‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 798 sur 1042 · VOET · texte numérisé non relu

VOET

de la littérature hongroise. Il fit aussi paraître à la même époque une tragédie , Kont (1825), une autre épopée, Eger, et fournit de nombreux articles à l'Aurora de Kisfahidy. En 1830, il devint membre dp l'Académie hongroise de Pesth, qui le choisit peu après pour son secrétaire. Ce littérateur est plus connu dans les classes élevées que dans le peuple, k cause de la pureté trop classique de son style; une de ses chansons cependant, Szozut ou l'Appel, écrite en 1840, a acquis en Hongrie une popularité au>si grande que celle dont jouit la Marseillaise en France, et l'Académie hongroise fit présent à l'auteur d'un ducat par chaque vers de ce chant.

Pendant la révolution de 1848, Vœrœsmarty fut élu député du comitut de BacsUa à l'Assemblée nationale, mais il ne montra point, au sein de cette Assemblée, l'énergie et la décision qu'on était en droit d'attendre du poëte du Szozat, et sa conduite mécontenta la inaj.rité des patriotes. L'un d'eux même, le populaire et fougueux Petœfi, fut tellement indigné par l'un de ses votes, qu'il lui adressa une épître en vers, dans laquelle il déclarait renoncer à son amitié. Après le triomphe des Autrichiens, Vœrœsmarty fut condamné comme l'un des chefs de la révolution. Il recouvra cependant sa liberté après une courte détention; mais la funeste issue de l'insurrection avait brisé toutes ses forces morales et il vécut plusieurs années dans une profonde retraite, sans vouloir voir ni plume ni papier. Ce ne fut qu'en 1854 que ses amis parvinrent à l'arracher à sa profonde mélancolie. Il se remit alors k traduire les œuvres de Shakspeare, dont il avait déjà popularisé plusieurs drames en Hongrie, mais la mort ne lui laissa .pus le temps du terminer sa tâche. François Deak, son ami d'enfance et le tuteur de ses enfants, qui restaient sans ressource, ouvrit, en faveur de ces derniers, parmi les patriotes hongrois, une souscription qui produisit 103,000 florins.

Les œuvres de Vœrœsmarty ont été réunies et publiées à différentes reprises, soit par lui, soit par d'autres, notamment sous ces titres : Œuvres complètes (Pestli, 1833,. 3 vol.) ; Œuvres nouvelles (tiude, 1840, 4,vol.) ; Œuvres complètes (Pesth, 1845-1847, 10 vol.), publiées par Bajza et Schedel dans la Bibliothèque nationale hongroise. Une nouvelle édition en a été donnée par Paul Gyulai (Pesth, 1865-1866, 10 vol.), qui y a joint une excellente biographie. Les écrits de Vœrœsmarty se distinguent plutôt par la correction classique de leur forme que par une originalité bien tranchée. Ses poèmes narratifs &ont écrits en vers hexamètres, rhythme auquel le hongrois est peut-être plus propre qu'aucune des autres langues modernes. Ses poésies épiques et lyriques sont placées très-haut par les critiques hongrois, mais les qualités qui en font principalement le mérite sont très-difficiles, pour ne pas dire impossibles, à rendre dans toute autre langue.

VOET (Gisbert), théologien hollandais, né à Heusden en 1593, mort en 1680. Il fit ses études à Leyde et remplit jusqu'en 1634 les fonctions de ministre dans sa ville natale. Nommé k cette époque professeur de théologie et de langues orientales au séminaire d'Utrecht, qui fut transformé deux ans plus tard en université, il se lit le défenseur déclaré des doctrines adoptées par le synode de Dort, attaqua en outre avec violence la philosophie de Descartes, qu'il appelait tour à tour athée et jésuite, et en vint même jusqu'à le citer oevant les magistrats civils d'Utrecht. Ses controverses avec Cocceius, professeur à Leyde, divisèrent les théolo- '■ giens hollandais en coccéiens et en voétieus ; • enfin catholiques romains, philosophes, ar- ' iniiiieus le trouvaient toujours prêt à rompre < une lance avec eux, et il eut k lutter à la | fois contre Desmarets, Volzogen, Regius, Sehoockius, Dumoulin, ^Esterga, etc. Cette polémique incessante ne semble pas avoir eu une influence fâcheuse sur sa santé, car il parvint jusqu'à sa quatre-vingt-septième année. Parmi ses nombreux ouvrages, dont Gaspard Bunniin a donné la liste complète dans son Trajeclum eruditorvm, nous ne citerons que les Sélects dispututiones theologiae (Utiecht et Amsterdam, 1648-1069, 5 \ol. in-4°) et la Potitica ecclesiustica (Utiecht et Amsterdam, 1663-1676, 4 vol. in-4u). ,

