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trict et de mandement, à 42 kilom. S.O. d'U- i dine, surlaLemene; 8,000 hab. Fabriques de toiles et de chapeaux.
VITODURANUS (Joannes), chroniqueur suisse, né a Winterthur (le Vitoduranum des Romains), d'où le surnom sous lequel il est exclusivement connu, mort à l'abbaye des franciscains de sa ville natale en 1348. On a de lui une Chronique, qui raconte l'histoire d'Allemagne depuis la mort de Frédéric II (1250) jusqu'à 1 au 1348 et qui a été insérée dans le tome l« du Corpus Irisloricorum medii cBui de J.-G. Eckhart (Leipzig, 1723, in-fol.).
VITONNIÈRE s. f. (vi-to-niè-re). Mar.
Gond du gouvernail. On dit aussi aiguiixot. Il Nom donné aussi aux canaux pratiqués à fond de cale pour amener les eaux sous la pompe.
V1TOR1A, ville forte d'Espagne, chef-lieu de la province d'Alava, à 335 kilom. N.-E. de Madrid, près de la Zadorra, par 42» 40' de latit. N. et 5° 4' de longit. O.; 12,200 hab. Evêché; autrefois siège d'une université, réunie h celle de Valladolid depuis 1842. Ecole de dessin; bibliothèque publique; cabinet de monnaies et antiquités romaines. Fabriques de velours, soie, chapeaux, toiles, bougies, chandelles, nrmes blanches, éBémsterie, poterie en terre, ustensiles de cuisine; tanneries. Commerce de fer brut et travaillé, chocolat, confitures, laine, draps, soieries, chaussures et chapeaux. Cette ville est assez bien bâtie, au milieu de belles et fertiles campagnes. La principale église de Vitoria, Santa- Maria, ancienne collégiale, est du xna siècle. L'ensemble de l'édifice appartient au style gothique pur. Il est surmonté d'une tour plus moderne, mais d'un caractère très-remarquable. L'intérieur, qui appartient également au style gothique, se divise en trois nefs avec galeries et arcs d'une grande hardiesse. La chapelle de Santiago mérite une mention; il en est de même des nombreux tombeaux que contient l'antique collégiale. La sacristie, décorée d'un tableau de la Piété, œuvre de Mttrillo, suivant les uns, de Van Dyck, suivant les autres, contient le trésor. Une autre église, placée sous l'invocation de saint Michel, appartient également au xii« siècle et, comme la précédente, est partagée en trois nefs. Le maître-autel, oeuvre du xvne siècle, décoré de sculptures et de bas-reliefs par Juan Velazquez et Gregorio Hernandez, est un des plus beaux monuments du genre. Vitoria possédait encore à la fin du siècle dernier plusieurs couvents ; aujourd'hui supprimés et occupés par des magasins, ils n'offrent plus aucun intérêt, si nous en exceptons celui de la Concepcion, qui a conservé un maître-autel et deux retables d'un intérêt artistique capital. Les autres monuments' de Vitoria sont : le palacio de la Deputacion ou palais de la Députation, édifice construit en 1844 et où a été rassemblée une galerie" de tableaux; l'Académie de dessin ; le palacio de la Societad Vascongada; la maison du cardinal d'U crédit, élu pape en 1522 sous le nom d'Adrien VI; la , maison d'Alphonse le Sage (1226); une troisième maison, habitée un instant par François 1er, captif de Charles-Quint; enfin, le théâtre, construction moderne. Vitoria possède, en outre, un hôpital, un institut de sciences et-de nombreuses écoles.
Les promenades de la ville sont : les Arceaux de la place Neuve et les Arquillos (Petits-Arceaux), le Campo de las Urigadas, le Campo de Arana, la Florida, enfin le Prado, relié à la Florida par une avenue avec uu pont qui traverse le chemin de fer.
La fondation de Vitoria remonte à 581 ; elle est due à Léovigilde, roi des Wisigoths, qui, ayant vaincu les Vascons révoltés sur l'emplacement même de la ville actuelle, donna à. cette ville le nom<Je Vitoria, afin d'immortaliser le souvenir de sa victoire. Vitoria prit un accroissement rapide, fut fortifiée par don Sunehe le Grand, puis par Jean II et "atteignit sous Ferdinand le Catholique l'apogée de sa prospérité. Elle joua un rôle décisif dans la guerre d'Espagne de 1808 ; ce Tut là que Wellington battit les Français en 1813 (v. ci-après). Plus d'une fois depuis cette époque, Vitoria eut à soutenir des attaques contre les partis qui se sont disputé l'Espaque. En 1834, la ville repoussa une tentative de Zumalacarregui et fut dès lors choisie comme centre des opérations de l'armée carliste dans la province d'Alava. En 1841, Manuel de Oca, ancien ministre de la marine, était parvenu à gagner la garnison et là milice nu parti carliste; mais, par suite de mesures mal prises, les généraux royalistes Zurbano, Aloson et Rodil eurent le temps d'occuper la place avec des forces imposantes avant que le mouvement eût éclaté. La milice fut désarmée avec dégradation et privation de bannière; quant à Manuel de Oca, conduit sur la Florida, une des promenades de la ville, il y fut fusillé.
Vitoria (bataille du), gagnée sur les Français, le 21 juin 1813 , par le duc de Wellington, commandant les Anglais, les Espagnols et les Portugais réunis. Une des premières conséquences de la désastreuse campagne de 1812 fut de relever le courage des ennemis de la France, abattus par une si longue suite de prospérités. Les Espagnols surtout, dans leur admirable patriotisme, saluèrent avec enthousiasme ce
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déclin delà fortune napoléonienne, et ils élurent le duc de Wellington comme généralissime de toutes les forces hispano-portugaises, auxquelles se joignirent 45,000 Anglais d'excellentes troupes, en tout 90,000 hommes. Si toutes les forces françaises eussent été concentrées, le roi Joseph eût pu en opposer 100,000 et écraser Wellington partout, car Cn ne comptait guère l'appoint des soldats indisciplinés et inexpérimentés de l'Espagne et du Portugal. Malheureusement, ces forces étaient disséminées en plusieurs années, et Joseph, ou plutôt le maréchal Jourdan, qui commandait sous ses ordres, avait tout au plus 55,000 hommes à opposer au futur vainqueur de Waterloo. Joseph dut abandonner sa capitale et se diriger vers la France, serré de près par Wellington, dont l'intention bien visible était de lui livrer bataille et, en cas de succès, de franchir les Pyrénées a sa suite. L'armée française touchait au pied même de ces montagnes, lorsqu'elle fut jointe par les coalisés dans ja plaine de Vitoria. L'action s'engngea aussitôt, avant que le roi.Josephet Jourdan eussent pu étudier le champ de bataille. Au pied du mont Arrato, en arrière et à droite de notre position, le général Reille gardait les ponts de la Zadorra avec les divisions françaises. Lamartinière et Sarrut et le reste d'une division espagnole. Mieux eût valu détruire tous ces ponts et défendre les gués avec de l'artillerie, qu'on avait en abondance. Wellington, en voyant ces dispositions, ordonna au général Graham de se porter en avant avec deux divisions anglaises, les Espagnols et les