V. CHANGEANT
VOLAILLE s. f. (vo-la-lle; II mil. — lat. vohuilia, animaux qui volent, oiseaux; de volutitis, qui vole, formé de volare, voler. V. ce dernier mot). Oiseaux de basse-cour, et particulièrement gallinacés qu'on élève en domesticité : Elever de Za'voLAiLLE. Faire le commerce de la volaille. Il faut tenir la volaille dans une enceinte close, si l'on veut augmenter le revenu de la maison rurale. (Th. de Berneaud.) Hachée, l'ortie est bonne pour la volaille. (V. Hugo.) Ma partie en mon pré laisse aller sa volaille.
Racikg.
H Oiseau de basse-cour : Manger une volaille. Les civettes cherchent, comme les renards, à entrer dans les basses-cours pour emporter les volailles. (Buff.)
— Pop, Femme débauchée ou méprisable.
— Encycl. Sous ce nom, comme autrefois sous celui de poulaitle, on comprend tous les oiseaux, poules, canards, pigeons, dindons,etc, qui s'élèvent dans la basse-cour et forment à la fois un agrément pour la ferme, un passetemps pour ses habitants, une ressource variée pour le ménage, souvent même une spéculation avantageuse. Mais il faut pour cela que la volaille soit bien gouvernée. 11 est bon aussi de n'élever qu'un nombre d'oiseaux proportionné à l'étendue de l'exploitation ou aux ressources dont on dispose. Dans certains pays, comme le Maine, la Bresse, la C'ampine, etc., l'élève de la volaille est arrivée à un haut degré de perfection. Les volailles sont sujettes à la pépie, à la mue, à i'ophthalmie, à la goutte, aux tumeurs, etc. V. ces mots et BASSE-COUR.
— Hygiène. Les volailles constituent un des aliments de l'homme. Les espèces de volaille
VOLA
dont il se sert le plus sont au nombre de quatre, que, par ordre de digestibilité, nous classerons ainsi: 1» le poulet; 2° le dindon; 30 le canard ; i» l'oie. La composition de la libre musculaire de ces animaux, le peu de densité de leur fibrine, la petite quantité de gélatine qui sépare les mailles de leurs tissus, la faible proportion d'osmazome qu'ils contiennent, expliquent leur facile digestion. Les volailles se digèrent d'autant mieux qu'elles sont plus jeunes. Lorsque ces animaux sont vieux, les fibrilles musculaires se rapprochent, se condensent et durcissent. Cependant, le canard et surtout l'oie sont d'une digestion plus difficile que le poulet et le dindon; cela tient à la densité plus grande de leurs fibres, ainsi qu'à leur plus grande quantité de graisse. La densité musculaire explique la digestion assez difficile des oiseaux aquatiques. La condition de domesticité rend leur chair plus molle, plus soluble dans le suc gastrique que l'état sauvage, La manière de les élever exerce également une influence sur la nature de leur chair. Renfermés et nourris à satiété, ces animaux deviennent plus gros, plus chargés de graisse et plus indigestes. Le mode de préparation influe sur leur digestibilité. Lorsque la volaille est grillée, elle est dans les" meilleures conditions; on peut même la considérer comme supérieure à la volaille rôtie; lorsqu'elle est bouillie, sa faculté digestive diminue. Les parties de la volaille les plus tendres sont naturellement celles dont l'animal sa sert le moins. Aussi les ailes sont toujours plus tendres que les cuisses.
VOLAILLER s. m. (vo-la-llé; Il mil. — rad. volaille). Marchand de volaille, il Peu usité.
— Lieu où l'on élève la volaille. Il Peu
VOLAIN s. m. (vo-lain). Techn. Serpe de
cerclier.
VOLANE(la), petite rivière de France (Ardèche). Elle descend du versant méridional de la chaîne du Coiron, près de Mézillac, court au S.-E., baigne Antraigues, Vais et se jette dans l'Ardèche, près du village de La Bégude, après un cours de 25 kiloin. dans une étroite vallée, riche en accidents basaltiques et en sources minérales. Les eaux de cette rivière, très-limpides et très-poissonneuses, font mouvoir un grand nombre de filatures et de moulins à saie.
VOLANGE, acteur français de la fin du xviiiosiècle.dont la réputation fugitive fut immense, grâce à sa comique et spirituelle création du type de Janot. liétaitfils d'un notaire de Nantes. On ignore la date de sa naissance. 11 passa aux colonies et joua la comédie à Saint-Domingue. Il parut pour la première fois à Paris en 1779, sur le petit théâtre des Variétés-Amusantes, situé au coin de la rue de Bondy et de la rue de Lancry, et y attira la foule par sa façon d'interpréter les rôles de niais. Janot, personnage d'une pièce de Dorvigny,les Battus payent l'amende, devint, grâce à son jeu inimitable, un des types comiques les plus caractérisés. Les comédiens du Théâtre-Français déclarèrent Volange le premier dans son genre et vinrent l'applaudir; le peuple accourut en foule, puis la ville, puis la cour. La famille royale le manda à Versailles, et Janot fut modelé en biscuit de Sèvres. La gravure reproduisit ses traits et ses diverses attitudes. On le mit sur les éventails, et tout fut bientôt à la Janot, les modes, les coiffures. Il y eue même un potage à la Janot. Le prodigieux succès qu'avait obtenu Volange lui donna l'ambition de se montrer sur une scène plus élevée. 11 obtint un ordre de début pour la Comédie-Italienne. Ce fut le 22 février 1780 que Volange débuta aux Italiens dans les Trois jumeaux vénitiens. Janrnis la curiosité ne fut plus vivement excitée. Il faut lire les récits du temps pour s'en faire une idée. Il y eut e.ncombremant et batailles; plusieurs cnbales se croisaient, et les janotistes des boulevards, furieux de se voir enlever leur idole, redemandaient leur Janot à grands cris pour le ramener aux tréteaux. Son second début attira autant de inonde que le premier; mais, obligé de varier ses rôles, il se montra ensuite dans les Fausses confidences, dans le Tonnelier et dans quelques autres pièces du répertoire où il ne s'éleva pas à la hauteur de sa réputation; trouvant d'ailleurs qu'il était traité par ses nouveaux camarades d'une façon trop peu convenable, il revint sagement au boulevard; le publie l'y suivit et lui rendit toute sa faveur. Lorsque le théâtre des Variétés- Amusantes s'établit au Palais-Royal, dans une salle de bois, à l'endroit où s'est élevée depuis la salle du Théâtre-Français, Volange rit partie de la troupe qui y jouait, et qui réunissait à ses côtés une collection de comiques des plus rares, Bordier, Baulieu, Michoi , Baptiste cadet, Frogères. Il y excella dans Gilles ravisseur.
La fortune de Volange fut un instant assez brillante; il eut la fantaisie d'être seigneur de village. 11 acheta un château avec toutes sortes de droits seigneuriaux; il eut son banc à l'église, son morceau de pain bénit, et le curé l'encensai On ignore si monseigneur Janot perdit son château avant ou après la Révolution ; mais, en 1790 et 1791, il jouait à Bordeaux, et, en 1798, il était au théâtre Moutansier, où il reprenait son ancien répertoire ; il alla ensuite donner
VOLA
des représentations en province et mourut dans un état voisin de l'indigence.
VOLANT, ANTE adj. (vo-Ian, an-te — rad. voler). Qui vole ; qui a la faculté de voler, de se soutenir et de se mouvoir dans les airs : Poissons volants. Le dragon ou le reptile volant de la Fable avait disputé à l'homme la possession de la terre. (L. Figuier.)
— Léger; entraîné et agité par l'air •
Muses, qu'avez-vous fait de ces robes volantes. Avec quoi, dans les bois, on vous voyait dansert
La Font ime.
Il Qui n'est pas retenu, qui n'est pas fixé, qui se meut librement autour d'un point de suspension : Une corde volante.
— Que l'on change de place à volonté, qui est mobile : Cabestan volant. Manœuvre volante. Escalier volant. Cloison volante. Le plus poétique tableau qu'offrit la fête de San-Gallo, c'était la boutigue volante du célèbre Zamarica, le prince des faiseurs de beignets. (P. de Musset.)
— Qui ko fait d'une manière isolée, et non point d'une manière fixe et réglée : J'allai, il y a environ quarante ans, fuire wie visite volante au curé de Dreguier , homme de grande taille, et dont l'appétit avait une réputation bailliagère. (Brill.-Sav.)
— Feuille volante , Simple feuille d'impression ou d'écriture, qui n'est attachée à aucune autre : Son discours était écrit sur des feuilles volantes, tl Brochure de peu d'étendue ; Les feuilles volantes sont la perte de la littérature. (Volt.) La Français léger ne fait cas que des lourds volumes; le gros Anglais veut mettre tout en feuilles volantes. (P.-L. Courier.)
— Cachet volant, Cachet que l'on fixe sur le pli supérieur seulement de la lettre ou de l'enveloppe, de façon que celle-ci ne soit réellement pas cachetée, et qu'on puisse la lire suns rompre le cachet.
— Fam. Pislole volante, Pistole qu'on suppose revenir toujours à celui qui l'a dépensée, et qui explique comment il a toujours rie l'argent malgré ses. prodigalités : Cet homme est d'une étonnante prodigalité, il faut qu'il ait la pistole volante. (Acad.)
Il Vieille loc.
