C. Delavwhe
Il Substantiv. Etre sur le qui-vive, Etre dans un état d'attention inquiète : Nous sommes toujours ici sur le qui-vive. Ces places des frontières, où l'oit vit et où l'on dort sur le qui-vive, ont volontiers l'esprit de leur position et le privilège d'enfanter des âmes guerrières. (Ste-Beuve.)
— Théol. Etre en état de grâce : L'âme meurt par le péché et vit par la grâce. U Jouir du bonheur des élus : Les saints vivront éternellement avec Dieu.
— v. a. ou tr. Passer, mener, en parlant de la vie : Ma profession en cette vie est de la vivre mollement, pour la jouir au double des autres. (Montaigne.) Ma vie, l\\-je vécue, oïl l'ai- je rêvée? (J.-J. Ampère.) u Souvent le verbe n'est actif qu'en apparence, les mots pendant, durant étant sous-entendus avant le mot qu'on pourrait prendre pour un régime direct : /; a vécu cent ans. bans soixante ans qu'il a vécu, il a souffert vingt ans.
— s. m. Action de vivre; jouissance de la vie : Le ùien-vlvRB est un bien, le vivre est souvent un mal. Le simple vivre est incomparablement plus malaisé que le bien-vivTW, (Pusc.) L'industrie, le bien-vivRK et tes jouissances domestiques sont les intérêts principaux de l'Autriche. (Mme de Staël.)
— Allua. hlst. Le roi eat mort, vive le roi 1
Cri par lequel, en France, un héraut annonçait au peuple la mort du roi et l'avéuemeut de son successeur. V. roi.
— Aflus. littér. Vive le roi I vive la Ligue 1 La Fontaine a emprunté ce vers au souvenir des troubles qui signalèrent le règne de Henri 1 1 1 f pendant lequel la Ligue, ayant pour chef le duc de Guise et soutenue par les Espagnols, chercha à renverser les Va-
■ lois.
Dans l'application, ce vers peut servir de devise à ceux qui? sans courage et sans dignité, affichent successivement les couleurs de tous les partis, au gré des circonstances et de leurs intérêts ;
« De même on trouve, dans la doctrine des jésuites, des armes pour toutes les politiques; soyez démocrate avec la Ligue, adorez le roi absolu sous Louis XIV, vous aurez raison aujourd'hui comme vous aviez raison hier. »
Lanfrey.
« En France, dans les classes élevées, on mourrait de honte si on était surpris trichant au jeu ou s'adonnant solitairement à la boisson. On en rit parmi les paysans. Mais trafiquer de ses droits politiques, exploiter son vote, se mettre en contradiction avec soimême, crier tour à tour : Vive le roi! Vive la Ligue! selon l'intérêt du moment, ce sont des choses qui n'ont rien de honteux dans nos mœurs. >
Bastiat.
■ Nous pratiquons surtout le précepte divin d'obéir aux puissances; mais, avertis tard des changements, de peur de ne pas crier a propos : Vive le roi! vive la Ligue! nous ne crions rien du tout. »
P.-L. Courier.
« Les mesures prises h l'égard des journaux paraissaient avoir deux objets : le premier, de les empêcher de dire ce qu'on ne voulait pas qu'on sût; le second, de leur faire dire ce que l'on avait besoin de faire savoir. La censura remplissait parfaitement le premier de ces objets ; mais elle était insuffisante pour le second. Elle pouvait toujours supprimer un article qui lui déplaisait ; mais elle n'avait pas de moyen coercitif pour en faire faire qui lui plussent. Elle pouvait empêcher de crier Vive le roi! mais elle ne pouvait forcer à crier Vt'ue la Ligue! »
Hatin.
— El rote, clic a vécu ce que vivent les r»m, L'espace d'un malin, Vers de Malherbe. V. rose.
Vive l'empereur t tableau de M. Muller. Cette composition, qui contient plus de deux.