Portugais, afin de forcer le général Reille sur la Zadorra. Son centre, commandé par le maréchal Befesford, ayant trois divisions sous ses ordres, devait exécuter un mouvement analogue, mais vers te milieu de la plaine, de manière à aboutirai) poutdeTrespuentes, en face du général d'Etlon et sur le flanc de la position du Zuazo, éminenca occupée par nos troupes et qui dominait la sortie du défilé. Enfin, sa droite, ayant pour commandant le général Hill, devait forcer le défilé de la Puebla et venir déboucher au pied même de Zuazo. Joseph et Jourdan firent alors porter au général Gazan, lancé en avant, l'ordre de rétrograder vers Zuazo, d'où 1 on pouvait cribler les Anglais à leur sortie des défilés; malheureusement, le général Gazan était déjà engagé lui-même avec l'ennemi, et il lui était absolument impossible d'exécuter le mouvement prescrit, qui eût peut-être sauvé notre position. On lui ordonna alors de s'emparer des hauteurs situées à notre gauche et occupées en grande partie par les troupes espagnoles, afin de rejeter ces dernières dans le défilé de la Puebla et de se lancer à leur suite contre le flanc du général Hill. Mais le général Gazan perdit un temps considérable à cette opération; il ne fit pas attaquer avec assez d'énergie et d'ensemble les Espagnols qui, habitués à la guerre de montagne, bien abrités derrière des rochers et des bois, dirigèrent sur nos soldats un feu plongeant des plus meurtriers. Lorsque le général Gazan se décida enfin, sur les ordres réitérés du roi et du maréchal Jourdan, à prendre une attitude plus décisive, il n'était plus temps; il réussit bien â refouler les Espagnols, mais il ne put empêcher les Anglais de faire irruption dans la plaine, d'où il devenait pour ainsi dire impossible de les refouler. Le roi et le maréchal ordonnèrent alors un mouvement rétrograde sur le Zuazo, qu'ils firent couvrir d'artillerie. En quelques mstants, la scène changea ; la fortune parut vouloir se retourner vers nous. Le général Tirlet, avec 45 bouches à feu bien disposées, couvrit de mitraille les Anglais qui débouchaient du défilé de la Puebia, ainsi que'ceux qui avaient forcé le passage de la Zadorra il Trespuentes et joncha la terre de leurs morts. Mises en désordre par ce feu terrible, les troupes anglaises se reformèrent néanmoins, s'avancèrent au pas et furent une seconde fois rejetées en arrière. Il eût fallu pouvoir alors lancer 4,000 ou 5,000 hommes sur les masses ébranlées des Anglais, on y eût peut-être jeté un désordre irréparable. Mais le général Gazan ne s'était point replié sur le Zuazo, et nous n'avions là que de l artillerie sans appui. Le général d'Erlon pouvait à peine suffire à la défense des ponts au-dessus et au-dessous de Trespuentes; quant au général Reille, isolé au fond de ia plaine, il luttait comme un lion "contre le flot toujours montant .des ennemis, qu'il repoussait des ponts avec un infatigable acharnement. Mais, en même temps, il annonçait qu'il ne tarderait pas à être forcé s'il ne recevait proinptement des renforts. 11 devenait donc urgent d'aviser à la retraite si on ne voulait pas s'exposer à un désastre complet, et le maréchal Jourdan la conseilla au roi Joseph. L'ordre en fut donné aussitôt. Malheureusement elle s'exécuta sans la régularité et l'ensemble qui doivent présider à un mouvement rétrograde, et l'on dut abandonner à l'ennemi 200 bouches h. feu et 400 caissons. Joseph perdit même sa propre voiture, qui contenait tous ses papiers. Les pertes étaient à peu près égales, de part et d'autre, en morts et en blessés. La guerre d'Espagne, commencée . par la perfidie, finissait par la honte d'un désastre.
VITRAGE s. m. (vi-tra-je — rad. vitre). Action de vitrer; ensemble des vitres em-?
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ployées dans un bâtiment : Le vitrage de cet hàlel a coûté des sommes énormes.
— Porte vitrée ; châssis de verre servant de séparation ou de fermeture : ieviTRACÏs d'une montre de magasin. On cabinet séparé de la chambre par un vitragb. Autrefois les artisans habitaient de misérables masures qu'aucun vitrage ne protégeait contre les injures du temps. (Cli. Dupin.)
Techn. Défaut de la soie qui consiste en
ce que les brins, ayant été mal ou trop peu croisés, se distribuent irrégulièrement, s'appliquent les uns sur les autres et n'ont alors qu'un éclat terne et vitreux : On sent que le vitrage, que l'on confond souvent avec lu première croisure, est le plus grand des défauts qu'on puisse rencontrer dans la soie. (L. de Teste.)
VITRAIL s. m. (vi-trall ; Il mil.— rad. vitre). Grande croisée à croisillons de fer, quelquefois de pierre', avec châssis de métal garni de vitres : Au xvi« siècle, tes vitraux étaient réservés au fenestrage des châteaux et des églises. (Chateaub.) il Se dit particulièrement des grandes croisées de ce genre dans les églises, surtout quand les verres sont peints : Les VI- TRAUX de ta Sainte-Chapelle.
Aui vitraux diaprés des sombres basiliques, Us flammes du couchant s'éteignent tour à tour.
Tu. Gautier.
— Rem. L'Académie ne donne ce mot qu'au pluriel ; d'autres dictionnaires prétendent que le singulier a vieilli, au moins dans le sens de croisée d'église; c'est une erreur complète; le mot vitrail se dit et s'écrit tous les jours.
Encycl. B.-nrts. On donne le nom de
vitraux aux verrières colorées qui ferment les baies des églises et des cathédrales. L'origine de cette fabrication, qui brilla avec tant d'éclat pendant la période du moyen âge, semble remonter à la plus haute antiquité ; les Asiatiques paraissent avoir été les premiers qui aient employé ce genre de décoration translucide. Dans de nombreux passages de leurs œuvres, les auteurs grecs et latins de la fin du rve siècle parlent de vitres de hautes fenêtres, formées en verre de diverses couleurs; il est à supposer que c'est à dater des rapports de Rome avec l'Asie que l'on introduisit en Italie les mosaïques composées de cubes de pâtes de verre colorées. H est difficile de préciser l'époque à laquelle l'usage des vitres colorées se répandit dans les Gaules. On sait par Pline que la vitrification existait depuis longtemps dans ces contrées. Grégoire de .Tours, qui écrivait au vu» siècle , dit qu'en 521 les soldats de Théodoric pénétrèrent dans l'église de Brioude par une fenêtre dont ils brisèrent les vitraux. Saint Fortunat, saint Philibert et saint Ouen parlent à l'envi de l'effet que produisait sur les murs la lumière décomposée par les vitraux uux premières approches de laurore. On sait, en outre, que les évêques saint Wilfrid et saint Benoît Biscop furent des premiers à propager l'usage des vitres en Angleterre et qu'ils firent venir, dans ce but, des ouvriers de France ; il pa- . ralt aussi que saint Auchane et saint Rambert.apôtres de Suède et de Danemurk,apprirent en France l'art de la vitrification.