— Hist. Escadron volant, Cardinaux qui, dans un conclave, ne s'attachent au paru d-'aucune cour.
— Blas. Se dit des oiseaux et des insectes qui ont les ailes étendues : Borel du Cham' bon : D'azur, à la colombe volante d'argent, au soleil d'or, mouvant de l'angle dextre supérieur.
— Pyrotechn. Fusée votante, Fusée attachée à une baguette qui s'élève d'elle-même en l'air quand on y a mis le feu : On tira à cette fête un grand nombre de fusées volantes. (Acad.) « Fig. Traits d'esprit brillants : Ses idées sont un feu d'artifice toujours en fusées volantes. (Volt.)
— Art mil. Camp volant , Petite armée composée surtout de cavalerie, qui tient la campagne pour faire des courses sur les ennemis ou pour les observer : Commander un camp volant. Il Artillerie volante, Artillerie à traction de chevaux, qui se transporte avec une grande rapidité. On l'appelle plus ordinairement, aujourd'hui, artillerie légère. It Pont volant, Pont qu'on jette à volonté pour le passage d'un cours d'eau.
0 Sape votante, Travail de tranchée en rase campagne, que l'on protège par des gabions qu'on déplace à mesure que le travail avance.
— Econ. doraest., Assiettes volantes, Assiettes qui ne font point partie du service, et sur lesquelles on apporte quelques mets légers.
— Méd. Petite vérole volante, Nom vulgaire de la varicelle.
~ Ichthyol. Se dit de divers poissons appartenant aux genres épinoche ou gastré, pégase, trigle, etc., qui sont munis d'appareils au moyen desquels ils peuvent se soutenir plus ou moins longtemps dans l'air.
VOLANT s. m. {vo-lan — rad, voler).
Petit projectile léger, garni d'un rang de plumes, qu'on fait voler en le frappant avec une raquette ou avec une palette; jeu auquel on se livre avec ce proj&ctile ; Un volant mai emplumé. Jouer au volant. Il On ne se met point en garde contre un volant gui tombe, it ne fait de mal à personne. (J.-J. Rouss.)
... Nous voyons ces messieurs les galants Marcher éearquillés ainsi que des volants.
Mouère.
— Fig. Personne sans volonté, sans énergie, ballottée entre des influences contraires, comme un volant que les joueurs se renvoient l'un k l'autre : L'homme, cet être im-. mortel, n'est qu'un volant que le vin et les femmes se renvoient comme des raquettes. (Tobin.)
— Mécan. Arbre garni de palettes, qui sert à modérer la rapidité d'un mouvement circulaire : Le volant d'une pendule, d'un tournebroche. Il Aile de moulin à vent: Baccommoder un volant de moulin. Remettre Un volant à un moulin. (Acad.) Il Roue trèspesante, fixée sur l'arbre d'une machine à vapeur, pour en régulariser le mouvement
VOLA
et lui faire franchir les points morts, & l'aide de la vitesse acquise.
— Techn, Axe de fer qui, dans les machines de filature appelées batteurs, frappe avec une grande rapidité la matière textile pour en chasser les corps étrangers. On l'appelle aussi Frapfkur. il Organe des machines a carder, consistant en un cylindre placé u la gauche des chapeaux, qui tourne avec une extrême vitesse, et dont les dents sont presque droites, au lieu d'être courbes comme celles des autres cylindres. Il Caisse supérieure ou inférieure d'un soufflet de forge, suivant sa construction, celle qui est mise en mouvement.
— Modes. Garniture en dentelle ou en "étoffe tuyautée, que l'on dispose autour des jupes de femme, au bus lorsqu'il n'y en a qu'une, et k diverses hauteurs lorsqu'il y en a davantage : Robe à trois, à quatre volants. Mettre un volant à sa robe.
— Chasse. Perche pliante sur laquelle on dispose des gluaux.
— Entom. Volant doré, Espèce de lépidoptère nocturne.
— Bot. Volant d'eau, Nom vulgaire d'une plante aquatique de la famille des nnïadées.
Il Volant des étangs, Nom vulgaire du nymphéa blanc.
— Arboric. Grosse serpe attachée à une perche, avec laquelle on taille les arbres.
— Hortic. Instrument employé dans les jardins, pour tondre les gazons. On l'appelle
aussi FAUCHERON.
— Encycl. Méean. Les volants qu'on adapte aux arbres destinés k transmettre l'action des moteurs sont des anneaux massifs, de poids et de rayon considérables, dont l'inertie est employée à régulariser le mouvement de la machine. On donne à la section transversale de l'anneau la forme elliptique, le
w grand axe dirigé vers le centre, afin de diminuer la résistance de l'air; l'anneau est calé sur l'arbre et doit être aussi exactement centré que possible; il est relié à l'embrasse de l'arbre par des bcas amincis dans le sens où le mouvement doit se produire.
Quelle que soit l'irrégularité d'action d'un moteur, on peut toujours, en employant un volant convenable, restreindre les variations de vitesse de la machine dans les limites que l'on veut. Il suffit pour cela de faire que le volant ait par rapport à l'axe de l'arbre un moment d'inertie suffisant ; lorsque l'action du moteur est momentanément ralentie, une petite partie de la force vive du volant s'emploie à maintenir la vitesse générale à peu près égale à ce qu'elle était ; au contraire, lorsque la farce motrice subit une petite modification, l'excès du travail qu'elle produit s'emmagasine sous forme de force vive dans le volant, sans accroissement sensible de la vitesse générale. L'intervention des volants dans l'établissement des usines est de la plus grande importance; en effet, les trop grandes variations dans la vitesse nuiraient d'abord à la conservation des pièces en occasionnant des flexions, des compressions ou des étirements, mais elles nuiraient aussi généralement a la bonne exécution du travail qu'on aurait en vue.
La détermination rigoureuse du moment d'inertie à donner à un volant, dans le but d'obtenir un effet complètement défini, peut
Îirésenter de grandes difficultés analytiques, orsque l'énergie de la force 'motrice varie suivant une loi compliquée. Mais la pratique n'exige pas l'intervention de calculs bien compliqués; on peut toujours, en effet, substituer à l'effùit variable du moteur son effort moyen, calculé assez approximativement.
Dans ce qui va suivre nous supposerons que la machine motrice soit une machine à vapeur, ce qui serait l'un des cas les plus compliqués, la tension de la vapeur changeant d'une manière continue pendant toute la durée de la période de détente, et même probablement selon que la lumière d'admission est plus ou moins ouverte; mais nous supposerons k cette tension sa valeur moyenne de manière que la seule variable dont dépende le moment de la force motrice par rapport k l'axe de l'arbre soit le bras de levier de cette force. .
La machine peut être à simple ou à double effet; enfin deux machines peuvent être couplées sur le même arbre, comme cela a lieu dans les locomobiles. Nous examinerons ces trois cas successivement; ensuite nous traiterons la question des volants d'outils, dont l'utilité, aussi grande que celle du votant principal, tient cependant à une condition toute différente.
— Manivelle à simple effet. Supposons d'abord que la force motrice P, dirigée comme l'indique la flèche, n'agisse que pendant un demi-tour de la manivelle, de A en A', tandis que la résistance Q agira pendant toute la durée du mouvement ; soient a la longueur de la manivelle OB et 6 le rayon de la roue a laquelle la résistance est appliquée tangentielleuienl; la force motrice conservant une intensi é et une direction constantes, le travail moteur pour le tour entier sera
P x AA' ou 2aP;
quant au travail résistant, il sera représenté parîsÈQ. Pour que la machine soit dans un état normal de fonctionnement, il faudra que
VOLA
le travail moteur égale le travail résistant; ainsi la condition
«P = nAQ doit être l'hypothèse fondamentale dans la question qui nous occupe. L'accélération an-
gulaire — de l arbre soumis aux actions si-
at multanées des forces P et Q est le quotient de
vP
Fig- i.
la différence des moments de ces deux forces, par rapport k l'axe, par le moment d'inertie de l'ensemble des pièces portées par l'arbre. Lu vitesse angulaire est donc maximum ou minimum lorsque les moments des deux forres sont éfjaux. Soit x l'angle variable AOB décrit par la manivelle, à partir du point mort A, et xi sa valeur à l'instant où la vitesse est maximum ou minimum; le moment de la puissance est toujours Pa sin x;
l'angle xlt pour lequel ta vitesse angulaire est maximum ou minimum, est donc donné par la formule
Pa sin it = Q6;
les deux angles auxquels correspondent le maximum et le minimum sont donc
. Qà .1
arc sin — ou arc sin -.
Pa k
Le plus petit de ces deux angles, supplémentaires l'un de l'autre, est de 18033', 4. C'est évidemment celui auquel correspond le minimum, car de A en B le moment de la puissance étant moins grand que celui de la résistance, la vitesse doit aller en diminuant. Le maximum arrive au contraire en B'. Cela posé, on aura une relation entre les deux vitesses maximum et minimum w et w' en égalant l'accroissement de force vive au double de l'excès du travail moteur sur le travail résistant dans l'intervalle correspondant. Le travail moteur, dans cet intervalle, est évidemment
2Pa cos xx ou 2Pa
quant au travail résistant, sa valeur est
2r.Qb
18QQ — 2Xt 360" '
et comme
Pa = «Q6,
la différence est 2Pa
rt / l 180° — gaQ
LVl" 860!» J'
en désignant donc par I le moment d'inertie de l'arbre joint au volant, la relation cherchée entre w et w' s'exprime par
= 2Pa
F / 1 180° — ga:i1 LV1-^- " 360° J'
En effectuant trouve
les calculs numériques, on
L'équation précédente se réduit donc k - I(to' — w") = ZPa x 0,5521.
