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une Arithmétique décimale (1843, in-12) et des Thèmes français (1848, in-12). Ce fut sous sa direction que M. Stanislas Vitrey fit ses études. Après avoir passé son baccalauréat es lettres et es sciences h Dijon, il s'est fait recevoir successivement pharmacien, officier de santé,.docteur en médecine et s'est fixé dans sa ville natale, où il exerce son ait. Attaché au parti républicain, le docteur Vitrey a commencé à se faire connaître dans des polémiques où il a fait preuve d'autant de verve que d'esprit. On lui doit un ouvrage très-remurquable : la Vie, les passions et la mort (Bourbonne-les-Bains , 1874, in-8°).
Etudier l'homme , sajsir en lui l'existence de deux individualités, l'une physique et animale, l'autre intellectuelle et morale, établir les rapports qui les attachent l'une à l'autre, démontrer l'influence de. l'éducation et des milieux sur le tempérament, du tempérament sur les passions et des passions sur la durée de la vie ; tracer, en un mot, le tableau de la vie humaine, tel est le but que s'est proposé le docteur Vitrey. Dans cette œuvre difficile, il a fait preuve d'autant (le savoir que de tact, et il a su présenter ses observations sous une forme vive, animée, propre à séduire l'imagination du leeteur et à l'arrêter avec fruit sur des questions ordinairement réservées aux seules spéculations de la science.
VITRic s. ra."(vi-trik). Ane. coût. Mari de la mère par rapport aux enfants d'un précédent époux ; beau-père.
VITRIER s. m. (vi-trié — ma. vitre). Mat-, chaud ou fabricant de verre de vitre. Il Ouvrier qui pose les vitres dans leurs châssis : Un VITRIER ambulant. Ou bâtit dans sa jeunesse, et on meurt quand on en est aux peintres et aux vitriers. {La Bruy.)
— Pop. Chasseur de Vincennes, peut-être à cause des sucs en cuir verni que portèrent d'abord ces soldats , et qui reluisaient au soleil comme les vitres que les vitriers ambulants portent sur leur dos.
— Techn. Mastic de vitrier, Mastic fait de blanc de céruse et d'huile siccative, dont les vitriers se servent pour boucher les vides qui existent entre les vitres et les châssis.
— Encycl. La profession du vitrier a deux objets totalement différents : l'un d'employer le verra en tubes pour le réduire en vitre et eu garnir des fenêtres , des châssis , des tableaux, etc.; l'autre est de peindre le verre, et c'est de là que les vitriers portaient autrefois le nom de moitiés vitriers peintres.
Leur communauté de la ville de Paris avait reçu ses premiers statuts sous le. règne de Louis XI, qui leur en fit expédier les patentes le 24 juin 1467. Ces statuts furent modifiés par Louis XIV en 1606. L'apprentissage des vitriers était de quatre ans et le compagnonnage de six.
Poser des vitres est extrêmement simple; tout l'art se réduit à débiter le verre en carreaux de grandeur convenable et à les appliquer dans des cadres. Après avoir coupé le verre à l'aide d'une règle et d'un diamant, l'ouvrier l'assujettit dans la rainure avec quatre pointes en fer, puis avec du mastic de blanc d'Espagne et d'huile de lin.