D'après les vieilles chroniques de Grégoire de Tours et les documents conservés par Léon Ostiensio, on peut oruire que, dans nos provinces méridionales, les fenêtres étaient closes avec des tablettes de marbre percées de trous ronds ou carrés,dHiis lesquels étaient adaptés des verres de couleur. Quant à l'époque où l'on a commencé à disposer les verres teintés pour en composer des sujets et appliquer à leur surface des couleurs vitriliables, il est difficile de la fixer d'une manière précise. M. Emerie David, un de nos érudits les plus distingués, dit : « Le rèyne de Charles le Chauve et celui de Louis le Débonnaire nous offrent un fuit très mémorable: c'est l'invention de la peinture .-ur verre. L'historien du monastère de Saint-Bénigne, à Dijon, lequel écrivait en 1052, assure qu'il existait encore de son temps, dans l'église de ce monastère, un très-ancien vitrail représentant le mystère de sainte Puschasie, et que cette peinture avait été retirée de la vieille église restaurée par Charles le Chauve. Il faut croire que ce monument rustique et élégant, suivant les expressions de la chronique, datait au moins du règne de l'empereur Charlemagne, mais il ne saurait remonter beaucoup au delà, »
M. Batissier, dans sa savante Histoire de l'art monumental, partage l'opinion da M. Emerie David ; d'autres auteurs pourtant hésitent à faire remonter aussi loin la connaissance de la peinture sur verre en France, attendu <jue l'on n'a point retrouvé de vitraux émaillés antérieurs au xuo siècle , bien qu'il soit hors de doute que, déjà depuis longtemps avant cette époque, en Itulie et en Grèce, on connaissait l'art de peindre le verre avec des couleurs vitrifiables. M. Viollet-le-Duc pense aussi que cet art était antérieur au xu« siècle. Voici comment cet architecte s'exprime à ce sujet : * Quoi qu'il en soit de ces origines un peu lointaines, on fabriquait des vitraux colorés en grand nombre dès le ilio siècle en Occident, et le moine Théophile, qui appartient à cette époque, ne présente pas les moyens de fabrication de ces objets comme étant une nouveauté,Son texte,
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au contraire,dénote une longue pratique de ce genre de peinture translucide, et les vitraux que nous possédons encore, datant de ce siècle, sont, comme exécution, d'une telle perfection- qu'il faut bien supposer, pour obtenir ce développement d'une industrie dont les moyens sont passablement compliqués, une longue expérience. «
Les plus anciens vitraux que nous possédions ne remontent pas au delà du xue siècle et même ne datent vraiment que de la fin de ce siècle, c'est-à-dire de l'époque ou apparaissent les grands monuments. Au xne siècle, tes vitraux se composaient de verres teintés ou incolores, qui formaient le fond du tableau, et de verres avec couleurs appliquées au pinceau et cuites au moufle; en général, ces verrières n'offraient qu'un assemblage de pièces de verre de petite dimension, agencées entre des lamelles de plomb qui divisaient les principaux motifs de la peinture ou même les différentes couleurs ; cet ensemble était consolidé par une armature en fer, pour le mettre a même de résister au vent. Les vitraux ont la partie supérieure du panneau terminée en ogive et quelquefois en plein cintre; ils représentent des sujets de légendes chrétiennes ou empruntées à l'Ancien et au Nouveau Testament; ces. compositions sont entourées de cartouches elliptiques, disposés en sautoir ; elles se détachent sur un fond le plus souvent bleu, avec des baguettes rouges ; les angles sont arrangés en fleurons ou en petites rosaces, entremêlés d'arabesques. Les figures, en général de petites dimensions, appartiennent au style byzantin, comme on peut en juger par les vitraux du xue siècle de Saint- Maurice et de Saini-Serpe, à Angers, de l'église de la Trinité, à Vendôme, de Suint-Père, à Chartres, et de la cathédrale de Bourges. Les peintres verriers du xn* siècle, comme les Gi'éco-Bjzaiitins dans leurs peintures, cherchaient toujours à faire apparaître le nu, en dépit des draperies qui le couvrent ;les vêtements les plus amples paraissaient , dans leurs œuvres, collés sur les parties saillantes du corps et se développaient en dehors de la forme humaine, comme entraînés par le vent.
Eu considérant les vitraux, on remarque que la peinture sur verre, à cette époque, n'était autre chose que de la décoration ; le peintre et Je dessinateur ne cherchaient pas la reproduction plus ou moins exacte de la nature, mais bien l'harmonie des couleurs, et les chefs-d'œuvre qu'ils ont produits montrent assez clairement qu'ils possédaient k un haut degré les moyens de créer, avec une matière translucide et des couleurs peu nombreuses, les effets les plus agréables à la vue.
Au xwe siècle, l'art de peindre le verre se conserva avec les mêmes principes et la même méthode, c'est-à-dire que la verrière ne tut pas autre chose qu une mosaïque transparente, éblouissante des couleurs les plus vives et les mieux agencées. La seule différence que l'on remarque entre les œuvres des maîtres de ce temps et ceux du xue siècle, c'est une tendance vers la copie de la nature ; ils commencent à donner moins d'importance au nu, et, par suite, à abandonner le style byzantin ; leurs figures sont mieux drapées et d'une expression plus vraie, comme nous le inontreniles nombreux vitraux qu'iis nous ont laissés, tels que ceux de la cathédrale de Ruueii.de l'église Saiute-Radegonde de Poitiers, des cathédrales de Bourges, d'Angers, de Tours, de Chartres, de la Sainte-Chapelle de Paris, de la cathédrale de Cleruiont-Ferrand, de Strasbourg, de Laon, de Troyes et, enfin, de Notre-Dame de Paris; le transsept méridional de cette dernière renferme la plus belle rose colorée connue.
Ces deux siècles, qui marquent l'apogée de la fabrication des vitraux, Se distinguent par les procédés de dessin adoptés, procédés qui sont, à proprement parler, les seuls convenant à la peinture sur verre et qui se perdirent avec le développement des écoles laïques. Dans les compositions de cette époque, on évitait les agglomérations de personnages ou de parties d'ornement, pour laisser deviner le fond dans toute 1 étendue du motif et pour éviter, par suite de la vivacité des tons irunsluoides,qu'il devienne difficile pour l'œil, à une certaine distance, de distinguer séparément les figures groupées en grand nombre. Aussi remarque-t-on, dans les vitraux du xne et duxme siècle, que les peintres ont cherché à créer des échappées, permettant de dessiner le contour de chaque figure. Pour les mêmes raisons, ils accentuaient vivement les mouvements, les gestes des personnages, les ornements ; souvent même ils les exagéraient.