VIVR
cents figures et fut exécutée en moins, de trois ans, est la paraphrase d'une tirade officielle de Méry. Elle obtint au Salon de 1855 un succès de vogue et fut très-discutée. C'est le 30 mars 18H. Le ciel gris laisse filtrer un jour pâle. La porte Saint-Denis élève son arc triomphal; aux fenêtres des maisons du boulevard se tiennent des spectateurs nombreux, tandis que quelques squelettes d'arbres se détachent sur le fond ; au milieu de la chaussée coule une armée de blessés de toutes armes, héros de la vieille garde, lanciers, artilleurs, qui le bras en écharpé, qui la tête enveloppée de linge, qui la jambe écloppéâ, tous pales du sang perdu, rentrant abattus et navrés de leur défaite, plus glorieuse que toutes les victoires de l'Empire. C'est à qui les soutiendra et les pansera. L'officier aveuglé par un coup de feu a déjà son Antigone; des femmes du peuple entourent de bandelettes la jambe d'un vieux soldat; quelques blessés russes, reconnaissables à leurs habits verts et à leurs plumes de coq, reçoivent aussi des soins; cependant le terrible défilé continue et jette en passant le cri fanatique : Vive l'empereur! « Cette procession chancelante, dit M. E. About, ne ressemble pas mal à la descente éplorée d'une Courtille où l'on s'est battu. C'est une collection de grimaces pénibles, de gestes disgracieux et de cris discordants. Le sujet commence à droite du tableau et finit à gauche sans autre idée de composition ; vous diriez une vignette destinée à une histoire de l'Empire; mais M. Raffet a dessiné mille vignettes qui ont plus d'ensemble et de grandeur. Le tableau de M, Muller ne présente ni le caractère populaire des œuvres de Charlet, ni le mouvement leste et rapide des moindres croquis do Vernet; il ne parle ni à l'esprit ni aux yeux; il n'existe ni par ta composition, ni par le dessin, ni par la couleur. C'est un vaste néant étalé sur le mur d'un salon. •
Vive Henri IV 1 air de danse des Tricotets, en vogue au xvie siècle. Longue vie au bon roi Henri 1 longue vie au vert-galant I crie avec le peuple l'auteur anonyme de la chanson. Il y aurait bien des objections à faire à cet enthousiasme exagéré ; mais ce n'est pas ici le lieu de la critique historique. Admettons le bon Béarnais quand même, acclamons l'ami des belles et arrêtons-nous seulement k l'air de la chanson, caries paroles ne supportent pas l'examen. Cette musique, reproduction de l'air dit des Tricotets, donne une faible idée des talents chorégraphiques de nos ancêtres. Franchement, il faut avouef qu'ils ne devaient point se fatiguer les jambes avec un rhythme aussi lourd et aussi lent. Qu'est-ce que Rigolboche, la Comète, Filandreux et Cie eussent pu improviser sur cette lugubre mélopée, ce quadrille de mercredi des cendres?
Allegretto.
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m couplet. Vive Hen - ri qua - tre, Vi -
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ve ce roi vail - lant! Vive Hen - ri
qua • tret Vi - ve ca roi vaiï -
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sl=E=Éig=E=g;
lantl Ce diable & qua - tre
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le tri - pie ta - lent de boire et de
TÉt.
bat - tre et d'être un vert ga-lant.
DEUXIÈME COUPLET
Chantons l'antienne Qu'on chant'ra dans mille ans :
Que Dieu maintienne En paix ses descendants,
Jusqu'à c'qu'on prenne La lune arec ses dents I
TROISIÈME COUPLET
J 'aimons les filles Et j'aimons le bon vin;
De nos bons drille* Voila tout le refrain :
J'aimons les ûlles Et j'aimons le bon vin.
QUATRIÈME COUPLET
Moins de soudrilles Eussent troublé le sein
De nos familles.
Si l'iigueux plus humain
Eût aimé les filles, Eût aimé le bon via.
VIVRE s. m. (vi-vre — verbe vivre pris substantiv.). Nourriture, aliments : Capitaliser, c'est préparer le vivre aux générations futures. (F. Bastiat.)
VIVR
— Le vivre et le couvert, La nourriture et le logement : En général , tes monastères étaient des Jiôlelleries où les étrangers trouvaient en passant lb vivre et le couvert, (Chateaub.)
— S'emploie le plus souvent au pluriel , pour désigner les aliments, l'ensemble des matières dont on se nourrit : Les vivres sont chers à Paris. La plane manquait de vivrks. Les magasins de vivres furent incendiés. La nature donne tes vivrks ; les hommes font la famine. (DucJos.)
— Couper les vivres, Les empêcher de parvenir à l'ennemi, les saiiir en route. Il Fig. Couper les vivres à, Réduire à l'impuissance : La vérité sera toujours proscrite, lapidée par ceux auxquels elle coupe lus vivres. (Boiste.)
— Adm'mistr. milit. Entreprise de la fourniture des aliments destinés à l'armée : Cet homme a fait sa fortune dans les vivres. Il Quelquefois on fait suivre le mot vivres des mots pain, viande, pour désigner la nature delà fourniture : Vivres-pain. Vivres-viandb.
— Ane. coût. Vivre naturel, Pension alimentaire.
— Syn. Vivre» i deurôo» , • ul»>«lnuce*.