La question est de diminuer le plus possible la différence ic — -m',- on peut s'imposer la condition de la réduire au «iêma Je la vitesse moyenne; Cette vitesse moyenne peut être considérée comme égale à
- (to + u>') ;
en la désignant par W, l'équation de condition devient
-IW = 2Po X 0,5521.
Dans cette équation, le travail moteur pour un tour, 2Pu, est naturellement connu d'avance; il dépend de la nature de la machine motrice ; la vitesse moyenne W, à laquelle on veut faire marcher lu machine, est aussi connue; la seule inconnue est donc la quantité I, ou la somme des moments d'inertie do l'arbre et du volant; le moment d'inertie de l'arbre étant connu, on peut obtenir celui du volant.
VOLA
— Manivelle à double effet. Si la force P agit constamment pendant tout le temps que le bouton de la manivelle met à parcourir la circonférence, mais qu'elle se renverse lorsque le bouton arrive à l'un des points morts A ou A', son action devient plus uniforme, et le volant, par suite, n'a plus k exercer une action régulatrice aussi considérable ; la masse peut en être par conséquent diminuée,
La condition de permanence est alors
*Pa = 2*ÈQ ou 2Po = *4Q ;
l'angle i, décrit à partir du point mort A par le bouton de la manivelle, au moment où l'accélération angulaire est nulle, est toujours donné par l'équation
Qô = Pa sin x, ;
mais il en résulte alors
sin x, = - et xt = 39°32',4.
Fig. 2.
Du reste, cet angle correspond k deux minimums B et B" et à deux maximums B' et B'". En achevant le calcul, comme dans le cas précédent, on obtient
- l.W = 0,1052.-lPû.
Le moment d'inertie I n'est plus alors que la fraction
de ee qu'il devait être dans le cas précédent.
— Machines couplées. On diminue encore les variations de la vitesse, ou, ce qui revient au même, on réduit les dimensions du volant nécessaire pour obtenir l'uniformité, en faisant agir simultanément sur l'arbre deux machines reliées a des manivelles à angle droit, de sorte que, lorsque le bouton de l'une d'elles passe k un point mort, celui de l'autre se trouve, au contraire, dans la position où la force qui y est appliquée obtient son effet maximum.
L'équation de permanence est alors
8Pa = 2«Q6 ou 4Pa = sQA;
l'angle décrit à partir du point mort A par le bouton de l'une des manivelles, au moment où l'accélération angulaire est nulle, est donné par l'équation
Q6 = Pa(sin x,, -f- cos xt),
et il résulte de la combinaison de cette équation avec la précédente
sin x, + cos x, = '-.
On en conclut
xt = 19012' ou x, + 70°4S'.
Il y a ainsi quatre minimums et quatre maximums, mais on ne voit plus immédiatement à quelles positions du système des deux manivelles correspondent le minimum et le maximum. Pour savoir ce qu'il en est, il faut faire le calcul dans une hypothèse particulière. Supposons donc que le bouton de l'une des manivelles soit en A, la somme des moments des deux forces P se réduira alors à Pa, celui de la force Q sera toujours QA;or, en vertu de la condition
Pa = jQ6,
on voit que la somme Pa des moments moteurs sera moindre que le moment résistant
QA, puisque -est moindre que 1 ; la vitesse k
ce moment diminuera donc, et, par suite, elle diminuera jusqu'à ce que la manivelle qui passait en A ait décrit un angle de 19,J12', qui, ainsi, correspond k un minimum ; l'angle de 70°48', au contraire, doit par conséquent correspondre à un maximum.
Cela posé, en cherchant toujours à réduire
k - de la demi-somme des vitesses minimum
n et maximum la différence de ces deux vitesses, on parvient à la condition
-1\V' = 0,0106.8Pa.
Le moment d'inertie I n'est donc plus que la fraction
VOLA
de ce qu'il devait être dans le cas de la machine a double effet et seulement la fraction
de ce qu'il devait être dans celui de la machine k simple effet.
Il faut remarquer que les chiffres 5521, 1052 et 106 ont été établis en supposant les bielles indéfinies; ces chiffres doivent être un peu augmentés pour se trouver d'accord avec les conditions pratiques.
La fraction - est naturellement arbitraire; n
on prend n d'autant plus grand que le travail k effectuer exige une plus grande régularité. Dans les filatures, où l'uniformité absolue serait presque indispensable, on va pour n jusqu'à 32; la masse du volant croissant avec 11, on ne peut guère aller au delà. Le votant doit toujours être solidement calé 'sur l'arbre, sans quoi les changements de vitesse amèneraient des chocs graves lorsque la pression changerait de sens. La force centrifuge qui tend les bras est trèsconsidérable; il faut que la section transversale de ces bras soit calculée de manière que la résistance soit suffisante, la rupture pouvant, dans bien des cas, avoir des conséquences très-graves et présenter de grands dangers. Les variations brusques de vitesse donneraient naissance à une autre force dont l'effet serait de faire fléchir les bras dans une direction tangentielle et qui pourrait aussi bien les briser. L'arrêt brusque de la machine peut donc offrir aussi de sérieux dangers.
— Votants d'outils. Les différentes machines-outils d'un atelier reçoivent ordinairement le mouvemen t d'arbres secondaires dont chacun en mène plusieurs. Chaque renvoi se fait à l'aide d'une courroie passée sur deux poulies calées l'une sur l'arbre moteur, l'autre sur l'arbre lié aux engrenages qui doivent mener l'outil. Or, on dispose toujours un petit 00lant près de chaque poulie de renvoi, sur l'arbre lié k l'outil, un peu en arrière de la poulie, c'est-à-dire du côté opposé à celui qui conduit k la machine motrice. Ces volants secondaires jouent un rôle important qu'il
s'agit de faire concevoir. Considérons deux arbres 0 et o' auxquels soient appliquées la puissance P et la résistance Q tangetitiellement k des roues de rayons a et c ; soient, d'ailleurs, A et d les rayons des poulies da renvoi, I et I' les moments d'inertie ries deux arbres et T la tension de la courroie sur le brin qui établit la liaison; les accélérations angulaires des deux arbres seront
du Pa — TA aV Td — Qc
dt" I 6 dt ~ V '
d'ailleurs, si la courroie ne glisse pas, t» et u' seront liées par la relation
. ,, ,, . , du du' uo = u'a, d ou A — = d— —.
dt dt
La tension variable T sera.donc fournie par l'équation
Pab—Tb' Trf' — Qcd
d'où l'on tire
Pabl'+Qcdl
d'I + b'V Tant que la machine marchera normalement,
— et, par suite, -rr seront nuls, c est la condition de permanence; on aura donc
Pa = TA et Td = Qc, d'où
Pad = Qôc.
La puissance et la résistance devront en moyenne satisfaire k cette condition, sans quoi le mouvement ou bien s'accélérerait indéfiniment, ou s'éteindrait bientôt; mais supposons que, par un cause quelconque, l'outil rencontre momentanément une résistance Pad . j, ... .. . ,
surpassant -7 — ou Q d une petite quantité A,
ta tension T sera alors
Paul' + Qcdl , hcdl
dn + bnr
VOLA
La première partie de cette expression représentant la valeur normale de T, l'acerotsse- ■ment brusque qu'aura subi cette tension sera
hcdl , cd
Cet accroissement sera d'autant moindre que
— sera plus considérable ; il y aura donc
avantage à charger l'arbre lié à l'outil.
D'un autre côté, la variation brusque subie par la tension T tendant à communiquer à l'arbre moteur une certaine accélération à laquelle il ne pourrait pas céder en raison de ses liaisons avec l'ensemble du reste des appareils, il pourrait arriver que cet arbre se tordît un peu au delà de la poulie de renvoi; il convient donc d'armer aussi l'arbre d'un petit volant calé à quelques centimètres de de cette poulie, du coté par où arrive la force motrice.
Ainsi, en résumé, les volants, a leur qualité caractéristique d'organes régulateurs, joignent encore celle .d'organes conservateurs. On les emploie dans dos circonstances exceptionnelles, où ils .prennent le nom do balanciers (v, ce mot), comme marteaux puissants. Lorsqu'un valant d'une grande masse et d'un grand ra3ron a été animé d'une grande vitesse, si la transmission du mouvement est brusquement interrompue au moyen d'un embrayage, la force vive du volant et de l'arbre auquel il est lié doit s'anéantir en un temps très-court; les surfaces qui prêtent pour cet effet leur résistance éprouvent une pression énorme, et d'autant plus grande qu'elles cèdent moins facilement, puisque dans le travail résistant, opposé à la force vive qu'il s'agit de dépenser, les deux facteurs force et chemin sont en raison inverse l'un de l'autre. On peut donc avec avantage utiliser la force vive d'un volant pour obtenir des empreintes en matière dure, telles que celles des pièces de monnaie, etc.
