‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 799 sur 1042 · VŒUX · texte numérisé non relu

VŒUX

mer ainsi : 1° établissement d'un comité de confiance, formé réciproquement d'arbitres choisis dans chaque ordre par l'ordre qui lui est opposé d'intérêts, comité qui substituerait aux intrigues de la politique la franchise ; 2o permanence de l'Assemblée nationale et retour périodique de ses membres ; 3° établissement d'assemblées à la fois permanentes et périodiques dans tous les villages, villes et provinces du royaume, à l'instar de l'Assemblée nationale, avec laquelle elles doivent, correspondre, avec extension de ces dispositions à nos colonies. Ces assemblées s'occuperont du soin de détruire les maux avant de faire le bien. Elles aboliront d'abord ceux qui affligent l'agriculture, cette mère nourrice de 1 Etat, comme les capitaineries, les droits de chasse, les gabelles, les corvées, les milices et la taille ; ceux qui désolent le commerce, comme les impôts onéreux et disproportionnés, les péages des rivières, les droits à l'entrée des villes sur les vins, qui doivent y payer a proportion de leur prix; ceux qui affligent les corps politiques, comme la vénalité des charges, les survivances, les pensions non méritées; enfin, ceux qui attaquent la liberté de l'homme dans ses opinions, dans sa conscience, et même dans sa personne. Elles s'occuperont de la réforme de la justice civile et criminelle, de celle de l'éducation, sans laquelle aucun plan de législation n'est stable ; et, après avoir remédié aux maux qui intéressent notre postérité, elles étendront leurs recherches sur ceux qui regardent les autres nations et qui se communiquent à nous des correspondances que la nature a établies entre toutes les familles du genre humain. En résumé, liberté civile, politique, religieuse, liberté individuelle et liberté de conscience, voilà ce que réclame le solitaire. Comme corollaire, ii exige en outre que l'Assemblée nationale veille sur l'emploi des revenus et des impôts; qu'elle porte une attention particulière sur le caractère des hommes employés par les ministres comme fonciionnaires; que le mandat des députés soit de plus longue durée. Il désire, en outre, que les prêtres disent aux puissances ambitieuses : Nous n'avons pas été envoyés pour exciter les hommes aux fureurs de la guerre, mais à la concorde, à l'amour et à la paix, pour bénir des vaisseaux de guerre, des vaisseaux négriers, des régiments, mais, à l'exemple de Jésus, des enfants et des mariages. Enfin, il fait des vœux pour l'harmonie des quatre ordres qui composent la nation : le roi, le clergé, la noblesse et le peuple.

Pour mieux cimenter cette union, Bernardin de Saint-Pierre ajoute quelques considérations fortjustes : • Non-seulement le peuple fut composé dans l'origine des mêmes familles que son clergé et sa noblesse, mais c'est lui qui est en particulier l'unique cause de la splendeur de Ces deux corps ; c'est de son sein que sortent les hommes charges de leur éducation et de leur inspirer de l'honneur et de la vertu; c'est lui qui est la principale source de la lumière, de l'industrie, de la puissance militaire même ; c'est lui seul qui fait fleurir l'agriculture, l'industrie et le commerce. Que dis-jc?le peuple est tout; il est le corps national, dont les deux autres ordres ne sont que des membres accessoires ; ii peut exister sans eux et ils ne peuvent être sans lui. On n'a jamais vu de nations uniquement formées de prêtres et de nobles, mais il y a beaucoup de nations florissantes composées du simple peuple. Le peuple est tellement la base de la puissance publique, même dans les monarchies, que 1 Erat est tombé, comme le prouve le Bas-Empire des Grecs, dès que ia noblesse et le clergé ont séparé leurs intérêts des siens, »

Si quelques points des Vœux d'un solitaire, très-beaux en théorie, deviennent impossibles en pratique, il n'en faut pas moins reconnaître CjU'en général les souhaits de l'auteur étaient inspirés par le bon sens et le plus pur patriotisme. Le charme du style ajoute encore à celui des sentiments et, après avoir lu ce livre, on est tout disposé à ne pas trouver Bernardin de Saint- Pierre un esprit si chimérique qu'on veut bien le dire.

