V. Huoo
— Fam. Bon vivant. Gros vivant, Homme très-gai, réjoui et d'un commerce agréable : Ce qlîos vivant qui ordonne tout dans la maison, qui tranche, qui taille, qui rogne? — Ce n'est que mon compère. (Dune.)
Notre hôte est bon vivant, disons la vérité.
Reunard.
— s. m. Vie, durée de la vie. Il n'est usité que'dans la locution suivante :
— Du vivant de, durant la vie de : Plusieurs hommes devenus célèbres sont restés inconnus dk leur vivant. Il En son vivant, Pendant qu'il viv.iit : Il fut , EN SON vivant, un bien joyeux compagnon.
— Syil. Vivaot, Tif. V. VIF.
VIVARAIS, AISE s. et adj. (vi-va-rè, è-ze), Géogr. Habitant du Vivarais; qui appartient a ce pays ou à ses habitants : Les Vivarais. La population vivaraisb.
VIVARAIS (le), en latin Vivariensis pagus , ancien pays de France, dans la ci-devant province du Languedoc, entre le Forez au N., le Dauphiné a l'E., dont il était séparé par le Rhône, et le Rouergue au S.-O. Capitale , Viviers ; villes principales, Tournoi), Annonay, Aubenas, Joyeuse et Bourg- Saint-Andéol. Son territoire forme actuellement le département de l'Ardèche et une faible partie (20,000 hectares) de celui de la Haute-Loire.
VIVARÈS (François), graveur français, né dans le Rouergue en 1709, mort en I7S0. Il étudia le dessin à Londres, sous la direction de l'Italien Amironi, et s'adonna ensuite à la gravure , où il obtint beaucoup de succès, surtout dans le paysage. Il a gravé un grand nombre de planches d'après Dughet, dit Poussin. Vivarès s'était marié trois fois et eut trente- trois enfants de ses trois femmes.
VIVAR1N1, nom d'une famille de peintres, originaire de l'Ile de Murano, dans les Etats vénitiens. Les membres les plus connus sont les suivants :
VIVARINI (Luigi), dit l'Ancien, peintre itatalien de la première moitié du xve siècle. On ne connaît de lui qu'un tableau, qui porte son nom et la date de 1414, et qui se trouve dans l'église des Saints-Jean-et-Paul, à Venise. Lanzi prétend que cette date est fausse et que ce tableau est l'œuvre d'un autre Louis Vivarini, qui vivait à la fin du même siècle (v. ci-dessous). — Après ce Luigi, Ridolti et Zanetti mentionnent un Giovanni et un Antonio Vivarini ou da Murano ; mais Lanzi a fait remarquer que Giovanni devait être allemand, parce qu'il est connu surtout sous le nom de Joannes de Alemania. Il est fait mention d'Antonio jusqu'en 1451. Il peignit des toiles en société avec Jean l'Allemand et avec son frère Bartolomeo Vivarini. Plusieurs de ses compositions nous ont été conservées et sont surtout remarquables par ia vivacité du coloris et par une correction de dessin bien rare iji cetie époque. On voit au musée de Berlin une Salutation des trois rois signée Antonio et Bartolomeo Vivarini. — Bartolomeo Vivarini, frère d'Antonio, eut encore plus de talent que lui; le premier parmi les peintres de Venise, il fit de la peinture à l'huile, et son premier tableau en ce genre porte la date de 1473; le dernier que l'on connaisse de lui est daté de 1498. La galerie nationale de Londres possède de cet artiste une Vierge à l'Enfant. — Luigi Vivarini le Jeune, contemporain du précédent, eut également un talent remarquable pour son époque ; on regarde comme son chefd'œuvre un Saint Jérôme caressant un lion, à l'aspect duquel quelques moines effrayés prennent la fuite. Cette toile se voit à l'école da Saint-Jérôme, à Venise, où l'on trouve encore, dans la salle des Antiques et à l'Académie, plusieurs autres œuvres de Bartolomeo et de Luigi Vivarini.