Le vitrier est en même temps encadreur d'estampes, colleur de papier, de tapisserie, de paravent et quelquefois peintre à l'huile pour devantures et enseignes, et enfin doreur et vernisseur. Mais ces métiers appartiennent plutôt au peintre en bâtiment. Le vitrier nmbulant forme un type assez curieux. C'est à ce titre que Gavarni lui a consacré quelques dt-ssins dans les Français peints par eux-mêmes. Nous extrayons quelques passages de cet ouvrage :« Piémontais d'ordinaire, le vitrier ambulant se répand sur toute la surface du continent; on le rencontre dans les grandes villes, dans les bourgs, dans les villages, dans les hameaux; car sa clientèle est partout où il y a des fenêtres pour recevoir les. vitres et des coups de vent pour les briser. Son costume se compose ordinairement d'un gilet rond ou d'une veste de chasse d'une couleur verdàtre, d'un pantalon sur lequel il semble avoir étendu son mastic, à l'effet d'en raffermir les endroits faibles, d'une casquette à visière, de guêtres et de souliers ferrés. Sur son dos, est soutenue par des courroies une espèce de cadre de bois chargé d'une.certaine quantité de lames de verre de toutes les dimensions et de toutes les nuances, depuis le vert foncé de la vitre commune jusqu'à la blancheur cristalline de la vitre de Bohême. Une règle aplatie, qui lui sert en même temps de mesure , une sorte de crayon dont la pointe est un diamant, avec lequel il trace sur le verre les ligues qui doivent le séparer; un rouleau de mastic, un marteau et un couteau à lame flexible forment tout le reste de son établissement. C'est merveille de le voir ainsi équipé traverser les foules les plus compactes, passer dans les rues les plus glissantes sans faire un faux pas et sauver adroitement de tous les embarras sa fragile marchandise...
• ... Les vitriers ambulants marchent d'ordinaire par couple, suivant les trottoirs de droite et de gauche et disant alternativement, à l'instar des ramoneurs, leur petite chanson. Il serait difficile d'indiquer par la notation en usage la mélodie : Au vitrier t Ces deux mots subissent des variantes et deviennent quelquefois incompréhensibles pour
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ceux qui ne font que) les entendre sans voir les marchands, comme, par exemple, lorsqu'ils se tninsformemt en ceux-ci : Au itrit Ils sont généralementi moitié chantés, moitié parlés. La première jsyllabe au est chantée très-haut et fortemejnt criée, tandis que le mot vitrier est dit trè\>-bas et se trouve presque couvert par le premier son. Celui-ci m'a souvent rappelé le hoquet cônvulsif des passagers tourmentés pfir le mal de mer, au moment tragi-comique où une lutte pénible s'engage entre la volonté de garder et le besoin dé jeter par-dessus le bord ce qui leste leur estomac. '
» J'ai rencontré un vitrier qui donnait l'accord du fa mineur en descendant. J'en citerai un autre qu'on peut regarder comme une rareté de l'espèce. A la fin de : Au vitrier! il remonte la gamme par des quarts de ton, comme lorsqu on monte une corde ds violon et, arrivant ainsi très-haut, son cri se transforme en un coup de sifflet si aigu, si perçant, qu'il coupe l'air comme uu diamant coupe un carreau. >
VITRIÈRE s. f. (vi-tri-è-re — rad. vitre). Comm. Fer en verges carrées, semblable à celui qu'on emploie dans les verrières d'é- "glise.
' VITRIFIABLE adj. (vi-tri-fi-a-ble — rad. vitrifier). Qui peut être changé en verre : Sable vitrifiable. Le sable des environs de Bordeaux est facilement vitrifuble. ( V. Hugo. )
— Syn. Vilriflable, vltrociljlo. V. VITRES- CIBLE.
VITRIFICATEUR, TRICE adj. (vi-tri-fika-teur, tri-se). Qui vitrifie, qui est propre à vitrifier: Méthode vérificatrice.
VITRIFICATION s. f. (vi-tri-fi-ka-si-on — rad. vitrifier). Transformation en verre : La vitrification du sable.
— Fusion qui donne, après le refroidissement, l'éclat, la transparence et la dureté du verre aux matières fondues.
— Matière vitrifiée : De belles vitrifications.
— Alchim. "Union, par le grand chaud , du sec et de l'humide interne'en un corps transparent et fragile.
VITRIFIER v. a. ou tr. (vi-tri-fi-é — du lat. vitrum, verre; facere, faire. Prend deux 1 de suite aux deux prem. pers. du pi. de l'imp. de l'ind. et du prés, du subj. : Nous vitrifiions; que vous vitrifiiez). Changer en verre par la fusion : Vitrifier du sable, des oxydes.
Se vitrifier v. pr. Etre vitrifié : L'oxyde de plomb se vitrifie aisément.
VITRINE s. f. (vi-tri-ne — rad. vitre). Vitrage d'une boutique : Bijoux exposés dans les vitrines du Palais-Royal, il Table dont le dessus est fermé par des châssis garnis de vitres, et sur laquelle on expose certains objets : Les vitrines dinLouvre.