Vaotix téméraire* (LES) OU l'Enthousiasme,

roman de M"" de Genlis (1S13, in-12). Mme de Genlis a voulu faire voir dans ce roman les résultats dangereux d'une délicatesse excessive et d'une sensibilité trop exaltée. La moralité du livre est que, sans la sagesse, la sensibilité n'est qu'un don funeste. ; que, sans la raison, la vertu même, perdant son caractère, n'agit plus qu'avec 1 imprudence et l'impétuosité des passions les plus aveugles.

L'héroïne du roman est une Anglaise bien née, douce, vertueuse, compatissante, intelligente, mais en même temps d'une imaginanation et d'une sensibilité excessives, exaltées encore par une éducation inintelligente. Mariée à lord Clarendon, un des seigneurs les plus distingués de l'Angleterre, Constance, c'est le nom ue l'héroïne, ne tarde pas k empoisonner son bonheur par des soupçons et de vaines alarmes. Elle redoute un changement funeste dans sa situation : ■ Que deviendrais-je, s'il cessait de m'aimer?» se demande-t-elle sans cesse. Cette idée accablante s'offre continuellement à son esprit ; les témoignages de la tendresse de lord Clarendon, au lieu de la faire disparaître, la lui rendent plus terrible encore. Bientôt le3 af-

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faires politiques éloignent souvent son mari de Constance; elle voit dans ses absencos un refroidissement, et, ne tardant pas à pousser ses conjectures a. l'extrême, ello finit par se croire délaissée. Trop fière et trop délicate pour se plaindre, au lieu d'une explication franche, elle adopte le parli du silence et de la. froideur. Surpris d'abord, puis choqué de cette attitude, Clarendon, après de vaines tentatives d'explication , laisse Constance dans l'isolement et noue des relations avec une courtisane pleine de séductions, la belle Ophélia. Désespérée, Constance s'enferme dans son appartement et ne veut plus recevoir personne, à l'exception du comte d'Elby, ami intime de lord Clarendon. Encore n'a-telle fuit exception en sa faveur que dans l'espoir qu'il lui ramènerait son époux, car il est dans la nature de Constance d'éprouver en quelques instants les sentiments les plus opposés. Mais, loin de revenir à sa femme, lord Clarendon, trompé par de fausses informations, l'accuse d'introduire son amant chez elle pendant la nuit et l'exile de la demeure conjugale. Les assiduités du comte d'Elby l'accompagnent dans sa retraite ; Constance se sent aimée de lui, et, par vengeance conjugale autant que par faiblesse féminine, elle est sur le point de se donner à lui, quand elle acquiert la preuve de sa duplicité. En même temps elle apprend que lord Clarendon est atteint d'une lièvre putride; elle accourt it son chevet, l'assura et le convainc de son innocence, et le perd au moment où aucun nuage ne semblait plus devoir troubler leur sérénité. Constance fait alors le vœu téméraire de pleurer et d'honorer la mémoire de son mari par un .veuvage éternel. Elle voyage en Suisse, en Italie, et finit par vivre en solitaire dans une petite localité du département de l'Aude, près de Limoux. Elle y est depuis une année, quand arrivent do Paris deux jeunes gentilshommes, le comte de Sainville et le baron de Vereeil. qui, fatigués de l'existence tourmentée, des splendeurs et des faciles amours de la capitale, vont chercher dans leurs terres des distractions nouvelles. La belle et mystérieuse étrangère ne tarde pas k inspirer à Sainville une violente passion, dont le baron cherche à le guérir, un lui faisant accroire avec une bonne foi équivoque, car lui aussi il aime Constance, que l'étrangère n'est autre que la courtisane Ophélia. Mais Sainville acquiert la certitude qu'Ophéliu. vient d'entrer en religion et il arrive à connaître la vie de Constance. Son amour redouble et il lui demande sa main. Constance lui fait part de son vœu téméraire et, désespéré, Sainville en fuit une maladie. Pour le sauver, Constance abjure son vœu et lui accorde sa main ; mais lu remords de violer son serment la suffoque; elle tombe malade et meurt de Ce dernier excès de sensibilité.