VIVAT iuterj. (vivatt— mot latin qui signifie proprement Qu'il vive , et qui est la troisième personne du présent du subjonctif du verbe vivere, vivre). Acclamation usitée pour exprimer une vive approbation : Crier vivat. Ah.' vivat l j'ai gagné ma cause, (Danc.) Crions vivat 1 la royauté s'est écroulée, (C. Desmoulins.) Vive, vive Crispin et vivat la folie 1
Eeonabd.
— s. m. Action de crier vivat ; acclamation approbative : Le peuple salua Lamartine de mille vivat et rentra dans ses foyers en chantant la Marseillaise. (D. Stern.)
— Fr.-maçono. Acclamation qui suit cha-
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que batterie, dans le rit français, et qui se répète deux fois après la seconde batterie, trois fois après la troisième. Il On dît hoczÉ, dans le rit écossais.
VIVE s. f. (vi-ve — rad. vif). Ichfhyol. Genre de poissons, de la famille des pereoïdes, comprenant plusieurs espèces , qui habitent la Méditerranée et l'Océan : C est au mois de juin que la vive s'approche en plus grand nombre des rivages pour déposer ses œufs. (A. Guichenot.)
— Encycl. Les vives ou trachines ont pour caractères : un corps allongé, comprimé, couvert de très-petites écailles; la tête aplatie latéralement, munie de tubercules ou d'aiguillons; le museau court, a gueule fendue obliquement, ce qui leur donne une physionomie tonte particulière; les yeux avancés ; les opercules dentelés sur une ou deux pièces ; les catopes placées sous la gorge, en avant des pectorales; l'anus très-avancé vers la poitrine; la queue allongée. Ce genre ne renferme qu'un petit nombre d'espèces, dont la plupart habitent nos mers. Ce Bout des poissons chasseurs, qui se tiennent de préférence près du rivage et se cachent souvent dans la vase, soit pour surprendre plus aisément leur proie, soit pour se soustraire aux poursuites de leurs ennemis.
t Les vives, dit A. Guichenot, sont des poissons dont la chair est tiès-recherchéo et dont la pêche est très-avantageuse; mats les épines fortes et pointues dont leurs pièces operoulaires et leur nageoire dorsale sont garnies et dont ces poissons se servent avec beaucoup d'adresse les fout craindre des pêcheurs, auxquels ils font des blessures dangereuses , non pas que ces épines soient venimeuses, comme on le croit vulgairement, mais parce qu'étant très-pointues elles pénètrent a une grande profondeur. Aussi a-t-on soin, lorsqu'on les prend, de leur arracher ces armes cruelles; car, comme ces poissons sont très-vivuces (d'où leur vient le nom qu'ils portent), ils pourruient blesser celui qui, les croyant sans vie, s'en approcherait sans défiance pour les manier. C'est pour cela qu'il est très-rare de trouver sur les marchés de Paris des vives entières et armée3 de leurs aiguillons. >
La vive commune, appelée vulgairement dragon de mer, peut atteindre om,50 de longueur, elle a les formes générales déjà décrites; sa couleur est d'un brun jaunâtre sur le dos et blanchâtre sous le ventre ; les flancs sont rayés de lignes brunâtres; la première dorsale est noire, rayée de jaune ; son regard a quelque chose de dur et de farouche. Elle habite surtout la Méditerranée et se trouve aussi dans l'Océan et les mers du Nord. Elle a lu vie très-dure. Pline avait déjà remarqué que, si on la jette sur le sable aussitôt après qu'elle est prise, elle ne tarde pas à s'y pratiquer un trou, dans lequel elle s'enfonce avec une ugililé surprenante. Pennant ajoute que, lorsqu'elle est ainsi enfoncée dans le sable, elle laisse passer le bout de son museau et frappe de ses aiguillons celui qui a l'imprudence de la fouler aux pieds; le même auteur assure avoir vu ces poissons mesurer leurs coups avec autant de justesse que le font les coqs lorsqu'ils se battent entre eux.