— Pop. Lorgnon ; besicles.
— Anat. Humeur vitrée de l'œil. Il Liquide transparent contenu dans le labyrinthe de l'oreille.
— Moll. Genre de gastéropodes pulmonés, comprenant un certain nombre d'espèces , dont plusieurs vivent en Europe : Les vitrines sont de petites hélices à coquille trèsmince. (E. Baudement.)
■ — Encycl. Moll. Les vitrines ont le corps 1 allongé, demi-cylindrique, muni de quatre tentacules et d'un collier charnu; la coquille est très-petite, spirale, mince, transparente, fragile; elle s'accroît rapidement dans le sens horizontal ; aussi a-t-elle la spire courte, à dernier tour très-grand, ainsi que l'ouverture, la columelle solide, spirale, se confondant presque toujours avec le tour de l'ouverture. Ces mollusques vivent sur les plantes, sous les feuilles mortes, dans les mousses, dans les lieux humides, les bois, le creux des rochers, au bord des sources, des étangs ou des ruisseaux. L'espèce la plus commune en France est la vitrine transparente, dont la coquille jaune vèrdâtre ne peut renfermer l'animal. Les pays chauds en possèdent des espèces d'assez grande taille.
V1TRINGÀ (Campeggius) , théologien hollandais, né à Leeuwarden (Frise) en 1659, mort en 1722. Il fit ses études aux universités de Franeker et de Leyde, fut reçu en 1779 docteur en théologie et devint, deux ans plus tard, professeur de littérature orientale à Franeker, où il obtint en outre, en 1683, la chaire de théologie, et, en 1693, celle d'histoire sacrée. Vitriuga fut l'un des plus savants théologiens .de son époque, et ses ouvrages, écrits en majeure partie en latin, sont encore en haute estime parmi les théologiens contemporains. On cite surtout ses commentaires sur différentes parties des saintes Ecritures. Ses principaux écrits sont: Commentarius in Isaiam (2 vol. in-fol.) ; Anacrisis Apocalypseos Johannis apostoli (1719, in-4<>); Commentarius in Zachariam prophetam; Typus iheologise practics; Observationés sacrœ (1711, in-40) ; Doctrina religionis christianx per aphorismos descripta; Explication des paraboles évangéliques; Introduction à-la juste interprétation du temple d'Eséchiel, etc.
VITRIOL s. m. (vi-tri-ol — du lat. vitreolus, couleur de verre). Chim. Nom donné
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anciennement a tous les sulfates : Vitriol de plomb, de fer, de aine. Il Vitriol ammoniacal, Sulfate d'ammoniaque. Il Vitriol blanc, Sulfate de zinc. |] Vitriol bleu ou de Chypre, Sulfate de cuivre. Il Vitriol calcaire, Sulfate de chaux. Il Vitriol magnésien , Sulfate de magnésie. I] Vitriol vert ou martial , Sulfate de fer. 11 Vitriol d'argile, Alun. 11 Vitriol de Goslard, Sulfate de zinc, il Vitriol de Vénus, Deuto-sulfate de Cuivre. Il Huile de vitriol ou simplement Vitriol , Acide sulfurique concentré. , '
— Bot, Vitriol\végétal, Nom vulgaire du nostor. ■
— Encycl. Chim. Y. sdlfuriqvje (acide).
VITRIOLAGE s. ni. (vi-tri-o-la-je — rad.
vitrioler). Techn, Opération qui consiste à passer les toiles dans un bain d'acide sulfurique très-étendu, pour détruire les matières ferrugineuses et calcaires.
vitriole s. f. (vi-tri-o-le). Nom vulgaire de la pariétaire.
VITRIOLÉ, ÉE (vi-tri-o-lé) part, passé du v. Vitrioler. Qui contient du vitriol : Eau vitriolée.
— Techn. Soumis au vitriolage : Toiles vitriolées.
VITRIOLER v. a. ou tr. (vi-tri-o-lé — rad. vitriol). Ane. chim. Additionner de vitriol : Vitrioler un liquide.