— Volant à aileltts. Le régulateur connu sous le nom de volant a ailettes emprunte il l'air la résistance nécessaire pour uniformiser un mouvement entretenu par une force supérieure aux résistances passives que créa le frottement. On l'adapte aux petits appareils, tels que tourne-broches, mécanismes de sonnerie des horloges et pendules, moulinets hydrauliques, anémomètres, etc. Le principe sur lequel est fondé l'usage des volants à ailettes consiste en ce' que la résistance de l'air croit plus vite que la vitesse. On admet ordinairement qu'elle croit proportionnellement au carré de cette vitesse. Soient F la force motrice qui agit à une distance a de l'axe de rotation de l'appareil, u la vitesse angulaire
. de rotation, R la résistance de l'air appliquée à la di-tance b du même axe et calculée dans l'hypothèse où la vitesse relative ob de la surface mobile par rapport à l'air est l'unité; enfin soit a l'exposant de la puissance de la vitesse.ii laquelle la résistance de l'air est
froportionuelle ; le travail de la résistance de air pour un tour sera
2*KR6(<»ft)a,
K désignant une constante, et celui de la puissance
2itFa» ; la condition de l'équilibre ou de l'uniformité du mouvement sera donc
Fa» = KRé(ufi)a.
Cette équation déterminera la vitesse maximum que l'appareil "pourra acquérir. Si l'on suppose a ■= t, elle donnera
Fa
° ~ KR6'"
La résistance R est à peu près proportionnelle à la surface totale de l'ensemble des ailettes ; quant k b, c'est la distance à l'axe du centre de poussée de l'air sur une des ailes ; on peut le regarder comme coïncidant avec le centre de gravité de la surface d'une aile, dans l'hypothèse où chaque élément superficiel de cette aile aurait Une densité froporlionnelle au carré de sa distance à axe, puisque la résistance de l'air croît proportionnellement au carré de la vitesse.
— Ichthyol. Poisson volant. V. dactyloptbhe.
VOLANTE s. f. (vo-lan-te — rad. voler). Ichthyol. Nom vulgaire de l'exocet.
VOLANUS (André), théologien protestant polonais, né dans la province de Posen en 1530, mort à Wilna en 1G10, où il était pasteur de l'Eglise réformée. Il eut, de son temps, une grande célébrité par ses controverses avec les jésuites, qui l'attaquèrent avec une extrême violence et auxquels il ne répondit pas moins vivement, Outre un grand nombre d'écrits de polémique qui eurent beaucoup de retentissement, on a de lui un remarquable ouvrage intitulé : De libertate poiitica seu civili («Jraeovie, 1582).
VOLARD s. m. (vo-lar). Pèche. Nom donné à 'le menues branches avec lesquelles on fa:tles clayonnages,
VOLATERRAN, ANE s. et adj.(vo-la-tèrran, a-ne). Gôogr. anc. Habitant de Volaterres ; qui appartient à ce pays ou à ses ha-
VOLA
bitants : Les Volatkrrans. La population
VOLATEKRANB.
VOLATERRANUS, littérateur italien V.
Maffei (Raphaël),
VOLATERRES, en latin Volaterrs, ville ancienne d'Etvurie, une des douze lucumonies. Les Romains y battirent les Etrusques en 298 av. J.-C.
VOLATIL, ILE adj, (vo-la-til, i-le — lat. volutilis ; de volare, voler). Chim. Qui se résout en vapeur ou en gaz : ffvile volatile. Alcali volatil. Substance volatile. (Acad.) Le mercure est le plus volatil de tous les métaux. (Buff.) Les étherssont de tous les liquides connus tes plus volatils. (C. de Gassicourt.)
— Fig. Dont l'action s'étend, se propage avec facilité : L'esprit est quelque chose de mobile, de vif, de pénétrant, de volatil. (L'abbé Bautain.)
VOLATILE adj. (vo-la-ti-le — lat. volati- Hs ; de volarer, voler). Qui vole, qui est organisé pour le vol : Insectes VOLATILES. La perdrix est, après la caille, la plus féconde des espèces volatiles non réduites en domesticité. (Toussenel.)
— s. m. Animal organisé pour le vol, oiseau ou insecte: Chaque arbre , chaque plante a, pour ainsi dire, roi« âme dans un volatils qui l'habile, va, vient, saule, citante on murmure autour de lui. (B. de St-P.) H La Fontaine a fait ce mot féminin :
La volatile malheureuse, Traînant l'aile et tirant le pied, Demi-morte et demi-boiteuse, Droit au logis s'en retourna.
La Fontaine.
VOLATILISABLE adj. (vo-la-ti-li za-ble
— rad. volatiliser). Chim. Qui est susceptible de se volatiliser : Minéraux volatilisables,
VOLATILISATION s. f. (vo-la-ti-li-za-sion — rad. volatiliser}. Chim. Action de volatiliser un corps, delà réduire en gaz ou en vapeur : La volatilisation du mercure, du soufre, du camphre, f.a chaleur détermine souvent la fusion et même la volatilisation ' des corps solides. (Pelouze.)
VOLATILISER v. a. ou tr. (vo-la-ti-li-zé
— rad. volatil). Chim. Réduire en gaz ou en vapeur : On volatilise le soufre pour produire la fleur de soufre.
— Fig. Rendre ténu, subtil, délicat à l'excès : Marivaux raffine, sans doure, et il subtilise; il note te Soupir, il distille une tar-me, il égrène le mot, il volatilise la pensée; on doit le respirer, et non s'en nowrir, (P. de St-Victor.)
Se volatiliser v. pr. Etre volatilisé, se dissiper en vapeur ou en gaz : L'arsenic se volatilise aisément. Beaucoup de substances doivent leur odeur àdes huiles essentielles qui
SE VOLATILISKNT.
— Fig. Devenir subtil, léger, délicat à l'excès : L'esprit SK volatilise à la lueur du feu brillant des épigrammes, des pointes; il se condense au flambeau de la logique, de la vraie philosophie. (Ch. Nod.)
VOLATILITÉ s. f. (vo-la-ti-li-té — rad.
volatil). Chim. Caractère de ce qui est volatil : La volatilité de l'élher.
— Aptitude à. voler, a s'élever, à être porté dans les airs : Au moyen de la volatilité des graines, ces pays sont devenus les lieux de la terre les plus abondants en plantes. (B. de StPierre.) L'aile, attribut essentiel de /«volatilité, est le cachet idéal de perfection dan? presque tous les règnes. (Toussenel.) il Peu usité.
— Fig. Légèreté, linesse, délicatesse extrême : La volatilité de l'esprit, de la pensée.
VOLATILLE s. f. (vo-fa-ti-lle ; Il mil. '— rad. volatile). Fart). Se dit de petites espèces d'oiseaux qui sont bons k manger : // ne leur donna à dîner que de la volatille. (Acad.) Il Peu usité.
VOLATINE s,f. (vo-!a-ti-ne — rad. voler). Mus. Trait diatonique rapide, petite roulade qui n'excède guère les bornes d'une neuvième: Volatinb descendante. Les chanteurs placent la volatinh sur les points de repos ou dans certaines finales. (C.-Blaze.)
VOL-AO-VENTs. m. (L'origine de ce terme culinaire n'est pas connue ; peut-être renferme-t-il l'idée de chose creuse et vient du latin vola, paume de la main [v. vkule]. Anciennement, on disait d'une chose de néant, d'une chose vide, vole et vain. Scheler signale le mot champenois vole, pâte bien levée. Il se pourrait aussi que 1 orthographe primitive fût vole-au-vent, et que ce terme exprimât l'extrême légèreté de la pâte que l'on emploie). Espèce de pâtisserie chaude, dans laquelle on met du poisson ou des viandes délicates, et dont les bords, assez élevés, sont de pâte feuilletée : Vol-au-vent à la ■ financière. Ce pâtissier est renommé pour ses vol-au-vent. (Acad.) Les petits pâtésau jus, tes vol-au-vent, les pâtés chauds ornent le début d'un diner. (Grimod.)
— Encycl. La pièce de pâtisserie appelée vol-au-vent se fait avec de la pâte à feuille-tage, à laquelle on donne six tours et qu'on abaisse en une nappe de om,02 d'épaisseur en-
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viron. On met ensuite sur celle nanpe un couvercle de casserole ou un moule ; on coupe tout autour avec un couteau la pâte
?ui déborde ; on renverse l'abaisse sur une èuille d'office, et avec le dos du couteau on trace tout autour de petites empreintes de distance en distance. On dore la surface avec du jaune d'oeuf ; mais la dorure ne doit pas couler sur les bords de la pâte, parce que cela l'empêcherait de lever. Alors on met le vol-au-vent dans le four ; quand il est cuit à point et de belle couleur, on le retire du four, on enlève vivement le couvercle et on retire la portion intérieure de la pâte qui n'est pas cuite. Pour ressuyer le vol-au-vent, on le présente un moment a la bouche du four ; on le met ensuite sur un plat, et il ne reste plus qu'à le garnir du ragoût qui a dû être préparé à part, et dans lequel on peut faire entrer de la fricassée de poulet, de la compote de pigeon, des quenelles de volaille, du ris de veau, de la morue à la Béchamel ou à la provençale, des filets désole, de l'anguille, etc., avec des champignons, des crêtes et des rognons de coq, et tous les ingrédients propres à relever le goût. Le volau-vent à la financière est ainsi nommé parce qu'on le garnit avec le ragoût dont nous avons donné la description au mot, financière.
