VIVO
tigations de l'expérimentateur. Pour toutes les expériences un peu longues et un peu douloureuses à pratiquer sur le lapin et le chien, on chloroformisè ces animaux et on les soustrait ainsi à la douleur.
Les progrès de la physiologie sont liés à l'emploi des vivisections, c'est-à-dire des expériences pratiquées sur les animaux vivants. Renoncer aux vivisections serait condamner cette science à un éternel statu quo. Si l'on réfléchit maintenant qu'il n'y a pas de clarté en pathologie sans clarté en physiologie, et que la médecine pratique ne peut se perfectionner qu'autant qu'on connaîtra mieux le mécanisme des fonctions et l'action intime des substances médicamenteuses, on reconnaîtra l'immense utilité des vivisections, non pas seulement au point de vue spéculatif et théorique, mais encore au point de vue des applications les plus urgentes, celles qu'on en fait à l'art de guérir.
V1VIT SUB PECTOBB VULNUS (La blessure vit toujours au fond du cœur), Fin d'un vers de Virgile (Enéide, liv. IV, v. 67). Le poëte emploie, pour peindre la passion naissante de Didon, cette image qui a déjà servi, au premier livre, à exprimer le ressentiment de Junon, blessée par le jugement de Paris : JEternum servans sub pectore vulnus (Gardant au fond du cœur son éternelle blessure).
Se dit, dans l'application, de toute injure dont on conserve un ressentiment profond et caché :
« Le ressentiment et la reconnaissance sont, pour me servir d'une expression célèbre, la mémoire du cœur. Plus l'injure a été sentie vivement, plus elle laissera de traces dans l'âme, plus le ressentiment sera profond : Vivit sub pectore vulnus. t
Bautain.
VIVOIN, bourg et commune de France (Sarthe), canton de Beaiiinont-sur-Sarthe, arrond. et à 24 kilom. de Mamers; 1,250 hab. Il est situé dans une position pittoresque, sur les bords de la Sarthe. On y remarque l'église Saint-Hippolyte, fort beau monument, qui dépendait autrefois d'un prieuré conventuel de bénédictins. Un corps de ferme occupe aujourd'hui les débris des anciens bâtiment claustraux. Une grande porte, ouverte près du portail de l'église, y donne accès. L'église de Vivoin est, sous le rapport de l'art, un des plus curfeux spécimens du style du xmo .siècle. Elle affecte dans son plan la forme d'une croix latine, La nef est du xie siècle, longue, étroite et simplement lambrissée ; le plus grand nombre des fenêtres est aveugle'. Il faut encore mentionner : le portail occidental, décoré de colounettes, ouvrage du xm« siècle ; les voûtes appareillées du chœur et des chapelles, que soutiennent, le long des murailles, des colonnes groupées d'une grande légèreté; le vitrail oriental de l'église, divisé en quatre travées et représentant, dans des médaillons du xme siècle, la vie de saint Hippolyte; enfin, à l'intérieur, une statue tumulaire du xm« siècle et une belle pierre tombale qui paraît remonter à la même époque. On voit, dans le chœur et dans la chapelle de la Vierge, les restes assez bien conservés d'un dallage incrusté du xme ou du xive siècle. Apres l'église, on peut cependant encore mentionner une maison historique qui servait autrefois d'hôpital et où l'on remarque une belle porte romane. Des fouilles récentes ont amené, sur le territoire de Vivoin , la découverte de nombreux vestiges gallo-romains, haches celtiques, médailles, etc.
V1VONNE ou V1VUNE, bourg de France (Vienne), ch.-l. de canton, arrond. et à 20 kiioni. S. de Poitiers, dans une belle vallée couverte de prairies, au confluent du Clain et delà Vomie; pop, aggl.. 1,189 hab. — pop. tôt., 2,290 hab. Filature; fabrication de grosses étoffes, taillanderie, teinturerie, mégisserie, tanneries.