Avant de pousser plus loin cette étude sur les vitraux, nous emprunterons à Al. Violletle'-Due l'explication qu'il donne des procédés de fabrication employés au xu« siècle, procédés que la traduction de l'ouvrage : Diversorum artiurn schedula, du muine Théophile, qui vivait dans la seconde moitié du xn* siècle, lui a permis de déterminer de la ma- , oière suivante : « D'abord, faites une table de bois plane et de telle largeur et longueur que vous puissiez tracer dessus deux panneaux de chaque fenêtre (Théophile, 1. II, ch. xvu). Celte table est enduite d'une couche de craie détrempée dans de l'eau et frot-
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tée avec un linge. C'est sur cette préparation bien sèche que l'artiste trace les sujets ou ornements avec un style de plomb ou d'étaiu; puis, quand le trait est obtenu, avec un contour rouge ou noir, au pinceau. Entre ces linéaments, les couleurs sont marquées, pour chaque pièce, au moyen d'un signe ou d'une lettre. Des morceaux de verre convenables sont successivement- posés sur la table, et les linéaments principaux, qui sont ceux des plombs, sont calqués sur ces verres, lesquejs sont découpés au moyen "d'un fer chaud et du grésoir (le diamant remplace avantageusement aujourd'hui le fer chaud). Théophile ne dit pas clairement s'il indique sur la table (que nous appellerons carton) le modelé complet des figures ou ornements. IÎ ne parle que du trait ; cependant, lorsqu'il s'agit de peindre, c'est-à-dire de faire le modelé sur ies verres découpés, il dit qu'il faudra suivre scrupuleusement les traits qui sont sur le carton... Sur ces morceaux de verre, le modelé n'est autre chose qu'une suite de traits dans le sens de la forme. > Théophile indique la recette pour faire la grisaille, le modelé, le 'trait répété sur les verres : « Tous les vitraux fabriqués pendant le xiie et le xine siècle sont faits avec des verres colorés dans la pâte, et le modelé n'est obtenu qu'au moyen d'une peinture noire ou noir brun appliquée au pinceau sur ces verres et vitrifiée au feu. ■ Cette couleur noire, Théophile la compose de cuivre mince brûlé dans un vase de fer, de verre vert et de saphir grec. « Il y a tout lieu de croire que ce saphir grec, • dont Théophile ne donne pas la composition, « était un verre bleuâtre des fabriques de Venise, qui avait une propriété fondante. Ces trois substances sont broyées sur une tablette de porphyre, mêlées en parties égales et délayées avec du vin et de l'urine. » Aujourd'hui, c'est le protoxyde de fer que l'on emploie en place du cuivre brûlé. « Cette couleur, placée dans un pot, est appliquée au pinceau, soit claire, soit plus sombre, soit épaisse, pour faire des traits noirs et fins, ou bien elle est étendue sur le verre en couche mince et est enlevée avec un style de bois, de façon à former des ornements très-déliés ou des touches se détachant en lumière sur un fond obscur, mais encore translucide. Les verres, ainsi préparés, sont mis au four afin de vitrifier cette peinture monochrome. »
Une question importante dans la fabrication des vitraux, c'est la manière d'obtenir les feuilles de verre; d'après Théophile, on employait deux procédés : le premier consistait à souffler la masse de verre incandescente, de manière à lui donner la forme d'une bouteille, puis à percer son extrémité inférieure et a la dilater à l'aide d'un morceau de bois; cette espèce de vessie ainsi obtenue, on formait un huit avec l'une des bases, et le verre ainsi préparé était remis au feu pour être dilaté, fondu et aplani. Dans la seconde méthode, avec laquelle on obtenait des verres- dits en boudinés, on soufflait une vessie dont on dilatait l'une des extrémités, puis on faisait tourner très-rapidement la canne, de manière k étendre le verre par l'effet de la force centrifuge et à obtenir un disque concentrique plus épais au centre que vers le bord.
Pour colorer le verre, aussitôt que le verrier avait cueilli une boule de verre blanc dans le creuset, il la trempait dans un autre creuset contenant du verre incandescent, dans lequel on avait jeté des oxydes métalliques ; il égalisait la prise sur une pierre, chaude, et il soufflait comme il est dit plus haut; de cette façon, il obtenait un verre teint dans la masse et non doublé comme ceux que l'on rencontre à partir du xive siècle. « Au point de vue décoratif, les verres en boudinés, ou grossièrement étendus, présentaient un avantage. Comme ces verres étaient teints dans la masse, les différences d'épaisseur de la feuille de verre laissaient apparaître des dégradations de tons que les artistes verriers employaient avec beaucoup d'adresse, en coupant le verre de manière que la partie la plus mince se trouvât du côté du clair. Même pour les fonds unis, ces différences d'épaisseur donnaient à toute coloration un aspect chatoyant qui, à distance, augmentait singulièrement l'intensité des tons. »
Les vitraux du xu« siècle étaient modelés avec des tlemi-teintes ; Théophile indique clairement le procédé employé pour les poser : « Lorsque vous aurez fait les ombres principales sur les draperies de ce genre et qu'elles seront sèches, tout ce qui reste de verre sera couvert d'une teinte légère, non aussi dense que la seconde ombre, non aussi claire que la troisième, mais qui tienne le milieu entre deux. Cela sec, avec la hampe du pinceau vous ferez, de chaque côté des premières ombres posées, des traits tins, de sorte qu'il reste des linéaments délicats entre les premières ombres et la seconde teinte. » De la trois opérations pour faire le modelé, premièrement la pose des premières ombres, deuxièmement du glacis et troisièmement de la demi-teinte et l'enlèvement des clairs pour obtenir les grandes lumières. M. Viollet-le-Duc examine de la façon suivante les résultats obtenus sur les vitraux du xiie siècle : « Sur ces vitraux, on remar-
?ue, en effet, un premier travail d'ombres ait pur hachures, non absolument opaques,
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très-fines et transparentes à leur naissance, très-pleines aux points où l'ombre prend de l'importance , mais encore transparentes.
Après ce premier travail, le verre a dû subir une première cuisson... Le peintre posait alors la deuxième teinte, qui faisait la deiniteinte forte, et il avait le soin de limiter son étendue, de dessiner son contour en grattant le verre avec la hampe du pinceau, notamment entre cette demi-teinte forte et l'ombre... F'osait-il la deim-teinte plus légère avant celle plus intense? Cela est probable, rien ne l'empêchait de le faire ; mais ce qui est important, et dont Théophile ne dit mot, c'est que, par -dessus l'ombre principale cuite, sombre, mais transparente, le peintre posait des traits opaques, le pinceau étant chargé d'une couleur épaisse, pour obtenir des renforts d'ombre-sans aucune translucidité. Les verres étaient de nouveau remis au four et les demi-teintes ainsi que les traits de force se vitrifiaient. <
Dès le commencement du xiiie siècle, on renonça à faire deux cuissons, pour éviter les dépenses qu'elles occasionnaient et arriver k confectionner plus rapidemet les vitraux, dont les surfaces devenaient de plus en plus grandes. A cet effet, on posait les demi-teintes à côté des ombres, et l'on ne mettait au four qu'une seule fois. M. Viollet-le-Duc donne la classification suivante îles verres employés par les artistes du xn» siècle.verres qui sont loin d'être aussi nombreux que ceux que nos procédés chimiques nous permettent d'obtenir aujourd'hui :
1° Bleu limpide légèrement turquoise.
Bleus I z° ^'eu c'a'r> mais verdissant. 3° Bleu Udigo intense.
4° Bleu azuré, très-clair, gris de lin.
Jaunes
Rouges
Verts
Pourpres
Tons rares
Blancs
i 1" Jaune paille, fumeux.
I 2» Jaune safran ou or bistré.
11° Rouge non doublé , orangé très-doux et égal de ton.
2° Rouge intense, jaspé.
30 Rouge clair, fumeux.
lo Vert jaune, limpide.
2° Vert émeraude.
30 Vert bouteille.
10 Pourpre clair, chaud, 2° Pourpre limpide, azuré.
30 Pourpre sombre, vineux, •jo Pourpre très-clair, fumeux, pour les chairs.
10 Mordoré, couleur vin d'Espagne.
2° Vert sombre, chaud.
10 Blanc jaunâtre, fumeux.
2° Blanc gris, glauque.
3° Blanc nacré.