« La piqûre des aiguillons dont la première nageoire dorsale est garnie , dit V. de Boniare, occasionne des tumeurs et de l'inflammation, accompagnée de douleurs cuisantes et quelquefois (le la lièvre. Ces douleurs persistent avec violence pendant douze heures et plus, après quoi elles se ralentissent. Des pêcheurs se sont imaginé qu'elles avaient du rapport avec le flux et le reflux, en sorte qu'elles commençaient à s'apaiser après l'intervalle d'une marée. Il y a des charlatans qui se vantent d'avoir des secrets pour calmer ce mal. Les pêcheurs le préviennent autant qu'ils peuvent en rompant ou en arrachant les aiguillons aux poissons qu'ils tirent de l'eau, et, quand ils n'ont pu éviter d'être piqués, ils appliquent sur la partie malade le foie écrase ou le cerveau nouvellement retiré du poisson. D'autres auteurs prescrivent, en pareil cas, les uns l'application du lemisque, d'autres celle du sable de mer, quelques-uns les fèves de marais, d'autres uu mélange d'oignons et de sel, etc.
t C'est probablement, dit le même auteur, cette qualité malfaisante des aiguillons de la vive qui lui a l'ait donner le nom d'araneus (araignée), parce qu'on regarde cet insecte comme étant lui-même venimeux. Un prétend encore que les aiguillons dont il s'agit n'ont pas peruu toute leur qualité malfaisante quauU l'animal est mort; et si, par hasard, les cuisiniers en sont piqués, il leur arrive presque les mêmes accidents que si l'animal fiùt été vivant. Aussi est-il 01 donné par les règlements de police aux pêcheurs et aux marchands de poisson de couper ces aiguillons avant d'exposer ces poissons en vente.»
La vive se nourrit surtout de petits poissons et de crustacés. Pendant l'hiver, elle se retire dans les grands fonds, où elle s'ensable ; la on ue peut guère la prendre qu'avec des dréges. En juin et juillet, elle s'approche du rivage pour déposer ses œufs; on en prend alors un grand nombre avec des filets ordinaires, des nasses ou dans les manets tendus pour la pèche des maquereaux. La vie persiste chez ce poisson assez longtemps après qu'on l'a retiré de l'eau, et il en
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donne encore quelques signes même pendant qu'on le prépare pour la cuisine. Ln, vive est un poisson fort estimé; sa chair, ferme sans être dure, est d'un goût exquis et se sert sur les meilleures tables; elle a d'ailleurs l'avantage de se conserver longtemps et de pouvoir être transportée fraîche à de grandes distances. Assez ordinairement, avant de la préparer, on la vide, on lui coupe la tête et on l'écorche comme une anguille, parce que sa peau est très-dure.
Les autres espèces sont: la vive vipère ou boideroc et la vive osbeck, qui sont de l'Océan et de la Manche, et la vive araignée ou grande vive, qui habite la Méditerranée. On peut appliquer à cette dernière presque tout ce que nous avons dit de l'espèce type du genre.
V1VE-JACGE s. f. Agric. Opération qui consiste à déchausser les racines d'un arbre languissant, pour les recouvrir de fumier ou de terre. H Opération qui consiste à recouvrir de fumier et de terre une plantation d'asperges.
— Encycl. Cette opération se pratique sur les arbres dont la végétation est languissante ; pour les rétablir, on déchausse les racines au commencement de l'hiver; puis, au printemps, on les recouvert avec du fumier, sur lequel on étend uns légère couche de terre. Ce procédé ne réussit pas toujours, et souvent même il peut entraîner la mort du sujet; aussi est-il beaucoup'moins employé aujourd'hui qu'autrefois. En général, on préfère enlever la terre usée ou mauvaise qui se trouve autour des racines et la remplacer par une terre neuve et de bonne qualité. On appelle du même nom une opération analogue, qu'on applique aux couches d'asperges et qui consiste à étendre sur celles-ci du fumier que l'on recouvre de terre ; mais ici encore, bien que le danger soit moindre, il vaut mieux améliorer le sol avant la plantation.
VIVE-LA-JOIE s. m. Fam. Bon vivant, homme toujours gai : C'est un vivë-la-joie.
VIVELLE s. f, (vi-vè-le). Techn. Petit réseau fait à l'aiguille pour boucher un trou.
— Ichthyol. Un des noms vulgaires de la scie.
