ROIS DB BOHÈME
VLADISLAS 1er, né vers 1066, mort en 1125. Ela en 1109, il eut à lutter contre ses proches , même contre ses frères, qui lui disputaient le trône, et à force de courage parvint à triompher de ses compétiteurs. En 1117. il tenta de résigner le pouvoir entre les mains de Borzivoï, son frère, qui déclina cette offre brillante. Vladislas mourut regretté de ses sujets.
VLADISLAS II, mort en Thuringe en 1174. Fils du duc Vladislas Ier, il parvint au trône après lu mort du duc Sobieslas (1140), sou oncle, et avec l'appui de l'empereur Conrad III, qui l'aida à vaincre les résistances de la noblesse. Frédéric Barberousse lui donna le titre de roi (H57). Vladislas, par reconnaissance, l'accompagna dans sa campagne contre la ligue lombarde et se distingua à la prise de Milan. En 1147, il avait déjà accompagné l'empereur et le roi de France en terre sainte.
VLADISLAS III, fils dn précédent, mort à Olmiitz en 1222. Il succéda, en 1197, à son oncle, Henri Brzetislas,qui le détenait depuis longtemps eu prison. Aussitôt son frère, Pizemyslas, accourut de l'étranger pour lui disputer la couronne. Le pays entier s'était divisé en deux partis , et une épouvantable guerre civile allait éclater; lorsque Vladislas, pour écarter ce fléau, résigna le pouvoir et se retira en Moravie.
VLADISLAS DE H UN1ADB, ban de Croatie, né vers 1417, mort en 1457. Fils aîné du grand Huniade, il fut élevé dans les camps sous les yeux de son père et donné en otage au duc de Servie après la défaite de Huniade à Cassovo (1448). Rendu à la liberté, il fut nommé, par le roi de Hongrie, Vladislas V, duc de Croatie et de Dalmatie et envoyé dans la haute Hongrie, pour soumettre quelques magnats révoltés. Menacé par Ulric de Ciiley, dont la famille puissante était ennemie de la sienne et formait une des grandes factions de l'Etat, il le tua dans Belgrade et fut lui-même décapité par ordre du roi, qui l'accusait d'aspirer'k la couronne.
VLAilllNG (Pierre), poète hollandais, né à Amsterdam en 1686, mon k Hoegerwoerd en 1733. H lit son droit ii Leyile, puis s'adonna k la poésie et abandonna la carrière du barreau, qu'il suivait. En 1719, il accepta un emploi dans la Compagnie des Indes et continua de rimer k ses moments perdus. On connaît de lui un recueil intitulé : Dischtlievende Etitspanningen (Délassements poétiques) [Amsterdam , 1710, iu-8°] , une traduction de VArcadie de Sammzar et des éditions du Hertspiegel de Henri Spiegel, de l'^lr( poétique de David van Hoochstraten, des Opéra latina Sawiazariet. entin àe^Alich.Hospitatii curmina.
VLATVJINGIE s. f. (vla-main-jl — de Via-' mini/, navigateur hollandais). Bot. Genre de plantes, de la famille des lobéliacées, dont l'espèce type croît en Australie.
VLAN ou VLAN interj. (vlan). Sorte d'onomatopée, par laquelle on imite un bruit soudain, une action subite, et particulièrement un coup appliqué k quelqu'un : Vlan ! attrape ça.' Vi.an ! ça y est. V'lan ! au même instant, je me sens un coup de pied dans les chevilles gui coupa court à mon bonheur, (F. Soulié.)
Aussi tu disparais, v'lan! sans dire bonsoir. 1 Ponsard.
» YLASTA, héroïne tchèque. V. 'Wi.asta.
VLECKIE s. f. (vlè-kî). Bot. Syn. de lophaNïiie, genre de labiées.
VLEMIN'CKX (Jean -François), médecin belge, né k Bruxelles en 1800. Il s'est fixé dans sa ville natale, où il a acquis beaucoup de réputation comme praticien. Inspecteur général du service de santé de l'année, président de l'Académie royale de médecine en Belgique, associé étranger de l'Académie de médecine de Paris (1853), M. Vleminckx est l'auteur d'un grand nombre de dissertations et de mémoires très- estimés. Nous nous contenterons de citer son Manuel du service sanitaire de l'armée, des prisons et de l'administration des chemins de fer, contenant les dispositions législatives, ministérielles et administratives actuellement en vigueur (Bruxelles, in-8", 1864.)