— Techn. Soumettre à l'opération du vitriolage : Vitrioler le lin, le chanvre.
VITRIOLERIE s. f. (vi-tri-o-le-r! — rad. vitriol). Fabrique de vitriol.
VITRIOLIQUE adj. (vi-tri-o-li-ke). Ane.
chim. Qui est de la nature du vitriol. 11 Acide vilriolique , Acide sulfurique. il Ether vilrio-
' lique, Ether sulfurique. llGas vilriolique,
vAeide sulfureux.
— Fig. Ardent, dévorant, rongeur : Que vous dirais-je? l'exaltation de mes idées, la fougue de mon amour, une nature vitriolique, on ne commande pas à ces tyrans- là. (Cogniard.)
VITRIOLISATION s. t. (vi-tri-o-K-za-si-on — rad. vitrioliser). Ane. chim. Production du vitriol.
— Miner. Efflorescence consistant en du sulfate de fer pulvérulent qui se produit sur les pyrites en décomposition.
VITRIOLISER v. a. où tr. (vi-tii-o-li-zé). Ane. chim. Changer en vitriol : Vitrioliser un sulfure.
VITRIPENNE adj. (vi-tri-pè-ne — du lat.
vitrum, verre ; penna, aile). Entom. Qui a les ailes transparentes.
Y1TROLLES (Eugène - François - Auguste d'Arnaud, baron de), homme politique, né en Provence en 1774, d'une vieille famille parlementaire, mort en 1854. Il émigra a la Révolution, combattit contre la France dans les rangs de l'année de Condé, rentra dans sa patrie sous le Consulat et devint un des agents royalistes les plus dévoués et les plus actifs. Mis en rapport avec Talleyrand, il fut chargé par ce diplomate de combattre, au congrès de Châtilion, la proposition du maintien de Napoléon sur le trône. Mal accueilli par les plénipotentiaires autrichiens et russes, il s'adressa directement à l'empereur Alexandre, près duquel il plaida avec chaleur la cause de Louis XVIII et du retour des Bourbons. Après la rupture du congrès de Châtilion, rupture à laquelle il contribua efficacement, if alla offrir au comte d'Artois les services de Talleyrand ; puis, nommé secrétaire d'Etat dans le conseil provisoire formé par ce prince, il devint, quelque temps après, secrétaire des conseils du roi, nominalement et sans exercer de"" fonctions réelles. Son influence avait beaucoup baissé ; sa résolution effrayait les Bourbons mal assis sur leur trône et hésitant sur la conduite à tenir; il alla cependant organiser les soulèvements du Midi, fut arrêté et emprisonné jusqu'après l'abdication de Bonaparte. Louis XVIII oublia les nombreux services qu'il lui avait rendus; on lui conféra seulement les titres purement nominaux de ministre d'Etat et de membre du conseil privé. Elu député par le département des Basses-Alpes, il prit place a la Chambre parmi les membres du parti ultra-royaliste, sous la direction du comte d'Artois. Rayé en 1818 de la liste des ministres d'Etat, il fut réintégre dans sun poste en 1824, à l'avénement de Charles X, qui ne lui témoigna toutefois.-qu'une médiocre sympaihie. Envoyé en Toscane avec le titre d'ambassadeur (1827), il fut expulsé en 1828 et poussa a la formation du ministère Polignac. Bien que nommé pair en janvier 1830, il ne possédait pas la confiance du roi, et il ne fut point instruit des ordonnances de juillet. Après 1830, M. de Vitrolles ne reparut que lors de l'insurrection de la Vendée (1832), dans laquelle il joua le rôle d'agent secret des Bourbons, et, quand les espérances de la duchesse de Berry eurent été complètement ruinées, il rentra dans la vie privée. On a de lui deux brochures : l'Economie publique réduite à un principe (Paris, 1801, in-8»); le Ministère dans te gouvernement représentatif (Paris, 1814, in-8»).
