‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 797 sur 1042 · VOCI · texte numérisé non relu

VOCI

des tristes pensées que son aspect fait naîtra; puis enfin elle commence le vocero.

Ces leutes et solennelles cantilènes sont . d'une poésie qu'on ne trouve pas dans les livres, poésie de la nature, simple, énergique et familière comme elle. Un de nos amis qui a assisté à une de ces scènes de vocero nous raconte qu'une vieille femme improvisa des vers, dont la traduction suivante rend le sens, mais le sens seulement, et non l'accent et le mouvement singuliers :

Ami, pourquoi mourir?

Nous n'étions pas encor lassés de te chérir. Epoux, pourquoi quitter ta fldole compagne? Chasseur, le sanglier court encor la montagne; Faucheur, pourquoi dormir a côld du sillon? Ne reviendras-tu pas pour cueillir ta moisson?

Ami, pourquoi mourir?

Le pourquoi mourir? répété au bout de chaque strophe, produit un effut monotone et lugubre qu'on pourrait presque comparer au son d'une cloche mue lentement, surtout lorsqu'il est prononcé d'une voix sourde et imposante, et il en est ordinairement ainsi. Les ïissistants gardaient un silence religieux ; les hommes, honteux de pleurer, essuyaient leurs yeux, et les femmes sanglotaient tout bus. Peu d'oraisons funèbres prononcées sur des tombes de marbre émeuvent aussi sincèrement ceux qui les écoutent.

VOCHYSIACÉ ou VOCHISIACÉ, ÉE adj.

(vo-ki-zi-a-sé — rad. vochysie). Bol. Qui ressemble ou qui se rapporte au genre vochysie.

— s. f. pi. Famille de plantes dicotylédones, ayant pour type le genre vochysie : Les vochysiacéiîs ont quelques analogies avec les poiygalées et les vitdariées. (F. Iloefer.)

— Encycl. La famille des vachysiacées renferme des arbres et des arbrisseaux, à feuilles opposées ou verticillées, quelquefois alternes, coriaces, penninervées, entières, munies de stipules, qui sont souvent remplacées par des glandes. Les fleurs, portées bur des pédicelles articulés et munis de bractées, sont rarement solitaires, plus souvent réunies en grappes, en panicules ou en cyuies terminales. Elles présentent un calice à cinq sépales inégaux, libres ou soudés à la base ; une corolle à pétales presque toujours moins nombreux que les sépales, souvent réduits à un seul; une à cinq étamines, dont trois au plus sont fertiles; un ovaire le plus souventlibre, a trois loges, dont chacune renferme un ou plusieurs ovules, surmonté d'un style simple, trigone, élargi au sommet et terminé par un stigmate trilobé. Le fruit est une capsule coriace ou ligueuse, à une ou trois loges, renfermant chacune une ou plusieurs graines, à embryon dépourvu d'albumen.

Cette famille, qui a des affinités avec 'les poiygalées, les violiiriées.lesconibrélacées et les guttifères, comprend les genres suivants, groupés en deux tribus. I. Vochysiées : callisthène, vochysie, amphilochie , qualéa , suhuéchie.salvertie. — 11. Erismëes: èrisme, di lunaire. On y rapporte aussi, mais avec doute, le genre lozanie. Les vochysiacées crois- . sent à la Guyane et au Brésil. Elles sécrètent un suc résineux; mais leurs propriétés sont peu connues.

VOCHYSIE ou VOCHISIE s. f. (vo-ki-zl).

Bot. Genre d'arbres et d'arbrisseaux, type de la famille des vochysiacées et de la tribu des voehysiées, comprenant une trentaine d'espèces, qui croissent au Brésil et U la Guyane. Il On dit aussi vocuy s. m.

VOCHYSIE ou VOCH1SIÉ, ÉE adj. (vo-kizj.è — Ju rad. vochysie). Bot. Qui ressemble à une vochysie.

— s. f. pi. Tribu de la famille des vochysiacées, ayant pour type le genre vochysie.

VOCIFÉRANT, ANTE adj. (vo-si-fô-run, an-te — rad. vociférer). Qui vocifère, qui crie.

VOCIFÉRATEUR, TRICE S. (vo-si-fé-ratetir, tri-se — rad. vociférer). Personne qui vocifère, qui a l'habitude de vociférer.

VOCIFÉRATION S. f. (vo-si-fé-ia-si-on — rad. vociférer). Action de vociférer; paroles accompagnées de clameurs : Pousser des vociférations. Les écroulements des toitures, les sifflements de la flamme et des vents, les vociférations des soldats barbares que l'ardeur de l'embrasement épouvantait, se confondaient en un seul cri. (A. Guiraud.)

VOCIFÈRE s. m. (vo-si-fè-re — du lat. vocifer, qui crie). Ortiith. Espèce de faucon, qui habile l'Afrique australe,

— Encycl. Le vocifère est à peu près de la g o-seur de l'orfraie; il a la tête, le cou, la poitrine et la queue blanchâtres ; tout le reste du plumage d un brun rougcàire ; las pennes

: des ades noires et marbrées de roux; une I peau nue et jaune entre les yeux et le bec, 1 qui est bleuâtre; les pieds jaunâtres. Cet oiseau habite les déserts de l'Afrique australe; il remplit l'espace de ses cris souores et continuels, qui lui ont valu son nom vulgaire. il vit ordinairement de poissons et de reptiles ; mais il attaque aussi les gazelles et en fait sa proie. Il place son aire sur la cime des rochers ou des plus grands arbres. Il se rapproche, du reste, des faucons par l'ensemble île ses mœurs.