VOET (Paul), jurisconsulte, théologien et littérateur hollandais, fils du précédent, né à Heusden en 1619, mort en 1677. Il professa tour k tour la logique, la métaphysique, le grec et le droit civil k l'université d'Utrecht et publia sur ces différentes matières plusieurs ouvrages, parmi lesquels il faut citer: De duellis licitis et illicitis (Utrecht, 1646) ; Harmonie des Evangiles ( Utrecht , 1654 ) ; Tiieoloyia naturalis reformata (Utrecht, 1655- 1657); De usujuris civitis et canonici in Betgiounito (Utrecht, 1657); Disquisitiojuridica de mobilibus et immobilibus (Utrecht, 1666); Commentarius ad institutionesjuris (Gorkum, 1668), etc. On lui doit, en outre, une histoire de la famille deBrederode, qui a été traduite en français, divers écrits de polémique religieuse eu faveur de son père et des notes sur Musceus, Callimaque et Hérodien.

VOET (Jean), jurisconsulte hollandais, fils du précédent, né à Utrecht en 1647, mort en 1714. Il fut professeur de droit successi-

vemenfc à Utrecht, k Hertorn et k Leyde. Son ouvrage le plus estimé est un Commentarius in Pandectas (Leyde, 169S, 2 vol. infol.). On lui doit encore : De jure militari (1670); Compendium juris (Leyde, 16S3) et plusieurs brochures.

VOET (Daniel), érudit hollandais, frère de Paul, né à Heusden en 1629, mort en 1660. Il professa la philosophie k Utrecht et on a de lui des Meletcmata philosophica et des Physiologica sioe de rerum niitura libri VI, qui parurent à Amsterdam un an après sa mort et qui furent réédités, avec notes, par Vriès en 1688.

VOET (Jean-Eusèbe), littérateur hollandais, né vers 1705, mort en 1778. Dans son Histoire de la poésie hollandaise, Vries le représente comme un poète de quelque mérite. Il était inspecteur des octrois de La Haye et possédait des connaissances étendues en physique. Ses œuvres poétiques ne traitent guère que de sujets mystiques.

VŒU s. m. (veu — latin votum, promesse faite aux dieux, souhait, désir; de vovere, promettre aux dieux. Nous ignorons l'origine de ce mot latin). Promesse volontaire de faire une chose que l'on croit agréable k Dieu, et à laquelle on n'était pas obligé : Faire vœu de chasteté, de pauvreté, d'obéissance. Faire vœu d'aller en pèlerinage. Des religieuses ont changé leurs vœux de chasteté, d'obéissance et de pauvreté en trois choses qui leur sont plus convenables: l'intérêt, l'orgueil et la haine. (Mme de Grignan.) Faire un vœu pour toute sa vie, c'est se faire esclave ; comment peut-on souffrir le pire des esclavages dans un pays oit l'esclavage est proscrit ? Il est plaisant de promettre pour toute sa vie ce que nul homme n'est sûr de tenir du soir jusqu'au matin. (Volt.) Parmi les Espagnols qui allèrent à la conquête des Indes, il y en eut qui firent vœu de massacrer douze Indiens par jour, en l'honneur des douze apôtres. (Raynal.j 11 Objet promis par un vœu ; ex-voto :

Sire Jupin/dit-il, prends mon vœu, le voilà. La Fontaine.

— Promesse que l'on se fait à soi-même, résolution que l'on prend et que l'on veut regarder comme sacrée: Je fais vœb de vie venger. J'ai fait vœu d'être plus sage à l'avenir.

— Expression d'un désir : Les anciens états généraux ne faisaient pas des lois, ils exprimaient des vœux. Le gouvernement ne réunit la majorité des vœux qu'en favorisant la majorité des intérêts. (De Segur.) M Souhait : Mon vœu est de la revoir. Je fais des vœux pour votre succès. Que chacun examine ce qu'il a souhaité toute sa vie ; s'il est heureux; c'est parce que ses vœux n'ont pas été exaucés. (Prince de Ligne.) L'homme est aussi trompé par la réussite de ses vœux que par leur désappointement. (Chateaub.)

Souvent nous trahissons nos plus etiers intérêts, En fatiguant le ciel par des vœux indiscrets.

QU1NAULT.

Il Désirs amoureux : Agréer les vœux d'un amant,

— Prescription, intention : Satisfaire au vœu de la loi.