Les jaunes de sel d'argent ne datent que du xive siècle, aussi n'en trouve-t-on pas d'application dans les vitraux du xue et du xm« siècle. Au xive, lu peinture sur verre secoua, comme les autres arts, l'influence étrangère ; le dessin devint plus correct et l'exécution plus belle, on chercha le clairobscur, les ombres, les reflets, et la nature fut copiée plus fidèlement; malgré ces progrès, elle resta inférieure à celle des siècles précédents. Comme effet et comme rendu, elle ne vaut pas la mosaïque transparente du xno et du commencement du xme siècle. Cette infériorité provient de ce que le dessin incline vers le maniéré et que l'on re» cherche les tons brillants pour faire contraste aux tons de grisaille. Les fonds sont remplis de damasquinages, pour éviter le rayonnement de la lumière sur les figures traitées avec maigreur; enfin on évite les figures et l'on donne chaque jour plus d'importance aux grisailles.
Parmi les vitraux les plus remarquables du xiv« siècle, on peut citer ceux de l'église Suint-Thomas k Strasbourg et les figures de sainte Valère et de saint Maxime k Ja cathédrale de Limoges; on voit dominer la grisaille dans ces deux panneaux; les tètes sont étudiées avec soin et les draperies ont une certaine souplesse, bien que encore un peu sévère. A Careassonne, on remarque la rose de Saint-Nazaire, où sont très-heureusement combinés des lignes et des feuillages entrelucés; dans la chapelle Saint - Fiat, k Chartres, on trouve, de la même époque, de grandes figures sur un fond bleu, réticulé et fleurdelisé.
Au xye siècle, les progrès que la pratique du dessin avait faits dans le courant du siècle précédent apparaissent d'une manière brillante dans les vitraux, mais dans des conditions étrangères k l'art ancien. Le costume des personnages, le style des parties architectoniques et l'étude de la nature se rapprochent plus de la réalité ; grâce à quelques innovations heureuses dans l'exécution, on voit les verres se doubler, ou mieux, se fondre à deux couches, l'une incolore, l'autre rouge ou bleue, ou jaune. Ces moyens de doublage leur permettaient d'obtenir des tons d'une puissance inconnue jusqu'alors ; on faisait des verres violets avec un doublage rouge sur un bleu pâle, des verts au moyen de plusieurs couches de verres blancs, jaunes et bleus superposés, des mordorés avec une couche de jaune sur un pourpre; Us employaient déjà aussi les couleurs d'émail sur le blanc, de manière à obtenir des
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colorations douces et fondues, des bleus pales, des roses, des lilas. Outre ces progrès dans la fabrication du verre, les verriers de cette époque avaient encore à leur disposition différents procédés qui leur permettaient d'obtenir des effets merveilleux; ils enlevaient à la- molette une partie des doublures, ainsi qu'on le fait aujourd'hui, pour les verres dits de Bohême, et ils obtenaient ainsi des broderies, des détails délicats qu'ils pouvaient encore colorer avec le jaune d'argent ou certaines couleurs d'émail. Malgré tous ces perfectionnements, les œuvres de cette époque sont blafardes, confuses et dures, et elles ne sont, comme dit M. Viollet-le-Duc, « que des cartons de peintres rapportés sur verre. »
La peinture en émail devint générale et l'usage de peindre les vitres en grisaille trèscommun ; cette dernière sorte de peinture ne remonte pas au delà du xm« siècle, et les premières grisailles qui parurent ne furent mêlées d'aucune partie colorée. Dans la composition de ces sortes de vitraux, les plombs forment les compartiments principaux et sont combinés de manière à éviter les angles aigus trop fragiles. On les composait souvent de verres noirs, bruns ou verdâtres, se détachant sur le fond composê.de verres blancs de diverses nuances ; 011 produisait aussi dés effets chatoyants, tels que ceux des damas de soie dans lesquels, suivant que la lumière frappe les surfaces, le dessin se détache en ton obscur sur un fond clair ou en clair sur un fond obscur. Vers le milieu du xivc siècle, alors qu'on était arrivé à appliquer le jaune au moyen des sels d'argent, on rehaussa parfois les grisailles blanches avec des touches jaunes; au xve siècle, le mode de grisailles tapisseries se perd et est remplacé par des tracés d'architecture blanche et jaune, avec quelques figures colorées d'un effet médiocre. M. Thévenot, dans son Essai historique sur les vitraux, caractérise les progrès, les allures et les tendanoes de la peint. ne sur verre dans la seconde moitié du xvo siècle : « Dans la seconde moitié du xve siècle, dit-il, le champ des vitraux se garnit de portiques en grisailles chargés de figurines, de fabriques, d'arbres et de lointains, quelquefois assez heureusement imités, mais faits pour être vus de très-près : cette innovation fut portée à son dernier point de perfection dans le xvie siècle; on peut juger des deux époques en comparant la chapelle de la Trinité et celle de Jacques-Cœur à Bourges; le Jugement de Sttlomon à Suint- Gervais, k Paris (1531), et les vitraux de la Sainte-Chapelle do Vic-le-Comte, en Auvergne, et ceux de Saint- Ktienue-du-Mont, dus au pinceau de Jacques Pénégrier (vers 1600). Ce système servit plutôt à faire briller le talent du peintre qu'à rendre l'expression Adèle de la nature ; plusieurs causes s'y opposèrent toujours : la distance énorme à laquelle le spectateur se trouve de ces tableaux en ôte le principal mérite, la finesse de l'exécution. Indépendamment de ce qu'il n'est guère possible de se mettre au véritable point de vue d'un tableau peint sur verre et placé à une grande hauteur, il y a toujuurs un obstacle impossible a vaincre : c'est que les couleurs, dans un tableau peint à l'huile, sont vues par réflexion et, dans une verrière, par transmission ; ce qui s'oppose à la production des effets de clair-obscur de la peinture à l'huile. • 11 faut conclure de ce passage, tiré de l'ouvrage si prtiuieux à plus d'un titre de M. Thévenot, que lu peinture sur verre, en se perfectionnant, a dépassé les limites qui lui étaient naturelles et est allée au delà de son véritable but. M. Viollet-le-Duc, tout en admirant le travail et le fini de ces grisailles et de ces vitraux du Xve et du xvie siècle, pensait aussi « que ces moyens décoratifs sont trop maigres pour produire rie l'effet de loin sur ces grandes surfaces translucides. »
Parmi les vitraux les plus remarquables du xv« siècle, nous citerons ceux de la cathédrale d'Kvreux, de l'église de Walbourg (Bas- Rhin), de la cathédrale de Bourges, des églises Saiut-Gervais, Saint-Séverin et Saint- Etienne-du-Mont à Paris, de la Sainte-Chapelle de Riora, et des hautes voûtes de Notre- Dame de Rouen.
Au xvie siècle, jusqu'en 1550, les travaux de peinture sur verre offrent les mêmes caractères que ceux de l'époque précédente, abandon à peu près général des sujets de l'Ecriture, fini du travail, grande entente des nuances, tendance à faire des tableaux' sur le verre, et oubli complet du but primitif de la peinture sur verre, qui ne devait être qu'une décoration monumentale dont chaque partie, même la plus petite, doit contribuer k l'effet de l'ensemble. Le xvi<> siècle fut l'époque de la décadence de l'art; les vitraux qu'il fournit sont, il est vrai, exécutés avec une délicate finesse ; mais ces petites plaques de verre, assemblées comme les morceaux noirs et blancs d'un damier, nuisent à leur effet et les empêchent de produire cette lumière si douce, si mystérieuse que l'on rencontre dans les vieilles basiliques chrétiennes du XHie siècle. Eu vain, Jacques de Paioy en Bourgogne, Senipy, Perriu, Pierre Tâcheron, Llaude- Jean Niquet, Anquetil, Mahiet, Evrard s'opposèrent-ils de toute leur force a cette décadence : la peinture sur verre tomba et se réfugia dans la reproduction des blasons, connue sous le nom de vitraux suisses.