VIVONNE(Louis-VictorDERocHECHOUART, comte, puis duo de Mortemart et de), maréchal de France, né en 1636, mort à Chaillot en 1688. Il fut l'un des six enfants d'honneur de Louis XIV, dont il conquit la sympathie grâce à cet esprit, inné chez les Mortemart, qui est passé en proverbe. En 1654, il entra au service et fit ses premières armes en Flandre, sous Turenne. En 1663, il fut envoyé en Italie, prit part à la déplorable expédition de Gigeti, dirigée par le duc de Beaufort, et devint, en 1669, général des galères de la Méditerranée. Il passa, en 1667, à l'armée de Flandre , alla, après la paix d'Aix-la-Chapelle, imposer un traité de commerce aux Algériens, suivit Beaufort à la désastreuse entreprise de Candie et revint à la cour, où sa sœur, Mme de Montespan, avait remplacé Mlle de La Vallière. La guerre ayant été déclarée à la Hollande, il se distingua au passage du Rhin, puis au siège de Maastricht, et reçut, en 1674, le gouvernement de la Champagne et de la Brie. En 1675, il fut nommé gouverneur et vice-roi de Sicile. Après avoir emporté Messine, Agosta, après la victoire de Païenne, où il écrasa la flotte hispano-hollandaise, il se vit rappelé par un caprice de Louis XIV et abandonna ses coûteuses conquêtes, avec la réputation d'un gouverneur prudent et d'un bon politique. La mort de son père, arrivée en 167S,
VIVR
reporta sur sa tête les titres de duc et de premier gentilhomme de la chambre; dès lors, il ne quitta plus la cour que pour suivre le roi au siège de Gand.et pour commander, après le départ de celui-ci, l'armée de Flandre, que la paix de Nimègue réduisit à l'inaction. Adonné aux plaisirs, de mœurs peu avouables , Vivonne avait une réputation d'esprit constatée par les contemporains. Ami de Boileau et de Molière, il se mêlait aux querelles littéraires du temps et combattait les modernes. Les mémoires du temps raillent souvent son embonpoint excessif, dont il était, du reste, le premier à rire. Il mourut à cinquante-trois ans, entre les mains d'un charlatan, « aussi pourri, dit Mm« de Sévigné, d'âme que de corps. » Mme de Sévigné a été injuste. Celui qu'elle appelait sans vergogne le Bro« curé lui avait voué une véritable affection et lui avait donné le charmant surnom de Maman mignonne.
VIVORIO (Agostino), mathématicien italien, né à Vicence en 1744, mort en 1822. Après avoir fait ses études chez les jésuites, il entra chez les augustins de Vicence, puis il alla étudier la philosophie à Vérone et s'adonna, en même temps aux mathématiques.
11 exerça ensuite les fonctions de précepteur auprès de plusieurs familles nobles et, enfin, devint professeur de belles-lettres, d'histoire et de géographie au collège de Vérone, Ses principaux. ouvrages sont ; Augusti Vivofii de cubicis ac btquadricis xquationibus tractatus (Vérone, 1769,' in-4») ; Sublimioris géométrie opvscula (Venise, 1772, iu-4°); Instrument diviseur (Vérone, 1794, in-8°); Force des impressions du premier âge (Vicence,
1810, in-8u) ; l'Education physique (Vicence,
1811, in-8°); l'Education morale (Vicence, 1814, in-S") ; Première éducation intellectuelle (Vicence, 1815, in-8«).
VIVOTER v. n. ou intr. (vi-vo-té — rad. vivre). Vivre petitement, mesquinement, suns aisance, sans agrément : On se ratatine pour se soustraire au danger, garder ce qu'on a, vivoter en paix. (Chateaub.) On vivote avec son mari, ma chère; on ne vit qu'avec son amant. (Balz.)
Il vaut mieux vivoter que de cesser de vivre. Destouciies.
— Fig. Subsister, se soutenir mesquinement : beaucoup de journaux sont réduits à