— Loc. fam. N'avoir pas fait vœu de, Ne s'être pas engagé irrévocablement à : Vous n'avez pas, je pense, fait vœu D'obéir à votre femme'/1

— Relig. Acte solennel par lequel on contracte, suiis forme de vœu, des obligations particulières, et l'on s'engage pour la vie ou pour un temps déterminé dans un état religieux : Prononcer ses vœux. Faire ses vœux.

Il Renouvellement des vœux, Cérémonie annuelle dans laquelle les religieux prononcent de nouveau les vœux qu'ils ont faits eu entrant en religion. Il Vœux monastiques, Vœux de chasteté, de pauvreté et d'obéissance que font les religieux, h Vœu solennel, Vœu fait avec les formalités requises et reconnu par l'Eglise. Il Voeu simple, Celui qui, étant fait sans les formalités prescrites pour les vœux solennels, n'est qu un engagement do couscience dans lequel l'Eglise n'est pas intervenue. Il Vœu de stabilité, Engagement que prennent certains religieux de demeurer toujours dans le même monastère.

— Hist. rom. Prières publiques et sacrifices que l'on renouvelait tous les cinq, dix ou vingt ans, pour obtenir aux empereurs la protection des dieux.

— Syn. Vœu, icrmeot. V. SERMENT.

— Encycl. Hist. Tous les peuples anciens pensaient que, lorsqu'une divinité leur accordait une faveur quelconque, ou pour obtenir qu'elle la leur accordât, ils devaient, en retour, faire une action qui lui fût agréable. Plus on remonte dans l'antiquité, plus cette idée est manifeste. Ainsi les anciennes races aryennes, comme on peut le voir dans les Védas, traitant leurs dieux sur un pied d'égalité complète, leur donnaient k boire et ù manger, Sous les régimes théocratiques, ces coutumes persistèrent au plus grand bénéfice des prêtres, qui les inspiraient et eu tiraient protit. Plus tard, le sacrifice prit un autre caractère; il devint une cérémonie abstraite, figurée par la libation.

Le vœu est un débris de ces antiques et naïves coutumes ; primitivement, c'était le prix auquel l'homme achetait l'assistance de la divinité ; il promettait par avance une

part du bénéfice qu'il comptait réaliser, du butin qu'il espérait faire. C'était une sorte de marché. Nous voyons, dans Homère, Hector s'écrier : ■ Si je suis triomphant, je ne réclame pour trophée que les armes du vaincu, afin de les consacrer k Apollon. ■ Voilà un vœu.

Longtemps après l'époque homérique, les généraux, en entrant en campagne, faisaient des vœux avec une grande solennité. Ils promettaient d'offrir aux dieux les dépouilles qu'ils enlèveraient aux ennemis, les armes, les machines, les chars, les vaisseaux, etc., toutes choses qui ressemblaient beaucoup k la peau de l'ours dont parle La Fontaine. Pour tenir leur promesse, quand il leur arrivait de remporter la victoire, ils faisaient un grand monceau des trophées, y mettaient lo l'(>u et anéantissaient ainsi le produit de plusieurs années de labeur, digne offrande faite par des guerriers k des dieux ! Chez les Juifs, il est fait mention des vœux. Dès les temps les plus reculés (Genèse, xxviii, 20), on les prononçait principalement dans un danger pressant, dans une affaire dont l'issue pouvait être douteuse; enfin, dans toute circonstance où l'on espérait l'entremise directe do Jéhovah (Genèse, xxvm, 20; Juges, xi, 30; Josèphe, Guerre des Juifs, II, xv, 1). Tout vœu prononcé devait èsre religieusement accompli (Deutéroiwme, xxm, 22 ; Nombres, xxx, 3). Les personnes que ia loi ne considérait pas comme indépendantes, les filles, les esclaves et les femmes, n'avaient point le droit de prononcer un vœu sans le con- Sent-ment de leur père, de leur maître ou de leur mari (Nombres, xxx, 4). Un vœu, pour être absolument obligatoire, devait être fait non pas mentalement, mais articulé à voix haute (Deutéronome, XXIII, 24).