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Au xvm» siècle, Leviel fit d'inutiles efforts pour ramener les artistes aux grandes traditions; les secrets ne se perdirent pourtant point; car l'art, de nos jours, a reparu assez brillant. Sous les Bourbons, Robert lit des essais très-heureux à la manufacture de Sèvres. Nous avons en France la manufacture de Choisy-le-Roi, où l'on fabrique des vftrouxetdes grisailles; on peut oiier parmi nos meilleurs peintres sur verre MM. Di-hl, Brongniurt, Demane, Legluy, Mortelegue, Paris, Leclair, Constantin, Bélanger, Vigne, Hesse, càchelt, Maréchal, Lobin, Thévenot, Thibaud, Bonterops et Lusson, qui ont eu l'honneur de contribuer à la renaissance de l'art qui s'était pour ainsi dire éteint avec le style ogival.
Parmi les travaux de fac-similé et de res- . tauration exécutés de nos jours, nous citerons les panneaux de restauration de la Sainte- Chapelle, dus à MM. Lusson et Steinheil; ceux des fenêtres du xiie siècle de l'abbaye de Saint-Denis, dus k M. Gerente, et la restauration des vitraux de Bourges et du Mans faite par M. Coffetier.
En Orient, l'architecture emploie aussi des vitraux de couleurs variées ; mais ils ne sont pas, comme ceux d'Kurope, enchâssés dans une armature de plomb, ils sont montés sur une plaque de plâtre coulé dans des bâtis percés à jour, de l'épaisseur de 0U>,5, avec des dessins de dentelles k plusieurs reliefs, dont l'inclinaison est calculée suivant la position qu'on veut leur donner et selon la distance où 1 on veut qu'ils soient de l'oeil du spectateur. La mosaïque de verre, protégée et régularisée par cette armature, est fixée sur Te côté extérieur de l'èditice. C'est surtout aux reliefs du plaire et aux ombres qu'il porte diversement sur le verre aux différentes heures du jour, que sont dus la netteté des dessins, la variété etle charme deseffets produits par ces vitraux, V. verre, vitre, émail.
VITRE s. f. (vitre — du lut. vitrum, verre). Panneau de verre qu'on place dans un châssis, et qui sert k empêcher l'introduction de.l'air extérieur, tout en laissant "pénétrer la lumière : Les vitres d'une fenêtre, d'une voiture. Les anciens, au lien de Vitres , employaient des lomes de corne.
— Par ext. Vitrage : Ouvrir, fermer la
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— Pop. Œil : Tu vas te faire crever une
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— Carreaux de vitre, Lunettes.
— Casser les vitres, Faire de l'éclat, du scandale, ne rien ménager : Il est homme à casser les viTHËS. /( ne faut pas CASSER LES VITRES, mais il faut les bien nettoyer. (Arnault.) -
— Art vétér. Cornée transparente de l'œil du cheval.
— Agric. Nom donné dans le Calvados aux balles ue céréales avortées, parce que l'absente du grain leur donne une demi-transparence.
— Moll. Vitre chinoise, Nom vulgaire d'une coquille du genre placune : La vitre chinoise est appelée transparente chez les Hollandais. (V. de Bomare.)
— Encycl. V. verre et vitrier.
VITRÉ , ÉE (vi-tré) part, passé du v. Vitrer. Muni de vitres ; Châssis vitré. Porte vitrée. Il Fermé de vitrages : Cabinet , appartement vitré. Hangar vitré.
— Comm. Parchemin vitré, Celui que la transparence rend défectueux. '
— Tecbn. Se dit des peaux rendues transparentes : Parchemin vitré. '
— Physiq. Electricité vitrée, Fluide électrique que l'on développe sur le verre, ou qui a les mêmes propriétés" que celui qu'on développe sur le verre, il Ou dit aussi électricité positive.
— Anat. Humeur vitrée, Liquide transparent, légèrement coloré, qui remplit le fond du globe de l'œil : L'humeur vitrée est de couleur de topaze. (Buff.) L'humeur vitrée est un peu plus dense que l'humeur aqueuse et contient les mêmes principes, en plus grande quantité seulement. (Lecoq.) Il Corps vitré ou tunique vitrée , Nom commun à l'humeur vitrée et à la membrane hyaloïde. Il Lame vitrée, Tabie interne des os du crâne.
— Pathol. Pituite vitrée, Pituite épaisse et transparente. •
— Hist. nat. Qui .a l'apparence du verre : Minéral vitré. Coquille vitrée.
— Moll. Syn. de vitrine.
— Encycl. Anat. Les anatomistes ont donné le nom de corps mire au plus volumineux des milieux transparents de l'œil, à cause de sa ressemblance avec du verre fondu. Il occupe exactement les trois quarts postérieurs du globe oculaire et se trouve enveloppé eu arrière ainsi que sur les côtés par trois membranes superposées qui sont de dedans en dehors: la rétine, la choroïde et la sclérotique. Ko avant, il présente une petite dépression dans iaquelltj se loge la partie postérieure du cristallin. Le corps vitré se compose d'une humeur, l'humeur vitrée^ et d'une membrane d'enveloppe, la membrane byaloïde, ainsi nommée du grec ualos, verre. L'hqmeur vitrée est à demi fluide comme l'albumine, comme elle coagulable par certains réactifs et d'un aspect finement strié au microscope. Chez le fœtus, chez le jeune sujet
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et même chez l'adulte, elle contient quelques leucocytes. Elle a, suivant la direction de l'axe optique, une épaisseur de 0m,0125. Sa densité est de 1005 et son indice de refraction est de 1,339, celui de l'air étant pris comme unité. Son pouvoir réfringent se trouve ainsi le même que celui de l'humeur aqueuse. Le cristallin est donc placé au sein d'une atmosphère transparente composée de deux milieux (humeur aqueuse et humeur vitrée) qui réfractent la lumière d'une quantité Sensiblement égale. La marche des rayons lumineux dans le corps vitré est ainsi tout & fait comparable à celle que suit la lumière à sa sortie d'une lentille convergente dont les deux faces regardent le même milieu réfringent. Tous les rayons convergent vers un foyer commun situé sur la rétine.
La membrane hyaloïde épaisse au plu>de o™, 002, homogène, très-transparente, est en rapport immédiat par sa face externe avec la rétine. Pour démontrer son existence, il n'y a qu'à faire au corps «(lie quelques ponctions. Elles laisseront écouler le liquide intérieur et il restera une fine pellicule qui n'est autre chose que l'hyaloïde. De la face interne de cette membrane partent des prolongements lamellenx très-minces, en nombre indéterminé, qui cloisonnent l'humeur vitrée de telle sorte qu'elle ne puisse s'écouler complètement par une seule piqûre. La congélation permet d'apprécier assez exactement les dimensions et la forme de ces loges. «Un point controversé dans l'histoire de la membrane hyaloïde, c'est la manière dont cette membrane se comporte avec le cristallin/On admet généralement qu'arrivée k om,002 environ de la circonférence du cristallin elle se divise eu deux lames, dont l'une passe derrière ce corps, tandis que l'autre passe au devant. Dans cette manière de voir, l'espace triangulaire qui règne autour du cristallin, et qui u été décrit par François Petit Sous le nom de canal godronné, serait intercepté entre les deux lames de l'hyaloïde et la circonférence du cristallin. D'autres anatomistes disent, au contraire, que la membrane hyaloïde ne se divise pas en deux laines, qu'elle se porte tout entière derrière le cristallin pour revêtir la partie antérieure du corps vitré. • (Cruveilhier.)