VIVELOTTE s. f. (vi-ve-lo-te — rad. vivre). Ane. coût. Pension alimentaire que la femme pouvait réclamée sur les terres tenues pur son mari en coterie et de main ferme : La vivhlottb différait du douaire, qui ne s'entendait que des biens féodaux. (Complém. de l'Acad.) Il On disait vivenottk, dans la coutume de Lille.
VIVEMENT adv. (vi-ve-man — rad. vif).
Avec vivacité , avec ardeur, avec entrain : Poursuivre vivement l'ennemi. Réprimander quelqu'un vivement. Répliquer vivement.
Travailler vivement. Il Profondément, d'une manière très-sensible : Etre ^vivement ému, vivement piqué. Le plaisir de la critique àte celui d'être vivement touché de fort belles choses. (La Bruy.) La femme juge vite, parce qu'elle sent vivement et ne raisonne pas. (L'abbé Bautain.)
VIVENS (François), sectaire cévenol, né à Vallerunge vers 1664, mort en 1692. Au moment où l'édit dé Nantes fut révoqué, Vivens, de son état eardeur de laine , se sauva dans les montagnes avec un grand nombre de ses coreligionnaires, et tint des assemblées où il se fit remarquer par une sorte d'éloquence Eauvage. Il parcourut les Cévenues en missionnaire, relevant les courages abattus, et l'intendant du Languedoc, le cruel Bâville, dut humilier son orgueil jusqu'à traiter avec lui. Vivens partit alors pour la Hollande. Mais, irrité de ce qu'au mépris des conventions Bâville eût déporté les prédicanta et les émigrants volontaires, Vivens s'estima délié de son traité avec l'intendant et reparut dans les Cévenues au commencement de 1689. Les montagnards protestants accoururent à sa voix. Il organisa l'insurrection, et, à la nouvelle que Bàville etBroglie étaient dans le Vivaruis, il marcha sur le pont de Montvert; mais ses calculs l'avaient trompé. Bàville et Broglie fondirent sur lui à Vimproviste, et ce ne fut pas sans peine qu'il échappa aux troupes mises en campagne pour le saisir. On le chercha pendant deux ans avec d'autant plus d'activité que Bâville avait promis 5,000 livres à celui qui rapporterait sa tête; mais les perquisitions furent inutiles. Vivens s'était retire dans une caverne, connue seulement de quelques amis sûrs. Bâville ayant condamné à mort plusieurs personnes soupçonnées de lui avoir donné asile, Vivens résolut d'en tirer ven-' geance. Quelques jours après, les curés persécuteurs de Saint- Marcel et de Couuuérac furent égorgés, ce dernier de la main de Vivens ; mais ce n'était pas encore assez pour Vivens, Il connaissait dans le régiment réfugié de Schomberg, alors en Savoie, un soldat cévenol. Il le chargea de proposer à son colonel un projet de descente en Languedoc. Schomberg accepta ce plan, qui fut envoyé à Pictet, à Genève; malheureusement, celui qui le portait fui arrêté et fouillé aux portes ue Genève, et le fatal mémoire fut envoyé à Bâville , ainsi que le porteur, qu'il fit pendre immédiatement. Peu après, uu des compagnons de Vivens ayant été pris fut mis à la torture. Brisé par les souffrances, il révéla
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l'asile du rebelle. «M. de Chantereyne, escorté d'un corps de soldats et de milices, se fit conduire vers la grotte où se cachait Vivens, Celui-ci entendit la marche des troupes, brûla k la hâte ses papiers et J prenant son fusil , se posta à l'entrée de la caverne, à l'affût des ennemis. Le premier qui parut fut tué ; deux soldats tombèrent morts après lui; un quatrième coup de feu blessa un lieutenant. Vivens couchait encore en joue le commandant d'Alais, lorsque le lieutenant des milices, l'apostat Jourdan , étant monté par derrière sur le rocher, aperçut Vivens allongeant la tête hors de la grotte et le tua d'un coup de fusil. » Bâville fit faire le procès de son cadavre , qui fut traîné sur la claie et brûlé à Alais.
VrvÈRE s. f. (vi-vè-re)'. Ichthyol. Nom vulgaire de la vive, dans certains pays.