Le style de ce roman est élégant et plein d'une douce chaleur; çà et là brillent quelques observations ingénieuses et qui dénotent une profonde connaissance du cœur humain,

Vœn ilo Louis XI 11 (l-E), tableau d'Ingres ; dans la cathédrale de Montauban.

Y. Louis X.UI (vœu de), t. X, p. 704.

Des estampes d'Abraham Bosse et de Grégoire Huet (163S), artistes contemporains de Louis XIH, représentent ce monarque et sa femme \ ouam le dauphin à la Vierge.

VOEUX (A-V. OiiS), théologien protestant français, qui vivait au xvme siècle. Il était né catholique. Les miracles du diacre Paris et les extravagances du cimetière Saint-Mêdard le révoltèrent au point de déterminer son abjuration. Il pas'sa alors en Angleterre et devint pasteur de l'église française de Dublin, où il continua le journal littéraire fondé par Droz en 1774. On lui doit: Défense de la religion réformée (Amsterdam, 1730, 4 vol. in -S"), contre Desmahis; Critique générale du livre de M. de Moutgeron sur les miracles de M. l'abbé de Paris ou Nouvelles lettres sur les miracles (Amsterdam, 17-10, 2 vol. in-8°) ; Trois sermons, Sur la véritable patrie des Fiançais réfugiés, Sur la révolution de 1688, Sur l'obligation indispensable de soutenir tes droits du roi contre tes rebelles (Dublin, 1746, in-8°); JSssai critique et philosopltique sur {'Euclésiasta (1764, in-4°), son œuvre capitale. Des Vœux montra une grande érudition dans la partie philologique de son travail. On ignore la date de sa mort.

VOGEL (Jean-Guillaume), minéralpgiste allemand, né àErnstroda, duché de Cobourg, en 1657, mort en 1723. Il se rendit en 1G7S en Hollande et entra, comme mineur et essayeur, au service de la Compagnie des Indes, qui l'envoya à Sumatra (1679). Au bout de quelques années, il y devint directeur de mines importantes, puis revint en Europe (16S7) et fut chargé, en 1690, de diriger les mines de Saxe. Outre des ouvrages restés manuscrits, on lui doit : Journal de mes voyages en Hollande et dans les Indes orientales (Francfort, 1090, in-12), souvent réédité; Modèle pour tous tes comptes qu'on peut avoir a dresser (Gotha, 1694); les Indes orientales anciennes et modernes (Gotha, 1812, in-8°).

VOGEL (Rodolphe-Augustin), médecin allemand, né à Erfurt en 1724, On ignore la date de sa mort. Il professa la médecine à l'université de Goettingue et dirigea, de 175L à 1771, un ouvrage périodique intitulé la Bi-

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bliotlièqnc de médecine. On lui doit, enfre autres ouvrages : Institutiones c/temi'aî (Goettingue, 1755, in 8»), très-souvent rééditées; Système minéral (Leipzig, 1762, in-8°); Prsler.liones de cognoscendis et curandis corporis humant affeclibus (1772, in-8°).

VOGEL (Samuel-Gottlieb), médecin allemand, (ils du précédent (Rodolphe-Augustin), né à Erfurt en 1750, mort à Rostock on 1837. Reçu docteur à Goettingue eu 1771, il pratiqua dans cette ville, puis devint, en 1780, médecin de la cour et de la garnison de Meeklembonrg-Strelitz, médecin pensionné de la ville et du pays de Ratzebourg, et, en 1789, il fut nommé professeur de médecine à l'université do Rostock. Ses ouvrages, tous écrits dans un esprit essentiellement pratique, méritent d'être lus. Les principaux sont : Essai sur quelques observations médicales pratiques (1777, in-8°); Manuel de médecine pratique (Strasbourg, 1781-1816, in-8»); Instructions à l'usage des parents et des maîtres, à l'effet de découvrir siXrement l'habitude de l'onanisme (1786. in-S"), trad. en plusieurs langues ; Examen des maladies (1796, in-8») ; Petits écrits de médecine populaire (1816-1817, 3 vol. in-8o); VICtude des maladies (1796, in-8°); Qwlques expériences anthropologico-médicales (1805, in-8«); Recherches médico-diagnostiques (1824, in-8<>).