VLEIUCE (Pierre), peintre belge, né à Courtray en 1539, mort en 1581. Il commença ses études artistiques sous la direction d'un peintre en détrempe et les continua d'abord chez Charles d'Ypres, puis chez différents maîtres de Malines et d'Anvers, Il partit ensuite pour l'Italie et, à Venise, sut gagner l'amitié du Tintoret, qui, pour le retenir auprès de lui, voulut lui faire épouser sa fille. Mais Vlerick refusa pour se rendre k Rome, où il étudia avec ardeur les maîtres anciens. Il visita ensuite Naples, où il a laissé, ainsi qu'à Rome, un assez grand nombre de toiles. 11 revint ensuite se fixer k Courtray, où il obtint bientôt une grande réputation. En 1569, cependant, il ulla s'éta-
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blir à Tournay, où il mourut de la peste onze ans plus tard. On cite, parmi ses toiles les plus remarquables -. les Quatre évangélistes, Judith coupant la tête à Holopherne et un Crucifix entre la Vierge et saint Jean, Avant lui, les peintres représentaient le Christ debout, étendu sur la croix ; ce fut lui
?ui, le premier, le représenta le corps afaissé et soutenu seulement par les clous dont ses mains sont percées.
VLÎ ou V'LI interj. (vli). Sorte d'onomatopée, qui a la même valeur que vlan, et qui ne s'emploie jamais qu'avec lui, pour exprimer une succession de coups ou d'actions :
Vli, vlan î taisez- vous j •
Quoi I monsieur croit qu'on l'attrape!1
Vli, vlan ! taisez-vous :
Je me venge de deux époux.
BÉRAKOEB..
VUE ou VL1ELAND, en latin Flevolandia, Ile du royaume de Hollande, dans la mer du Nord, au N.-E. de l'Ile de Texel. Elle fait partie de la province de Hollande septentrionale, mesure 15 kilom. de longueur du N.-E. au S.-O. et 3 kilom. dans sa plus grande largeur. Elle renferme deux villages, Posthaus au S. et Ost-Vlieland au N. - E. , dont la population totale est de 727 hab,, qui s'occupent de pêche et de navigation.
VLIEKDEN (Lambert de), historien flamand, né à Hersta.ll en 1564, mort vers 1840. Il étudia à Aix-la-Chapelle et k Cologne, suivit d'abord la carrière des armes, fit plusieurs campagnes et, dégoûté de In vie militaire, s'adonna à l'étude du droit. Après avoir pris ses grades à Louvain en 1590, il se fit inscrire au barreau de cette ville et, ■pendant près de cinquante uns, y exerça avec succès sa profession. On a de lui : Panégyriques d'Ernest et de Ferdinand de Bavière, êvèques de Liège; De l'élection et du couronnement de l'empereurFerdinand,\>QëmQ; Traité sur les trente-deux tribus des artisans de la ville de Liège ; Fastes magistrales (sic) de ta ville de Liège; Histoire de la ville de Liège ; l' Hercule Belgique ou Histoii'e du comte de Bucquoy, etc.
VLIET (Guillaume van), peintre hollandais, né à Delft en 1584, mort en 1042. 11 cultiva d'abord le genre historique, où il obtint quelque réputation; mais il I abandonna ensuite pour s'adonner au portrait et devint ea ce genre l'un des maîtres de son époque.
VLIET (Henri van), peintre hollandais, neveu du précédent, dont il fut l'élevé. Il vivait au xvn« siècle. Comme lui, il peignit presque exclusivement le portrait, après avoir cultivé d'abord l'histoire et le paysage. Les connaisseurs estiment particulièrement ses clairs de lune. Avant 1815, le musée du Louvre possédait de cet artiste une Tête de jeune homme vêtu de noir et partant un hausse-col. — Jean-Georges van Vlikt, graveur hollandais, vivant à peu près à la même époque, a exécute des estampes fort estimées, entre autres Saint Jérôme dans une caverne et Luth et ses filles, toutes les deux d'après Rembrandt.