VOLCAN s. m. (vol-kan— du lat. Vulcanus, Vulcain, dieu du feu). Ouverture, gouffre qui s'ouvre dans la terre, ordinairement dans une montagne, et d'où il sort de temps en temps des tourbillons de feu et des matières embrasées : Le cratère, la bouche d'un volcan. Les éruptions d'un volcan. Un volcan éteint. Un volcan est un canon d'un volume immense dont l'ouverture a souvent plus d'une demi -lieue. (Buff.) Le Vésuve est de tous les volcans celui qui a été le mieux étudié. (L. Figuier.) Les nuages pelotonnés de vapeurs qui parlent des volcans sont sillonnés d'éclairs continus. (L. Figuier.) fl Ouverture naturelle d'où il s'échappe une matière quelconque : Volcan de houe. Volcan d'eau chaude.
— Fig. Intrigue sourde, danger imminent, mais caché ; Nous sommes sur un volcan. Vous marches sur un volcan. C'est se placer, c'est dormir sur un volcan. (Acad.) L'oisiveté, qui en physique ne présente que l'idée du repos, est un volcan furieux dans l'ordre po' litique. (Lemontey.) Nos prétendus hommes d'Etat agissent toujours comme si le volcan
'révolutionnaire en était à sa dernière éruption. (E. de Gir.) Il Ce qui est ardent impétueux : Son imagination est un volcan. La tête de ce jeune homme est un volcan. (Acad.) En mil sept cent deux, mon cœur Vous déclara son ardeur; J'étais un petit volcan, Souveneî-vous-en.
DÊSAOarERS.
— Physiq. Volcan artificiel ou de Lémeri, Mélange de fleur de soufre, de limaille de fer et d'eau, qui brûle en projetant des matières incandescentes.
— Encycl. Un volcan consiste en uno crevasse qui traverse la croûte solide du globe et pénètre jusqu'au noyau en fusion, qui se trouve mis ainsi en communication avec l'extérieur par une bouche servunt à l'exhalation de la matière incandescente dans un état, solide, liquide ou gazeux. Le conduit souterrain se nomme cheminée volcanique, et son ouverture supérieure porte le nom de cratère.
Cette définition s'appliqua aux volcans en activité où éteints, pourvu que l'on reconnaisse que leur existence ne remonte pas au delà des âges modernes. M. de Hitmboldt donne de ces phénomènes une définition qui comprend tous les temps : il les regarde comme les produits et les restes de l'état de fusion par lequel a passé notre planète, sous l'influence du refroidissement qui a fini par solidifier sa surface ; de lu, la formation de produits distincts constituant les roches volcaniques anciennes, qui diffèrent des roches volcaniques modernes. Lorsqu'un volcan existe depuis longtemps, son cratère occupe presque toujours le sommet d'un cône édifié peu à peu par l'accumulation des matières expulsées j ce cône plus ou moins tronqué se trouve enté sur les couches de la plaine, qui, relevées ou disloquées, constituaient le pourtour du cratère lors de la première phase de la formation du volcan. Les cratères débouchent les uns dans la couche gazeuse qui enveloppe notre planète, les autres dans la masse d'eau qui couvre une partie de la terre ; les premiers se nomment simplement volcans, les seconds sont qualifiés de volcans sous-marins. On appelle volcans actifs ceux dont le cratère est en communication directe avec le feu central, communication qui se manifeste par divers phénomènes, tels que l'épanchement des laves ou roches en fusion, rémission de torrents de vapeurs et de gaz et la projection de divers produits fragmentaires, tels que les cendres, les scories volcaniques et les fragments de roches. Ces volcans ne sont pourtant pas toujours en activité ; ils peuvent se reposer durant des mois, des années, des siècles, des miliiers d'années, puis, tout à coup surviennent des éruptions ou paroxysmes d'une grande violence. Plus d une fois, des volcans qu'on regardait comme éteints et dont ou ne soupçonnait pas même la présence, couverts
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qu'ils étaient par de vieilles forêts ou des terres cultivées, se sont soudain réveillés do leur longassoupissement et ont jeté la terreur et la désolation dans toute la contrée environnante. On compte sur la surface de la terre 360 volcans connus en activité, dont les éruptions sont continues on intermittentes. Les volcans^en éruption permanente depuis le commencement des temps historiques, ou même seulement depuis des siècles, sonttrèsrares. Le Stromboli dans les lies Lipari, l'Amatitlan dans le Nicaragua, l'Isalco dans l'Amérique du Sud, le volcan du Fogo (une des lies du Cap-Vert) sont dans ce cas, et peut-être pourrait-on citer quelques autres exemples parmi les volcans encore peu observés de l'océan Pacifique. On connaît aussi plusieurs volcans qui sont depuis de longues années dans une phase d'activité modérée presque continuelle, interrompue de temps a autre par des éruptions relativement placides. Tels sont le Pichincha, le Popocatepetl et quelques autres de la chaîne des Andes et ceux de Barren-Island, d'Ayuna, etc. Mais le cas le plus général dans l'économie des volcans, c'est de présenter de longues phases de repos, interrompues de loin en loin par des éruptions terribles. A cette catégorie se rattachent les volcans atlantiques de l'Islande, des Açores, des Canaries, des îles du Cap- Vert, des Caraïbes, une grande partie de eaux des Cordillères, des deux Amériques; de ceux de Sumatra, de Java, des Moluques, du Japon, du Kamtchatka et des nombreux archipels du Pacifique.
Tous les volcans ne présentent pas strictement l'une ou l'autre de ces trois mnnières d'être; il en existe, au contraire, beaucoup qui passent successivement de l'une à l'autre. Ainsi le Vésuve et d'autres volcans sont restés pendant de longues périodes, des sièeles entiers, sans donner signe de vie. Le cratère du Vésuve, après l'éruption du temps de Pline en 79, s'est tellement refroidi qu'il s'est couvert de végétaux, d'arbres et <le pâturages, où, d'après la tradition, des troupeaux allaient paître. En Amérique, d'autres cratères sont remplis par de petits lacs, dans lesquels on trouve des poissons ; et la vie organique règne là où, dans des temps antérieurs dont le souvenir est resté dans la mémoire des Indiens, des éruptions ont eu lieu.
On nomme volcans éteints ceux dont l'activité ne se trouve mentionnée ni par la tradition ni par l'histoire, et qui ne sont réputés volcans que par leurs caractères extérieurs. En France, tout le plateau central est formé presque entièrement par d'anciens volcans. L'action des volcans a reçu le nom d'éruption volcanique. Il n'y a pas d'exemple d'éruptions plus ou moins importantes sans émission de fluides élastiques; ce sont les volcans ordinaires, en effet, qui soulèvent la lave des profondeurs et qui projettent dans l'air toute sorte de fragments. Ce sont, en général, des acides carbonique , sulfureux , hydrosulfureux, chlorhydrique, de l'azote plui rarement, et des vapeurs de sels métalliques, arsenic, fer, étain.
La vapeur d'eau joue le principal rôle; c'est elle qui constitue la colonne et l'épais et lourd nuage qui plane sur le volcan. Elle se résout en pluie torrentielle, en bruine ou en neige. Les acides chlorhydrique, sulfhydrique et sulfureux accompagnent toujours la vapeur d'eau; ils se dissolvent dans ce liquide et désorganisent les plantes; si le vent refoule le nuage sur la plaine, leur odeur incommode beaucoup et peut même asphyxier les animaux.
Ces gaz pénètrent souvent dans le sol environnant et leur dégagement dure pendant de longues périodes; cest le cas pour l'Auvergne, où sur plusieurs points on reconnaît le dégagement de l'acide carbonique ; duns les solfatares de Naples et de la Sicile, dans la grotte du Chien, près de Pouzzoles. Ces courants gazeux exercent sur les roches qu'ils traversent une puissante action de décomposition et déposent beaucoup de soufre. Pendant l'éruption, les gaz inflammables qui se dégagent brûlent à l'orifice volcanique sous forme de flammes légères. L'acide carbonique et l'azote apparaissent, dit-ou, seulement vers la tin de l'éruption ; mais, par contre, leurs émanations appelées mofettes se continuent plus longtemps que celles des autres gaz, et elles se présentent dans beaucoup de contrées dont les volcans, assoupis depuis bien des siècles, ont leurs cratères complétementobstrués et couverts de verdure.
Les produits solides sont assez nombreux; les volcans rejettent d'énormes blocs, provenant le plus souvent de la montagne ellemême, mais pouvant appartenir aussi à des terrains préexistants. L espace parcouru par ces débris peut donner une idée de la force des décharges. En 1533, les Espagnols commandés par Sébastien de Belelcazar furent témoins d une éruption du Cotopaxi qui recouvrit la plaine environnante, dans un rayon de plus de 6 lieues, de gros fragments de rochers, dont plusieurs mesuraient un diamètre de plus de 9 pieds. De Humboldt cite un rocher de plus de 200 tonnes qui fut lancé k une hauteur de plusieurs centaines de pieds pendant une éruption du même volcan. Comme nous l'avons déjà dit, lorsque la surface de la lave bouillante atteintun point suffisamment élevé dans la cheminée, aussitôt les explosions des fluides gazeux lancent
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dans l'air des fragments da cette lavo liquide. Quelques-uns prennent, par suite du mouvement de rotation, une forme globuleuse ellipsoïde ou piriforme, qu'ils conservent lorsqu'ils se refroidissent suffisamment avant de tomber sur le sol; ce sont les bombes ou larmfs volcaniques. Mais le plus grand nombre de fragments de lave lancés en l'air sont pâteux et ont déjà une grande consistance ; aussi se solidifient-ils rapidement, et les gaz qu'ils tiennent emprisonnés leur donnent un aspect spongieux ; ces produits ont été nommés scories, à cause de leur ressemblance avec les résidus des hauts fourneaux. Les scories provenant de roches feldspathiques ont reçu le nom de ponces. Quelques laves sont tellement liquides, visqueuses et tenaces que les lambeaux projetés à chaque explosion s'étirent en longs filaments déliés, soyeux et nacrés, offrant tout à fait l'aspect du verre filé, et si fins qu'ils flottent quelques instants dans l'air avant leur chute; ces filaments s'appellent cheveux volcaniques. Les débris des scories qui, par une irituiation prolongée, se réduisent en une sorte de graviers rugueux ont reçu le nom de pouzzolane. Enfin les débris qui sont très-fins sont les cendres volcaniques.