VOGEL (Zacharie), médecin allemand, mort à Lnbeek en 1772. Praticien habile, il publia un ouvrage important sur les hernies et deux recueils d'observations médicales remplis de faits intéressants. La plupart do ces observations avaient été communiquées à l'Académie des Curieux de la nature, dont il faisait partie.

VOGEL ( Adolphe - Frédéric) , chirurgien allemand, né ii Lubeck le 23 octobre 1748, mort en 1785. Il fit ses études médicales à Iviel, où il fut reçu docteur le 15 mai 1771. Les talents dont il avait fait preuve et les grandes espérances fondées sur son avenir déterminèrent le sénat à lui fournir les moyens de voyager pendant trois ans pour son instruction dans les diverses contrées de l'Allemagne, en Suisse, en France et en Angleterre. A Son retour à Lubeck, il vit les clients affluer dans son cabinet et conquit à la fois fortune et considération. Vo^e! avait déjà livré au public les premiers fruits de son expérience, et il se proposait de continuer, quand il fut emporte à ia Heur do l'Age. Les seules productions qu'on possède de lui sont trots opuscules de peu d étendue, mais remplis de faits intéressants : Dissertatio medica observatimies quasdam chirurgical contineus (Kiel, 1771, in 40) ; Chirurgischc Waftrnehmunyen, erste Sammtung (Lubeck, 1778, in-80); Zweite Sammlung (1780, iu-8°).

VOGEL (Jean-Christophe), célèbre compositeur allemand, né à Nuremberg en 1756, mort à Paris en 1788. Il prit des leçons de Graun, maître de chapelle de Frédéric II, vint à Paris en 1776, et sentit son génie s'enflammer en écoutant les chefs-d'œuvre de Gluck. Ce ne fut que dix années plus tard qu'il parvint k faire représenter un opéra, la Toison d'or, dont plusieurs morceaux furent vivement applaudis. 11 s'occupa ensuite de la misa en musique de l'opéra de Démopiton. L'ouverture, qu'il fit exécuter deux fois devant un cercle d'amateurs, fut regardée généralement comme un chef-d'œuvre. On attendait impatiemment la représentation de l'ouvrage entier, lorsque l'auteur, qui se livrait à de fréquents excès d'intempérance, succomba à une lièvre maligne, le 28 juin, Dëmophon fut représenté le 22 septembre 1789, et obtint un succès prodigieux. Gluck a dit de Vogel, que son talent était d'autant plus rare, qu'il ne le tenait pas de la pratique, mais de la nature. Cependant, quel qu'ait été le succès de la partition entière de Démophon , cet opéra n'a point été repris; l'ouverture seule est devenue classique.

VOGEL (Adolphe), compositour français, petit-rilsdu précédent, né à Lille en .1805. Son père, violuniste habile, lui apprit les éléments de la musique et l'envoya ensuite à Paris, où il fut admis, en 1821, au Conservatoire, dans la classa d'harmonie et de composition de Reicha. M. Vogel composa, après la révolution de Juillet 1830, la musique du chant national les Trois couleurs, qui eut une certaine vogue. En 1832, il fit représenter k l'Opéra-Comique un acte intitulé le Podestat; puis, il composa pour le même théâtre un opéra intitulé Marie Stuarl, qui resta dans les carions du théâtre. Découragé par cette dédaigneuse indifférence, il renonça momentanément au théâtre et composa des mélodies très-distinguées, dont quelques-unes, VAnge déchu, le Martyr, la Kabyle et Caïn obtinrent un succès européen. En 1847, M. Vogel voulut tenter lu chance à l'étranger et donna au théâtre de La Haye un grand opéra eu quatre actes, le Siège de Leyde, poëme d'Hippolyte Lucas, qui eut un éclatant succès (4 mars 1847). Après cette consécration solennelle de son talent, l'artiste revint k Paris, espérant qu'il pourrait produire ses œuvres sur nos grandes scènes lyriques. Kepoussé au grand Opéra, il fit recevoir à l'Opéra-Comique deux ouvrages, mais ces opéras ne furent poins joués. Seul, le théâtre Lyrique admit et représente une partition en quatre actes, la Moissonneuse (3 septembre 1853), dont ua

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poSme lugubre et une mauvaise exécution déterminèrent la chute, en dépit des qualités de premier ordre que le musicien avait déployées, telles que la noblesse du style et l'abunilanoe des mélodies. Depuis lors il a fait représenter : Gred'it de Pigoche, opérette en un acte, jouée :>ux Folies-Mnrigny (19 octobre 1866} et la Filleule du roi, opéra-comique en trois actes, représenté aux Fantaisies-Parisiennes en mai 1875. Citons enfin de ce compositeur distingué le Jugement dernier, opéra biblique, qui a été joué sur l'ancien théâtre de la Renaissance.