VLIET (Jean van), eu latin Vliiiu», philologue hollandais, né vers 1610, mort eu IC60. 11 s'adonna de bonne heure à l'étude des littératures anciennes, surtout de la poésie latine, fit plusieurs voyages en Angleterre et en France et, à une certaine époque, conçut pour la chasse une telle passion, qu'il lut tout ce que les anciens avaient écrit sur cet exercice. En 1651, il fut nommé par lo prince d'Orange greffier de la magistrature de Bréda et, la même année, fut chargé d'accompagner, comme secrétaire, l'ambassade envoyée h Londres par les états généraux. On a de lui : Veuatio novantiqua (Leyde, 1645, in- 18), ouvrage que l'auteur présenta, en 1653, à la reine Christine, sous ce nouveau titre : Avciores rei venaticx antiqui, cum commenlariis Jani Vtitii; un Almanach de Bréda pour 1664, remarquable surtout à cause des recherches philologiques et du recueil de Proverbes frisons, qu'il renferme ; un ouvrage sur le droit de succession, d'après les coutumes de la ville et de la banlieue de Bréda ; l' Oraison dominicale en vingt idiomes germaniques ou septentrionaux; une édition du Glossaire gothique de François Junius (Dordrecht, 1665, 2 vol. in-4"); des 'poésies latines, éparses dans divers recueils, etc.
VLOO interj, V. VELAUT.
VLOTE-SCUTE s. f. (vlo-te-sku-te). Mar.
Sorte de gabare hollandaise, en usuge sur lo Zuyderzée.
VLOTHO, ville do Prusse, province de Wostjihalie, régence de Mindsn, cercle et à 31 kiioin. N.-E. de Herford, sur la rive gaucho du Weser ; 2,800 hab. Fabrication de tu-, bac, chicorée, savon, vinaigre, couleurSj sucre et papier. Aux environs, sources minérales. Commerce de fil, navigation active sur le Weser.
VOACANGE s. m. (vo-a-k»n-ge)t Bot.
Genre d'arbres, de la famille des npocynées, tribu des plumériées , dont l'espèce type croît à Madagascar.
VOADOUROU s, va. (vo-a-dou-rou). Bot.
Fruit de Madagascar; arbre qui produit ce fruit, it On dit aussi voafontsi.
— Encycl. Le voddourou est un fruit de
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Madagascar, qui parait provenir d'une espèce de baliiier; il croît en grappes ou régimes, qui rappellent pat- leur longueur un épi de maïs. On écrase ces fruits pour les réduire en une sorte de farine, qui, mélangée avec du lait, forme une bouillie alimentaire ; on en retire aussi de l'huile, par expression. Ce fruit remplace encore, pour les habitants, la noix d'aréquier, qu'ils mâchent habituellement, mélangée a la feuille de bétel. La plante a des feuilles longues de 2 mètres et larges à proportion; on s'en sert en guise de nappes ou de serviettes.^ et pour couvrir les cases; les tiges de la plante servent dans les constructions.
VOAMENES s. in. (vo-a-mé-nèss). Bot.
Nom du condori, à Madagascar.
VOANDZE1E s. f. (vo-and-zè). Bot. Genre de plantes, de la famille des légumineuses, tribu des phaséolées, dont l'espèce type croît à Madagascar.
VOCABLE s. m. (vo-ka-ble. — lat. vocabulum; de vocure, appeler). Gramm. Mot; dénomination ; nom, substantif: On n'est jamais auiorisé à considérer un vocable roman comme frère des vocables allemands, latins et celtiques. (E. Litiré.)
■ — Liturg. Invocation, consécration : Cha~ celle dédiée sous le vocable de Saint-Benoit.
VOCABULAIRE s. m. (vo-ka-bu-lè-re — rad. vocable). Dictionnaire d'une langue contenant ses mots classés par ordre alphabc» tique, et accompagnés d'une courte définition ou d'une traduction dans une autre langue : Vocabulaire français. Vocabulaire italienallemand. Le vocabulaire d'une langue s'étend avec les arts et les événements. (De. Bonald.) Grâce à de nombreux barbarismes, les rabbins ont réussi à se former un vocabulaire assez complet. (Renan.) Il Dictionnaire des mots employés dans un art, une science : Vocabulaire de musique. Vocabulaire de chimie, de philosophie.