V1TRUVE (Marcus Vitruvius Pollio)', architecte latin, né, suivant les suppositions les plus vraisemblables, vers l'an 85 avant
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notre ère, mort vers l'an 26. On connaît peu de détails sur sa vie; Pline et Frontin font seuls mention de lui, et ce n'est que parquelques notions éparses dans ses écrits qu'on a pu hasarder des conjectures biographiques. Issu d'une famille aisée, il reçut une excellente éducation, servit en Gaule et en Espagne sous César, qui l'employait à la construction des'machines de guerre et qui le récompensa par une pension viagère, ou plutôt par des gratifications régulières, que lui continua Auguste. Il construisit la basilique de Fano, monument dont il nou3 a laissé la description et qui se faisait remarquer par quelques innovations architecturales. C'est surtout par son Traité d'architecture que Vitruve est connu. Il en termina la composition dans un âge avance et le présenta a Auguste vers l'an 27 avant notre ère. Cet ouvrage, résumé des connaissances architecturales à cette époque, est divisé en dix livres; les sept premiers traitent de l'architecture proprement dite (des qualités nécessaires à l'architecte, du choix des lieux, des matériaux, de l'extraction des pierres, de la coupe des bois, des temples, des ordres d'architecture, des ornements et de la décoration, etc.); le huitième livre est consacré a l'hydraulique, le neuvième k la gnomonique, la dixième k la mécanique appliquée à l'architecture et aux machines de guerre. Le style est souvent obscur; mais ce défaut tient au grand nombre de mots techniques que l'auteur dut créer et qui, ne se retrouvant pas ailleurs, restent sans explication. On aurait pu aussi tirer de grandes lumières des dessins dont.il avait accompagné son traité et qui, malheureusement, ont été perdus. Le premier exemplaire de Vitruve a été découvert dans la bibliothèque du Mont-Cassin. La première édition est de Venise (1497). Depuis, il a été réimprimé un grand nombre de fois. L'une des meilleures éditions est celle de Schneider (Leipzig, 1808). Il a été traduit en français, un peu librement toutefois, par Claude Perrault (1678-1684); le même auteur en a publié uu Abrégé eu 1694. M. Maufras a donné en 1847, dans la deuxième collection Panckoucke , une traduction plus estimée que celle de Perrault.
Depuis la Renaissance jusqu'à nos jours, Vitruve a fait autorité; il a été le maître de tous les architectes qui se sont succédé depuis Albertiet Brunelleschi jusqu'au commencement de notre siècle. Jusqu'à cette époque, jamais il n'avait été contredit, « par la double raison, dit M. Charles Blanc, qu'il était le seul auteur qui nous eût transmis des règles écrites sur l'architecture antique et que, faute de connaître les beaux, les vrais modèles de l'art grec, les grands artistes italiens n'étaient pas en mesure de découvrir les erreurs de Vitruve. • Ces erreurs ont sauté aux yeux depuis la guerre de l'indépendance grecque. C'est alors qu'on a pu étudier le Parihénon, les Propylées, l'Erechthéion et tant de ruines admirables, qui ont mis en lumière les splendeurs de l'architecture grecque et montré combien peu l'ordre dorique, promulgué par Vitruve, tronqué, défiguré et tel qu'on l'enseignait depuis trois siècles sur sa parole, était différent de l'ordre dorique véritable. Vitruve ne connaissait point les grands chefs-d'œuvre de l'art grec; il n'en dit pas un mot; il n'a pas l'air de savoir qu'ils existent.
Y1TRY, bourg de France (Pas-de-Calais), cb.-l. de cant. , arrond, et à 18 kilom. N.-E. d'Arras , sur la Scarpe; pop. aggl. , 2,606 hab. — pop. tôt., 2,608 hab. Brasseries, tanneries, huileries, raffineries de sel et de sucre. Elève de bestiaux. Restes d'un château fort démantelé en 1542.