Dès la fondation de Rome, ou peu de temps après, nous voyons Roniulus faire un vœu, ce qui dénote que cet usage était déjà répandu en Italie. Le fondateur de Rome, emporté par les siens qui fuyaient devant les Sabins, s'arrêta sur le mont Palatin et dit en s'adressant k Jupiter, depuis appelé Stator : « O père des dieux et des hommes, chasse les ennemis de ce lieu et suspends cette fuite honteuse, et je fuis vœu (vuveo) de bâtir un temple en ton honneur pour reconnaître la faveur que j'implore. » A Rome, il était d'usage de faire le vœu du printemps sacré (ver sucrum), vœu qui consistait à immoler te bétail qui naissait au printemps. 11 faut être un peuple guerrier, plus soucieux de sa grandeur que ne son intérêt, pour adopter une coutume aussi barbare, bien capable d'amener lu disette. Les Romains croyaient tellement à l'efficacité de ce vœu qu'ils le faisaient dès qu'il leur arrivait un malheur. Ainsi, lorsque Annibal les eut. défaits au lac Trasiniono, les décemvirs, après avoir consulté le livre des sibylles, rapportèrent qu'il fallait faire le vœu du printemps sacré, si l'issue de la guerre était heureuse.

Un autre usage, encore beaucoup plus commun, consistait à vouer lu dîme, le dixième du butin pris k l'ennemi. Aiusi, Camille s'écrie avant le siège de Véies : > O Apollon Pythien, guidé par ta grâce et soutenu par ton divin secours, je marche pour détruire Véies et je fais vœ-i de l'offrir lu dîme des dépouilles que j'en rapporterai, ■

Le moyen âge eut ses vœux, dictés comme ceux des païens par la superstition. Les chevaliers firent vœu de visiter les lieux saints, de rapporter dans les églises les armes des infidèles, ou encore de faire des jeûnes et des pénitences. C'était là une nouvt-lle espèce de vœu, propre au christianisme, un vœu négatif, consistant à s'abstenir, eu l'honneur de la divinité, d'une chose agréable; k lut offrir, non quelque chose de matériel, comme les races païennes, mais une privation, un renoncement, une souffrance. Cette spiritualisatiou du vœu mérite d'être remarquée ; c'est l'origine des vœux de religion. Les vœux du moyen âge ont reçu communément le nom de vœux tle chevalerie, et ce nom leur a été donné ajuste titre. Les vœux de la chevalerie n'avaient, en etfet, de commun avec ceux de l'antiquité que le désir de Se rendre la divinité favorable et d'obtenir d'elle le succès de telle ou telle entreprise.

Notons, comme particularités bizarres, le vœu du paon ou faisan et le vœu uu héron-, la chair du paon et du faisan était regardée comme la nourriture favorite des pieux et des amoureux, et l'on consi lérait comme inviolable un vœu prononcé sur le corps de l'un de ces animaux. Voici comment s'exécutait la cérémonie. Dans un bassin de métal précieux, un paon ou un faisan, quelquefois rôti, mais toujours paré de ses plus belles plumes, était apporté avec une sorte de grave solennité par desdamoiselles; alors, les chevaliers présents faisaient chacun son vœu sur l'oiseau ; après quoi, il était dévoré séance tenante.

Le vœu du faisan fut prononcé dans un festin en 1453, k l'occasion d'une croisade contre les Turcs, croisade qui n'eut pus lieu. Voici comment les choses se passèrent, au dire de Matthieu de Coucy et d'Olivier de La Marche : «Dans un festin donné par le duc de Bourgogne, une dame, par un degré fait exprès, monta sur la table, se mit à genoux et posa sur la tête du prince une couronne de fleurs, en annonçant que le duc devait donner un banquet à quelques jours de là. Le jour venu, au milieu d'une fètes un faisan

en via, orné d'un collier d'or, fut apporté au nom des dames et remis au duc, qui prononça le ras de combattre les infidèles, et son exemple fut aussitôt suivi par tous les seigneurs présents ; les uns «'engageant à ne point coucher dans un lit, les autres à ne point manger sur nappe, d'au très à s'abstenir de viande, ceux-ci a ne sevêtir que d'une partie de leur armure, ceux-là à la porter jour et nuit, etc., etc., jusqu'à la défuite des Turcs. Puis, des dames vinrent, qui rirent vœu d'accompagner les nobles chevaliers, et on se mit à festoyer joyeusement. »