— Ensemble des mots dont se servent une personne ou une collection de personnes : Le vocabulaire d'un ignorant est plein de barbarismes. Le vocabulaire du peuple est riche en images. Franklin uvait fini par supprimer dans son vocabulaire les mots certainement, indubitablement. (Ste-Beuve.) Le vocabulaire de la bohème est l'enfer de ta rhétorique et le paradis du néologisme. (H. Murger.)
— adj. Accent vocabulaire. Accent dont un mot est marqué.
— Syn. Yocal>ul»Sre, dictionnaire, gloaxnirc V. DICTIONNAIRE.
— Encycl. Un vocabulaire est un dictionnaire où les mots d'une langue, rangés alphabétiquement, ne sont accompagnés que d'une explication succincte et non raisonnée. Dans le dictionnaire proprement dit, on ne se borne pas à une simple nomenclature; on y explique les idiotUmes, et l'on donne des exemples qui facilitent l'intelligence des observations et des règles (v. dictionnaiiîe). Tout art, toute science, ayant sa langue particulière, peut donner lieu à un vocabulaire. On dit : le vocabulaire philosophique , le vocabulaire de la chimie, de la physique, de la bolauique, de la médecine, de la peinture, etc. Cependant on a quelquefois, par abus, donné le nom de vocabulaire à de véritables dictionnaires.
Vocabulairo essentiel àe la lansjne
nonka [ûet norsfce progs svasentligste Ordforruad), par Holmboe (Vienne, 1852, l vol. in-4°.) L'ancienne langue norske ou norvégienne, plus connue sous le nom d'islandais, langue dans laquelle ont été composes les chants de VEddù. et les sagas du Nord, est la mère du danois et du suédois actuels, la sœur du gothique et de tous les dialectes germaniques. Une souche commune la rattache donc comme eux à la vaste famille indo-européenne, et la iiliation si intime qui lie k l'Orient le midi de l'Europe s'étend avec la même précision et la même persistaneejusqu'aux contins du pôle. Cette vérité, déjà prouvée par les transmissions des .dogmes religieux et des traditions historiques, M. Hulmboe a voulu la rendre évidente par l'analyse raisonnée de son idiome natal. Versé dans l'étude des langues de l'Orient , il rapproche et compare avec succès les sons, les mots et les flexions du sanscrit, du zend, du parsi, de l'Ludoustaui, du grec, du latin, des dialectes germaniques et slavons, et même de l'hébreu, de l'arabe et de l'arménien, avec ceux de cette langue du Nord, si express. ve et si originale ; sous forme de vocabulaire, il passe en revue toutes ses racines, toutes ses formes les plus usuees ; il Ses explique eu les comparant, et il' fixe leur sens fondamental. Cet ouvrage a doue k la fois un grand intérêt philologique et littéraire, puisque, eu déterminant exactemont un des anneaux de la. grande chaîne de langues qui s'étend de Oeylau à l'Islande, il jette en même temps un nouveau jour sur les traditions Scandinaves et sur les images si énergiques et souvent si obscures de ï'Edda.
VOCABULISTE s. m. (vo-ka-bu-Ii-ste— du lat. vocaùulum, mot). Auteur d'un vocabulaire ; Heureusement, les vocabulistes s'empressent de recueillir ces idées, qui i'éoanouiraient comme des ombres fugitives, si ou
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ne se hâtait de les revêtir de formes durables et transmissibles. (^e Mesle.) Il Peu
VOCAL, ALE adj. (vo-kal, a-le— -lat. vocalis, ûtivoa;, voix, qui est au-si le type du substantif féminin voyelle). Qui appartient, qui a rapporta la voix : Sons vocaux. Organe vocal. Articulations vocales. L'écriture hiéroglyphique s'est formée de l'emploi simultané des représentations des objets, de signes vocaux et de figures symboliques^ (A. Maury.)
— Relig. Qui se prononce, qui se fait par des paroles : Priera vocale. Oraison vocale.
Il Se dit par opposition à mental.
— Mus. Musique vocale, Musique destinée à être chantée, par opposition à la musique instrumentale.
— Anat. Cordes vocales, Replis intérieurs du larynx qui entrent en vibration dans le phénomène de la phonation.
— Substantiv. Hist. eccjés. Religieux, religieuse ayant droit de vote dans une élection : Les votes des vocaux se partagèrent entre les candidats.
