna la durée : En dépit des théories professées sur la vitalité dé ta monarchie turque, la question se décide par le [ait dans le sens de ta rénovation, bien plus que de la conservation. (Barrault.)

V1TAM 1MPENDEHE VEBO {Donner sa vie à la vérité), lusaage de Juvénal [Satires, IV, v. 91). Ces mots furent pris pour devise par J.-J. Rousseau et servirent d épigraphe a plusieurs journaux de la Révolution, notamment k celui de Marat.

t La stoïque devise que les libres penseurs ont popularisée, c'est justement le fait de l'émigration protestante, bravant la mort et les galères, pour, rester digne et véridique : Vitam impendere vero, La vie même pour la vérité. »

Micbelbt.

t Un homme ose-t-il écrire au-dessous de son propre portrait ; Vitam impendere vero, gagez, sans information, que c'est le portrait d'un menteur; et lui-même vous l'avouera un jour qu'il lui prendra fantaisie de dire la vérité. >

Joseph de Maistrb.

« C'est l'amour désintéressé delajusticèqui fait les grands hommes, les grands citoyens, ces hommes magnanimes, capables de sacrifier, quoi qu'il en Coule, leur temps, leurs forces, leur vie même k la recherche, k la manifestation de la vérité, à la réalisation de la justice, vitam impendere vero, au bonheur de leurs concitoyens, à la gloire et au salut de leur patrie. ■

Bautain.

Viia iiiiowo, de Dante. V.Vw nouvelle.

VITCIIEUDA, rivière do la Russie d'Europe, dans le gouvernement de Vologda. Elle prend sa source dans la partie orientale de ce gouvernement, coule d abord au S,, puis a l'O. et se jette dans la Dwina, après un cours de 260 kilom.

Vite

VITCHOURA s. m. (vi-tchou-ra). Modes.

Sorte de par-dessus polonais garni de fourrure, que portent les hommes et les femmes: II bâilla, regarda le paysage et'posa la main sur le bras d'une jeune femme soigneusement enveloppée dans un vitchobra. (Balz.)

VITE adj. (vi-te.— Diez, dans la première édition de sa grammaire, rattachait le mot vite, anciennement viste, prompt, alerte, italien vùfa, au latin vegetus, avec intercalation de s. Diefenbach propose de rattacher vite h. l'italien visto, vu, du latin visus, videre, voir. Le mot signifierait à peine vu, ou a première vue, d'un coup d'œil. On pourrait aussi, d'après lui, le regarder comme une corruption du latin vividus, dérivé de vivus). Qui marche, qui se meut avec célérité ; qui fait beaucoup de chemin en peu de temps : Lorsque David déplora la mort de deux fameux capitaines, il leur donna cet éloge: Plus vîtes que les aigles, plus courageux que les lions. (Boss.) Le pas ordinaire de l'éléphant n'est pas vite. (Buff.)

Tu te vantais d'être si vile.

Qu'as-tu faitde tes pieds?...

La Fontaine.

Il Prompt a l'action : Aussi vifs étaient les regards de Condé, -aussi vite était son attaque. (Boss.) || Sens vieilli.

— Escrime. Se dit d'un tireur dont les coups et les parades se suivent rapidement.

— Adv. De façon à faire en peu de temps beaucoup de chemin : Courir, marcher vite. Tourner vite, trop vite. Cette montre va trop vite. Leshommes qui montent vite prennent aisément le vertige. (Lamart.)

— Avec activité, d'une fuçon prompte et vive : Les Français parlent vite et agissent lentement. (Volt.) La bienfaisance a beau être active, elle va moins vite que le mal. (J. Simon.) Il Bientôt, en peu de temps, sans tarder : Arrives vite. Je serai vite ici. On est vite lassé d'écouter. Il n'est point de bout qu'on trouve aussi vite que celui de son esprit. (Lamenn.)

Qu'il passe vite, hélas ! la printemps de la vie !

Moixevaut.

— Interjectiv. Faites promptemeîit, hâtezvous-: Vite, vite, un médecin. Vite, dépêches. La liberté de la pressa est une vraie peste .• Vite des censeurs.' Sauvons,., qui? le roi? bagatelle! le ministère, (Chateauo.)

— Aller plus vite que le pas; S'enfuir avec précipitation. .

— Aller vile en besogne, Travailler, agir avec promptitude, avec activité.

— Loc adv. Au plus vile, Le plus. tôt possible : Les procès sont comme les dents malades, il faut s'en délivrer au plus vite. (Laboulaye.)

— Syn. Vllo, promploment. V. PROMPTE»

Page 1