VITRÉ, ville de France (Ille-et-Vilaine), chef-lieu d'arrond. et de canton, à 36 kilom. de Rennes, sur la rive gauche de la Vilaine; pop. aggl., 6,901 hab. — pop. toi., 8,752 hab. L'arrond. comprend 6 cantons, 61 commu nés et J7,735 hab. Tribunal de lr<s instance; justice de paix. Commerce de toile, dé bonneterie et sayons de peaux de chèvre, sortes de pardessus d'hiver très en usage chez les familles de cultivateurs. Vitré étage sur une colline ses maisons dominées par les ruines d'un château fort que précède une longue ligne de remparts et de tours. Une ancienne enceinte murale, parallélogramme allongé de l'est à l'ouest et jadis percé de trois portes, enserre encore aujourd'hui ce que l'on appelle le Vieux-Vitré; c'est la partie la plus pittoresque de la ville. Le Vieux-Vitré est considéré avec raison comme la ville bretonne ayant le mieux conservé sa physionomie moyen âge. Les embellissements ne tarderont pas à faire bientôt disparaître ce cachet personnel, et l'œuvre a déjà commencé par la destruction ou la détiguratiou des portes fortifiées du château. Aujourd'hui, Vitré, ouvert à l'est et à l'ouest, ne présente plus au midi que de longues courtines éventrées couvertes de constructions parasités, quelques tours démantelées, et au nord un rempart appuyé sur l'escarpement de la colline taillée à pic dans le schiste noir. A l'intérieur de son enceinte, Vitré est une petite ville triste, percée de trois rues longitudinales reliées entre elles par des ruelles. Les maisons, de pierre ou de bois, sont couvertes et bardées d'une grossière ardoise et imprégnées profondément, pour la plupart, de lichens et de mousse. *■
— Monuments, Vitré possède de Curieux monuments historiques. Nous devons en première ligne mentionner sou château. Fondé k la" fin du xie siècle, cet édifice fut reconstruit du xivo au xve. Il s'élève au sommet de la colline et affecte la forme triangulaire. « Sa porte d'entrée, dit M. .loanne, dont nous résumons la description très-complète, s'ouvre à l'est sous un arc ogival terminé par des consoles en forme de lions. Cette porte est llanquée de deux grosses tours à mâchicoulis, les consoles séparées par des arcs trilobés; au-dessus s'élèvent de sveltes tourelles, terminées par des toits coniques. Cette niasse principale, qui est la mieux conservée, et qui s'appelle les Châtelets, se relie par d'épais3es courtines à une série de tours crénelées; les principales sont : le vieux donjon, à gauche, avec ses paliers d'escaliers voûtés en arêtes dont les retombées ont lieu sur des consoles historiées; puis lu tour de l'Argenterie, la tour Plombée ou de Montarilant. qui relevait tant au spirituel qu'au temporel des évêques de Dol, et les tours de la Madeleine ou des Archives et de Saint-Laurent, » L'intérieur de. la cour du château de Vitré n'offre plus que d'informes ruines. On distingue au pignon d'un bâtiment qui formait jadis le prêche du château les restes d'une petite tourelle k cinq pans, dans laquelle s'ouvrent des arcs k plein cintre soutenus par d'élégants pilastres chargés
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d'arabesques, de rinceaux et de figurines artistiques travaillés. Aujourd'hui le château de Vitré est devenu uni? prison.
Vitré possède aussi plusieurs édifices religieux remarquables. L'église Notre-Dame, ancien prieuré de l'abbftye de Sainte-Madeleine de Rennes, porte l'empreinte de plusieurs styles. Une des .parties les plus anciennes est l'ancien chœur" des bénédictins (xn<= siècle) ; il s'ouvre comme une longue chapelle absidiale derrière le chœur aciuel; on y remarque la tombe de Marie de Retz, morte en 1457. La nef se compose de six grandes arcades k nervures prismatiques; le style ogival flamboyant (fin du xv» siècle, ou commencement du xive) règne dans les collatéraux et dans les chapelles latérales. Une flèche en pierre surmontait jadis la tour placée sur le carré central, commencée en W20 et terminée en 1442. Cette flèche, emportée en 1704 par !a foudre, a été relevée de nos jours par M. Raffray, architecte. La tour, y compris sa pyramidek crochets, mesure une hauteur totale de 62 mètres. La longueur de l'église est de 61 mètres et sa largeur de 22">,50. La façade sud offre une succession de sept pignons ornés de frontons aigus k crochets, séparés par'des contre-forts a m or- ' tis en pinacles flamboyants. On remarque", appliquée extérieurement a l'un de ces contre-forts, une chaire de pierre Renaissance d'un travail exquis. La porte centrule est également digne de remarque et le portail ouest, en plein cintre classique, porte inscrit au-dessus du tympan le millésime de 1578. A l'intérieur de Notre-Dame de Vitré, nous signalerons une belle verrière représentant ['Entrée de Jésus-Christ à Jérusalem ; enfin un grand triptyque, l'un des plus beaux de France, figurant en trente-deux petits tableaux sur cuivre émaillé des scènes du Nouveau Testament.
L'église Saint-Martin , édifice du xve siècle, k tour quadrangulaire, surmontée d'un dôme polygonal, possède de beaux retables du style Louis XIII. L'église Sainte-Croix, ancien prieuré de l'abbaye de Mannoutier fondé en 1076 par Robert de Vitré, a été reconstruite au commencement de ce siècle dans le style gréco-romain. Enfin, la chapelle- de l'hôpital Saint-Nicolas (xve siècle) renferme le tombeau k effigie du fondatenr Robert de Grasmesnil, iii.,rt en 1500. Le tribunal, la mairie, la sous-préfecture et la bibliothèque (riche de 6,000 volumes) sont installés dans les bâtiments de l'ancien couvent des bénédictins, et le couvent des ursulines a été converti en collège communal. Les plus étranges et les plus bizarres de toutes les vieilles rues de Vitré sont la rue Poterie et la rue de la Baudrairie, inextricable pêlemêle de maisons de bois k ressauts, aux auvents curvilignes. Le rez-de-chaussée de ces maisons est occupé par des porches que supportent des piliers grossièrement équarris ; elles communiquent ensemble par des degrés plus ou moins périlleux et fonnentdes espèces de galeries couvertes sous lesquelles s'ouvrent d'obscures boutiques. On ne saurait rien imaginer de plus bizarre ni de plus fantastique que ces divers groupes de vieilles habitations bretonnes, antérieures pour la plupart k la moitié du xvue siècle et ornées de statuettes ou de sculptures. Il faut mentionner spécialement, entre autres, une maison Renaissance, rue Notre-Dame, avec escalier en bois ouvragé, et, rue de la Poterie, une autre maison de la même époque où l'on remarque une admirable cheminée.