VOGEL (Chrétien-Leberecbt), peintre allemand, né à Dresde en 1759, mort en 1816. Il était primitivement destiné nu métier de sellier; mais, entraîné par sa vocation pour la Feinture, il se livra, sans maître d'abord, à étude de cet art et se perfectionna ensuite à l'Académie de sa ville natale. En 1780, il fut appelé à Wildenfels par le comte de Solm, qui lui fit exécuter les portraits des membres de sa famille et, à dater de ce moment, il résida dans cette localité jusqu'en 1804, époque à laquelle il revint à Dresde, où il venait d'être élu membre de l'Académie, dont il fut nommé professeur en 1814. Son premier grand tableau, exécuté pour l'église de. Lichtenstein, représente un épisode de la via du Sauveur {Laissez venir à moi les petits enfants); le dernier qu'il peignit, trente ans plus tard, pour l'église de Wildenfels, tntiie e même sujet. Ses portraits se recommandent par leur ressemblance, leur fermeté de touche et d'exécution et leur arrangement artistique ; c'était surtout dans les portraits d'enfants qu'il excellait. Parmi ses petites compositions, on cite comme les plus remarquables : l'Amour et Psyché et Ganymède.

VOGEL (Guillaume), acteur et auteurdramatique allemand, né à Manheim en 1773, mort en 1844. Il abandonna l'étude de la médecine pour se faire acteur, mais n'obtint point le succès sur lequel il comptait. En 1798, il prit la direction d'une troupe de comédiens avec laquelle il donna des représentations dans diverses villes d'Allemagne.

Après avoir été, de 1814 à 1824, secrétaire général des théâtres de Vienne, il vécut dans la retraite et mourut dans un état voisin de la misère. Vogel composa un certain nombre de pièces qui eurent du succès, bien qu'elles n'aient qu'un mérite très-secondaire. Nous citerons entre autres : Ce gui se ressemble s'assemble, le Majorât, les Quatre étoiles, Charles XII, Christine de Suède, Un autographe de Frédéric II, etc.

VOGEL (Jean-Charles-Chi istophe), pédagogue allemand, né en 1795 a Stadt-llin, dans le duché de Sehwurzbonrg-Rudolstadt, mort en 1862. Il étudia la philologie et la théologie à l'université d'Iéna, devint en 1816 professeur à l'établissement pédagogique de Lang, qui se trouvait alors à Tharandt et qui fut transféré plus tard a "Wackei bartsruhe, près de Dresde, et, après avoir fait un voyage scientifique en Angleterre, en France, en Belgique et en Hollande, il fut nommé, en 1821, codirecteur de cet établissement, qui fut supprimé deux ans plus tard. Vogel fut alors appelé à la direction de l'école secondaire supérieure de Crefeld, qu'il conserva jusqu'en 1832, et fut alors envoyé avec le titre de directeur à l'école secondaire générale de Leipzig. Il réussit à la réorganiser complètement et prit une pari éminente à toutes les réformes qui furent introduites à cette époque dans renseignement secondaire ; ce fut lui qui fonda l'école des arts et métiers de Leipzig , la première de ce genre qu'ait possédée la Saxe. Parmi ses nombreux écrits pédagogiques, qui ont tous obtenu plusieurs résultions, nous citerons : Lion: de lecture pour l'école et pour la maison ; Linre de lecture anglais; Atlas classique de géographie moderne , auquel se rattache un Manuel pour V encouragement de la science géographique, divisé en trois parties, savoir : Tableaux de la nature, tableaux de l'histoire et Tableaux de la campagne, ainsi que des Tabtes historiques butées sur la géographie; Dictionnaire élémentaire de la langue allemande ; Germanica, livre allemand de lecture pour les classes supérieures ; ['Ecole secondaire de Leipzig (Leipzig, 1842). Depuis 1852 il rédigeait avec Kœruer un journal pédagogique, l'Ecule secondaire supérieure.