Les cendres volcaniques sont entraînées parfois à de grandes distances par les courants aériens, et on les a vues recouvrir des bâtiments en mer à plus de 100 lieues des côtes.
Quant aux bruits souterrains qui ont précédé certaines éruptions, ils se sont étendus quelquefois dans des rayons de 300 et 400 lieues ; mais alors la transmission avait lieu par le sol, que l'on sait meilleur conducteur du son que l'air.
La lave est le plus intéressant de tous les produits volcaniques. La lave, qui s'épanche soit du cratère, soit des crevasses, se répand en coulées qui se comportent de diverses manières, selon l'inclinaison du terrain. Le plus grand degré de fluidité qu'elle présente ne semble pas dépasser celle du miel. Sur les pentes abruptes, une grande Coulée se meut avec rapidité; elle renverse ou franchit tous les obstacles et laboure même profondément le sol; mais sitôt que les pentes diminuent, sa marche se ralentit. A une faible disiance de sa source, la coulée de lave Se recouvre rapidement d'une croûte solide conduisant si mal la chaleur, que, après qu'une maison a été entourée par la lave, les habitants peuvent se sauver en fuyant sur cette surface durcie, tandis qu'en dessous il y a une chaleur de plusieurs centaines de degrés. Cette croûte enveloppe complètement la coulée, qui se meut dans son intérieur comme dans une gafne. Lorsqu'un courant de lave rencontre un obstacle qui lui barre le passage, il peut se comporter de diverses manières; ie plus souvent, ie courant s'accumule au devant de l'obstacle et le contourne en formant un coude dont la masse est considérable ; mais si le courant est enveloppé (>ar une couche résistante qui se forme rapidement à mesure qu'il avance, il ne pourra ni refluer en arrière ni s'éiendre en largeur, et, poussé en avant par l'afflux incessant de nouvelle lave, il continuera à couler en montant, jusqu'à ce que, arrivé au sommet du pli de terrain qui lui sert de barrière, il redescende la pente et continue sa marche. Si le torrent rencontre une surface plane, perpendiculaire à sa direction, il s'arrête comme par enchantement à une très-faible distance de cette surface. Pendant la terrible éruption de 1669, la lave qui s'échappa de l'Etna détruisit sur son passage quatorze villes et coula jusqu'à Catane. Arrivée là, elle s'arrêta devant les fortifications, hautes de 20 mètres, et elle s'amoncela jusqu'à ce qu'elle fût assez élevée pour les franchir, en se précipitant par-dessus en cascades flamboyantes. Lorsqu'un torrent de lave envahit un sol marécageux, une lutte terrible s'engage entre les deux éléments; l'eau est soudainement vaporisée et de violentes explosions se produisent, lançant au loin des fragments de roches en feu. Si une grande coulée se décharge dans la mer, la lutte n'est pas moins violente; dans les points où la lave plonge sous les vagues, l'eau bondit tumultueusement et d'immenses colonnes de vapeurs s'élèvent dans l'air; mais, à une faible distance du rivage, la mer présente ses allures habituelles.
Lorsqu'un volcan va s'ouvrir, les gaz et la lave en ébullilion ébranlent l'écorce terrestre et, dans un suprême effort, la soulèvent et la crèvent pour se répandre dans l'air. Les couches sédimentaires ou les roches massives qui constituaient la plaine sont brisées en lambeaux, relevées autour du soupirail, et, ainsi disposées, elles forment l'échafaudage où s'accumulera le cône d'éruption. Autour de ce cratère, les matières rejetées s'entassent en un cône tronqué, dont les pentes varient entre 300 et 40u. tlne faible partie des laves qui descendent de l'orifice de décharge se coagule sur les pentes et forme des contre-forts. Des années ou des siècles après cette éruption, il en survient une seconde, une troisième, et ainsi de suite, et chaque paroxysme recouvre le cône de nouvelles couches soit de produits fragmentaires, soit de laves, qui viennent consolider l'édifice. Nous savons quelles quantités considérables peuvent vomir les volcans, et ainsi le cône s'étend et finit par atteindre des proportions colossales. Dès que la montagne ig-
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nivome a acquis une certaine altitude, d'au- ! très causes concourent à augmenter sa solidité et ses dimensions. Ainsi, lorsque le poids ' considérable de la colonne de lave qui monte dans ta cheminée produit des fissures, ces cavités sont aussitôt injectées par la roche en fusion, qui se coagule dans l'intérieur en agglutinant une masse de fragments; de là un nombre immense de filons qui s'entre-croisent dans toutes les directions, mais principalement suivant la verticale. Vers la base du volcan, de nombreux cônes adventifs de cendres et de scories, qui sont autant de sources de lave, sont édifiés par suite des déplacements de l'éruption. Dans la suite des temps, ces cônes adventifs sont ensevelis par des coulées de lave et par des pluies de blocs et de débris, qui s'accumulent au pied de la montagne. A mesure que le cône de déjection s'élève en hauteur et s'accroît en volume, la cohésion de toutes ses parties augmente par l'entre-croisement des filons de lave. Ainsi s'accroissent les volcans pendant touble temps que dure leur activité, et les exemples suivants, pris parmi les plus remarquables, prouvent combien est grande la hauLeur qu'ils peuvent atteindre : l'Etna a 3,350 mètres; le pic de Ténériffe, 3,700 mètres; le Kluhchew (Kamtchatka), 4,900 mètres; le Mowna-Roa (llawaï), 4,840 mètres; l'Erébe (terre de Victoria), 3,700 mètres; le Popocatepetl et l'Orizaba (Mexique), 5,400 mètres; ie Chimborazo, 7,000 mètres; le Cotopaxi, 5,300 mètres; l'Aconcagua, 7,600 mètres. Les cratères changent sans cesse d'aspect, de forme et de grandeur, suivant les circonstances. Ainsi, souvent l'extrémité supérieure du cône éruptif est détruite, et on a ainsi un cratère qui peut avoir plusieurs kilomètres d'étendue ; d'autres fois, il reste au milieu un débris qui forme comme un piton. Dans les contrées voleani-
?nes, on rencontre çà et là des cratères en orme d'entonnoir ou de cuve, entourés d'un rebord peu élevé, composé de cendres, de sable et autres produits fragmentaires. Ce n'est que très-rarement que ces cratères ont vomi des laves; leurs parois abruptes laissent voir que les terrains stratifiés sont à peine dérangés de leur situation primitive ; ils se trouvent sur les pieds des volcans ou au loin dans la plaine ; leur diamètre varie de plusieurs mètres à plusieurs kilomètres. Ces caractères leur ont valu le nom de cratères d'explosion ; mais, comme ils sont généralement remplis d'eau, on les appelle plus souvent cratèreslacs.