— Encycl.Anat. Cordes vocales. Les cordes vocales sont au nombre de deux de chaque côté : les cordes vocales supérieures et les cordes vocales inférieures. Les cordes supérieures font à peine saillie dans l'intérieur du larynx ; elles sont formées de faisceaux fibreux peu nombreux, qui s'insèrent dans l'angle rentrant du cartilage thyréoïde, et d'autre part au tubercule de la face antérieure du cartilage aryténoïde. Ces faisceaux fibreux sont recouverts par la membrane muqueuse qui tapisse l'intérieur du larynx. Les cordes vocales inférieures sont beaucoup plus saillantes et beaucoup plus importantes que les précédentes. Quand on regarde le larynx par son orifice supérieur, on aperçoit la saillie qu'elles forment dans lé larynx, tandis que Celle des supérieures, placées plus près de l'orifice, est moins marquée. Les cordes vocales inférieures ont la même direction et les mêmes insertions que le muscle tbyréo-aryténoidien ; elles contiennent une partie de ce muscle dans son épaisseur. Indépendamment des fibres charnues du muscle thyréo-aryténoïdien, la corde vocale inférieure est formée par des fibres parallèles de tissu élastique, occupant son bord libre. Elle est d'ailleurs, de même que la supérieure, tapissée par la membrane muqueuse du larynx. Les cordes vocales ne sont pas libres, ainsi que leur nom semblerait l'indiquer, mais adhérentes aux parois du larynx et faisant saillie dans la cavité du larynx par leur bord interne. Les cordes vocales supérieures ne sont pas nécessaires à la phonation, ainsi que l'ont démontré plusieurs expériences dans lesquelles/'avec un larynx pourvu seulement de ses cordes vocales inférieures, on a obtenu les divers tons de la voix humaine. L'observation laryngoscopique a conduit aux mêmes conclusions. Les choses se passent-elles de même chez les animaux? Lorsqu'on examine l'intérieur du larynx sur un chien ou sur un chat vivant, on remarque, il est vrai, que * les cordes vocales supérieures se tendent et se rapprochent de la ligne médiane, et ce rapprochement est surtout remarquable sur le chat; mais on peut les enlever sans que la phonation soit détruite, et les Doubles qui surviennent alors dans certaines qualités du son peuvent être attribuées à l'opération, aussi bien qu'à l'ablation de la corde vocale elle-même. Il n'y a pas lieu, d'ailleurs, d'être surpris qu'une seule paire de corues vocales puisse servir à former la voix humaine. Les oiseaux qui, de tous les animaux, ont la voix ia plus étendue et la plus variée, n'ont pourtant que des cordes vocales simples.
VOCALEMENT adv. (vo-ka-le-inan — rad. vocal). De bouche, eu parlant : Prier voca- .
LiiMEKX. 11 Se dit par opposition à MENTALE- MENT.
VOCAL1QUE adj. {vo-ka-li-ke — rad.
vocal). Grainin. Qui a rapport aux voyelles. Il Peu usité.
VOCALISATEUR, TRICE s. (vo-ka-li-zateur, tri-se — rad. vocaliser). Mus. Personne qui vocalise, qui sait vocaliser. Il On dit aussi VOCALISTE.
VOCALISATION S. f. (vo-ka-li-Za-si-ou — rad. vocaliser). Mus. Art ou action de vocaliser, de chaîner de la musique sur une ou plusieurs syllabes, sans prononcer les paroles ni nommer les notes : Les chanteurs et les cantatrices les plus habiles s'exercent tous les matins à la vocalisation, pour se dérouiller la voix et affermir l'intonation. (Castil-Blaze.)
— Par ext. Emission de sons vocaux non articulés : L'homme est arrivé; il tentât de la nature animale la propriété de la vocalisation ou, du cri. (Ch. Nod.)
— Gramm, Changement d'une consonne eu voyelle.