VOGEL (Edouard), voyageur allemand, fils du précédent, né à Crefeld en 1829, mort en 1856. Il fut élevé à Le pzig, et étudia, à partir de 1847, à l'université de cette ville, l'astronomie et les sciences naturelles. Après avoir perfectionné à Berlin, en 1851, ses connaissances astronomiques sous la direction d'Enke, il devint, ht même année, aide de Hind à l'observatoire de Bishop à Londres, et eut une part notable aux travaux et aux découvertes de cet astronome. En 1853, le gouvernement anglais le plaça à la tète d'une expédition chargée d'aller en Afrique continuer les recherches ue Richardson. de Barlh et d'Overwey. Pourvu d iiisiruetions précises, d'excédents instruments et d'abondantes ressources pécuniaires, il s'embarqua le 20 février 1853 pour Tripoli, et, après avoir fait quelques excursions dans les environs de celte ville, se mit en marche pour le Boruou, en suivant la rouie ordinaire. Le 5 août il atteignit Mouizouk, et, après un long voyage à travers le désert, parvint, le

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13 janvier 1854, à Kouka, capitale du Bornou, qu'il avait choisie, comme ses devanciers, Denham et Clapperton, Barth et Overweg, pour le point de départ de ses expéditions futures. Après avoir fait quelques petites excursions dans les environs de cette ville, il accompagna, du 24 mars jusqu'au milieu de juin, le cheik de Bornou à uno chasse aux esclaves dans les pays de Mousgou et de Tabori et eut ainsi l'occasion de pénétrer un peu plus avant au sud que Barth et Overweg. Le 19 juillet 1854, il entreprit une expédition au plateau de Mandara, mais il se vit retenu prisonnier plus d'un mois à Mara, capitale de cette contrée, et fut même menacé de mort, à l'instigation du cheik de Bornou, qui lui était devenu hostile. Il parvint à s'enfuir dans la province d'Udié (Bornou méridional), et y reçut l'heureuse nouvelle que le cheik de Bornou avait été détrôné, et que son prédécesseur, Omar, était re\enu au pouvoir. Pendant un voyage qu'il fit à Siuder, dans la seconde moitié de novembre, il rencontra Barth, le 1er décembre, au-dessous de Boundi. Il revint de Sinder a Kouka, le 29 décembre, et y passa quelques semaines avec Barth. Le 20 janvier 1855, il se mit en marche pour Yakoba, qu'il atteignit heureusement, vers le milieu de mars, et où il fut frappé d'une dangereuse maladie. A peine rétabli, il poursuivit sa route vers le Benoué, qu'il traversa le 30 avril dans le Hamarroua; mais, comme il lui fut impossible de s'avancer jusqu'à Yola, capitale de l'Adamaoua, il revint par une autre route à Yakoba. De là, il repartit une seconde fois pour le Benoué, et parvint jusqu'à la capitale du Kouana, qui est située au sud de ce fleuve. En novembre il se remit en route pour le Bornou par Yakoba, et arriva à Kouka le 1er décembre. C'est là tout ce qu'on a pu apprendre par les manuscrits de Vogel; ce n'est que plus tard que l'on a connu le sort de l'infortuné voyageur. On sait aujourd'hui qu'il quitta Kouka le icr janvier 1856, pour s aventurer à l'Kst dans les régions du Nil ; qu'il fit route sur la côte méridionale du lac Tsad, par Filtri, Yao, Birket- Fatiina, Bororit et Wara, capitale du Ouadai, qu'il atteignit cette ville vers le 25 janvier et qu'il y fut mis à mort le 8 février par ordre du sultan. Quoique Vogel n'ait pu laisser une relation étendue de son voyage, on lui doit cependant des renseignements précieux sur la situation des localités et des montagnes du nord de l'Afrique, ainsi que sur la géographie de cette contrée. L'incertitude où l'on était demeuré sur son sort pendant plusieurs années provoqua l'envoi à sa recherche de plusieurs expéditions, telles que celles de Neimaiis, de Cuny, de Beurmann, de Heuglin, qui ont presque tous trouvé la mort en Afrique. La sœur de Vogel, Elise Vogel-Polko, a écrit sa biographie sous ce titre : Souvenir sur un homme qui a cessé de donner signe de vie; Noies et lettres écrites par Edouard Vogel et à son sujet (Leipzig, 1863).