V1TUY-LE-FRANÇOIS, ville forte de France
(Marne), ch.-l. d'arrond., à 32 kiloin. S.-E. de Châlons-sur-Miirne, k 205 kilom. de Paris, sur lu ri ve droite de la,Marue ; pop, aggl, 6t792 hab. — pop. tôt., 7 ,177 hab. Tribunal de lrc instance, collège, bibliothèque, port sur la Marne; commerce de graius et de céréales; filatures de coton, fabriques de bonneterie, de chapellerie, etc. Le principal monument de la ville esc l'église Notre-Dame. L'évéque de Châlons, Henri Clausse, en posa la première pierre en 1629, et les deux énormes tours et le portail furent terminés eu 1670. L'ensemble de l'édifice est imposant et majestueux. A l'intérieur, on remarque la nef principale, deux chapelles d'une élégante ornementation, le chœur pavé en marbre et garni de belles stalles et quelques bons tableaux. L'ancienne église' des récollets sert aujourd'hui d'arsenal ; l'hôtel de ville, le palais de justice et la bibliothèque, riche de 12,000 volumes, occupent les unciens cloîtres du couvent. Le collège, l'hôpital général, une caserne spacieuse, un temple protestant et une synagogue ne méritent qu'une mention. La place d'Armes, plantée de tilleuls, est décorée d'une jolie fontaine, et la statue de Royer- Collard, par Marochetti, représentant le célèbre doctrinaire à la tribune (bas-relief en bronze), orne depuis 1846 la principale place de Vitry-le-François.
— Célébrités. Vitry a vu naître le jurisconsulte Durand, auteur de la Commune da Vitry (1481); le mathématicien Abraham Moivre ; le mécanicien Gambey.
— Histoire. Vitry-le-François fut fondé au village de Maucourt, par François I« après la destruction de Vitvy-en-Perthois,
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<IUVitry-le-Briilé,et avec les débris de cette ville. Jérôme, architecte bouionais, traça le plan de la ville, et le roi, afin de contraindre les habitants à quitter leur ancienne demeure, fit raser les vieilles maisons au fur et à mesure qu'ils en construisaient de nouvelles, joignant d'ailleurs à l'offre d'un asile dans la nouvelle cité la dispense de loger les gens de guerre. C'est ainsi que Vitry-le-François prit naissance. En 1590 il était devenu lacité importante que nous connaissons, quand Henri IV vint mettre le siège devant ses murs; le gouverneur, Jean deMatigny.l'undes principaux chefs ligueurs, lui opposa une énergique résistance; mais il périt sur la brèche, et la place fut emportée d'assaut. Le lendemain, "Vitry retomba au pouvoir de la Ligue, et ses habitants ne se décidèrent à faire leur soumission au roi qu'au prix de 20,000 écus. Après l'abjuration de Henri IV, les protestants se réfugièrent à Vitry -le-François pour fuir les persécutions dont ils se croyaient menacés. Les habitants, catholiques fervents, leur firent payer cet asile par des servitudes humiliantes. A peine l'esprit d'hostilité des deux religions s'éteignit-il dans le sentiment du danger commun, lors de l'affreuse peste de 1631 ; le fléau sévit avec, une telle fureur, que la population épouvantée s'enfuit de la ville. Depuis cette époque jusqu'à la fin de l'Empire (1814), Vitry-le-François, à part le passage de Louis XIV traversant la Champagne pour aller assiéger Gand, et les nouveaux incendies de 1681, 1783, 1784 et 1791 (la ville continuait à 'être prédestinée à ce genre de désastres), n'offre plus à l'histoire d'épisode marquant. Le 2 février 1SH, les alliés s'en emparèrent; l'empereur de Russie, le roi de Prusse et le général Schwartzemberg s'y trouvèrent un instant réunis sous la garde de forces insuffisantes, et peu s'en fallut qu'ils ne tombassent au pouvoir de Napoléon lorsqu'il reprit la ville. En 1815, Vitry, assiégé une seconde fois par le3 troupes de la coalition, résista héroïquement et ne se, rendit qu'après la déchéance de l'empereur. Le 25 août 1870, Vitry se rendit aux Allemands. C'est de Vitry que part le beau canal de la Marna au Rhin, ainsi que le canal latéral à la Marne, qui n'en est, à proprement parler, que le complément.