— Encycl. Mus. La vocalisation est l'art de diriger la voix dans le mécanisme du chaut, au moyen d'exercices muets, c'est-àdire exécutés sans paroles et sur une voyelle. Vocaliser, c'est donc assoupiir la voix par ces exercices incessamment répétés; c est l'obliger, par un travail constant, très-varié dans jes moyens, mais unique dans sou but, à se jouer de toutes les difricuiés de l'art du
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chant. Le travail de la vocalisation est pour les chanteurs ce qu'est l'étude du mécanisme pour les instrumentistes. La perfection de l'exécution musicale comprend trois choses distinctes : 1° la pose et lu qualité du son ; 2« la justesse de l'intonation ; 3° l'habileté et l'agilité du mécanisme. Pour les chanteurs, cette dernière partie est tout entière comprise dans l'étutle de la vocalisation, qui est la vraie préparation au chant, un travail intermédiaire entre l'étude du solfège et l'exécution des compositions vocales.
La vocalisation comprend tous les artifices de l'art du chant : gammes diatoniques ou chromatiques, ascendantes et descendantes ; sauts d'intervalles de toutes sortes, tierces, quartes, quintes, sixtes, septièmes ou octaves; gruppetti, trilles, arpèges, etc., etc. On vocalise, non-seulement pour apprendre à passer un grand nombre de notes sur la même syllabe, mais encore pour égaliser la voix dans tous les tons, dans tous les registres, car on comprend qu'un travail ne ce genre, mené avec intelligence et persévérance, est fait pour assouplir l'organe vocal et le rendre obéissant aux. volontés des virtuoses. Ou voit donc que ia vocalisation n'est autre chose, en réalité, que l'art même du chant dans ce qu'il a de plus consommé, la question de style mise à part, le style étant, en musique comme en toute chose, l'essence même de l'art.
» Quant à la manière d'exécuter les traits si fréquents dans la musique moderne, dit Choron dans son Manuel de musique, leur véritable expression dépend du goût de l'exécutant. Us consistent en une tirade de notes diiférentes sur une même syllabe. Ces notes ne sont qu'une imitation de la mélodie instrumentale dans certaines occasions; et, soit pour orner le chant, soit pour ajouter à l'expression, on les emploie avec avantage pour suspendre le discours et prolonger la mélodie. Pour parvenir à bien exécuter ces traits, il faut d abord s'exercer à vocaliser dans un mouvement modéré; ensuite, à mesure que l'on acquiert de la facilité dans cet exercice, on presse petit à petit le mouvement, jusqu'à ce qu'on parvienne à rendre séparément chaque note avec la plus grande vitesse. On doit aussi prendre garde, en exécutant ces traits, de remuer la langue ou le menton; car, outre le ridicule de cette exécution, on ne pourrait leur donner la clarté qu'ils exigent. En s'exerçant à vocaliser comme je viens de le dire, on se servira d'abord de la voyelle a, comme plus sonore et plus commode au gosier pour attaquer .légèrement et avec netteté les notes qui composent les- traits. On se sert ensuite des voyelles o et è qui, dans toute espèce de chant, doivent se prononcer la bouche ouverte; car il n'y a que les voyelles i et u qui | se prononcent presque toujours plus doucement. • C'est des Italiens, si experts jadis en : matière de chant et si supérieurs dans toutes ■ les parties de la pratique de cet art admirable, que les artistes français ont appris à vocaliser. Pour donner une idée de leur expérience sous ce rapport, et faire comprendre en même temps toute l'importance de la vocalisation, nous allons rapporter une anecdote.
Porpora, le compositeur fameux, l'un des maîtres les plus illustres de l'Italie et l'un de ceux dont 1 enseignement était le plus justement renommé, avait' pris en amitié un jeune castrato, son élève, dont les dispositions et lavoixexceptionnellel'avaient charmé. U lui demande un jour s'il se sent le courage nécessaire pour suivre sans .mot dire et sans se décourager la route qu'il va lui tracer, quelque ennuyeuse que celle-ci puisse lui paraître. Sur la réponse affirmative de l'élève, il prend une page de papier de musique, et note sur cette page toute une série u'exercices : gammes diatoniques et chromatiques, ascendantes et descendantes, sauts d'intervalles de diverses natures, pour habituer la voix à franchir ces intervalles et à bien porter le sou; puis des trilles, des groupes, des appoggiatures et des traits de vocalisation de différentes espèces.