VOGËL (Charles), médecin allemand, né à Dessau en 1798, mort en 1837. Reçu docteur à Halle, il exerça d'abord la pratique de son art à l.iegnitzet devint, en 1526, médecin de la cour de Weimar. On a de lui : De Pancreatis nosologia generali (Halle, 1819, in-S°) ; Mémoire de médecine pratique (Liegnitz , 1821-1826); Essai d'une nouvelle exposition de ta médecine pratique (Berlin, 1830, in-8°); Principes de médecine pratique (Iéna, 1832. iu-S°)i la Dernière maladie de Gœthe, dissertation insérée dans le Journal de médecine de Hufeland.

VOGEL (Théodore) , botaniste allemand, né vers 1810, mort en 1841. Il fit ses études à l'université de Berlin, où il s'occupa surtout de sciences naturelles, et, après avoir été reçu docteur en philosophie, il fut nommé professeur de botanique à l'université do Bonn. Deux mémoires qu'il avait publiés, l'un en collaboration avec Schteiden Sur le développement de l'albumine dans les plantes légumineuses, et l'autre, seul, sous le litre de Monographie du genre Cassia, prouvent qu'il appartenait à cette école de botanistes physiologistes, qui depuis un quart de siècle ont fait faire de si grands progrès à la botanique scientifique. Eu 1841, il fut adjoint, comme botaniste, à l'expédition envoyée par l'Angleterre pour explorer le bassin du Niger ; mais, à peine débarqué en Afrique, il fut atteint de la fièvre qui enleva la plus grande partie des membres de l'expéditiou et succomba lui-même à Fernando-Po, après six mois de souffrances.

VOGEL (Charles), économiste et statisticien français, né à Strasbourg en ISIS. Il entra en 1843 au ministère du commerce, comme employé à la division du commerce extérieur et y resta attaché jusqu'en 1868. A cette époque, M. Vogel devint secrétaire du prince Charles de Roumanie, qui l'a nommé depuis conseiller intime et chef de son cabine:.. Ou lui doit, entre autres ouvrages : le Portugal et ses colonies (1860, in-8°) ; Du commerce et des progrès de la puissance commerciale de l'Angleterre et de ta France (1864- 1867, 2 vol. in-8°) ; le Monde terrestre (1876), précis de géographie qui parait par livraisons et des traductions d'ouviages allemands : la Constitution de l'Angleterre , par Fischel; l'Histoire du commerce de toutes les nations, par Scherer ; les Moeurs romaines du règne

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d'Auguste à la fin des Antonins, par Friedlaender, etc.

VOGEI- DE FALCKENSTE1N (Ernest-Frédérie-Edouard ) , général prussien, né en 1797. Son oncle, le prince-évêque de Breslau, le destinait à l'état ecclésiastique ; mais, lorsqu'en 1813 la jeunesse allemande courut aux armes pour repousser l'invasion française, il s'engagea comme volontaire dans un régiment d'infanterie. La même année il fut promu officier, et, pendant la campagne de 1814, reçut la crois de fer, après le combat de Montmirail. Comme tous les officiers de son bataillon avaient été blessés, il en fut, pendant longtemps le seul chef, bien qu'il eût à peine atteint sa dix-septième année. Durant la longue période de paix qui Suivit, il s'éleva lentement aux grades supérieurs, et, en dehors de ses études militaires, s'occupa de dessin et de peinture, circonstance qui le mit en relation avec le prince royal, plus tard roi sous le nom de Frédéric-Guillaume IV, par lequel il fut'chargé d'établir des ateliers de peinture sur verre. Lors des journées de mars 1848, il commandait un bataillon du régiment de l'empereur François, avec lequel il fit ensuite la première campagne de Danemark. Nommé, peu après, chef de l'état-major général du commandant en chef des marches, il suivit le général rie Wrangel dans ses grandes manœuvres de cavalerie en Russie, puis à Constantinople, et fut promu, en 1855, au grade de général. Lors de l'explosion de la guerre de Danemark, en 1864, il redevint chef de l'état-major du feid-maréehal de Wrangel, et, lorsque le prince Frédéric-Charles eut pris le commandement en chef, il fut appelé au commandement du 3° corps d'armée, qui occupa le Jutland. A la paix, il passa au commandement général du 7° corps d'armée, et fut promu, en 1865, général d'infanterie. Au début de la guerre de 1866, il envahit le Hanovre, vers le milieu de juin, et, le 28 juin, força l'armée hanovrienne à capituler. Ce fut alors qu'il commença avec ses trois divisions, qui reçurent le nom d'Armée du Mein, cette série de brillantes opérations contre les troupes des Etats du sud de l'Allemagne, deux fois supérieures en nombre.