Un poërae du mpyen âge, intitulé le Vœu du héron, nous apprend que Robert d'Artois, ayant dans une chasse tué un de ces oiseaux, qui passaient pour craintifs et lâches, le présenta à Edouard d'Angleterre, comme emblème de son indifférence pour la couronne française. Piqué au vif, le prince frémit de rage et fit vœu sur ce héron de ne point laisser tinir l'année sans avoir vengé sur les terres de France l'affront qui venait de lui être fait. Le comte de Salisb<:ry s'approche d'une dame, lui t'ait appliquer un de ses doigts sur son œil fauche et fait uœu de ne plus ouvrir cet œil avant d'avoir livré bataille aux Français, et pendant tout le temps que dura la guerre, le comte ne se permit- pus de regarder de cet œil. Tous les seigneurs de la cour vinrent à leur tour faire un-cœu sur le héron, et l'on était en trop bon chemin pour s'arrêter. La reine s'approcha et fut encore plus expressive que les autres. Elle annonça qu elle était enceinte et fit vœu de ne point accoucher avant le départ de son mari, menaçant, si ce dernier persistait dans son inactivité, de se percer le liane avant l'heure critique. Saisi d'horreur à. ces paroles, le roi ordonna de cesser les vœux, Le héron lut. découpé, la reine en mangea, et la guerre fut déclarée.

Dans l'Eglise catholique, les vœux sont indispensables lorsqu'on fait profession de vie monastique, ou lorsqu'on veut recevoir les ordre. ; ils sont un des éléments nécessaires de la consécration. Les oanonistes distinguent les vœux simples et les vœux solennels. Les vœux simples sont ceux que tous les fidèles prononcent en certaines occasions, comme par exemple lors de la première communion ; les vœux solennels sont ceux de pauvreté, de chasteté et d'obéissance, que font ceux qui entrent dans les ordres monastiques. La loi civile ne reconnaît aucune validité k ces sortes de tiœiiï. Le décret du ^février 1790 les avait abolis en abolissant les ordres monastiques; le code civil leur enlève toute sanction, en déclarant que nul ne peut aliéner su volonté, ni se dépouiller de lu capacité d'acquérir. Un décret impérial du 18 février 1809 autorisa le rétablissement des soeurs hospitalières, mais en limitant à cinq ans la durée maximum de leurs vœux. Le même décret déclarait nuls les vœux prononcés avant l'âge de seize ans, et depuis seize jusqu'à vingt et un ans il n'autorisait quo des vœux d'une année. Une loi du 24 mai 1825 a légalisé l'existence eu France des communautés de femmes, et comme elle n'a rien statué sur la durée des vœux, les jurisconsultes en concluent que les vœux n'ont toujours aux yeux de la loi qu'une durée obligatoire de cinq ans, aussi bien pour les hommes que pour les femmes. Quant au uœu de chasteté prononcé pur les ecclésiast.ques, nous avons examiné la question dans notre article prêtres (mariage des), t.XUI.p. 125.

Vœux d'un «oiitairo, par Bernardin de Saint-Pierre (L789-1791). Une partie de ces vœux avaient déjà été formulés dans les Etudes de la nature on 1784 ; mais, disséminés dans l'ouvrage, ces souhaits avaient passé inaperçus. Bernardin de Saint-Pierre, l'un des esprits les plus rêveurs du xvm& siècle, qui passait sa vie à dresser des plans pour le bonheur du genre humain, crut en 1780 que l'occasion sa présentait naturellement do proposer, lui aussi, sa constitution et il fit imprimer ses Vœux d'un solitaire. Il marche souvent sur les pas de l'Assemblée nationale, mais parfois aussi ii s'en écarte sur des questions importantes. Par exemple) l'Assemblée n'admet que deux pouvoirs primitifs .dans la monarchie, le pouvoir législatif et le pouvoir exécutif, et attribue le premier à la nation, le second au roi. Bernardin de Suint-Pierre conçoit dans la monarchie, air/si que dans toute puissance, un troisième pouvoir nécessaire au maintien de son harmonie, qu'il appelle modérateur. C'est tout bonnement la théorie de la monarchie constitutionnelle avec deux, chambres, l'idéal des Guizot, des Thiers, des Odilon Barrot. Ainsi, il se prononce pour la sanction royale et le maintien du veto. «La sanction royale, dit-il, est nécessaire à toutes les puissances de l'Etat : l° elle est de droit par rapport au roi comme homme, sinon il serait au-dessous du moindre de ses sujets: 2° elle est de justice par rapport au roi comme monarque, le roi ne pouvant faire exécuter des lois dont il n'aurait pas sanctionné l'utilité et la nécessité ; 3° elle est nécessaire à la tranquillité de la monarchie, car elle coupe court aux menées de l'aristocratie ; 4° elle est nécessaire à la permanence des lois et au respect qui leur est dû, surtout de la part du peuple, qui a plus de respect pouï ce qui est plus éloigné de lui. •

Les Vœux d'un solitaire peuvent se résu-

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