VOCIFÉRER v. n. ou intr. (vo-si-fé-ré — . lat. vociferari; de vox, voix; (erre, porter). Pousser des clameurs, parler eu criant oî

avec l'accent de la colère : Vociféiucr contre quelqu'un. Le bon droit parle ;.' discute, ■ la passion s'emporta et vocifère. (J. Levailois.}

— Activ. Prononcer, énoncer en vociférant : Vociférer la paix. (Chateaub.) il Peu usité.

VOCONCES, en latin Vocontii, peuple de la Gaule romaine, dans la Viennoise, an N. des Cavares et à l'E. des Ségalauniens. « Ils sont cités dans Tite-Live, en parlant de la route que tint Annibal pour sa rendre au passage des Alpes. Selon Strabon, ils s'étendaient jusqu'à la frontière des Allobroges, dans des vallées profondes et de difficile accès. On trouve leur nom dans Mêla, qui fait mention de Vasio, leur capitule. Pline témoigne qu'ils étaient puissants, en leur attribuant, indépendamment de deux villes capitales, dixneuf villes d'un ordre inférieur, et à ces deux capitales, on pourrait ajouter Dea Voconliorum (Die). » fD'Anviile, Notice de l'ancienne Gaule.]

Yoconin (loi). La loi Vooonia est une des lois romaines les plus controversées et les plus difficiles k expliquer. Elle était destinée à arrêter les progrès du luxe à Rome et à réprimer les excès des femmes qui, bien que toujours mineures, étaient parvenues à posséder personnellement des biens qu'elles administraient elles-mêmes ou par l'entremise d'un intendant exclusivement itifecté à leur service. La loi Voconia dut régler les droits des femmes à la succession de leurs pères et fut portée en 168 par Voconius Asca, • Voconius, dit Cicéron, décida que dans la suite personne ne pourrait nommsr héritière une jeune fille ou une femme mariée. » Nous n'outrerons pas dans la discussion des articles de cette loi, interprétés de diverses façons par les critiques modernes. Nous donnons seulement les résultats les plus récents. Voici lu loi, dont nous ne possédons pas le texte, restituée d'après les indications des auteurs anciens : a Art. 1er. Si le père appartient à l'une ■des quatre premières classes, la fille, fûtelle mineure, ne peut hériter à titre de succession ; elle ne peut être que légataire. Art. 2. Le père d'une fille unique peut lui laisser, mais à titre de legs seulement, la moitié de sa fortune, quelle qu'elle soit, et jamais davantage. Art. 3. S'il a plusieurs enfants, il ne peut léguer à sa fille qu'une somme fixe de 250.000 as, soit 21,550 francs do notre monnaie. Cette loi,ditCicéron, était fort injuste pour les femmes. En effet, elle leur retirait absolument le droit d'hériter et, selon les cas, les dépouillait du quart, du tiers et même de la moitié de la fortune paternelle. Aussi ehereliu-t-on à l'éluder par des tidéicommis. Puis, les progrès de l'improbitè rendant cette voie périlleuse, on s'avisa d'un moyen plus sûr, c'était de n'avoir pas d'enfants. La loi eut pour effet d'empêcher lesmariages et de dépeupler l'Italie. Auguste, pour y remédier, adoucit les rigueurs de la loi Voconia en faveur des femmes qui auraient trois enfants. Il en était réduit à sévir contre les célibataires et k proposer des primes pour le mariage et pour la paternité.

VODENAou VODINA, anciennement Edesse de Macédoine, ville de la Turquie d'Europe, dans la Roumélie, sangiae etk75kilom.N.-0. de Salonique, sur la Vistritza et uu pied du mont Tourla; 8,500 bab. Fabriques d'étoffes de laine et de coton.

VODO, bourg du royaume d'Italie, province de Bellune, district de Pieve-di-Cadore, mandement de la même ville; 2,170 hab.

VOECHT uu VOIÎCIITIUS (Gilles), historien hollandais, né dans la Campine vers la hit du xvic siècle, mort k l'abbaye d'Everbeen (ordre des chanoines réguliers de Prémontré), de laquelle il était proviseur depuis quarantecinq ans, en 1653. Il laissa en manuscrit :■ Historia episcopatuum totius munUi; Cornmenlarium de jure abOatum ; De comitatu Lossensi in Tungria et Tuxandria, ouvrage inséré en partie, par l'abbé Ghesquière, dans le tome 1er de ses Acta sanctorwn Belyii.

VOEL (Jean), humaniste français, né u Vaux-le-Moneelot, bailliage de Gray, en 1541, mort en IfilO. Entré chez les jésuites, il professa les humanités dans plusieurs collèges de son ordre; puis, en 1591, il fut envoyé à Touruon pour y occuper les chaires de grec et de rhétorique. Ses principaux écrits soin : De ratione conscribendi epistolas utilissimx prxceptiones (Dôle, 1586); index in breoiarium rumanum ad conciones formandas uptissimus (Touruon, 1609, in-16).

VŒRŒSMARTY (Michel), littérateur hongrois, né k Nyur, comitat de Stuhlweissemliourg, en 1800, mort en 1855. Il étudia le droit à Pesth, fut reçu avocat en 1824 et renonça bientôt au barreau pour Se consacrer à la littérature, dans laquelle il s'était déjà fait connaître avantageusement. Ses premières œuvres : le lioi Satomon, tragédie (1821), la Victoire de la fidélité, poème romantique, et le Roi Sigismond, drame (1823), avaient attiré l'attention universelle, et l'on voyait déjà dans leur auteur l'un des restaurateurs de la littérature hongroise. Vœrcesmarty fonda surtout sa réputation par ses poèmes épiques, intitulés : la Fuite de Zalan •• (1825), Cserhalom (1820) et la Vallée, enchantée (1827), qui sont encore aujourd'hui regardés comme les chefs-d'œuvre en ce genre

Page 1