— Promenades. Les promenades de Vitré sont: le Val, longeant le pied du rempart septentrional, et le Parc, où se voient encore l>ss restes d'un château détruit pendant la Révolution. On peut comprendre sous la même rubrique le magnifique parc de la Baratière, propriété de Legonidec de Tressan, ouvert en tout temps aux habitants de Vitré.
— Célébrités. Vitré a vu naître : Pierre Landais, ministre du duc de Bretagne François II, et célèbre surtout par sa fin tragique, et Bertraud d'Argentré, jurisconsulte et historien de la Bretagne, auquel Rennes a élevé une statue. '
— Histoire. Vitré , ancienne baronnie de Bretagne, était au x<s siècle l'apanage de3 Juveigneux, branche cadette des comtes de Rennes. Robert de Vitré, y fonda en 1064 le prieuré de Sainte-Croix. André de Vitré fut tué k la bataille de la Massoure et laissa pour héritière Philippette , laquelle épousa Gui, baron de Laval, et lui apporta la baronnie en dot. La maison de Vitré dépendit dès lors des mêmes seigneurs que le comté de Laval, c'est-k-dire des majsons de Rieux, de Coligny et de La Treinoilïe. En sa qualité de ville close, Vitré eut à soutenir plusieurs sièges au moyen âge. Charles VIII s'en empara (1488). Dès le commencement du XVIe siècle la maison de Laval-Vitré tombait en quenouille, et Catherine de Laval, sa dernière héritière, apportait ses deux seigneuries en mariage à Claude de Rieux (1518). Le nom s'éteignit en la personne de leur tille unique, Renée de Rieux, qui mourut en 1567 sans postérité. Les seigneuries constituant sou héritage passèrent alors dans les mains de Gui-Paul de Coligny, seigneur d'Amlelot, son neveu, et plus tard en celle* de Henri de La Trémoille (1605). Depuis lors jusqu'à la Révolution la seigneurie de Vitré ne sortit plus de cette dernière maison. Vitré joua un
rôle important à différentes époques ; les Rieux, puis les Coligny y introduisirent de bonne heure la religion réformée, et bientôt les gentilshommes, les bourgeois et les paysans des environs suivant l'exemple des sei- . gneurs, Vitré devint le centre d'une redoutable coalition protestante. Pendant la Ligue, la ville servit de place forte aux huguenots, qui y installèrent un prêche. Le duc de Mer- . cœur, chef de la Ligue en Bretagne, marcha sur Vitré et l'assiégea; mais le prince de Dombes le contraignit k se retirer après Cinq mois d'infructueux efforts. Pendant les deux derniers siècles, les états de Bretagne se réunirent plusieurs fois k Vitré. On peut consulter k ce propos les piquants détails donnés par Mb" de Sèvigné sur la tenue des états de 1671. La révocation de l'èdit de Nantes fit sentir jusqu'à Vitré ses rigueurs. Le prêche protestant, ouvert depuis plus d'un siècle, fut fermé. Depuis lors aucun événement notable ne signale plus Vitré k l'attention de l'histoire.
VITRÉ' ou VITRAY (Antoine), imprimeur, né k Paris vers 1595, mort en 1674. Il s'établit vers 1616 et publia en 1621 son premier livre, le Brilement des moulins des Itochellois (1621). Nommé imprimeur du roi en langues orientales, il devint successivement imprimeur du clergé, syndic de sa communauté, consul, directeur de l'hôpital général, directeur de l'Imprimerie royale. C'est lui qui imprima la Bible polyglotte, dont les frais ruinèrent l'avocat Le Jay (v. Le JaY). On cite encore, parmi les livres imprimés par Vitré, le Dicliorwriitm latino-arabicum de J.-B. du Val (1622), un Psautier syriaque et latin (1625) et le Corpus juris civttis de Denis Godefroid (1623, 2 vol. in-fol.).
VITRÉAIS, AISE s. et adj. (vi-tré-è, è-ze). Géogr. Habitant de Vitré; qui appartient k cette ville ou k ses habitants : Les Vitréais. La population vitréaise.
VITREC s, m. (vi-trèk). Ornith. Nom vulgaire du cul-blanc ou motteux.
VITR ELLE s. f. (vi-trè-le — dimin. du lat..vi<ruui, verre). Moll, Genre de mollusques gastéropodes tectibranches , du groupe des acérés.
VITRER v. a. ou tr. (vi-tré — rad. vitre). Garnir de vitres ou de vitrages : Vitrer une porte, une fenêtre. Vitrer un cabinet, une maison, une serre.
— Techn. Vitrer des peaux, Donner de la transparence aux peaux destinées k l'aire des cribles et des tambours, ce qu'on obtient en les exposant plus ou moins longtemps au soleil.
Se vitrer v. pr. Devenir transparent, ce qui est un défaut pour le parchemin destiné k l'écriture, ainsi que pour les peaux chamoisées.
VITRERIE s. f. (vi-tre-rt — rad, vitre). Fabrication des vitres; commerce des vitres : Connaître la vitrerie. S'enrichir dans la vitrerie. Il Marchandises du vitrier: Acheter de la vitrerie.
VITRESCIB1LITÉ s. f. (vi- trèss-si -bi-li-té
— rad. vitrescibte). Caractère de ce qui est vitrescible, de ce qui peut se vitrifier.
VITRESCIBLE adj, (vi-trèss-si-ble). Qui peut se tranformer eu verre, devenir du verre : Sables vitrescibles.
— Syn. Viire*ctiile, vitrlanble. Le premier de ces adjectifs est inouïs usuel que l'autre; il ne s'emploie que pour qualifier le corps au point de vue de la science. Quant k uitrifiable , il appartient k tous les langages, même k celui de la science, et il peut seul être employé quand on doit préciser la manière dont s'opère la transformation en -verre ; c'est ainsi que Buffou a dû dire' : Tout est vitrescible dans tu nature, à l'exception de ce qui est calcaire; tes quartz, les cristaux, etc., sont vitrifiadles par le feu de nos fourneaux.
VITREUSEMENT udv. (vi-treu-ze-man).
Physiq. Par l'électricité vitrée : Corps étectrisé vitreusement. il On dit aussi positivement.
VITREUX, EUSE adj. (vi-treu, eu-ze — du lat. vitrum, verre). Qui a l'apparence ou la nature du verre : Le trac/tyte constitue les montagnes qui sont d'une nuture vitreuse ou ponceuse. (A, Maury.) Le plus souvent t on ne découvre dans tes porphyres de l'Amérique espagnole que du feldspath vitreux, (liumboldt.) .
— Se dit d'un œil qui a un éclat terne et sans regard : Œil vitreux. Regard vitreux. L'œil vitreux est un des signes de l'agonie.
— Comin. Porcelaine vitreuse, Porcelaine tendre.
— Miner. Cassure vitreuse, Cassure semblable k celle du verre.
V1TREY-SUR-MANÇE, bourg de France (Haute-Saône), chef-lieu de cant., arrond. et à 44 kilom. N.-E. de Vesoul ; pop. aggl., 813 hab. — pop. tôt., '932 hab.
V1TREY (René-Stanislas), médecin français, né k Bourboiine-les- Bains (Huutu- Marne) en 1836. Il est par sa mère urnereneveu de François de Neufchâteau , qui fut membre du Directoire. Sou père, M. P.-C. Vitrey, suivit la carrière de l'enseignement. Habile latiniste , il collabora au Dictionnaire latin de Noël et publia, entre autres écrits,