Après avoir étudié les volcans terrestres, il nous reste à dire quelques mots des volcans sous-marins. Les eaux recouvrant près des trois quarts de la surface de notre planète, et les phénomènes volcaniques pouvant se manifester sur un point quelconque, il est à présumer que les volcans sous-marins, parsemés au fond de l'Océan et des mers intérieures, sont en plus grand nombre que les volcans aériens que nous connaissons à la surface des terres émergées. Le hasard seul a fourni à des navigateurs instruits l'occasion d'observer des éruptions de ces volcans sousmarins. Cependant on possède sur ces événements un bon nombre d'observations précises. De ces observations, on a pu conclura que les volcans sous-marins présentent la plus grande analogie, dans leurs manifestations, avec ceux de la terre ferme, malgré l'énorme différence qui existe entre la densité de l'eau et celle de l'air. Si les forces souterraines entr'ouvrent le lit de l'Océan en un point situé au-dessous d'une couche d'eau de plusieurs mille mètres d'épaisseur, on peut conjecturer que les phénomènes suivants accompagnent l'éruption : au moment de ia rupture, les vapeurs brûlantes contrebalancent l'énorme pression qu'exerce sur elles la colonne d'eau qui les surmonte, et elles s'élancent vers l'atmosphère ; mais, énergiquement comprimées et refroidies par la masse d'eau qui les entoure, elles abandonnent leur calorique au liquide ambiant, se condensent et se dissolvent. I.a condensation subite de ces immenses bulles gazeuses et les trépidations du fond impriment à l'eau des mouvements violents qui se propagent jusqu'au niveau supérieur. Les matériaux pesants qui sont rejetés s'entassent autour de l'orifice, les scories légères s'élèvent rapidement et viennent flotter à la surface, les fragments finement triturés restent en suspension dans l'eau agitée, et la lave, fortement comprimée, apparaît sans bouillonner et se déverse sur le fond de l'Océan. Ces éruptions profondes se traduisent jusqu'à la surface ; de sourdes rumeurs s'élèvent du fond des abîmes; les navires éprouvent des secousses comme s'ils talonnaient; la mer bouillonne et mugit, tandis que le plus grand calme règne dans 1 atmosphère ; des vapeurs sulfureuses se dégagent des eaux, qui se troublent et se colorent; des amas de scories ponces surnagent sur l'eau, dont la température s'élève souvent de plusieurs degrés. Si l'orifice volcanique est situé à une profondeur médiocre, il est possible, dans beaucoup de cas, d'observer directement tous les phénomènes de l'éruption. L'eau est soulevée avec furie ; les fluides élastiques la refoulent même complètement, et des jets de scories étincelantes et des blocs de rochers, accompagnés d'un torrent de vapeurs chargées de cendres, s'élèvent du sein des flots; de temps à autre, le poids du liquide fait équilibre à la force d'explosion , puis les forces souterraine*
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triomphent de nouveau, entr'ouvrent les vagues, et une nouvelle gerbe de feu vient s'épanouir dans l'atmosphère pour retomber de nouveau à la mer, et ainsi de suite. L'eau, déjà fortement échauffée, bout avec violence lorsque la lave s'épanche en grandes coulées. L'élévation de la température, les phénomènes électriques, le dégagement des gaz délétères font périr les animaux marins qui se trouvent dans la sphère d'activité du volcan; de grands bancs de poissons morts viennent flotter à la surface. Le calme s'étant rétabli, si l'on approche du lieu de l'éruption, on reconnaît la présence soit d'un haut-fond, soit d'un îlot de scories et de cendres qui disparaît bientôt, miné et dispersé par les courants marins. Très-rarement, l'Ilot de nouvelle formaiiou est en partie constitué par des coulées de lave, et son existence est alors moins éphémère. Les éruptions volcaniques peuvent se renouveler fréquemment et durer des mois et des années. Les cônes immergés gagnent alors sans cesse et bientôt atteignent la surface de l'eau et la dépassent; dès lors, leurs éruptions sont identiques à celles des volcans aériens, et ils deviennent ainsi le noyau d'îles volcaniques dont la superficie et la hauteur s'accroissent sans cesse.
En Irlande, à 74 kilomètres du cap Féroë, il se forma une île, produit d'un volcan sousmarin qui éclata en 1783. Un même phénomène fut remarqué aux Açores en 1811, et le 8 juillet 1S31 parut l'île de Julia, près de la Sicile. L île de Santorin , en Grèce, nous présente un des faits les mieux observés, les plu» anciens et les plus continus des volcans sous-marins, quoiqu'il ne s'y soit encore produit aucun volcan à éruption avec cratère. Depuis Strabon, qui rapporte l'apparition da l'île d'Hiera (196 ans av. J.-C.), et, dans la suite, au xrve, au xvie et au xvn« siècle, etc., toutes ces îles sont formées de couches calcinées, comme les terrains qui sont aux environs, et prouvent que tout le fond a été soulevé par une même cause. Au Monte- Nuovo, près de Pouzzoles, sous les scories et les ponces provenant des éruptions volcaniques, on trouve des couches inclinées, à sédiment calcaire et contenant des coquilles, qui prouvent, par leur concordance et leur homogénéité autour du cône, que cette montagne est due à l'effet du soulèvement caitaé par l'éruption volcanique.
De tout temps, on a fait des hypothèses sur les causes des éruptions volcaniques. D'abord, on attribua ces phénomènes à la combustion de profonds gisements de bitume, de houille et de lignite enflammés par la décomposition des pyrites. Davy l'attribua à lu décomposition et à la réaction chimique de plusieurs métaux. Mais aujourd'hui, l'hypothèse la plus admise et la plus probable est qu'il faut attribuer la cause des volcans à la contraction qui résulte du refroidissement du globe et à la force expunsive des gaz qui Se dégagent encore de son intérieur, qui est à l'état de fluidité ignée. La croûte de la planète que nous habitons est d'une ténuité considérable relativement à l'immense noyau de minéraux en fusion sur lequel elle repose, comme un radeau flexible. Les gaz qui, autrefois, lorsque notre globe était lumineux, venaient brûler à la surface se trouvent aujourd'hui emprisonnés dans la masse par la croûte coagulée . qui exerce sur eux une pression énorme ; mais, si quelque fissure se forme par suite du retrait qui accompagne le refroidissement, ou par l'effet des grandes marées qui se font sentir dans l'océan de minéraux fondus, ces gaz, toujours prêts à se dégager, refoulent les matériaux qui obstruent les fissures et s'élancent dans l'atmosphère en faisant explosion et en entraînant avec eux des flots de roches fondues.
Les volcans se trouvent indifféremment sous toutes les latitudes, sous tous les méridiens; cependant, ils ne sont pas éparpillés au hasard a la surface du globe; ils se présentent en grandes rangées ou en longues séries linéaires; comme les chaînes de mou-' tagnes, ils sont alignés sur le trajet de grandes lignes de fractures qui parcourent en divers sens l'écorce terrestre. Les rangées d'orifices volcaniques sont parallèles aux grandes chaînes de montagnes et quelquelois en couronnent les principaux sommets, comme on le voit dans les Andes. La plus remarquable de toutes les rangées est celle qui entoure l'océan Pacifique, Commençant à la Terre-de-Fea , elle longe les rivages occidentaux du continent américain jusqu'à l'océan Glacial ; la péninsule "Alaska et les îles Aléoutiennes la relient au Kamtchatka; puis elle suit les Kouriles, le Japon, etc.
— Volcans de boue et d'eau chaude. V. Salse et Geyser,
— Volcans lunaires. Les télescopes et les procédés photographiques dont on dispose aujourd'hui nous permettent de saisir quelques traits de la constitution de la lune. La surface de notre satellite est parsemée d'un très-grand nombre de montagnes ayant presque toutes la forme d'un bourrelet circulaire, au milieu duquel existe une cavité. Laplace y voyait des traces évidentes d'éruptions volcaniques. Il ajoutait que la formation de nouvelles taches et les étincelles observées plusieurs fois dans la partie obscure indiquent même des volcans en activité. C'est à eux qu'il attribuait les aérolithes qui viennent de temps en temps se précipiter sur
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notre' globe. De nouvelles recherches ont considérablement modifié ces idées. On croit pouvoir attribuer la vue des étincelles à des illusions d'optique. Les contours des terres lunaires, dessinés avec le plus grand soin par les astronomes et photographiés même, ne paraissent nullement changer, et une théorie des aérolithes différente de celle de Lnplace prévaut aujourd'hui. Mais, si des éruptions récentes ne peuvent être constatées sur le globe qui nous accompagne, nous trouvons des preuves nombreuses de l'existence d'une époque où la réaction de l'intérieur de cet a-tre sur sa croûte superficielle a été extrêmement violente. Quand on compare les reliefs des terrains sur la terre et sur la lune, on est surpris du manque de proportionnalité entre les montagnes; elles sont relativement beaucoup plus hautes que sur notre satellite, et l'on eu compte vingt-deux qui dépassent l'altitude du mont Blanc (4.S0O mètres); la montagne apjelée Dœrfel dépasse 7,603 mètres de hauteur, 200 mètres de moins que le pic le plus élevé de l'Himalaya. -Cette extension des aspérités parait en rapport avec la diminution de la pesanteur, qu'on trouve, par le calcul, six fois moindre sur la lune que sur la terre. Pour bien voir les cavités, il faut choisir l'instant de l'observation à l'époque du premier ou du dernier quartier. On est aussitôt frappé de l'idée d'une parfaite analogie entre ces formations lunaires et nos formations volcaniques terrestres. Les flancs de la protubérance rejoignent la plaine par une pente modérée, tandis que l'escarpement intérieur est extrêmement abrupt.
Dans la partie centrale du fond, on aperçoit le plus souvent des éminences, qui représentent très-bien les petits cônes volcaniques. Les cratères sont excessivement nombreux; on en compte plus de deux mille sur la surface visible de 1 astre.
— Allus. hlst. Noua daasoua iur uu volcan. V. DANSER.
VOLCANICITË S, f. (vol-kft-ni-si-té — ratl. volcan). Géol. Caractère des roches volcaniques.
VOLCANIEN, IEKNE adj. (vol-ka-ni-ain, i-è-ne — rad. volcan). Qui a rapport aux volcans : L'œil n'est pas moins surpris de voir les cônes noirs des montagnes volcahiennes vomissant le feu au milieu des forêts. (B. de St-P.) Il Peu usité.
VOLCANIQUE adj. (vol-ka-ni-ke — rad.
. volcan). Géol. Qui appartient aux volcans, qui vient d'un volcan : Des scories volcaniques. Les solfatares sont souvent d'anciens dépôts dus à des éruptions volcaniques, (a. Maury.)
La sont tous les trésors enfouis si longtemps Dans les mornes cités que respectait le temps, Sous le sol refroidi des laves volcaniques,
MH« DE POUONT.
Il Boches volcaniques, Matières minérales qui portent l'empreinte de l'action du feu des volcans, il Terrains volcaniques, Groupe de terrains compreiKint ceux qui sont dus à l'action des volcans : Le spinelle noir se rencontre particulièrement dans les terrains volcaniques. (Th. Gaut.)
— Fig. Ardent, prompt à s'exalter : Une tête volcanique. Une imagination volcanique. Des passions volcaniques.
— Bot. Se dit de quelques plantes qui croissent au milieu des déjections volcaniques.