V1VERO, ville d'Espagne, province et à 70 kilom. N. de Lugo, sur une baie du golfe de Gascogne, où elle a un port de commerce, ch.-l. de juridiction civile; 4,800 hab. Collège, séminaire. Importante fabrication de toiles, linge de table, couvertures de lin, faïence, tabatières, paniers, etc. ; manufacture royale de munitions de guerre. Commerce actif; pèche abondante. Cette ville, assez bien bâtie et bien percée, conserve quelques restes des anciennes murailles qui la protégeaient autrefois.
V1VEBOLS, bourg de France (Puy-de- Dônie), oli.-I. de cant., arrond. et à 20 kilom. S.-E. d'Ambert, sur la rive gauche du ruisseau de luLigonue; pop. aggl., 639 hab. — pop, tôt., 1,095 hab. Fabrication de dentelles. Ancien château féodal.
VIVERBA s. m. (vi-vèr-ra — root lat. ) Mamni. Nom scientifique du genre civette.
VIVERBIDÉ, ÉE adj. (vi-vèr-ri-dé — du lat. viverra, et du gr. eidos, forme). Mamm. Qui ressemble ou qui se rapporte au genre civette ou viverra.
— s. m. pi. Famille de mammifères carnassiers, ayant pour type le genre civette.
— Encycl. Zool. La famille des viverridés, dans la classification dl.-G. Saint-Hilaire, fait le pendant de celle des poiidés et contribue, avec elle, à constituer toute la catégorie des carnassiers carnivores plantigrades ou semi-digitigrades. Les viverridés diffèrent des poiidés en ce qu'ils ont les doigts beaucoup moins profondément divisés. Cette famille comprend six tribus, savoir : les ursiens, les mustéliens ; les viverriens, les catiiens, les hyéninés et les féliens. V. chacun de ces mots et Potidés.
VIVERRIEN, IENNE adj.' (vi vèr-ri-ain, i-è-ne — rad. viverra). Mamm. Qui ressemble ou qui se rapporte au genre civette ou viverra.
— s. m. pi. Tribu de la famille des viverridés, ayant pour type le genre civette.
— Encycl. Zool. Cette tribu des plantigrades, ou semi-digitigrades, carnivores viverridés, se distingue par un corps mince, allongé, des jambes courtes, un cou mince, une tête obloogue, une queue longue, pendante; les yeux sont petits, les oreilles de grandeur variable; les doigts sont au nombre de cinq à chaque patte et armés d'ongles presque toujours rétracliles. Les viverriens ont près de l'anus deux ou trois glandes qui sécrètent un liquide particulier,* odeur forte, souvent désagréable, et qui s'amasse quelquefois, comme chez la civette, dans une poche spéciale. Les viverriens ressemblent à nos martres, et ils les représentent dans le sud de l'ancien continent. Ils ont la même conformation extérieure, la même agilité, la même soif de sang; ils en ont, en un mot, tous les caractères physiques et moraux; mais ils possèdent a la mâchoire une molaire de plus que les mustéliens. Ils ont, d'ailleurs, la vraie dentition des carnassiers : de petites incisives, de fortes canines, tranchantes, des molaires hérissées en pointe. La colonne vertébrale est formée de trente et une vertèbres, portant treize ou quinze côtes, et la queue en compte de vingt à trente-quatre.
Le cercle de dispersion des viverriens est assez restreint. A l'exception d'une espèce américaine, qui, d'ailleurs, diffère beaucoup des autres, tous habitent l'ancien continent, et principalement le sud de l'Afrique et de l'Asie. Deux espèces seulement vivent dans les régions méridionales de l'Europe, et l'une d'elles est absolument confinée eu Espagne. Leurs habitats sont très- variés. Beaucoup se trouvent dans les régions stériles et sèches, dans le désert, dans les steppes, dans les montagnes, ou dans les forêts elair-semées de l'Afrique et de la haute Asie; d'autres préfèrent les cantons fertiles, le bord des rivières, les fourrés de roseaux ; les uns s'approchent des habitations numaines, les autres s'enfoncent dans l'intérieur des forêts les plus épaisses ; ceux-ci vivent sur les arbres, ceux-ci ne quittent pas la surface du sol ; quelques-uns même vont à, l'eau. Des crevasses de rochers, des cavernes, des arbres creux, des terriers dont ils chassent les propriétaires, des buissons épais sont leurs lieux de refuge et de repos pendant Je jour. La plupart des viverriens sont nocturnes; bon nombred'eutre eux, cependant, là où l'homme ue vient pas les déranger, chassent durant le jour, lien est peu qui Boieut lent», paresseux; presque tous, au contraire, sont remarqua-
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bles par la vivacité de leurs mouvements. Les premiers marchent en appuyant sur le sol toute la plante du pied ; les autres sont de vrais digitigrades, à plunte des pieds couverte de poils. En général, ils grimpent avec une agilité remarquable, et presque tous sont capables de monter sur un arbre incliné. Leurs sens, surtout la vue, l'ouïe et l'odorat, sont très-développés.