Le 1er juillet, il concentra ses troupes près d'Eisenach, afin de se jeter entre l'armée bavaroise, qui occupait la vtillée de Fulda, et le 8e corps de l'armée de la Confédération, qui -se trouvait alors près d'Herford. Après le combat de Dermbach (4 juillet), il s'empara de Fulda, puis franchit, le 9 juillet, la frontière bavaroise, et, le 10 juillet, battit près de Kissingen et d'Hammelburg, les Bavarois, qui se mirent en retraite sur Schweinfurt. Le général Vogel marcha alors à l'improviste sur Aschafl'enbourg, et battit près de cette ville les Autrichiens, après avoir battu la veille, près de Fronhofen et de Laufach une division de l'armée hessoise. Ayant reçu l'ordre d'occuper les pays situés au nord du Mein, il se dirigea sur Francfort, où il entra le 16 juillet Au milieu de ses succès, il fut nommé gouverneur général de la Bohême et dut céder son commandement au général de Manteuffel. Après la conclusion de la paix, il fut appelé au commandement général du 1« corps d'armée et reçut, en récompense de ses services, une riche dotation, qui lui permit d'acheter au prince héritier d Augustenbourg la seigneurie de Dolzig. Elu député au Reichstag de la confédération germanique du Nord, en 1867, il y siéga parmi les membres hostiles à toutes les idées libérales. Après la déclaration de guerre entre la France et la Prusse, le général Vogel de Falckenstein devint, le 25 juillet 1870, gouverneur de i'ex-royaume de Hanovre et du duché de l'Elbe et commandant en chef des forces militaires chargées de défendre les côtes de la Baltique en cas de débarquement d'une armée française. Dans ce but, il fit éteindre les phares et bouées lumineuses du littoral, organisa des corps de marins et rit harceler la flotte française par de légers bateaux. Cette flotte, du tvste, qui ne portait aucun corps de débarquement, fit une expédition sans résultat, et, lorsque l'écrasement de nos armées eut réduit la France à l'impuissance, les troupes de réserve du général Vogel vinrent occuper des villes de notre territoire. Arrivé à un grand âge, ce général a été mis à la retraite en janvier 1874.

VOGEL DE VOGELSTE1N (Charles-Chrétien), peintre allemand, né à Wildenfels en 1788, mort en 1868. Il reçut de son père les premières leçons de son art, suivit quelque temps les cours de l'Académie de Dresde et partit en 1808 pour Saint-Pétersbourg, où il s'acquit une certaine réputation comme peintre de portraits. En 1813, il se rendit en Italie, où il se convertit plus tard au catholicisme, et résida tour à tour à Rome, à Naples et à Florence. A Rome, il fit le portrait du pape Pie VII, qui lui avait été commandé par le roi de Saxe, Frédéric-Auguste, puis ceux de Thorwalden et du roi de Hollande, Louis. En 1820, il fut nommé professeur à l'Académie de Dresde et y devint, quatre ans plus tard, peintre de la cour. Ce fut à cette époque qu'il exécuta le portrait en buste et le portrait en pied du roi de Saxe. De 1826 h 1829, il fut occupé à peindre à la fresque, dans la nouvelle chapelle de Pilnitz, des épisodes de la vie de la vierge Marie, et revint en 1842 à Rome pour y exécuter une grande toile, empruntée à la

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