Vliry-le-Fronçoi» (prise de), un des nombreux épisodes de la guerre franco-allemande de 1870-18"!. Cette petite place, une de celles que le génie appelle ■ déclassées, » et qui ne sont que des « nids à bombes, » se trouvait sur la route du prince royal de Prusse, marchant à la tête de 150,000 hommes. Assurément, une bicoque de ce genre ne pouvait pas se flatter de soutenir un siégej contre des forces si écrasantes. Elle n'avait pour garnison que des mobiles complètement étrangers au service et aux exercices militaires. Le 22 août, 35 artilleurs seulement avaient renforcé cette garnison, qui comptait en tout 900 hommes et ne pouvait disposer que de 16 canons. Cependant, le commandant supérieur de la place, le chef d'escadron d'artillerie Terquem, voulait opposer une résistance énergique. Mais les autorités civiles, façonnées au patriotisme spécial des hommes de l'Empire, refusèrent de s'associer k cette résolution virile et déclarèrent qu'elles n'apporteraient aucun concours à la défense. Le commandant Terquem en référa alors au ministre de la guerre, qui, par dépêches du 20 et du 23 août, prescrivit l'évacuation de la place, en ordonnant toutefois d'enclouer les canons, de détruire les munitions' de guerre, les ponts et lea tunnels du chemin de fer, ordres que le commandant eut le tort de ne pas exécuter avant d'abandonner la ville à l'ennemi le 25 août.
Dans sa séance du 23 octobre 1871, le conseil d'enquête a émis l'avis suivant sur l'occupation de Vitry-le-François :
< Considérant que, malgré les travaux de défense et d'armement opérés par la garnison, sous l'active surveillance du commandant supérieur, du commundant de la place et de l'officier du génie, la place de Vitry-le- François n'était pas en état de soutenir un siège;
• Que la garnison était exclusivement composée de gardes nationaux mobiles complètement ignorants des exercices et du service militaire ;
> Que, le 22 août seulement, elle avait été renforcée d'un détachement de 35 artilleurs commandés par un officier;
> Que la ferme volonté du commandant supérieur et du commandant de la place était de se défendre, mais que les autorités civiles manifestaient hautement leur intention de ne pas apporter leur concours à cette défense;
• Considérant que, par dépêche du 20 août, confirmée le 23, le ministre de la guerre, informé de cette situation, prescrivait l'évacuation de la place et ordonnait d'enclouer les canons et, en se retirant, de détruire les munitions de guerre, les ponts et tunnels du chemin de fer,
• Est d'uvis^jue le commandant supérieur de Vitry-le-François, le chef d'escadron Terquem, est blâmable de n'avoir pas, avant son départ, fait enclouer les canons, détruit les munitions de guerre et de s'en être rapporté, pour l'exécution de ces prescriptions, à des autorités civiles qu'il savait animées de seu timents peu patriotiques. •
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VITRY-EN-VERTHOIS , dit aussi VITRY- LE-BRfjLÉ, en latin Legio Viclrix, village et commune de France (Marne), cant., arrond. et a 4 kilom. N.-E. de Vitry-le-François, sur la rive droite de la Saulx; 770 hab. Ce village s'élève sur l'emplacement d'une ville jadis considérable, qui était, dit-on, d'origine romaine. Les armes, les médailles et les inscriptions antiques qu'on y a trouvées à diverses époques continuent cette opinion. Après la défaite de Si'agrius, qui tint longtemps Vitry en son pouvoir, cette ville passa sous la domination des Francs. Thierry, roi d'Austrasie , prit cette ville en 531 et y fit égorger Mundéric, fils naturel de Clovis. En U44, Louis VII, pour se venger du comte Thibaut de Champagne, fondit sur cette malheureuse ville et en égorgea tous les habitants; 1,300 personnes, qui s'étaient réfugiées dans l'église, y furent brûlées par son ordre. Vitry fut brûlé une seconde fois, en 1544, par Charles-Quint. Vitry-le-Brûlé présente quelques débris intéressants, entre autres l'église, les ruines de Sainte-Geneviève, pèlerinage jadis fameux ; les restes d'un mur romain, entouré de fossés et de retranchements, et une croix élevée à l'endroit où l'on brûla les juifs au xive siècle. On voit encore, sous le petit monticule où se trouvait l'ancienne forteresse, les ouvertures des souterrains qui s'étendaient sous la ville. .