Les viverriens sont on ne peut mieux organisés pour la rapine, et ils sont les dignes représentants de nos martres. Tous ont l'instinct du brigandage au plus haut degré ; tous ont soif de sang et attaquent les animaux qu'ils peuvent espérer de vaincre. Leur nourriture habituelle consiste en petits mammifères, en oiseaux, en œufs et en reptiles; beaucoup se nourrissent aussi de poissons ou de crustacés. L'agilité et le courage que déploient quelques-uns en combattant les serpents venimeux les Ont rendus célèbres chez les peuples, dès la plus haute antiquité, et ont donné lieu aux fables les plus surprenantes. Ils rôdent sans cesse dans leur domaine, inspectent chaque fente, chaque crevasse, parcourent chaque champ, fouillent chaque tuillis, chaque fourré de roseaux, dans l'espoir d'y rencontrer une proie. Au repos, ils se couchent ordinairement roulés eu boule, dans un lieu tranquille et silencieux, généralement là où le jour les a surpris, car bien peu ont une retraite fixe.
Leur voix est tantôt un grognement sourd et rauque, tantôt un sifflement aigu sur une seule note, tantôt un cri d'anxiété. Plusieurs espèces exhalent une forte odeur de musc, substance que sécrètent, comme nous l'avons dit, des glandes anales. Le nombre des petits par portée varie d'un k six. La mère témoigne beaucoup d'attachement à sa progéniture; chez quelques espèces, le mâle lui donne aussi des soins. Pris jeunes, les uioerriens s'apprivoisent facilement; ils se montrent aussi doux et confiants que les vieux sont sauvages et méchants. Ils supportent très-bien la captivité. Dans quelques pays, on élève beaucoup d'individus de certaines espèces pour recueillir le produit de leur sécrétion ; ailleurs, quelques autres sont gardés en chambre pour faire la chasse aux petits rongeurs. Eu somme, les dégâts que peuvent causer les viverriens sont compensés par leurs produits ou par les services qu'ils rendeni. Du reste, ce qu'ils dérobent directement à l'homme est, en quelque sorte, insignifiant; on sait, au contraire, combien ils lui sont utiles en détruisant, même en liberté, une foule d'animaux nuisibles. C'est eu reconnaissance de leurs services que, dans l'antiquité, les Egyptiens avaient fait de l'un d'eux, l'ichneumon, un animal sacré.
La tribu des viverriens se subdivise en deux groupes, dont le premier se distingue par la plante du pied nue, et le second par la plante du pied velue. Le premier groupe comprend les neuf genres suivants : 1° suricate, le seul n'ayant que quatre doigts partout; 2° ietide; 3» paradoxure; 4<> hémigale; 5" cynogale; ces genres ont cinq doigts partout et des pouces postérieurs bien développés; 6" mangouste; 7° crossarque; 8° gatidie; 9° galidictis; ces quatre derniers genres ont les pouces postérieurs très-courts , mais, comme les précédents, cinq doigts partout.
Le deuxième groupe, à plante du pied velue, comprend six genres : ltt cyniclis , le seul qui n'a que quatre doigts eu arrière; 20 ailure; 3° civette, qui porte une poche odoriférante; 4° genette; 5° bassaride; 6« ichneumie, dont l'espèce type est l'ichueumon.