Pendant un an entier, cette simple feuille de musique occupe seule l'élève et le maître; l'année suivante y est encore consacrée , et la troisième n'apporte aucune modification dans le travail; 1 élève commence à se fatiguer et à murmurer. « Tu m'as promis l'obéissance , lui dit Porpora ; tiens ta parole et suis mes conseils, autrement je t'abandonne. > Le jeune homme se résigne, malgré la monotonie des études auxquelles il se voit condamné. La quatrième année s'écoule en tout semblable aux précédentes; la cinquième ia suit, et l'éternelle feuille est toujours l'unique objet des constants efforts du maître et de l'élève. Enfin la sixième année amène un léger changement; on n'abandonne point la feuille maudite, mais on y joint quelques leçons d'articulation, de prononciation et aussi de déclamation. A la fin de cette sixième année, l'élève, qui croyait n'en être encore qu'aux éléments ne son' art, tomba de stupéfaction quand son maître lui dit affectueusement ; t Va , mon fils , je n'ai plus rien à t'apprendre ; la gloire sera ton partage, car dès aujourii hui tu es le premier chanteur de l'Itaiie et du monde ! a II disait vrai, car celui dont U venait de terminer l'éducation
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n'était autre que l'artiste qui devint si fameux sous le nom de Caffarelli.
Tous les chanteurs, et même les plus célèbres, ne se sont pas tous également distingués sous le rapport de la vocalisation Mme Kodor laissait à désirer au point de vue de la netteté ; Mma Pasta trahissait un défaut d'éducation préliminaire • Mme Mombelli hasardait ses traits plutôt qu elle ne les faisait; Mme PUaroni, comme M»" Malibran, manquait quelquefois de goût dans le choix de ses traits, mais elle les exécutait à merveille; Galli faisait désirer plus de souplesse et d'égalité; Zucchelli, plus heureux sous ce rapport, manquait parfois d'élan, Bubini de force. Quant à Garcia, il était k peu prés parfait, mais n'atteignait pas à la hauteur admirable des artistes italiens de l'ancienne école, les Caffarelli, les Farinelli, les Crescentini, Elisi , Giziello, Maiizoli, Vittoria Tesi, Faustina Bordoni, Guadagni, Paechiarotti, Guarduoei, Marchesi, Gabrielli, Mingotli, etc.
De nos jours, on a pu citer au moins deux cantatrices incomparables en ce genre, fijmea Alboni et Adelina Patujsousle rapport de la justesse de l'intonation, de l'égalité des sons, de la fusion des registres, de la netteté de l'accent, de la légèreté et de l'habileté du mécanisme, on peut dire que ces deux artistes sont à peu près uniques. Parmi nos chanteuses françaises, on peut citer Mnies Miolan- Carvalho, Marie Sass et Christine Nilsson (au point de vue de l'art, cette dernière est toute Française) comme des vocalistes fort remarquables.
Les professeurs de chant ont donné le nom de vocalises aux exercices écrits pour l'étude de la vocalisation ; MM. Pauseron, tSordogni et quelques autres ont publié des recueils de vocalises.
VOCALISE s. f. (vo-ka-li ze — rad. vocaliser). Manière ou action de vocaliser, de faire des vocalisations : Des vocalises légères, élégantes. Alboni, avec son chant merveilleux et ses prodigieuses vocalises, attire une foule énorme à l'Opéra. (Th Gaut.)
VOCALISER v. n. ou intr. (vo-ka-li-zé — rad. vocal). Chanter de la musique sur une ou plusieurs syllabes, sans prononcer les paroles ni nommer les notes : A force de vocaliser, Garât était parvenu à donner à son gosier toutes les cordes de l'échelle. (M'as de Bawr.) On doit être aussi libre de penser, de parler, d'écrire, d'imprimer, qu'on est libre de vocaliser ou de déclamer. (E. de Gir.)
— Fig. Varier agréablement son style ou ses idées : Saint-Simon gronde, jl/mu de Sévigné vocalise, Rabutin siffle, Ùungeuu psalmodie. (P. de St-Vieior.)
— Activ. Exécuter en vocalisant : En par tant uinsi, l'artiste fit résonner les cordes dt l'instrument et se mit à vocaliser le chaut sublime du Désir de Beethoven. (G. Saud.)
VOCALISME s. m. (vo-ka-li-sme — rad.
vocal). Grainm. Théorie des voyelles. Il Système des vo.\ elles, d'une langue. Il Ensemble des voyelles d'un mot.
VOCALISTE s. (vo-ka-li-ste). V. vocalisa-