VITRY-SUR-SEINB, bourg et commune de France (Seine), cant. de Villejuif, arrond. et à 8 kilom. N.-E. de Sceaux , a 8 kilom. S. -E. de Paris, sur un coteau; pop. aggl., 3,257 hab. — pop. tôt., 3,758 hab.' Culture maraîchère et d'arbres fruitiers ; exploitation de pierre à bâtir ; fabrication de pâtes d'Italie, tanneries, teintureries; fours à plâtre. Ancienne église paroissiale, fondée au xiiio siècle et reconstruite au xv« siècle.
VITRY (Jacques de), historien français, né au bourg d'Argenteuil , près de Paris , ou à Vitry-sur-Seine, mort à Rome en 1244. Il embrassa la vie religieuse, devint chanoine régulier et curé d'Oignies, puis évêque de Ptoléraaïs, légat du pape Innocent III, avec la mission de prêcher la croisade contre les albigeois en Belgique et en Allemagne, et reçut enfin de Grégoire IX la pourpre et l'évéché de Tusculum. Ses écrits les plus remarquables sont : Histoire orientale, qui renferme un curieux tableau des opérations militaires de la première croisade et la description de la terre sainte ; des trois livres dont cette histoire se compose, Bongars enainséré deux dans les Gesta Dei per Francos; Histoire occidentale, résumé de l'histoire de l'Eglise à celte époque, de l'origine et des progrès des ordres religieux. On a encore de J. de Vitry des Lettres, des Sermojis, etc.
VITRY (Louis Gallucio de L'Hospital, marquis de), capitaine français, né vers le milieu du xvie siècle, mort à Paris en 1611. Issu d'une famille napolitaine établie en France depuis le commencement du xive siècle, il fut d'abord gentilhomme du duc d'Alençon , qu'il accompagna dans toutes ses expéditions. En 1584, il entra au service de Henri III, passa ensuite dans le parti de la Ligue et devint un des plus utiles lieutenants du duc de Mayenne. Il se signala par son courage dans la défense de Paris contre Henri IV. Envoyé auprès de ce prince pour lui conseiller d'abjurer le protestantisme, il ne réussit point dans sa mission, et alors il combattit le Béarnais à Chartres, à Aumaie et à la retraite de Caudebec. Vitry, qui s'était prononcé énergiquement contre les prétentions des Espagnols aux états généraux de Paris (1593), assista aux conférences de Suresnes, rendit la ville de Meaux à Henri IV après sa conversion et se rallia ensuite à la cause de ce prince. Henri IV le récompensa en le nommant (1595) chevalier de ses ordres, capitaine de ses gardes, mestre de camp, gouverneur de Meaux, etc. Ce fut lui qui fut chargé (1602) de l'arrestation du maréchal de Biron.
VITRY (Nicolas de L'Hospital, marquis, puis duc de), fils aîné du précédent, né en 1581, mort à Nandy, près de Melun, en 1644. Ayant hérité de son père la dignité de capitaine des gardes du roi (1611), il complota avec de Luynes la perte du maréchal d'Ancre et obtint du roi un ordre de le tuer. Il exécuta cet assassinat le 24 avril 1617, dans la cour du Louvre, et reçut en récompense le bâton de maréchal. Lors du soulèvement des huguenots (162l), il soumit au roi les villes de Châteaurenuult, de Gien et de Jargeau , contribua, sous le prince de Condé, à la prise de Sancerre et de Sully, conduisit les opérations du blocus de La Rochelle et fut nommé en 1631 gouverneur de la Provence. Plusieurs abus d autorité et un acte de violence envers l'archevêque Sourdis le firent meure a la Bastille (1637), et il n'en sortit qu'à la mort de Richelieu (1643). L'année suivante, il fut créé duc et pair et mourut quelques mois après sa nomination.
VITRY (Edouard de), philologue et numismate français, né en 1670, mort en 1730. Il entra dans l'ordre des jésuites, se signala bientôt par son savoir et son érudition, f.rofessa successivement les mathématiques, l'astronomie et la théologie à Caen, et fut appelé, en 1724, à Rome, pour y diriger des travaux d'archéologie et de numismatique qui furent interrompus par sa mort. Outre une