^Encycl. Roches volcaniques. V. IGNÉ.
VOLCANIQUEMENT adv. (vol-ka-ni-keniati — rad. volcanique). D'une manière volcanique, par l'action des volcans : Les ro~ c/ics d'éruption sont celles qui sont sorties de l'intérieur de la terre, ou volcaniquement, à l'état de fusion, ou ptutoniquement, à l'état de ramollissement plus ou moins marqué.
(Humboldt.)
VULCANISATION s. f. (vol-ka-ni-za-si-on
— rad. vulcaniser). Production de roches volcaniques : Les terrains volcaniques du Alidi de la France appartiennent à trois ou quatre époques de vulcanisation : la plus ancienne est celle qui a formé des montagnes dont les sommets couverts de basalte n'offrent aucune trace de cratère. (Ste-lieuve.)
VULCANISER v. a. ou tr. (vol-ka-ni-zé — rad. volcan). Amener à l'état volcanique : Les causes qui ont volcanisé les basaltes.
— Fig. Animer, exalter : 11 faut peu de chose pour volcaniser la tête d'un jeune homme.
Se volcaniser v. pr. Etre volcanisé, prendre les caractères des roches volcaniques.
— Fig. Prendre un caractère excessivement ardent : Celte tête s'tcsT vulcanisée.
VOLCANISME s. m. (vol ka-ni-sme — rad.
volcan), Géul. Action des volcans.
VÛLCAN1STE s. yi. (vol-ka-ni-ste — rad.
volcan ). Geol. Partisan des formations ignées, géologue qui attribue à l'action du feu la forme et la constitution actuelles du globe.
VOLCANITE s. f. (vof-ka-ni-le — rad. volcan). Miner. Pyroxène noir des volcans.
VOLCANO ou VULCANO, la Siéra ou
Vulcania des Romains, lie du royaume d'Italie, dans la mer Tyrrhénienne. archipel de
VOLE
Lipari, près de la côte septentrionale de la Sicile, k 2 kilom. S. de la Grande-Lipari, par 38o 22' de lotit. N, et 12° 35' de longit. B. Elle mesure 9 kilom. de longueur sur 6 de largeur. Le sol est hérissé de montagnes, dont la principale est le mont Aria, volcan en ignition qui donne beaucoup de soufre. Elle n'est habitée que par des lapins.
VOLCELEST ou VOLCELET s. ru. (volse-lè — abréviat. de vois-le, ce l'est). Véner. Manière de sonner du cor qui indique que l'on revoit de la bête fauve qui va fuyant.
VOLCES, en latin Voles, peuples de la Gaule romaine. Deux peuples, auxquels le nom de Volces était commun, l'un distingué par le nom A' Arecomici, l'autre par celui de Tectosages, occupaient dans la province Narbonnaise tout l'intervalle qu'il y a du Rhône k la Garonne. Les Arecomici étaient voisins du Rhône et s'étendaient le long de la mer dans ce qu'on appela plus tard le bas Languedoc. Lorsque Annibal traversa la partie méridionale delà Gaule, les Arecomici n'étaient point bornés par le Rhône et ils possédaient des terres au delà de ce fleuve. Ils avaient pour voisins au N. les Butènes, les Gabales et les Jlelviens. Leurs villes principales étaient Narbo et Nemausus (Narbonno et Nîmes). Les Tectosages, à l'O. des Areoomiees, avaient pour voisins au N. les Cadurces et au S.-O. les Conoenx; leur ville principale était Tolosa (Toulouse). Entre les divers peuples de la Gaule qui se signalèrent ' par des expéditions au dehors, les Volces Tectosages méritent une mention particulière. Selon César, ils avaient pénétré en Germanie et, s'étant établis dans les meilleurs cantons aux environs de la grande forêt Hercynienne ils s'y maintinrent avec une gronde réputation de justice et de courage. Justin rapporte qu'un corps de Tectosages avait pénétré dans l'Illyrie et s'était tixé dans la Pannonie. Mais leur plus célèbre établissement est celui qu'ils avaient formé dans une partie de la Pnrygie, où, en conservant le nom de Tectosages, ils occupaient la ville d'Ancyra, capitale du pays qui prit le nom de Gulatie.
VOLCESY interj. (vol-se-zi — abrévint. de vois-le ici). Véner. Cri que font entendre les chasseurs quand ils revoient d'une bête.
VOLCKAMnIGIt (Jean-Georges), médecin et botaniste allemand, né à Nuremberg en 161G, mort dans sa ville natale, où il exerçait la pratique de son art, en 1693. Outre deux traités sur le chocolat et l'opobalsame, on a de lui, sous le titre de Flora Noribergensis (1718, in-4», 2° édition), un catalogue des plantes qui croissent naturellement dans les environs de Nuremberg, ainsi que de celles qui y soni cultivées dans le jardin des médecins. — Jean-Christophe Volckammer, autre médecin nurembergeois, qui vivait à peu près à la même époque, est auteur d'un traité fort estimé sur la culture des orangers et des citronniers. Cet ouvrage est intitulé : Noritiergensium Hesperidum liber (Nuremberg, 1708-17U, 2 vol. iu-fol.).
VOLCKMANN (Jean-Jacques), historien et géographe allemand, né à Hambourg en 1732, mort k Tschortau, près de Leipzig, en 1803. Il n'est connu que par ses ouvrages, parmi lesquels nous citerons : Nouvelles lettres historiques et critiques sur l'Italie (Leipzig, 1770, 3 vol. in-so) ; Nouveau dictionnaire géographique (1778, in-8°): Voijaije en Angleterre (1781, i vol. in -8°) ; Voyage en Ecosse et en Irlande (1785, in-8»); Voyage en France (1787, 3 vol. in 8°). 11 a, de plus, traduit en allemand des ouvrages de Burrow, Denina, Sestini, Bruce, Tuvvnsend, etc.
VOLDEH (Pierre-Jean de), compositeur belge, ne à Anvers en 1767, mort à Bruxelles en 1841. Il reçut des leçons de Redemi, fut attaché, a seiae uns, comme premier violon k la cathédrale d'Anvers, puis il alla se fixer ù Gand (1794). Là, tout en s'adonnant à la composition, Volder se mit k la tête d'une fabrique d'orgues. Il apporta divers perfectionnements a cet instrument et en exécuta un grand nombre, dont les plus remarquables sont ceux de l'église Saiui-'Wundru, à Mous, et.de 1 église Sùnt-Michel, à Gand. Parmi ses compositions, nous citerons : la Jeunesse de Henri V, opéra; la Bataille d'Iénu et la Bataille de Waterloo, morceaux à grand orchestre ; des symphonies, des concertos, des nocturnes, des inesses, des quatuors, etc.
VOLE s. f. (vo-ie. — Ce mot parait être une altération de. l'italien volta, l'ois, coup). Jeux. Coup qui consiste à faire toutes les levées : Faire la vole. Cette vole lui a valu cinquante jetons. (Acad.) Puis sur uno autre table, avec un air plus sombre Elle va méditer une vole au jeu d'hombre,
Boileau.
VOLÉ, ÉE (vo-lé) part, passé du v. Voler. Dérobé : Objets volés. Les enfants préfèrent les fruits volés en secret à ceux qu'ils peuvent manger à table. (Balz.)
— Qui est victime d'un ou plusieurs vols : Etre volé en plein jour. Etre volé par ses gens, par ses employés. Etre volé au jeu.
— Fam. Attrapé, trompé dans son attente: Le ténor est enrhumé, jious sommes volés. Et moi qui comptais qu'on m'inviterait à dîner l je suis volé.
VOLE
— Prov. Bien volé ne profite jamais, Le vol ne profite pas à celui qui le commet.
— Subst. Personne qui est victime d'un vol : 0» peut craindre pour le vole que sa caution ne semble pas suffisante aux voleurs. (Pli. Busoni.)
VOLÉE s. f, (vo-lé — d'un type latin tiolata, qui vient de volare, voler, et signifie proprement action de voler, d'où les acceptions de vol, bande d'oiseaux, et mouvement ou explosion de plusieurs choses a la fois). Action de voler ; distance qu'un animal parcourt en volant, sans se reposer : Prendre sa volée. Une hirondelle peut traverser la Méditerranée tout d'une volée.
Il a la voix perçante et rude.
Sur la tête un morceau de chair, Uns sorte de bras dont il s'élève en l'air, Comme pour prendre sa volée.
— Fam. Départ, action de s'en aller : Les collèges onlpris leur volée.
. . . Je prendrai la t'OMs Au premier.bruit fâcheux.
N. Lemercier.
Il Action de s'émanciper, de sortir de tutelle : Les jeunes gens n'aspirent qu'à prendre leur volée. Il Manière de vivre, règle de conduite : Il fallut quelque temps à un hibou de mon espèce pour s'accoutumer à la cage d'un collège et régler sa volée au son d'une cloche. (Chateaub.)
— Bnnde d'oiseaux qui volent ensemble : Une volée de pigeons. Une volée d'élourneaux. Une volée de moineaux. Les volées de mouettes suivent sur les mers les colonnes de harengs qu'elles décèlent aux pêcheurs. ] (A. Martin.) Des volées de pinsons, de chardonnerets, de fauvettes, de rossignols, égayent les bois et tes prairies. (A. Martin.)
. . . Le soir, on voit dans les vallées De noirs oiBeaux de nuit qui s'en vont par volées.